Je vous souhaite un Joyeux Noël ! Profitez en bien !

Bonne lecture à tous !


Chapitre 56

L'épée s'abaissa, Astrid leva sa hache pour contrer le coup et au contact des deux lames en fer de dragon des étincelles jaillirent. La force de la frappe avait dépassé les prévisions de la guerrière aux cheveux d'or, la forçant à reculer de quelques pas.

Il ne s'était pas agi d'un coup d'une beauté particulière ou d'une grande technicité, c'était une frappe simple, mais efficace. Le choix le plus adapté à la situation.

Un sourire satisfait prit forme sur le visage d'Astrid face à ce constat.

Sa rivale venait de remonter dans son estime.

Élia ne s'en laissa cependant pas prendre au dépourvu, elle suivit le mouvement. Elle enchaîna avec une série de coups de taille parfaitement chronométrés. Si elle n'avait pas eu un handicap majeur, Astrid réalisa qu'elle aurait pu être mise en difficulté par une telle rapidité d'exécution.

La cheffe de la Garde Noire était certes dans un état psychologique instable, diminué par son incapacité à se servir de son bras gauche et par la même de sa seconde lame, cependant elle n'en faisait pas moins partie de l'élite du Nord.

Jusqu'à présent, Astrid n'avait pas pris le combat au sérieux, elle s'était contentée de parer les attaques, en cela elle s'était montrée bien inconsciente. Un comportement des plus téméraires au vu des actions dangereuses de sa rivale. Peut-être aurait-elle dû mettre fin à tout ceci dès le début, quand la rage et l'adrénaline n'avaient pas encore totalement pris le contrôle de l'esprit d'Élia.

Élia était désormais tel un taureau enragé, un berserker dont la capacité de réflexion avait été obscurcie. Si au début, elle n'avait cessé de répéter que tout était de sa faute, sans qu'Astrid ne puisse dire si cela était un délire causé par le désespoir ou la vérité, désormais ses paroles avaient une tournure plus inquiétante.

— C'est de ta faute… c'est de ta faute…

Élia ne cessait de le répéter en attaquant encore et encore Astrid.

Depuis le temps que j'attendais ce combat… mais j'ai peut-être fait une erreur. Je n'aurais pas dû la provoquer.

Astrid regrettait son comportement, elle se trouvait mesquine d'avoir profité de la détresse d'Élia pour se venger. Quand elle l'avait vu déverser sa rage sur ce pauvre chêne, Astrid en avait profité pour extérioriser sa rage et son ressentiment. Elle lui avait dit des choses qu'elle n'aurait pas due. Elle avait fait d'une pierre deux coups, se venger de sa rivale et se libérer de la tension due aux derniers événements.

Je m'en rends compte, j'ai vraiment été une garce sur ce coup-là. Elle m'en a fait baver, mais j'ai déconné. Avec tout ce que je sais sur elle, à voir l'effet qu'a eu la capture d'Harold je n'arrive plus à lui en vouloir.

Astrid ne pouvait ignorer l'histoire de la jeune guerrière, les raisons qui l'avaient menée à réagir ainsi.

Si Astrid avait vécu des moments difficiles ces cinq dernières années, c'était principalement par choix contrairement à Élia. Elle avait choisi de se rallier à la vision d'Harold, elle avait choisi de cacher ses pensées à son peuple, elle avait choisi les dragons et plus encore d'aimer et de soutenir Harold. Tout ce qui en avait résulté avait été les conséquences de ces décisions. Élia en revanche n'avait pu que subir. Sa sœur était morte dans ses bras, en voulant l'honorer elle avait été rejetée par sa famille, ils l'avaient répudié, totalement abandonné au point de ne plus la considérer comme leur enfant. Harold avait été sa bouée de sauvetage. Elle s'était attachée à lui jusqu'à en tomber amoureuse.

Sa plus grande peur avait toujours été d'être de nouveau abandonnée et voilà qu'Astrid était apparue au moment même où elle comptait faire le premier pas vers Harold. Elle avait alors laissé la peur la dominer, la crainte de tout perdre l'avait fait agir de manière indigne. Savoir qu'Harold ne l'avait pas choisi l'avait dévastée, mais pas autant que le fait de le perdre complètement. Astrid comprenait désormais parfaitement sa réaction. Elle aussi avait envie de s'en prendre à tout le monde, elle était prête à tout pour revoir Harold.

Il n'y a plus le choix. Je ne pensais pas lui dire ça un jour…

— Je suis désolé, prononça Astrid en s'approchant aussi près que possible tout en déviant un coup d'épée.

Les frappes de la jeune femme ralentirent sans pour autant s'arrêter. Les excuses l'avaient atteinte, mais ce n'était pas encore assez.

— Élia ! Reprends-toi !

— C'est ta faute…

— Je sais que tu aimes Harold, je comprends ce que tu ressens !

— Tu ne peux pas comprendre !

Si la rage alimentait toujours ses coups, le fait de lui parler semblait avoir ramené la conscience d'Élia au premier plan.

— Au contraire, je sais exactement ce que cela fait d'être à ta place ! s'exclama Astrid en frappant plus violemment qu'elle ne l'avait prévu. Que penses-tu que j'ai ressenti quand j'ai cru que toi et Harold étiez ensemble ? Nous sommes pareilles ! J'ai vécu la même chose !

— Tu…

— Quand je suis arrivé dans le Nord, les premiers mots te concernant étaient élogieux, tes amis t'ont toujours aimé et respecté ! Tu as enduré des épreuves difficiles sans jamais t'avouer vaincue ! Tu es le genre de fille capable de surmonter tout ce qui se présentera ! Nous avons laissé nos sentiments prendre le dessus, il est temps que cela cesse !

Les coups d'Élia se firent encore plus lents et irréguliers, l'envie de se battre l'avait quasiment déserté. Un peu plus et Astrid pourrait mettre fin à tout ceci.

— Pense à Harold ! Peu importe comment cela se terminera, il ne t'abandonnera pas ! Je sais à quel point cela te fait peur, mais ça n'arrivera pas. Personne ne t'abandonnera, insista d'une voix plus douce Astrid.

— Harold t'a choisi !

— Tout ce qui compte pour l'instant c'est de le sauver ! Entraidons-nous et après si tu veux te battre pour lui alors nous nous battrons ! s'exclama Astrid avant d'ajouter plus calmement : Mais à la loyale cette fois.

Dans la seconde suivant Astrid profita de la surprise d'Élia pour la désarmer d'un puissant coup de hache. L'épée vola dans les airs avant d'atterrir dans l'herbe où Harold s'était couché pour observer le firmament des heures plus tôt. Élia chancela, réalisant ce qui venait de se passer. Astrid lui saisit le bras pour l'empêcher de s'effondrer, puis elle la mena au pied d'un chêne massif à l'ombre duquel elles s'assirent.

Les traits d'Élia avaient perdu leur agressivité, ils s'étaient faits plus doux et tristes. Ses yeux étaient rouges, sa chevelure ébouriffée, elle aurait certainement fait peur à qui ne la connaissait pas.

Mais suis-je dans un meilleur état ? Je n'en suis pas sûre.

Le principal était que les deux jeunes femmes avaient réussi à retrouver un semblant de sérénité après avoir évacué leur colère.

— Désolé, s'excusa Élia après un moment. Excuse pour moi pour ce qui vient de se passer et pour tout ce que je t'ai fait. Je n'avais pas réalisé.

Elle avait repris ses esprits et se sentait honteuse de son comportement.

— Ce n'est pas la peine.

— J'y tiens, je n'aurais…

— Moi aussi j'ai des choses à me faire pardonner, et si on disait qu'on est quitte ? l'interrompit Astrid.

— Cela te convient ?

— Je ne te l'aurais pas proposé sinon.

— Dans ce cas on est quitte, mais je suis quand même celle qui t'en a fait baver le plus.

— Ce qui est fait est fait. Il y a plus important.

— Tu étais sérieuse tout à l'heure ?

— À propos de quoi ?

— De se battre à la loyale pour Harold ? Je veux dire, il t'a déjà choisi, ce serait plus comme si j'essayais de te le voler.

— Je n'ai jamais dit que ce serait facile, fit Astrid avec un sourire en coin. Tu n'as sûrement aucune chance, mais si tu veux tenter le coup je ne t'en voudrais pas.

— Pourquoi fais-tu ça ?

— Honnêtement, je voulais surtout attirer ton attention, mais j'étais sérieuse à l'instant. Tu peux tenter le coup, attends toi cependant à être éconduite. Même si tu échoues, Harold tiendra toujours à toi, il restera ton ami si tu le souhaites. Je ne ferai rien contre ça, au contraire je te promets que tu ne seras pas abandonnée.

— Ce n'est pas vraiment un combat à la loyale si tu as déjà gagné avant même qu'on ne commence, marmotta Élia.

Astrid lui jeta un regard interrogatif. Elle n'avait pas entendu ce qui avait été marmonné.

— Ce n'est rien, répondit Élia. Je tenterai peut-être ma chance alors ne baisse pas ta garde !

Astrid ria légèrement face à cette situation totalement incongrue. Comment aurait-elle pu jamais imaginer une telle scène ? Elle et Élia assises côte à côte et discutant calmement.

Qui sait, une fois toute cette histoire derrière nous, on pourrait peut-être devenir amies…

Elles avaient beau parler de se battre pour Harold, Astrid avait le sentiment qu'Élia ne tenterait rien.

— Qu'y a-t-il de drôle ?

— Je me demande comment Harold réagira quand il verra qu'on peut s'entendre. Sa réaction vaudra sûrement le détour.

Élia sourit à cette pensée. Un bref instant de bonheur bien vite assombri par la simple réalité de la situation.

— On va le sauver, n'est-ce pas ?

— Peu importe ce qu'il en coûtera, répondit Astrid avec détermination. Je peux te poser une question ?

— Ce que tu veux. Si cela peut aider à sauver Harold, je ferais n'importe quoi.

— Tu ne nous as pas trahis, j'en suis certaine, ta réaction et tes coups tout à l'heure étaient authentiques. Pourquoi as-tu dit que c'était de ta faute ?

— Ah ça… fit Élia en baissant honteusement le regard. Je… Normalement j'aurais dû passer en dernière, c'était mon rôle alors…

— Tu penses qu'Harold a été capturé par ta faute. Il ne voit certainement pas les choses ainsi et moi non plus. Il n'aurait jamais laissé quelqu'un d'autre fermer la marche.

— Peut-être, mais j'ai quand même échoué dans mon rôle de membre de la Garde Noire. J'ai voulu reporter la faute sur toi en me disant que si je ne t'avais vu avec Harold j'aurais agi normalement. C'était idiot.

— C'était ton chagrin et ta colère qui parlaient. On réagit tous sans trop réfléchir dans ces moments-là. M'aideras-tu à sauver Harold ?

Élia tourna son regard vers Astrid. Il y avait dans ses yeux une détermination sans faille, mais aussi de l'indignation. La question n'était pas nécessaire.

— Bien sûr ! Tu as un plan ?

— Je compte mettre en place une équipe de sauvetage. On ne peut pas retourner tout de suite le chercher, les conditions sont trop dangereuses.

— Mais Drago risque de l'emmener ailleurs.

— On n'a pas vraiment le choix. Il faudra le localiser puis le secourir.

— Qui comptes-tu emmener ?

— Alrik, Kirsten et Galen. J'avais aussi pensé à Henrik et Lennart, mais il serait mieux qu'ils restent avec toi.

— Avec moi ? Qu'est-ce que tu veux dire ? Comment peux-tu être sûr d'eux ?

— Ils étaient avec moi et Alrik ces dernières semaines, ils n'ont pas pu trahir. J'aimerais qu'ils restent avec toi pour t'aider à débusquer le traître. Tu es à la tête de la Garde Noire, si tu venais avec nous cela pourrait poser problème.

— Je sais… soupira tristement Élia. Et on ne peut pas demander à la Garde Noire d'aller sauver Harold. Le traître en fait partie, c'est certain. Il ne peut pas y avoir d'autres explications. Si on implique tout le monde, on court à la catastrophe.

— C'est pourquoi tu dois en garder le contrôle et trouver qui a trahi.

— Tu auras besoin de plus de monde.

— Je me disais que je pourrais retourner sur Beurk, j'y ai des amis dont un qui a un dragon.

— Varek, c'est à lui que tu penses, c'est bien ça ?

— Harold t'en a parlé ?

— Il s'est passé pas mal de choses après ton départ. Harold t'a aussi parlé de tes autres amis ?

— Qu'est-ce que tu veux dire ?

— Quand j'étais sur Beurk, j'ai vu les jumeaux avec un dragon.

Astrid ne put cacher sa surprise, incapable de répondre, elle se demandait si elle ne venait pas d'avoir une hallucination auditive.

— Tu peux répéter ? demanda Astrid avec une certaine incrédulité.

— Tes amis semblent s'être liés avec des dragons. Je ne sais pas ce qu'il en ait pour l'autre, Rustok, à moins que ce soit Rustak, Rustuk… je sais plus comment il s'appelle, désolé. Harold ne te l'a pas dit ?

— On a pas vraiment eu l'occasion de parler de ce genre de chose, mais c'est une bonne nouvelle, répondit Astrid après s'être remise de sa surprise. Ils accepteront sûrement de m'aider, je suis sûre de pouvoir les convaincre.

— Ils n'ont pas été formés, c'est un gros risque.

— Je n'ai pas vraiment d'autres choix et je me disais que je pourrais peut-être contacter Almar.

— Tu ne peux pas faire ça ! C'est bien trop dangereux ! Même si je suis certaine qu'il y a un traître parmi la Garde Noire, cela ne veut pas dire qu'il n'y en a pas un autre. L'un des chefs restés sur Beurk pourrait être de mèche.

— Harold m'a dit que c'était l'un de ses plus fidèles partisans. Cela n'a pas changé ?

Élia réfléchit pendant de longues secondes à la question, rassemblant toutes les informations dont elle disposait, en se demandant s'il y avait le moindre élément pouvant faire basculer Almar dans la catégorie des personnes dont il fallait se méfier.

— Je ne pense pas. Il a toujours été du côté d'Harold, on ne peut cependant pas écarter la possibilité qu'il ait feint sa loyauté. De plus, il y a un autre problème, si tu retournes sur Beurk tu risques de te faire arrêter. Tu as été bannie.

Élia n'avait pas voulu être méchante en disant cela, Astrid sentit néanmoins une étreinte douloureuse enserrer son cœur.

— J'espérais qu'ils ne seraient pas au courant.

— Avec les événements d'aujourd'hui, des dragons messagers voire des dragonniers auront été envoyés pour fournir un rapport à ceux restés en arrière. Stoïck va forcément en profiter pour faire un contre-rendu aux siens, ils sont peut-être déjà partis d'ailleurs. Je ne sais pas comment ils comptent agir désormais, la situation est mauvaise.

Astrid soupira en entendant l'explication. Elle avait craint une telle possibilité, elle ne voyait cependant pas comment elle pourrait faire autrement. Elle ne pouvait pas se contenter de sa petite équipe, il lui fallait plus de monde et seuls ceux restés sur Beurk lui semblaient dignes de confiance.

— Il n'y a pas le choix, j'irai quand même là-bas. Pour Almar, je verrai le moment venu. Sans Harold, tu penses que le Nord va rester soudé ?

De la peur passa dans le regard d'Élia et lui fallut un moment pour répondre.

— Honnêtement, je ne sais pas comment les choses vont se passer. Il est probable qu'Hagbard prenne le commandement, il faut espérer que les chefs vont comprendre la gravité de la situation et ne vont pas jouer à leurs petits jeux de pouvoir.

— En sont-ils capables ?

— C'est ce qui m'inquiète, je n'en ai aucune idée. On a perdu beaucoup de monde aujourd'hui, il va y avoir de l'agitation. Et la Coalition ?

— Stoïck a été sauvé donc il devrait pouvoir maintenir les autres chefs dans le rang, enfin j'espère. Certains sont morts et leurs héritiers pourraient voir les choses autrement, surtout que…

Astrid s'arrêta au milieu de sa phrase, incapable de la terminer.

— La guerre est peut-être déjà perdue, compléta Élia.

Un constat qui plongea les deux jeunes femmes dans un silence pesant. Puisqu'elles étaient venues directement ici après la bataille, elles n'avaient pas encore eu accès aux rapports, mais elles savaient déjà que les pertes seraient importantes. Un coup des plus durs quand on savait que la balance des forces avait jusqu'à présent était tout juste à l'équilibre. S'ils voulaient s'en sortir, ils allaient devoir redoubler de solidarité et d'ingéniosité.

Après un moment, Astrid reprit la parole.

— Cela ne change rien au fait qu'on doit sauver Harold. Je vais attendre qu'on ait eu les rapports, puis je partirais pour Beurk. De ton côté, tu pourras compter sur Henrik et Lennart, Lara avait également l'air digne de confiance, il faudra cependant confirmer. Tu dois savoir que quand je lui ai parlé, elle a émis des doutes sur Thorkell et Baldwin.

— Thorkell et Baldwin ?! s'exclama Élia de surprise. Pour Thorkell, c'est impossible, c'est le meilleur ami d'Harold ! Il n'aurait jamais fait ça !

— Je l'apprécie aussi, mais tu es sûre de toi ? Eldrid m'a raconté pour leur dispute. Je ne sais pas à quel point c'est mauvais, j'espère que Lara se trompe, cependant on ne peut écarter aucune hypothèse au vu de notre situation.

— Dans ce cas, il faudrait suspecter tous ceux avec qui il a passé du temps. Baldwin, Eldrid, Eskil, et d'autres encore. Ce… ce serait catastrophique… surtout si… non…

Élia semblait avoir pensé à une chose d'une dangerosité frappante, l'inquiétude avait envahi son visage.

— Quoi ? la pressa Astrid.

— Si Thorkell, je ne veux pas y croire, mais disons que c'est lui alors son père pourrait aussi… Dernièrement, avec la dispute entre Thorkell et Harold, Hagbard m'a donné l'impression de désapprouver les décisions d'Harold. S'il a…

Astrid se leva rapidement en réalisant les implications de telles paroles, puis elle tendit une main à Élia pour l'aider à se lever.

— On ne peut pas rester ici plus longtemps, on doit retrouver les autres et voir ce qu'il se passe. On doit parler à Eskil, lui et Harold ont eu une discussion au moment où on est parti et pendant le vol, cela pourrait être important. De plus, tu es la cheffe de la Garde Noire, tu dois t'assurer de conserver ton poste, cela pourrait nous être utile.

— Seul un Protecteur du Nord peut me destituer…

Élia et Astrid se regardèrent avec une synchronicité parfaite, la même pensée venait de prendre forme dans leurs esprits. La peur les avait saisis.

— Ils ne peuvent pas, n'est-ce pas ? demanda Astrid sans avoir besoin d'en dire plus.

— Je ne sais pas, en temps normal il faut l'unanimité, mais je ne connais pas les règles dans ce genre de situation. Il faudrait regarder dans les lois et les coutumes du Nord.

Toutes deux regardèrent vers la forêt, dans la direction où se trouvaient leurs compagnons, une détermination nouvelle au fond de leur regard. Elles serrèrent les poings et commencèrent à avancer côte à côte.

— On doit se dépêcher d'y retourner, déclara Astrid.

— On doit protéger Harold et ce qu'il a construit. Si on les laisse prendre son titre alors ils l'abandonneront complètement.

Il n'y eut pas besoin d'une poignée de mains ou de mots supplémentaires pour qu'un accord implicite soit passé entre les deux guerrières. Elles feraient tout pour sauver et protéger celui qu'elles aimaient.