Et voici enfin la suite !

Bonne lecture et à très vite :)


Avec un rictus, il lança un sort sur la porte de ses appartements pour que ses invités forcés puissent assister au spectacle, et d'un geste souple du poignet il lança un nouveau sort pour ouvrir la porte brutalement.
Pansy Parkinson sursauta et se crispa, visiblement inquiète.

Elle ne savait pas pour quelle raison elle avait été convoquée - il devrait songer à féliciter Zabini pour son initiative - et cherchait visiblement ce qu'elle avait pu faire pour s'attirer les foudres de son terrible directeur de maison.
- Miss Parkinson.
Sa voix glaciale fit déglutir la jeune fille, et elle entra d'un pas hésitant.
- Professeur ? Vous vouliez me voir ?

Il se laissa aller en arrière dans son fauteuil pour la détailler de la tête aux pieds, tournant sa baguette entre ses doigts minces. Puis, il afficha un rictus méprisant. Sans répondre, il fit un geste brusque qui referma la porte derrière la jeune fille.
Celle-ci sursauta une fois encore lorsque la porte claqua, se mordant les lèvres pour ne pas afficher sa peur évidente.

Pansy Parkinson était une fille de Mangemort. Elle se prenait probablement pour une dure à cuire, et son attitude insolente et sûre d'elle-même faisait peut être illusion sur le sorcier commun. Mais Severus Rogue était un ancien Mangemort. Un ancien espion. Un héros de guerre.
Elle avait grandi en entendant son père parler de cet homme cruel, capable d'être devenu un des hommes de confiance de Voldemort tout en le trahissant sciemment. Sans jamais se faire prendre.

Severus Rogue n'était certainement pas un homme à prendre à la légère ou à sous estimer.

Daphné Greengrass avait suivi Harry et le rouquin en silence. Lorsqu'ils avaient trouvé des traces de Lily, elle les avait laissé prendre de l'avance, pensant que si son père était présent, elle pourrait intervenir. L'effet de surprise serait probablement suffisant pour faire la différence…

Cependant, elle avait vu le chien noir passer en trombe et elle avait entendu la mention d'un portoloin.

Daphné n'avait pas le courage d'un Gryffondor, mais elle savait se servir de sa cervelle. Elle avait rapidement réfléchi à la situation.
Elle savait qu'elle donnait l'impression d'une fille toujours maussade et elle se moquait bien de ce que les autres pouvaient penser. Elle était la fille aînée, mais elle avait toujours refusé l'autorité de son père.

Elle se rebellait constamment, refusant d'accepter l'idée même d'être mariée contre son gré, à un inconnu. Elle ne serait pas une monnaie d'échange…
Elle avait vu sa petite sœur grandir en étant son opposée : douce et gracieuse. Obéissante. La parfaite sang-pur, celle qui ne décevrait jamais leur père.

Elle avait appris le mariage arrangé entre Astoria et Drago Malefoy. Et elle avait détesté l'idée parce que Malefoy était un Mangemort, même s'il semblait repenti. Sauf que sa petite sœur n'oserait jamais dire non.
Pour sa plus grande surprise, Astoria avait été vue avec Harry Potter à de multiples reprises, alors que son promis restait avec la moldue devenue sorcière. Cependant, Potter était lui aussi collé avec la moldue sans qu'Astoria ne semble être gênée par cette situation… Elle avait vu cette relation d'un œil mauvais, persuadé que sa petite sainte nitouche de sœur allait se faire mener par le bout du nez.

Elle avait commencé à regarder Astoria autrement en découvrant qu'elle refusait le mariage décidé par leur père. Astoria avait su manœuvrer habilement pour avoir le soutien inconditionnel de leur mère. Daphné n'avait rien dit, réservant son jugement, puisqu'elle avait l'impression que quelque chose lui échappait.

Finalement, sa patience avait payé. Elle avait eu le dernier élément, le détail qui lui permettait de tout comprendre.

En apprenant qu'il y avait un attroupement devant l'infirmerie, et que Astoria en faisait partie, elle s'y était précipitée. Sa sœur semblait agitée, elle, la jolie poupée obéissante. En la voyant avec Harry Potter, elle avait crispé les poings de colère prête à emmener Astoria loin de ce Gryffondor un peu trop aventurier.

Puis, Astoria avait laissé échapper que la moldue était la sœur de Potter, et tout s'éclaira soudain pour Daphné. Astoria ne voulait pas épouser Drago, et c'était réciproque. Tout le monde savait que Drago Malefoy était extrêmement proche de la nouvelle élève… Astoria s'était rapprochée de Harry Potter. Et celui-ci semblait tenir à la jeune fille au point de refuser de la mettre en danger même pour sa propre sœur. Mieux, il la traitait en égale et pas comme une femme trophée obéissante… C'était plus que ce que la plupart des filles sang-pur destinées à un mariage arrangé pouvaient espérer et elle était soulagée que sa sœur ait su se réveiller à temps, avant d'être piégée dans un mariage sans amour.

Astoria avait finalement bien caché son jeu : elle lui avait prouvé qu'elle avait du caractère et qu'elle était apte à se débrouiller. C'était pour ça que Daphné s'était décidée à aider Harry Potter. Parce que sa sœur semblait l'aimer sincèrement, parce qu'il était prêt à la protéger et qu'il se préoccupait sincèrement d'elle. Parce qu'il lui avait permis de découvrir une facette insoupçonnée de sa sœur, dont elle pouvait être fière.
Et parce qu'aider Harry Potter rendrait son père fou de rage - bonus non négligeable à ses yeux.

Aussi, puisqu'il ne se passerait rien de plus dans la forêt interdite, elle avait fait demi-tour sans rien dire et était repartie en direction du château. Elle se précipita dans la salle commune des Serpentard, et utilisa la poudre de cheminette à disposition pour contacter sa mère.

Cette dernière répondit rapidement, et Daphné s'assura qu'elle pouvait lui parler loin des oreilles de son père. Puis, elle lui raconta les grandes lignes de l'histoire, sans pour autant révéler le lien familial entre Harry Potter et Lily.
Lorsque Pénélope Greengrass apprit qu'une jeune fille - la petite amie de Drago Malefoy - avait été enlevée pour forcer sa fille cadette à épouser le jeune homme, elle avait vu rouge. Elle ignorait ce qui se passait exactement, mais elle savait que ce mariage ne devait pas être célébré. Probablement parce que son mari avait refusé de révéler ce qu'il gagnerait à offrir leur fille à un Mangemort reconnu…

Elle demanda à Daphné de la tenir au courant du moindre changement et lui assura qu'elle allait faire en sorte de localiser la jeune fille disparue. Satisfaite, Daphné avait remercié sa mère après lui avoir assuré que Harry Potter en personne veillait à la sécurité d'Astoria.

Une fois la communication terminée, Daphné avait jeté un regard autour d'elle, s'assurant que personne n'avait fait attention à sa conversation. Elle croisa le regard intéressé de Théodore Nott et fronça les sourcils.

Théodore Nott était le genre de garçon à observer en silence ce qui l'entourait. Depuis le début de l'année, il observait ses anciens camarades, Drago et Blaise.
A une époque, ils avaient été proches. Mais la guerre avait brisé leur belle entente. Même si son père était un Mangemort, Théodore n'avait jamais pris part à toute cette folie contrairement à Drago.
Il y avait ensuite eu Azkaban pour le blond, et sa libération.

Le retour à Poudlard lui avait causé un choc : Drago semblait brisé, il avait perdu toute son arrogance. Blaise le veillait comme s'il était agonisant. Leur groupe soudé n'était plus. Blaise Zabini avait été le seul à s'accrocher suffisamment à Drago pour rester son ami, et Théo regretta de s'être laissé distraire par le procès et l'emprisonnement de son propre père. Il était seul désormais, et l'insouciance de son enfance lui manquait.

Il avait été surpris de l'arrivée de la moldue, et surtout du comportement de Drago. Cette fille était peut être ordinaire sur bien des points mais elle avait un pouvoir particulier : elle avait redonné vie à son camarade.
Elle était restée près de lui, et Théo n'avait pas mis longtemps à remarquer les regards intenses qu'ils échangeaient tous les deux.

Puis Potter était entré dans l'équation.
Contrairement aux autres élèves de Poudlard, Théodore ne s'était pas laissé avoir par sa proximité avec Lily. Potter était proche d'elle, c'était un fait. Cependant, il la regardait comme il regardait Granger. Comme une amie.

Lily n'avait d'yeux que pour Drago. L'attention qu'elle portait à Potter n'était que secondaire. Ils avaient un lien, c'était certain, et ils étaient proches mais il comprenait parfaitement que Drago ne soit pas jaloux : il n'y avait pas lieu de l'être.

Théodore avait soigneusement noté toutes les interactions entre Serpentard et Gryffondor. Et voilà que d'un coup, Daphné Greengrass qui avait affiché clairement une animosité non dissimulée envers Harry Potter entrait comme une furie dans la salle commune et passait un appel de cheminette urgent, juste après avoir été vue en compagnie du Sauveur… Le jeune homme en déduisit immédiatement qu'elle avait appris quelque chose qui lui avait fait changer d'avis.

Il soupira.
- Greengrass ? Pour ce que ça vaut, Parkinson a été convoquée chez notre Directeur de Maison. C'est Zabini en personne qui est venu le lui annoncer.

Daphné plissa les yeux en le dévisageant, sans répondre immédiatement. Théo resta impassible, la laissant le détailler, légèrement amusé de la voir se poser des questions sur son intervention.
- Que…
Même s'il aurait adoré jouer et la balader un peu, la situation semblait grave, aussi il la coupa avec un léger signe d'impatience.
- Je ne suis pas aveugle. Il s'est passé beaucoup de choses depuis la rentrée. Ta sœur est devenue proche de Potter et toi, tu n'étais pas spécialement ravie. Mais tout à changé, n'est-ce-pas ? Tu as appris quelque chose qui t'a fait changer d'avis.

Daphne grimaça et haussa les épaules.
- Même si c'était le cas, je ne vois pas en quoi ça peut te concerner.
- Aussi surprenant que ça puisse paraître, Drago Malefoy était mon ami, ainsi que Blaise. Mon père était un fervent Mangemort, et c'est un miracle que j'ai réussi à ne pas subir la marque comme Drago… Même si je n'étais pas convaincu par tous leurs idéaux stupides, j'en ai entendu suffisamment pour savoir ce que Potter a dû traverser.
- Ok. Tu étais ami avec Malefoy, tu admires Potter.
Théo gloussa légèrement.
- Je t'ai connue plus vive, Greengrass. Je veux les aider. Mon père est à Azkaban, et j'ai pris ses titres de Lord, puisque je suis le dernier représentant de la famille Nott vivant et libre… Tu vois les avantages ou dois-je préciser que j'ai ainsi un accès à toutes les affaires de mon père, y compris ce qu'il ne voulait pas que le Ministère ne trouve ?

Théodore observa Daphné réfléchir quelques instants, puis elle capitula.
- Il y a un contrat de mariage illégal mais valide passé par nos pères entre Malefoy et ma sœur. Aucun des deux ne souhaite cette union, surtout Malefoy puisqu'il roucoule avec la moldue. Mais…
- Mais ?
- Mais j'ai appris tout à l'heure qu'elle a disparu. La moldue a été enlevée et d'après ce que tu me dis, Parkinson est impliquée.

Lorsqu'elles étaient arrivées devant la forêt interdite, Lily s'était tendue. Elles n'avaient croisé personne jusqu'à présent, et Parkinson avait fait en sorte d'éviter avec soin les abords du terrain de Quidditch.
Lily s'apprêta à courir pour lui échapper, mais la brune se retourna avec un sourire mauvais, baguette en main pointée sur elle.
- Oh non. Je te conseille d'éviter toute idée de fuite parce que crois-moi, je connais énormément de sortilèges visant à faire souffrir… Mon père a veillé à ce que j'excelle dans ce domaine.

Lily grogna, et elle se jura d'ôter le petit sourire satisfait de cette peste à la première occasion.

Une fois derrière la cabane d'Hagrid - malheureusement déserte - Pansy bouscula Lily pour la forcer à entrer dans la forêt, en empruntant un petit chemin dissimulé. Elles avancèrent en silence, alors que Lily cherchait une solution pour s'échapper.
Elle pourrait se précipiter comme une idiote, mais elle ne doutait pas que Parkinson lui jetterait aussitôt un sort. Et il n'était pas dans son intérêt de se retrouvée stupéfixée ou ligotée… Sans compter que Drago avait vaguement évoqué la forêt interdite et l'avait mise en garde sur les dangers qu'elle recelait. Elle n'était pas stupide au point d'échapper à un péril pour se précipiter vers un danger plus grand encore…