CHAPITRE 63
OOC : Bonjour à tous. Voici un nouveau chapitre. Si vous voulez laisser un review, cela me fera toujours plaisir. Sinon, c'est comme vous voulez. Cela ne change rien pour moi.
Ils s'étaient mis en route aux premières lueurs du jour.
Leur premier objectif fut celui de se rendre à la ville la plus proche. Lorsque, la veille, il s'était lancé à la recherche d'un outil pour panser la blessure de son camarade, Kaon avait senti l'odeur de carburant et avait entendu au loin des cris aigus ainsi que des bruits de véhicule. Des échos faibles, mais suffisants pour que Kaon détecte la présence d'une ville.
Il avait soumis son plan à Vos, en proposant d'attaquer les organiques de cette façon. Il doutait que ces derniers auraient toléré la présence de mécaniques situés si près de leur base. En effet, même si la base militaire de la Black Block Consortia était la plus proche à l'heure actuelle, il serait plus aisé de s'en prendre aux civils, de les menacer, plutôt que de faire face à une escouade de militaires d'organiques qui les descendraient à vue. Kaon n'avait pas peur de périr sous leurs tirs, mais Vos était trop affaibli pour tenter le risque. La preuve, alors qu'ils marchaient ensemble, Vos s'effondra une nouvelle fois.
Kaon s'arrêta. Il poussa un léger soupir de condescendance mélangé avec une certaine inquiétude. Il finit par tendre son bras vers lui.
« J'ai compris. Je te porte. »
Vos murmura vaguement qu'il n'avait pas besoin d'aide.
« Tu ne me seras pas utile dans ta forme robot. Allez. Dépêche-toi », insista Kaon.
Le fusil-sniper se redressa. Il finit par abdiquer et se transforma en son mode arme. Kaon le réceptionna et, Vos à la main, Kaon reprit sa marche dans le sable.
Par moment, il était forcé d'admettre qu'avoir un mode chaise qui ne lui permettait pas d'aller plus vite possédait ses inconvénients. Il en était trop fier mais…dans ce genre de situation, posséder un mode véhicule serait le bienvenu.
Kaon entendit un son non loin devant lui.
Vos l'avertit : un véhicule qui fondait droit sur eux.
« Mécanique ou organique ? » le questionna Kaon alors qu'il chargeait Vos.
Vos lui indiqua qu'il ne le savait pas.
Kaon haussa les épaules. Cela n'avait pas d'importance. Ici, à l'extérieur du Peaceful Tyranny, tout était leur ennemi.
L'aveugle, guidé par les directives de Vos, releva le fusil-sniper et pointa le canon sur son objectif.
Il tira.
Le véhicule perdit sa trajectoire et s'écrasa dans le sable dans un bruit assourdissant, le sable éclaboussant légèrement l'aveugle. Kaon abaissa son arme, un sourire narquois aux lèvres.
C'était presque trop facile.
La suite n'en devint que plus prévisible. Il n'y eut aucun bruit de transformation. Les passagers du véhicule s'empressèrent de sortir de leur véhicule endommagé en braillant, leurs armes pointées sur Kaon et Vos.
Organiques, bien sûr.
Kaon s'y attendait.
« Sales robots ! Descendez-les ! » hurla l'un d'eux.
Mais le membre de la DJD fut bien plus rapide et plus prompt à réagir. Kaon posa Vos au sol et ferma la distance entre lui et ses ennemis, amassant son électricité autour de lui.
Ils devaient être trois…La Black Block Consortia, les organiques en question, faisaient à peu près leur taille. Mais cela n'avait jamais fait peur à la DJD. Kaon lança les jets sur le premier, l'électrocutant d'une décharge. Puis, il atteignit un autre en lui agrippant sa propre arme. Kaon reçut un tir à l'épaule, mais cela ne le fit pas ciller. Il retourna le bras de l'organique et se plaça derrière lui en lui administrant une clé pour le précipiter au sol.
« Lâche-le ! » gronda le dernier.
Kaon ricana.
« Je ne crois pas. »
Le troisième fut violemment écrasé par Vos qui s'était lancé à pieds joints sur lui, l'attaquant par-derrière. Kaon arracha le bras de son captif avant de se transformer en son mode chaise électrique, l'emprisonnant dans ses filets.
« Non ! »
Kaon s'en donna à cœur joie.
Il l'électrocuta, encore et encore jusqu'à ce que les cris cessent.
Près de lui, Vos avait déjà réglé le compte du dernier organique en lui plaquant son visage sur le sien. L'effet fut instantané. Kaon se retransforma avant de se frotter les mains.
« C'était presque trop facile. »
Vos lui proposa de fouiller leur véhicule. Histoire qu'ils cueillent des objets qui leur étaient nécessaires.
Kaon suivit son idée et s'avança vers le véhicule. Les deux membres de la DJD en ressortirent tout type de babiole inutile qu'ils jetèrent sans aucun état d'âme.
« Les organiques et leurs technologies primitives », rechigna Kaon sans s'arrêter.
Néanmoins, il trouva bientôt un objet intéressant. Kaon en ressortit une radio, qui ne paraissait pas trop endommagée. Il s'agenouilla dans le sable et essaya de la faire marcher.
Elle fonctionnait. Kaon la rangea dans son châssis avant de le refermer.
« Pour contacter Tarn, cela nous sera sûrement utiles. »
Il devina Vos acquiescer. Il lui déclara qu'il était le spécialiste de la communication, pas lui.
« Tu étais scientifique, non ? » soupira Kaon, las. « Après tout, tu as su faire fonctionner le récipient psychologique d'Elita-One quand nous étions à Carcer. »
Vos lui rappela que ses domaines étaient l'anatomie, le psychologique, la carrosserie. Il connaissait quelques bases en technique, mais pas assez pour faire fonctionner une radio et établir le contact avec leur équipe.
Cela agaça Kaon davantage.
« Toi alors, quand il s'agit de mener des expériences inutiles, tu es le champion. Mais quand il s'agit d'une situation d'urgence, tu es juste un incapable. »
Il reprit sa route. Vos le suivait derrière lui, gardant la distance entre eux.
« Ton prédécesseur aurait trouvé une solution… » marmonna l'aveugle.
Vos constata que son prédécesseur était si génial d'un ton ironique.
« Il l'était bien plus que toi. Lui méritait le titre de Vos…contrairement à toi, Forestock, Cynicus ou n'importe quel nom tu portais jadis. »
Vos lui signala que ce n'était pas une nouveauté. Il savait très bien que Kaon le détestait. Ce dernier n'avait jamais cessé de le lui rappeler.
« …Je ne te déteste pas », le reprit doucement Kaon. « Autrement, je t'aurais déjà tué. »
C'était rassurant, commenta Vos.
Non. Kaon ne détestait pas le Vos actuel. Il le jugeait comme inférieur à l'ancien Vos, comme un imposteur…Mais il ne le détestait pas. Il avait appris à le tolérer, à travailler avec lui en équipe.
Tarn avait insisté lors de leurs premières missions qu'ils travaillent ensemble. Et oui, ils formaient une équipe redoutable et indestructible quand Kaon maniait Vos.
Kaon l'admettait.
Mais les affinités s'arrêtaient là.
« Peu importe. A l'heure actuelle, c'est de rejoindre les autres. J'espère que tu es en forme pour torturer des organiques. »
Si Vos avait souri, nul doute qu'il aurait rendu celui de Kaon à cette idée.
Voilà un bon moyen de les rapprocher : la mort d'organiques. Juste pour les avoir séparés de leur équipe. De leur maison.
Kaon et Vos se hâtèrent.
« Voilà. Cela devrait fonctionner. »
L'expert venait d'achever ses travaux. Il avait enfin remplacé le générateur défaillant. Et quand Tarn fit signe à Nickel de vérifier qu'il était en parfait état de fonctionnement, la Minicon lui informa que le générateur était à 100% de ses capacités.
Il était comme neuf.
« Parfait », souffla Tarn alors qu'il tendit l'argent à l'expert. Ce dernier les reçut d'une main tremblante.
Il avait peur de lui. Quoi de plus normal, après tout ? Une seule erreur et son nom était susceptible de se retrouver sur la Liste.
« …N'hésitez pas à nous contacter si…vous avez encore besoin de nos services. »
Tarn haussa les épaules.
- Pourquoi donc ? Si le générateur marche, il n'y a aucune raison qu'on vous re-contacte.
- O-oui…
- Rentrez bien, lui souhaita Tarn alors qu'il s'éloignait.
- …Merci.
L'expert se dépêcha de quitter le vaisseau. Quand il croisa le regard de Tesarus qui lui souriait de toutes ses dents, il accéléra sa marche et disparut, comme s'il n'était jamais venu au Peaceful Tyranny.
Tarn réprima un soupir de soulagement. Alors qu'il tournait les talons pour se rendre à ses quartiers, il ordonna à Helex de démarrer les moteurs pour qu'ils quittent Cybertron le plus vite possible.
- Commandant ?
Tarn s'arrêta.
Helex l'appelait toujours « commandant » quand quelque chose n'allait pas. Manifestement, c'était le cas aujourd'hui.
- Quoi ? l'interrogea Tarn, s'efforçant de garder une attitude calme et posée.
- Je…Je peux m'entretenir avec vous ?
Tarn laissa les bras tomber le long du corps. Avait-il le choix ? Il lui fit signe de le suivre. Une fois à l'intérieur de ses quartiers, Tarn pressa sur le bouton pour fermer les portes.
- Je t'écoute.
- J'ai repensé à ce que vous avez dit. Par…par rapport à…
Helex cherchait ses mots.
- Je n'ai pas la journée, Helex, lui rappela sèchement Tarn.
- Par rapport à Ofsted XVII…à…Notre mission…A Kaon et Vos…
Tarn se tendit. Cela fut suffisamment imperceptible pour que le géant aux quatre bras ne le remarque pas.
- N'ai-je pas exigé qu'on ne parlait plus d'eux ? Qu'as-tu encore à me dire ?
- Je cherche…seulement un moyen de me rattraper. Un moyen pour me racheter…par rapport à leurs morts…
Tarn posa une main sur sa hanche, le considérant silencieusement.
- Je sais que je n'ai pas assuré. Et…j'en suis désolé. Mais si je pouvais trouver un moyen pour—
- Il n'y a rien à racheter, Helex.
Il marqua un temps, avant d'ajouter, le ton dur :
- Il n'y a rien à racheter car ton attitude a été inacceptable.
- J'ai paniqué ! protesta Helex. Je n'aurais pas dû paniquer…
- Oui. Et cela a coûté la mort de nos camarades. Tu as leur energon sur les mains. A cause de ta panique. Parce que tu avais peur de mourir.
- Je n'avais pas peur de mourir…Je…ne voulais juste…pas mourir de la main des organiques…
Tarn secoua la tête, ne cherchant même pas à camoufler sa déception.
- Et tu t'attends à ce que je te pardonne ? A ce que j'accepte tes excuses ?
Helex ouvrit la bouche.
- …Non…admit-il.
- Un autre commandant Decepticon t'aurait exécuté pour incompétence et aurait accroché ton cadavre au mur pour servir d'exemple. Donne-moi une seule raison pour laquelle je ne devrais pas agir de la sorte.
Il put voir le géant blêmir à ces menaces. Tarn les prononçait d'un ton nonchalant, comme s'il s'agissait d'une certitude. Qu'Helex périrait de cette façon pour sa lâcheté.
- Je-Je…si telle est votre volonté…
- Là. Tu ne me donnes aucune raison pour laquelle je devrais t'épargner. Tu ne cherches même pas à te défendre. C'en est pathétique, Helex. Pathétique.
Tarn croisa les bras, pensif.
- Hé bien, je vais te donner une raison pour laquelle je ne ferais rien de la sorte : si je t'exécute, cela signifierait qu'on serait réduits à trois. Qu'il n'y aurait plus que Tesarus, Nickel et moi. C'est la seule raison pour laquelle tu es encore en vie, Helex.
Helex baissa la tête.
Il se sentait coupable mais Tarn s'en fichait. Il n'avait pas de traitement de faveur à lui donner. Après tout, il n'était pas là pour lui tenir la main et lui assurer que tout allait bien.
- …D'accord, répondit Helex, le ton sourd.
- Mais sache que je ne suis pas prêt à te pardonner cela. Ne l'oublie jamais. Mais bon…ce n'est pas la première fois que tu es une déception à mes yeux. Là, c'était juste une déception comme une autre mais qui nous a coûté de graves conséquences. J'ai eu tort de traiter Tesarus de lâche. Parce que s'il y a un lâche ici, c'est toi.
Un nouveau coup dur à encaisser pour le géant.
Tarn se détourna de lui.
- Parfois, je regrette juste de t'avoir intégré à la DJD. Parfois, tu es juste…une honte.
Helex garda le silence.
Tant mieux. Il n'avait rien à dire.
- Cela sera tout, Helex ? lui demanda Tarn.
- …Oui, commandant. Je vous laisse.
- Parfait.
Tarn ne l'entendit pas partir. Helex fut si discret à quitter ses quartiers. Quand il se retourna, il fut seul.
Le robot masqué prit une inspiration.
Il devait se changer les idées…
Le leader de la DJD s'assit à sa table et commença à écrire ses derniers rapports. Dont celui qui annoncerait qu'ils avaient perdu Kaon et Vos.
Qu'ils auraient besoin de remplaçants très rapidement…
Tarn n'aimait pas spécialement la paperasse mais elle était nécessaire. Et par moment, cela lui vidait l'esprit. De l'autre côté de la pièce, la tête d'Overlord le fixait de ses optiques sans vie.
Alors qu'il rédigeait la première page, une notification l'interpella.
Une notification du site Decepti-com.
Tu ne peux pas me ficher la paix, toi ? pensa Tarn.
MegaGigaTron lui avait envoyé un message. Encore. Tarn grogna et ramassa son Pad pour le lire.
« Coucou, chéri. »
Tarn plissa les optiques avant de répondre furieusement.
« Ne commence pas à m'énerver, toi ! Ce n'est vraiment pas le moment ! »
MegaGigaTron lui rendit un smiley stupide qui lui faisait un clin d'œil.
« Quoi ? Tu n'aimes pas les surnoms ? Je trouve que cela est approprié. »
Tarn allait surtout le bloquer, oui.
« Pourquoi ne pas nous rencontrer ? Après tout ce temps passé à parler ensemble, à échanger nos plus noirs secrets…je suis sûr que tu es intéressé par rapport à qui se cache derrière l'écran. »
L'ignorer.
Tarn se remit à écrire.
Mais MegaGigaTron ne le lâchait pas.
« Blague à part. Tu savais que Megatron était à bord de la Lost Light ? »
Tarn reposa son rapport.
Il reprit son Pad et lui répondit.
« Pardon ? »
« Il a accepté de faire partie de l'équipage dans le cadre de cette Quête, trésor. Pour trouver les Chevaliers de Cybertron. Tu ne le savais pas ? »
Tarn sentit ses audios vriller.
Il essaya de se reprendre. Bien sûr…Après avoir massacré tout l'équipage, Cybertron aurait envoyé un nouvel équipage pour les remplacer.
Pour cette Quête inutile…
Mais que Megatron en fasse partie…Non. Il ne pouvait pas s'abaisser à cela.
« Je suis sûr que c'est une plaisanterie. Ou une fake new. »
MegaGigaTron mit longtemps à répondre.
« Arrête de me raconter n'importe quoi ! » écrivit Tarn, se faisant violence pour ne pas envoyer son Pad valser.
« Tu veux une preuve ? »
MegaGigaTron lui transféra une pièce jointe.
Tarn hésita à l'ouvrir. Cela pouvait être un programme informatique malveillant…
Mais la curiosité s'empara de lui très rapidement.
Il l'ouvrit, attendant impatiemment que la pièce jointe soit téléchargée.
Une photo de Megatron…en compagnie de…
Tarn se laissa retomber lourdement sur sa chaise. Au-delà de l'incompréhension, il sentit son spark accélérer face à l'image de Megatron en compagnie d'Ultra Magnus.
Ultra Magnus…le même Ultra Magnus à bord de la Lost light qu'ils avaient massacré…
Non. C'était sûrement une erreur.
« Qui est le capitaine de la Lost Light ? »
Ce fut la seule question qu'il eut en tête.
« C'est tout ce qui t'intéresse ? Toi, fervent partisan de Megatron…Megatron à bord de la Lost Light…n'est-ce pas une nouvelle intéressante ? »
Tarn ne savait pas quoi en penser.
Il attendit la suite du message.
« Mais si tu tiens à savoir…Rodimus est apparemment le capitaine. Mais Megatron aurait été promu « co-capitaine » et dirigerait le vaisseau de la Lost Light lui-même. Rodimus serait trop immature pour une telle mission. »
Ultra Magnus…Rodimus…
C'était un mensonge. Ils les avaient tués. Tous les deux. Ainsi que le reste de la Lost Light. Il n'en restait plus rien.
« C'est impossible…c'est sûrement une photo truquée, dénichée sur le net sur un Site de complotisme bancal… »
Mais la photo paraissait réelle. Trop réelle pour être truquée. Bon sang, si Kaon avait été encore là, il aurait pu en juger. Il avait été reporter autrefois, après tout. Il connaissait ces choses en raison de son ancien métier.
« Si tu ne me crois pas…Ils sont en ce moment même sur Ataglan. Tu n'auras qu'à en juger par toi-même. »
Ataglan…
Comme si Tarn allait se rendre là-bas…
Le leader de la DJD ressortit son téléphone spécial. Le seul avec lequel Megatron était en mesure de le contacter.
Tant pis s'il le dérangeait, il souhaitait savoir…Megatron n'aurait qu'à lui attribuer la punition qu'il méritait.
Il laissa sonner.
Personne ne décrocha.
Megatron…Pourquoi ne répondez-vous jamais ?
Dans sa cellule, Overlord reposa le Pad sur le sol. Il se tourna vers le leader du Conseil Galactique, le toisant d'un œil fatigué.
« On est d'accord que Megatron ne se trouve pas sur Ataglan ? » l'interrogea le Phase-Sixer.
Le leader du Conseil Galactique secoua la tête.
- Bien sûr que non. Autrement, nous y serions déjà.
- Mais il est à bord de la Lost Light. Nous n'avons qu'à le prendre en chasse.
- Nous travaillons actuellement dessus. Mais le problème est que nous sommes incapables de détecter le vaisseau. Notre technologie n'est pas suffisamment avancée pour détecter les signatures énergétiques. Nous ignorons actuellement où ils se trouvent.
Overlord leva les optiques, boudeur.
- Vous êtes vraiment des incompétents.
- Nous voulons tous les deux tuer Megatron. Croyez-moi quand on vous dit que nous faisons tout ce que nous avons en notre pouvoir pour le retrouver.
- Que les choses soient bien claires…
Overlord se pencha vers l'organique, un sourire menaçant réfléchissant ses dents blanches.
A chaque fois qu'il le regardait de cette façon, Overlord savait qu'il produisait le même effet : l'organique croyait toujours qu'il n'avait plus que quelques secondes à vivre.
- Il n'y a que moi qui tuera Megatron. Moi et moi seul…Devant une audience, si possible.
- …C'était ce que nous avions prévu.
Après tout, Overlord était l'un des seuls qui pouvait être en mesure de battre Megatron. L'un des rares…d'où la raison pour laquelle le Conseil Galactique l'avait reconstruit, après l'avoir trouvé flotter au milieu de l'espace, presque complètement détruit par une explosion à bord d'une navette.
- Alors, pourquoi vous embêter avec la DJD alors que Megatron est la priorité ? grimaça Overlord, redevenant brusquement ennuyé.
- Ils constituent une menace.
- Pff, tu parles. Un club de fanatiques à la sauce Megatron. Ils ne font peur à personne.
- Vous ne devriez pas les sous-estimer.
- Qu'est-ce que je m'en fous.
Le leader organique soupira.
- Ils constituent une menace pour nous, pour notre espèce.
- Vous avez promis que l'objectif était Megatron.
- Maintenant qu'ils sont réduits de moitié et qu'ils ont perdu deux membres, il est nécessaire de les achever avant qu'ils ne soient remplacés.
- Pff, si vous le dites. Mais je déteste perdre mon temps.
L'organique frissonna à nouveau.
- Juste comme ça : il y a quoi à Ataglan ? l'interrogea Overlord alors que le leader organique quittait sa cellule.
- …Oh. Même vous, vous n'aimeriez pas le savoir.
Il marqua une pause.
- Quoique si…vous apprécierez bien, lança-t-il, mystérieux, avant qu'il ne disparaisse.
Le Phase-Sixer détestait les devinettes. Il devrait peut-être le tuer maintenant, qu'il en finisse.
Pff…Si le Conseil Galactique ne lui était pas aussi nécessaire, nul doute qu'Overlord l'aurait déjà fait.
Il toisa le Pad.
Il finit par le reprendre et le posa sur ses genoux.
Puis, il se connecta au Site Decepti-com.
Overlord se rappela que le réseau était surveillé par cette espèce de vermines. Il leva les optiques. Autant envoyer un message détourné, alors.
Voyons voir. Qu'avait-il lu dans les livres que Megatron adorait brandir pour lui rappeler qu'il était cultivé et qu'Overlord n'était qu'une brute épaisse sans processeur ?
Et Tarn qui en avait rajouté parce qu'il avait été un soi-disant « intellectuel »…
Pff, cela ne le concernait pas.
Mais…cela l'amusait. Overlord ne pouvait pas le nier.
Alors, il rédigea.
Frappe-moi jusqu'à ce que mon processeur recouvre les murs,
Avoue que tu adores cela.
K-class aurait été un sort plus clément.
Enchaîne-toi et laisse-moi te briser.
En espérant que Tarn soit suffisamment intelligent pour comprendre le message. Franchement c'était simple à décrypter.
A moins que VersLaPaix ne l'ait bloqué avant.
Overlord s'étira. Il devrait laisser le Conseil Galactique et la DJD s'entretuer. Mais il détestait être pris pour un imbécile.
Et puis…quel serait un spectacle sans un peu de résistance ?
« …Je doute que Tarn le pense réellement. »
Nickel examinait Helex tandis que ce dernier racontait son dernier entretien avec le leader de la DJD. La medic le toisa tristement, essayant de trouver les mots qu'il fallait pour éviter que ce dernier ne sombre et fasse un burn-out.
- Oh si. Il le pensait.
- Tu sais qu'il a tendance à être dur, soupira la medic. De toute façon, cela aurait été pire si tu y étais allé. On aurait dû t'abandonner aussi et on aurait été plus que trois.
- Mais il a raison. A cause de mon temps de réaction, on a été obligés d'abandonner Kaon et Vos.
Tesarus restait appuyé contre un mur. La mâchoire serrée, il n'avait pas prononcé un mot depuis la fin de son examen.
Nickel ne saurait dire à quoi il pensait. Son expression était indéchiffrable mais il se tendait au fur et à mesure qu'ils évoquaient Kaon et Vos.
Comment pouvait-on lui en vouloir ?
- Bah. Ne le prends pas à cœur, fit Nickel. Cela lui passera.
- Je suis une mauviette…se lamenta Helex.
- Non, tu n'auras pas d'arrêt de travail ! cracha Nickel. Tarn ne t'en voudra que davantage et cela n'aboutira à rien.
Helex la supplia du regard.
- Mais Nickel…
- Na-na-na, j'ai dit non.
Le robot aux quatre bras était sur le point de protester quand la porte de l'infirmerie s'ouvrit en trombe.
Tarn apparut sur le pas de la porte. Tous se figèrent. Comme pris en flagrant délit, Helex se redressa, les quatre bras en l'air.
- Je te jure que c'était une blague !
- Tais-toi. Regardez cela.
Tarn leur tendit un Pad. Helex, Tesarus et Nickel se penchèrent pour lire ce qu'il y avait dessus.
Une photo…de Megatron en compagnie d'un robot d'une armure bleue presqu'étincelante.
Helex fronça les sourcils.
- Mais…je le reconnais, lui. On l'a tué sur la Lost Light.
- Exactement. Et il est encore en vie, approuva Tarn.
Le silence tomba.
- …C'est une blague ? répondit Tesarus.
- Croyez-moi, ce n'en est pas une. Apparemment, Rodimus aussi est encore en vie. Le capitaine…et vue la façon dont c'est parti, il est possible que tout l'équipage de la Lost Light, celui qu'on a massacré, soit encore en vie quelque part.
Tesarus, Nickel et Helex s'échangèrent un regard, perplexe.
- …Mais on les a massacrés ! s'insurgea Tesarus.
- Oui, on les a massacrés. Et c'est pour cela que c'est incompréhensible, grogna Tarn en se massant les optiques à travers le masque.
- Vous êtes sûrs que vous n'étiez pas en plein trip ? En usant votre nucléaire spécial ? commenta Nickel. Vous avez peut-être cru les massacrer alors que ce n'était pas le cas ?
Même si elle ne connaissait pas encore bien sa consistance, ils en avaient utilisé une grande quantité.
- Crois-moi, Nickel, répliqua Tarn, agacé, le nucléaire ne produit pas cet effet. On l'a utilisé maintes et maintes fois auparavant et on a toujours éliminé nos cibles avec perfection.
- Mais…peut-être est-ce une ancienne photo ? proposa Helex. Antérieure au massacre ?
Tarn se retourna d'un bloc vers lui, furieux.
- Tu ne sais pas réfléchir, Helex ! Tu ne réfléchis jamais ! Tu crois que Megatron serait en compagnie d'un Autobot sans le massacrer ?
Helex recula, la tête rentrée dans les épaules.
- Que du physique et aucun processeur ! cracha son leader en effectuant un geste d'humeur. Mais qu'attendre de toi, au final ?
- Ce n'est pas la peine de lui crier dessus ! le réprimanda Nickel, montant le ton d'un cran pour que sa voix recouvre celle de Tarn.
Le robot masqué n'ajouta rien de plus.
- Ne nous dis pas qu'on va devoir encore les tuer ! protesta Tesarus. Qu'on va devoir encore tuer OVERLORD !
Tarn le calma d'un geste.
- Non. Overlord est mort. J'en suis sûr. J'ai gardé sa tête.
- Mais la dernière fois, Octus a cru qu'Overlord était également mort, lui rappela Nickel. Tu penses que c'est lié ?
Tarn prit une expression pensive derrière son masque. La Minicon comprit qu'elle avait marqué un point.
- …La seule manière de le savoir, c'est de se rendre sur place et s'en assurer.
- Où ? demanda Nickel.
- A Ataglan. Il serait là-bas…avec la Lost Light.
- Et comment sais-tu qu'ils sont là-bas ? lui demanda la Minicon.
- J'ai mes sources. Et puis, autant vérifier, non ?
Cette absence de réponse ne plaisait pas à Nickel quand bien même elle ne commenta rien.
- Cap sur Ataglan, leur ordonna Tarn.
- Et qu'est-ce qu'on fera, une fois là-bas ? l'interrogea Helex d'une petite voix.
Tarn ne répondit pas.
Il se contenta de passer devant lui en l'ignorant, avant que les portes de l'infirmerie ne se referment derrière lui.
- …Encore un merveilleux jour à bord du Peaceful Tyranny, commenta Nickel, ironique.
Tarn reprit son Pad.
Lorsqu'il le ralluma, il fut surpris de recevoir un nouveau message de MegaGigaTron.
« Frappe-moi jusqu'à ce que mon processeur recouvre les murs,
Avoue que tu adores cela.
K-class aurait été un sort plus clément.
Enchaîne-toi et laisse-moi te briser. »
Tarn plissa les optiques, ne comprenant aucunement à ce charabia.
Il pouvait l'ignorer. Mais à la place, il lui adressa un message sec et sans appel :
« Garde ta poésie pour toi. Et arrête de me harceler. »
Il éteignit le Pad avant de le lancer contre le mur de sa chambre.
« Nous y sommes… »
Kaon tenait Vos en main quand il se plaça derrière un mur. Il souhaitait s'assurer qu'ils n'étaient pas repérés avant d'arriver à leur objectif.
Vos lui indiqua que la voie était libre. Kaon acquiesça.
« Tu vois un endroit particulier dans le coin ? »
Vos marqua un temps avant de répondre.
Il lui signala la présence d'un building, qui paraissait être un centre commercial.
Kaon réprima un rire.
« Parfait… »
A pas de loup, Kaon s'approcha lentement du lieu en question. Aux vues du brouhaha étouffé à l'intérieur du bâtiment en question, il y avait du monde.
Tant mieux. Cela ne serait pas drôle, autrement.
Kaon s'arrêta devant l'entrée. Vos lui signala qu'il n'y avait aucun bouton de commande d'ouverture de porte.
« Les organiques…vraiment inaptes. »
L'aveugle poussa la porte.
Il sentit la présence d'organiques tout autour de lui. Tous à probablement faire leurs emplettes ou à bavasser pour ne rien dire…
Pas la présence d'armes.
Kaon releva Vos et appuya sur la gâchette pour tirer en l'air.
Un silence soudain.
Des cris se firent entendre. Kaon ne put s'empêcher de s'amuser et usa son électricité pour viser un civil à proximité.
Sans tarder, Kaon braqua Vos sur les organiques qui commençaient à se ruer vers la porte, leur barrant la route.
« Si vous ne voulez pas que le sang repeigne les murs de ce centre commercial, je vous conseille de ne pas me provoquer. »
Cela les stoppa net.
« Contactez votre base. Maintenant. »
« Ici, Asmodée. Je vous écoute. »
Ha. Ils avaient été rapides. Kaon s'était assis sur un tabouret, tenant les civils en joue, tandis qu'il avait établi la communication avec le responsable de la Black Block Consortia sur Ofsted XVII.
- Asmodée ? l'accueillit Kaon, d'un ton poli. C'est marrant. On s'est croisés dans l'espace. Vous savez ? Le rafiot de la Lost Light…le générateur quantique.
- Que voulez-vous, mécanique ?
- Je vous ai appelé par votre prénom. La moindre des choses à faire, est de m'appeler par le mien au lieu de me réduire au terme « mécanique ». Mon nom est Kaon. De la DJD. Avec mon camarade Vos.
Un silence tomba.
Aaah…La douce panique qu'il ressentait. Ces organiques qui pleurnichaient, craignaient pour leurs vies…c'était si doux. Et cela changeait des traîtres habituels.
- Ces personnes sont des civils ! Relâchez-les, immédiatement !
- Hm. Et pourquoi ferais-je cela ? Civils ou non, quelle différence ?
- Il y a des enfants ici !
Kaon haussa un sourcil.
- Des enfants ?
- Laissez-les au moins partir !
- Et si je n'ai pas envie ?
Kaon pointa Vos sur un civil et visa la poitrine. Il s'écroula, la respiration sifflante.
- Je ne crois pas que j'ai visé un enfant, mais cela ne saurait tarder.
- Que voulez-vous ?
- On dirait que vous devenez intelligent. Et j'avais raison. Vous tenez à vos habitants. Alors, voilà ce qu'on va faire. Vous allez m'apporter les moyens pour passer une communication avec un vaisseau. Assez performant pour atteindre Cybertron, si nécessaire.
Asmodée marqua une pause.
- Nous n'avons pas les moyens.
- Ah, je vois.
Kaon visa un autre organique situé non loin de lui. Mais ce dernier ne fut pas aussi chanceux. Kaon l'avait directement visé à l'endroit où le « spark organique » était probablement situé. Probablement. Difficile de savoir avec ces organiques. Mais au moins, il tomba raide mort.
- Je compte jusqu'à trois. Au bout de trois, un autre y passe.
- Ne faites pas—
- Un. Deux. Trois, compta Kaon très rapidement.
Il en visa un autre.
- Compris ? Vous allez nous obéir ?
- Je ne—
- Un. Deux. Trois.
Kaon appuya à nouveau sur la gâchette.
- Alors ?
- …On va vous apporter les moyens. Mais arrêtez cela ! Arrêtez de vous en prendre à nous ! Nous ne sommes pas des barbares !
- Pff. Va dire ça aux habitants de Prion. Ah oui, j'oubliais. Ils sont morts, parce que vous les avez massacrés.
Asmodée ne sut quoi répondre.
- C'est pour cela ? Vous vous en prenez à nous pour le massacre de mécaniques ? C'était une riposte aux massacres des organiques orchestrés par Megatron !
- Ouah. Et c'est une excuse valable ? Oups, me voilà devenir hypocrite. Alors ? Ces moyens ?
- …Arrêtez de vous en prendre aux civils.
- Un…Deux…les menaça Kaon.
Asmodée abdiqua.
- On vous les apporte tout de suite !
- Bien. Vous avez une heure.
Kaon raccrocha.
Il s'étira, gardant Vos en son mode fusil-sniper sur ses genoux.
Bien sûr, il n'avait aucune intention de tenir sa promesse. Ils étaient organiques, après tout.
Mais bon…ce n'était que justice, après tout.
- Et si on bavardait ? proposa-t-il aux organiques.
Ils allaient s'amuser. Kaon le sentait.
