Bonjour !
J'espère que vous allez bien et que votre semaine s'est bien passée.
A propos du nombre de parties, c'est assez n'importe quoi donc je corrigerai tout ça tranquillement une fois l'histoire terminée (car vu que je ne connais pas la longueur de cette fic, c'est assez compliqué de la couper en parties sans avoir fini). Sinon pour ceux et celles qui se demandaient, on attaque la dernière ligne droite, alors voilà.
J'arrête mon blabla inutile et je vous souhaite une bonne lecture !
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— Partie V : Réminiscences —
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Elaiano ouvrit les yeux sur un décor inconnu. Elle était allongée sur un lit dans ce qui ressemblait fortement à une cabane en bois aménagée de manière à épouser les formes d'un arbre. Une douce lumière baignait la pièce d'une lueur mordorée et de sa position la jeune fille pouvait apercevoir une silhouette à l'extrémité de son champs de vision. L'adolescente tenta de bouger mais sa jambe la lança si fort qu'elle ne put réprimer un grognement de douleur. La personne qu'elle avait repéré se retourna aussitôt et s'approcha d'elle.
— Ne bougez pas votre blessure risquerait de se rouvrir, fit-elle d'une voix aussi chantante que l'eau d'un ruisseau.
— Qui êtes-vous ? Où suis-je ?
— Mon nom est Alfirin et vous êtes en sécurité en Caras Galadhon, Dame Elaiano. Une patrouille vous a trouvé à la lisière Sud en piètre état. J'ai été chargé de vous soigner. Maintenant reposez-vous, vous pourrez vous lever demain.
La jeune fille voulu répliquer mais l'elfe ne lui laissa pas le temps. D'un mouvement fluide il se détourna et quitta les lieux. Seule, Elaiano lutta quelques instants contre la torpeur qui l'emportait, mais elle finit par abandonner et elle sombra dans un lourd sommeil sans rêve.
Lorsqu'elle s'éveilla à nouveau, il faisait nuit. A nouveau elle essaya de se lever et elle fut ravie de remarquer que la douleur n'était presque plus perceptible. Lentement, elle se mit debout et fit quelques pas incertains dans la salle. Une fois son équilibre assuré, l'elfe se dirigea vers la porte et sortit.
Elle n'avait pas fait trois pas sur le balcon qui s'étendait derrière la porte qu'elle se figea. Le lieu était féérique. La cité était presque entièrement construite dans les arbres. Les différentes habitations semblaient avoir été directement intégrées dans la végétation et seul d'immenses passerelles en bois finement ouvragé les reliaient les unes aux autres dans un entremêlement gracieux. D'autres passages montaient dans les hauteurs en s'enroulant autour des arbres. Un peu partout des lumières éclairaient l'ensemble et l'on aurait juré que des lucioles vagabondaient entre les arbres, leur clignotement caractéristique les faisant apparaitre par intermittence. L'une d'elle s'approcha même de la jeune fille et vint se percher sur une rambarde en bois à moins d'un mètre de l'adolescente. Le plus délicatement possible, Elaiano tendit la main et cueillit l'insecte sur son doigt. Ce dernier clignota une ou deux fois avant de reprendre son envol et de disparaitre, englouti par la nuit.
Avec un pincement au cœur, l'elfe ne put s'empêcher de penser que c'était ce lieu qu'elle aurait pu détruire si l'attaque menée plus tôt avait réussie. Mais surtout… Si elle était restée avec Nínim. Il avait si bien joué qu'elle avait fini par lui accorder sa confiance. Confiance qui avait vacillé récemment mais qu'il avait à nouveau reprise en lui disant qu'il l'aimait. Avait-il jamais pensé un seul de ses mots ? N'avait-il donc fait que lui mentir ? Il restait surtout un énorme point d'interrogation pour l'adolescente, Maglor. Celui qu'elle avait appris à haïr pour avoir tenté à plusieurs reprises de la tuer. Non… Le Maia avait lui-même avoué avoir créé de toutes pièces ces rencontres. Pour autant, l'adolescente n'arrivait pas pour autant à lui accorder sa confiance. Les rêves que Nínim avait créé étaient encore trop profondément inscrits en elle.
— Je ne m'attendais pas à te voir debout avant au moins deux jours.
Surprise, Elaiano sursauta et se tourna vers celui qui l'avait apostrophé.
— Maglor.
Il n'y avait pas d'intonation particulière dans sa voix, il s'agissait simplement d'une remarque. L'elfe du le comprendre car il s'immobilisa à quelques pas d'elle une lueur douloureuse dans les yeux.
— Tu ne te rappelles toujours pas ? lui demanda-t-il sans grand espoir.
— Non, répondit-elle catégoriquement avant de se détourner et de s'accouder à la rambarde les yeux perdus dans le vague.
La jeune fille ne fit pas de commentaire mais elle avait vu malgré la pénombre que la marque douloureuse dans le regard du fëanorion s'était accentuée. Et elle ne comprenait ni ne connaissait la raison. Un silence pesant s'installa entre eux sans qu'aucun n'ose parler. Enfin Maglor reprit la parole mais il semblait qu'il pesait chacun de ses mots.
— Si tu veux, je peux t'aider à te souvenir.
L'adolescente lui jeta un regard surprit. Elle ne s'était pas attendu à une telle proposition.
— Peut-être que tu ne souhaites que me porter assistance mais je ne vois pas pourquoi je l'accepterai. Après tout je ne sais même pas si je peux te faire confiance, ajouta-t-elle en maudissant sa voix qui s'était brisée sur ses derniers mots. Et que sais-tu réellement sur mon passé ?
Le fëanorion sembla touché par la pointe de tristesse dans la voix de son interlocutrice car il resta à nouveau silencieux avant de murmurer dans un souffle presque inaudible.
— Plus que tu ne crois.
Puis il se détourna et s'éloigna sans un mot. La jeune fille le regarda partir un étrange vide au creux du cœur. Elle n'arrivait pas à oublier l'air triste qui ne l'avait pas quitté de tout leur court échange, ni l'impression d'avoir fait le mauvais choix en refusant son aide. Si elle mettait de côté tout ce qu'avait pu lui dire Nínim au sujet de Maglor, elle ne savait rien de lui. Pourtant, il lui semblait le connaitre depuis longtemps sans pour autant s'en souvenir. Et le pire était l'attirance qu'elle éprouvait pour lui malgré tout. Ce fut le cœur lourd et l'esprit désorienté qu'elle se détourna à son tour et retourna se coucher.
Mais le sommeil ne lui vint pas et elle resta assise sur son lit, le dos collé au mur, et les yeux levés vers le plafond dont les graphismes stylisés ne l'émerveillait déjà plus. Elle avait du mal à accepter ce qui s'était passé. Nínim l'avait vraiment manipulée. Il avait joué avec ses souvenirs pour se servir d'elle comme d'un pantin. Maintenant elle s'était échappée avec pour seul prix physique une blessure déjà cicatrisée à son flanc. Mais si le corps de l'adolescente guérissait, son esprit lui n'était pas aussi rapide. La trahison qu'elle avait subit ne cessait de revenir, aussi indélébile que la berceuse qui avait permit à Maglor d'obtenir son attention. Non… On pouvait oublier une chanson. Mais pas une trahison. Un sourire amer se dessina sur ses lèvres. Elle aussi avait fait preuve d'une forme de traitrise envers les siens. Elle les avaient combattus, en avait tué, et revenait vers eux en demandant de l'aide. Le destin avait un étrange sens de l'humour. A cette pensée, Elaiano ferma les yeux et un éclat de rire lui échappa.
— Ça oui… un sacré sens de l'humour.
Le soleil était déjà haut dans le ciel quand la jeune fille émergea à nouveau du sommeil dans lequel elle avait fini par plonger. Ses yeux tombèrent presque immédiatement sur la silhouette d'Alfirin qui se découpait à contre-jour. Le plus calmement possible, elle se redressa et s'assit sur le matelas. Alerté par le bruit l'elfe se retourna et aperçu l'adolescente.
— Je suis au courant, fit-il.
— Pardon ?
— Je sais ce qui vous est arrivé. Le fëanorion m'en a informé tôt ce matin, reprit-il en insistant sur le ''fëanorion''. C'est assez surprenant que vous ayez échappé aux griffes de ce Maia. Faegmôr n'est pas connu pour laisser s'échapper ses proies.
L'elfe marqua un temps avant de poursuivre sur un tout autre sujet.
— Le fils de Fëanor n'a pas cessé de me harceler ces deux derniers jours pour savoir si vous alliez mieux. Il semble s'être attaché à vous plus qu'il ne souhaite l'avouer. C'est d'ailleurs en raison de votre amitié qu'il a été accepté en ces lieux. Et évidemment, poursuivit-il, vos parents ont montré un ardent désir de vous revoir.
Toute la tirade de son interlocuteur avait surpris la jeune fille mais ce fut sa dernière remarque qui l'étonna le plus.
— Mes parents ?
Ce fut au tour de l'elfe d'être dérouté, et même si cela ne se vit qu'à peine sur son visage, il ne parvint pas à cacher la surprise dans sa voix.
— Dame Galadriel et le Seigneur Celeborn, les protecteurs de Caras Galadhon.
Elaiano fut si surprise qu'elle resta silencieuse. Ainsi, elle avait attaqué sans le savoir l'endroit où demeurait sa famille. Pourtant Nínim lui avait affirmé qu'elle n'en avait plus. Perdue dans ses pensées, elle mit un certain temps à remarquer qu'Alfirin la regardait comme s'il attendait une réaction de sa part. Elle essaya alors tant bien que mal de se reprendre et bafouilla une vague réponse.
— Nínim… Enfin Faegmôr a scellé mes souvenirs.
— Je ne savais pas qu'il pouvait le faire. Le fëanorion ne m'avait pas mentionné ce ''détail'', ajouta-t-il en se détournant.
La jeune fille en profita pour se mettre debout avec l'intention d'aller faire un tour, n'était-ce que pour empêcher les réminiscences, du temps passé en compagnie du Maia, de remonter. L'elfe la jaugea un instant du regard et la laissa finalement sortir après avoir obtenu sa promesse formelle qu'elle ferait attention à ne pas rouvrir ses blessures.
Elaiano sortit du talan, car c'était ainsi que s'appelaient les habitations, et s'engagea sur la passerelle la plus proche. Sans réfléchir elle se mit à marcher et laissa ses pieds la guider dans le dédale de ponts et de plateformes. Où qu'elle aille, tout lui semblait totalement identique mais une sérénité incomparable se dégageait du lieu et apaisait presque les tourments de l'adolescente. Car même si la quiétude de l'endroit lui procurait un réconfort certain, il n'effaçait pas la blessure dans le cœur de la jeune fille. Celle-ci continuait ainsi de marcher sans prêter attention à ce qui l'entourait, ni aux murmures qui s'échangeaient sur son passage. Elle ne répondit pas non plus au salut d'Haldir quant elle le croisa au détour d'une passerelle, et ce fut à peine si son regard se leva vers lui avant qu'il ne disparaisse de son champ de vision. Elle était un peu comme un fantôme, une ombre, un reflet d'elle-même échappé d'un miroir qui fuyait son passé tout autant qu'il le cherchait désespérément. Ce fut un cri qui la ramena à la réalité.
— Elaiano !
C'était Maglor, il n'y avait aucun doute. L'adolescente pressa soudainement l'allure et s'engagea dans une pente qui grimpait vers la cime des arbres.
— Elaiano !
Le cri s'était fait plus pressant. La jeune fille força encore l'allure mais son genou protesta et elle n'eut pas la possibilité d'avancer aussi vite qu'elle l'aurait souhaité. Tout en poursuivant sa fuite vers les hauteurs, elle jeta un regard derrière elle. Le chemin montait en s'enroulant autour du tronc d'un arbres immenses et elle ne put voir le fëanorion. Pourtant, elle était certaine qu'il la suivait. Elle pressa encore le pas, serrant les dents de douleur, et poursuivit son attention. Elle déboucha finalement sur un balcon qui surplombait toute la cité sans d'autre accès que le chemin qu'elle venait d'emprunter. L'adolescente s'en éloigna autant que possible et attendit l'arrivée de Maglor qui ne tarda pas. L'elfe émergea dans les secondes qui suivirent de l'accès et son regard se posa sur la jeune fille qui le défiait du regard.
— Que veux tu ?
— Je voulais juste savoir si tu allais bien.
La réponse de son interlocuteur surprit Elaiano plus qu'elle s'y attendait. Il lui avait pourtant parlé pas plus tard que la nuit précédente.
— Il semble s'être attaché à vous plus qu'il ne souhaite l'avouer.
C'était la remarque qu'avait faite Alfirin le matin même à propos de Maglor.
— Tu voulais juste savoir comment je me portais ? répondit-elle alors en guettant sa réaction.
Aucune émotion ne transparu sur son visage, mais ses yeux parlèrent à sa place.
— Que voulais-tu réellement ?
— J'avais peur que tu ne partes comme la dernière fois.
— Après Dol Guldur ?
— Non.
— La… bataille ? demanda-t-elle après avoir hésité un instant à le dire à voix haute tant le souvenir qu'elle en avait la dégoutait.
— Non plus.
— Alors quoi ?
— C'était il y a soixante-six ans. La dernière fois où je t'ai vu avant que tu ne retournes sur Terre dans le but de protéger Elisa, celle qui t'a élevée, des griffes de Faegmôr.
A peine eut-elle entendu le nom d'Elisa que la désagréable sensation d'avoir oublié quelque chose d'important s'ancra à nouveau dans le cœur d'Elaiano. Pourtant, ce ne fut qu'un léger trouble qui paru sur son visage, et Maglor l'interpréta comme un soudain regain d'attention face à ce qu'il racontait.
— Qu'est-il arrivé ce jour-là ?
— Nous étions non loin d'Erebor, et tu venais de passer plusieurs jours entre la vie et la mort. Tu ne t'étais presque plus éveillée depuis longtemps et Faegmôr te torturait en permanence. Je ne pouvais rien faire mis à part veiller sur ton sommeil et t'entendre pousser des hurlements. Des blessures sont apparues sur ton corps à de nombreuses reprises sans que rien ne t'ai été fait physiquement. Aucune d'elle n'était grave et elles ont toutes disparues en quelques heures mais je ne pouvais rien faire d'autre qu'attendre que tu t'éveilles.
Durant son histoire, le fëanorion s'était rapproché d'Elaiano et se tenait maintenant tout proche d'elle. Etrangement l'adolescente n'y vit aucun problème car sa présence lui apportait un réconfort et une confiance dont elle ne déterminait pas l'origine. Et même si ce que Maglor lui contait était difficile à accepter, elle ne douta pas un instant que ce fut vrai tant le récit possédait des accents de vérité.
— Un jour tu t'ai réveillée et sans m'expliquer pourquoi, tu t'obstinais à vouloir retourner sur Terre. J'ai rapidement compris que si tu ne me disais rien c'était à cause de Faegmôr et qu'il devait avoir menacé Elisa, mais tu avais l'air si déterminée que je n'ai pas pu te faire changer d'avis. J'ai pourtant essayé de te changer les idées en t'emmenant t'entrainer dans des ruines non loin de la Montagne Solitaire, mais tu ne démordais pas. A ce moment tu ne savais pas comment faire pour te servir de ton pendentif et après un accident, tu avais pensé que te jeter du haut d'une cascade gelée était la meilleure solution pour mettre ton plan à exécution.
La gorge de l'adolescente s'assécha et son souffle se fit plus court lorsqu'elle comprit ce qui s'était passé.
— J'ai sauté ? osa-t-elle.
— Non. Tu te tenais au bord du vide prête à sauter, mais j'ai réussi à te faire comprendre que le risque que tu meures était trop grand. Tu as finalement changé d'avis mais à ce moment la glace s'est brisée et…
Plus Maglor avançait dans son récit, et plus ses mains se refermaient sur la fine rambarde en bois. A présent, ses jointures étaient entièrement blanches et le sang semblait avoir déserté ses mains.
— …tu es tombée, laissa-t-il finalement tomber comme si les mots étaient trop durs à prononcer pour lui.
Le silence tomba sur le duo seulement perturbé par le gazouillis joyeux d'un oiseau perché sur une branche à quelques mètres d'eux.
— Tu n'es jamais revenue, reprit Maglor d'une voix si faible qu'Elaiano dû tendre l'oreille pour l'entendre. Depuis ce jour j'ai parcouru les routes et les chemins de Terre-du-Milieu dans l'espoir d'entendre des rumeurs de ton retour, mais rien. Pas un signe. Pas un murmure. Que le silence, et l'attente. Je commençais à croire que tu ne tiendrais pas ta promesse lorsque j'ai appris en passant aux abords de la Lothlorien, qu'Haldir t'avait aperçue.
— Ma promesse ?
— Juste avant de disparaitre, tu m'as promis de revenir.
— Qu'ai-je vraiment dit ?
— Moi non plus je ne veux pas te perdre. Je reviendrai, je te le promet.
La jeune fille se détourna et s'éloigna quelques peu. Le récit du fëanorion l'avait touchée et contenait plus d'informations sur son passé que tout ce qu'avait pu lui dire Nínim durant les longs mois passés à ces côtés.
— Pourquoi ? murmura-t-elle incertaine.
— Tu ne me crois pas ?
— Si, mais pourquoi me racontes-tu tout cela ?
Maglor resta silencieux mais la réponse était évidente. Elaiano poussa un léger soupir et tourna le dos à son interlocuteur sans pour autant s'éloigner plus.
— Je sais que tu essaies de m'aider, mais rien de ce que tu me racontes ne fait écho à quoi que ce soit.
C'était un mensonge. Rien de ce qu'il lui disait n'éveillait de souvenir enfouis, mais elle sentait à la lisière de sa conscience qu'il ne fallait plus qu'un élément déclencheur pour que tout se débloque.
— Tu en es sûre ?
— Oui.
Au silence qui tomba à nouveau, l'adolescente compris qu'elle avait répondu avec trop d'empressement.
— Pourquoi ne me dis-tu pas la vérité ?
Sa question ne laissait aucun doute. Il avait perçu le mensonge dans le ton de la jeune fille et accusait le coup.
— Tu ne me fais pas confiance, c'est cela ?
Ce fut au tour d'Elaiano d'être gênée. Il avait directement repéré la raison de sa réaction et à présent c'était l'adolescente qui ne savait que dire.
— Je te remercie d'essayer de m'aider, mais j'ai besoin d'être seule, se contenta-t-elle de répliquer.
C'était une piètre esquive elle le savait. La conversation commençait à l'embarrasser et elle voulait réellement rester seule pour assimiler ce qu'elle venait d'apprendre. D'un pas voulu confiant, elle s'approcha de la pente qui lui permettrait de quitter la plateforme mais Maglor lui coupa la route et lui attrapa les poignets pour l'empêcher de fuir.
— Laisse-moi !
— Attends, ne pars pas comme ça. Dis-moi au moins… C'est encore à cause de Faegmôr que tu ne peux pas me faire confiance ?
La tension dans sa voix était palpable et le silence de la jeune fille lui était insupportable. Ses mains enserraient de plus en plus les poignets de l'adolescente.
— J'ai dit… laisse-moi ! s'écria-t-elle tout en se dégageant avec force.
Elle s'écarta aussitôt de l'elfe et se massa les poignets, une grimace douloureuse sur le visage. Des marques paraissaient signes de ce qui venait de se passer.
— Je suis désolé, tenta Maglor atterré. Je ne voulais pas.
Elaiano recula vivement lorsque ce dernier tenta de se rapprocher d'elle et sans un mot, elle disparut en laissant le fëanorion à la fois désespéré et atterré, seul sur le balcon.
Au même moment à plusieurs kilomètres de là, à Dol Guldur, Nínim leva les yeux d'une carte où il travaillait sur un complexe plan de bataille et tourna son regard vers la Lothlorien. Il n'avait pas la moindre idée de ce qui avait causé le Voyage d'Elaiano mais il était au moins assuré que c'était bien en ces lieux qu'elle avait trouvé refuge. Il avait encore du mal à accepter qu'elle ait pu lui échapper aussi facilement. A cause d'elle, il avait été forcé de revoir toute sa stratégie. Son seul réconfort était que le sceau qu'il avait placé dans l'esprit de la jeune fille tenait encore. Il le savait autant qu'il le sentait. Il était affaibli mais tenace, il faudrait une réminiscence bien plus forte que quelques bribes de souvenirs pour le détruire. Le Maia savait ce qui pouvait causer sa perte, il l'avait vu dans la mémoire d'Elaiano. Mais tout reposait sur Maglor, et il était presque certain que jamais le fils de Fëanor n'aurait l'audace de le faire. Il était bien trop lâche pour oser.
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Petit point d'elfique : en Sindarin "Alfirin" a deux significations possibles. Soit c'est le nom d'une fleur, c'est ça veut dire "immortel". Je l'avais initialement choisit pour le côté "fleuri" et la sonorité, mais l'autre signification marche tout autant je pense.
Bref, j'espère que ce petit chapitre un peu tristounet sur les bords vous aura quand même plu. D'ailleurs, qui pense comme Nínim/Faegmôr que Maglor n'aura pas le courage (vous ne savez pas de quoi mais bon) ? Et à votre avis, à quoi pensait notre cher *tousse* Maia ? Si vous avez des théories, n'hésitez pas à me les partager.
Sinon, je vous dit à la semaine prochaine !
