CHAPITRE 62

OOC : Bonjour à tous. Voici un nouveau chapitre. Si vous voulez laisser un review, cela me fera toujours plaisir. Sinon, c'est comme vous voulez. Cela ne change rien pour moi.

Au Peaceful Tyranny, tout était devenu calme.

Comme si la bataille contre le Conseil Galactique et la Black Block Consortia n'avait jamais eu lieu…Comme si rien ne s'était produit.

Comme si tout était…normal. Alors qu'il n'en était rien.

Ils avaient usé la téléportation pour ouvrir un pont sur Cybertron et ainsi, mettre le vaisseau à l'abri. Le générateur avait atteint 1% et il valait mieux l'user à bon escient pour pouvoir placer le reste de la DJD en sécurité.

Ils se retrouvèrent sur Cybertron, à l'endroit même où ils étaient partis précipitamment la première fois. Nickel n'avait pas tout entendu. Mais apparemment, Tarn avait rappelé l'expert pour pouvoir réparer leur générateur afin de pouvoir reprendre leur mission par la suite.

Nickel était assise sur les marches, l'air frais de Cybertron lui frappant le visage.

A ses côtés, le turbofox. Nickel n'osait pas le regarder mais elle garda une main sur sa tête, l'entendant parfois pousser des couinements malheureux.

C'était autre chose que…l'entendre hurler à la mort, comme cela avait été le cas durant leur fuite.

L'atmosphère était insupportable. Nickel n'arrivait pas à parler, ni à s'exprimer. Elle en était incapable. La gorge serrée, elle fixa l'horizon d'un regard vide.

Près d'elle, Helex et Tesarus. Les deux géants gardaient le silence et personne n'osait l'interrompre.

Ils avaient tous la même pensée à l'esprit.

Mais c'était trop dur de mettre des mots dessus.

Helex se prit le visage dans les mains, inspirant, expirant. Tesarus avait tourné le dos à ses deux camarades, les bras croisés, recroquevillé sur lui-même.

Ils ne pensaient pas à la technologie Cybertronienne qu'ils avaient laissé derrière. Ils ne pensaient pas à leur défaite cuisante aux mains des organiques.

Non…Ils pensaient tous à leurs camarades.

Kaon…Vos…

Leurs camarades qu'ils avaient laissés derrière, sur Ofsted XVII, entre les mains des organiques. Nickel essayait de se convaincre qu'ils étaient vivants. Qu'ils allaient les contacter bien assez tôt. Qu'ils allaient revenir. Kaon retrouverait son turbofox. Vos continuerait ses gamineries habituelles.

Mais ils savaient…Ils savaient que les organiques ne montreraient aucune pitié envers les mécaniques, même si Kaon et Vos sauraient certainement se défendre.

La vue de Nickel s'embua à cette pensée. Par réflexe, elle se rapprocha du turbofox et enfouit son visage contre lui.

Ils furent interrompus par une porte qui s'ouvrit. Celle du vaisseau.

Tarn revenait avec l'expert qu'ils avaient réquisitionné. Toute l'équipe se retourna d'un trait vers eux.

« Donc, ce n'est pas si grave que cela ? Les réparations seront simples ? » entendirent-ils Tarn questionner l'expert.

Ce dernier le confirma du chef.

- Oui. Le générateur sera aisé à remplacer. Mais je ne peux pas garantir qu'il sera aussi performant que le premier.

- …Tout ce qu'il nous faut est un générateur afin de continuer à mener nos missions. Il s'agit seulement de l'essentiel.

L'expert marqua un temps avant de répondre.

- Je vais voir ce que je peux faire.

- Je suis heureux que cela ne soit pas aussi terrible. Nous vous attendons avec impatience. Et bien sûr, vous serez payé.

Tarn parlait d'un ton léger, presque chantonnant.

Nickel fronça les sourcils. C'était comme si…rien ne s'était passé. L'expert leur adressa un coup d'œil hésitant. Il finit par se recroqueviller. La tête dans les épaules, il se dépêcha presque de s'éloigner du vaisseau de la DJD.

- …Bon. Je vais vous laisser. A plus tard, alors.

- N'oubliez pas d'amener vos hommes, lui rappela Tarn.

L'expert hocha la tête et disparut au loin, laissant l'équipe seule.

Le silence retomba. Tarn posa les mains sur les hanches.

Il semblait…ravi.

- Vous avez entendu ? On va pouvoir repartir très vite. On va reprendre rapidement la chasse aux traîtres, leur annonça-t-il, victorieux.

La nouvelle fut accueillie avec froideur.

Tesarus se redressa.

- En quoi est-ce une bonne nouvelle ? l'interrogea-t-il avec calme, le ton glacial.

Tarn haussa les épaules.

- Megatron compte sur nous pour traquer les traîtres. Tu as déjà oublié notre mission, Tesarus ? l'interrogea-t-il avec nonchalance, presqu'avec mépris.

D'un pas vif, Tesarus s'approcha de lui. Tarn le laissa venir sans ciller.

- C'est cool d'avoir notre générateur réparé. Et alors quoi ? Qu'est-ce qu'on s'en fiche ? On vient juste de perdre Kaon et Vos en même temps !

Tarn releva la tête vers lui, sans répondre.

- Tu l'as déjà oublié ?

- Tu ne me parles pas comme ça, l'avertit tranquillement Tarn.

Tesarus ne poursuivit pas. Tarn s'étira simplement. Il finit par reprendre :

- C'est triste ce qui est arrivé. A Kaon et Vos…Mais…La vie continue. La mission continue. D'où l'intérêt de nos noms respectifs. Tarn, Tesarus, Helex, Kaon, Vos…On est facilement remplaçables. On trouvera un autre Kaon et un autre Vos assez rapidement.

Nickel sentit son spark se briser à cette déclaration.

Un autre Kaon…Un autre Vos…

Ils venaient à peine de…

Helex grogna.

- A qui la faute ?

- Je te demande pardon ? fit Tarn en se retournant vers lui, plissant les optiques.

Le géant aux quatre bras se remit debout à son tour.

- Tu savais que le générateur ne tiendrait pas ! On a attaqué le Conseil Galactique et la Black Block Consortia en fonçant tête baissée sans réfléchir ! C'était du suicide ! Mais on l'a fait quand même ! Et tout cela pour quoi ? Pour une technologie qu'on n'a même pas réussi à récupérer !

Tarn…demeura de marbre.

Le ton froid, le robot masqué répliqua :

- Donc, tu insinues que c'est de ma faute ?

- Je n'ai pas dit cela, balbutia Helex, en réalisant ce qu'il venait de dire.

- A qui la faute, hein ? l'interrompit Tarn sèchement. Si tu avais utilisé le téléporteur, si tu avais le courage de le faire, on aurait pu récupérer Kaon et Vos à temps ! Mais tu ne voulais pas risquer de te faire descendre par des organiques ! Une espèce inférieure à nous. Tu avais trop peur de le faire ! Toi, un membre de la DJD ! Un lâche !

Helex blêmit face à ces mots durs.

Tesarus voulut renchérir mais un regard de Tarn le dissuada de continuer. Il ferma la bouche et recula, s'appuyant contre le Peaceful Tyranny.

- C'est entendu, déclara Tarn. A partir de maintenant, on ne parle plus d'eux. Ni de Kaon, ni de Vos. On fera comme si on ne les avait jamais perdus, comme s'ils n'avaient jamais existé. Comme ça, on arrêtera de se reporter la faute les uns sur les autres.

Nickel se couvrit le visage, son corps tremblant de tout son être.

C'était plus qu'elle ne pouvait supporter…Elle luttait contre les sanglots pour ne pas exploser tellement les mots de Tarn étaient terribles à entendre.

Après Atone, après sa colonie, elle venait de perdre deux de ses camarades en même temps.

Pourquoi Tarn était aussi méprisant et insensible par rapport à leur souffrance ?

Faire comme s'ils n'avaient jamais existé…comment pouvait-il dire cela ?

- On reprend notre mission, leur ordonna Tarn. On va rester ici le temps que les réparations s'opèrent. Puis, on repartira. C'est tout. Même à quatre, on est bien plus performants que la plupart des Decepticons. Si quelqu'un a des objections…il est libre de m'en faire part.

Et sans ajouter un mot de plus, Tarn tourna les talons et rentra à l'intérieur du vaisseau.

Probablement pour être seul dans ses quartiers. Nickel se frotta les optiques et se releva.

- …Il faut que je vous fasse un check-up complet.

Cette fois-ci, ni Helex ni Tesarus ne protestèrent.


Plus tard, Nickel s'isola dans sa chambre.

Elle était exténuée…Elle voulait seulement recharger. Recharger et essayer d'oublier tout cela. Mais elle avait beau se tourner et se retourner dans son lit, elle n'arrivait pas à trouver le sommeil.

Elle ne pouvait pas s'empêcher de repenser à cette lutte. Au visage des organiques qu'elle avait massacré…

Mais plus que tout, elle pensait à Kaon et Vos.

Elle pensa à toutes les choses qu'elle aurait aimé leur dire. Si elle avait su que cela serait la dernière fois qu'elle les verrait…

Des gamins…Aussi gamins que Helex, Tarn et Tesarus…Mais ses gamins à elle.

Aux pieds de son lit, le turbofox était roulé en boule, lui apportant une présence dont elle avait besoin.

Tu es responsable. Prends soin de lui pour moi, s'il te plaît.

Nickel lui caressa doucement la tête.

Puis, elle tendit le bras vers son cadre. Le visage d'Atone lui souriait inlassablement.

Je t'ai vengée…J'ai essayé de te venger mais…j'ai perdu deux amis en le faisant.

On frappa à sa porte.

Nickel crut qu'il s'agissait de son imagination. Mais les coups reprirent.

Etaient-ce eux qui revenaient ?

La Minicon se redressa, redevenant soudainement optimiste.

Non, bien sûr. Le faux espoir ne dura que quelques instants. Nickel reprit raison et hagarde, elle invita la personne à entrer.

Tarn apparut sur le pas de la porte, tenant deux verres d'energon de haute-qualité.

« …Puis-je entrer ? »

Nickel lui répondit par l'affirmative. Tarn appuya sur le boîtier et les portes se refermèrent derrière lui.

Un silence pesant tomba entre eux. Nickel attendit qu'il s'exprime, le regard vide. Tarn paraissait chercher ses mots. Il lui demanda l'autorisation de s'asseoir.

Lui qui lui demandait l'autorisation…

Nickel l'invita. Tarn s'assit sur le lit, face à elle. Quand elle sentit l'odeur de l'energon, elle comprit qu'il n'en était pas à son premier verre. Elle refusa celui qu'il lui tendit. Son leader le posa sur la table.

- Tu t'es, déclara-t-il après un temps, bien débrouillée quand tu étais avec Helex et…Kaon. Vraiment. C'était une bonne idée de piéger le vaisseau entre la coque et le bouclier comme tu l'as fait.

Cela ne lui procura aucune joie.

- …J'imagine que cela a été douloureux et traumatisant pour toi.

- …Tu rêves si tu crois que je vais t'obéir, lui rétorqua-t-elle froidement.

Tarn ne cilla pas.

- Je n'oublierai pas Kaon. Ni Vos. Ni aucun autre camarade qui aurait été laissé derrière, prononça Nickel, stoïque. Je n'oublierai pas ceux que j'aimais. Peu importe ton ordre, je ne l'exécuterai pas.

- Je le sais.

Tarn croisa les bras. Le regard fuyant, il lui posa la question à laquelle Nickel ne s'attendait pas :

- Tu m'en veux ?

Nickel plissa les optiques en guise de réponse.

- Je sais que Tesarus m'en veut. Je le sens. Et peut-être Helex m'en veut aussi. Mais toi…j'ai besoin de te l'entendre dire.

- Non.

Parce que c'était vrai.

Elle ne lui en voulait pas. Elle devrait peut-être…Mais ce n'était pas le cas.

- Je ne t'en veux pas car je sais que tu n'as pas pris cette décision par gaieté de spark.

- Il n'y avait pas d'espoir, approuva-t-il. On était face à deux armées, avec un générateur qui risquait de tomber en panne à tout moment. J'avais le choix entre perdre deux camarades ou perdre toute l'équipe. J'aurais souhaité faire les choses autrement.

Tarn soupira.

- Mais être leader…C'est parfois avoir recours à ce genre de choix. Peu importe combien on les déteste. Si tu es commandante un jour, tu comprendras ce que j'ai dû traverser.

- De toute façon, je n'ai aucun droit de t'en vouloir.

Nickel se recroquevilla sur elle-même, la gorge nouée.

A nouveau, les larmes revenaient. Doucement, Tarn se rapprocha d'elle.

- C'est de ma faute.

- Ta faute ?

- Oui, ma faute, rétorqua Nickel, la voix tremblante. Parce que c'est moi. C'est moi qui aie insisté pour qu'on aille rechercher le générateur quantique de la Lost Light. C'est moi qui aie voulu me venger ! Venger Atone. Venger Prion. Si je n'avais pas eu cette idée, si je n'avais pas insisté…Kaon et Vos…Kaon et Vos seraient sûrement encore présents. Avec nous.

Au moins…exprimer sa culpabilité, sa rancœur…Mettre des mots sur ses sentiments…évacuer tout cela lui fit du bien.

Son leader devrait lui en vouloir, lui. Ce n'était pas l'inverse qui devait se produire.

Elle avait été trop arrogante…Elle avait souhaité contribuer à la Cause mais d'une mauvaise manière. De la mauvaise manière.

Tarn posa délicatement sa main sur son épaule.

- Cela ne sert à rien de t'en vouloir, Nickel.

- Pourquoi tu dis cela ? s'écria-t-elle, entre les sanglots.

- Allez, viens là.

Nickel ne comprit pas.

La surprise la frappa quand Tarn l'attira doucement contre lui. Elle se laissa faire et enfouit son visage dans son châssis tandis que Tarn entourait son corps de ses bras, dans une tendre étreinte.

- Cela ne sert à rien de dire que c'est de ta faute, soupira Tarn en posant son menton sur le casque de Nickel. Parce que dans ce cas, on est plusieurs à la partager. Helex a paniqué au dernier moment…Tesarus s'y est prit trop tard…Et moi…j'ai commis des erreurs de tactique complètement débutantes. Je n'aurais pas dû les envoyer dans une navette, à la merci des organiques. Je n'aurais pas dû insister alors que Kaon répétait que le générateur allait lâcher. Je n'aurais pas dû…faire tout cela.

Nickel ferma les optiques, appréciant la chaleur réconfortante que dégageait Tarn.

- …Peut-être qu'ils sont encore en vie…hasarda-t-elle, les sanglots recouvrant encore sa voix. On peut encore aller vérifier sur Ofsted XVII pour…

- Nickel. Je ne crois pas, la coupa Tarn. Autrement, ils nous auraient déjà contactés. Ils auraient déjà trouvé un moyen.

A nouveau, cela l'acheva.

D'abord hésitante, Nickel rendit son étreinte, posant ses mains sur son châssis.

- Mais…pour ce que cela vaut, poursuivit Tarn, tu t'es dépassée aujourd'hui. Et je pense qu'Atone aurait été fière de toi.

- …Alors, pourquoi cela ne me fait pas me sentir mieux ? Je crois surtout qu'Atone aurait eu honte. C'était la même chose à Prion. Si j'avais été plus attentive, elle serait sûrement—

- Non. Ne dis pas cela, l'interrompit Tarn.

Nickel n'acheva pas sa phrase.

- Dis-moi au moins que tu ressens quelque chose. Dis-moi au moins que tu ressens quelque chose par rapport à eux.

Cette question était venue d'elle-même.

C'était presqu'une supplication.

Tarn, dis-moi que tu ressens quelque chose par rapport à tes camarades. Par rapport à Kaon et Vos…Par rapport à leur disparition.

Dis-moi que tu ne pensais pas ce que tu disais.

Tarn esquiva la question.

- Je vais te laisser te reposer, Nickel. Je pense qu'on en a tous besoin, fit Tarn avant de se détacher d'elle.

Il l'avait complètement ignorée.

Malgré tout, Tarn garda ses mains posées sur ses épaules. Nickel le regarda, le visage plein de larmes.

Le robot masqué demeura immobile, comme s'il ne savait pas quoi dire, comment réagir.

Puis, au bout de quelques minutes, Tarn se pencha vers elle, son visage se rapprochant du sien.

Nickel se laissa faire et par automatisme, elle ferma les optiques.

Tarn s'arrêta avant d'aller plus loin. Il retira ses mains et se leva.

Nickel rouvrit les optiques.

- Je vais te laisser, répéta-t-il avant de se diriger vers la porte.

Nickel ne réagit pas. Elle ne savait pas elle-même ce qui venait de se passer.

Mais elle n'avait pas envie de réfléchir. Pas ce soir.

Elle souhaitait seulement que Kaon et Vos soient présents…c'était tout ce qu'elle voulait.

Tarn quitta sa chambre sans un bruit.


En plein milieu de la nuit, Nickel se leva pour promener le turbofox qui avait besoin de sortir. C'était davantage pour elle que pour le Sparkeater. Elle avait envie de prendre l'air, de s'aérer.

Bien sûr, elle ne s'éloignerait pas trop du vaisseau. Elle resterait à proximité. Cybertron était dangereux pour elle…

Quoiqu'après ce qu'elle avait observé dans l'espace, l'univers entier en lui-même était dangereux. Alors à quoi bon ?

Alors qu'elle se laissait traîner par le turbofox, elle passa devant les quartiers de Tarn et fronça les sourcils en réalisant que la porte était ouverte.

Doucement, elle risqua un œil à l'intérieur.

Le salon avait été saccagé. Les tables avaient été renversées, l'energon qu'il gardait précieusement déversé sur le sol et à certains endroits sur les murs, une marque, comme si on avait utilisé son poing pour frapper dessus.

Nickel balaya la salle du regard. Seul le violon avait été épargné et était posé dans un coin contre le mur, attendant à être utilisé.

Nickel releva le menton vers la chambre de Tarn.

Elle l'avait oublié…cette silhouette…Telle qu'elle l'avait aperçue dès le premier jour.

Elle s'était toujours posée la question par rapport à cela. Si Tarn avait quelqu'un qui partageait sa chambre…

Nickel finit par pénétrer à l'intérieur, le turbofox la suivant en boitillant.

Elle se dirigea vers la chambre de son leader tandis que la silhouette s'agrandissait au fur et à mesure qu'elle s'approchait, demeurant immobile.

Nickel entra.

La silhouette était celle d'un Cybertronien, cloué au mur, le menton posé contre la poitrine, les optiques éteintes.

Un cadavre…

Et il n'y en avait pas qu'un. Il y en avait trois autres, cloués au mur de la même manière, dans la même position.

Nickel remarqua des inscriptions sur chaque cadavre.

Des écrits Cybertroniens…

« …Impressionnant, n'est-ce pas ? »

Nickel se retourna.

Tarn était appuyé contre le mur, les bras croisés, son ton ne trahissant aucune irritation ou aucune colère par rapport à la présence de Nickel dans sa chambre.

- Ce sont toutes les premières versions de Vers la Paix. Des mineurs, que Megatron a utilisé pour inscrire ses premières réflexions philosophiques.

Nickel ne cilla pas.

Elle demeura muette par rapport à la présence de ces mineurs dans sa chambre. Par rapport à leur position.

Elle se contenta de lire les mots Cybertroniens.

En effet, c'était les mêmes termes que dans le livre Vers la Paix. A quelques différences près.

- Il savait déjà y faire avec les mots.

- En effet, acquiesça Tarn.

- Tu m'expliques ce bazar dans ton salon ?

- …Il n'y a rien à dire.

Tarn passa devant elle. Nickel comprenait qu'il s'agissait du signal pour elle de partir.

- …Tarn.

- Oui ?

Nickel se mordit la lèvre. Elle finit par déclarer :

- J'espère…que les organiques qu'on dénichera finiront de la même manière que ces mineurs, commenta-t-elle alors qu'elle suivait le turbofox hors de la chambre.

Elle n'entendit aucune réponse de la part de son leader.

Dans son dos, elle comprit qu'il était en train d'appeler quelqu'un. Une fois à distance, elle se retourna.

Il ne s'agissait pas du même téléphone qu'il utilisait habituellement.

Un téléphone avec un seul bouton…

Comme une statue, Tarn attendait qu'on décroche.

Mais on ne répondit jamais et elle put l'apercevoir se tendre imperceptiblement.

Il finit par raccrocher et Nickel s'éloigna pour quitter le vaisseau et se rendre à l'extérieur.


Sur Ofsted XVII, Kaon et Vos s'étaient placés à couvert derrière des dunes de sable, fixant au loin la base militaire des organiques. Les derniers vaisseaux rentraient à l'intérieur avant que les portes ne se referment.

La Black Block Consortia, pensa Kaon.

« Peut-être qu'on saura y trouver la technologie nécessaire pour contacter le Peaceful Tyranny. »

Les oreillettes de Kaon s'étaient cassées durant la chute. Et même si celles de Vos étaient encore utilisables, il avait beau avoir essayé de les contacter, Vos n'avait reçu aucune réponse.

Ils comprenaient tous les deux ce que cela signifiait. Leur vaisseau avait déjà quitté le périmètre de Ofsted XVII.

Ils allaient devoir se débrouiller. Kaon était sur le point de reculer pour s'éloigner quand Vos désigna quelque chose au loin.

Un vaisseau de la Black Block Consortia.

Vermines, les insulta Kaon amèrement.

- …Cela ne sert à rien, soupira l'aveugle. On attendra le lever du jour avant d'attaquer.

Il s'allongea dedans, exténué. A côté, il sentit Vos l'imiter. Il remarqua que sa respiration était sifflante. Kaon fronça les sourcils et se retourna vers lui.

- Ta blessure est plus grave que prévue.

Ce n'était pas une question mais un constat. Vos grommela quelque chose d'incompréhensible avant de répondre que ce n'était rien.

Kaon finit par se lever. Pas besoin d'explication. Il avait compris.

- Ne bouge pas.

Il rassembla ses dernières forces et utilisa son électricité pour détecter la présence d'objets métalliques dans le sable.

Cette planète était recouverte de trésors, après tout.

Pendant près de de deux heures, il marcha. Alors qu'il fouillait, faisant en sorte de ne pas se faire repérer par l'ennemi au loin, son électricité détecta quelque chose dans le sable.

Kaon se pencha et ramassa l'objet.

Un vieux fer à souder, appartenant probablement aux Cybertroniens.

Bingo. C'était presqu'inespéré. On pouvait dire que dans son malheur, Kaon était sous une bonne étoile.

Kaon se dépêcha de retourner auprès de Vos, toujours dans la même position. Même si le fer était rouillé et ne fonctionnait plus, Kaon le brancha au port situé sur son châssis et usa son électricité pour le refaire fonctionner. Il s'en servit ensuite pour re-souder partiellement la blessure de Vos.

Ce n'était pas joli. De l'energon coulait déjà abondamment. Kaon espérait au moins que cela arrête l'hémorragie au moins le temps qu'ils rentrent à la maison.

- Il faudra t'administrer des soins et très rapidement, commenta-t-il avant de jeter le fer au loin.

Vos le remercia avant de fermer les optiques.

Kaon se rallongea, prêt à recharger à son tour.

Il espérait que Nickel tenait sa promesse et s'occupe bien du Sparkeater en son absence.

En priant pour qu'ils ne mettent pas trop longtemps à rentrer.