CHAPITRE 64
OOC : Bonjour à tous. Voici un nouveau chapitre. Si vous voulez laisser un review, cela me fera toujours plaisir. Sinon, c'est comme vous voulez. Cela ne change rien pour moi.
Une heure…
Kaon vérifiait toutes les minutes à combien ils étaient de l'échéance. Une heure pour leur rapporter du matériel ? Franchement, l'aveugle était quand même indulgent. Tesarus n'aurait même pas eu la patience d'attendre aussi longtemps. Après, il s'ennuyait facilement, un trait de caractère que Kaon ne partageait pas. Pourtant, au fur et à mesure que l'heure approchait, Kaon commençait à montrer des signes d'agitation et de nervosité.
Près de lui, toujours dans son mode fusil-sniper, Vos s'en rendit compte et lui murmura d'attendre. Kaon réprima un soupir de frustration. Il avait une folle envie de se défouler sur leurs otages. Qui n'étaient pas très bavards au final. Moins bien bavards que les traîtres qu'ils traquaient.
Quoique c'était sûrement lié à leur espèce. Les mécaniques étaient bien plus avancées que les organiques. Cela constituait déjà une preuve en elle-même.
Kaon comptait.
Plus que cinq minutes. Allez, autant les tourmenter un peu.
Kaon reprit la communication, un grand sourire aux lèvres.
« Alors, Asmodée. J'espère que tu ne nous as pas oubliés. »
Il sentit des organiques se raidir à proximité. Ils avaient peur de ce qu'ils feraient par la suite. Oh oui. Ils avaient raison d'être terrifiés. Et Kaon s'en délectait.
La réponse d'Asmodée ne fut pas l'une des plus chaleureuses.
- Nous sommes en train de vous apporter ce que vous voulez !
- Quatre minutes, chantonna Kaon.
Ah lala, Tarn se serait amusé.
- Au passage, nous aimerions autre chose, souffla Kaon après un temps.
- Pardon ?
- Du carburant. Ah et bien sûr…un moyen de transport.
Quitter ce centre commercial puis cette ville à pied en risquant de se faire canarder, cela allait être sportif. Ils avaient besoin d'un véhicule. Et rapide, qui plus est.
- Cela ne faisait pas partie de notre accord ! Vous voulez un moyen pour communiquer ! Il n'a jamais été question d'autre chose !
- Très bien, dans ce cas, je descends les otages. Un par un.
Et pour appuyer ses dires, à l'aide de Vos, Kaon tira sur l'un des organiques au hasard, qui émit un bruit étranglé. Kaon posa le fusil-sniper sur ses genoux.
- Désolé, j'ai la gâchette facile.
Oh…Comme il pouvait sentir et se délecter de la terreur qui animait Asmodée à l'heure actuelle.
- Les civils n'ont rien à voir avec cela ! Je vous en prie ! Epargnez-les !
- Vous savez, murmura Kaon, vous n'avez pas non plus épargné les habitants de Prion. Eux aussi étaient des civils. Hé oui, je relance le sujet mais que voulez-vous ? C'est la seule chose qui nous lie actuellement. Les massacres mutuels de nos peuples. Au fait, vous avez mené l'opération ? A Prion ? C'est une question, bien sûr.
Il put devenir Asmodée blêmir à l'autre bout du fil.
- Non…Ce n'était pas moi.
- Mais vous étiez au courant et vous n'avez rien fait.
- Arrêtez ce cinéma, Kaon ! Vous êtes un membre de la DJD. Vous êtes, comme vos camarades, un foutu boucher. Prion n'est qu'une excuse pour vous en prendre à nous. Ne dites pas n'importe quoi. Vous massacrez aussi votre propre espèce ! Hydrus 3 ! Une colonie éradiquée en une nuit ! Des mécaniques !
Possible.
Mais bon…Autant contribuer à la Cause comme il le pouvait.
- Je crois que vous n'êtes pas en position pour parlementer, Asmodée. Au fait, Vos. Il leur reste combien de temps ?
Vos lui donna l'heure.
- Ah. Deux minutes, déjà. Bien sûr, inutile de dire que vous avez seulement deux minutes pour me rapporter le matériel, le carburant et le mode de transport.
- …C'est impossible.
- Mais si. Tout est possible, Asmodée. Il faut seulement un peu de volonté.
Il entendit l'organique souffler des ordres à quelqu'un en bruit de fond.
- Intéressant, remarqua Kaon, intrigué. Vous êtes général ?
- On vous apporte tout ce que vous voudrez…à une condition ! Vous relâchez au moins deux otages !
- Deux minutes, deux otages ? Ah. Vos vient d'énoncer qu'on était déjà passé à une minute. Donc, cela sera réduit à un otage. Et encore, si je suis de bonne humeur.
Dommage. Il ne suppliait même pas.
Autour de lui, l'atmosphère était à couper au couteau. Il put les sentir tous. Les sentir trembler, supplier, prier n'importe quelle fausse divinité ces organiques sauraient avoir…
- 40 secondes, compta Kaon.
- Arrêtez…Je vous en prie, arrêtez.
- 30 secondes.
- Kaon ! Qu'est-ce qu'il adviendra de bon si vous tuez ces civils ?
- 20 secondes…Pour répondre à votre question…Bah, ça me défoulera. C'est une raison suffisante.
La voix blanche, Asmodée prononça :
- Vous êtes un monstre…
- 10…9…8…7…6…5…4…
- Pitié ! Pitié ! cria quelqu'un.
- On vous donnera tout ! De l'argent, n'importe quoi ! Tout ! Mais laissez-nous partir ! Epargnez-nous !
L'aveugle les ignora.
En même temps qu'il comptait, Kaon pointait Vos, prêt à tirer dans le tas.
- Trois…deux…
Il fut soudainement coupé par une sirène qui retentit à l'extérieur. Cela détourna l'attention des membres de la DJD et Kaon tendit l'audio pour écouter.
Ah…Ils amenaient enfin le matériel.
Kaon reprit la communication.
- Vous avez tout ?
- Tout ! Le carburant…et le mode de transport. Tout cela vous attend à l'extérieur.
- Parfait, alors, se réjouit Kaon. Vous n'allez qu'à les placer dans une ruelle isolée, suffisamment proche du centre pour qu'on puisse partir le plus rapidement possible.
- Je vous en prie…relâchez les civils.
Kaon ricana.
- Je peux entendre les bruits de canons qui se rechargent dehors. Il y a des militaires de la Black Block Consortia qui sont prêts à exécuter vos ordres. Sitôt qu'on sera sortis dehors, vous en profiterez pour nous tirer dessus, Asmodée. Vous croyez que je suis né de la dernière pluie ?
- Non…Vous avez notre parole que ces militaires ne chercheront pas à vous poursuivre.
- Bah voyons…Et vous pensez que je vais vous croire ? Je vais exécuter vos civils et par la suite, je massacrerai vos hommes, menaça Kaon, toujours le ton poli. Vous aurez tous ces êtres sur la conscience.
- Non ! hurla une organique à proximité.
En guise de réponse, Vos lui recommanda froidement de se taire.
Asmodée prit une inspiration.
- Vous avez ma parole…juste…épargnez les civils. Ils n'y sont pour rien dans le massacre de Prion.
- On a des regrets, hein ? N'est-ce pas un peu tard pour cela ?
- Vous avez ma parole, répéta Asmodée.
Kaon haussa un sourcil.
Son ton était sincère. Il pouvait le discerner. Asmodée tiendrait parole. Mais Kaon pouvait-il réellement se fier à des organiques ?
Il resserra la prise sur Vos. Bien sûr, ils devraient sortir un jour. Et Kaon ignorait encore combien d'organiques encerclaient le centre commercial.
S'ils voulaient une chance de contacter le Peaceful Tyranny.
- …Parfait. Je vais choisir de croire une espèce inférieure. Dites à vos hommes de reculer et on va épargner quelques organiques.
Cela n'avait pas d'importance. Megatron avait prévu de tous les massacrer. Cela leur retomberait dessus tôt ou tard.
Il entendit Asmodée crier quelque chose dans le dialecte organique. Kaon comprit qu'il donnait des ordres.
Kaon se redressa. Il lança Vos pour qu'il puisse se retransformer. Le fusil-sniper atterrit sur ses deux jambes. Même si Vos était affaibli par sa blessure, il aurait besoin d'aide pour embarquer le matériel. Ensemble, les membres de la DJD se rapprochèrent de la porte, attendant le signal pour sortir.
Kaon entendit un cri derrière lui. Il eut juste le temps de se retourner pour deviner qu'un organique avait saisi une chaise et l'avait levé au-dessus de sa tête pour le frapper avec.
L'organique s'était prit pour un héros. En guise de réponse, Vos s'était placé devant Kaon et l'avait envoyé valser dans le mur d'un coup de pied retourné. L'aveugle ricana et renchérit avec une décharge qui mit l'organique hors état de nuire.
- Vous…vous avez promis que vous nous épargnerez ! glapit une organique, manifestement en larmes.
- Hé. C'est lui qui nous as attaqués, déclara Kaon alors qu'il s'avançait pour ouvrir la porte.
Il avait bien envie de continuer de s'amuser mais ils n'avaient pas le temps. A nouveau, Vos se plaça derrière lui.
Le silence tomba. Dehors, plus aucun bruit.
Comme s'il n'y avait plus personne, même si Kaon sentait que les organiques de la Black Block Consortia les attendait sûrement au tournant.
- Prêt ? souffla-t-il à Vos.
Le fusil-sniper acquiesça.
Kaon ouvrit la porte en grand et les deux se précipitèrent dehors, Kaon le premier tandis que Vos le couvrait.
A l'extérieur, personne ne les attendait. Ils ne furent pas canardés. Ils ne furent pas empalés et il n'y eut aucun tank ou char d'assaut prêts à les envoyer au Allspark. Non. La ruelle où ils atterrirent était vide, avec seulement le bruit du vent qui caressait leurs audios.
Mais l'aveugle n'était pas dupe. Ils étaient sûrement planqués quelque part. Dans les bâtiments, les attendant au garde-à-vous derrière une fenêtre, jaugeant chacun de leurs mouvements.
A moins qu'ils ne soient en train d'évacuer les civils.
Kaon découvrit les objets qu'ils avaient réclamés un peu plus loin du centre commercial. Il s'approcha.
Un scooter de l'espace. Des bidons contenant du carburant. Et quelques petits cartons un peu éparpillés tout autour. Le matériel de communication. Par Megatron, ils auraient carrément dû demander un vaisseau pour quitter cette planète. Après, cela aurait été prendre davantage le risque de se faire poursuivre par les vaisseaux organiques et qu'ils le fassent exploser avant même de quitter l'atmosphère.
- …Dépêche-toi.
Lui et Kaon se hâtèrent de tout ramasser et de placer les bidons et les cartons dans le coffre à l'arrière. Puis, Kaon se plaça aux commandes et fit signe à Vos de grimper à l'arrière.
Au moment même où Kaon était sur le point de démarrer le moteur, un tir effleura son épaule. Kaon tressaillit de douleur et chercha autour, pour essayer de repérer la source d'où provenait le tir.
Cela venait d'en haut…Un soldat posté à l'une des fenêtres. Alors que Kaon enclenchait la commande pour mettre le scooter en marche, Vos se transforma et Kaon répliqua en visant une fenêtre au hasard.
D'autres tirs lui répondirent d'emblée, mais Kaon avait déjà démarré sur les chapeaux de roue. Vos se transforma et se remit derrière lui, entourant la taille de Kaon de ses bras pour s'accrocher.
Alors que Kaon roulait, l'aveugle ré-établit la communication avec Asmodée.
- Croyez-moi qu'on va vous massacrer, lui lança-t-il avant de couper court avant que l'organique ne réponde.
Kaon accéléra. Vos posa son visage sur son dos tandis qu'il serrait Kaon davantage. Il ne devait pas avoir l'habitude des transports. Néanmoins, cela fit légèrement frissonner Kaon malgré lui.
Bien sûr, ils n'avaient pas peur du contact à la DJD, mais là…pour une raison qu'il ignorait, c'était différent.
« Riptide, s'il te plaît ! Je pense qu'on pourrait user de notre temps d'une meilleure manière que celle de se remémorer ce qui s'est passé. »
A bord de la navette de sauvetage, Riptide grogna en guise de réponse.
« Il nous faut nous focaliser sur le présent », leur déclara Megatron, achevant sa phrase. « Vous, les Autobots, vous êtes focalisés sur le passé. »
Riptide soupira.
- Et nous savons tous que tu ne l'es pas.
- Pff… « Vous les Autobots » ? répéta Swerve, ayant pris Skids à part pour vider son sac. Tu t'es regardé dans un miroir, Megs ? Ce n'est pas une rouille au châssis que tu as…
- C'est ma faute, Megatron ! s'interposa Nautica.
Megatron se retourna vers elle, l'expression sévère.
Nautica prit une inspiration. C'est de sa faute si la tension était montée actuellement.
- J'ai seulement demandé à Riptide l'origine de la Lost Light. C'est un vaisseau tellement étrange—enfin, c'était un vaisseau tellement étrange.
- Etrange comment ? lui demanda Chromedome pour davantage de précision.
- Le générateur quantique avancé…Je n'ai pas de mot. Il n'y avait aucun moyen pour que Perceptor, aussi brillant soit-il…et je pense qu'il est aussi brillant que Brainstorm, s'empressa-t-elle d'ajouter alors que Brainstorm se redressa, fier comme un pétrocoq, il n'y avait aucun moyen qu'il puisse utiliser un générateur quantique standard pour nous emmener loin de Cybertron à la jante galactique en une fois.
Hoist se tourna vers elle.
- Tu n'as joué aucun rôle là-dedans. J'ai compris.
- Merci, Hoist.
Nautica posa sa main sur l'oreillette en soupirant.
- …J'ai perdu le fil maintenant. Et…ma clé à molette. Les compliments me rendent…nerveuse.
Elle réalisa que Skids lui souriait tendrement et cela la rendit immédiatement encore plus nerveuse.
Toutefois, les autres ne comprirent pas ce qu'elle voulait dire et progressivement, les questions fusèrent sur le générateur quantique. Quand on lui demanda d'expliquer, Nautica se donna à cœur joie et commença une longue leçon par rapport au fonctionnement du générateur quantique.
Un sujet qui la passionnait énormément…surtout quand elle avait une audience qui manifestait de l'intérêt dans ce qu'elle faisait. Dans ce pourquoi elle avait souhaité se spécialiser dans ce domaine.
Firestar…ce que je fais n'est pas inutile, loin de là. Même si ce n'est pas de l'art ou de la danse.
Oui. Firestar aurait sûrement interrompu ses explications en criant « ENNUYEUX, VILAINE NAUTICA » avant de recentrer l'attention sur elle.
Quoique, non. Elle n'aurait sûrement pas supporté le fait d'être enfermé dans une navette aussi longtemps avec d'autres personnes qui ne partageaient pas ses goûts et son point de vue.
Mais alors qu'elle parlait, elle réalisa que Megatron avait cessé de l'écouter, au contraire d'Ultra Magnus qui essayait de garder la phase, adressant des coups d'œil gênés à Nautica alors qu'il murmurait des mots inaudibles à Megatron.
Quoique…peut-être était-ce quand même ennuyeux pour certaines personnes ?
Cela attrista un peu Nautica, surtout que…d'une certaine manière, Megatron était leur capitaine maintenant. Et se faire bien voir par le capitaine était toujours une fierté.
Même si elle savait que leur capitaine était un ancien tyran, coupable de génocides…
C'était…étrange, comme sensation.
Alors qu'elle continuait son exposé, elle remarqua que Cyclonus, Tailgate et Ratchet s'étaient éclipsés.
En balayant la salle du regard, quelque chose la frappa.
Où était Crosscut ?
Il était là il y a quelques secondes…
Soudain, Hound se redressa.
Et alors qu'elle était sur le point d'entamer un autre sujet, Hound sortit son laser-gun pour le braquer sur elle.
Un cri d'exclamation envahit l'auditoire. Nautica se figea, tétanisée.
- Nautica ! Ne bouge pas.
Elle ne comprenait pas…
Hound…la menaçait ?
Sa répartie vint plus vite qu'elle ne le crut :
- Baisse ton arme, Hound, gronda-t-elle, menaçante. Je suis sérieuse ! J'ai une clé à molette et je n'hésiterai pas à m'en servir !
Ouais…elle savait que c'était bête et cliché, surtout face à un pistolet mais…Elle n'allait pas se laisser faire non plus !
- Comme une arme, je veux dire, précisa-t-elle au cas où Hound n'aurait pas compris. Pas comme une véritable clé à molette…
La réaction de Hound ne manqua pas de la surprendre.
- Je ne te parlais pas-
Et avant qu'elle ne puisse réagir, une ombre noire avec des optiques rouges menaçantes et des dents déployées, surgit derrière elle, manquant de la faire tomber de surprise.
- -Je parlais au chat !
Avant même que l'ombre ne puisse s'en prendre à eux, Megatron passa derrière Nautica et donna un puissant coup de poing à l'animal en question. Megatron le tint à bout de bras par la gorge, précisant que la situation était maîtrisée et sous contrôle.
Le nom du chat émana des lèvres de Hound :
- Ravage ? Qu'est-ce que Ravage fait ici ?
- Je l'ignore, répondit calmement Megatron.
- Il était là tout ce temps ? A bord de la Lost Light ?
- Je ne sais pas ! Je sais que tu penses le contraire, mais je l'ignore.
Alors que Megatron reposait délicatement Ravage sur le sol, Nautica fronça les sourcils alors qu'elle s'armait de sa clé à molette.
En même temps et à sa grande surprise, Megatron l'imita. Sauf que lui sortit son laser-gun :
- Megatron…regardez la salle.
- Et qu'en est-il ?
- Vous ne pensez pas qu'elle est encore plus vide ?
Oui…
Crosscut avait disparu…mais il ne fut pas le seul.
Six d'entre eux venaient de disparaître là actuellement, alors que personne n'avait bougé.
Elle ne saurait dire qui précisément, son processeur tournant à toute vitesse mais…Six personnes avaient…comme été effacées. Par quelque chose…une force invisible.
Nautica tâchait de réprimer sa peur.
Elle n'aimait pas cela…Elle n'aimait pas cela du tout.
« C'est assez simple », précisa Kaon alors qu'il s'accoudait au comptoir, faisant face à l'organique alors qu'il amassait de l'électricité pour appuyer ses arguments, l'autre maintenant Vos à qui le canon était posé sur le front de l'organique. « Vous dites aux autorités que vous ne nous avez pas vus, vous placez un écriteau indiqué « fermé » au public et vous nous laissez tranquilles. Et bien sûr, vous ne vous échappez pas. Vous ne quittez pas le bâtiment. Qui nous dit que vous n'allez pas nous dénoncer à votre autorité ? »
Le concerné devint blême face aux menaces de Kaon. Il devina qu'il levait les mains en signe de reddition.
- Pitié ! J'ai une famille ! Une femme ! Des enfants ! On habite tous ici.
- Justement. Vous faites comme si de rien n'était. Si quelqu'un vient fouiller, vous nous avertissez. Votre gentille petite famille ne dira rien aux autorités et il ne vous arrivera rien.
Même si cela n'avait tenu qu'à lui, Kaon les aurait tous tués et ils auraient élu domicile chez eux. Pourtant, Kaon était exténué. Ils avaient besoin de remplir leurs réserves, de recharger et de contacter le Peaceful Tyranny. Autant rester dans un endroit tranquille, à l'abri.
Même si cet endroit empestait l'organique…Mais Kaon et Vos feraient avec. Le propriétaire de l'auberge acquiesça avec difficultés. Kaon comprit qu'ils pouvaient rester ici sans aucune crainte.
- Bien. On va prendre une chambre. Cela suffira, réclama-t-il, comme si la scène de leur arrivée ne s'était jamais produite et qu'il était un client normal.
L'organique lui tendit la clé en tremblant. Kaon la récupéra et Vos se retransforma. Les deux mécaniques montèrent dans la chambre dont le numéro était affiché sur la clé. Une fois arrivés, ils pénétrèrent à l'intérieur et Kaon referma la porte derrière lui.
Trop petite pour eux. Néanmoins, l'aveugle garda ses plaintes pour plus tard. Il s'allongea sur le lit, lessivé. Vos s'assit et ouvrit le bidon qui contenait le carburant, avant d'en prendre une gorgée.
- Tu prends le premier tour de garde, bâilla Kaon.
Nonchalant, Vos le traita de paresseux.
- Pas du tout, s'insurgea l'aveugle. C'est fatigant de menacer des organiques. Et on en est réduits à recharger ici. J'ai honte de nous.
Amusé, le fusil-sniper lui décréta qu'il n'aurait qu'à recharger dans le sable, dans la chaleur du désert.
- Justement. Si Tarn nous pose des questions, on dira qu'on a fait cela : on aura rechargé dans le désert, inventa Kaon. Je n'ai pas envie de me prendre un mauvais point parce qu'on aura rechargé chez des organiques pour survivre.
Vos haussa simplement les épaules. Il paraissait d'accord avec ce qu'il disait.
- Dommage pour toi, se moqua Kaon. Nickel ne viendra pas te lire une histoire pour recharger.
Vos lui rétorqua que c'était dommage pour Kaon : il n'avait pas son bien-aimé turbofox pour recharger avec lui.
- Pff…ne me parle pas de cela.
Kaon lui tourna le dos, boudeur. Vos s'appuya contre le mur, les bras croisés. Néanmoins, il s'exécuta. Il prendrait le premier tour de garde, conformément aux directives de Kaon.
- Tu penses qu'ils croient que nous sommes morts ? Et que c'est la raison pour laquelle ils ne sont pas venus nous chercher ?
Vos répondit qu'il n'en savait rien. Ils ne devaient pas être suffisamment importants pour qu'ils les abandonnent.
Kaon grimaça.
- Toi, alors…tu es d'un cynisme.
Vos lui rétorqua qu'on ne l'appelait pas Cynicus pour rien, autrefois. Kaon s'accouda pour se tourner dans sa direction.
- Je porte le nom de Kaon. Kaon était la première Cité que Megatron a récupéré, Tarn étant celle dans laquelle il a été forgé.
Vos déclara qu'ils n'auraient qu'à récupérer un autre Kaon. Ils étaient si aisément remplaçables. Peut-être que le prochain Kaon ne serait pas aussi gaga de son Chien et considérerait les autres membres de la DJD comme des amis.
Kaon remarqua une teinte de reproche dans sa voix. Lentement, l'aveugle se redressa.
- Je vous considère comme des amis.
Vos soupira. Ce n'était pas ce que disait le nucléaire.
- Parce que tu me crois faible ? Comme Helex ? grimaça Kaon. Parce que j'ai demandé à ce qu'on l'épargne ? Qu'on épargne ton prédécesseur ? J'aurais fait la même chose pour un autre camarade.
Le fusil-sniper répondit par la négative, ce qui surprit quelque peu son camarade.
Non, il ne le croyait pas faible. Juste trop sentimental.
- Comme toi avec Elita-One ?
Vos se raidit à la mention de son nom. Il lui rétorqua sèchement qu'il ne l'aimait pas.
- Pas Elita-One…Mais Eupa…oui, souffla Kaon, provocateur. Autrefois.
Le fusil-sniper protesta et recommença à parler de son prédécesseur et de la relation qu'ils entretenaient, Kaon et lui.
- Je te répète que c'était de l'amitié.
Comme si on s'embrassait pour prouver notre amitié, commenta Vos.
- Ça suffit. Je vais recharger !
Vos l'invita. Kaon lui tourna à nouveau le dos, fâché.
Le silence tomba. L'aveugle finit par lui demander :
- Si la DJD ne revient jamais nous chercher, si on est coincés ici…qu'est-ce qu'on fera ?
Vos grommela. Ils viendraient les chercher quand ils en auront le temps.
- Oui, tu as raison. Ils savent ce qu'ils font. Mais…c'est une possibilité. On resterait coincés ici.
Vos répondit qu'ils n'auraient qu'à massacrer les organiques et récupérer le générateur quantique.
- Oui et après ? On partirait à la découverte de l'espace tous les deux ? Deux célibataires en route pour de nouvelles aventures ? railla Kaon, le ton léger.
Cela pouvait être une possibilité, proposa Vos.
- Mouais…je ne pars pas sans le Chien.
Et Vos déclara qu'il ne partirait pas sans la promesse de lui lire une histoire le soir avant de recharger.
Cela fit rire Kaon.
- Tu as toujours de la répartie.
Il se prit un oreiller.
D'où venait-il ? Il ne saurait le dire. Kaon se retourna d'un bloc. Il devina l'expression moqueuse et amusée du fusil-sniper.
- Ah ouais ?
Kaon lui renvoya un oreiller.
Vos répondit…Et la bataille de polochons improvisée commença. Kaon oublia de recharger et s'élança sur Vos pour l'immobiliser tandis que ce dernier tentait de lui arracher l'oreiller des mains. Il finit par se déchirer, le réduisant à quelques plumes qui volaient dans l'air.
Kaon se laissa tomber à côté de lui en éclatant de rire.
- Nickel nous prendrait pour des gamins. Elle me manque.
Vos approuva.
- Tarn me manque aussi. Tesarus aussi. Helex…aussi. Et bien sûr, mon turbofox adoré.
Cela ne surprit pas son camarade.
Kaon se remit sur le côté, faisant face à Vos qui s'était également allongé sur le sol, près de lui.
- Mais bon…d'une certaine manière, avoua Kaon, je suis quand même content que Tarn ne m'ait pas ordonné d'aller seul affronter la flotte d'organiques.
Il devina la surprise sur le visage de son camarade.
- …Dis juste que tu penses la même chose et je peux recharger.
Vos décréta qu'il allait réfléchir.
Kaon soupira de dépit avant de bâiller à nouveau. Il finit par se recroqueviller sur lui-même, prêt à recharger.
- Bonne nuit.
Vos ne répondit pas. Kaon réalisa qu'il avait déjà glissé en recharge.
Bah voyons…Alors qu'il était supposé prendre le premier tour de garde ? Néanmoins, Kaon ne le réveillait pas.
Lentement, discrètement, Kaon tendit le bras vers lui. Il devina que Vos lui faisait dos, laissant échapper quelques petits ronflements dans sa recharge.
Il avait eu son histoire avant de recharger ?
Kaon resta immobile. Finalement, il lui caressa doucement le dos avant de s'écrouler à son tour.
Comme lors des missions avec Dominus Ambus, où ils étaient seulement tous les deux…
Cette période…avait été si géniale.
Kaon tomba en recharge à son tour.
Alors qu'il était en communication, Asmodée n'arrivait plus à aligner les mots.
« …j'ai…j'ai vraiment essayé. »
Il était seul dans son bureau. Asmodée paniquait tellement qu'il n'arrivait plus à se faire comprendre tandis qu'il rapportait la situation à son leader.
« Je…je jure que je ne voulais pas les laisser s'enfuir. Mais…ils allaient massacrer les civils et…j'ai pris la décision qui me paraissait être la plus juste. »
Un silence lui répondit.
Asmodée soupira.
- J'ai commis une lourde erreur.
- Non, tu as très bien fait.
A l'autre bout du fil, le leader de la Black Block Consortia, Valak, était assis sur son trône dans sa grande salle, un verre de vin à la main, peu surpris par les mots qu'il venait d'entendre.
- Tu as fait ce qui était juste. Et puis, nous n'allions pas laisser deux mécaniques terrasser l'une des cités dans le périmètre de la base. De toute manière, la DJD est une bande de terroristes qui sont durs à mourir. Cela ne m'étonne même pas qu'ils aient survécu, même après l'explosion de leur navette.
- Je suis désolé, répéta Asmodée.
- Ne le sois pas. Tiens-toi juste prêt et mobilise tous nos hommes. Il faut les retrouver. Je m'occupe de l'autre moitié.
- L'autre moitié ?
Valak acquiesça.
- Divisés, ils sont faibles. Le leader du Conseil Galactique m'a averti qu'ils s'approchaient d'Ataglan. Ils croient que Megatron se trouve là-bas. Ils foncent tout droit là où nous voulions qu'ils soient.
Asmodée haussa un sourcil, étonné.
- Si rapidement ?
- Ce sont des mécaniques, mais cela ne signifie pas qu'ils sont intelligents. Ils ne sont pas plus intelligents que nous. Retiens toujours la leçon.
Cela fit sourire le commandant de la base d'Ofsted XVII.
- Tu as raison. Elimine cette partie-là, j'éliminerai l'autre.
- On pourra fêter cela dignement. Au fait, ta sœur te dit de manger toute ton assiette.
- Cela ne me surprend pas.
- Et moi donc.
Valak marqua une pause.
- Fais bien attention à toi, Asmodée.
Asmodée opina du chef. Il ajouta, avant de raccrocher :
- Vous aussi…père.
