Chapitre 45 : Nouvelles informations
Résumé :
Madame Goswami donne une conférence sur les familiers
Severus ne revit pas Madame Goswami avant le dîner ce soir-là – apparemment, elle avait croisé Argus, Miss Teigne, et les elfes de maison alors que l'heure du déjeuner approchait, et elle avait mangé dans les cuisines. Sa présence se faisait déjà sentir, cependant : il était passé à l'infirmerie avant son dernier cours de la journée, et y avait trouvé Mlle Weasley se forçant vaillamment à sourire en jouant à la bataille explosive avec M. Crivey et Mlle Turpin sous le regard attentif de Mme Weasley.
Lors du dîner, Dumbledore annonça la conférence sur les familiers et à vingt heures, Severus se joignit aux élèves et aux professeurs dans la Grande Salle pour y assister.
Madame Goswami était visiblement habituée à parler devant des foules – peut-être parce que la population sorcière indienne était plus importante. Les tables avaient été retirées, laissant des rangées de chaises disposées en trois groupes séparés par des allées. Au bout de la pièce, là où était habituellement disposée la table des professeurs, Madame Goswami attendait debout près d'une petite table, tout à fait à l'aise sous le regard curieux des élèves. « Les plus jeunes devant et les plus âgés derrière, s'il vous plaît, » lança-t-elle. « Je veux voir autant de visages que possible, alors répartissez-vous par taille. »
Il y eut une certaine consternation devant le fait de ne pas pouvoir se répartir par Maisons, mais les élèves finirent par s'arranger entre eux, et Severus fut content de voir qu'ils étaient plus mélangés que d'habitude. Il s'installa lui-même dans un fauteuil contre le mur et observa la scène, curieux de voir ce que Madame Goswami allait faire ensuite.
- Levez la main dans le fond si vous m'entendez ? » vérifia-t-elle. « Excellent. » Elle parcourut la pièce du regard avec un sourire chaleureux. « Comme votre directeur vous l'a dit pendant le dîner, je suis Madame Gargi Goswami, magizoologiste experte en provenance d'Inde, et ce soir je vais vous parler de ceux que nous appelons généralement les 'familiers'. Est-ce que quelqu'un peut me dire ce qu'est un familier ? »
Quelques mains se levèrent, certaines timides, d'autres plus assurées. Madame Goswami désigna un des quatrième année, qui proposa « Un animal de compagnie magique ? »
Madame Goswami hocha la tête d'un air approbateur. « Très bien, » dit-elle. « C'est effectivement ce que pensent la plupart des gens. Il existe deux facteurs qui font d'un animal un familier. Premièrement, cet animal doit avoir une relation avec une sorcière ou un sorcier. Un animal sauvage, par exemple, n'est pas un familier, ni un animal domestique dans une famille moldue. Deuxièmement, cet animal doit pouvoir effectuer des tâches au service de cette sorcière ou ce sorcier. Ces tâches peuvent être très variées, et tenir compagnie est l'une d'entre elles, mais un familier n'est pas simplement un animal avec qui vous êtes ami. C'est un animal avec qui vous travaillez. » Elle parcourut à nouveau la pièce du regard. « Sachant cela, qui peut deviner quels sont les familiers les plus communs en Grande-Bretagne ? »
Il y eut une certaine hésitation parmi les élèves, chacun tâchant de trouver une réponse complexe, alors qu'une réponse toute simple se présentait à eux. Enfin, une première année de Poufsouffle leva timidement la main. « Les hiboux, Madame ? »
- Absolument, dit Madame Goswami. « Les oiseaux postaux – qu'ils soient hiboux, rapaces, pigeons, ou toute autre espèce – soit extrêmement répandus dans certaines parties du monde sorcier. Ils sont généralement élevés et entraînés spécialement pour ce travail, et les oiseaux postaux de lignées reconnues sont très demandés. Mais qu'est-ce qui les rend différents des hiboux sauvages ? »
Elle leur sourit avec un air de conspirateur. « La réponse est, pas beaucoup. Les oiseaux postaux ne sont pas physiquement différents des oiseaux sauvages de la même espèce. La différence repose dans leur exposition à la magie. Une exposition sur le long terme rend un animal plus intelligent, surtout si elle se produit tôt dans la vie de cet animal. S'ils sont exposés à la magie avant leur naissance, ils peuvent devenir très intelligents, même si leurs parents sont sauvages. Et cet effet s'accumule au fil des générations. »
Elle s'interrompit, les laissant assimiler. « Maintenant, le type de tâche qu'un familier peut effectuer dépend du type d'animal, et de votre capacité à communiquer avec lui. Les oiseaux, bien sûr, peuvent voler. Beaucoup d'animaux ont des sens plus aigus que les nôtres, et sont plus doués pour chercher et trouver des choses. Il est possible de leur enseigner comment aller ramasser des objets, ou comment émettre un signal d'alerte s'ils perçoivent une substance particulière. S'ils sont particulièrement petits ou agiles, ils peuvent explorer des endroits qu'un sorcier ne peut pas atteindre. Les grands animaux peuvent protéger une personne ou un endroit. Même les Moldus peuvent apprendre aux animaux à faire des tâches extraordinairement compliquées, et ces mêmes techniques d'apprentissage peuvent être appliquées aux familiers. Mais l'intelligence augmentée par la magie est un net avantage. »
À ce stade les élèves étaient fascinés, et Severus pouvait voir venir un certain nombre de vaines tentatives d'apprendre des tours à des chats.
- Je sais que quelques élèves ici ont de la famille en Inde, » dit Madame Goswami, parcourant la pièce du regard. « Est-ce que l'un de vous peut me dire quel est le familier le plus répandu là-bas, autre que les oiseaux postaux ? »
Il y eut un silence tendu, aucun élève n'étant prêt à répondre. Enfin, Parvati Patil, la jumelle à Gryffondor, leva la main. « Les serpents, » dit-elle sans ménagement.
De nombreux élèves poussèrent un cri étouffé, et quelques uns se mirent à murmurer entre eux. Madame Goswami les ignora.
- C'est exact, » dit-elle. « Alors, les serpents sont beaucoup plus nombreux en Inde qu'en Grande-Bretagne, parce que les serpents aiment la chaleur. Il existe trois espèces de serpents ici – nous en avons plus de trois cents. Certains ne sont pas plus grands que des vers de terre d'autres sont de grands pythons qui peuvent mesurer plus de six mètres. Donc une des raisons pour laquelle beaucoup de nous avons un serpent pour familier est qu'il y en a beaucoup. Mais il y a une autre raison, qui est liée à la communication. Pouvez-vous nous dire, mademoiselle… ? »
- … Patil, » dit Parvati à contrecœur. « … le fourchelang est très répandu en Inde. »
Si sa réponse précédente avait provoqué un cri étouffé, celle-là provoqua un tumulte. La foule s'agita, les élèves s'écartant des Patil et de Madame Goswami, même si certains des plus jeunes ne semblaient pas savoir pourquoi tout le monde agissait ainsi.
Madame Goswami ne fut pas impressionnée. Elle tapa dans ses mains, et un tintement sonore emplit la pièce, couvrant les voix des élèves. « Ça suffit, » dit-elle fermement, posant sur eux un regard sévère. « Est-ce que vous m'écoutez ? »
Sous son regard, les élèves se calmèrent, même si quelques uns avaient pris un air profondément méfiant.
- J'ai bien conscience, » dit-elle, « comme tout sorcier et sorcière d'origine indienne qui se rend en Grande-Bretagne, du fait que votre nation a peur du fourchelang. Parce qu'il est rare chez vous, vous associez le langage des serpents avec les seuls locuteurs que vous connaissez. Parce que tous les deux partagent des… opinions politiques, disons, vous supposez que tous ceux qui parlent le langage des serpents font de même. Ce n'est absolument pas le cas. »
- La capacité de parler aux serpents est présente dans certaines familles. J'ai commencé à comprendre les serpents qui vivaient près de moi avant même de savoir lire. Mes filles et mes fils ont tous fait preuve des même capacités avant l'âge de cinq ans. Êtes-vous en train de suggérer que des enfants si jeunes peuvent être maléfiques ? Environ une personne sur deux, en Inde, qui soit capable de pratiquer la magique, est capable de parler aux serpents. C'est généralement hérité des parents, mais parfois cela se produit de façon spontanée, tout comme parfois des sorcières et sorciers peuvent naître de parents moldus. Êtes-vous en train de suggérer qu'un Indien sur dix est maléfique ? Cette capacité est rare en Grande-Bretagne parce que vous n'en avez pas besoin. La capacité de parler aux serpents me protège, tout comme ma peau sombre me protège du soleil. Vous n'avez pas besoin d'une telle capacité, donc vous ne la possédez pas.
Severus se demanda combien d'élèves avaient saisi l'implication que Salazar Serpentard avait une origine étrangère, peut-être même non européenne. Il se disait que beaucoup de ses élèves sang-pur n'auraient jamais envisagé cela, parce qu'ils étaient tous totalement habitués au fait que Serpentard fasse partie de l'héritage britannique.
Madame Goswami parcourut la pièce du regard et hocha fermement la tête. « Bien, maintenant, si vous êtes prêts à faire preuve de bon sens, j'ai amené avec moi un de mes familiers, et je peux vous montrer quelques unes des tâches qu'il accomplit pour moi. » Elle désigna le panier d'Abhay, posé sur la table à côté d'elle. « Ou est-ce que vous avez trop peur de le rencontrer ? »
C'était exactement ce qu'il fallait dire. Quelques minutes plus tôt, le plus gros du tumulte était venu des Gryffondor, bien sûr, et ils n'allaient certainement pas admettre qu'ils avaient peur. Quand elle demanda des volontaires, plusieurs levèrent bien haut leur main, d'un air de défi.
À la fin de l'heure, la plupart des élèves étaient partis, discutant bruyamment ou fronçant les sourcils, en fonction de leur personnalité, et la plupart des professeurs avaient également quitté la pièce. Cependant, Madame Goswami avait demandé à parler avec Albus et Severus avant d'aller se coucher elle aussi, et Severus attendait dans un coin quand il vit Harry et ses amis approcher la petite table.
Aucun d'eux ne s'était porté volontaire pendant la conférence, mais maintenant Harry avait tendu la main et souriait alors que Abhay s'enroulait autour de ses doigts. Il prit la parole, trop bas pour que Severus puisse entendre, tout comme Madame Goswami quand elle répondit. Mais quand Severus s'approcha, il put entendre la phrase suivante.
- … l'aînée de mes tantes a épousé un sorcier Britannique – je me demande si nous sommes parents ?
Londubat fronça les sourcils, comptant sur ses doigts. « Si c'était votre tante… peut-être la même génération que Grand-Mère ? Ou… peut-être celle d'avant ? Comment elle s'appelait ? Vous connaissez les prénoms de ses enfants ? »
- Nandini, » répondit gentiment Madame Goswami. « Ses enfants étaient Gareth et Euphemia, et le nom de son mari était Dearborn.
Londubat réfléchit un moment, puis eut un large sourire. « Et Euphemia Dearborn a épousé Fleamont Potter, et le fils de Fleamont était James Potter, et le fils de James c'était Harry ! » dit-il fièrement. « Donc vous êtes parents ! »
D'après les standards sorciers, ils étaient même assez proches. Severus fronça les sourcils. C'était une coïncidence étrange, et il devrait faire des recherches à ce sujet. Harry, cependant, était bien évidemment ravi. « Vous êtes ma grand-tante ? » demanda-t-il avec de l'espoir dans la voix.
Madame Goswami lui sourit. « Ma tante est ton arrière-grand-mère, donc nous sommes au moins cousins, » dit-elle en hochant la tête. Elle leva les yeux en voyant Severus, et tendit la main. « Je dois discuter avec votre professeur, mais je te promets que je viendrai discuter avec toi à nouveau après mon départ, et je garderai le contact. Puis-je récupérer Abhay, s'il te plaît ? »
Harry lui tendit le serpent avec regret, mais s'en alla sans protester, interrogeant Londubat à propos de son arbre généalogique.
Severus les regarda s'éloigner avec un léger sourire. « Ses parents sont morts pendant la guerre, ainsi que presque toute sa famille, » expliqua-t-il.
- La guerre fait de nombreux orphelins, » murmura Madame Goswami. « J'ai toujours de la place pour d'autres cousins, et les cheveux de mes fils ressemblaient exactement à ça à son âge. »
Notes de l'autrice :
- Juste pour être claire… Nandini Rathore était l'aînée de sa famille, et le père de Gargi Goswami était un des plus jeunes, donc Euphemia Dearborn est née bien avant Gargi. Même si elle est de la même 'génération' qu'Augusta Londubat, elle a environ vingt ans de moins.
- Pour tous ceux qui espéraient la révélation du fourchelang, tout ce que je peux dire est… pas tout de suite !
