Bonjour !
Je sais que le dernier chapitre à un peu longtemps mais bon... J'espère que vous n'avez pas perdu le fil. Voici un chapitre un peu plus court que les précédents (il fait quand même 3600 mots).
Sur ce, bonne lecture !
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— Stratégies —
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Ce fut un ciel d'un noir d'encre qui s'étala devant les yeux d'Elaiano lorsque celle-ci ouvrit les yeux. Puis il se piqueta lentement d'étoiles et la jeune fille reconnu aussitôt l'inimitable style de celle qui l'avait convoquée en ce lieu.
— Je sais qui vous êtes ! s'écria-t-elle.
Personne ne lui répondit mais l'elfe savait que ses paroles avaient été entendues.
— Que me voulez-vous cette fois ? Me rappeler que j'aurais dû me rendre à la Forêt Noire ? Me réprimander sur mes actions ?
Le silence ne se rompit pas pour autant mais l'air se refroidit sensiblement comme si la Valië, qui ne se montrait toujours pas, souhaitait informer l'adolescente de son agacement.
— Alors quoi ? Me convoquez-vous donc uniquement pour garder le silence ?
Une étoile scintilla plus fort que les autres puis une voix féminine s'éleva venant de partout à la fois.
— Ta colère n'a pas lieu d'être. Tu es la seule responsable de tes actes. Ainsi que de l'avancement des projets de Nínim.
Elaiano se renfrogna.
— Vous n'avez pas la moindre idée de ce que j'ai vécu. Je ne vous laisserez pas me juger pour mes actions et encore moins me porter pour responsable des actes de Faegmôr. Après tout ce n'est pas ma faute s'il souhaite conquérir la Terre-du-Milieu, car c'est ce qu'il veut faire non ?
Un silence accueillit ses paroles ce qui poussa la jeune fille à poursuivre.
— Un tel projet ne sort pas de nulle part. Il doit avoir cette ambition depuis bien longtemps. Ma présence ainsi que celle de ces ''objets'', fit-elle en désignant son pendentif, n'a fait que lui donner une opportunité de mettre ses plans à exécution.
La Valië resta encore silencieuse mais l'adolescente sentit que cette dernière contenait une colère certaine.
— En réalité ce n'est pas de ma faute mais de la vôtre. Vous saviez ce qu'il comptait faire ! Vous étiez au courant et vous n'avez rien dit ! Vous…
Un souffle glacial balaya le ciel et frigorifia la jeune fille qui comprit qu'elle était allée trop loin.
— Nous n'avons pas le droit d'intervenir et notre petite conversation ne devrait même pas être. Peut-être qu'il couvait déjà ce projet depuis longtemps, mais je t'avais dit de te rendre à la ''Forêt Noire'' et tu ne l'as pas fait. Rien de tout ce que tu as vécu récemment ne serait arrivé si tu m'avais obéit.
Elaiano croisa les bras sur sa poitrine et se contraignit au silence. Si elle avait d'abord vidé son sac, elle venait de comprendre qu'il n'était pas très intelligent que de se disputer avec la Valië. Elle n'était pas réellement en position pour le faire, et elle ne le serait sans doute jamais.
— J'imagine que votre requête n'a pas changé depuis, reprit-elle le plus calmement possible.
— Non, en effet. Il est urgent que tu t'y rendes ou Nínim sera inarrêtable. Il te faut à tout pris le mettre à bas. Une fois fait, arranges-toi pour que son propre exemplaire des Cinq ne tombe pas en de mauvaises mains. Mais rappelles-toi que la destruction d'un Objet de Pouvoir a toujours des conséquences. Ne reste pas trop longtemps d'un côté ou tu risques d'y demeurer à jamais.
La jeune fille lui jeta un regard interloqué. Ce n'était pas la première fois que la Valië s'exprimait de façon sibylline mais cette fois-là était particulièrement déroutante. Une légère lueur pointa à l'horizon et Varda reprit la parole.
— Il te faut partir. Si tu cherches le point faible de Nínim, je te l'ai déjà confié par le passé.
Elle marqua une pause puis sur un ton plus pressé elle ajouta :
— Un danger te guettes. Une armée venue du Nord et de l'Ouest compte attaquer les bois de la Lothlorien à l'aube. Fais vite, tu n'as que peu de temps.
Le ciel étoilé commença à s'estomper et l'adolescente n'eut pas le temps de lui demande plus de précisions que déjà les ténèbres l'enveloppait et l'emportait loin de la Valië. Puis un paysage se dessina dans le champs de vision de l'adolescente. C'était un ciel étoilé et les cimes d'arbres semblaient vouloir percer la voute céleste. Elle était de retour en Lorien. Parfaitement éveillée, la jeune fille se retourna et secoua Maglor qui dormait à son côté.
— Maglor ! Réveilles-toi !
— Qu'y a-t-il ? demanda-t-il presque aussitôt.
— La Lothlorien va être attaquée à l'aube.
La déclaration d'Elaiano eut l'effet d'une douche froide sur l'elfe qui se redressa aussitôt, tous les sens en alerte.
— Par où ?
— Le Nord et l'Ouest en même temps, répondit-elle en se levant avec l'intention de courir à Caras Galadhon donner l'alerte.
— Comment le sais-tu ?
— Trop compliquer à expliquer, il faut faire vite ! répliqua la jeune fille.
Le fëanorion se contenta de jeter un œil au ciel dont la couleur sombre n'annonçait pas encore l'aube et son visage se ferma.
— Nous n'avons pas plus d'une heure ou deux devant nous. Te rappelles-tu la corne que tu as trouvé au poste d'avant-garde l'autre jour ?
L'adolescente acquiesça. Elle n'avait pas oublié les paroles de l'elfe lorsqu'il lui avait fortement déconseillé de souffler dedans.
— Bien. Vas au poste de garde du Nord-Ouest, fit-il en pointant une direction du doigt, et souffle de toutes tes forces dans la corne. Je me charge de prévenir le Seigneur Celeborn et Dame Galadriel. Puisque tu ne leur a pas reparlé depuis ton retour, il serait presque préférable que ce soit moi qui les mettent au courant.
— Quel est le code d'alarme ? se contenta de demander Elaiano.
Elle n'avait pas réellement envie de faire face à ses parents, encore moins après la bataille à laquelle elle avait participé quelques jours auparavant.
— Deux courts, un long.
La jeune fille ancra cette information dans sa tête et détala dans la direction que lui avait indiqué l'elfe. Elle courut aussi vite qu'elle put dans la forêt, slaloma entre les arbres, sauta par-dessus les souches, et contourna des buissons. Enfin elle aperçut une échelle de corde qui se balançait doucement dans le vent. Sans attendre, elle s'empara des premiers barreaux et gravit les échelons aussi vite que possible. A peine eut-elle prit pieds sur la plateforme que son regard se posa sur la corne. Elle avait été abandonnée sur la seule table du lieu et ressemblait en tout point à celle qu'Elaiano avait vu il y a peu. Mais cette fois-là, l'adolescente ne s'attarda pas à la beauté de l'objet et souffla dedans sans attendre. Le son qui s'en éleva lui fit siffler ses oreilles et l'assourdit un instant, mais l'appel résonna de façon clair et puissant dans tout le bois. Par quatre fois la jeune fille souffla. Deux souffles courts suivit d'un plus long. Elle y mit toute la force qu'elle avait, et alors qu'elle allait porter la corne pour la cinquième fois à ses lèvres, un bruissement tout proche attira son attention. Dans les secondes qui suivirent, une vingtaine de soldats Galadhrims bardés d'armes jaillirent de tous les coins de la plateforme. Leur chef leur fit signe de se détendre lorsqu'il découvrit l'identité de celle qui avait sonné l'alarme.
— Elaiano ? Pourquoi as-tu soufflé dans la corne ?
— Une armée s'approche de la Lothlorien ! Elle attaquera à l'aube par le Nord et l'Ouest.
Le visage d'Haldir se ferma.
— En est-tu certaine ?
— Crois-tu que je n'ai que ça à faire de tous vous rameuter pour vous raconter n'importe quoi ?
L'elfe se crispa légèrement. Il n'avait apparemment pas apprécié le sarcasme de l'adolescente, d'autant plus qu'elle venait de le faire devant ses propres soldats.
— Elfrith et Hendor, allez jeter un œil à la frontière nord. Pennen et Enel, faites de même à l'Ouest. Faites vite. Duilin, part pour Caras Galadhon prévenir le Seigneur Celeborn et Dame Galadriel.
— Ce n'est pas nécessaire, l'interrompit la jeune fille avec empressement avant de se reprendre plus calmement. Maglor est déjà parti le faire.
A nouveau l'elfe se crispa mais il n'en montra presque rien.
— Dans ce cas Duilin assures-toi que nos troupes sont prêtes.
Les cinq Galadhrims se dépêchèrent d'aller effectuer leurs différentes tâches et l'ombre de la forêt les avala presque aussitôt.
— Dès leurs retours, préparez les différentes compagnies au combat et transmettez-moi les positions de l'ennemi.
— Et s'il n'y a pas d'armée, osa l'un des plus jeunes de la troupe.
Haldir jeta un regard en coin à Elaiano qui fit un léger signe de dénégation de la tête.
— Cette éventualité n'est que peu probable.
Puis sans rien ajouter il agrippa le premier barreau de l'échelle et descendit à terre. La jeune fille s'empressa de le suivre et les autres soldats présents les rejoignirent, mais seul un petit nombre d'entre eux n'utilisa l'échelle préférant sauter au sol en se servant des branches basses des arbres. Haldir continua de distribuer des taches et des ordres sans prêter attention à l'adolescente. Celle-ci en profita pour s'éloigner un peu. Elle avait accompli sa propre mission et espérait que le fëanorion reviendrait rapidement. Plusieurs longues minutes s'écoulèrent avant que sa silhouette n'émerge des bois. L'adolescente accouru vers lui.
— Maglor ! As-tu réussi à trouver…
La jeune fille s'interrompit lorsqu'elle aperçut la personne qui suivait l'elfe. Son regard croisa le sien et l'adolescente ne sut que dire ni que faire.
— Père…
Ce fut le seul mot qui franchit la barrière de ses lèvres tant elle était désemparé.
— Elaiano, répondit Celeborn d'une voix posée parfaitement maitrisée.
— Je suis désolée… pour tout.
L'elfe s'avança et posa une main rassurante sur l'épaule de la jeune fille. Puis un sourire éclaira doucement son visage.
— Il n'y a rien à pardonner car il n'y a aucune offense de ta part. Tu es revenue à temps, c'est déjà l'essentiel. Maintenant pardonnes-moi, mais il semblerait qu'une armée soit sur le point de nous attaquer.
Sa main quitta l'épaule de l'adolescente et il se dirigea vers un petit groupe de généraux auquel Maglor s'était ajouté.
— Mère n'est pas venue ? demanda Elaiano après avoir hésité sur le premier mot.
— Elle est toujours là, répondit-il énigmatique avant de se détourner.
Au même instant, la voix de Galadriel s'immisça dans ses pensées.
— Mae tollen na mar Elaiano.
— Je suis désolée de ne pas être revenue vous voir plus tôt.
— Il n'y aucun mal à cela. Nous avions compris qu'il te fallait un peu de temps.
— Merci.
La jeune fille marqua un temps avant de reprendre.
— Comptez-vous nous aider ?
— Autant qu'il m'en sera permis. Le pouvoir de Nenya s'affaiblit, ajouta-t-elle sans donner plus d'explications.
— A ce sujet, vous vous en êtes servie au cours des deux précédents assauts ?
— Je sais pour ton pendentif. Il faudra que tu quittes les combats avant que je n'intervienne.
— Comment saurais-je qu'il est temps pour moi de me replier ?
— Tu le sauras.
L'elfe coupa court à leur conversation et ne laissa pas le temps à la jeune fille de lui demander plus d'explications.
— Tu as dit quelque chose ?
Elaiano tourna la tête et aperçu Maglor qui s'approchait d'elle.
— Je réfléchissais à voix haute, rien de plus.
L'elfe n'insista pas mais l'adolescente vit qu'il savait pertinemment qu'elle lui avait menti.
— Je discutais, finit-elle par lâcher.
— Dame Galadriel t'a contactée ?
— Comment sais-tu qu'elle peut… commença-t-elle avant de s'interrompre en apercevant l'air amusé du fëanorion. Tu savais.
— Depuis longtemps. Sinon les patrouilles de reconnaissances sont de retour. Elles confirment l'approche d'une armée. Haldir se chargera de la troupe sur le front Ouest, et le Seigneur Celeborn de la troupe Nord. Nous nous joindrons à cette dernière si tu acceptes de te battre.
— Donne-moi simplement le temps de trouver des armes et je serais prête.
— Ne te sens pas obligée. Après ce que tu m'as dit hier soir, je comprendrais que tu n'aies pas envie de te battre.
— Ce n'est pas parce que je n'ai pas envie, que je m'enfuirais devant un combat. J'ai auparavant participé à une attaque contre ces bois. Cette fois, je compte bien les défendre.
— Dans ce cas mieux vaut se préparer au plus vite, les combats ne vont pas tarder.
L'elfe fit signe à la jeune fille de le suivre et il la guida dans le camp d'arrière-garde qui avait été monté entre temps autour de l'arbre qui servait d'avant-poste. Rapidement, l'adolescente obtint un arc et un carquois, ainsi que deux dagues effilées. Maglor la força à mettre une sorte de tunique souple dans les tons marrons et verts légèrement rembourrée et renforcée. Il lui fit clairement comprendre qu'elle n'avait pas la stature pour revêtir l'armure en métal bleu et or des autres Galadhrims, et qu'il s'agissait donc de la protection minimale requise pour un combat, surtout de cette envergure. L'adolescente se retint de lui faire remarquer qu'il ne portait pas non plus d'armure et accepta bon gré mal gré de revêtir la tunique. Enfin, ils rejoignirent les troupes déjà postées à la lisière Nord de la forêt. Pendant que des commandants se chargeaient de répartir les soldats en différents groupes, d'autres discutaient stratégie un peu à l'écart.
— Il serait préférable de les laisser pénétrer dans la forêt. Nous aurions l'avantage du terrain et des hauteurs.
— La dernière fois, tous les arbres de la zone ont été abattus ou brûlés. Nous ne pourrons rien faire si les bois entiers partent en fumée.
— Quels autres choix avons-nous ?
— Combattons-les dans la plaine. Faisons avancer les soldats et gardons les archers dans les arbres. Ils ne pourront pas les contrer car ils ne sauront pas précisément d'où viennent les flèches.
— Nous serions à découvert et donc vulnérable. Si nos forces tombent, Caras Galadhon ne tiendra pas. Toutes nos forces sont rassemblées à la frontière.
— Peu importe la stratégie que nous emploierons, le résultat sera le même si nous perdons, fit remarquer Elaiano.
— Là n'est pas la question.
— Je crois que si. Les Orcs le savent tout aussi bien que nous. Ils savent que tous les soldats sont sur le front et que nous n'avons pas assez de défenses à l'arrière pour les contrer s'ils gagnent cette bataille.
— Où veux tu en venir ? demanda Maglor les sourcils froncés.
Il était de loin celui qui connaissait le plus l'adolescente et avait parfaitement compris que cette dernière avait une idée derrière la tête.
— Les Orcs sont dangereux en groupes, mais stupides. S'ils croient leur victoire acquise, ils n'essaieront pas de rester en groupes. Ils chercheront plutôt à poursuivre les derniers survivants et c'est là que nous pouvons les piéger.
Tous se mirent à méditer sur les paroles de la jeune fille qui reprit.
— Laissons une partie de l'armée à découvert. Avec un peu de chance, ils croiront qu'il s'agit de l'entièreté de nos troupes et ne feront pas attention. Il suffira de les attirer dans la forêt et ainsi les prendre en tenaille.
— Du bluff…
— C'est risqué mais c'est la meilleure solution pour limiter le nombre de morts, appuya l'adolescente.
— Si cette stratégie fonctionne, la victoire peut nous être acquise rapidement et nous pourrions aller apporter notre soutien aux forces situées à l'Ouest. Mais si elle échoue…
— Elle n'échouera pas. Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre, répliqua Celeborn. Effectuez les préparatifs nécessaires et informez vos compagnies de notre stratégie.
Tous les commandants acquiescèrent et partirent effectuer les tâches qui leurs avaient été confiées. Pendant ce temps, Elaiano et Maglor rejoignirent un groupe d'archers qui garnissaient leurs carquois de flèches et vérifiaient l'état de leurs armes.
— Nous nous installerons dans les arbres pour le début de la bataille. Dès que nos troupes se replieront, nous laisseront les Orcs pénétrer dans la forêt, puis nous sauterons et les prendrons à revers, expliqua le fëanorion au petit groupe. U-dano i faelas a hyn an uben tanatha le faelas.
Puis il jeta un regard entendu aux soldats avant de s'agripper à une branche basse d'un arbre et de se hisser en hauteur. Les archers s'installèrent à leur tour dans le feuillage des premiers arbres de la forêt et tous se mirent à scruter la plaine devant eux. Elaiano rejoignit Maglor et s'installa sur la même branche que lui en prenant garde à ne pas baisser les yeux vers le sol. Elle n'était déjà pas très à l'aise en hauteur, alors regarder vers le bas se devait d'être évité. Assise sur la branche, l'adolescente jeta un œil à la lande. Celle-ci lui rappelait bien trop celle de son rêve, et même si l'angle de vu et les circonstances n'avaient rien à voir, un léger frisson lui parcourait tout de même le dos comme pour lui rappeler que Faegmôr serait sûrement présent.
L'attente ne fut pas si longue car le ciel commençait tout juste à pâlir lorsque le nuage de poussière visible à l'horizon se précisa. Des centaines et des centaines d'Orcs avançaient en rangs serrés. Leurs armes étaient pareilles à celles que l'adolescente avait vu précédemment. Il s'agissait principalement de longs morceaux de métal de plusieurs centimètres de large, et au tranchant suffisamment aiguisé pour couper un membre sans difficulté. Les nuages dans le ciel continuaient de s'amonceler et bientôt le bleu cessa d'exister pour laisser place à un mélange de gris et de noir annonciateurs de pluie. Un vent froid venu du Nord souffla et fit trembler les branches des arbres. Cramponnée au tronc, Elaiano expira longuement pour calmer les battements effrénés de son cœur.
— Tout ira bien ne t'inquiètes pas, murmura Maglor pour la rassurer. Je serais là si tu as besoin d'aide.
— Merci.
La jeune fille adressa un petit sourire à l'elfe comme pour lui signifier qu'elle allait bien. Ce dernier fit alors passer son arc dans sa main gauche et lui prit la main. L'adolescente serra les doigts si fort que ses jointures blanchirent, mais ce contact parvint tout de même à l'apaiser.
— Il y a quelque chose que tu dois savoir, reprit-elle. Je devrais quitter le champ de bataille à un moment.
— Quand ?
— Je ne sais pas encore, mais je voulais que tu le saches.
— Fais-moi signe à ce moment, je resterai avec toi.
— D'accord.
Ils reportèrent leur attention sur l'armée qui avait fini de s'approcher. Les Orcs formaient à présent une immense ligne qui semblait barrer l'horizon. C'était une marée de métal et de bannières déchirées portant la marque de Sauron, un immense œil rouge sur un tissu noir. Le vent cessa de souffler et un silence glacial tomba sur la plaine. L'énorme armée d'Orcs faisait face à un bataillon d'elfes qui se tenait à découvert, à l'orée de la forêt. Si les elfes étaient nombreux, ils paraissaient bien frêles en comparaison à la démonstration de force qui se dévoilait à eux. Malgré elle, la jeune fille se mit à fouiller du regard les rangs ennemis craignant d'apercevoir une silhouette bien trop familière.
— Crois-tu qu'il sera présent ?
— Sûrement, se contenta de répondre le fëanorion.
— A la fois j'ai envie de le combattre pour lui faire payer, mais en même temps j'ai peur de me trouver face à lui. Je ne veux pas qu'il me manipule à nouveau. Je ne veux pas t'oublier.
— Quoi qu'il arrive je serai là pour toi et pour te protéger, tu te souviens ? Je te l'ai promis.
— Même si par la faute de Faegmôr je te hais et veuilles te tuer ?
— Même. Et si possible, j'éviterai que ça n'arrive à nouveau. D'ailleurs, j'ignorais que tu étais fine stratège.
— Je ne le suis pas. J'ai juste pensé que ce serait une bonne idée pour éviter que trop de personnes perdent la vie.
— Je comprends, mais tu m'as impressionné tout à l'heure lorsque tu as proposé ce plan.
— J'espère ne pas avoir à le faire trop souvent.
— Gagnons ce combat et nous en reparlerons après veux tu ?
— Ce serait déjà un bon début.
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Petit point d'elfique : "Mae tollen na mar Elaiano" veut dire "Bienvenue à la maison Elaiano" (ça sonne beaucoup mieux en anglais). Et "U-dano i faelas a hyn an uben tanatha le faelas" veut dire "Ne montrez aucune pitié car ils n'en auront aucune". Pour l'anecdote, c'est à quelques mots prêt ce que dit Aragorn aux elfes dans Les Deux Tours (le film) juste avant la bataille de Fort-le-cor. "A Eruchîn, ú-dano i faelas a hyn an uben tanatha le faelas" est la phrase originelle. J'ai donc simplement retiré les deux premiers mots qui signifiaient "Oh Enfants d'Eru" (Eru Ilúvatar le créateur de l'univers pour les perdus).
Voilà, j'espère que ce chapitre vous aura plu et que vous n'avez pas l'habitude de vous préparer comme ça pour chaque rentrée. Quoique ce serait marrant de voir arriver des personnes en tenues de bataille au lycée.
Enfin bref... je vous donne rendez-vous samedi prochain pour le chapitre suivant. A plus !
