Après une longue absence, voici (enfin) le chapitre suivant de Retour à Poudlard, en espérant que vous aimez cette fiction.

Bonne lecture et à très vite pour la suite !


Astoria hésita mais se lança en voyant Harry inquiet.
- J'ai reçu un message signé de Lily qui me demandait de la rejoindre dans la forêt interdite. Ça vaudrait peut être le coup d'aller voir ?
Harry soupira, doutant de la décision à prendre.
- C'est probablement un piège.

Drago l'air sombre se leva.
- Peu importe. J'y vais. J'ai besoin de savoir, au cas où. Je veux être sûr qu'elle n'y est pas.

Hermione grimaça, mais Harry se leva à son tour, visiblement décidé à accompagner le Serpentard.
Astoria s'éclaircit la voix.
- Je devrais peut être y aller, partir devant avec vous en... protection ? Si c'est un piège il m'était adressé, non ?
Harry secoua vivement la tête.
- Non. Je ne veux pas que tu sois en danger toi aussi.
Mais Astoria leva fièrement la tête, l'air décidé.
- J'ai confiance en toi, Harry. Et je pense que je ne crains pas grand chose avec toi !
Hermione leva les yeux au ciel.
- Nous attendons ici le Directeur. Nous lui indiquerons où vous êtes et pour quelle raison.

Cependant, ils n'eurent pas le temps de s'éloigner que Dumbledore arrivait déjà, un air soucieux sur le visage. Ron était à ses côtés, légèrement agité.
- Vous n'irez nulle part jeunes gens. Les professeurs iront fouiller les environs de la forêt interdite, mais il est hors de question que d'autres élèves ne soient en danger.

Harry pinça les lèvres et ses amis lui jetèrent un regard prudent. Ils le connaissaient suffisamment pour savoir qu'il essaierait probablement d'en faire qu'à sa tête. Ron détourna le regard, comme s'il pensait que Harry allait lui reprocher d'avoir parlé du message qu'Astoria avait reçu en plus du reste.

Drago grogna également, mécontent. Il ne pouvait pas croire que Lily avait disparu et qu'ils devaient attendre les bras croisés.

Astoria n'était pas proche de Harry depuis suffisamment longtemps pour connaître son impulsivité légendaire, même si des rumeurs avaient circulé dans Poudlard pendant sa scolarité. Les exploits du Héros du monde sorcier n'étaient inconnus de personne après tout. Elle avait assisté au moment où il était parti faire face à Voldemort sans la moindre hésitation et à l'époque, elle l'avait admiré pour son courage.
Cependant, il était compliqué de différencier la vérité de ce qui avait été ajouté au fil des rumeurs. La Gazette avait contribué à renforcer le mythe autour de cet étrange garçon qui ne ressemblait à aucun autre.

Aussi, elle protesta immédiatement aux mots de Dumbledore.
- Professeur, le mot m'était adressé, je devrais y aller ! Si ça permet de sauver Lily, je veux le faire. Je peux le faire !

Dumbledore se lissa la barbe d'un air songeur.
- En tant que Directeur, je dois veiller à la sécurité de mes élèves. Aussi, je ne compte pas autoriser ce genre de choses. Laissez-donc les professeurs gérer la situation, jeunes gens.

Harry posa une main sur le bras d'Astoria, pour qu'elle n'insiste pas. Il avait parfaitement compris le message comme toujours. Dumbledore ne pouvait pas autoriser, mais il pouvait détourner le regard à l'instant où ils s'éclipseraient pour se rendre au rendez-vous. Comme toujours. Harry avait longtemps été en colère contre Dumbledore pour son habitude de manipuler tout le monde, mais il avait fini par accepter, résigné.

Le Directeur entra dans l'infirmerie d'un pas tranquille, non sans les avoir dévisagé avec attention de son regard perçant. Il soupira brièvement.
- Ne bougez pas d'ici, je reviens.

Leur petit attroupement devant l'infirmerie attirait l'attention et Harry grogna en comprenant que très vite tout Poudlard allait être au courant que quelque chose s'était produit. Et que Harry Potter était impliqué.
Comme pour lui donner raison, quelques minutes plus tard, Daphné Greengrass la sœur d'Astoria arrivait en courant, visiblement inquiète.

La jeune fille habituellement froide et maussade enlaça sa sœur et lui murmura quelques mots. Les deux sœurs entamèrent une conversation murmurée, que personne n'entendit.
Finalement, Astoria s'éloigna d'un pas et croisa les bras sur sa poitrine.
- Je vais y aller Daphné. J'ai pris ma décision.
- C'est un coup monté ! Tu as conscience que c'est probablement une idée de Père pour t'obliger à obéir ?

Aux mots de Daphné, Drago blêmit soudain. Harry s'approcha brusquement d'Astoria, se plaçant à ses côtés, comme pour lui apporter son soutien.
Daphné lui lança un regard noir, mais le jeune homme ne détourna pas les yeux. Il avait fait face à Voldemort lui-même, et ne se sentait pas du tout impressionné par une Serpentard maussade… Surtout qu'ils avaient le même objectif : protéger Astoria.

Astoria ignora l'échange de regards noirs autour d'elle, une expression butée sur le visage.
- Allons-y Harry. Nous pouvons faire l'aller-retour rapidement, au moins nous serons fixés !
Harry lui attrapa le bras.
- N'y pense même pas Astoria. Il est hors de question que tu te mettes en danger.
- Mais… Ta sœur…
Daphné laissa échapper une exclamation étouffée et dévisagea Harry, avec l'air de quelqu'un qui vient d'assembler les dernières pièces d'un puzzle complexe. D'un coup, elle n'était plus aussi hostile envers le Gryffondor qui accaparait sa petite sœur depuis quelques semaines.
- J'adore Lily, mais je ne mettrais pas quelqu'un d'autre en danger pour lui venir en aide.
Le ton de Harry avait été ferme, alors que ses yeux émeraude étaient rivés dans les yeux bruns d'Astoria.

Le regard de Daphné s'adoucit soudain, et elle esquissa un léger sourire.
- Tu n'as pas l'intention d'échanger ma sœur contre la tienne ?
Le ton fut abrupt et la question directe, mais Daphné n'était pas vraiment agressive. Astoria émit un grognement étouffé, alors que Harry colla son amie contre lui possessivement les sourcils froncés.
- Je n'ai pas l'intention de mettre Astoria en danger.
- Même si c'est la seule façon de sauver ta sœur ?

Le froncement de sourcils de Harry s'accrut et il secoua vivement la tête, lèvres pincées.
- Je n'échangerai pas Astoria contre Lily. Ma sœur m'est précieuse mais je sais parfaitement que ce genre de situation ne se termine jamais bien…

Au rappel implicite de tout ce qu'Harry avait pu vivre pendant la guerre contre Voldemort, Daphné rougit et détourna le regard. Elle avait vu au fil de leur scolarité que Harry n'avait jamais accepté de mettre qui que ce soit en danger. Il avait toujours fait face, entouré de ses amis, mais se plaçant toujours en première ligne.
Et Daphné se souvenait du jour où Cédric Diggory était mort. Elle était au premier rang et avait vu Harry Potter ramener le corps sans vie du Poufsouffle et s'effondrer en hurlant et en pleurant.
Ce jour-là, même les Serpentard les plus dévoués à la cause de leurs parents, les plus fidèles au Maître des Ténèbres, avaient été ébranlés par le chagrin de leur camarade.

La jeune fille soupira et hocha la tête en direction de Harry avec un sourire un peu crispé. Elle lui offrait la paix et son aide. Après tout, sa petite sœur semblait attachée au Survivant, et s'était retrouvée impliquée dans la vie extraordinairement compliquée de Harry Potter. Elle décida également de garder pour elle le secret qu'elle venait de découvrir. Que la nouvelle soit la sœur de Harry Potter était assurément une sacrée révélation, mais elle resterait silencieuse. De toutes façons, compte tenu des regard de Drago Malefoy et de Blaise Zabini, elle n'avait pas intérêt à ébruiter l'affaire sous peine de se mettre les héritiers de deux familles puissantes à dos.

Avant que quiconque puisse parler, Dumbledore sortit de l'infirmerie et hocha la tête en voyant que tout le monde attendait sagement comme il l'avait demandé.
- Miss Weasley est dans un coma magique. Madame Pomfresh ignore quelle en est la cause, et des guérisseurs de Sainte Mangouste vont venir l'examiner. Je vais aller prévenir sa famille.

Il s'interrompit et les observa attentivement.
- L'un d'entre vous a t'il vu Miss Weasley revenir à Poudlard ? Quelqu'un l'a t'il vu dans l'enceinte de l'école ?
Tout le monde secoua la tête négativement. Ron semblait secoué et Harry lui pressa l'épaule amicalement, incapable d'ignorer la détresse de son ami.
Le rouquin hésita avant de s'adresser à Dumbledore.
- Professeur ? Puis-je aller la voir ?
- Bien sûr Monsieur Weasley. Je vais aller prévenir vos parents de ce pas, ils vous rejoindront à l'infirmerie directement.

Dumbledore s'éloigna de quelques pas, puis se retourna brusquement.
- Je compte sur vous pour ne pas faire d'imprudences !

Une fois seuls, ils échangèrent des regards inquiets. Harry s'approcha de Drago instinctivement en le voyant perdu. Il était blême et tremblait, semblant incapable de se calmer.
Lily était celle qui les avait rapproché. Et son absence se faisait cruellement sentir en cet instant.

- Drago ? Tu devrais aller prévenir ton parrain. De ce qui s'est passé.
- Mais…
- Non. Tu ne peux rien faire de plus. Demande à ta mère si…
- Si mon père est impliqué ?

Harry détourna la tête, un peu gêné. Il y avait pensé mais il n'avait pas voulu se montrer aussi direct.
- Si elle peut nous aider plutôt.
Drago laissa échapper un rire maussade.
- Il faut être réaliste. Il y a de grandes chances que mon père ait un lien avec toute cette histoire. Une fois de plus.

Harry ne put répondre, puisqu'il était du même avis. Mais il pressa l'épaule de Drago en un geste de réconfort. Il ne pouvait pas vraiment le consoler, mais il pouvait lui montrer qu'il lui faisait confiance, et qu'il savait qu'il n'était pas son père.

Drago lui jeta un regard reconnaissant et hocha doucement la tête.
- Je vais aller voir Severus.
- Je vais aller fouiner du côté de la forêt interdite, discrètement.

Le Serpentard se figea et fixa Harry, attendant une explication qui ne vint pas. Puis il hocha doucement la tête.
- Ne fais rien de stupide, Potter.

Alors qu'ils se fixaient de nouveau, Harry pensa soudainement qu'ils avaient toujours été liés, tous les deux. Depuis le début. Lily n'avait fait que leur montrer l'évidence. Ils auraient pu être amis depuis le départ, il aurait probablement suffit d'un détail pour tout changer entre eux…
Si Malefoy n'avait pas insulté Ron. S'il lui avait parlé avant le rouquin. Si lui, Harry, avait saisi la main tendue.

Le Gryffondor sourit et lui adressa un clin d'œil.
- Nous avons fouillé tout Poudlard, excepté la forêt interdite. Autant ne rien laisser au hasard.

Hermione leva les yeux au ciel en marmonnant.
- Ça ne m'étonne même pas que tu aies l'intention d'y aller ! Dépéchons-nous avant d'être surpris. Le tout est de tenir Astoria et Drago à distance de toute cette histoire. Daphné n'a pas tort, c'est probablement une façon de les piéger pour respecter ce fichu contrat passé par leurs pères.
Le Serpentard blond s'apprêta à protester mais Hermione leva une main autoritaire, avec un air qui n'admettait aucune discussion.
- Si Lily est une monnaie d'échange, c'est probablement contre Astoria et toi, pour vous obliger à honorer ce fichu mariage qui semble avoir tant d'importance. Ça doit être la condition pour faire évader Lucius Malefoy ou quelque chose dans ce style. Je suppose que sans ses compétences, Lily n'a pas autant de… valeur à leurs yeux.

Blême face aux paroles de Hermione, Drago partit en direction des cachots d'un pas presque mécanique, perdu dans ses pensées. Son esprit ne pouvait pas oublier que Lily avait disparu. Il se sentait fébrile et avait un mauvais pressentiment. Il sentait au plus profond de lui-même que la jeune fille était en danger, et qu'ils devaient la retrouver au plus vite quoi que puisse en dire Hermione.

Lorsqu'il arriva dans les cachots, il entra brusquement chez son parrain, une fois encore sans frapper, comme Lily l'avait fait tant de fois, manquant de rendre fou le Maître des potions. Il entra presque en collision avec Sirius Black et il se figea, ayant encore du mal à réaliser que l'homme était bel et bien vivant. Drago chercha son parrain du regard pour le trouver en compagnie de sa mère.
En voyant son fils, Narcissa se leva et se précipita sur lui pour le prendre dans ses bras. Pour une fois, Drago n'eut pas envie de se dégager.
Il avait besoin de réconfort, il voulait que quelqu'un lui dise que tout irait bien, finalement. Il voulait redevenir le petit garçon d'avant, celui qui ignorait que la vie pouvait être si cruelle.
- Oh. Drago, je suis si désolée. Je suis certaine que tout ira bien…

Le jeune homme se laissa câliner et resta contre sa mère lorsqu'il posa la question qui lui brûlait les lèvres.
- C'est lui, n'est-ce-pas ?

Narcissa se tendit, avant de raffermir sa prise, serrant un peu plus fort son fils contre elle. Lorsqu'elle répondit, sa voix était assurée, vibrante de rage.
- Je l'ignore. Mais si c'est le cas, je le tuerais moi-même !