Chapitre 46 : Avis d'experte

Résumé :

Après avoir discuté avec Madame Goswami, Severus va demander conseil à Pompom.


La discussion avec Madame Goswami fut brève, pas plus de quinze minutes, mais quand Severus la quitta sa tête l'élançait. Une longue habitude lui fit adopter la démarche silencieuse, régulière, des patrouilles de nuit, même si le couvre-feu n'était pas avant dix heures du soir. Marcher l'aidait à réfléchir, et il observait mécaniquement les couloirs qui s'étendaient devant lui, notant dans un coin de sa tête les mouvements des portraits accrochés aux murs.

Il n'aurait peut-être pas dû être surpris que ses pas le mènent à l'infirmerie. Pompom était une amie, une collègue proche, et son avis à elle en particulier lui serait utile. Si elle n'était pas trop occupée ou trop fatiguée pour parler avec lui, bien sûr.

Les lampes dans l'infirmerie avaient déjà été éteintes, et les cinq lits occupés (Mlle Weasley, Mme Weasley, M. Crivey, Mlle Turpin, et probablement un parent d'un de ces deux derniers) étaient tous cachés derrière leurs rideaux. La porte du bureau de Pompom était entrouverte, cependant, et une faible lueur sourdait par l'ouverture.

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Severus s'approcha silencieusement et frappa doucement. « Puis-je entrer ? » demanda-t-il. « Ou préférez-vous que j'attende demain ? »

La porte s'ouvrit entièrement et la voix de Pompom répondit : « Du moment que je n'ai pas à me lever. »

Severus eut un léger rire et entra, fermant à demi la porte derrière lui. Pompom avait tiré le rideau qui séparait son bureau en deux, et était allongée sur le sofa dans la partie de la pièce d'habitude dissimulée aux regards. Derrière le sofa, une petite table accueillait un livre, une lampe, et une tasse. D'après l'odeur de la pièce, la tasse contenait du chocolat chaud plutôt que du thé – une bonne idée à cette heure tardive.

- Pour être honnête, ça pourrait attendre le matin, » reconnut-il en tirant une chaise vers le sofa et en s'asseyant face à elle. « J'ai besoin de votre avis. »

Elle l'observa et soupira. « Nebbit, deux autres tasses de chocolat, s'il te plaît, » dit-elle d'une voix lasse. « Ça ressemble à une discussion qui nécessite un chocolat chaud. »

Severus eut un sourire amer. « Demain après-midi, Madame Goswami va tenter d'aller à la recherche du Basilic, » dit-il. « Elle a demandé à Albus et moi-même de venir l'aider. »

Pompom se redressa d'un coup, plantant ses pieds sur le sol. « Severus Rogue, vous n'allez pas partir affronter un Basilic, » dit-elle d'une voix sèche.

Il leva les mains dans un geste de défense. « Le plan est de persuader le Basilic, » la rassura-t-il, bien conscient du ridicule de la chose. « Elle veut que je sois là au cas où certaines choses là-bas seraient liées spécifiquement à Serpentard, plutôt que simplement au fourchelang. »

Elle l'observa un long moment, puis fronça les sourcils. « Bon Dieu, » marmonna-t-elle. « C'est effectivement une bonne raison. »

- En effet, » acquiesça Severus. « Donc la question que je voulais vous poser est, est-ce que j'en suis capable physiquement ? Si l'excursion dans la Chambre ne se passe pas comme prévu, est-ce que je vais être un atout ou un poids ? »

La réponse de Pompom fut remise à plus tard par l'apparition sur la petite table de deux tasses de chocolat chaud fumant, ainsi qu'une assiette bien garnie de biscuits au gingembre. Nebbit, comme beaucoup des elfes qui travaillaient à la cuisine, estimait que tous les humains du château étaient trop maigres et devraient manger davantage. Compte tenu de son talent pour offrir les mets les plus adaptés à chaque situation, Severus n'allait certainement pas se plaindre. Il prit un biscuit.

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L'expression de Pompom se fit plus décidée, et elle tira sa baguette. « Laissez-moi lancer quelques sorts de diagnostic, » dit-elle. « Vous savez parfaitement bien que quand vous êtes dans un état à peu près acceptable, vous avez tout à fait les compétences nécessaires pour être un 'atout', comme vous dites. Et vous avez fait des progrès dans le fait de ne plus vous user jusqu'à la corde. »

- J'ai fait des efforts en la matière, » marmonna Severus. Il avait réorganisé tout son emploi du temps, répartissant différentes tâches entre les préfets, ses protégés, et d'autres professeurs. C'était toujours assez inconfortable de s'appuyer ainsi sur d'autres personnes, de se forcer à aller au lit quand il était fatigué et de laisser le travail à faire pour plus tard. Maintenant qu'il s'était entraîné à reconnaître les signes de sa propre fatigue, il la remarquait bien trop souvent, parfois pour aucune raison qu'il pût discerner. C'était extrêmement frustrant.

- Si ça peut aider, » commenta Pompom, « je suis certaine que vous êtes en meilleure santé que vous l'étiez l'an dernier à la même période. » Les sorts de diagnostic qu'elle lança étaient familiers, et il attendit patiemment alors qu'elle vérifiait l'équilibre de son sang, les zones d'inflammation, et ses réserves magiques.

- Alors, acceptable ? » demanda-t-il quand elle eut fini, prenant sa tasse et buvant une gorgée.

Elle eut un sourire fatigué. « Je vous ai vu en bien pire état ces dernières années. » Ramassant sa propre tasse, elle se reposa sur le sofa avec un soupir. « Pour être honnête, Severus, j'aimerais pouvoir vous dire de ne pas y aller. Ça fait vingt ans que j'essaie de vous garder en bonne santé et je n'aime pas vous voir vous mettre en danger. Mais vous m'avez demandé de vérifier si vous en êtes capable, et je pense que oui. »

C'était étrange de se rappeler que Pompom, son amie et collègue, était aussi la femme qui lui avait donné de la Pimentine pour ses rhumes pendant l'hiver de ses douze ans. Il avait beaucoup changé depuis ; elle avait à peu près la même apparence qu'alors – les cheveux un peu plus gris, le visage un peu plus ridé.

- Pompom, » dit-il avec sérieux. « Je ne peux pas et ne vais pas vivre en laissant ma santé passer en priorité. J'essaie de développer de meilleures habitudes et de prendre davantage soin de moi, mais si je ne peux pas utiliser mes forces quand j'en ai besoin, à quoi servent tous ces efforts ? »

Elle fronça les sourcils, mais hocha la tête. « Rappelez-vous juste que les morts ne peuvent pas faire grand-chose pour protéger les vivants, » lui dit-elle. « Ne jouez pas les Gryffondor là-bas. »

- Ne vous inquiétez pas, » répondit Severus d'un ton pince-sans-rire. « J'ai fait le serment de ne jamais jouer les Gryffondor. »

- Eh bien, » dit-elle, souriant malgré elle, « vous feriez mieux d'aller au lit, M. Serpentard. Vos réserves sont en meilleur état, mais elles pourraient encore être épuisées, donc faites-y attention. Prenez un somnifère pour avoir une bonne nuit de sommeil, prenez un bon petit-déjeuner demain, ménagez-vous dans la journée, et laissez Albus faire le plus gros du travail avec les sorts. C'est pour ça qu'il est là. »

Severus rit. « Je vais m'appliquer à suivre vos conseils à la lettre, Madame Pomfresh, » promit-il en se levant. « Je vous laisse à votre lecture. »

- Bonne nuit, Severus,» dit-elle, se levant et le raccompagnant jusqu'à la porte de son bureau.

- Bonne nuit.


Notes de l'autrice :

Nous approchons de la fin (même s'il reste encore quelques trucs à boucler après ça).

J'ai une question pour tout le monde : quelles questions est-ce que vous espérez/voulez voir résolues dans les prochains chapitres de cette histoire ? Je PENSE que j'ai réglé toutes les intrigues en cours, mais au cas où j'aurais oublié quelque chose…