Dans l'épisode précédent : Après une rencontre entre Silver et un niffleur, Aria et Severus se rendent à Gringott pour trouver une solution pour la boutique. Finalement, Aria mettra ce qui manque à Severus pour l'acheter et ils seront tous les deux propriétaires.
Rating : T pour le moment
Genre : Romance
Disclaimer : Tous ces petits bonshommes appartiennent à la merveilleuse J.K Rowling bien que je me permette de jouer avec eux.
Elément pour la compréhension de l'histoire : Severus est toujours en vie. Remus également mais pas Tonk. Lucius est en prison mais Draco et sa mère sont libres. Fred a survécu mais en garde de lourdes séquelles.
Réponse aux reviews :
adenoide : Oui, comme ça tout le monde est satisfait.
stormtrooper2 : Eh oui, il va falloir verouiller les portes ! Severus est moins gêné de partager la propriété que de devoir de l'argent à sa chérie ;)
brigitte26 : Exactement !
lydia aria demonia : Je suis contente qu'elle te plaise, j'espère que la suite te plaira tout autant :)
Bonne lecture
Maintenant que Severus avait pu déterminer avec Gringott comment financer la boutique, il n'y avait plus qu'à attendre de la visiter car après tout, il ne savait pas encore à quoi elle ressemblait, juste qu'elle était bien située.
La visite avait été programmée à la semaine d'après ce qui avait laissé le temps au couple de stabiliser leur lien. Plus les jours passés, plus ils se découvraient des dons liés à leur lien et plus ils pouvaient s'éloigner l'un de l'autre. Aria arrivait maintenant à ressentir toutes les émotions de Severus tandis que l'homme, lui, ne pouvait ressentir que les émotions fortes de sa compagne. L'élue n'était malheureusement pas encore capable de canaliser le flux d'émotion qui n'était pas à elle ce qui avait créé certaines situations cocasses.
Une fois, elle avait sentit que son compagnon était en difficulté et avait laissé son instinct la guider pour le retrouver. Finalement, après avoir croisé Draco qui lui avait indiqué part où il l'avait vu passer, ils le virent sortir des toilettes surpris de les trouver derrière la porte.
Après un long silence, Draco éclata d'un rire sonore à s'en tenir le ventre. Aria, elle, était tellement gênée qu'elle n'osait même plus regarder son compagnon en face. Severus, quant à lui, ne comprenait absolument pas ce qu'il était en train de se passer et c'était peut-être pas plus mal pour lui. Cependant, son filleul, en bon Serpentard, ne put s'empêcher de lui dire ce qui s'était passé et soudainement le maître des potions fut particulièrement mal à l'aise.
"Il faut vraiment que l'on trouve une solution pour ça. Cela devient vraiment embarrassant, lança Severus une main sur le visage pour cacher son trouble.
- Crois-moi j'aimerais bien. Je ne sais pas comment faire. J'arrive à amoindrir mais je le ressens toujours… Peut-être qu'une fois le lien complètement stable j'y arriverai.
- J'espère, sinon je me demande bien ce que tu vas encore pouvoir imaginer avec ce que tu ressens.
- Je tacherai d'un peu mieux analyser les choses la prochaine fois, promis !"
Percevoir les sentiments de l'autre n'avait pas été leur seul problème. Depuis que l'homme avait entendu les pensées d'Aria, une sorte de communication de leurs esprits s'était développée cela ne fonctionnait que lorsqu'ils étaient ensemble et avaient un contact visuel. Néanmoins, ils leurs arrivaient parfois d'y arriver lorsqu'ils étaient simplement à proximité ce qui leur laissait présager une évolution de ce don.
Sur le papier, cela paraissait plutôt pratique pour communiquer sans que personne ne le sache. Cependant, ils n'arrivaient pas encore à différencier les pensées des paroles ce qui causait de grandes difficultés pour communiquer entre eux. Ils devaient faire attention à vérifier si l'autre faisait bouger ses lèvres pour savoir s'il l'avait pensé ou parlé. Mais surtout, c'était que certaines choses qu'ils préféraient garder pour eux se retrouver dévoilé à l'autre. Ainsi Aria avait découvert le plus terrible secret de Severus, son boxer préféré était rose avec des étoiles scintillantes. L'homme avait tout fait pour le lui cacher lors de son déménagement dans sa chambre. C'était sa plus grande honte qui détruisait complètement son image de chauves-souris des cachots. La vérité c'est qu'il était en poils de Prolock et était incroyablement confortable. Il le mettait toujours lorsqu'il savait qu'il allait passer une dure journée pour être le plus confortable possible dans ses vêtements. Initialement, il n'avait pas prévu d'acheter cette couleur, mais les vêtements en poils de porlock sont rares et lorsqu'il avait été à la boutique c'était le seul modèle qu'il restait et il ne fallait pas se demander pourquoi. Il l'avait finalement acheté en se disant que personne ne le verrait jamais, après tout à l'époque il était toujours un célibataire endurci, mais voilà, maintenant il avait une petite amie qui dormait avec lui. Lorsqu'elle avait voulu déplacer certains de ses vêtements, il avait paniqué car elle allait tomber dessus et s'il avait su l'empêcher d'y jeter un oeil, ses pensées, elles, l'avaient trahi.
Bien évidemment, sa compagne s'était moquée de lui et encore plus une fois qu'elle avait eu l'objet entre les mains. Non seulement les couleurs été flashy, mais en plus les étoiles étincelaient réellement et clignotaient d'une douce lumière qui rendait le tout un peu trop lumineux pour ses yeux. Néanmoins, elle était obligée de reconnaître que le tissu était incroyablement doux et qu'elle comprenait pourquoi il avait craqué malgré les motifs.
" Par contre, ne met jamais ça pour une nuit à deux, je serai incapable de voir autre chose que ça, rigola-t-elle.
- C'est ça moque-toi, je finirai par capter une pensée honteuse te concernant aussi."
Severus avait eu raison et ça n'avait pas mis longtemps à arriver. Cependant, son secret à elle était nettement plus sérieux. Elle en avait extrêmement honteux mais avant tout très peur.
Il avait découvert cela par tout hasard. Il était allé faire quelques potions pour honorer ses commandes puis avait été la retrouver dans son bureau car ils n'arrivent pas encore à s'éloigner trop longtemps.
Lorsqu'il était arrivé, elle était en grande conversation avec quelqu'un par cheminette et cela ne se passait pas bien. Sa colère sourde, que Severus avait à peine senti jusqu'à présent, avait éclaté d'un coup et elle s'était mise à hurler sur son interlocuteur qui avait fini par couper court à la conversation par peur qu'il ne lui arrive malheur.
Après un long moment, la tension dans la pièce redescendit et c'est là qu'il entendit une pensée qu'il n'aurait jamais cru venir de sa part.
"Il faut que je me calme, si je ne fais pas attention je vais finir par devenir pire que Dumbledore."
Severus resta interdit face à sa pensée. Comment pouvait-elle croire qu'elle pouvait devenir aussi mauvaise que ce vieux fou. Elle ne cessait d'aider les gens, ce n'est pas parce qu'elle s'énervait sur des abrutis qu'elle devenait le mal incarné. Décidant qu'il devait à tout prix lui faire comprendre qu'elle se trompait, il se mit dans son champ de vision afin qu'elle puisse remarquer sa présence.
"Severus ! Je ne t'avais pas entendu entrer. J'aurais pourtant dû savoir que cette sensation d'apaisement venait de ta présence, sourit-elle.
- Je suis le bonheur incarné.
- Oui, mon bonheur à moi !
- Aria, j'ai entendu tes pensées tout à l'heure…Dit-il en lui prenant la main pour l'installer sur le canapé à côté de lui.
- Oh ! Et qu'as-tu entendu ?
- Quelque chose qui… Me sidère, je n'aurais jamais cru que tu puisses avoir une telle opinion de toi.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Tu penses vraiment que tu es une personne pouvant devenir comme Dumbledore ?"
Sa question laissa un blanc. Aria ne s'attendait pas à ce qu'il lui parle de ça. Cela faisait longtemps qu'elle avait cette peur en elle, avant même qu'elle ne devienne une femme. Cela avait commencé lorsque Voldemort l'avait mis devant le fait accompli quand elle avait voulu jeter le doloris sur Bellatrix. Elle s'insurgeait des horreurs commises par lui et pourtant elle en faisait de même, depuis, cela la rongeait. A chaque fois qu'elle tuait un démon, à chaque fois qu'elle devait faire valoir son autorité, elle avait l'impression que sa part d'ombre grandissait et qu'un jour il n'y aurait plus rien de bon en elle.
" Tu as tout faux, Aria, commença son compagnon ayant suivi ses pensées. Je n'ai jamais été aussi heureux de pouvoir savoir ce que tu penses. Il est impossible d'être irréprochable à cent pourcents.
- Je le sais bien mais…
- Chut, dit-il en posant un doigt sur sa bouche. Laisse-moi finir, s'il te plaît. Si tu n'avais jamais laissé cette part d'ombre, comme dit, prendre le dessus tu serais morte depuis bien longtemps. On ne vit pas dans un monde où la gentillesse à outrance permet de survivre et ce n'est pas ça qui fait de toi quelqu'un de bien, Aria. La bonté peut aussi être un défaut quand on ne l'utilisa pas à bon escient. Ce qui compte réellement ce n'est pas l'acte mais la raison qui fait qu'on fait quelque chose.
- Donc si je suis ta logique, un meurtrier est une bonne personne s'il fait ça pour une bonne raison ? Demanda-t-elle sarcastique.
- Penses-tu que les aurors qui tuent les criminels en les affrontant sont de mauvaises personnes ?
- Non…
- Pourtant ce sont bien des meurtriers mais ils ne tuent pas gratuitement et ne cherchent pas à le faire s'il n'y en a pas le besoin. Je sais combien c'est dur de faire la part de chose, de savoir quand une action est mauvaise et quand elle ne l'est pas. Je suis encore loin d'accepter tout ce que j'ai fait lorsque j'étais espion pour le seigneur des ténèbres. J'ai fait beaucoup de mauvaises choses pour pouvoir rester crédible auprès de lui mais je ne pense pas être une mauvaise personne pour autant, du moins je fais de mon mieux pour ne pas l'être.
- Tu ne l'es pas, Severus !
- Et toi non plus, Aria. Ca arrive à tout le monde d'avoir des envies de meurtres face à quelqu'un qui nous exaspère mais ne pas passer à l'acte et savoir que c'est mauvais, font que nous sommes de bonnes personnes. Mon amour, tu as déjà tué et tu tueras encore car nous sommes en guerre et que face à des ennemis impitoyables nous n'avons pas d'autres solutions que de passer par là pour suivre et les empêcher de nuire. Cependant, tant que tu feras tout pour éviter cela au maximum et que tu culpabiliseras de ses actes, c'est que ton coeur est encore pur. Si un jour ça devient une banalité pour toi alors seulement à ce moment-là tu pourras craindre de mal tourner, mais tu n'as à ce jour aucune raison de sombrer. Tu sais encore très bien faire la différence entre le bien et le mal. Et puis je suis sûr que l'homme de tout à l'heure mérité amplement que tu lui cries dessus."
Aria ne répondit rien mais sourit face à sa dernière remarque. A la place, elle se blottit dans ses bras rassurés bien malgré elle par les dire de son compagnon. Ils restèrent un moment ainsi sans dire un mot appréciant simplement la présence de l'autre.
"Si tu as de nouveau ce genre de pensées, dit-le-moi, d'accord ? On en discutera, on verra si c'est justifié ou non mais ne rumine pas des idées aussi noires toute seule. Je ne sais trop bien ce que ça fait sur le long terme.
- Promis, je viendrais te voir…
- Bien ! J'espère pour toi car je lis tes pensées maintenant et je connais un bon paquet de punitions à t'infliger si jamais tu désobéis…
- Ah oui ? Je vais devoir récurer des chaudrons ?
- Je pensais à quelque chose de tout aussi physique mais bien plus plaisant.
- Ah ? Rien que ça ? Ca donnerait presque envie de faire des bêtises alors…
- Je vais devoir te surveiller de près pour que ça n'arrive pas, de vraiment très près."
Severus se pencha sur ses lèvres et les emprisonna dans un baiser passionné serrant le corps de la jeune femme contre lui.
Le maître des potions se faisait souvent la réflexion qu'il s'était lourdement trompé sur le compte d'Aria lors de sa scolarité et plus il la côtoyait plus il se rendait compte d'à quel point l'image qu'il s'était fait d'elle était à mille lieux de la réalité. Elle n'avait été qu'une enfant jetée dans la fosse aux lions sans armes et qui avait pourtant réussi à en sortir vainqueur, mais avec un nombre incalculable de séquelles qu'il découvrait encore aujourd'hui. Il était sûr qu'elle avait encore bon nombre de blessures qu'elle gardait au fond d'elle et qu'il s'assurerait de panser lorsqu'il les découvrirait comme elle le faisait avec lui. La magie avait bien fait de les unir, ils étaient tous les deux meurtris par une guerre dont ils n'avaient pu échapper et ils avaient chacun besoin de se reconstruire d'une façon ou d'une autre. Aria lui apportait l'amour et le soutien qui lui avait souvent fait défaut tandis que lui pouvait l'aider avec son expérience et son vécu, la guidant vers de bonnes résolutions.
