Et voici la suite que vous attendiez...
Bonne lecture !
En arrivant dans le bureau d'Albus, Severus se rembrunit. Il devinait que la conversation risquait d'être particulièrement déplaisante. Le vieux sorcier le dévisagea avec soin, comme s'il essayait de deviner ce qu'il avait à dire.
- Severus ? Des nouvelles de notre jeune amie ?
Au lieu de répondre à la question, le maître de potions décida de diriger la conversation à sa propre convenance.
- Vous êtes au courant du contrat de mariage que Lucius a conclu illégalement avec Greengrass depuis Azkaban ?
Destabilisé, Albus hocha prudemment la tête.
- Il semblerait que Lily ait été kidnappée pour servir de monnaie d'échange afin d'obliger ces deux jeunes gens à s'unir malgré leur refus.
- Mais… Au nom du Ciel pourquoi ?
- Narcissa pense que l'une des conditions du mariage est l'évasion de Lucius.
Dumbledore croisa les mains sur son bureau et fixa son professeur de son regard bleu perçant, attendant la suite.
Severus soupira, et poursuivit.
- Vous savez que Lucius a des… connaissances étendues en magie noire. Il y a un léger détail que vous ignorez au sujet de Lily.
Le vieux sorcier se redressa, intrigué. Severus afficha un sourire carnassier, malgré les circonstances. Voir le grand Dumbledore aussi perdu était assurément un spectacle dont il se délecterait longtemps. Si la vie de Lily n'avait pas été en jeu, il aurait probablement fait durer le suspens un peu plus longtemps, juste pour laisser à l'imagination du vieux fou le temps de croire tout et n'importe quoi…
- La prophétie qui parlait de Harry Potter. Elle a eu une suite. C'est ce qui a poussé les Potter a cacher leur second enfant.
- Une suite malheureusement perdue. James ne l'a jamais révélée à personne hormis son épouse…
- Une suite qui faisait de leur fille un possible réceptacle de l'âme de Voldemort. Si elle était pourchassée c'était pour cette raison, faire revenir à la vie le Seigneur des Ténèbres.
Albus se décomposa, visiblement choqué. Il affichait son âge, cette fois, et semblait bien loin du sorcier surpuissant qu'il avait toujours été.
- Comment…
Severus reprit, d'un ton morne, sans répondre à la curiosité du vieil homme.
- Lucius est celui qui peut accomplir le rituel. Il reste le seul Mangemort encore vivant et fidèle à être assez puissant pour le faire. Si l'union de Drago et d'Astoria a lieu, ils ne libéreront pas Lily. Elle sera… tuée.
- Merlin…
Severus soupira puis quitta le bureau de Dumbledore d'un pas rapide sans attendre les questions que le Directeur pourrait avoir. Il avait laissé le sorcier en pleine réflexion, abasourdi de l'ampleur de ce qu'il avait manqué. Il espérait que Dumbledore pourrait aider en cas de besoin, même s'il doutait fortement de son utilité. Le maître des potions avait perdu tout respect pour le vieil homme. Il ne pouvait plus le vénérer comme il le faisait avant, pas après que ce fichu vieillard ait voulu sacrifier le jeune Potter. Pas après tous les mystères qu'il avait gardé et qui auraient pu causer des ravages s'il n'avait pas eu une chance insolente. Pas après l'avoir envoyé encore et encore risquer sa vie pour quelques informations, et se rendre compte qu'il avait prévu sa mort dès le début.
Sans Harry, Severus serait mort, comme le prévoyait Albus. Il serait mort comme un traître, comme un Mangemort. Le vieux fou avait caché soigneusement son rôle d'espion à tous et Severus était persuadé que Dumbledore n'aurait pas pris la peine de s'occuper de sa réputation après son décès.
Blaise entra dans la salle commune des Serpentard, et regarda autour de lui, cherchant sa cible. Pansy était occupée à lire un magazine, visiblement indifférente à ce qui l'entourait, un léger rictus satisfait sur les lèvres.
Le jeune homme s'obligea à prendre un air agacé, comme s'il avait été chargé d'une mission déplaisante, et il se posta devant elle.
- Parkinson ?
Elle leva un sourcil et le dévisagea d'un air méprisant. Impassible, Blaise transmit son "message" d'un ton neutre.
- Rogue veut te voir dans son bureau d'ici dix minutes. Vu son humeur tu ne devrais pas le faire attendre.
La jeune fille sembla déstabilisée un instant, puis se reprit rapidement et se redressa.
- Pourquoi ?
Blaise haussa les épaules, indifférent.
- Il ne me l'a pas dit, et je n'allais certainement pas lui poser la question. Je tiens à la vie.
Pansy le dévisagea un long moment avant de soupirer et d'agiter la main d'un air agacé.
- J'irais. Tu peux me laisser maintenant.
Sans se vexer du comportement détestable de la jeune fille, Blaise quitta la pièce avec un rictus satisfait. Il lui restait à prévenir son professeur et espérer qu'ils retrouveraient rapidement Lily.
Le jeune métisse pensa qu'il devrait également empêcher Drago de croiser Pansy dans un futur proche, sans quoi ce dernier se ferait un plaisir de lui faire comprendre qu'elle n'aurait jamais dû s'approcher de sa "Miss Moldue" adorée, comme il continuait de l'appeler…
Hermione revint dans les appartements de Severus Rogue en même temps que ce dernier. Avec un grognement agacé, le professeur lui fit signe d'entrer et ferma la porte derrière eux.
Hermione reprit son souffle, avant de raconter ce qu'ils avaient découvert.
- Un petit de première année a vu Lily. Elle a visiblement été conduite en direction de la forêt interdite par Pansy Parkinson.
Drago poussa un rugissement de rage, interrompant le récit d'Hermione, et se leva brusquement, décidé à trouver la brune. Severus l'arrêta d'une poigne de fer, et lui ordonna sèchement de se calmer. Un peu troublée par la réaction du blond, Hermione hésita un bref instant avant de continuer.
- Blaise est parti lui dire que vous l'attendez dans votre bureau. Il était persuadé que vous seriez plus efficace pour la faire parler que nous.
Severus eut un sourire froid et hocha la tête.
- Très bonne initiative.
D'un geste de baguette, il ouvrit la porte menant à son bureau, pour entendre frapper quand Pansy Parkinson se montrerait enfin.
Harry se dirigea vers les cachots avec son parrain sous forme canine. Voyant que Ron s'immobilisait, il se retourna, surpris.
- Tu ne viens pas ?
Ron rougit légèrement et haussa les épaules.
- Je ne pense pas que c'est ma place. Enfin… Je serais… dans ma chambre si tu as besoin de moi. Si j'apprends quelque chose…
Harry eut un sourire triste et hocha la tête avant de remercier Ron.
Suivant le grand chien noir, il se rendit dans les quartiers de Severus, frappant légèrement avant d'entrer. Il fixa l'homme qu'il avait détesté puis appris à respecter d'un air défait.
- Elle était dans la forêt, ils ont utilisé un portoloin.
Severus hocha la tête.
- Miss Granger a découvert que c'est Pansy Parkinson qui l'a conduite hors de Poudlard.
Harry laissa échapper un cri de rage et s'apprêta à quitter la pièce. Cette fois, ce fut Sirius - redevenu humain - qui le stoppa, tandis que Severus marmonnait au sujet d'idiots irréfléchis qui agissent avant de penser.
Astoria se précipita sur Harry et il la serra dans ses bras, trouvant visiblement du réconfort dans l'étreinte.
Lily s'ennuyait ferme. Elle était installée dans la salle commune des préfets, seule pour une fois. Harry devait être en train de voler ou de roucouler avec Astoria. Hermione et Blaise avaient eu un soudain besoin d'aller à la bibliothèque. Drago s'était absenté, convoqué par le préfet en chef et avait promis qu'il serait bref. Même l'ami rouquin de Harry n'était pas présent.
Elle n'avait pas l'intention de sortir seule de la pièce. Elle avait parfaitement compris le danger qu'elle courrait. Si une partie de son être se rebellait d'être autant couvée, sa raison l'obligeait à respecter l'inquiétude de ceux qui étaient rapidement devenus ses amis. Voire même son univers.
Elle avait trouvé une famille, son frère, son parrain. Elle avait Drago, qui avait une place spéciale et si importante dans son cœur. Et tous leurs amis. Hermione, Blaise. Même Astoria - bien qu'à contrecœur puisqu'elle se montrait toujours plus ou moins odieuse avec elle - et cet idiot de Ronald - qui n'était pas si méchant.
Lorsque quelqu'un frappa à la porte avant d'entrer, elle redressa la tête, intriguée. Une Serpentard brune lui adressa un sourire froid.
- La moldue ! C'est justement toi que je cherchais.
Lily grimaça. Elle détestait cette façon de certains de la nommer, comme si elle n'avait pas de nom. Comme si elle n'avait pas d'importance.
Elle attendit la suite patiemment, décidant qu'elle n'aimait décidément pas cette fille. Elle était toujours si… hautaine et méprisante. Et elle avait surpris plusieurs regards mauvais en sa direction.
La Serpentard grimaça en la détaillant puis elle soupira en levant les yeux au ciel.
- Malefoy m'envoie te chercher. Apparemment il a peur que tu te perdes si tu restes seule…
Lily fronça les sourcils, se demandant pourquoi Drago avait envoyé cette peste, mais l'inactivité lui pesait. Elle batailla une bref seconde avec l'envie de refuser pour agacer la brunette. Cependant, l'envie de retrouver plus rapidement Drago fut la plus forte et elle fut sur ses pieds en une fraction de seconde.
La brune eut un sourire cruel et lui fit signe de la suivre.
Elles cheminèrent sans échanger un mot, Lily se perdant dans ses pensées. En dehors de son cercle d'amis, sa timidité d'antan semblait refaire surface et elle ne savait pas comment aborder la Serpentard. Sans compter qu'elle se méfiait légèrement d'elle, la trouvant… étrange et effrayante.
Un instant, Lily se demanda si elle aussi avait la marque des ténèbres sur son bras, mais elle oublia rapidement la question en voyant qu'elles arrivaient aux portes de Poudlard.
- Où on va ?
La brune - Lily se souvint soudain de son nom, Parkinson - haussa les épaules sans la regarder.
- A la cabane du garde-chasse. Apparemment il veut te montrer un truc.
Lily fronça les sourcils, perplexe. Quelque chose lui hurlait de se méfier mais cette fille était de sa maison, et elle ne savait pas qui elle était en réalité. Drago avait visiblement eu confiance en Parkinson pour aller la chercher.
Elles sortirent ensemble du château et Lily frissonna un bref instant. Voyant que personne n'était en vue dans le parc de Poudlard, elle marqua un temps d'arrêt.
- Ecoute, je pense que je vais rentrer. Je… Dis à Drago que j'étais fatiguée. On se retrouvera plus tard.
Parkinson se retourna brusquement, avec un regard mauvais.
- Oh non, sale moldue. Tu vas me suivre sans un bruit si tu veux que ce fichu traître de Malefoy survive à la journée…
Lily se figea et cligna des yeux lentement en voyant la baguette de Parkinson pointée sur elle. Elle pensa un instant à sortir sa baguette dissimulée dans sa manche, mais elle préféra faire comme si elle ne l'avait pas sur elle, écoutant son instinct.
Beaucoup la voyaient encore comme la moldue introduite à Poudlard par Dumbledore et oubliaient qu'elle était une sorcière désormais. Et qu'elle avait une baguette.
Lily se souvint des attaques de Mangemorts auxquelles elle avait survécu et décida qu'avoir un atout caché dans sa manche - littéralement - pourrait être une bonne chose. Visiblement cette fille n'était pas amicale, et elle préférait avoir un moyen de se défendre même si elle ne ferait pas le poids dans un duel. L'élément de surprise, cependant, pourrait l'aider.
Lily pensa stupidement que si elle survivait à cette histoire, elle exigerait de Harry, de son parrain et même de Drago qu'ils lui apprennent à se battre. De toutes les manières possibles.
Lorsque Parkinson eut un mouvement d'impatience, Lily la suivit docilement, même si ses yeux lançaient des éclairs de rage. Elle se jura qu'à la première occasion, elle ferait en sorte de lui donner du fil à retordre…
Une fois les adolescents présents dans ses appartements calmés, et après s'être assurés que Sirius et Narcissa seraient capable de les maîtriser s'ils leurs prenaient l'envie d'avoir des idées stupides - comme quitter la sécurité des lieux pour se lancer à la recherche de Lily par exemple - Severus passa dans son bureau.
Il s'installa et fit mine de corriger des copies, alors qu'il se moquait bien pour une fois des sottises que les cornichons à qui il devait enseigner avait bien pu écrire… Il n'était pas installé depuis une minute entière qu'il entendit frapper à sa porte.
Avec un rictus, il lança un sort sur la porte de ses appartements pour que ses invités forcés puissent assister au spectacle, et d'un geste souple du poignet il lança un nouveau sort pour ouvrir la porte brutalement.
Pansy Parkinson sursauta et se crispa, visiblement inquiète.
