Rien ne m'appartient.
Contraintes : 100 façons de... tenir à quelqu'un
Fandom de la semaine : Blacklist
Mot du jour : Maison
Foire aux personnages : Raymond Reddington
Pairing : RaymondxAram
Rating : K
Samar était partie.
Et Aram était inconsolable.
C'était pourtant pour le mieux, elle n'avait pas eu le choix, il avait fallu qu'elle parte. Pour sauver sa vie.
Mais cela ne changeait rien au cœur brisé du jeune analyste. Il l'avait aimée - l'aimait toujours s'il voulait être honnête avec lui-même - de tout son cœur, de toute son âme, et ce depuis le premier instant, et maintenant elle n'était plus là. Maintenant, elle ne serait plus jamais là. Maintenant, il était seul. Seul avec ses souvenirs et les morceaux d'un amour mort à peine né. Il était désemparé, démuni, n'avait aucune idée de ce qu'il était censé faire à présent, de comment reprendre son existence là où il l'avait laissée avant de rencontrer sa collègue. Parce que cela remontait à si loin, comment s'en souvenir ? Comment avoir encore envie de ce passé désolé après avoir connu les élans de la passion, après avoir embrassé le sourire de Samar Navabi ?
C'était tout bonnement impensable. Inconcevable. Terrifiant.
Et il ne connaissait qu'un seul endroit où aller dans pareilles circonstances. Qu'une seule personne capable de l'aider. De l'aider vraiment, qui connaissait toute l'histoire, qui connaissait toute l'étendue de son désespoir.
Il était un peu plus de vingt-trois heures et, s'il n'avait pas été aussi abattu, il se serait raisonné et serait rentré chez lui. Après tout, on ne débarquait pas à l'improviste chez les gens à une heure aussi indécente.
Mais, justement, il était plus qu'abattu et ce fut presque sur un fantôme que Raymond Reddington ouvrit la porte. Il ne parut pas surpris le moins du monde, ne fit même pas mine de s'étonner, il ne dit pas un mot en vérité. Il le considéra rapidement, s'écarta pour le laisser entrer et ferma à clé derrière lui.
Aram dormirait chez lui. Il était hors de question qu'il passe la nuit seul dans un tel état. Les nuits blanches n'apportaient que plus d'idées noires, il en était parfaitement conscient.
— Du bouillon de légumes, ça vous va ? demanda-t-il simplement après que l'agent du FBI s'était assis à la table de la salle à manger.
— Je n'ai pas très faim, monsieur Reddington.
— Raison de plus pour manger. Les cœurs brisés se réparent avec de la bonne cuisine.
Le menton du jeune homme trembla et il baissa la tête, dissimulant les larmes qui illuminaient son regard sombre. Raymond n'insista pas, remplit deux bols et s'installa à son tour à la table. Il fit glisser un des récipients devant son invité.
— Fait avec amour, bon appétit, dit-il, en français.
Et il se mit à manger.
Et peut-être que c'était la délicieuse odeur qui régnait dans tout l'appartement, peut-être que c'était le naturel et la nonchalance du criminel à son égard, ou peut-être que c'était cette sensation d'être à la maison, il n'en savait rien, mais toujours est-il qu'Aram imita Raymond, sous la surveillance discrète de ce dernier. Ils ne dirent rien lorsque quelques larmes roulèrent silencieusement sur les joues du plus jeune. Parce qu'il n'y avait rien à dire, rien à faire. Juste attendre.
Le temps, aussi cruel soit-il, était bien le seul remède pour soigner une peine de cœur.
Le temps et un bouillon de légumes partagé avec un ami.
À très vite ;)
