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Le monde n'est pas tendre envers Loki... et ce n'est malheureusement qu'un début...


Chapitre n°7 :

Inimitiés


« Il paraît que nous sommes comme nous sommes, mais nous ne sommes pas forcés de l'être. »

- Fall Out Boy, "Immortals"


Le printemps faisait doucement place à l'hiver sur Asgard, chassant le froid et l'humidité, remplacés par le soleil et la douceur. Une de ces belles journées se trouva être idéale pour un long après-midi d'escapade dans les jardins du palais.

Les deux frères y retrouvèrent deux autres petits garçons, Volstagg et Fandral, des amis de Thor. Ce qui signifiait, entre autres, que Loki n'était toléré dans ce petit groupe que parce que son frère avait insisté – et même légèrement menacé les deux garçonnets.

Loki était flatté que Thor se soit battu pour son honneur, mais il se sentait également mal à l'aise, sans qu'il ne sache trop pourquoi. Était-ce à cause de la distance que Fandral et Volstagg continuaient de mettre entre eux et lui, ou bien cela avait-il à voir avec le caractère des deux enfants, aussi bagarreurs que Thor ne l'était lui-même ?

Frigga, Ërinn et Holda les accompagnèrent jusqu'aux marches menant aux jardins, où les deux autres les attendaient déjà, seuls. Thor les salua de loin avec enthousiasme, et s'apprêtait à partir en courant pour les rejoindre, mais il fut arrêté par la voix de la Reine.

- Tu ne comptais tout de même pas partir comme un voleur, n'est-ce pas ? lui demanda Frigga avec douceur. Où sont donc tes manières ?

Le prince blond se tourna vers elle.

- Passez un bon après-midi, mère ! s'exclama-t-il.

- C'est presque ça, sourit-elle, mais ça suffira pour aujourd'hui. Passe toi aussi un bon après-midi avec ton frère et tes amis.

Frigga se pencha vers lui et déposa un baiser sur sa tête. Thor se laissa faire sans un mot, mais Loki le vit froncer les sourcils. Le fougueux petit prince n'aimait pas être "affiché" de la sorte devant ses amis.

D'ailleurs, il ne tarda pas à s'esquiver et courut vers Fandral et Volstagg. Loki se tourna lui aussi vers Frigga.

- Bon après-midi, mère, et à ce soir, fit-il poliment.

- Bon après-midi, mon petit chéri, répondit Frigga en lui pinçant gentiment la joue.

- Bon après-midi à vous aussi, mesdames Holda et Ërinn, compléta-t-il avec un sourire espiègle.

Les deux gouvernantes lui rendirent sa formule de politesse et inclinèrent la tête. Loki se permit alors de courir rejoindre Thor et ses deux amis.

Il les retrouva en pleine discussion enjouée sur les caractéristiques de la nouvelle hache de guerre acquise par le père de Volstagg. Fandral semblait décidé à accueillir le retardataire à sa manière moqueuse habituelle lorsqu'elle concernait Loki.

- Alors, tu as fini de te cacher dans les jupes de ta mère ? lui dit-il sans préambule.

- Moi, au moins, elle ne m'a pas embrassé, se défendit Loki.

C'était sans aucun doute une pique gratuite et désagréable adressée à Thor, mais cette défense agressive lui avait presque échappé.

- Non, mais elle t'a probablement appelé « mon petit chéri », grogna Thor en se retournant furieusement vers lui. Tu crois que c'est mieux, peut-être ?

- C'est moins ostentatoire, en tous cas, contra Loki.

- Si tu ne cesses pas tout de suite de charrier Thor, menaça Volstagg, on va te renvoyer voir ta maman avec quelque chose de plus ostentatoire. Genre, un nez cassé, ajouta-t-il en faisant craquer ses doigts.

- Hé, non ! Cria Thor en se plaçant entre les deux adversaires. Personne ne fait de mal à personne, on est tous amis, non ? Les amis n'ont pas recours à la violence entre eux, ils doivent la réserver uniquement aux ennemis.

Loki et Volstagg s'affrontèrent du regard quelques secondes encore, tandis que les deux blondinets du groupe les regardaient alternativement avec méfiance.

- Excuse-toi auprès de Thor, ordonna finalement le garçonnet roux.

- Je n'ai pas d'ordres à recevoir de toi, fils de commandant, cracha le prince brun.

- Allons, calmez-vous, tous les deux, reprit Thor. Volstagg, si j'avais voulu que Loki s'excuse pour ses paroles, je le lui aurais demandé. Maintenant, ça suffit ces chamailleries, allons jouer.