Bonjour à .s ! J'espère que vous allez bien. Je ne sais pas encore si ce chapitre sera à l'heure alors, s'il ne l'est pas, je m'excuse d'avance. Je vous souhaite une bonne lecture ;)
Grâce à Narcissa, Sirius avait pu changer d'endroit ses maigres économies. Désormais déshérité et, même s'il n'avait pas vraiment le droit de toucher à cet argent, cela le rassurait d'avoir un petit pécule à lui tout seul. Les Potter, devenus riches grâce à l'invention de la potion Lissenplis plusieurs décennies auparavant, avaient décidé de subvenir aux besoins de Sirius jusqu'à ce que celui-ci puisse le faire tout seul. Ils le considéraient comme un fils, bien plus que ce qu'Orion et Walburga Black n'avaient jamais fait. Sirius n'était pas seul et il comptait bien rendre aux Potter tout ce qu'ils avaient eu la bonté de lui offrir.
- Alors, avec Lily ? demanda un jour Sirius à James.
- Rien depuis qu'on a quitté Poudlard. Mes parents aimeraient quand même que je ne me marie pas trop tard.
Même sans le dire, James pensait sincèrement à abandonner. Il ne s'en rendait pas réellement compte jusque-là, adolescent stupide qu'il était, mais si Lily ne voulait pas de lui, alors il n'avait aucun droit de continuer à essayer de la séduire par tous les moyens possibles et imaginables. Pendant l'année écoulée, déjà, il avait commencé à se calmer, surtout depuis que Remus lui avait dit qu'à force, à part un "oui" à l'usure, il n'obtiendrait rien.
- C'est bientôt l'anniversaire d'Alice, tu devrais essayer de lui parler à ce moment-là. Personne n'est insensible à ton charme, mon cher Cornedrue.
Sirius lui offrit son plus beau clin d'œil charmeur. C'était un jeu continuel entre eux, bien qu'ils sachent l'un comme l'autre que tout cela n'était que purement amical. Entre Lily d'un côté et Remus de l'autre, les cœurs de James et Sirius étaient pris depuis bien longtemps déjà. Quoi qu'il en soit, leur conversation fut stoppée par l'arrivée de deux hiboux. Évidemment, Dumbledore savait pertinemment où se trouvait Sirius. En même temps, ce n'était pas spécialement compliqué à comprendre. Les enveloppes contenaient leurs résultats aux examens de fin d'année, réussis pour tous les deux. Il ne s'agissait ni des B.U. ni des A.S.P. , après tout, donc rien qui ne leur ait véritablement posé de problèmes. Avec les résultats venait la liste de fournitures scolaires pour leur septième et dernière année.
- Je suis… préfet-en-chef ?
Alors ça, c'était étrange. James n'était pas spécialement un mauvais élève. Au contraire, il excellait sur le plan scolaire grâce à des facilités étonnantes et à une connaissance adroite de différentes méthodes de triche pour les quelques matières qu'il ne survolait pas. C'était le côté comportemental qui faisait grise mine sur son dossier scolaire, surtout depuis qu'il était devenu, avec Sirius, l'un des élèves ayant récolté le plus de retenues de toute l'histoire de Poudlard.
- Ta mère va être fière de toi.
- Et Remus va me tuer.
Sirius n'avait pas tout de suite pensé à ça mais le fait que James soit nommé préfet-en-chef voulait inévitablement dire que Remus n'avait pas été choisi alors même qu'il était celui des Maraudeurs, peut-être même le garçon de Gryffondor qui le méritait le plus.
- Qui est l'autre préfet-en-chef ?
James reprit la lettre entre ses mains pour la parcourir avant de tomber sur le nom de celle qui l'accompagnerait dans ses fonctions pour l'année à venir.
- Lily.
- Peut-être que Dumbledore a voulu t'aider à te rapprocher d'elle, rigola Sirius.
Pour simple réponse, James leva les yeux au ciel. Que Dumbledore continue à s'occuper de ses tricots au lieu de mettre le nez dans les histoires amoureuses de ses élèves.
Comme toujours lorsqu'il est question de Poudlard, et même pendant les vacances scolaires, le fait que James Potter ait été nommé préfet-en-chef se répandit comme une traînée de poudre. Ses parents le félicitèrent, de même que Peter et Remus et ce, même si ce dernier mourait de jalousie. Ça aurait dû être lui. Son travail, ses notes et son comportement, pas parfait mais largement meilleur qu'en ce qui concernait ses acolytes, aurait dû lui offrir cet insigne. Était-ce parce qu'il était un loup-garou ? Dumbledore pensait-il qu'il n'était pas capable de mener de front de telles responsabilités avec sa condition ? Une fois par mois, c'était tout ce que lui prenait la pleine lune. Était-ce déjà trop ? Heureusement, James ne flâna pas plus que de raison avec son nouveau badge. Sûrement était-il le premier à savoir qu'il n'était pas parfaitement légitime.
Par la suite, c'est Frank qui l'apprit en croisant Peter sur le Chemin de Traverse. Frank le répéta à Alice qui le répéta à Lily.
- Je le savais déjà, Alice.
- Et pourquoi tu ne m'as rien dit ? D'ailleurs, comment tu pouvais déjà le savoir ?
Lorsqu'elle avait reçu sa propre lettre, Lily n'avait rien dit à personne, même pas à ses parents et encore moins à sa sœur. Sa nomination en tant que préfète-en-chef n'avait rien de spécialement extraordinaire. Il s'agissait, après tout, de la suite logique des événements en ce qui la concernait. Par contre, le fait que James Potter devienne son homologue masculin l'avait fait hurler d'injustice. Bien qu'il n'y soit techniquement pour rien, elle ne pouvait pas totalement s'empêcher de lui en vouloir.
- Je le sais parce que j'ai ça, répondit Lily en montrant son nouvel insigne.
- Cachotière !
James et Lily. Dumbledore avait une bien étrange façon de procéder, décidément, pensa Alice.
- Qu'est-ce que tu vas faire avec lui ?
- Rien. Qu'est-ce que tu veux pour ton anniversaire ?
Alice reconnut sans problème le fait que Lily tentait de dériver la conversation sur la mini-fête qui arriverait dans quelques jours. En tant que fille unique d'une famille de sang-pur reconnue, Alice se retrouvait seule riche héritière. Autant dire qu'elle n'avait pas besoin de grand chose, matériellement parlant et que, depuis le temps qu'elles se connaissaient, Lily commençait à ne plus avoir beaucoup d'idées sur ce qu'elle pourrait lui offrir. Au fur et à mesure des années, elle avait redoublé d'efforts pour trouver des cadeaux plus originaux les uns que les autres mais là, elle séchait totalement.
- Je veux que tu danses avec James et, s'il te demande, je veux que tu acceptes un rendez-vous.
Alice ajouta, devant les sourcils particulièrement froncés de sa meilleure amie, qu'elle avait le droit de refuser si et seulement si elle était totalement sûre de ne rien vouloir avec lui.
- On verra, soupira Lily.
Là où avait grandi Lily, les anniversaires se fêtaient en petit comité, dans la maison ou dans le jardin si la saison le permettait. Leur petite demeure familiale ne pouvait pas contenir des dizaines et des dizaines de personnes, ce qui les obligeait toujours à choisir avec soin les personnes qu'ils voulaient inviter.
Apparemment, Alice n'avait jamais eu ce problème. Même sans habiter un manoir, la famille d'Alice profitait d'une immense maison et, pour son passage à la majorité, la fille unique qu'elle était avait choisi d'inviter tout le beau monde de la société.
Les Londubat étaient là, bien entendu, Frank en premier, accompagné de sa mère Augusta, une femme qui s'entendrait parfaitement bien avec Minerva McGonagall vu ô combien sa tenue était stricte. Les Potter, venus avec les Maraudeurs, étaient également de la partie et Lily se retrouva bien rapidement à leurs côtés. Malgré tout, elle s'inquiétait pour Sirius. Celui-ci ne parlait pas souvent de ce qui le tracassait mais il fallait être idiot pour penser qu'il n'en avait pas énormément sur le coeur.
- Lily, m'accorderais-tu cette danse ? lui demanda James.
Sûrement s'était-il attendu à ce qu'elle lui réponde par la négative comme elle savait si bien le faire et comme elle l'avait presque toujours fait au fil des années. Pourtant, Lily accepta. La soirée s'était déroulée dans une ambiance plaisante et il n'avait jamais dépassé une quelconque ligne interdite. Au contraire, James Potter s'était comporté en parfait gentleman et non pas en un adolescent dragueur. Puis, de toute façon, Lily avait promis à Alice qu'elle accepterait une danse alors…
- Ça me fait plaisir que tu aies accepté.
- Attends d'avoir vu mon niveau de danse avant de dire ça.
Malgré l'entraînement dispensé par Alice, Lily restait une piètre danseuse contrairement à son cavalier qui, lui, se mouvait comme s'il avait toujours su danser à la perfection. C'en était presque injuste.
- Félicitations pour ta nomination en tant que préfète-en-chef. Tu le mérites.
Elle le remercia sans pour autant lui retourner le compliment. Lui ne le méritait clairement pas.
- Je pense savoir ce que tu penses, tu sais, mais j'aimerais remplir mon rôle avec sérieux. Je ne veux pas juste en profiter pour faire des bêtises.
- Je continuerai à croire que tu ne seras pas aussi bon préfet que Remus tant que je ne t'aurai pas vu à l'oeuvre.
Au moins, Lily se montrait franche. C'était quelque chose que James appréciait chez elle, lui qui avait souvent eu l'habitude de voir les gens le brosser dans le sens du poil.
Leur discussion continua sur de nombreux thèmes. Ils convinrent d'un rendez-vous pour préparer les plannings de ronde ainsi que pour planifier leurs futures tâches, discutèrent de la situation de Sirius et de comment il le vivait. Lily ne pouvait pas imaginer à quel point cette situation devait être difficile pour lui… avant de penser que, finalement, elle n'était peut-être pas si éloignée elle-même. Après tout, Lily aussi finirait par totalement quitter ses parents. Pétunia finirait par se marier dans le courant de l'année sans l'inviter ou simplement choisirait-elle une date à laquelle sa sœur ne pourrait pas venir.
- Alors ? demanda Remus à James lorsqu'il eut fini de discuter avec Lily.
- On se voit la semaine prochaine, chez elle.
Remus lui lança un regard qui voulait tout dire mais s'abstint d'effectivement dire quoi que ce soit.
- On va juste travailler, tu sais.
- Bien sûr. J'en profiterai pour réviser avec Sirius.
Le départ de la plupart des invités marqua la fin de la soirée. Peter avait raccompagné une jolie jeune femme sous les signes encourageants de ses amis. Augusta avait disputé son fils lorsque celui-ci s'était proposé pour rentrer avec elle en arguant qu'elle n'était pas une "vieille peau incapable de transplaner". Frank était donc resté au plus grand bonheur d'Alice. Cette dernière discutait avec Sirius et James tout en se moquant de Lily qui, fatiguée, s'était endormie sur un Remus qui se retrouvait bloqué dans une position inconfortable.
- On se voit pour travailler, répéta James devant les regards un peu lourdauds de Sirius et Alice. Vous ne comprenez pas ?
Techniquement, les deux comprenaient parfaitement bien la situation mais, ce que James ne savait pas, c'était qu'il existait un pari d'une importance capitale. Alice avait déjà perdu, contrairement à Sirius qui comptait bien encore gagner. James et Lily se mettraient ensemble dans le courant de l'été, il n'y avait pas d'autre choix et, même si le mois de juillet touchait à sa fin, il n'était pas encore trop tard.
- Vous allez faire ça où ? demanda Sirius.
- Nous allons travailler ensemble chez elle. C'est plus simple pour moi de me déplacer que pour elle.
Autant James pouvait être un visionnaire en ce qui concernait certaines choses, autant ses lunettes en culs de bouteille lui ôtaient une partie de la vue en ce qui concernait Lily.
- Vous allez "travailler" dans sa chambre ?
- Vous êtes des idiots, répondit simplement James en se levant pour changer de place.
