Chapitre 45
Natsu
Mars
- Pourquoi le mec sur lequel tu as bavé pendant des mois est dans mon salon ? chuchote Gray.
Je lève la tête et je regarde Sting qui est sur le canapé avec Gajeel, en train de jouer à la console. Je regarde de nouveau Gray et je suis rassuré de voir qu'il a l'air plus amusé qu'agacé.
- Parce que c'est mon ami et que je l'ai invité. Va falloir t'y faire.
- Tu ne trouves pas ça un peu vache de l'inviter ici ? Parce que ça doit être dur pour lui, l'équipe de football a été catastrophique cette année, et toi tu l'invites à fêter les prouesses de celle de hockey ? Et en plus, il doit supporter la présence de l'homme parfait avec qui tu as choisi d'être plutôt que lui ? Tu es cruel, ajoute-t-il en souriant.
- Roh, tais-toi. Il est content pour vous. Et ne le dis à personne, sinon je te tuerai, mais Freed et lui couchent ensemble depuis un mois.
- Tu es sérieux ? s'exclame Gray, bouche bée.
Il regarde Freed, Orga et Erza, qui sont en plein débat avec Luxus et Simms. Je trouve encore bizarre de voir mes amis s'entendre avec ceux de Gray, mais je vraiment content. On a traîné ensemble des dizaines de fois ces trois derniers mois, alors je devrais bien finir par m'y habituer.
Luxus, qui est assis à côté de Orga, sent mon regard sur eux et il lève la tête. Eh bien... je crois que je ne m'habituerai jamais à ça, en revanche. Son regard semble à la fois triste, respectueux et... envieux ? En réalité, je n'y avais jamais accordé beaucoup d'attention jusqu'à ce que j'en touche deux mots à Gray. C'était probablement la conversation la plus gênante que l'on ait eue, il s'est contenté de soupirer et de dire : « Il s'en remettra. » Gray n'a exprimé ni colère, ni rancœur.
Sans être très à l'aise à l'idée que Luxus puisse être intéressé par moi, j'ai toute confiance en Gray, et lui fait confiance à son meilleur ami. Il n'a jamais rien tenté, ni jamais rien dit. J'espère pour lui que ça passera rapidement, parce que j'ai beau l'apprécier, je suis irrémédiablement amoureux de son idiot de capitaine.
- Tiens donc ! Regardez qui arrive ! s'exclame Gray lorsque Birdie et Natalie font leur apparition.
Leurs joues sont rouges et leurs regards complices, inutile de leur demander pourquoi ils sont en retard.
- Eh, je t'ai déjà dit que j'étais contre cette soirée, rétorque Birdie. Ça porte malheur de faire la fête avant d'avoir gagné.
Ce soir, toute l'équipe célèbre leur place en tête du classement et la finale qui se jouera bientôt au Wells Fargo Center, la patinoire des Philadelphia Flyers. Non seulement je vais aller les voir mais je vais pourvoir en profiter pour passer quelques jours chez ma tante.
La victoire de Crocus ne fait aucun doute parce qu'ils ont travaillés comme des acharnés ce semestre. Personne n'ose imaginer une défaite. Sauf Birdie, toujours les pieds sur terre – et un peu superstitieux, qui préfère ne pas s'emporter trop vite.
- Mais nooon, c'est dans la poche, mec, répond Gray en m'embrassant sur la joue. De toute façon j'ai déjà le trophée le plus important.
Natalie répond par un « beurk » amusé, mais Birdie hoche simplement la tête. Je soupire en essayant de réprimer un sourire.
- Tu vois, m'explique Gray en me prenant par la taille, j'ai le droit de dire ce genre de chose devant Birdie, parce que je sais qu'il ne se moquera pas. Nat non plus.
- Eh bien ils devraient peut-être, parce que c'est la phrase la plus ringarde que j'ai jamais entendu.
- Roh, tais-toi. Je sais que tu adores que je sois ringard et romantique.
Ouais, il n'a pas tort.
Birdie et Nat partent dire bonjour aux autres, mais Gray et moi restons dans notre coin et il m'attire à lui pour m'embrasser. Je n'aime pas beaucoup les démonstrations d'affection en public, mais ma volonté de le repousser disparaît aussitôt que sa bouche s'écrase contre la mienne. Ses lèvres sont chaudes et fermes, sa langue caresse brièvement les miennes. J'ouvre la bouche pour un baiser plus langoureux, mais Gray rigole et recule sa tête.
- C'est déplacé, Natsu. On est en public, bon sang.
- Eh ! Comme si tu n'avais pas déjà la trique, moi au moins je sais me tenir !
Il baisse les yeux et soupire lorsqu'il remarque la bosse entre ses jambes.
- Putain, Dragneel, tu me fais bander sans même que je le remarque. C'est pénible, maintenant je vais devoir quitter ma propre soirée pour aller m'occuper de ça dans ma chambre.
- Il est hors de question que je fasse le walk of shame demain devant tous tes potes !
- Tu as honte de moi ? s'exclame-t-il, l'air anéanti.
- Ah non, ne prends pas cet air de petit garçon déçu, ça ne marchera pas avec moi.
Je lève les yeux au ciel devant sa moue enfantine.
- Gray, arrête ça.
Il continue de bouder.
- Très bien, je soupire, qu'est-ce que je peux faire pour me faire pardonner ?
- Ah ! s'exclame-t-il, une lueur malicieuse dans le regard. Enfin les mots magiques ! J'ai une petite idée de la manière dont tu pourrais te faire pardonner, Dragneel.
Il se rapproche lentement pour se coller contre moi, et je sens son érection contre ma cuisse. Des frissons remontent le long de mon dos jusque dans ma nuque. Il a à peine posé une main sur ma hanche que j'imagine déjà la suite de son parcours jusqu'à mon entrejambe qui palpite d'anticipation. Bon sang, maintenant moi aussi je suis excité. Mon cœur bat plus vite et mon sang s'embrase. Je me retiens de poser mes propres mains où que ce soit contre son corps, de peur de ne pas me contrôler et de lui arracher immédiatement ses vêtements. Quelle idée de mettre un t-shirt si moulant, avec un col beaucoup trop V pour ne pas apercevoir les premiers muscles du torse qui s'y dessinent en-dessous.
Inconsciemment, je me lèche les lèvres. Je n'ai désormais plus aucune envie de résister.
- Très bien, allons-y, je grogne en saisissant sa main sur ma hanche.
- Non, j'ai changé d'avis. On va rester ici et profiter de la fête, s'exclame Gray soudainement.
Je le fusille du regard alors qu'il se détache de moi.
- Merde, mais quelle allumeuse !
Gray éclate de rire.
- Ouais, mais tu m'aimes quand même.
Un sourire tendre se dessine sur mon visage, et je ne cherche pas à nier un seul instant la vérité.
- Ouais, je réponds. Je t'aime quand même, espèce d'idiot.
C'est officiellement la fin la plus sucrée du monde.
Merci beaucoup à chacun d'entre vous pour vos retours, c'était toujours très agréable et très intéressant !
Sachez que le livre original comporte un épilogue encore plus sucré que je choisis volontairement d'omettre, parce que je considère qu'il n'est pas utile et qu'il faut savoir s'arrêter !
À un de ces jours pour un autre travail, ré-interprété ou original, en français ou en anglais.
