Bonjour !

J'espère que vous allez bien. J'étais tranquillement en train de me dire que j'allais pouvoir trainer sur Insta toute la matinée lorsque je me suis rappelée qu'on était samedi. Et qu'il avait neigé (oui ça n'a aucun rapport). Et j'avais oublié que c'est froid la neige. Est-ce qu'il a neigé chez vous ?

Enfin bref, ce chapitre était initialement censé se terminer plus loin, mais je me suis un peu étalée (qui est surpris ?) du coup j'ai coupé plus tôt. Voilà...

Euh... J'avoue que les derniers chapitres ont été plutôt difficile à écrire tant en terme de contenu que de temps, mais je commence à sortir de cette passe un peu plus difficile donc ça ira mieux. J'espère que ça ne s'est pas trop ressenti dans la qualité des chapitres ou leur rythme.

Sur ce, bonne lecture !

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Se dresser face à l'adversité —

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Suite à leur conversation un peu houleuse, Maglor et Elaiano s'étaient finalement décidés à prévenir les deux seigneurs des Galadhrims afin de leur faire part de leur découverte mais la météo en avait apparemment décidé autrement. A peine avaient-ils arrêté leur choix que les vannes du ciel s'étaient ouvertes et avaient déversé des litres d'eau sur la Lothlorien. Le vent s'était mis à souffler et à tourbillonner empêchant quiconque de se déplacer sans manquer d'être renversé et trempé par la force des éléments. Les deux elfes avaient donc dû se contenter d'attendre dans le ''tronc'' où logeait le fëanorion. Assise au fond de l'espace aménagé, le dos appuyé contre la paroi intérieure de l'arbre, la jeune fille écoutait le hurlement du vent au dehors et le martèlement incessant des gouttes de pluies contre le sol de la forêt. A côté d'elle, Maglor semblait plongé dans la lecture du recueil de balades de Daeron, qu'il avait apparemment récupéré, et auquel il continuait d'ajouter des annotations. En le voyant barrer proprement tout un vers, l'adolescente sourit. Au vu de la quantité de notes et de corrections qu'il réalisait, le fëanorion ne devait pas trouver très bon le travail de l'auteur. Se sentant épié, l'elfe leva les yeux de son travail et tourna la tête vers Elaiano qui s'empressa de détourner le regard, les joues en feu. Un sourire amusé se dessina sur les lèvres de l'elfe juste avant qu'il ne reporte son attention sur le livret.

La jeune fille jeta alors un regard au dehors. Derrière le drap, un peu plus épais et opaque qu'avait placé Maglor pour boucher l'entrée et bloquer le vent, se trouvait la forêt et ses arbres battus pas le vent. Et au-delà… L'adolescente frissonna rien que d'y penser. Elle ne l'avait pas encore confié au fëanorion, mais le rêve qu'elle faisait chaque nuit depuis qu'elle était présente en Lothlorien la hantait. Elle pouvait presque sentir la menace latente qu'elle percevait à chaque fois. Cette impression d'insécurité grandissante qui la prenait tout entière dès qu'elle rêvait à nouveau de la lisière de cette étrange forêt et de la plaine battue par les vents qui s'étendait derrière. Mais surtout, elle ne pouvait ôter la peur qui l'étreignait dès que Nínim surgissait derrière elle pour la tuer. Plus que tout le reste, cette scène qui lui revenait chaque nuit la terrifiait. Après leur discussion houleuse, elle avait compris ce que signifiait ce rêve. Chaque nuit depuis qu'elle avait fui, Faegmôr tentait de pénétrer ses rêves. Mais comme l'avait fait remarquer Maglor, il n'y parvenait pas. Ou presque. La protection qu'offrait le Bois Doré faiblissait de jour en jour et le rêve que l'adolescente faisait à présent chaque nuit était là pour témoigner de chaque tentative du Maia pour l'atteindre.

Mais s'il essayait maintenant de la tuer, Elaiano était parfaitement consciente du fait que ce n'avait pas toujours été dans les intentions de Faegmôr. Il avait d'abord cherché à la manipuler à sa guise et de faire d'elle un pantin qui le servirait sans réfléchir. Et si cette première entreprise laissait encore l'adolescente dubitative, elle pensait avoir enfin mis le doigt sur la réponse. Ou tout du moins un élément d'explication. Au cours des longs mois qu'ils avaient passé ensemble sur Terre, Nínim s'était souvent montré doux avec elle, et si cela n'avait pas été gâché par ses intentions bien plus sordides, la jeune fille avait tout de même cru à sa bonne volonté. Et même si sa haine pour le Maia restait inchangée, elle ne cessait de se demander si tout cela n'était pas dû à un sentiment de solitude. Peut-être que la raison qui avait poussé Faegmôr à ne pas l'éliminer, était dû au fait qu'il cherchait de la compagnie, ou un allié. Personne ne pouvait rester seul longtemps sans avoir besoin de reprendre contact avec d'autres, ou au moins d'avoir une interaction amicale avec quelqu'un. C'était peut-être ce qui s'était passé avec Nínim. Mais dans ce cas, il n'avait pas compris le véritable sens du mot ''relation''. A cette pensée, Elaiano frissonna à nouveau. Même si cela était vrai, ses actions n'en étaient pas moins moralement discutable voire même immondes.

— Tiens prend ça.

La jeune fille leva la tête vers Maglor et s'aperçu que celui-ci lui tendait une couverture prenant apparemment les frissons qui la parcourait pour du froid. L'adolescente s'empressa d'accepter et s'emmitoufla dedans. Elle était parfaitement consciente du fait que si elle refusait, l'elfe comprendrait aussitôt que quelque chose la perturbait et il chercherait à savoir quoi.

— Qu'est-ce que tu me caches encore ?

La question du fëanorion la prit totalement de court. Elle ne s'attendait pas du tout à ce qu'il remarque aussi vite sa tension. Maglor prit d'abord le temps de déposer délicatement le recueil dans un coin avant de reprendre.

— Je ne t'ai jamais connue aussi silencieuse. Il n'y parait peut-être pas, mais je reste attentif lorsque je lis. Depuis tout à l'heure tu soupires, regardes alternativement la paroi puis l'entrée… N'essaies pas de me faire croire qu'il n'y a rien.

— Je te l'ai déjà dit. Je ne veux pas en parler.

— Je ne faisais pas allusion à la bataille de tout à l'heure.

La jeune fille se mordit la lèvre. Elle avait vraiment cru que l'elfe était beaucoup trop concentré sur sa lecture pour remarquer quoi que ce soit. De toute évidence, elle s'était trompée.

— Je réfléchissais. Je me demandais pourquoi Nínim, enfin Faegmôr, a d'abord essayé de me pousser à me ranger à sa cause. Enfin il aurait pu me contrôler totalement, tenta-t-elle d'expliquer sans pour autant réussir à réprimer un tremblement au mot ''contrôler''. Pourtant il ne l'a pas fait. Il a plutôt cherché à me convaincre, même lorsque j'avais des doutes ou que j'étais sur le point de partir car je ne parvenais pas à lui faire confiance. J'ai toujours eu l'impression d'avoir le choix. Mais lors du combat tout à l'heure il a d'abord voulu prendre totalement le contrôle, et lorsque je l'ai blessé, il a soudainement changé d'avis et s'est décidé à me tuer. Je ne comprends pas pourquoi. Il a pourtant clairement laissé sous-entendre à plusieurs reprise qu'il avait besoin de nos deux pendentifs pour parvenir à ses fins. Alors pourquoi vouloir me tuer ?

En écoutant l'adolescente se confier, Maglor était resté silencieux. D'autant plus lorsque s'en sans rendre compte Elaiano lui avait résumé en quelques mots ce qui lui était arrivé pendant la bataille. Mais se gardant bien de le lui faire remarquer, il préféra garder le silence un instant pour analyser la floppée d'informations que la jeune fille venait de lui délivrer. Si la question de son interlocutrice ne lui était pas directement adressée, elle n'en restait pas moins juste.

— Peut-être qu'il en a assez de te voir te mettre en travers de sa route. Il a besoin de ton collier, mais pas de toi.

A ces mots l'adolescente se rembrunit et remonta ses genoux contre sa poitrine dans une attitude protectrice. Un instant, l'elfe cru que ses paroles l'avait blessée mais Elaiano lui montra qu'il n'en était rien en reprenant la parole avec lassitude cette fois.

— Alors pourquoi me garder au début ? Je doute qu'il ne l'ai fait de gaieté de cœur ou par gentillesse à mon égard. D'autant plus qu'il avait largement le temps de le faire lorsque nous étions à Barad-Dur. Alors pourquoi ne l'a-t-il pas fait ? Et pourquoi ne pas s'être révélé avant Erebor ?

Le silence retomba entre eux seulement troublé par le martellement de la pluie au dehors et le hurlement du vent.

— Peut-être… commença la jeune fille avant de s'interrompre. Peut-être qu'il n'a vu en moi qu'une opportunité pour… t'atteindre toi.

Le fëanorion releva la tête perplexe.

— Il te hait. Je ne sais pourquoi mais c'est indéniable. Il a toujours essayé de me monter contre toi, quitte à jouer avec mes souvenirs pour que je te prenne pour la source de tous mes problèmes.

— Possible, répondit Maglor apparemment peu touché par la supposition de son interlocutrice. Il n'est pas le seul à ne pas m'apprécier, ce que je comprends tout à fait lorsque l'on sait ce que j'ai fait.

Il s'était exprimé sur un ton égal sans intonation particulière, mais l'adolescente comprit qu'il n'était pas aussi insensible qu'il n'essayait de le montrer. Au fond, il s'en voulait encore et ne cherchait qu'à oublier ses actions. Mais le sort semblait se jouer de lui et quelque chose venait toujours remettre en avant ses erreurs passées.

— Rappelles-toi bien qu'il aime jouer avec les émotions des autres. S'il t'a d'abord poussé dans tes retranchements en Erebor en menaçant Elisa, ce n'est pas pour rien. Quel que soit son plan, il ne faudra que tu te laisses avoir par ses menaces la prochaine fois que tu te retrouveras face à lui. Mais d'ici là, il nous faut d'abord prévenir les généraux que nous avons trouvé le point faible de Faegmôr et essayer de les convaincre de mener une attaque contre Dol Guldur.

— Il faudrait déjà que la pluie cesse, répliqua l'adolescente en s'appuyant à nouveau contre la paroi interne du tronc.

Maglor jeta un œil vers l'entrée avant de sourire.

— Ce n'est qu'un grain. Ce sera fini d'ici peu.

Elaiano se retint de faire un commentaire mais s'avoua peu convaincue par l'affirmation du fëanorion. Pourtant moins d'une heure plus tard, le vent se tu et la pluie cessa. Sans prêter attention au sourire triomphant de l'elfe, la jeune fille s'empressa de sortir. Le sol transformé en gadoue spongieuse, où se mêlaient sans distinction herbes et rochers, ressemblait plus à un marais qu'au sol d'une forêt. Çà et là, d'énormes flaques d'eau formaient d'immenses vasques brunâtres entre les arbres. L'adolescente n'eut pas fait dix pas que déjà ses chaussures prenaient l'eau et son bas de pantalon était couvert de boue.

— Comment allons-nous atteindre Caras Galadhon ? râla-t-elle. Ce n'est pas loin certes, mais avec si tout est partout comme ça, on en aura pour des heures.

— Passons par les arbres alors, fit le fëanorion.

Sans attendre il sauta, attrapa une branche basse qui le surplombait, et s'y hissa aisément. Puis d'un bond agile, il se servit de la branche supérieure pour prendre de l'élan, et d'un habile mouvement de balancier, il atteint une branche d'un autre arbre.

— C'est mort. Je préfère encore la gadoue, fit-elle.

— Dans ce cas, à tout à l'heure !

Et sans attendre, il s'élança, s'agrippa à une autre branche, se hissa encore plus haut dans les airs, et parti à toute vitesse en direction de la cité. Restée à terre, l'adolescente s'empressa de s'y diriger elle aussi. Contrairement à ce qu'elle pensait, il ne lui fallu que quelques minutes pour atteindre les premières passerelles et ainsi sortir du marécage de boue que formait à présent le sol. Maglor l'y attendait déjà, partiellement couvert de feuilles et petits branchages qui s'étaient accrochés ou collés à ses vêtements ce qui eut pour effet de faire rire la jeune fille. Après tout, avec son pantalon maculé de terre et ses chaussures trempées, elle n'avait pas bien meilleure allure. Sans échanger un mot, ils se dirigèrent sans attendre vers le gymnase où s'entraînaient habituellement les Galadhrims. Il se trouvaient encore à bonne distance lorsqu'ils commencèrent à croiser d'autres elfes, majoritairement des soldats, qui apportaient des bandages, des bassines d'eau, ou repartaient avec des armes ou des tissus gorgés de sang. Là plus qu'ailleurs, le sol n'était plus qu'un gigantesque bourbier. L'herbe piétinée disparaissait totalement sous la boue, et il ne restait plus qu'une immense bande de terre où tous circulaient.

L'intérieur du gymnase n'était pas beaucoup mieux. Il avait été débarrassé de tous les établis d'armes qui y trônait auparavant au profit de grandes tables où s'entreposaient bandages et plantes diverses à capacités curatives. Les blessés avaient été alignés par rangées et les guérisseurs passaient de l'un à l'autre pour leurs prodiguer les soins nécessaires. Etrangement, malgré la quantité de personnes qui passaient, presque aucun bruit ne régnait dans la salle. Les seuls sons audibles étaient les paroles des guérisseurs, parfois les cris de blessés, un appel à l'aide lancé en Sindarin pour porter secours à un soldat nouvellement arrivé, et un léger murmure qui s'élevait d'un attroupement de généraux regroupés dans un coin de la salle. En rejoignant ces derniers, Elaiano remarqua aussitôt la présence de Celeborn et d'Haldir parmi le groupe ce qui la rassura. Aucun des généraux ne remarqua l'arrivée de l'adolescente et du fëanorion tant ils étaient concentrés sur leur discussion.

— Nous ne tiendrons pas une quatrième attaque, affirmait l'un.

— En consolidant nos défenses, il serait possible d'en tenir encore une ou deux.

— Ce n'est pas viable. Il nous faut contre-attaquer avant que nos forces soient trop faibles. Il nous faut prendre d'assaut Dol Guldur.

— Et laisser la Lothlorien sans défense ? Si notre attaque ratait, nous serions incapable de revenir à temps pour défendre Caras Galadhon. Sans oublier les Orcs encore présents dans les ruines de la Moria.

— Il faudrait les priver de leur chef, conclu alors Haldir comme s'il s'agissait d'une évidence.

— Ils doivent être des dizaines.

— Non, répliqua Elaiano mais sa voix fut couverte par la réponse d'un autre commandant.

— Jamais nous ne pourrions tous les trouver à temps.

— Leur chef n'est pas… tenta la jeune fille à nouveau, mais sa voix fut à nouveau noyée.

— Les Orcs sont bien trop nombreux. Comment repérer leurs chefs parmi…

Lasto ! s'écria l'adolescente.

Tous se turent et se tournèrent vers celle qui les avaient interrompus. D'abord perturbée par leur soudaine attention, l'adolescente se reprit et profita du silence pour s'expliquer.

— Ils n'ont qu'un seul chef et ce n'est pas un Orc. Il s'agit de…

Elaiano s'interrompit un instant. S'il lui fallait déjà faire un effort pour parler du Maia en la seule présence de Maglor, prononcer son nom devant une assemblée de commandants d'armée lui demandait beaucoup plus de volonté pour ne pas céder au poids des souvenirs et remords qui ne manquaient pas de lui revenir. Heureusement le fëanorion remarqua sa gêne et lui vint en aide.

Faegmôr tego Dol Guldur a Moria hyth.

L'annonce jeta un froid sur le groupe, et si aucun ne le montra tous furent extrêmement surpris. Le plus jeune du groupe ne résista pas à l'envie de poser la question que tous redoutait.

In Maia uin Vala Irmo ?

Elaiano baissa les yeux n'osant pas regarder ses interlocuteurs en face et encore moins Haldir ou son père.

Maer.

La réponse affirmative, bien que tout juste murmurée par la jeune fille, détruisit les derniers espoirs de ceux qui auraient pu espérer que ce soit un Homme portant le même nom que le Maia.

— C'est lui qui a commandé les trois assaut contre la Lothlorien. Son but est de conquérir la Terre-du-Milieu. Si par malheur les Hommes tombent face au mal qui sévit en Mordor, nous ne pourrions pas tenir si nous sommes pris entre les feux de la Moria, de Dol Guldur, et du Mordor. Il nous faut prendre les devants et éliminer Faegmôr au plus vite.

Les commandants les plus récalcitrants jaugèrent Maglor du regard. Son discours était censé, mais les généraux ne lui faisait toujours pas confiance. L'adolescente qui avait relevé la tête depuis, comprit le problème et tenta alors de s'interposer.

— Ce n'est pas vraiment le moment pour ressasser le passé. Peu importe ce qui a été fait, mettez vos rancœurs de côté.

Maglor posa un main réconfortante sur l'épaule de la jeune fille.

— Ne t'en fais pas pour ça. Je comprends leur réticence.

— Ce n'est pas ça le problème ! Si nous ne nous unissons pas, nous n'avons aucune chance de le vaincre, affirma-t-elle avec force en éludant le nom du principal intéressé.

Elle marqua une pause et planta ses yeux dans le regard de tout ceux qui l'entourait. Elle s'attarda un instant de plus lorsqu'elle croisa celui de Celeborn et ce qu'elle y vit la rassura. Une lueur d'assentiment y brillait. Rassérénée elle trouva la force de mettre un instant de côté ses propres peurs, doutes, et remords, et elle reprit avec plus de douceur.

— Nous avons tous fait des erreurs dans notre vie. Des grosses et des petites. Si nous passons notre temps à en vouloir aux autres pour leurs propres erreurs, nous n'avançons à rien. Il ne s'agit pas forcément de pardonner, mais de faire la part des choses. Nous avons tous nos défauts et nos faiblesses. Mais nous possédons aussi des forces. Mettons-les à profit pour vaincre. Et si cela ne suffit pas pour gagner, alors nous ne pourrons pas nous en vouloir. Car nous aurions fait de notre mieux.

La voix de la jeune fille se brisa sur ses dernières paroles et le silence retomba pendant quelques instants. Enfin, Celeborn prit la parole et s'adressa à Maglor et Elaiano.

— Que proposez-vous ?

— Il nous faut mener une attaque contre Dol Guldur au plus vite, commença Maglor.

— Si nous nous unissons au peuple de la Forêt Noire, nous aurions peut-être une chance d'éliminer définitivement le danger que représente cette forteresse.

— Quand bien même le Seigneur Thranduil accepterait de mener une opération et dehors de ses terres, il reste le Maia d'Irmo.

— Elaiano et moi nous en chargerons, répliqua Maglor avec assurance. Faegmôr est impuissant dans la Forêt Noire. Nous l'attirerons dedans et l'éliminerons là-bas.

— Il ne mordra pas à l'hameçon.

Le fëanorion jeta un regard à l'adolescente qui porta instinctivement sa main à son cou où pendait toujours son collier. Celui que le Maia convoitait. Elle n'avait pas vraiment prévu de plan avec Maglor mais ses propos étaient clairs. Elle servirait d'appât pour attirer Faegmôr dans les bois.

— Je crois que si, répliqua alors Maglor avec assurance. J'en suis même certain.

La décision fut donc prise. Un détachement armé partirait de Caras Galadhon le 25 mars au matin avec pour destination la Forêt Noire. Pendant que la majorité de l'armée installeraient un campement dans les bois au Nord de Dol Guldur, un détachement composé de Celeborn, Elaiano, Maglor, et de quelques soldats Galadhrims partirait pour la demeure du Seigneur Thranduil avec la mission de le convaincre de joindre ses forces aux leurs afin de renforcer leur armée. Les commandants s'étaient d'abord montrés récalcitrants à l'idée d'intégrer Maglor à l'expédition, mais Celeborn avait finalement tranché, à la surprise de tous, en la faveur du fëanorion non sans lui avoir jeté un regard entendu. Un accord tacite inconnu de tous, sauf des deux intéressés, avait été passé et lorsque le fils de Fëanor fit un mouvement imperceptible en direction d'Elaiano, beaucoup comprirent que cet accord concernait la fille du Seigneur du Bois Doré. Le message était même limpide. L'étrange binôme que l'adolescente et le fëanorion formaient ne devait pas être séparé. Le groupe se dispersa alors et Maglor et Elaiano s'en allèrent vers Caras Galadhon avec l'intention de profiter de l'après-midi pour se changer les idées. Mais ils remarquèrent dès la sortie du gymnase que leur conversation avait été beaucoup plus longue qu'ils n'avaient cru. Le soleil venait tout juste de se coucher et déjà l'heure du souper était arrivée.

Comme aucun d'eux n'avait faim, ils préférèrent déambuler dans la cité en profitant de la vie nocturne de la cité. L'elfe laissa l'adolescente s'émerveiller encore une fois devant la beauté de Caras Galadhon la nuit. Des lanternes avaient été allumées un peu partout pour éclairer les allées et passerelles suspendues. Les rampes qui partaient du sol et s'élevaient en tournoyant autour des arbres offrait sans le moindre doute le spectacle le plus époustouflant. Les lumières suspendues en des endroits stratégiques chassaient l'ombre de la nuit et donnaient aux constructions aériennes de la cité, des airs encore inconnus. Sous un angle il était possible de s'imaginer dans une ville volante, mais sous un autre la forêt environnante reprenait ses droits et donnait l'impression de n'être qu'une chose insignifiante tant les arbres paraissaient hauts et sans fin. Quiconque voyait cela pourrait passer des heures à contempler les ombres mouvantes des branches des arbres et la complexité des arabesques jusqu'à en oublier ses propres soucis. Accoudée à une rambarde, Elaiano se perdit encore quelques instants dans le ballet envoutant des centaines de lucioles qui clignotaient dans les airs avant de se détourner à regret.

En quelques signes, elle fit comprendre à Maglor qu'elle préférait aller se coucher. Alors ils se séparèrent et chacun partit de son côté. L'adolescente commença à s'éloigner sur une des passerelles les plus basses de la cité lorsqu'elle aperçu en contrebas, Galadriel qui marchait pied nus sur un tapis d'herbe verdoyante apparemment épargné par la pluie. Intriguée, Elaiano se dirigea vers la pense la pluie proche et la rejoignit. Lorsqu'elle arriva en bas l'elfe semblait l'attendre. Sans rien dire Galadriel sourit mystérieusement puis se détourna et reprit son chemin. La jeune fille lui emboita le pas en se demandant jusqu'où elle l'emmènerait. La réponse s'imposa rapidement à elle quand l'herbe laissa place à des marches en pierre creusées à même la sol et qui menait à un espace vide à l'exception d'un piédestal en pierre délicatement sculpté. L'adolescente le reconnu aussitôt pour l'avoir déjà vu. Ce n'avait pas été l'expérience la plus plaisante de sa vie, mais apparemment l'elfe lui proposait de la revivre pour une raison qui lui était encore inconnue. Et Elaiano ne savait pas si elle avait vraiment envie de savoir ce que le Miroir de Galadriel avait à lui montrer.


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Petit point d'elfique : en Sindarin, "lasto" veut dire "écoutez", et "maer" veut dire "oui". Sinon "Faegmôr tego Dol Guldur a Moria hyth" veut normalement dire "Faegmôr dirige les armées de Dol Guldur et de la Moria", et "In Maia uin Vala Irmo" veut normalement dire "Le Maia du Vala Irmo". Je dis normalement car ce sont toutes deux des phrases de ma confection réalisées à base de dictionnaires d'elfiques et du peu de connaissance que j'ai en la matière. Ceux qui parlent couramment le Sindarin me taperons sûrement sur les doigts car elles doivent être bourrées de fautes mais bon, j'ai fait au mieux.

Sinon, à votre avis, si Elaiano accepte de regarder dans le Miroir... Qu'est-ce qu'elle pourrait y voir à votre avis ? (Oui ça m'éclate de voir vos théories)

Bref... J'espère que ce chapitre vous aura plu et je vous dis à la semaine prochaine !