Bonjour !

J'espère que vous allez bien ! Personnellement ça va pas trop mal même si je suis un peu fatiguée.

Sinon aujourd'hui ça va être, comme teasé dans le chapitre précédent... une bataille. Ça faisait longtemps alors j'espère qu'un peu d'action réveillera ceux et celles qui en avaient ras-le-bol de l'eau de rose.

Sur ce, bonne lecture !

0o0o0o0

Le troisième assaut —

0o0o0o0

Ce fut un cor d'Orc qui déclencha les hostilités. Tous les Orcs se mirent donc à courir en direction du petit attroupement d'elfes visibles à la lisière de la forêt. Ceux-ci modifièrent leurs positions afin de placer des boucliers entre eux et leurs opposants, puis des lances furent glissées entre chaque boucliers formant une haie d'épines meurtrières. A tâtons Elaiano chercha la main de Maglor et la serra de toutes ses forces. Le contact la rassura un peu et pendant un instant le temps paru se suspendre, mais beaucoup trop vite l'elfe retira ses doigts et prit une flèche dans son carquois. Tous les Galadhrims postés sur les arbres alentours firent de même et la jeune fille s'empressa de les imiter. Elle vérifia l'état de l'empennage avant de l'encocher avec fébrilité. Puis elle ferma les yeux un instant et soupira longuement pour calmer sa respiration trop saccadée pour lui permettre de viser correctement. Une main rassurante se posa sur son épaule et l'adolescente s'aperçu que Maglor la regardait.

— Tout ira bien.

Puis il effleura distraitement l'empennage de sa flèche.

Tangado a chadad !

L'ordre se répercuta d'arbres en arbres complètement couvert par le tumulte de la course des Orcs. Elaiano coinça la flèche entre ses doigts et tira la corde jusqu'à la ramener jusqu'à sa joue.

Dartho !

La jeune fille leva la pointe de la flèche vers le ciel prête à laisser partir son trait.

— Un peu plus haut, lui souffla Maglor à côté d'elle.

L'adolescente eut tout juste le temps de corriger l'angle avant d'entendre le dernier ordre.

Hado i philinn !

Dans un souffle, Elaiano laissa la corde lui filer entre les doigts et la flèche parti. Une vague de traits meurtriers émergea de la forêt et s'éleva haut dans les airs. Un léger vent venu de Sud porta les flèches bien plus loin qu'elles n'auraient originellement pu, puis lentement elles amorcèrent leur descente fatale sur les rangs Orcs. Lorsqu'elles s'abattirent, des centaines d'Orcs tombèrent morts ou blessés et rares furent celles qui se perdirent. Mais loin de montrer de la compassion pour leurs congénères, les Orcs continuèrent de courir vers la petite troupe de Galadhrims debout à l'entrée des bois. Sans attendre la jeune fille encocha sa flèche suivante et une deuxième volée partie, tout aussi meurtrière. Une dernière s'envola et s'abattit juste au moment où les deux armées se percutèrent dans un grand fracas de métal et de cris de douleur.

Perchée sur sa branche Elaiano continuait de viser les Orcs qui arrivaient en renforts préférant viser l'arrière-garde que ceux déjà au corps à corps. Elle avait bien trop peur de rater sa flèche et d'abattre un Galadhrim à la place. La plupart des archers avaient apparemment optés pour la même technique, sauf les plus habiles qui n'hésitaient pas à tirer entre les combattants dès lors qu'ils apercevaient une opportunité. Mais les Orcs continuaient d'affluer, bien trop nombreux, et leur nombre semblait intarissable. L'adolescente jeta un regard à son carquois déjà presque vide. S'ils continuaient à ce rythme, elle devrait aller en chercher un autre à l'arrière sous peu. Avec appréhension, elle encocha une nouvelle flèche et s'apprêta à la décocher lorsqu'elle le vit. Faegmôr était venu et se battait dans la mêlée avec férocité. Le visage à découvert, il massacrait un par un chaque elfe qui passait à portée de son arme et personne ne parvenait à lui tenir tête. Lentement mais sûrement il progressait vers la forêt. Une colère sourde naquit dans les entrailles de la jeune fille et noya en un instant toutes ses peurs. Sans réfléchir, ni penser aux conséquences de son acte sur le plan initialement prévu, elle posa son arc et son carquois, puis sauta à terre. Sous le choc son genou gauche, encore sensible après la dernière bataille à laquelle elle avait participé, l'élança et la fit grimacer de douleur. Mais l'adolescente chassa rapidement cette sensation de son esprit et fonça tête baissée dans la bataille sans prêter attention aux cris de Maglor.

Tout en courant Elaiano dégaina ses dagues, et planta l'une d'elle dans le dos du premier Orc qui passa à sa portée. Puis d'un rapide revers, elle en égorgea en autre qui avait tenté de la prendre par derrière. D'un geste souple, elle se jeta à terre et roula pour éviter une épée, puis tourbillonna et frappa coup sur coup deux autres Orcs qui menaçaient des Galadhrims. Sans échanger un seul mot, ils se mirent instinctivement dos à dos et firent un massacre dans les rangs ennemis. Enfin, l'adolescente aperçu Faegmôr non loin son épée rouge de sang en travers du corps d'un soldat. De la fureur envahit ma jeune fille qui se précipita vers lui. Plusieurs Orcs tentèrent de la tuer sur le chemin mais elle ne leur laissa pas le temps de faire leur office. L'un mourut égorgé avant d'avoir pu esquisser le moindre geste, tandis que l'autre pu égratigner une fois l'adolescente avant de succomber à son tour. Mais cette dernière compris trop tard qu'elle s'était aventurée trop loin et qu'elle s'était laissée encerclée par ses ennemis. Cinq lui sautèrent dessus et elle fut aussitôt submergée. Ses doubles dagues n'étaient plus suffisantes pour bloquer tous les coups et dès qu'elle abattait un Orc, un autre prenait sa place. Ses coups commencèrent alors à faiblir et ses esquives perdirent de leur souplesse. Elle ne s'était jamais battue avec autant d'ardeur ni d'adresse, mais malgré tout la fatigue commençait à se faire sentir, et ses éraflures se faisaient plus nombreuses et plus profondes.

Soudain, un coup venu de nulle part la désarma et les deux dagues tombèrent au sol. Dans un geste désespéré pour se protéger, la jeune fille croisa ses bras devant son visage et aussitôt son pendentif se déclencha. Tous les Orcs se trouvant dans les environs valsèrent et s'effondrèrent autour de l'adolescente morts, ou gravement brûlés par la lumière vive qui s'était dégagé du collier de cette dernière. Il y eu un instant de flottement au cours duquel tous les Orcs regardèrent sans comprendre le grand cercle vide qui s'était soudainement créé autour de l'elfe. Puis ils se jetèrent sur elle avec l'intention de la tuer, mais une voix froide claqua :

— Non ! Occupez-vous de prendre la forêt ! Je me charge d'elle.

Presque à regret, les Orcs s'écartèrent et reprirent les combats pour laisser place à Faegmôr. Elaiano se releva et lui fit face, le foudroyant du regard.

— Le sceau aurait-il été rompu ? se moqua-t-il.

Malgré la haine qui lui tordait les entrailles, l'adolescente ne mordit pas à l'hameçon. Maglor lui avait clairement fait comprendre que si le Maia ignorait qu'elle avait récupéré ses souvenirs, ils pourraient peut-être avoir une longueur d'avance.

— Il n'est pas nécessaire que je me rappelle mon passé pour savoir à qui je peux faire confiance, répliqua-t-elle vertement.

— Même pour le fëanorion ? demanda-t-il sans se départir de son air goguenard.

— Plus qu'à toi en tout cas, cracha-t-elle tout en faisant un pas vers ses dagues qu'elle venait de repérer à quelques mètres de là.

L'une était fichée dans le sol et l'autre à peine visible sous le corps d'un Orc. Il lui serait très difficile de les récupérer sans baisser sa garde, comprit-elle. Mais elle n'avait pas le choix car sans ses dagues, elle était désarmée.

— Je ne ferais pas ça si j'étais toi, ajouta le Maia d'un ton ennuyé.

L'adolescente se figea. De toute évidence il avait remarqué son geste et avait parfaitement compris ce qu'elle comptait faire. Du regard elle chercha une autre solution et ses yeux se posèrent sur une épée Galadhrims à moins d'un mètre devant elle. La jeune fille savait pertinemment qu'elle n'était pas très douée avec cette arme, mais cela lui permettrait au moins de se défendre le temps qu'elle récupère ses dagues. De l'autre côté du cercle, Faegmôr semblait avoir complètement cessé de faire attention à la jeune fille, et effectuait plutôt des moulinets du poignet pour chasser le sang qui constellaient sa lame. Tout en faisant un pas vers l'épée, l'adolescente le jaugea du regard. Elle s'était entrainée à plusieurs reprises contre lui mais tout ce qu'elle savait sur lui était qu'il maitrisait parfaitement son arme. Elaiano dû alors se rendre à l'évidence qu'elle ne savait pas du tout de quoi il était vraiment capable, et de l'appréhension naquit au creux de son ventre surpassant la haine qu'elle éprouvait pour celui qui l'avait manipulée. Elle baissa une seconde les yeux vers le sol pour attraper l'épée qui gisait sur le sol lorsqu'elle pressentit un danger. Ses doigts se refermèrent sur la poignée de l'arme et d'un geste elle se retourna et para in-extremis le coup que venait de lui porter le Maia. Son bras trembla sous l'impact et ses pieds mal campés dans le sol la firent glisser en arrière de quelques centimètres laissant deux longues traces dans la boue. Le visage du Maia apparu juste derrière la longue épée qu'il utilisait, un sourire froid sur le visage.

— Tu n'as toujours pas compris ? Tu es plus idiote que je le pensais, ajouta-t-il avant de donner un grand coup de pied dans le ventre de l'adolescente, lui coupant le souffle.

Elaiano lui jeta un regard noir et essaya de calmer sa respiration.

— Tu croyais vraiment que je n'étais pas attentif ? J'épiais chacun de tes mouvements, et tu as stupidement détourné le regard. Je croyais pourtant t'avoir dit qu'il s'agissait de la première règle en combat. Ne jamais quitter son adversaire des yeux. Tu es vraiment plus faible que je ne le croyais.

Il s'interrompit lorsqu'il vit l'adolescente se mettre en garde, les plissés par la concentration.

— Tu penses vraiment avoir la moindre chance face à moi ?

La jeune fille ne prit même pas le temps de répondre et se jeta sur son adversaire, lame au clair. Ils échangèrent quelques coups avant que le Maia ne projette l'elfe sur le sol à l'aide d'un coup de pommeau entre les côtes bien placé. L'adolescente mordit la poussière et le sang envahit sa bouche. Elle se releva et reparti à l'attaque, mais il ne fallut que quelques secondes avant qu'un autre coup, à la mâchoire cette fois, ne vienne la cueillir et la faire valser. Loin de se laisser faire, la jeune fille se releva à nouveau les yeux emplis de rage, et se jeta une fois de plus sur son assaillant. La lutte fut plus violente et elle manqua à plusieurs reprises de toucher son adversaire, mais celui-ci avait toujours une longueur d'avance et parait chacune de ses attaques avec une facilité déconcertante. Tout en tombant pour la énième fois, Elaiano comprit que Faegmôr ne faisait que jouer avec elle. S'il avait voulu la tuer, il aurait pu le faire. Il ne faisait que s'amuser avec. Cela l'enragea encore plus et elle se releva encore une fois et reparti à l'assaut, encore et encore. Le Maia ne se servit pas une seule fois de son épée mis à part pour parer ou la cogner du plat de la lame. Il se contentait d'esquiver ses attaques de plus en plus ridicules tant elle avait cessé de penser. Et plus elle essayait de le frapper, plus la jeune fille désespérait et cessait de réfléchir. Elle ne se contentait à présent que de foncer sur son adversaire en criant avant d'aller mordre à nouveau la poussière.

Au cours de l'une de ses charges, son genou, qui ne cessait de protester depuis le début de la bataille, l'abandonna et elle s'effondra sur le sol incapable de se remettre debout. L'air dédaigneux, le Maia écrasa calmement les doigts de la jeune fille jusqu'à ce qu'elle lâche son arme puis il la jeta au loin. Puis il rengaina son épée et s'accroupit devant l'adolescente qui tenta de le frapper, mais d'un mouvement qui trahissait l'habitude, il lui bloqua le poing et lui tordit violemment le bras pour lui ôter l'envie de se débattre. Puis de sa main libre, il prit le visage de la jeune fille et la força à le regarder. Bien qu'exténuée et démoralisée par ce qu'il venait de se passer, Elaiano le foudroya du regard.

— Tu n'abandonnes donc jamais ?

L'adolescente ne chercha même pas à lui répondre. Il connaissait aussi bien la réponse qu'il était conscient de l'impact moral que ce combat avait eu sur elle. Non cela n'avait même pas été un combat, s'il était venu c'était uniquement pour la pousser à faire quelque d'irréfléchi et de quitter le refuge que formait le couvert des arbres. Il voulait simplement arriver suffisamment près d'elle pour reprendre l'emprise qu'il avait perdu sur elle. En comprenant qu'elle était tombée dans son piège, elle se débattit de toutes ses forces mais le Maia avait prévu le coup, et la bloqua.

— Il t'en a fallu du temps pour comprendre. Malheureusement, c'est un peu tard. Je t'avais pourtant dit que tes émotions te mèneraient à ta perte. Mais ce ne sera bientôt plus un problème car je vais faire ce que j'aurais dû mettre en place dès le début. Un pantin sans conscience ni souvenirs.

Il éclata d'un rire froid qui fit trembler la jeune fille. Elle essaya à nouveau de se dégager mais Faegmôr ne lâcha pas prise. Des larmes de colère montèrent aux yeux de la jeune fille et elle essaya de Voyager. Sans succès. Elle réessaya mais n'y parvint pas non plus. Le sourire du Maia s'agrandit encore plus.

— Tu ne pourras pas Voyager tant que je m'y opposerais.

— Comment ?

Son interlocuteur marqua un temps avant de se décider à répondre du ton qu'il employait toujours lorsque quelque chose était évident et avait échappé à l'attention de l'adolescente. Elle l'avait déjà entendu plusieurs fois s'exprimer de cette façon, et de manière générale, cela signifiait un certain agacement.

— Tu n'es pas la seule à posséder l'un des Cinq, l'aurais-tu oublié ? Comme tu es incapable de contrôler le tien, il me suffit de garder le contact pour t'empêcher de fuir.

— Tu es un monstre, cracha-t-elle de toute la haine dont elle était capable.

— Non, simplement plus futé que toi et avec de plus grandes ambitions. Mais je doute que tu comprennes, tu ne rêves ni de grandeur ni de puissance, s'en est pathétique.

La jeune fille se mordit les lèvres jusqu'au sang pour retenir ses larmes. Elle n'allait pas offrir au Maia le plaisir de la voir pleurer. Et même si ce dernier révélait enfin sa véritable nature, Elaiano ne voyait aucune porte de sortie. La bataille faisait toujours rage autour d'eux et personne ne semblait prêter attention aux deux personnes assises par terre au centre d'un cercle où nul ne combattait. Ce fut à cet instant que le collier de l'elfe chauffa légèrement. Aussitôt, elle comprit qu'il s'agissait du fameux signal dont lui avait parlé Galadriel peu avant le combat. Il lui fallait quitter la bataille au plus vite. Pourtant Faegmôr ne lâchait pas prise et jubilait même devant la terreur et la panique de l'adolescente. Il en profitait tellement qu'il prenait plaisir à faire durer l'instant, juste pour sentir la peur de la jeune fille s'accroitre au fur et à mesure qu'elle comprenait qu'elle était perdue.

Celle-ci essaya encore une fois de se dégager et faillit y parvenir mais le Maia la bloqua à nouveau d'une clé de bras. A genoux, le bras gauche tordu dans son dos et Nínim accroupit derrière elle, l'adolescente tenta de se servir de son bras libre pour se dégager mais son agresseur tira plus fort sur son bras et Elaiano se pencha en avant en criant de douleur. Elle essaya alors de changer ses appuis et sentit indistinctement quelque chose de froid appuyer contre sa jambe droite. Dans un geste apparent pour garder appuis, elle posa sa main libre sur le sol et tâtonna jusqu'à sentir sous ses doigts une lame courte et effilée. Il s'agissait de la dague qui s'était plantée dans le sol. Ce simple contact lui redonna confiance. Elle avait une échappatoire mais elle devait faire vite.

Elle s'empara du pommeau, arracha l'arme de terre et donna un coup à l'aveuglette derrière elle. Elaiano sentit immédiatement qu'elle avait touché sa cible lorsque Faegmôr poussa un grognement de douleur et que sa prise s'affaiblit. Sautant sur l'occasion, l'elfe se débattit et parvint à se libérer. Sans regarder derrière elle, elle couru jusqu'au cadavre de l'Orc sous laquelle était coincée sa deuxième dague, s'en empara, et fit volte-face juste à temps pour parer un coup du Maia qui aurait pu lui être fatale. Aussi souplement que lui permettait son genou fragile, la jeune fille fit glisser la lame de son adversaire le long d'une de ses dagues et frappa deux fois avec l'autre la cuisse de son adversaire. Puis d'un bond en arrière, elle se dégagea et remit une distance respectable entre eux. Tout en observant son adversaire, elle remercia en pensée Glorfindel car c'était lui qui lui avait appris cette parade lorsqu'elle était encore à Fondcombe. Si cette méthode n'était initialement applicable que lorsque l'on utilisait une épée, la jeune fille avait rapidement compris que deux dagues étaient plus pratique à manipuler et le risque de contre-parade moins grand.

S'arrachant à ses pensées qui auraient tôt fait de la déconcentrer, l'adolescente se remit en garde et se concentra pour garder l'esprit froid. Si elle cessait de réfléchir, s'en serait fini et le Maia ne commettrait pas deux fois l'erreur de jouer avec elle. Elle ne devait pas faire d'erreur et ne manquer aucun détail. Il lui faudrait anticiper les actions de son adversaire. Chose difficile car l'elfe avait toujours trouvé le Maia imprévisible, et maintenant, même s'il ne portait pas son habituelle cape et s'était contenté d'une tenue de cuir souple rembourrée de plaques métalliques incurvées, elle ne l'avait jamais trouvé aussi dangereux. Ce fut avec une appréhension grandissante qu'elle engagea à nouveau le combat, cette fois à armes égales.

Ce fut Faegmôr qui attaqua en premier cette fois. Il franchit en quelques enjambées la distance qui le séparait de la jeune fille et frappa de toutes ses forces d'un coup horizontal puissant. L'adolescente eut tout juste le temps de plonger au sol pour éviter de se faire couper en deux par le coup. Puis d'une poussée sur ses jambes, elle se releva et fit volte-face. Ses dagues heurtèrent violemment l'épée de son adversaire et ses bras tremblèrent si forts qu'elle cru lâcher ses armes. Elle essaya de repousser son opposant par la force mais elle ne comprit que trop tard qu'elle n'aurait, d'un pas la puissance, et de deux, elle était plus petite que le Maia et se trouvait donc en position d'infériorité. Concentrée sur sa parade, elle se retrouva coincée sous Nínim qui exerçait une pression infernale sur ses bras et la faisait lentement plier. La jeune fille tenta désespérément de se soustraire à Faegmôr mais peine perdue. L'adolescente croisa donc ses dagues pour avoir plus d'appuis et résista de son mieux. Elle mit toutes ses forces dans ses bras pour empêcher l'épée de descendre plus bas vers elle, et planta son regard dans celui du Maia d'Irmo, le Vala des songes.

Une lueur sombre et cruelle brillait dans ses yeux. Mais Elaiano y vit aussi de la confiance. Il savait qu'il allait gagner. La jeune fille ne pouvait plus lui échapper et personne ne pourrait la secourir. Il lui en voulait de l'avoir frappé et blessé. Tout ce qu'il voulait à présent était sa mort. L'elfe l'avait déjà beaucoup trop contré et son dernier geste l'avait mit hors de lui. Elle l'avait blessé dans sa fierté et avait failli lui échapper encore une fois. Il pensait que l'avoir sous sa coupe lui suffirait mais à présent il voulait plus. Il ne supportait plus son air innocent, et son regard déterminé. Il n'en pouvait plus de la voir lui filer entre les doigts même lorsqu'il pensait avoir gagné. Il voulait la voir mourir, et pouvoir prendre son pendentif sur son corps encore chaud avant de jeter son corps aux Wargs. Mais il voulait d'abord qu'elle souffre et dépérisse lentement consumée par son propre esprit et ses blessures. Il souhaitait la voir plier, l'assouvir, se repaitre de sa douleur, et l'entendre le supplier de mettre un terme à ses souffrances et de l'achever. Le jeu était terminé, à présent, il allait l'éliminer.

Son sourire s'agrandit encore plus lorsqu'il vit dans le regard de l'adolescente qu'elle avait compris qu'elle ne luttait plus pour sa liberté, mais pour sa vie. Sans pitié, il lui jeta un sourire goguenard et accentua encore la pression sur les dagues de la jeune fille. Celle-ci plia, tomba en arrière, mais ne baissa pas sa garde pour autant. Elle continuait à se battre malgré tout. Même si elle n'avait plus aucune chance. Même si tout allait se finir, ici et maintenant sous un ciel d'orage sur le point d'éclater. Le même ciel que celui du jour où elle avait échappé à son contrôle. Il ne laisserait pas l'histoire se répéter. Il modifia imperceptiblement l'angle de son épée pour pouvoir la blesser suffisamment pour qu'elle perde conscience, mais pas assez pour qu'elle meurt.

Quant à Elaiano, elle sentait peu à peu ses forces lui échapper. Ses bras commençaient à faiblir et tremblaient de plus en plus fort. Bientôt elle n'aurait d'autre choix que de baisser les bras. Ses muscles se tétanisaient sous l'effort et des crampes commençaient à se faire sentir. Comme pour la mettre en garde, son collier chauffa à nouveau. Elle devait absolument quitter le champs de bataille et ne l'avait pas fait lorsqu'elle s'était libérée. Maudissant sa propre bêtise, l'adolescente tenta à nouveau de se soustraire à la pression du Maia mais celui-ci ne la laissa pas faire. Sentant ses forces l'abandonner, elle ferma les yeux un instant puis d'un seul coup, écarta les bras et laissa filer la lame vers sa poitrine. Tout était fini, elle le savait. Elle ne mourrait pas maintenant mais uniquement lorsque Faegmôr en aurait décidé. Il la torturerait jusqu'à ce qu'elle le supplie de tout faire cesser, et à ce moment il s'arrangerait que Maglor la voit, avant de l'achever. La lame descendait toujours, comme au ralenti, comme si le temps s'était arrêté. Une larme coula sur la joue de l'adolescente et alors que sa vie défilait devant ses yeux, elle eut une ultime pensée pour le fëanorion.

— Je suis désolée.

Puis elle ferma les yeux pour ne pas voir le sourire cruel et triomphant de Faegmôr et attendit le coup.


0o0o0o0


Petit point d'elfique : en Sindarin, "Tangado a chadad" veut dire "Parez à tirer", "Dartho" veut dire "Prêt", et "hado i philinn" veut dire littéralement "lâcher les flèches.

Sinon ne m'en voulez pas trop pour cette fin de chapitre je n'étais pas censée couper là initialement. Comment ça vous ne me croyez pas ? Je n'avais pas prévu d'être sadique à la base... je le jure... sur... la tête de Faegmôr !

Bon sinon j'espère que ce chapitre vous aura plu. Personnellement j'aurais bien galéré à l'écrire car je trouve difficile d'écrire des scènes de batailles.

Sur ce je vous dis normalement à la semaine prochaine ! Sachez que j'ai perdu l'avance que j'avais, que je n'ai plus de chapitres en avance, et que j'ai une semaine d'enfer qui s'annonce avec une tonne d'évaluations. Donc je ne vous promet pas de réussir à finir le chapitre suivant, mais bon. Alors à la prochaine fois !