Lorsque mes pieds touchent le sol, je ressens immédiatement une ambiance de peur. J'entends des voix et des gens qui bougent. La tête basse et le visage caché par mon capuchon, je n'ose pas regarder devant moi. Je remarque seulement que je suis dans un cimetière.

Severus, qui tient toujours ma main, me tire pour que j'avance. Mes jambes sont molles. Puis, la voix de Lord Voldemort se fait entendre. Cruelle et sifflante comme dans mes cauchemars. Je fige et même mon ami n'est plus capable de me faire avancer.

-«Séléna, garde ton calme, lance Severus dans ma tête. Je sais que tu as peur, mais tu dois te contrôler. Sinon, il va pouvoir entrer dans ton esprit et voir que tu es une traitre.»

Son commentaire me sort de ma torpeur. Il a raison. Je ferme les yeux et prends de grandes inspirations. Peu à peu, je reprends le contrôle. Après tout, je dois rester forte. Pour moi, pour Severus, pour Harry et pour tous ceux qui vont se battre contre Voldemort. C'est avec une nouvelle volonté que j'avance.

Les bruits de voix se taisent. J'arrête de marcher. Je me trouve trop près des Mangemorts. Severus lâche ma main et avance quelques pas. Puis, les fidèles s'approchent de nous. Je les regarde du coin de l'œil. Tous sont masqués, mais je peux voir de la peur dans les yeux de plusieurs d'entre eux.

Quelqu'un s'approche de Severus et je lève la tête pour voir qui c'est. Voldemort. Il regarde mon ami de la tête aux pieds. Il est en colère, je peux le sentir. Sans le vouloir, je retiens mon souffle. Severus, lui, garde un calme incroyable. Je ne peux que l'admirer et vouloir être comme lui.

Mon ami s'agenouille et cela me dégoûte. Mes poings se serrent. Il ne devrait jamais se soumettre à quelqu'un. Jamais. J'ai envie de lui crier de se relever, mais je suis clouée sur place.

-«Severus, dit la voix de Voldemort, tu as enfin daigné venir ici.

-Maître, pardonnez-moi. Je serais venu avant si j'avais pu.

-Après treize ans, tu oses être en retard? Tu oses me faire attendre? Toi qui n'as pas essayé de me retrouver pendant toutes ses années! Au lieu de ça, tu es caché comme un lâche!

-Maître, je…

-Endoloris!»

Severus tombe au sol et souffre. D'un coup, j'ai l'impression que le monde s'effondre. Voir cet homme que j'aime et que j'admire se faire torturer est insupportable. Mes poings sont si serrés que mes ongles percent ma peau. Toutefois, je ne ressens pas la douleur. Je ne ressens plus rien.

Puis, mon ami laisse échapper un petit cri de douleur. Ce son est beaucoup plus horrible que tout ce que j'ai vécu. Une rage m'envahit. Je n'ai plus peur cette fois. Rien ni personne ne peut m'empêcher de protéger Severus. J'avance et je me place entre Voldemort et mon ami.

Le Maître baisse tranquillement sa baguette et m'observe. Il est à la fois en colère et curieux. Je lève les yeux et vois rapidement dans sa tête qu'il ne m'attaquera pas pour le moment. J'en profite pour jeter un œil vers Severus. Il a encore des spasmes, mais il va s'en remettre. Je me penche vers lui.

Ça va mieux?, demandé-je en touchant subtilement sa main.

-Tu n'aurais pas dû, répond-il, inquiet.

-Tu m'as sauvé plusieurs fois. C'est à mon tour maintenant.

-Et comment penses-tu t'en sortir?

-Fais-moi confiance, j'ai un plan.»

Severus fronce les sourcils.

-«Lève-toi, dis-je.

-Mais…, lance mon ami en regardant Voldemort.

-J'ai dit, lève-toi.»

Il hésite avant de se mettre debout avec difficulté.

-«Ça sera la seule et unique fois que tu t'agenouilleras devant le Maître, est-ce clair?»

Severus me regarde sans trop savoir quoi faire. Sans attendre de réponse, je me tourne vers Voldemort et m'approche lentement vers lui.

-«Comment osez-vous le torturer, alors qu'il est le seul à avoir continué à travailler pour vous?, dis-je les dents serrées. Comment osez-vous le punir, alors qu'il a passé treize longues années à se mettre dans la position qu'il occupe pour vous?»

Je m'arrête devant le Maître qui hésite entre me remettre à ma place ou continuer à m'écouter. Je ne lui laisse pas le temps de choisir.

-«Il n'a peut-être pas essayé de vous trouver, c'est vrai, continué-je Mais ne dites pas qu'il s'est caché ou qu'il a décidé de vivre une vie normale et vous oubliez. Surtout, ne dites jamais qu'il est un lâche.

-Surveille ton langage, souffle Voldemort de façon menaçante.»

Les Mangemorts s'agitent. Ils ne sont pas contents et sont prêts à répondre à n'importe quel ordre de leur Maître. Je me tourne vers eux.

-«Tous vos fidèles ont essayé de vous oublier, lancé-je. Lui, par exemple, a décidé de mener une vie de famille bien tranquille. Lui, a fui les Aurors et fait profil bas depuis. Lui, a prétendu avoir subi le sortilège de l'Impérium et a obtenu un poste au Ministère de la Magie.»

Les Mangemorts se regardent entre eux. Ils savent que je dis la vérité et ne comprennent pas que je puisse savoir tout ça. Ce qu'ils ne savent pas, c'est que je suis excellente en legilimancie. Je retourne mon attention sur Voldemort.

-«Severus n'a pas prétendu être contrôlé. Il n'a pas fui et il ne s'est pas caché. Dès que vous avez disparu, il a mis un plan à exécution pour vous aider dans le futur. Il savait que vous alliez revenir un jour. Il est allé voir Dumbledore pour lui dire qu'il est un Mangemort, qu'il regrette ce qu'il a fait et ainsi de suite. Le vieux fou a été convaincu et lui a donné une deuxième chance. Très belle erreur.»

Voldemort m'écoute attentivement, sa baguette toujours en main. Je sais qu'il va nous faire du mal à Severus et moi si mon histoire ne le persuade pas.

-«Severus a eu un poste de professeur à Poudlard et, tranquillement, il a gagné la confiance du directeur à un point où il est devenu le bras droit de Dumbledore. Il s'est mis dans cette position, sachant très bien qu'il allait jouer les agents doubles, pour avoir accès à toutes les informations que vos ennemis possèdent. Vous vous rendez compte de ce que vous avez sous la main? Vous avez un fidèle qui peut avoir tous les plans d'Albus Dumbledore.»

Le Maître tourne la tête vers Severus. Il semble réfléchir à ce que je viens de lui dire. Un petit sourire apparaît sur ses lèvres.

-«Alors, Severus n'est pas arrivé en retard par peur ou peu importe. Il est arrivé en retard pour assurer sa position.

-Est-ce vrai, Severus?, demande le Maître en s'approchant de lui.

-Oui, Maître. Tout ce que j'ai fait au cours des dernières années est pour vous.

-C'est très bien. Je ne pensais pas que tu étais aussi fidèle à moi.

-Et ce n'est pas tout ce qu'il a fait, ajouté-je.

-Vraiment?, questionne Voldemort en se tournant vers moi.

-Il y a sept ans de cela, lorsque je suis entrée à Poudlard, il…, commencé-je.»

Du coin de l'œil, je vois du mouvement à ma gauche. Un énorme serpent s'approche et siffle de façon menaçante. Je perds ma concentration et tombe sous le charme de l'animal.

-«Elle est magnifique!, m'écrié-je en m'approchant rapidement.»

Je m'agenouille devant le serpent qui relève la tête et sort ses crochets venimeux.

Doucement, lui dis-je en Fourchelang.»

L'animal se calme, surpris que je puisse communiquer avec lui. Je lève la main et caresse sa tête. Ses écailles lisses et froides sont agréables à toucher.

-«Qui es-tu?, demande Voldemort en s'approchant de moi. Qui t'a appris à parler cette langue?

-Personne ne me l'apprit, réponds-je en me relevant. J'ai hérité de cette faculté de vous, père

Pendant quelques instants, plus personne ne bouge. Tout le monde me regarde, sous le choc. D'un rapide mouvement, Voldemort tire mon capuchon vers l'arrière, dévoilant mon visage. Il recule un peu et m'observe de la tête aux pieds.

-«Séléna, finit-il par souffler.»

Il sourit et m'admire encore un peu.

-«Barty m'a beaucoup parlé de toi. J'avais hâte de te voir. Il m'a informé que tu l'as vaincu en combat. Très impressionnant.

-Merci, père.

-Viens que je te présente.»

Voldemort met un bras autour de mes épaules et me force à me mettre devant les Mangemorts.

-«Chers fidèles, je vous présente ma fille, Séléna. Respectez-là autant que vous me respectez.»

Les Mangemorts acquiescent de la tête. Tous ont de grands yeux et ne savent pas comment réagir. L'un d'entre eux attire mon attention. J'entre dans sa tête. C'est Lucius Malfoy. Je souris et m'approche de lui.

-«Tu as bien fait de ne pas me faire du mal malgré ce que j'ai fait à ton fils, n'est-ce pas?, lancé-je, amusée.

-J'ai entendu des rumeurs à propos d'un enfant que le Maître aurait conçu, explique-t-il. Lorsque je t'ai vu sur le Chemin de Traverse, je me suis dis que c'était peut-être vrai.

-Tu n'es pas si stupide que ça. Bravo.»

Je retourne auprès de Severus.

-«On m'a aussi informé que vous êtes très proche tous les deux, dit Voldemort.

-C'est ce que je voulais vous dire avant d'être interrompu par ce serpent. Bref, Severus m'a enseigné tout ce que j'avais besoin de savoir dès mon arrivée à Poudlard. C'est grâce à lui si je me débrouille autant en combat.

-Merci à toi, mon cher ami, d'avoir pris soin de ma fille.

-Je ne pouvais pas ne pas devenir son mentor, Maître, répond Severus. Il aurait été dommage qu'elle ne connaisse pas son plein potentiel.

-C'est bien, c'est très bien même.»

Content, Voldemort retourne auprès des Mangemorts et donne ses ordres. Certains devront espionner ce qui se passe dans le ministère de la Magie, d'autres devront convaincre les Géants de se rallier à la cause et certains iront voir les Détraqueurs pour les avoir comme alliés.

Lorsque tous quittent, seuls Voldemort, Pettigrew, Severus et moi sommes présents. Le Maître nous ordonne à Severus et moi de continuer notre travail auprès de Dumbledore et de l'informer de tout ce qui est pertinent. C'est à ce moment que nous pouvons partir. C'est avec joie que nous transplanons à Poudlard.

Devant le portail, je respire enfin. J'ai l'impression qu'un énorme poids vient de disparaitre de mes épaules. Je suis complètement épuisée. C'est avec difficulté que j'entre dans la sécurité de Poudlard.

Severus, lui, me prend dans ses bras et me serre fort contre lui.

-«Tu as été géniale, Séléna, tu as été parfaite!, lance-t-il avec joie.

-J'ai juste…

-Tu as réussi à le convaincre que je suis complètement fidèle à lui.

-Dumbledore nous a demandé qu'il nous fasse confiance.

-Eh bien, bravo!

-Toi, tu es dans une bonne position. Moi, c'est encore incertain.

-Tu es capable. Après ce que tu as fait ce soir, j'en suis convaincu.»

Je souris. Severus enlève son masque et met un bras autour de mes épaules. Lentement, nous avançons vers le château.

Rendus à Poudlard, Severus m'entraîne jusqu'au bureau de Dumbledore. Ce dernier est toujours éveillé. Il a encore des trucs à régler. Mon ami s'empresse de raconter ce qui s'est passé. Le directeur l'écoute avec attention et il est content du dénouement. Il est fier du travail que j'ai accompli en plus d'avoir affronté ma plus grande peur. Puis, les deux hommes discutent encore un peu.

Je ne les écoute pas. J'ai l'impression que ma tête est vide. Je n'ai plus du tout d'énergie. J'ai tout donné pendant la soirée. C'est donc avec joie que je quitte le bureau du directeur pour descendre dans les donjons.

Je suis Severus sans trop réfléchir. Puis, je me rends compte que je suis dans ses appartements privés.

-«Désolé, Sev. Je vais…

-Non, tu restes ici, dit-il.»

Il me pousse gentiment vers sa chambre où j'enlève ma cape et mes chaussures. Il fait de même avant de se coucher à côté de moi. Il me serre contre lui.

-«Merci, lance-t-il.»

Il me donne un bec sur le front. Je souris avant de m'endormir.

Je me réveille le lendemain, seule, ce qui m'étonne peu, et remarque que c'est l'après-midi. Je m'assois et m'étire. Mes muscles sont endoloris et j'ai mal à la tête. Trop de stress je suppose. Je baye et me lève à contrecœur. Je décide de prendre une douche pour me réveiller. Puis, je me dirige vers l'extérieur du château.

Dans le parc, le soleil brille. Les oiseaux chantent gaiement. Tout le paysage est à couper le souffle. Tout est calme et serein. Rien ne peut présager qu'une guerre a lieu.

Je m'assois près du lac et ferme les yeux. Je reste là, sans bouger, pendant longtemps. Cela me fait du bien.

Des bruits de pas se font entendre. Je reste immobile.

-«Séléna?, fait la voix de Shawn.»

J'ouvre les yeux, mais ne dis rien. Jeff, Shawn et Jack s'assoient à mes côtés. Ils observent le lac en silence. Au bout d'un moment, je tourne la tête vers eux.

-«Je vais bien si c'est ça que vous voulez savoir, dis-je. La journée d'hier a été difficile, mais elle est derrière moi maintenant.

-Je suis content de savoir que tu vas bien, lance Jeff.

-Et je ne veux pas parler de ce qui s'est passé durant la soirée. C'était horrible, mais je m'en suis sorti.

-Nous sommes tôt venu passer du temps avec toi.

-Je ne crois pas que rester seul est la meilleure solution dans ce genre de situation, ajoute Jack.

-Je ne suis pas seule, dis-je en souriant. Je sais que j'ai de bons amis sur qui compter.»

Les trois hommes sourient à leur tour. Puis, nous décidons de sauter dans le lac et de s'amuser dans l'eau. Je ris énormément et savoure ce moment comme si c'était le dernier.

Nous retournons au château pour le repas. J'utilise la magie pour nous sécher. Puis, nous mangeons copieusement en continuant de nous amuser.


Un soir, Dumbledore m'appelle à son bureau.

-«Séléna, ma chère, assieds-toi, dit-il en souriant.»

Je m'installe et il y a un court silence dans lequel le directeur m'observe avec attention.

-«Je dois t'avouer que je m'attendais à ce que tu sois plus ébranlée par les événements, continue-t-il.

-C'est ce que je croyais aussi, avoué-je. Mais je ne dois pas laisser les mauvais moments prendre le dessus sur les bons. Je dois continuer de rire et d'avoir du plaisir avec les gens que j'aime. Sinon, je vais perdre la tête.

-C'est très bien ça. Je suis très content que je pense de cette manière. Le rire, l'amitié et l'amour sont trois bons remèdes aux moments sombres. Ne l'oublie jamais.

-Eh puis, malgré tout, ça c'est bien déroulé avec Voldemort.

-Severus est très fier de ce que tu as fait et je le suis aussi.

-Il ne faut pas faire de mal à Severus, dis-je avec un petit rire. Je crois que mon père l'a compris.

-Severus est très important pour toi.

-Oui, je lui dois tout. C'est un excellent ami et un bon confident.

-Pardonne-moi ma curiosité, mais j'ai cru comprendre par certains professeurs qu'il y a un peu plus que de l'amitié entre vous deux.

-Oh non! Pas du tout! Je veux dire… En fait… J'ai été intéressé par Severus pendant longtemps, c'est vrai. Mais, depuis le bal de Noël, j'ai compris qu'il n'y aurait rien de plus que de l'amitié entre lui et moi. Je trouve ça bien comme ça. S'il avait eu plus, notre relation aurait peut-être trop changé et je n'aurais pas aimé ça. Bref, nous sommes amis.»

Il y a un autre silence. Dumbledore devient plus sérieux.

-«Il y a plusieurs années, lors de la première guerre contre Voldemort, j'ai créé un groupe pour le combattre. L'Ordre du Phénix. Il a été composé de plusieurs membres, dont Sirius, Remus, les parents d'Harry et de Neville, et plusieurs de mes professeurs. Je vais restaurer ce groupe et Severus et toi seriez des membres. Nous aurons des réunions où nous discuterons de ce qu'on doit faire pour vaincre les forces du mal. Je te donnerai les détails bientôt lorsque j'aurai déterminé où installer le quartier général.

-C'est parfait.

-Maintenant, je t'avais dit que j'avais quelque chose à t'enseigner. Viens, lève-toi.»

Dumbledore et moi allons au milieu du bureau. Je sors ma baguette.

-«Je vais te montrer comment te servir de ton Patronus pour envoyer un message.

-On peut faire ça?

-C'est l'une de mes créations, répond fièrement le directeur. Tous les membres de L'Ordre du Phénix seront capables de le faire. De cette manière, le message ne sera pas intercepté par quelqu'un, ce qui pourrait arriver avec un hibou et nous saurons que c'est un membre de l'Ordre.

-Personne ne peut arrêter le sort ou entendre le message pendant qu'il se rend à destination?

-Non, aucun danger. Le Patronus continue à repousser les forces du mal, n'est pas arrêté par des objets physiques, se déplace rapidement et est unique à chacun par sa forme. Aussi, le destinataire entendra la voix du messager comme s'il était là. Nous n'aurons aucun doute sur son identité.

-C'est fabuleux!, lancé-je, impressionnée.»

Dumbledore m'enseigne comment envoyer un message grâce à mon Patronus. Après quelques essais, je suis capable de le faire. Puis, le vieil homme veut encore me parler.

-«Un dernier truc avant que tu profites de ta soirée, dit-il les yeux brillants.»

Je me demande ce qu'il veut. Dumbledore semble excité par ce qu'il veut me dire.

-«Qu'est-ce qu'il y a?, questionné-je sur la défensive.

-As-tu pensé à ce que tu veux faire comme métier maintenant que tu as terminé Poudlard?

-Pour être honnête, je n'ai pas la moindre idée. Mais il faut que je trouve. Ça fait sept ans que je dépends de Severus.

-J'aimerais te proposer quelque chose.

-Je vous écoute, dis-je curieusement.

-Je veux que Severus et toi restiez ensemble. J'ai besoin de vous avoir sous la main, ici, à Poudlard.»

Je fronce les sourcils.

-«Je sais aussi que tu as un certain talent pour la fabrication de potions, continue le directeur. Donc, si tu veux, je vais ouvrir un poste que pour toi et tu devras assister le professeur Rogue dans l'enseignement de son cours.

-Vraiment?, lancé-je après quelques secondes.

-Oui, vraiment. Bien-sûr, tu devras garder ça secret jusqu'à ce que ça soit officiel.

-J'accepte!»

Dumbledore sourit pendant que je jubile sur place.


Vient le temps des résultats d'examens. Les élèves de septième année sont nerveux. Les notes qu'ils obtiendront vont peut-être déterminer s'ils vont pouvoir faire le métier qu'ils veulent ou non.

Je regarde Severus distribuer les parchemins contenant les résultats des BUSE et des ASPIC. Certains élèves sont heureux, d'autres sont déçus ou pleurent. Malgré moi, mon cœur bat rapidement. Lorsque mon ami s'arrête devant moi, je me rends compte que mes mains tremblent un peu de nervosité.

Severus reste à mes côtés pendant que je déroule le parchemin. Je retiens mon souffle. Puis, un poids s'évapore de mes épaules en voyant mes excellents résultats. Je lève les yeux vers mon ami et lui souris.

-«C'est grâce à toi, dis-je, la gorge serrée. Merci!»

Je le prends dans mes bras.

-«C'est grâce aux efforts que tu as fait, aux sacrifices que tu as commis et au nombre d'heures que tu as mis à l'étude, répond-il en me serrant contre lui. Tu mérites amplement ses résultats.

-Tu m'as quand même bien aidé.»

Il recule d'un pas et me fait un petit sourire. Puis, il continue de distribuer les parchemins.

Je rejoins Kelly et Adriana, qui ont obtenu de bons résultats elles aussi, pour partager cette joie. Je vais ensuite voir Jeff, Shawn et Jack pour fêter avec eux.

Le soir, les élèves de septième année sont appelés à rester dans la Grande Salle. Tous les professeurs sont aussi présents. Chaque directeur de maison appelle un par un leurs élèves pour leur remettre un diplôme signifiant la réussite de leur passage à Poudlard. Puis, une petite fête est donnée. J'en profite pour discuter et remercier chacun de mes professeurs. Je passe un peu plus de temps avec McGonagall avec qui je suis plus proche.


Lors du dernier festin, la Grande Salle est décorée de noire. Dumbledore remplace son habituelle révélation du gagnant de la coupe des quatre maisons par un discours sur Cedric Diggory et sur comment il est mort. Un vent de panique s'abat sur les élèves lorsqu'ils apprennent que Voldemort est de retour. Plusieurs aussi sont choqués, voire indignés d'entendre la nouvelle. Beaucoup d'entre eux ne croient pas que cela soit vrai.

Je les regarde sans rien dire. Je suis trop triste par la mort de Cedric pour réagir. J'arrive tout de même à jeter un œil vers Harry qui lui aussi est morose. Puis, mon regard se porte sur Severus qui observe Potter. Malgré lui, il s'inquiète pour le garçon. Il ne voit plus James Potter lorsqu'il regarde Harry, mais bien le fils de Lily Evans. Maintenant, il fera tout pour le protéger.

Après avoir dit au revoir aux élèves de Durmstrang et de Beauxbâtons, Jeff, Julia, Shawn, Jack et moi trouvons un compartiment libre dans le Poudlard Express. C'est avec nostalgie que nous regardons le paysage défiler par la vitre. Dans quelques heures, la vie d'adulte va commencer. Chacun de nous devrons travailler et faire nos preuves dans nos métiers respectifs. De nouveaux défis nous attendent.

Jeff annonce qu'il va essayer d'obtenir un poste au département des mystères dans le Ministère de la Magie. Julia aimerait ouvrir une boutique de vêtements pour sorciers afin de moderniser un peu les habits traditionnels. Shawn aussi veut travailler au Ministère de la Magie, dans le département de la justice magique. Jack, lui, aimerait écrire des livres. Il ne sait pas encore sur quoi, mais l'écriture le passionne. Il pense débuter en rédigeant dans un journal. Bien entendu, je ne révèle pas que je vais travailler à Poudlard puisque je l'ai promis à Dumbledore.

Un peu plus tard, je traverse le train et parle avec plusieurs personnes. Puis, j'arrive au compartiment d'Harry, Ron et Hermione où je dois enjamber Draco et ses deux acolytes qui sont par terre, inconscients.

-«J'ai l'impression que tu vas mieux, Harry, dis-je au garçon.

-Ouais, ça va, répond-il.

-Je sais que ça ne sera pas facile avec tout ce qui s'en vient, mais sache que tu n'es pas seul. N'hésite jamais à demander de l'aide. Surtout, n'oublie pas de rire.»

Harry acquiesce en silence.

-«Prenez soin de lui, d'accord?, lancé-je à Ron et Hermione.

-Ça, c'est sûr!, répondent-ils en chœur.»

Je souris avant de continuer ma tournée.

Le retour à la gare de King's Cross est rempli d'émotions. Surtout pour ceux qui ne reverrons plus Poudlard. Après avoir souhaité bonne chance dans le futur à plusieurs de nos camarades, Jeff, Shawn, Jack et moi allons dans un parc près de la gare pour discuter encore un peu. Julia ne vient pas avec nous. Elle doit rapidement retourner chez elle pour préparer un voyage avec ses parents en Australie.

Je me retrouve avec les trois hommes à discuter de tout et de rien. Il est tard lorsque nous décidons de rentrer à la maison. Nous nous prenons dans nos bras.

-«On va se voir bientôt?, demande Jack.

-Bien-sûr!, répondent les deux Gryffondors.

-Je vais essayer, lancé-je d'une voix sombre.

-Ça va aller, dit Jeff.

-On va penser à toi, rajoute Shawn.

-C'est gentil, les gars. Je vais m'ennuyer de vous.

-Même chose pour nous, dit Jack.

-Faites attention à vous.

-Toi aussi, fais attention, répondent en chœur mes amis.»

C'est avec une boule dans la gorge que je transplane.