Dimanche 6 Novembre

Shimizu descendit de l'appartement et alla directement derrière le bar. La pièce était vide, les chaises montées sur les tables, et aucun bruit ne venait troubler le silence. Elle profita de la paix ambiante pour se rincer le visage. Elle avait mal dormi. Comme toujours quand elle n'était pas dans son lit.

— Bonsoir.

Sugawara la surprit, elle ne l'avait pas entendu arriver. Elle observa la rue, vide. Malgré son manque de sommeil, et ne s'étant couché qu'au petit matin, elle n'avait pas eu le courage de se lever avant dix-sept heures. La nuit était en train de tomber, la pluie s'était arrêtée.

— Bonsoir, lança-t-elle à son tour.

— Un café ?

— Volontier.

Elle s'écarta, et alla s'asseoir sur un haut tabouret. Le visage en coupe entre les mains, elle regarda son ami s'affairer. Il était beau, grand et fin. Son air angélique en surprenait plus d'un quand on savait dans quoi il trempait. Dans son gilet crème, sa chemise blanche et son pantalon marron, on aurait du mal à douter de ce qu'il avait fait ces dernières vingt-quatre heures.

Il déposa leur tasse devant elle, et lui sourit.

— Je suppose que tu as mal dormi.

Elle prit sa tasse et souffla dessus.

— Ça se voit tant que ça ?

— Non, je te connais bien, c'est tout.

Elle ne lui renvoya pas la question, elle savait qu'il n'avait pas dormi. Trop occupé à cause des insectes de la cave. Elle se brûla la langue.

Sûrement un signe pour punir sa propre méchanceté, pensa-t-elle.

Sugawara lui servit un verre d'eau. Elle le remercia poliment. Le liquide l'apaisa, mais ne guérit pas la brûlure. Elle pensa à celle qu'elle avait faite à Bokuto. L'emblème de leur clan, un corbeau, était tatoué sur l'omoplate de chacun des membres. Elle l'avait renié, la marque devait donc disparaître. Alors, elle l'avait enlevé. Au chalumeau.

Les yeux dans le vide, elle se rappela l'avoir réveillé deux fois pour qu'il reste conscient durant son oeuvre, et, lorsqu'il s'était évanoui la troisième fois, lasse, elle avait terminé rapidement.

Ses cris étouffés avaient ramené Kuroo sur terre, lui, par contre, avait profité du spectacle jusqu'à la fin.

Sugawara l'avait rejointe peu après qu'elle en ait fini avec Bokuto et lui avait demandé une faveur. Il n'en demandait jamais. Kozume avait réussi à le convaincre de rejoindre sa cause. Elle souffla.

— Tu as des nouvelles de Kenma ?

— Oui, il va bien. Rien de grave, deux côtés cassés, comme tu le pensais, et une autre fissurée. Après quelques examens, ils n'ont rien trouvé d'autre, mais ils préfèrent le garder en observation quelques jours.

Elle laissa le silence reprendre ses droits, pendant quelques instants.

Après que Sugawara soit revenu, ils étaient remontés au bar, il était quatre heures passées. Il lui avait demandé de garder Kuroo dans le clan. Malgré sa conduite, il était précieux et il ne pouvait pas confier les nouveaux arrivants, ainsi que certaines branches de nettoyage à n'importe qui. Après réflexion, elle avait accepté. À une condition.

— Tetsurou a-t-il répondu à mon dilemme, ou a-t-il encore besoin de réfléchir ?

Sugawara sortit un pot et le déposa devant elle. Un doigt trempait dans du formol. C'était ce que Shimizu lui avait demandé : s'il se coupait le doigt en guise d'excuse, elle le garderait au sein du clan. Bokuto n'aurait pas cette chance, elle refusait catégoriquement de lui accorder son pardon.

— Il a fait son choix, plutôt rapidement. Je les ai emmenés à notre médecin. À l'heure actuelle, il doit être en train de se faire opérer de sa main.

— Les ?

Sugawara soutint son regard et répondit :

— Oui, les. Koutarou aussi. Que tu le veuilles ou non, même s'il s'agit d'un ancien membre, il le mérite et tu as promis de les garder en vie. Ce qui veut aussi dire que tu dois les soigner, sinon, ils mourront par ta faute.

— Ce n'est pas avec ce que je lui ai fait qu'il mourra.

— Je croyais que tu avais mis du poison dans la mixture que tu n'arrêtais pas de lui jeter, fit-il, froidement.

— Non. Seulement un acide léger. Laver ses plaies devrait suffire à nettoyer ça. Tu m'en veux, n'est-ce pas.

C'était plus une affirmation qu'une question, Sugawara le savait. Il soupira.

— Non. Au contraire, c'est à moi-même que j'en veux. Je me sens lâche. On doit se faire respecter et punir ceux qui nous trahissent, et, même si je peux comprendre pourquoi ils se sont tus, il fallait faire quelque chose à leur sujet, pour montrer l'exemple.

— Si tu le sais, pourquoi tu t'en veux ?

— Parce que j'aurais été incapable de faire ce que tu as fait, tout comme j'ai été incapable de te dire que j'étais en désaccord avec toi. Même si, je sais qu'il le fallait, ça reste…

— Des idiots qui n'ont pas fait les bons choix.

Il releva les yeux vers elle, sans même se souvenir qu'il les avait baissés. Shimizu était belle, malgré sa fatigue. Ses yeux brillaient. Il fut surpris.

— Tu as envie de pleurer, lâcha-t-il bêtement.

Ce fut elle qui détourna la tête, à son tour.

— La Demoiselle ne pleure pas.

— Mais Kiyoko, si.

À cette phrase, le peu de barrières qui lui restait cédèrent. Elle regarda son ami, le visage rempli de tristesse.

— Je suis fatiguée, Kôshi. Lasse, et ennuyée de tout ça. Je savais que ce ne serait pas simple quand je l'ai choisi, que ma vie entière devrait tourner autour de notre organisation, qu'un jour peut-être je devrais faire des choses horribles à mes proches, mais j'espérais de tout mon coeur que ça n'arriverait pas.

Elle sourit amèrement et continua :

— Je crois que je me suis… Attendrie. Et ça me fait peur. Je ne peux pas me le permettre. Pas avec autant de monde, pas avec l'organisation que nous avons, pas pour tous ces gens que je dois continuer d'aider, et pour tous ceux à qui je dois rendre justice.

Sugawara la fixa longuement, puis, il fit le tour du bar et la serra dans ses bras. Fort. Elle se laissa faire.

— Ce n'est pas parce que tu as des sentiments que tu es faible, au contraire. Tu es forte. Plus que quiconque. Ces sentiments, et la tâche que tu as accomplie malgré ça font de toi quelqu'un de droit, de fière qui ne renonce pas à ses principes et à ses choix, en dépit de ta douleur. Je t'aime, Kiyoko et même si je n'étais pas d'accord, je savais qu'il fallait une justice et je t'admire d'avoir pu la donner… Même si ça nous a troué le coeur, il le fallait. Ne doute pas de toi. Jamais.

Silencieusement, et pour la première fois depuis des années, elle laissa ses larmes couler, en espérant qu'elles emmèneraient avec elles la douleur et la culpabilité. Durement, elle retint les sanglots qui lui serraient la gorge.

Laissant le temps s'étirait, ils restèrent ainsi sans le voir passer. Le voile de la nuit s'épaissit, et quand les lampadaires furent la seule source de lumière, ils se séparèrent.

Sawamura arriva à ce moment-là.

— Désolé, je dé…

Il s'approcha rapidement de Shimizu, inquiet :

— Kiyoko… Comment tu te sens ?

Sugawara grimaça et répondit à sa place :

— Tu en as d'autres, des questions bêtes ?

— Kôshi… murmura-t-elle.

Il l'observa quelques secondes et soupira. Elle se tourna vers Sawamura.

— Je vais bien, j'ai connu pire et tu le sais, ce n'est rien.

Sawamura la prit dans ses bras et chuchota : "Désolé".

Ce simple mot ramena ses larmes, mais cette fois-ci, elle les garda pour elle. Elle avait assez pleuré, ce qui était fait, était fait, elle ne pouvait pas continuer de se morfondre, pas avec ce qui l'attendait. Cependant, son coeur s'allégea à ce simple mot. Malgré ce qu'elle avait fait, ses amis comprenaient. Ils étaient là. Peut-être pas pour toujours, mais… Pour eux, elle pouvait continuer d'espérer que ce serait le cas.

Elle se reprit et lentement, elle le repoussa.

— Merci, Daichi. Merci beaucoup. Ça tombe bien que tu sois là, j'ai à vous parler.

Les deux hommes s'entre-regardèrent.

— Il va falloir qu'on se mette au travail, c'est ça ? lança Sawamura.

— Oui… Avec tout ce qui s'est passé, je ne sais même plus ce que je vous ai dit ou non.

Elle se frotta les tempes puis prit une gorgée de café.

Sugawara lui sourit, en servit un à son amant et profita pour allumer une veilleuse. La lumière se diffusa, jaunâtre.

— Tu n'as dit grand-chose à cause de ta colère… mais je suppose que tu as eu une confirmation que tu ne voulais pas.

Sawamura s'assit près d'elle, tandis que Sugawara resta en face, de l'autre côté du bar, près de la machine à café. Il savait qu'ils allaient en boire plus d'un, ce soir.

Shimizu soupira pour la énième fois.

— Akaashi Keiji mijote depuis des mois avec Takeyuki Yamiji. Le troisième cartel installé en ville, ou du moins, en partie, c'est eux.

Une pause, un regard, elle reprit :

— Je savais déjà que cette ordure faisait du trafic d'humain et j'essaie de lui mettre la main dessus, ou du moins de l'empêcher de faire depuis quelques années, mais ce n'était pas encore arrivé dans notre ville. Quant au rapport des deux, Keiji aurait inventé cette drogue, pour je ne sais quelle raison… Sûrement pour créer des scandales et pousser hors de son chemin ses opposants, seulement, j'ai l'impression que c'est Yamiji qui s'en sert pour son trafic, afin de faire chanter ses clients si besoin.

— Comment Koutarou a-t-il pu tomber amoureux de cet homme… Même si la création de cette drogue n'avait pas pour but d'aider un trafic d'humain, ça reste horrible, s'indigna Sawamura.

— Il a essayé de l'arrêter, avoua Sugawara : Il ne voulait pas nous en parler parce qu'il pensait être capable de faire cesser cette folie avant que nous l'apprenions. Par amour, on peut penser et faire bien des choses stupides. Il pensait réussir à le sauver, certainement.

Un lampadaire extérieur grésilla. Une fine pluie se mit à tomber à nouveau.

— Cependant, cela n'explique pas pourquoi nous sommes dans le viseur de Tanji Washijo, reprit Sugawara : À moins qu'il pense qu'on soit lié à cette affaire, mais je ne voie pas comment il aurait pu remonter jusqu'à nous, je suis certain que Koutarou n'a pas révélé la hiérarchie du clan, et même si Keiji s'en doute, ou du moins, pense avoir trouvé un rapport avec nous, ce serait idiot de sa part dans parler à quiconque.

— La dernière enquête en date à notre sujet à fait chou-blanc, et celle en sous-marin aussi, le maire nous l'a assuré, lâcha Sawamura.

— Entre ce que le maire sait et ce qu'il passe… Et puis, Tanji est loin d'être stupide, et avec la mort de Aone Takanobu… soupira Shimizu.

— Tu penses qu'il savait pour Akaashi Keiji et Takeyuki Yamiji ?

— Ce qui est certain, c'est qu'il savait pour la Ferro Familia, et, dans ce milieu et dans cette ville, surtout, tout le monde sait que les leaders sont les Corbeaux… Mais oui, ajouta-t-elle : je pense qu'il a été tué parce qu'il avait découvert quelque chose en ce qui concerne Yamiji, pas sur nous. Cependant, entre ses rapports et le moment de sa mort, il n'a certainement pas défendu ou absous notre clan de ses craintes à ce sujet-là. Et même si c'était le cas, à la place de Tanji, j'aurais quand même mené ma propre enquête, surtout après la mort d'un de mes hommes.

— À ce propos… On ne sait pas qui est le tueur ?

— J'ai des doutes, j'attends des confirmations grâce aux virements bancaires. Pour cette fois, je donnerai quand même l'information à Takuro Oiwake, mais j'espère bien récupérer la tueuse. Elle peut toujours être utile.

Sugawara servit à nouveau du café, leur laissant un interlude pour réfléchir. L'odeur le réconforta quelque peu, après toutes les révélations et les mises à jour qu'il venait d'avoir.

— Quelque chose me chiffonne tout de même, lança Sawamura, la tasse entre ses mains.

Ses deux amis furent tout ouïe.

— Pourquoi coller deux agents à Tooru et à Takahiro ? Tu l'as dit toi-même, Tanji n'est pas stupide. Tu crois vraiment qu'il aurait mordu à l'hameçon concernant le leurre qu'est le cabinet ?

— Il n'est pas stupide, mais il n'est pas omnipotent. J'espère vraiment que c'est ça et si c'est le cas, tant mieux. Il n'y a rien à trouver là-bas, si ce n'est Tooru et Takahiro.

— Oui, enfin, j'aimerais bien éviter de les perdre, eux aussi, murmura Sugawara sans le vouloir.

Shimizu lui lança un regard courroucé, mais comprenait son ressenti. Même si elle essayait d'enfouir ses sentiments, après la nuit mouvementée qu'elle avait eue, c'était d'autant plus difficile.

Oikawa était l'un de ses meilleurs atouts pour trouver les clients qui acceptaient la revente d'art frauduleuse et Hanamaki était un tireur hors pair. Alors, même si elle y réfléchissait objectivement, il était vrai que perdre ces deux hommes serait problématique pour le clan. Cependant, il avait fallu trouver un leurre pour cacher quelques informations auprès de leur ennemie et Oikawa s'était proposé. À l'époque, elle avait trouvé cette idée bonne, désormais… Avec leur confession, elle avait des doutes.

Devait-elle leur avouer ce qu'ils leur avaient confirmé, la fois dernière, s'interrogea-t-elle. Pesant le pour et le contre, elle lâcha cette petite bombe :

— Ils sont amoureux.

Les deux amants la fixèrent, surpris.

— C-Comment tu peux savoir ? Je veux dire, l'amour, ça ne se juge pas, et Tooru est très bon comédien, lança Sugawara.

— Ils me l'ont dit, fit-elle, plus détachée que ce qu'elle pensait être capable.

— Ils sont au courant pour Koutarou et Tetsurou ?

— C'est Tooru qui m'a rapporté les informations concernant Keiji.

En me demandant de ne tuer aucun Corbeau, d'ailleurs, songea-t-elle. Peut-être que l'arrivé et la demande de Kozume était une bonne chose, elle aurait pu perdre Oikawa aussi, si elle avait laissé son instinct meurtrier continuer.

— Ils n'ont pas peur que tu les… enfin, tu comprends ? hésita Sawamura.

— Après ce qu'il m'a dit, bien sûr que si… Mais je leur ai assuré que je ne ferai rien à moins qu'ils m'y poussent, comme ces deux abrutis. Ils ont eu l'air rassurés.

Sugawara l'observa, elle avait détourné le regard, à droite. Elle ne leur disait pas tout.

— Je suis étonné que Tooru t'es vendu l'un des nôtres, sans s'assurer qu'il n'arrive rien de fâcheux.

À son tour, elle analysa son ami. Il la connaissait bien. Elle, ainsi que leur oiseau. Elle avoua la vérité.

— Je pense qu'il a un plan, tout comme Takahiro, pour s'en sortir si quoi que ce soit devait se passer. Je vais d'autant plus les faire surveiller et Kenma s'en est occupé également… Je sais que ça parait paranoïaque, mais je ne pensais pas que les premiers à faire une bêtise plus grosse qu'eux seraient Koutarou et Tetsurou aussi alors…

Sawamura lui passa une main dans le dos, en signe de réconfort.

— C'est normal d'agir de la sorte, mais tu ne penses pas que ça peut être une manoeuvre pour te déstabiliser ?

Elle fronça les sourcils.

— Que veux-tu dire ?

— Hum… je pense qu'il essaie de diviser ou de créer des doutes pour que nous fassions une erreur. Tu ne crois pas ?

Elle acquiesça.

— Si, j'y ai pensé, mais je me suis dit que ça marchait dans les deux sens et je pense, ou plutôt, j'ai l'intuition que ce qui s'est produit entre Tooru et Takahiro avec ces agents doubles est un imprévu total. Ce dont je doute, par contre, c'est que ces policiers soient aussi francs que nos oiseaux envers leur supérieur. Et si c'est le cas, la situation ne peut qu'être avantageuse pour nous.

Elle souffla et reprit :

— Mais pour le moment, ce n'est pas ma priorité et j'y donnerai suite une fois que j'aurais réglé les comptes à cette ordure.

Elle s'étira et se leva de sa chaise. La nuit venait de commencer, ils allaient devoir passer à l'action dans les semaines à venir.

— Tu as une idée ? demanda Sugawara.

Elle se tourna vers lui, confiante :

— Je pensais détruire barreau par barreau son organisation, mais Tanji à l'air de bien s'en occuper, alors j'ai une méthode plus radicale à proposer : On va amputer Yamiji de ses membres importants.

— On risque une guerre de clan… raisonna Sugawara.

— C'est une possibilité, mais encore faut-il qu'il sache qui l'attaque.

— Tanji Washijo ne ferait jamais ça.

— Tanji Washijo n'est pas le seul à avoir une dent contre Takeyuki Yamiji.

Sugawara nota son regard assuré.

— Tu comptes faire porter le chapeau à qui ?

— Je ne sais pas encore, tellement il y a de possibilité, faire chanter autant de personnes, c'est risqué. Il est normal qu'il y est un retour de bâton après toutes ses années, et ses rancoeurs accumulées.

— Ça ne te ressemble pas, de prendre des risques. Lui faire perdre ses bras droits, c'est énorme. Comment peux-tu savoir qui ils sont, en plus ?

— Je te l'ai dit, ça fait un moment que j'aimerais bien le coincer, fit-elle.

— Et en ce qui concerne les risques, pourquoi en prendre ? interrogea Sawamura.

Shimizu devint subitement sérieuse.

— J'ai l'espoir fou que la disparition de Takeyuki Yamiji nous apportera la paix avec Tanji Washijo.

Sugawara soupira.

— Un espoir fou ? Shimizu, tu n'es pas toi-même, qu'est-ce que tu imagines, exactement ?

Elle eut un sourire espiègle.

— Ce dont je suis certaine, c'est qu'il faut arrêter ce trafic, et je sais comment m'y prendre. Quant au reste, on s'en sortira. Après tout, nous sommes les Corbeaux, c'est nous, qui dévorons les autres.