Salut à tous ! :)
Je suis heureuse de vous retrouver pour ce nouveau chapitre !
ACTUALITÉ : Suite à l'annonce le 28 octobre 2020 du gouvernement, la France se retrouve de nouveau confinée. Mon entreprise restera cette fois ouverte en espérant pouvoir garder la tête hors de l'eau, nous sommes déjà en difficulté depuis septembre. De mon côté, ma santé m'oblige à être en arrêt maladie comme pendant le premier confinement au moins les deux premières semaines.
Evidemment, j'encourage tout le monde en France et autre pays à suivre les recommandations de son gouvernement pour ralentir la propagation du virus. Comme la dernière fois, le petit avantage à cette situation c'est que je vais avoir plus de temps pour écrire.
Je vais donc pouvoir accélérer certains projets annexes et essayer de vous les proposer au plus tôt.
Je rappelle que comme chaque année je tente de travailler sur plusieurs fanfiction et OS pour Noël, le Clexa, le Swanqueen, le Supercorp... si vous voulez que je tente de nouveau ships, n'hésitez pas à m'en parler.
En ce qui concerne "When I See You Tomorrow", je n'ai pas encore repris l'écriture à cause des histoires de Noël sur lesquels je travaille en annexe, je pensais reprendre l'écriture début janvier mais avec le nouveau confinement mon calendrier sera certainement bousculé donc je vous tiens au courant. Est-ce qu'il a un projet qui vous emballe plus qu'un autre ? Des idées de projets ou de ship ? Comme toujours, je reste ouverte à toute communication.
Bon courage à tous, force, santé, honneur et cookies à vous ! 😷💪
Quelques mots sur ce chapitre : Ce chapitre est encore très, très long ! ^^" Que dire à part ça... il va répondre à plusieurs interrogations. Je vous laisse découvrir ce GRAND chapitre !
Les personnages de la série The 100 ne m'appartiennent pas, seule l'histoire est à moi.
Je remercie tout particulièrement MaraCapucin d'avoir accepté d'être ma bêta et de relire chaque chapitre de cette fiction pour que la lecture vous soit plus agréable.
Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)
Ne me regarde pas
Partie n° 4 : Injustice des têtes coupées
I know I'm dancing with the devil Je le sais, je danse avec le diable
Ain't no chance of heaven Aucun espoir d'atteindre le paradis
Going straight to hell Je cours droit en Enfer
I know I'm dancing with the devil Je le sais, je danse avec le diable
Darken up my heaven J'obscurcis mon paradis
Brighten up my hell J'éclaire mes Enfers
Marina Kaye – Dancing With The Devil
Chapitre 68 : Confiance
On lui avait brisé les cœur un nombre incalculable de fois et de bien des manières. Si bien qu'elle avait annihilé tout ce qui un jour aurait pu de nouveau la blesser. Elle ne supporterait plus une seule souffrance. Cette fois, elle en était certaine, si quelqu'un la décevait à nouveau elle pourrait en mourir.
Et puis, il y avait eu cette main tendue et tout ce qu'elle croyait savoir avait été bousculer.
Je suis nerveuse. Non, mon ressenti est bien au-delà. Je suis inquiète. Je n'ai pas dormi de la nuit et je devine les premiers rayons du soleil percer à travers les volets. Je suis tellement anxieuse que j'ai envie de m'agiter dans tous les sens comme une enfant. Seulement, ce n'est pas dans ma nature alors je ravale tous ces tourments. Personne ne doit savoir à quel point je me sens agacée à l'idée de laisser mon avenir être décidé par d'autres personnes.
J'exècre perdre le contrôle et bien, je suis en plein dedans. Je vais placer ma vie et celle de ma famille entre les mains de parfaits inconnus. J'ai conscience que je n'ai pas le choix, pas si je veux garantir la paix aux miens. Nous avons déjà bien assez souffert. Je ne peux plus rien leur imposer du genre alors je vais me plier aux lois ancestrales.
Qu'importe quelles seront leurs décisions. Je sens que mon loup se soulève à cette simple idée. Il ne veut pas courber l'échine. Comme moi, il refuse de quitter ce lieu, de nous éloigner d'elle. Nous sommes plus forts ensemble. D'autant plus que j'ai une confiance aveugle en la plupart des habitants de l'île. Je ne veux en abandonner aucun. Je souhaite rester mais cette décision ne m'appartient pas.
Je perçois un léger grognement, une respiration s'accélérer, un corps se réveiller. Je souris avant même qu'un bras ne vienne s'agripper à mon ventre. Je me mordille la lèvre lorsque ses cheveux viennent chatouiller ma peau et que ses lèvres embrassent délicatement mon cou. Je me sens un peu plus apaisé mais aujourd'hui, ce n'est pas assez.
- Est-ce que tu as dormi un peu au moins ?
- Je pense que pour mon bien, je devrais éviter de te mentir.
- Tu devrais éviter, je l'entends sourire, en effet. Lexa, elle me serre un peu plus fort, nous avons encore quelques heures, arrête de gamberger et repose toi un peu.
- Je n'y arrive pas.
- Très bien, elle embrasse ma joue avant de se redresser, passant une jambe de chaque côté de mon bassin, elle se penche et à quelques centimètres de mes lèvres elle souffle, je peux faire quelque chose pour toi ?
Clarke est si belle, je place mes deux mains sur ses joues et la rapproche pour sceller nos lèvres. Si j'avais le choix, je resterai dans ce lit, loin de mes obligations, avec elle, pour l'éternité. Mais il m'incombe tellement de responsabilités. Je me demande si un jour, nous pourrons véritablement être en paix. Anya y croit, j'aimerai aussi en être capable. Elle a toujours été beaucoup plus optimiste que moi.
Je n'ose imaginer ce qui va se passer si à la fin de la journée, je suis obligée de me séparer de ma sœur. Rien que d'y penser, j'en ai déjà le cœur déchiré. Mais j'ai conscience que deux alphas aussi puissantes que nous deux, avec des meutes, ne seront jamais autorisées à rester sur le même territoire. Pourtant, je me dois d'essayer. Parce que j'ai besoin d'Anya et je sais que la réciproque est vraie.
- Arrête, murmure Clarke tout contre mes lèvres, s'il te plaît, son front se pose sur le mien, juste un instant, arrête de t'inquiéter.
- Je ne sais malheureusement pas où est le bouton off pour ça.
- J'ai bien une idée, dit-elle avec un sourire resplendissant, je pourrai tenter une ou deux théories, ses doigts remontent mes côtes jusqu'à mes seins et ses lèvres parcourent ma mâchoire, si tu en as envie bien entendu.
- Je ne suis pas certaine, mon souffle se coupe quand elle vient mordiller mon lobe de l'oreille, que mon loup soit d'humeur, je parviens à conclure, haletant.
- Qu'il aille se faire foutre, elle rit en continuant de parsemer tout mon corps de baisers, de coups de langue et de petites morsures, je ne veux pas l'offenser, mais tu as besoin de te détendre Lexa.
- Clarke, je murmure avant que ses lèvres trouvent les miennes.
- Juste un instant.
Ce sont ses derniers mots avant qu'elle ne me fasse divinement bien l'amour. Je dois avouer qu'elle devient très, très douée à ce jeu-là. Je viens de hurler mon extase quand elle me donne un dernier baiser avec un sourire joueur sur les lèvres. Il n'y a pas de doute, c'est son côté démon qui ressort. Elle adore quand je perds le contrôle, en soit tout ce que je déteste. Mais c'est aussi pour cette raison que je l'aime à ce point, elle ne me laisse jamais me replier tranquillement dans mes retranchements.
- Où en sont tes idées noires ?
- Toujours présentes mais moins imposantes.
- C'était donc un semi-off, elle rit en venant embrasser mon nez, je peux peut-être faire mieux.
- Non, je la retiens, reste seulement là, je l'invite à poser sa tête sur mon épaule, dans mes bras, je ferme les yeux. Je t'aime Clarke.
- Oui, je sais.
Je secoue la tête en entendant sa réponse, mi-frustrée, mi-amusée. Je viens doucement placer ma main dans ses cheveux et passe lentement mes doigts dans ses magnifiques boucles blondes. J'inspire profondément. Je me sens encore un peu plus apaisé.
- Tu as besoin d'en parler, elle finit par briser le silence après un certain temps avec cette affirmation.
- Je préférerais éviter.
- Pourquoi ?
- C'est stupide, j'assure en la serrant un peu plus de mon bras gauche, j'ai seulement la sensation que si j'énumère mes peurs à voix haute, elles vont se réaliser.
- Ce n'est pas stupide Lexa, elle m'assure en levant légèrement la tête vers moi, je comprends mais je n'aime pas quand tu intériorises tout de la sorte et tu rumines depuis plusieurs jours déjà. Je ne suis même pas sûre de savoir ce qui te perturbe exactement.
- J'ai, je déglutis difficilement, les mots refusent de franchir mes lèvres.
- Ne dis rien si tu préfères, reprend-elle après un silence un peu trop long, mais ne me mens pas. Je ne le supporterai pas.
- Je n'ai pas l'intention de te mentir, j'assure en embrassant le haut de ses cheveux.
- Tu n'as pas intérêt ! Si tu oses, je passe la prochaine nuit avec l'autre femme de ma vie ! C'est une vraie menace, je souris alors qu'elle devient de plus grognon et qu'elle me sert un peu plus fort, je ne plaisante pas.
- Oui, je souris, je t'imagine bien partager le berceau de Madi.
- Il y a un rocking chair !
- Hum…
- Je suis très sérieuse, s'agace-t-elle.
- Je ne t'ai pas menti.
- Pas encore, elle pointe, gare à tes fesses !
- Je t'aime tellement, je souris, tu m'apaises.
Encore une fois, elle ne répond pas à ma déclaration. J'ai remarqué qu'elle ne le faisait plus depuis la fin des combats contre les Dieux. Je sais que rien n'a changé entre nous. En fait, elle est encore plus attentive et présente qu'avant. Clarke n'a jamais autant frôlé la perfection. Elle me soutient et me seconde parfaitement, elle s'occupe de Thomas et Madi quand je dois m'absenter et est toujours à l'écoute quand j'ai vraiment besoin d'elle.
Je ne sais pas du tout pourquoi elle ne prononce plus ces mots. Je n'irai pas jusqu'à dire que je suis inquiète mais tout de même… par moment, j'ai la désagréable sensation qu'elle joue un rôle. Avant cette perception disparaissait complètement quand nous étions, rien que toutes les deux. Mais à chaque fois qu'elle esquive mes : je t'aime, une part de moi ne peut s'empêcher de douter. Pourtant, je vois parfaitement tout son amour dans ses yeux, je le devine dans ses gestes et le perçois dans chacune de ses attentions à mon égard.
- Ce qui me terrifie, je poursuis pour éviter de trop m'inquiéter à son sujet, en continuant de glisser mes doigts dans sa chevelure, c'est, je ferme les yeux comme pour me préparer à encaisser un coup violent, de perdre Anya.
- Ça n'arrivera pas, elle répond du tac-au-tac sans une once d'hésitation, jamais.
- Mais Clarke, toute ma fragilité me submerge tel un raz-de-marée, les membres du Haut Conseil peuvent nous obliger à nous séparer.
- Qui sont-ils, elle se redresse brusquement, elle est furieuse et ses iris deviennent fluorescents, pour te dicter à quoi doit ressembler ta vie ? Tu vas être obligé de suivre leurs exigences durant toute ton existence ? Ils n'ont jamais accepté que tu deviennes l'alpha des Trikrus. Tu étais soi-disant trop jeune, elle pointe amèrement, mais le vrai problème c'est que tu étais une femme et qu'ils ne supportaient pas l'idée qu'une de leur plus grande meute soit dirigée par une alpha et que jusqu'à ce que tu t'imposes contre ton père, tu étais inconnue au bataillon. Tu as dû insister un nombre incalculable de fois pour qu'ils tolèrent que je sois ta compagne officielle comme si l'empreinte ne comptait pas. Et maintenant, ils veulent te séparer de ta sœur ? Vraiment Lexa ? Qui sont-ils ? Ils se prennent pour des Dieux ? Si c'est le cas, tu devrais leur rappeler ce que nous venons de faire subir à de véritables Dieux ! Rappelle-moi, pourquoi avons-nous besoin de leurs approbations ?
- Parce que si nous allons à l'encontre de leur consentement, nous encourons des risques que je ne suis pas prête à prendre. Nous avons déjà assez perdu. Tu ne crois pas ?
Clarke se mure dans un silence que je trouve assez effrayant. Elle secoue la tête de droite à gauche, avant de me fixer d'un regard noir de reproches. Puis sans prévenir, elle quitte le lit et se dirige vers la salle de bain, claque la porte, me laissant complètement perplexe. Pendant un instant, je pense qu'elle va revenir et continuer d'argumenter mais j'entends le jet de la douche. Je suis de plus en plus perplexe, son comportement m'inquiète. Qu'est-ce que j'ai bien pu dire pour autant l'énerver ?
Un soupire m'échappe. Je sais que par moment Clarke ne trouve pas les mots pour exprimer ses sentiments, mais ce n'est pas son genre de me tourner le dos de la sorte. J'ai besoin d'elle. J'enfile des sous-vêtements, un tee-shirt et me plante comme une idiote devant la porte de la salle de bain. Evidemment, je pourrai entrer mais je ne suis pas certaine d'avoir envie de subir son courroux. Quand l'eau s'arrête, j'ai du mal à tenir en place et quand elle ressort tout habillée, les cheveux humides je fais un pas vers elle. Je me stoppe brusquement en remarquant son regard assassin.
- D'accord, je soupire, qu'est-ce que j'ai fait ?
- Rien justement.
- Clarke…
- Non, Lexa ! Depuis quand est-ce que tu te plies à la volonté de quelqu'un d'autre ? Tu as toujours trouvé un autre moyen. Tu t'es battu pour ta meute, pour ceux qui t'ont rejoint en tant que Heda, pour moi. Mais aujourd'hui, tu refuses de te battre pour notre famille ? Je ne peux pas le croire ! Ce n'est pas toi.
- C'est le Haut Conseil Clarke, ni moi, ni Anya ne pouvons leur échapper. Ils représentent la loi et l'ordre pour tous les lycanthropes. Si nous refusons de leur obéir, ils pourraient s'en prendre à nous, s'octroyer certains de nos membres en représailles, exiger ma vie, la terre sur laquelle nous vivons. Ils pourraient prendre Thomas ou chasser Madi, la laisser démunie et seule parce qu'elle n'est pas des nôtres.
- Tu oublies que les terres sont à Raven et s'ils veulent nous arracher un seul membre de notre meute, je leur souhaite bien du courage parce qu'il ne faudra pas seulement passer par toi mais par moi. Et s'ils osent te toucher, toi ou un de nos enfants, je ne répondrais plus de rien Lexa. Je te préviens, tous ces efforts que j'ai pu faire pour garder l'Obscurité loin, tout ce travail, je le réduirait à néant sans même réfléchir.
- Clarke…
- C'est notre famille, elle explose dans une colère qui m'effraie, après tout ce que nous avons fait pour survivre et rester ensemble, je ne peux pas croire que notre famille puisse être séparée à cause d'une menace aussi futile… ils pourraient s'en prendre à nous, un rire sans joie lui échappe, et bien qu'ils essayent !
- Clarke…
- C'est notre famille, est-ce que je dois te gifler pour que tu comprennes ?
- Clarke ! Ne me parle pas sur ce ton, j'ai du mal à retenir mon loup.
- Je vais te dire, elle s'approche de plus en plus menaçante, tu n'as aucune raison, elle me bouscule et je jure que je suis à deux doigts de laisser ma place à l'animal, d'être terrifiée à l'idée de perdre Anya, j'ai un hoquet de surprise en tombant sur le lit, parce que tu vas te battre pour rester avec elle. Réveille-toi !
- Fais attention Clarke, je menace alors que mon contrôle s'effrite de plus en plus.
- Ce n'est pas contre moi que tu dois être en colère, elle me rappelle durement, idiote.
- Clarke !
- Je n'ai pas peur de toi ou de te dire ce que tu as besoin d'entendre ! Je peux régler ça avec ton loup aussi si tu veux ! Mais il est absolument hors de question que tu partes défaitiste à cette fichue réunion à laquelle je ne peux pas assister sans absolument aucune raison valable. Alors, je veux te l'entendre dire : tu vas te battre, pour notre famille, pour Anya et pour tout le reste.
- Clarke, elle va vraiment finir par le faire sortir.
- Tu ne fais qu'aboyer alors que je veux que tu montres les crocs. Qu'est-ce que tu attends ?
- Ça suffit maintenant !
- Au contraire, elle irradie d'un bleu turquoise envoutant, je crois que je ne suis pas encore allée assez loin, elle encadre mon visage de ses mains et approche son visage du mien à quelques centimètres, tu es trop calme. Tu devrais être folle de rage.
- Je commence à l'être, je grogne.
- Pas contre moi, ses yeux m'envoutent, contre eux. Ils veulent t'arracher Anya.
- Je ne les laisserai pas faire, j'explose en la repoussant violemment, j'écarquille les yeux au possible en la voyant s'écraser contre le mur puis s'effondrer. Clarke !
- Enfin, elle relève la tête quand j'arrive à sa hauteur avec un sourire resplendissant, c'est pas trop tôt.
- Mais à quoi tu pensais, je hurle agacée qu'elle ait pu ainsi mettre sa vie en danger.
- Lexa, elle se relève non sans une grimace, ils veulent t'arracher Anya, elle murmure en tendant ses mains pour les apposer sur mes joues, essuyant ce que je devienne être des larmes, ils veulent t'arracher ta sœur. Alors ?
- Je ne laisserai pas faire.
J'éclate en sanglots en rapprochant Clarke pour la serrer contre moi. Elle passe lentement sa main sur ma colonne vertébrale. Je l'entends inspirer calmement et je réalise que ce n'est pas seulement ma colère et ma détermination qu'elle cherchait à réveiller. Elle voulait que je pleure, que je craque, ce que je me suis refusée à faire ces dernières semaines. J'ai tellement perdu pendant cette bataille interminable. Des membres de valeurs, mais aussi une part de moi. J'avais donné ma parole, celle de les protéger et ils sont morts à cause de mes décisions. Je me sens tellement coupable. D'autant plus quand certaines personnes sont encore en sursis comme Indra qui a définitivement perdu son bras gauche et Thomas toujours plongé dans le coma.
Je ne compte plus le nombre de fois où je suis allée rendre visite à nos prisonniers en ayant envie d'ouvrir leur grille pour purement et simplement me venger. Je n'aime pas cette noirceur en moi. Elle m'effraie mais je pense que c'est simplement parce que je n'ai pas pris le temps de faire mon deuil. Comme toujours, tout est aller trop vite et je suis simplement… fatiguée.
- Je refuse de perdre Anya, je sanglote.
- Ça n'arrivera pas, ce n'est qu'un murmure, jamais.
- Je sais.
- Beaucoup mieux, je devine son sourire.
- J'aimerais que tu viennes avec moi.
- En vérité, je crois que c'est mieux si je me tiens à l'écart. Je risquerais de tuer quelqu'un de façon accidentelle.
- Ce serait vraiment accidentel, je ne peux m'empêcher de demander en m'écartant légèrement de ses bras.
- Peu probable, son nez se plisse, je suis aussi à fleur de peau.
- Clarke, je reprends hésitant, sérieusement, ne refais plus jamais ça.
- Te faire pleurer, elle s'informe avec un sourire en coin.
- Mettre ta vie en danger, je la corrige.
- Je n'étais pas en danger.
- Clarke, je soupire.
- Je suis très sérieuse, elle pointe la porte de notre chambre du doigt, j'ai senti la présence de Madi, la grande évidement, elle précise, dès que j'ai commencé à te pousser à bout. D'ailleurs, elle est toujours là. N'est-ce pas, elle parle un peu plus fort, gamine ?
- Je n'en suis pas certaine, répond la voix de Madi et je suis surprise de ne pas sentir sa présence, je suis donc à ce point perturbée, vous êtes habillée ou non ?
- Moi oui, à moitié pour Lexa !
- Dans ce cas, je ne suis pas là. Je déjeune avec les autres.
- Je suis sûre que tu n'as pas bougé gamine.
- C'est bon, je note une pointe mi-agacé, mi-amusé, laisse-moi deux minutes. Vous m'avez fait peur ! J'ai cru que vous vous disputiez pour de vrai, ce qui n'est, et je tiens à le souligner, jamais arrivé en 18 ans ! Vous devriez vraiment laisser ce privilège à Anya et Raven.
- Tu veux, j'hésite, entrer pour te rassurer.
- Non merci, elle répond un peu trop vite à mon goût, j'ai bien trop peur que vous vous sautiez dessus pour vous réconciliez !
- Pas devant toi enfin, grimace Clarke.
- Nous n'oserions pas, je riposte en même temps.
- Ça, en revanche, c'est arriver un tas de fois ! Sérieusement, j'aurai dû avoir le droit à une thérapie depuis bien longtemps. Vous n'avez aucune contenue !
- Mais quelle horreur !
- Nous sommes désolées, je tente.
- Lexa, Clarke me tape gentiment l'épaule, c'est tout ce que tu as trouvé ? Madi doit être traumatisée ! C'est horrible ! Je n'ose même pas imaginer, elle écarquille subitement les yeux à leur paroxysme, oh mon dieu, ça y est, j'ai des images obscènes impliquant ma mère et Marcus, c'est horrible !
J'éclate de rire. Je préfère largement quand Clarke se comporte de la sorte, même si je dois bien avouer qu'elle a eu raison de me pousser dans mes retranchements. J'avais besoin qu'elle me bouscule comme elle l'a fait pour me remettre les idées en place. J'ai déjà trop perdu. Je refuse d'ajouter Anya à la liste.
- Comment tu peux oser rire, elle plaque ses deux mains sur ma bouche, c'est abominable, atroce, indescriptible, ça devrait être interdit aux moins de 21 ans ! Tu as conscience que je te sens sourire ? Traîtresse ! Moi je te soutiens, elle lâche prise et commence à faire les cent pas, je te secoue comme un cocotier, risquant ma vie, oui, s'exclame-t-elle, tu avais peut-être un peu raison mais je t'interdis de le souligner, pour que tu partes gagnante à cette bataille et c'est tout ce que j'y gagne ?
- Je t'aime.
Je souris en énonçant cette réponse. C'est la seule que je trouve, la seule qui me semble approprié. Et au fond, qu'importe que Clarke ne me réponde pas. Je sais que la réciproque est vraie. Je n'en ai jamais douté. Et si ça avait été le cas pour une raison ou une autre, ce qu'elle vient de faire pour moi m'aurait prouvé qu'elle m'aime sans condition.
J'inspire profondément, lève les yeux vers le plafond et m'assoie en tailleur à même le sol. Je me sens enfin prête pour affronter le Haut Conseil. Dommage que je n'aie pas eu le droit à quelques heures de sommeil, elles auraient aidées. Je me sens véritablement sereine pour la première fois depuis des semaines. Si j'avais su qu'il suffisait que Clarke me hurle dessus comme une malpropre, je lui aurais demandé d'intervenir bien plus tôt. Bien que je suppose que si l'initiative était venue de moi, l'impact n'aurait pas été le même. Je m'allonge en plaçant mes mains sur ma tête et j'inspire profondément.
- Euh… Lexa, qu'est-ce que tu fais ?
- Je respire, je réponds avec le sourire.
- Je suis presque sûre que tu peux respirer debout.
- Si tu es seulement "presque sûre", tu devrais essayer avec moi.
- D'accord, je la sens s'installer près de moi, c'est assez inconfortable, elle gigote dans tout les sens, qu'est-ce que je suis censée faire ?
- Je crois que tu n'y arriveras pas, je souffle sans m'en rendre compte en tournant la tête vers elle.
- Quoi ? Pourquoi ? Je peux faire tout ce que je veux, elle m'assure en se plaçant sur le côté droit pour me regarder, absolument tout ce que je veux. Dis-moi, elle plisse les yeux, tu es calme seulement en apparence ? Je n'ai pas fait toute cette mascarade pour rien, n'est-ce pas ? Tu es toujours folle de rage ?
- Je suis révoltée et prête à en découdre, je lui assure tranquillement.
- Tant mieux.
- Merci, je murmure en réponse.
- Je peux faire autre chose pour toi, elle sourit plus que de raison en me posant cette question.
- Rester avec moi à tout jamais.
- C'était bien mon intention. Ne les laisse pas t'atteindre, elle poursuit en posant sa main gauche sur ma joue, ta fragilité n'appartient qu'à moi. Ne laisse personne d'autre la voir. Dis-moi que tu vas les anéantir.
- Je vais tout faire pour.
- Ce n'est pas tout à fait la réponse que j'attendais, mais je vais m'en contenter.
- Qu'est-ce que tu vas faire aujourd'hui ?
- Je vais continuer d'aider Skye, Ash et Miles. Nous espérons pouvoir trouver plus précisément où se trouve les Normes pour ensuite aller les interroger.
- Si tu les trouves aujourd'hui, tu ne pars pas sans m'en parler.
- Evidemment, elle vient embrasser mes lèvres, en plus Skye insiste pour que Moe nous accompagne mais comme elle a disparu, pour le moment notre départ est retardé.
- Moe devrait revenir aujourd'hui, je réponds tout de même inquiète à son sujet, elle voulait assister à la réunion avec le Haut Conseil.
- Elle t'agace, Clarke sourit, n'est-ce pas ?
- Qui ? Moe. Absolument pas !
-Qu'est-ce que j'ai dit sur le mensonge ?
- Tu sais quoi, je me redresse brusquement, tu as raison ! Je croyais qu'Anya avait hérité des pires emmerdeuses qui soit avec Scarlet et surtout Melina mais j'en tiens une qui pourrait leurs voler la palme ! Moe n'a pas fait de vague pendant deux ans et subitement, elle se met en danger, disparaît, et j'en passe ! Alors oui, c'est très agaçant.
- Tu sais, parfois, Clarke s'assoie à son tour, en passant sa main sur mon dos, Moe me fait un peu penser à Anya dans sa façon d'agir.
- Et nous avons tous entendu son : "crois ce que tu veux".
- Tu penses que Moe est liée à Anya, d'une façon ou d'une autre dans le futur ?
- Sûrement oui, je soupire.
- Il y a autre chose ?
- C'est, j'hésite, sa façon d'être avec Luna. Elles sont tellement complices toutes les deux, elles se parlent avec des gestes qui n'ont aucun sens pour nous, elles passent beaucoup de temps ensemble, elles semblent se connaître depuis un certain temps déjà. J'espère qu'Anya ne souffre pas de cette situation. Tous le monde pense que le lien est avec Anya mais, je soupire, et si c'était plutôt avec Luna ?
- Je t'avoue, Clarke grimace, que je n'ai pas remarqué tout ces signes. Truc de loup ? Elle interroge incertaine.
- Pas vraiment, je passe une main nerveuse dans mes cheveux, ou peut-être que si. J'en sais rien. Je voudrais juste éviter qu'Anya souffre encore. Je me méfie de Luna évidemment, de ce qu'elle pourrait demander ou imposer à ma sœur. Pourtant, je ne peux m'empêcher de remarquer à quel point le comportement de Luna est différent de ce que nous avons pu entrapercevoir dans le passé. J'avoue que la distance d'Anya avec Skye me rend perplexe. Et puis, elle est enceinte, évidemment… tous mes instincts protecteurs sont activés à mille pourcents.
- Je n'arrive toujours pas à croire qu'elle soit enceinte.
- Pareil, je peine à avouer, et je ne perçois pas l'enfant. J'ai remarqué qu'Anya aussi semblait chercher la présence du bébé par moment. Si Raven n'était pas aussi attentive et inquiète, je douterais de la situation.
- Ouais, Clarke rit, toi aussi tu as remarqué que Rae s'était transformée en mini bombe à retardement.
Je m'apprête à dire à Clarke que ce n'est pas drôle et que j'aimerai bien la voir à la place de la sorcière, mais je suis coupée par les pleurs de Madi. Ma belle blonde s'apprête à y aller mais je la retiens. Je l'incite à rester à sa place, embrasse son front et me lève pour rejoindre la chambre avoisinante, celle de notre fille. J'allume la lumière et découvre la petite debout dans le berceau, étirant ses bras vers moi. Je viens la prendre en douceur, lui souris et lui demande doucement si elle a bien dormi. Je peine à croire qu'elle va bientôt avoir un an.
Je m'occupe d'elle puis descends pour le petit déjeuner ou je découvre Clarke avec le petit Thomas en pleine conversation. Leur complicité m'a toujours attendrie. À chaque fois que j'en suis témoin, je ressens un profond sentiment de plénitude. Je dépose Madi dans sa chaise haute et aussitôt Clarke lui présente son repas.
- Anya et Raven ne sont pas là, je constate étonnée.
- Elles ont encore dû dormir là-bas, Clarke hausse les épaules. Je ne sais pas si tu as remarqué mais quand elles ne sont pas là, Morgane ne fait pas d'entrer en grande pompe dans notre maison.
- Dommage qu'il n'existe pas de serrure anti-sorcière, je soupire. Morgane est vraiment invasive.
- Et encore, souligne Clarke, aucune de nous n'est sa fille ! Si ma mère osait s'introduire de cette manière dans ma maison, je lui dirais ma façon de penser !
- Tu as peur d'Abby, souligne Thomas en riant.
- Absolument pas !
- Juste un peu, je me moque en ébouriffant les cheveux du garçon et en embrassant sa joue, comment tu vas bonhomme ?
- Bien, il sourit.
- Mais vous dites n'importe quoi ! Je n'ai pas peur de ma mère !
- Si tu le dis, je lui fais un clin d'œil.
- Je peux aller voir Scarlet aujourd'hui ?
- Laquelle, demande Clarke, parce qu'une des deux m'inquiète en ce moment.
- La petite, s'amuse Thomas, Bellamy sera avec vous alors Echo est fatiguée, entre la grossesse et ses blessures. Je peux emmener Madi si vous voulez. On jouera tous les trois.
- Ça me va, Lexa ?
- Je n'ai rien contre.
- Melina viendra peut-être, il sourit à cette idée.
- Si c'est le cas, assure-toi de ne pas l'épuiser. Elle est encore assez faible.
- Je sais ! L'autre Scarlet, il bougonne et c'est trop mignon, il ressemble à Clarke, refuse toujours de lui adresser la parole, elle est triste.
- Ce silence entre elles ne va pas durer, je le rassure.
- T'es sûre ? Me prend de court Clarke. Parce que ça fait un mois !
- Clarke, je lui fais de gros yeux en désignant Thomas.
- Quoi ?
- Je crois, traduit Thomas, que Lexa ne veut pas que je m'inquiète.
- Et c'est un échec cuisant, je soupire.
Je sursaute légèrement alors que la porte d'entrée s'ouvre. Je souris en voyant Raven s'avancer dans le couloir puis Anya apparaît dans la cuisine. Elle souligne qu'elle meurt de faim en me souriant. Elle s'installe près de Madi et comme à son habitude dévore des plats qui ne conviennent pas à sa condition de loup mais j'ai arrêté de vouloir la faire changer sur ce point. Je crois que c'est peine perdue.
Je m'assois à table à mon tour. J'apprécie vraiment ce genre de moment. Je me sens particulièrement bien quand nous sommes tous réunis de cette façon, en famille. Raven arrive, elle passe près d'Anya s'arrête pour l'embrasser puis se perche sur le plan de travaille en lançant une clémentine à sa femme puis en épluchant une pour elle, en nous annonçant que Luna serait présente à la réunion avec le Haut Conseil.
Je lance un regard appuyé à Clarke pour qu'elle réagisse à cette annonce mais elle se contente de hocher les épaules. Je suis donc seule. Je retiens pour plus tard. Je change donc de cible pour fixer avec acharnement ma sœur qui est anormalement calme en sachant qu'elle va devoir passer plusieurs heures enfermées avec sa mère. Bon d'accord, je serai présente pour la soutenir, mais tout de même. Cette situation devrait un peu plus la perturber enfin je crois.
- Il y a un problème ? Demande-t-elle après un certain temps.
- Luna sera présente à la réunion, je souligne de la façon la plus neutre possible.
- Oui, c'est ce que je viens de dire, répond Raven en souriant.
- Je lui ai demandé de venir, précise Anya.
- D'accord.
- Okay, Raven fronce les sourcils, ce "d'accord" était carrément hostile. Je ne suis pas certaine de vouloir me mêler de cette histoire.
- N'ose même pas quitter cette pièce, la menace ma sœur quand elle la voit descendre de son perchoir, tu restes. Il n'y a aucune hostilité entre Lexa et moi. Je me trompe ?
- Je suis simplement surprise, j'argumente, Luna est passée d'ennemi public numéro un à : invitons là à une réunion qui peut déterminer tout notre avenir.
- Et Luna ne voulait pas venir, Raven ajoute, c'est à n'y rien comprendre.
- Mon instinct me dit que sa présence peut nous être bénéfique.
- C'est sûr, soupire Rae, si elle se fige de peur comme quand elle a entendu le nom d'Olsen, elle sera très utile. Je ne suis pas convaincue que Luna soit votre meilleur atout, à ce stade-là, autant invité ma mère.
- Pour que je commette un meurtre devant le Haut Conseil ? Très bonne idée.
- Elles recommencent, murmure Clarke à mon oreille, elles sont infernales.
- Je sais que ma mère est agaçante, assure Raven, mais pas au point d'en venir au meurtre.
- Tu crois, j'entends parfaitement la menace sous-entendue, vraiment ? J'ai les nerfs à fleur de peau et les hormones en fusion, ne me tente pas !
- Qu'est-ce que tu veux que nous fassions de plus ? Nous lui avons déjà parlé toutes les deux. Et, Raven la pointe d'un indexe dissuasif, ne dit pas : lui arracher la tête. C'est ma mère !
- Et bien ta mère commence sérieusement à me courir !
- Mais moi aussi, explose la sorcière.
- Génial, je tente de les arrêter, vous êtes tombées d'accord !
- Absolument pas, répondent-elles en cœur.
- Bien essayé, rit Clarke, vous voulez que j'aille chercher une feuille pour compter les points ?
- Pas la peine, répond Thomas en haussant les épaules, sans lever le nez de son bol, c'est Anya qui va gagner.
- Que ce gamin sorte immédiatement de cette cuisine, exige immédiatement la grande perdante désignée.
- Pourquoi, rit Anya, il devrait rester, il est doté d'une grande sagesse.
- C'est bon, soupire Raven, j'irai de nouveau lui parler.
- Est-ce que, tente Clarke, nous avons une chance de savoir quel est le problème ?
- Non, la négation tombe des deux côtés.
- Bien essayé, je charrie à mon tour ma belle blonde.
Le reste du repas se déroule sans une autre annonce détonante ou dispute entre ma sœur et sa femme. Je ne comprends pas comment elles peuvent passer autant de temps à ne pas être d'accord, tout en se soutenant perpétuellement contre le reste du monde. Clarke a ensuite rejoint la grande bibliothèque de l'école de Jaliah pour approfondir leurs recherches sur les Normes. Elles auraient, paraît-il, réponse à toutes les questions. Skye, Miles et Ash aimeraient les interroger sur les raisons de leur présence dans le passé alors qu'ils voulaient aider Jessica. On a beau essayer d'en apprendre plus sur cette dernière, personne n'a pipé mot à son sujet. Mais ils ont tout de même demandé l'aide de Clarke en qui ils semblent avoir une confiance aveugle.
Je viens de déposer Thomas et Madi chez Echo. Bellamy en a profité pour m'accompagner jusqu'à la salle où nous allons accueillir le Haut Conseil. Je sens sa nervosité, pourtant il ne dit pas un mot. Je suppose que s'il a eu le même genre d'approche que moi quand il les a rencontrés, son anxiété est justifiée.
- Ton pied va mieux, je constate alors que nous sommes presque arrivés.
- Ouais, j'ai bien cru que cette fois ça n'allait pas guérir. Il était complètement broyé.
- Tu vas certainement garder des cicatrices mais tu ne boîtes déjà presque plus.
- Anya m'aide beaucoup, il avoue à demi-mot.
- Elle est plutôt douée pour reconstruire les gens, j'assure avec un sourire.
- C'est vrai mais j'essaye de ne pas lui en demander trop. Elle a aussi énormément à gérer.
- Anya est ton alpha Bellamy, c'est son rôle de t'aider à te relever et de te renforcer, entre autres choses.
- Je sais, il hésite, soupire avant de reprendre, que tu as du mal à le concevoir Lexa mais Anya n'est pas seulement mon alpha. En fait, ce n'est absolument pas le premier descriptif qui me vient quand je dois la décrire ou que je pense à elle. Elle est mon amie, ma famille. C'est pour ces raisons là que j'ai envie de la protéger en aucun cas parce qu'elle a un ascendant sur moi. Avant Anya, j'ai eu deux autres alphas et jamais avant elle, l'un d'eux ne m'avait consulté, demandé conseil et simplement traité d'égal à égal. Tu sais combien de fois elle m'a demandé si j'étais certain de vouloir vous accompagner aujourd'hui ? Cinq fois, un petit rire lui échappe, elle aurait pu simplement me l'ordonner mais non, Anya, elle veut s'assurer de mon bien-être avant tout.
- Je sais comment elle est, j'assure avec une forme de nostalgie, c'est ma sœur.
- Tu y as déjà pensé, n'est-ce pas ?
- A quoi exactement ?
- Qu'Anya aurait pu devenir ton alpha.
Je me stoppe net en entendant ces mots. Bellamy fait quelques pas de plus, s'arrête puis se retourne avec un sourire compréhensif. Est-ce qu'il réalise à quel point son idée est dangereuse ? D'autant plus en sachant que nous nous apprêtons à nous confronter au Haut Conseil. Je pensais que je ne laisserais plus rien transparaître parce que oui, à un moment j'ai vraiment cru qu'Anya deviendrait mon alpha. Mais ce sentiment s'est rapidement estompé. Je suis moi-même devenue alpha et cette envie s'est simplement dissipée.
- Nous avions toutes les deux nos destins tout tracés, je réponds.
- Je sais ce que l'on ressent Lexa. Je suis aussi un alpha. Tu sais parfaitement ce qui va les effrayer eux. C'est cette dévotion que nous pouvons avoir envers elle, cette compréhension qui émane d'elle. Anya ne cherchera jamais à dominer personne, c'est pour cette raison que ton loup ne la rejettera jamais, qu'il l'accepte aussi facilement. Elle est unique en son genre.
- C'est ma sœur, je pointe de nouveau.
- Et c'est mon amie.
Je comprends où il veut en venir. J'ai simplement du mal à saisir pour quelle raison il n'est pas plus clair. Il veut bien essayer de me faire comprendre que lors de cette réunion, ils vont la tester et quand ils vont commencer à comprendre ce qu'elle est vraiment, ils vont en avoir peur. Anya sera en danger.
- Anya n'entre pas dans le moule, je souffle.
- Et elle n'y entrera jamais.
- Tu lui as fait part de tes inquiétudes ?
- Elle est persuadée que le seul enjeu de cette réunion est de déterminer si oui ou non, vous pourrez rester ensemble sur Hélys. Nous savons tous les deux ce que fait vraiment le Haut Conseil ici. Ils viennent à cinq, depuis que tu es l'alpha des Trikrus, combien de fois as-tu eu à faire à cinq d'entre eux en même temps.
- Jamais.
Je réfléchis à toute vitesse pour comprendre exactement ce que tout ceci peut vouloir dire. Je peine à croire que je ne me sois pas posé ces questions plus tôt. J'étais moi aussi bien trop obsédée à l'idée de perdre ma sœur que je n'ai pas assez réfléchi. Bellamy est encore plus loyal envers Anya que ce que je pensais. Il veut véritablement la protéger sauf que cette fois, le danger est bien plus subtil.
- Ils sont là pour évaluer Anya. Elle leur fait peur.
- Et que font-ils à ce qu'ils ne comprennent pas ou ce qu'ils ne peuvent pas contrôler ?
- Je ne les laisserai pas toucher à un seul cheveu de ma sœur !
- Nous sommes donc d'accord.
- Même si tu n'avais rien dit, je m'agace, je l'aurai protégée !
- Je sais. Je ne suis pas idiot. La différence c'est que maintenant comme moi, tu seras plus attentive et consciente du danger. Je suis encore blessé Lexa. Tu comprends ?
Oui, je comprends parfaitement. Il est effrayé à l'idée de ne pas être assez fort et rapide pour la protéger. Il ne voulait pas s'assurer de mon soutien qui est simplement naturel, mais que, comme lui, tous mes instincts seraient ancrés sur le danger qu'ils représentent pour elle. Je sens mon loup s'éveiller. Il est fou de rage à l'idée que ceux que nous daignons inviter puissent s'en prendre à notre sœur.
Clarke a bien fait de me secouer tout à l'heure. Je crois que sans son intervention, je me sentirais bien démunie à cet instant. Mais grâce à elle, tous mes sens sont éveillés. Je suis prête à les affronter, à me battre pour garder notre famille au complet et à protéger ma sœur.
- J'ai encore une question. Si j'avais su, je te l'aurais posé avant que tu sois remontée à bloc alors promet-moi de ne pas surréagir.
- Viens en aux faits Bellamy !
- Qu'est-ce qu'elle, il pointe l'horizon du doigt et je découvre que Luna est arrivée avant nous, fait là ?
- Anya lui a demandé de venir.
- Pourquoi ?
- Pas la moindre idée. Je n'approuve pas.
- Elle pourrait peut-être nous aider à protéger Anya si mes craintes se révèlent être vraies.
- Je ne suis pas certaine d'avoir confiance en elle.
- Hum. Pareil.
Nous continuons d'avancer et nous arrêtons seulement une fois devant la mère d'Anya. Elle ne réagit pas à notre présence. Je fronce les sourcils, quelque peu agacée par ce manque d'attention. Elle pourrait au moins nous saluer. Puis je remarque que toute sa concentration est fixée sur un objet, on dirait une simple pierre blanche. Son regard est comme absorbé par l'objet, elle semble bien loin de la réalité comme égarée dans un monde bien loin du nôtre. Je me racle donc la gorge et tente d'être poli et pas du tout condescendante quand je dis :
- Bonjour Luna.
En m'entendant, elle sursaute, cligne des paupières un nombre incalculable de fois, se les frotte avant de lever les yeux vers Bellamy et moi. Elle nous sourit mais elle ne me trompe pas. Je devine avec une facilité déconcertante son inquiétude. Qu'a dit Raven tout à l'heure ? Elle s'est figée à la simple évocation d'un nom. Est-ce qu'elle aurait peur ? Dans ce cas, pour quelles raisons aurait-elle accepté de venir, même à la demande d'Anya ?
- Bonjour Lexa, elle se lève pour me saluer respectueusement, Bellamy, elle lui sourit affectueusement. Je suis désolée, elle range la pierre dans la poche de son pantalon, j'étais quelque peu égarée dans un souvenir. Anya, elle se retourne, n'est pas encore arrivée.
- Je sais, elle a été retenue avec Raven à la maison.
- J'espère que ce n'est pas encore Morgane, elle passe une main dans ses cheveux, à force des les suivre partout, elle va les rendre folles toutes les deux.
- C'est quoi cette histoire avec Morgane exactement, je ne peux m'empêcher de demander, elles se sont disputées ce matin à ce propos.
- Disputées, Bellamy rit, mais enfin Lexa, elles ne se disputent jamais.
- Oh c'est bon, je souris tout aussi amusée, elles ne sont pas là pour se défendre. Ce sont clairement des disputes et elles sont interminables.
- Clairement, Bellamy secoue la tête, moqueur envers son alpha et sa femme.
- Nous sommes tous d'accord, à part elles, pour dire qu'Anya et Raven passent le plus clair de leur temps à se disputer. Bref, c'est quoi le problème : Morgane ?
- Elle veut briser leur mariage.
Luna énonce cette réponse, je crois sans s'en rendre compte. J'ai la sensation qu'elle n'est pas vraiment avec nous. Son corps est là mais son esprit me semble bien loin. Mais je n'ai pas le temps de m'épancher parce que cette nouvelle information à propose de Morgane me rend d'abord perplexe puis complètement furax. C'est quoi son problème exactement ? Je sens aussi la colère de Bellamy à cette annonce. Et comme si elle venait de comprendre, Luna reprend précipitamment :
- Pas le couple ! Attention, Morgane n'a absolument rien contre Anya ou le fait qu'elle partage sa vie avec Raven. Ce n'est pas le problème. Juste, elle se racle la gorge en faisant une pause, le mariage.
- Je ne vois pas où est le problème, tente Bellamy.
- Même sans le mariage, je le soutiens, elles passeraient le plus clair de leur temps ensemble.
- Ce sont des principes fondamentaux, Luna hoche les épaules, les sorcières de Sang ne se marient pas, à point c'est tout. Je crois que Morgane a parlé de prison.
- Est-ce que Morgane, reprend Bellamy incertain, a au moins conscience que Rae fait partie de la meute ?
- Houlà, un sourire moqueur échappe à Luna, je crois que Morgane s'est mise des œillères sur ce point. Mais elle finira par le voir et l'accepter parce qu'il n'y a rien de plus important pour Morgane que le bonheur de sa fille.
Je suis obligée de retenir une pique du genre : "Pas comme toi". Mais je pense que ce n'est pas le moment de me mettre Luna à dos. Nous avons tous conscience du mal qu'elle a fait à Anya. Je n'aime pas le fait qu'elle essaye de se rapprocher de ma sœur ou qu'elle cherche son pardon. Je ne suis pas certaine qu'elle le mérite. Mais surtout, j'ai peur à l'idée que Luna puisse encore plus lui faire de mal si c'est possible.
Je sais que nous sommes censés croire aux secondes chances dans notre famille seulement, l'accorder à Luna en sachant tout ce qu'elle a fait subir à ma sœur c'est juste trop difficile.
Mais encore une fois, ce n'est pas le moment. Je dois rester concentré sur ce qui va advenir dans les prochaines heures. Et je dois croire comme Bellamy que si tout part en vrille que Luna nous aidera à protéger Anya. J'espère…
- Alexander, je tente de changer de sujet, sera-t-il des notre ?
- Certainement pas, son ton glacial n'augure rien de bon.
- Et bien, Bellamy fronce les sourcils, ça a le mérite d'être une réponse ferme et définitive.
- J'avoue que si j'avais pu avoir Clarke à mes côtés, je me serais sentie plus rassurée, je fais ce constat à voix haute pour essayer de comprendre la démarche de Luna.
- Croyez-moi, dans cette situation Alexander n'aurait pas été un atout.
- Pour Lexa et moi, c'est logique de ne pas emmener celles qui partagent nos vies. Un dragon et un semi-démon aurait fait mauvais genre, mais votre compagnon est un loup.
- Il est aussi à leurs bottes, précise-t-elle, et nous ne voulons pas qu'ils gagnent cette bataille, n'est-ce pas ? D'autant que, encore une fois elle semble s'évaporer de son propre corps tout en poursuivant, je ne suis pas certaine qu'il prendrait le parti d'Anya si les choses tournaient mal.
Sérieusement ? Tous le monde, même Luna, à penser qu'ils pourraient avoir de mauvaises intentions à l'égard de ma sœur, sauf moi ? Je vais finir par très mal le prendre. Anya m'a pourtant apprise à voir plus loin. Alors, qu'est-ce qui m'arrive ?
- En fait, la voix de Bellamy me reconnecte à l'instant présent, tu ne m'as pas dit pourquoi Anya et Rae sont en retard.
- Et, ils n'aiment pas vraiment attendre, souligne à juste titre Luna.
- Nous avons encore un peu de temps, je constate en consultant ma montre, elles vont arriver.
- Et donc, Bellamy sourit, elles sont en retard parce que…
- Tu n'auras qu'à leur demander quand elles seront là, je hausse les épaules en faisant tout pour ne pas montrer mon inquiétude.
- Sérieusement ?
- Si Anya est comme je l'ai été, Luna me fixe comme pour lire dans mes yeux la confirmation de ce qu'elle s'apprête à révéler, elle doit être terriblement malade. Les trois premiers mois ont toujours été un véritable calvaire ! Et j'ai eu sept enfants, elle souligne amèrement.
- Anya se sent mal à cause de sa grossesse ? Clairement Bellamy panique, c'est pour cette raison que je ne voulais rien lui dire. Pourquoi elle ne nous a rien dit ? Nous aurions été plus attentif, plus… qu'est-ce qu'elle a exactement ? Echo est simplement fatiguée, il n'y a aucun autre symptôme.
- Tout va bien Bellamy, j'essaye de le rassurer, elle a seulement mal au ventre, se sent pâteuse, nauséeuse et à du mal à garder quoi que ce soit dans son estomac.
- C'est ta définition d'aller bien ?! S'étrangle-t-il presque.
- Elle m'a sommé de ne pas m'inquiéter en m'assurant que c'était tout à fait normal alors je fais en sorte de ne pas la contrarier. Même si je dois avouer surtout vouloir éviter qu'elle me balance de nouveau un fer à repasser chaud en pleine tête comme la dernière fois où j'ai eu l'audace de lui demander si elle allait bien. Raven s'en occupe.
Et pour une fois, je dois avouer que cette situation m'arrange particulièrement. J'ai rarement été aussi heureuse de ne pas pouvoir m'occuper de ma sœur. Je n'envie absolument pas la situation de la sorcière même si, lorsque Raven veut s'assurer que ma sœur se porte bien, cette dernière ne lui hurle pas dessus comme avec moi. Je ne sais pas pour quelle raison Anya reste calme quand il s'agit d'elle et seulement d'elle. Elles passent leur temps à se disputer, mais ce point en particulier ne semble pas agacer Anya alors que lorsque c'est quelqu'un d'autre qui demande, elle explose.
- Raven s'en occupe, répète Bellamy incertain.
- Tout à fait et crois-moi, c'est mieux comme ça. Je te remercie Luna, maintenant toute sa meute va débarquer dans notre maison qui va se transformer en véritable champ de bataille.
- Je vois, un rire échappe à Luna, elle ne s'est pas transformée depuis qu'elle sait ?
- Non, je panique subitement, pourquoi ?
- Pour rien, elle hoche négligemment les épaules, si Anya a pris de moi et de, elle se coupe brusquement, baisse les yeux et la gorge nouée reprend, son père, ses instincts de protection doivent être décuplés.
- Décuplés à quel point, je m'inquiète, parce que de base Anya est déjà super protectrice. Tu as déjà essayé d'approcher son chat ?
- Donc, intervient Bellamy, nous estimons que c'est toujours un chat.
- Nous ne savons pas ce que c'est donc oui : c'est un chat ! Je suis très sérieuse une fois Anya m'a cassé une jambe parce que, et je la cite mot pour mot : "tu as failli écraser la queue de Blue, désolée.". Donc, Luna je te le demande avec tout le sérieux du monde. Est-ce que je suis encore en sécurité dans ma maison ?
- Je ne sais pas, répond honnêtement Luna, mais je dois avouer que cette dernière ne me convient pas, peut-être qu'Anya est juste malade et que ses instincts sont restés les mêmes. Je dis juste que lorsque moi, j'étais enceinte je me transformais en, elle fronce les sourcils, comment s'appelle ces petites choses dont Moe me parlait tout le temps enfant, ils venaient d'un film je crois. Je sais, elle claque des doigts, en véritable gremlins.
Je ne sais pas ce qui m'interpelle le plus, le fait de savoir que ma sœur peut se transformer en horrible monstre assoiffé de sang, que Luna puisse connaitre les gremlins et qu'elle puisse avoir une notion de ce qu'est un film alors qu'elle est née et a vécu il y a plus de 500 ans ou d'apprendre aussi abruptement qu'elle connaît Moe depuis qu'elle est enfant. J'échange un regard avec Bellamy et je crois que nous nous posons les mêmes questions. Je pense que comme moi, il ne sait pas laquelle de ces informations est la plus importante, ni laquelle nous devons essayer de creuser.
Je suis en proie à des interrogations qui sont sur le point de me faire exploser quand je vois apparaître au loin Anya et Raven main dans la main. Je suppose que je vais devoir attendre pour avoir des réponses. Ce qui n'est pas plus mal, parce que j'ai besoin de faire le point.
- A ton avis, Bellamy se penche pour que je sois la seule à l'entendre, je lui demande si elle va bien ou non ?
- Evite, je grimace, juste au cas où.
- Super, il étire le mot avant de sourire en s'approchant de son alpha, la prenant dans ses bras, je suis content de te voir Anya.
- On s'est vu hier, rit-elle quand il s'éloigne.
- Oui mais aujourd'hui, tu n'as pas l'intention de me torturer, là est toute la différence. Salut Rae !
- Blake, sourit cette dernière, j'ai presque cru que tu allais me rejoindre dans l'équipe des jambes inutiles, espèce de lâcheur !
- J'ai fait de mon mieux pour te ressembler, plaisante-t-il, mais Anya était trop déterminée à me remettre debout.
- Ouais, grimace la sorcière, mon pauvre.
- Comment ça, Anya fronce les sourcils, mon pauvre ?
- Je subis aussi, Raven lève sa main droite, une rééducation dirigée par tes soins, tu es un horrible dictateur, c'est l'enfer !
- Tu fais disparaître tout ce qui pourrait servir à te soigner correctement et te faire progresser.
- Oui, mais je me doute que si tu arrivais à tes fins, je subirais un véritable enfer. Et tous mes doigts bougent, elle s'exécute, je n'ai presque plus mal, elle sourit victorieuse, pas besoin de me torturer.
- Est-ce que par hasard, le ton d'Anya est menaçant, tu aurais oublié que je ressens tout ce que tu ressens ?
- Oups, sourit Rae en arrêtant d'agiter ses doigts, grillée. Bon, reprend-elle brusquement, changeons de sujet ! Qui est prêt à accueillir le Haut Conseil ? Je propose une ola de bienvenue, des banderoles et tout le tintouin. Qu'est-ce que tu fais Luna ?
- Je les verrais bien assez tôt, répond-elle d'un air triste en entrant dans la salle puis en claquant la porte.
- Je plaisantais, vous le savez tous, n'est-ce pas ? Vous comptez bien les ratatiner pour que nous obtenions exactement ce que nous voulons.
- Evidemment, Anya l'embrasse sur la joue, ne t'inquiète pas. Fais-les entrer pour qu'on en finisse au plus vite.
- Souviens-toi de ce que nous avons convenu, pas de tête arrachée.
- Tu n'es pas drôle, sourit ma sœur, mais une promesse est une promesse.
- Si je ne peux pas entrer avec vous, je resterai au plus près, le regard de Raven passe de Bellamy à moi puis s'arrête sur Anya, s'il y a le moindre problème, je les renvoie chez eux en à peine un battement de cils. Aucun de vous n'oublie qu'ils sont nos invités, nous pouvons les chasser à tout moment. C'est clair ? Et nous avons décidé avec Anya, Rae place sa main sur le ventre de celle-ci de façon à le protéger, qu'il valait mieux éviter de parler de sa grossesse.
- Je suis d'accord, acquiesce Bellamy.
- C'est une bonne décision, je confirme. Ils ne le sentiront pas ?
- Tu y arrives, demande Anya, à le sentir ?
- Pas vraiment. C'est étrange d'ailleurs.
- Je te l'avais dit, sourit Raven, cette petite sait comment se protéger. Pas d'imprudence.
Après la confirmation de sa femme, Raven fait apparaitre les cinq membres du Haut Conseil avec une facilité déconcertante. Ils semblent d'abord tous étourdis par ce voyage, mais, sans surprise, reprennent rapidement une constance. Je connais bien Kouznetsov et Sobakine, les russes, j'ai souvent eu à faire à eux. Je ne les apprécie pas. Ils sont misogynes au possible et respectent les règles ancestrales d'une façon presque malsaine. Mais les trois autres sont pour moi totalement inconnus. Je les reconnais parce que je suis capable de déterminer de quelle meute ils sont les alphas.
Beaunay, un petit blond qui d'apparence n'est pas effrayant, ne semble pas avoir dépassé la cinquantaine est l'alpha d'une des trois grandes meutes de France. De part les histoires, je sais que je ne dois pas me fier aux apparences. Il a en vérité presque deux cents ans, c'est certainement le plus jeune des cinq et est décrit comme beaucoup comme un monstre. Il fait partie de ceux qui collectionnent les héritières Lucas, celle qui porte la marque à leur poignet pour renforcer ses rangs. Il est dit qu'il les traite comme de vulgaires esclaves. D'instinct, je me rapproche d'Anya. Je ne supporte pas l'idée qu'il puisse la toucher, pas même pour la saluer.
Haas à l'air d'un vieux monsieur. Il a les cheveux et une longue barbe blanche, mais il a encore une carrure de jeune homme, tout en muscles. Pour lui aussi, sa réputation le précède. Il a engendré plus de fils que n'importe quel autre mâle alpha avec une seule et même femme qui était alors humaine. Il est fidèle et droit. Il ne s'est jamais remarié. Sa meute est restée familiale, mais tous ses membres ou presque sont reconnus. Il a aujourd'hui tellement d'héritiers qu'il en ferait pâlir de jalousie plus d'un. On dit qu'il n'était qu'un jeune loup inexpérimenté, lorsque Luna est venu au monde mais que plus tard, lorsqu'elle a grandi sa façon de diriger la meute des Lucas, l'a inspiré. Il lui arrive fréquemment d'accueillir des métamorphes au sein de sa meute. Je pense que de tous ceux présents aujourd'hui, c'est le plus ouvert d'esprit. Certainement notre seul allié possible en cas de grosse divergence.
Il reste donc Olsen, il semble être au milieu de la vingtaine. Je ne sais pas grand-chose de lui, hormis qu'il est le plus âgé de tous les membres du Haut Conseil réunis. On dit même que c'est lui qui l'a fondé, il y a des siècles de ça. Ce serait donc lui qui serait à l'origine de toutes nos lois. Il ne m'inspire pas confiance. C'est son loup. Je sens sa cruauté d'où je me trouve.
- Bonjour, sourit ce dernier, ce qui confirme mon instinct, il est pourri jusqu'à la moelle, je suis heureux de faire votre connaissance. Vous nous connaissez tous, continue-t-il avec un culot qui finit de me mettre mal à l'aise, évidemment nous n'avons pas besoin de nous présenter. Et vous êtes Bellamy Blake, il vient lui serrer la main, je sens aussi le malaise de ce dernier, la jeune et prometteuse Lexa Woods, j'accepte de lui serrer la main à contre cœur, et la dernière mais pas des moindre, la cachée et inconnue Anya Lucas, le regard de ma sœur tombe sur son membre tendu, elle échange un regard avec sa sorcière, un problème jeune fille ?
- Je n'ai pas la moindre idée de qui vous êtes, répond-elle avec un aplomb qui me ferait mourir de rire si je ne sentais pas toute la tension environnante, et je ne suis pas la dernière, elle croise les bras pour clairement lui faire comprendre qu'elle n'a pas l'intention de lui serrer la main, vous avez oublié, et à mon sens c'est un véritable manque de respect aussi bien pour elle que pour moi, ma femme, Raven Reyes. Vous nous excuserez mais, le regard d'Anya est meurtrier, nos mains sont assez sensibles.
Un silence de mort suit l'intervention d'Anya. Les quatre autres membres du Haut Conseil la dévisagent avec effroi, même Haas. Je crois bien que nous venons de perdre notre seul potentiel allié. Anya aurait au moins pu éviter d'avouer haut et fort qu'elle ne les connaissait pas, tout le monde sait, elle la première, que les mâles alphas ont une fierté de petit coq impétueux. Je tourne la tête vers Bellamy qui aborde un sourire en coin en secouant la tête de droite à gauche. Je repense alors à notre conversation. Il est clair que ma sœur, son alpha, ne rentrera jamais dans le moule. Nous allons devoir redoubler de prudence.
- Je croyais que nous nous étions mises d'accord, reprend Raven, certainement la seule assez courageuse pour désamorcer cette situation, pour que tu ne fasses pas de coup d'éclat.
- Il t'a complètement ignoré, répond du tac-au-tac ma sœur. Il y a des limites à ce que je peux supporter. En plus, il me tend sa main droite, elle secoue la tête, hors de question, ça nous ferait trop mal.
- Je crois que je peux le supporter, tente Rae.
- J'ai dit, hors de question ! Donc, elle croise de nouveau le regard d'Olsen qui se contient assez mal, même moi je sens que son loup est malveillant et dangereux, reprenons du début, voulez-vous. Qui êtes-vous ?
- Olsen, aboit-il en fulminant, évidemment.
Par pitié, je pense en mon fort intérieur. Par pitié Anya, ne dit pas : jamais entendu parler. Bien que j'imagine que ce soit le cas. Après tout, niveau histoire ma sœur a d'énormes lacunes. D'une part parce qu'elle a été élevée par un humain et d'autre part parce que purement et simplement, elle s'en contre fiche.
- Evidemment, je sursaute légèrement quand ce n'est pas la voix d'Anya qui prononce ce mot, Olsen, un petit rire suit le patronyme de ce dernier, ça fait combien de temps ? Quelque chose comme 100, 110 ans, je tourne la tête et écarquille les yeux en voyant Moe qui s'est légèrement mise en avant par rapport à ma sœur comme pour la protéger de son corps, non, je sais c'était il y a seulement 32 ans, je crois que le plus surprenant c'est de voir la jeune alpha en robe, le tissu noir marque parfaitement sa taille, s'arrête un peu au-dessus de ses genoux et comporte un dos travailler que je trouve magnifique, si je me souviens bien, je fronce les sourcils en remarquant qu'en revanche, elle ne porte pas de chaussures, tu as essayé de la tuer. C'était un échec cuisant, elle sourit comme si on venait de lui annoncer qu'elle était invitée à un buffet à volonté gratuit, bien que le coup de la laisser se vider de son sang seule dans une ruelle déserte alors qu'il neigeait aurait pu fonctionner. Mais bien essayé !
- Moëilla, il crache son prénom comme une insulte, que fais-tu ici, il regarde dans tous les sens, ton monstre est avec toi ?
- Détends-toi un peu Olsen, elle lui tapote le bras, de façon si irrespectueuse que je suis à deux doigts d'intervenir, je suis seule. Tu n'auras que moi à gérer, elle rit de nouveau. C'est un soulagement, n'est-ce pas ? Salut, prononce-t-elle avec une pointe d'insolence, à vous quatre aussi. Kouznetsov, Sobakine, comment vont vos fils, ils grognent tous les deux à cette question, si bien que ça, s'amuse Moe, c'est une joie de l'apprendre. Beaunay j'ai appris que depuis quelque temps, aucune de tes femmes ne parvenaient à tomber enceinte, il accourt vers elle dans le but précis de la blessée, mais il est stoppé net par Olsen.
- Tu as fini, demande-t-il avec colère, tu es toujours aussi impolie que dans mes souvenirs !
- Non, je n'ai pas fini.
- Moe, je tente de l'arrêter avant de me souvenir qu'elle ne m'entend pas.
- Comment se porte ta femme Olsen ? Il y a une rumeur qui court à son sujet. On dit qu'elle est mourante.
- Dois-je comprendre, Olsen est furieux, que tu nous menaces Moëilla ?
- Vous menacez, son sourire est quelque peu effrayant, je n'oserai jamais enfin.
- Et bien moi, intervient Haas en écartant Olsen de son chemin, je suis heureux de te revoir petite, la bienveillance dans ses propos m'étonne, tu n'es pas venue me voir depuis des années. Je n'espérais pas te trouver ici, c'est une bonne surprise, il sourit avec tendresse puis il penche la tête sur le côté l'air inquiet, approche sa main pour frôler ses oreilles, que t'est-il arriver petite ?
- Rien du tout, elle tente de le rassurer, en prenant doucement sa main dans les siennes, ne t'inquiète pas.
- J'espère pour eux qu'ils n'ont rien à voir avec cette blessure, il gronde avec colère, puis il se retourne vers les quatre autres, j'espère vraiment pour vous qu'aucun de vous n'est responsable de cette lésion. Je croyais avoir été claire la dernière fois, surtout avec toi Olsen, la petite est sous ma protection.
- Ce n'était pas eux, Moe sourit quand il pose de nouveau ses yeux sur elle, et je n'ai pas été celle qui a été tailladée, ce n'était rien d'autre que l'écho de sa douleur à elle. Et puis à tout te dire, elle passe les doigts de sa main gauche, derrière son oreille, au niveau de la cicatrice, encore et toujours le même tic, je trouve que c'est mieux ainsi. Je suis plus attentive à tout ce qui m'entoure. Je plains le pauvre fou, elle prend le temps de fixer chacun des quatre autres visages, qui voudrait s'en prendre à moi.
Moe leur sourit avec une assurance et une arrogance qui me font frémir. Sa façon d'être et de parler, elle est tellement différente de ce que j'ai appris à connaître d'elle ces deux dernières années. J'ai la désagréable sensation de me trouver avec une personne totalement différente.
Puis, comme au ralentit, Moe se met sur la pointe des pieds. Elle murmure à l'oreille de Haas, sa voix est imperceptible même pour moi. Je ne peux qu'être inquiète de ce qui peut être dit entre eux. D'autant plus quand je vois le regard du membre du Haut Conseil s'assombrir, mais elle ne doit pas en avoir conscience puisqu'elle continue et bientôt sa mâchoire se crispe et elle poursuit encore ses propos. N'a-t-elle aucune notion du danger ? Il est dit que Haas est magnanime, patient et gentil mais il ne faut peut-être pas le pousser à bout.
- J'ai compris, sont les premiers mots qui nous sortent de ce moment quasi irréel mais je ne crois pas que Moe ne les perçoit pas. Tu peux compter sur moi petite.
- Je sais, est sa seule réponse.
Ils échangent un regard emplit de complexité, je suis incapable de comprendre ce qu'il signifie. C'est comme s'ils se connaissaient depuis toujours, ce qui est impossible. Moe est bien trop jeune. Je sais qu'il ne faut pas se fier aux apparences mais comme j'ai pu deviner les âges de tous nos invités, je sais au plus profond de moi que Moe n'a pas encore vingt ans. Je sais maintenant qu'elle vient du futur mais elle n'est tout de même pas capable de se déplacer seule à travers les siècles. C'est… Elle est seulement lycanthrope.
A moins qu'elle nous ait trompé sur ce point.
Non. Il y a un loup en elle. Je le sens. Est-ce que je l'ai déjà vu se transformer ? Je secoue la tête, qu'elle change ou non de peau n'a pas d'importance. C'est une alpha née. J'en suis certaine et qu'importe s'il y a autre chose en elle, sur ce point, elle ne peut pas mentir. C'est tout simplement impossible.
En pensant à ses mots, je tourne assez la tête pour fixer Raven. Je sais que d'après elle rien ne reste bien longtemps impossible dans ce monde, mais tout de même. Cette fois j'y crois vraiment. Les membres du Haut Conseil nous invite à commencer la réunion, sans surprise sans la sorcière et ils appuient presque tous bien particulièrement sur ce point. Rae embrasse ma sœur sur le front avant de lui murmurer quelques derniers mots puis elles se séparent, non sans qu'Anya ne se retourne une dernière fois pour lui sourire.
Quand nous entrons dans la salle, Bellamy ferme la porte, j'avance pour m'installer automatiquement à ma place. J'invite ma sœur à venir à côté de moi et c'est en relevant les yeux pour inviter les autres alphas à s'asseoir où ils le souhaitent que je remarque qu'ils fixent tous sans exception un point bien particulier. En suivant le fils invisible de leur regard, je remarque que c'est Luna qui a toute leur attention. Contrairement à eux, elle a les yeux baissés. Je crois qu'elle fait tout pour les ignorer. Ils se mettent en place dans un brouhaha sourd.
- Luna, j'entends une certaine rancœur dans la voix d'Olsen, peut-être même une connotation de trahison, je suis heureux de te revoir, son sourire est effrayant, j'aurai aimé que tu nous préviennes de ta présence ici aujourd'hui et surtout que tu te signales dès que tu es réapparue d'entre les morts, Luna ne laisse rien paraître pourtant, je sens qu'elle a peur de lui. D'entre tous, je n'aurai jamais cru que toi tu oses nous mentir. Anya, ta fille, n'est-elle pas censée avoir été tuée par Lyssa ? Dois-je comprendre que tu as été malhonnête sur d'autres points ?
- Où se trouve Alexander, intervient aussitôt après Sabakine, voilà quelqu'un à qui nous pourrions faire confiance aveuglément. Un vrai mâle alpha digne de ce nom. J'exige sa présence ici avec nous.
- Je suis désolée, je crois déceler un léger tremblement dans la voix de Luna, mais Alexander ne se joindra pas à nous. Je ne partage pas votre confiance, je remarque qu'une nouvelle pierre blanche à été déposée devant la mère d'Anya, et vous n'avez rien à exiger sur ce point. Je suis son alpha, comme vous l'avez voulu.
- Il n'en reste pas moins, grogne Kouznetsov, que vous nous avez menti sur le sort de votre enfant, il lance un regard terrifiant à Anya. Votre devoir était de nous confier l'éducation de toute votre progéniture au moins six mois pour chaque membre du Haut Conseil pour qu'ils deviennent notre héritage.
- C'est quoi cette histoire, s'étrangle presque ma sœur.
- Quand on voit, Luna sert les poings, ce que vous avez fait de Lyssa, je suis heureuse d'avoir pu épargner au moins à un de mes enfants votre influence.
- C'est un sacrilège, aboie Olsen en frappant durement son poing sur la table, nous rendant tous de marbre sauf Luna qui sursaute, comment as-tu osé ? Elle, il pointe Anya du doigts, nous appartenait ! Si tu avais vu comment elle, il crache ce mot comme une insulte, a osé s'adresser à moi tout à l'heure, tu aurais compris à quel point ton erreur a pu avoir des conséquences catastrophiques !
- Je crois au contraire, elle saisit le galet blanc entre ses doigts, que c'était une des meilleures décisions de ma vie, il se met à briller comme un diamant, une des seuls que j'ai prise moi-même, puis elle le repose. C'est justement le fait qu'Anya ne vous appartient pas qui la rend aussi exceptionnelle. Je dois vous dire, je sens enfin son assurance revenir, que tout ce que j'ai pu faire pour la garder loin de vous, n'est rien en comparaison de ce que je pourrai accomplir aujourd'hui si vous osez vous en prendre à elle.
- Tu n'as jamais aimé Lyssa.
Ces mots me choquent. Qui pourrait croire une seule seconde que Luna ait pu ne pas aimer sa fille aînée. Nous savons tous que si elle a fait tout ce mal à Anya, c'était pour protéger Lyssa. J'ai même été témoin de cette dévotion envers sa fille. Je l'ai vu de mes yeux quand j'ai voyagé dans le temps. Tous ce qui importait à Luna c'est que le monstre qui lui servait de fille soit protégée, qu'importe les conséquences pour sa cadette.
- Lyssa me répugnait.
Cette réponse n'était pas du tout celle que j'attendais. Je me retourne brusquement et Anya aussi vers Luna pour fixer son profil. La détermination dans ses yeux m'indique qu'elle ne ment pas. Pourtant, j'ai été témoin du contraire. Le sourire de Moe qui est assise à côté de la mère de ma sœur est un autre indicateur qui prouve son honnêteté.
- Mais je crois que nous ne sommes pas ici pour parler du passé, soupire Luna.
- En effet, l'irritabilité s'entend parfaitement dans la voix d'Olsen, dois-je comprendre que la meute des Lucas séjourne aussi sur cette île.
- C'est exact après que Lexa et Anya m'en aient donné l'autorisation, j'ai décidé de rester ici.
- C'est inadmissible, explose-t-il. Je n'accepterais jamais que trois meutes résident sur le même territoire, ça va à l'encontre de toutes nos lois.
- Tu ne devrais pas oublier Olsen, l'intervention de Moe me surprend, que Lexa n'est pas une simple alpha mais Heda.
- Et alors ?
- Je l'ai reconnue en tant que tel, répond Anya calmement. Lexa m'apporte sa protection et son soutien et j'en fais de même. Nous ne sommes pas deux meutes distinctes mais une famille.
- Vous voulez dire, Olsen s'agace de plus en plus, qu'une alpha comme vous, aussi puissante et unique, l'héritière de Luna, la première femme lycanthrope, accepte l'autorité d'une autre personne. Je ne peux pas le croire ! Nous avons déjà essayé de faire plier votre mère et votre sœur, à les soumettre à de vrais alphas, des loups dignes de ce nom, elles ont toujours résisté. Et vous, vous vous feriez assujettir ? Je ne marche pas, un rire mauvais lui échappe, pas après votre coup d'éclat à notre arrivée.
- C'est parce que, j'interviens, il ne s'agit pas d'autorité ou de soumission, j'accentue mon regard sur chaque membre du Haut Conseil, mais de confiance. Anya sait que je n'abuserais jamais du pouvoir qui est le mien en tant que Heda sur elle. Mon loup ne cherche pas à la dominer, mais à la comprendre et peut-être un jour à l'égaler.
- Vous estimez, demande Haas, qu'Anya est plus puissante que vous ?
- Encore une fois, je soupire, il ne s'agit pas de puissance.
- Pourquoi, reprend Beaunay avec dédain, vouloir chercher à l'égaler dans ce cas ?
- Parce que, l'intervention de Moe me fait légèrement sursauter, Anya a quelque chose en plus, une compréhension de ce monde qui nous dépasse tous. Quand elle vous regarde, elle vous voit vraiment. Il n'y a pas de faux semblant. Anya ne cherche pas à écraser ou soumettre comme vous. Non, elle choisit de tendre la main, d'aider, transmettre ses connaissances et de donner son amitié ou si vous êtes chanceux son amour. Toujours.
- Moe ne m'adresse jamais la parole, murmure Anya à mon oreille, comment elle peut dire tout ça ?
- Dans ses yeux, continue la jeune alpha avec une infinie tristesse, nous nous révélons tous tel que nous sommes vraiment. Voilà pour quelles raisons nous cherchons tous ici à l'égaler.
Je remarque que Luna attire l'attention de Moe puisqu'elle agite ses mains dans ce que je devine être une langue des signes. Le sourire de la plus jeune à ses paroles sans son me brise le cœur. Il y a une telle tristesse. Puis elle répond, à son tour en faisant des gestes incompréhensibles. Je suis admirative, mais aussi un peu surprise de cette complexité que je devienne entre elles, puis subitement c'est l'inquiétude qui efface tout. Que pense Anya de cette relation ?
- Et vous, cette fois c'est Kouznetsov qui intervient, Bellamy Blake qu'avez-vous à dire ?
- Anya est mon alpha.
- Votre alpha, un rire glaçant sort des lèvres d'Olsen, vous êtes un alpha né Bellamy Blake. Et si j'ai pu concevoir que vous ayez choisi de suivre votre sœur par loyauté pour votre sang, Vous n'êtes pas le genre d'alpha à suivre, vous êtes un dominant, réveillez-vous !
- Faites attention à ce que vous dites, intervient Anya, menaçante.
- Tout va bien Anya, Bellamy sourit, j'ai l'habitude.
- Ce n'est pas une raison pour que tu acceptes qu'ils te parlent sur ce ton !
- Je ne l'accepte pas, assure-t-il calmement et c'est seulement quand il croise le regard de ma sœur que je perçois l'animosité de son loup, mais nous avons tous des personnes à protéger, il baisse les yeux à peine une seconde sur le ventre d'Anya, je refuse qu'ils trouvent une excuse pour nous faire du mal. Ne t'inquiète pas pour moi Anya.
- Tu est un idiot, souligne cette dernière amusée.
- Et toi une maniaque du contrôle, réponse qui lui vaut un petit coup de poing dans le bras, aïe.
- Chochotte.
- Brute.
- Femmelette.
- Emmerdeuse.
- Plus sérieusement, le regard d'Anya dévie pour se fixer sur Olsen, comment on se débarrasse d'eux ?
- Vous débarrassez de nous, s'égosille Olsen, comment osez-vous ?
- C'est une perte de temps, soupire ma sœur. Il est clair que même si vous nous ordonnez de nous séparer je n'obéirais pas.
- Anya, je susurre pour qu'elle arrête.
- Tu crois qu'ils ont conscience que s'ils sont ici, sur cette île c'est seulement parce que Rae le veut bien ? Concrètement, qu'est-ce que vous pourriez faire contre nous ? Je me pose vraiment la question. Vous enverrez toutes les meutes du Haut Conseil s'en prendre à nous ? D'accord. Comment ? Nous sommes dans le quatrième Multiversum, si vous êtes comme nous cinq, vous ignoriez qu'il existait avant d'y mettre les pieds. Raven qui est née sur Hélys ignorait même que cette île était implantée dans ce monde qu'elle croyait imaginaire, inventé de toute pièce. Alors vous levez votre arme et après… quoi ? Nous sommes hors d'atteinte.
- Je n'y avais pas pensé, je souffle.
- A la limite, nous pourrions accepter que vous restiez toutes les deux, répond à contre cœur Olsen, mais nous reprenons Luna.
- Vous n'avez pas compris, insiste Anya, nous restons tous ensemble.
- Pas acceptable !
- Et c'est le moment, soupire Moe en se balançant sur sa chaise, que je te demande à nouveau comment se porte ta femme, son sourire est terrifiant.
- Alors, il s'agissait bien de menaces, s'agace-t-il, je pourrai te faire exécuter pour cette offense.
- Sauf que Moëilla est sous ma protection, rappelle Haas.
- Ta meute ne ferait pas le poids contre la mienne, hurle-t-il en se levant brusquement, saisissant le col de celui qui a osé le contrarier, je pourrai t'écraser.
- Tu devrais faire attention Olsen, répond celui qui a l'apparence d'un vieil homme sans une once de peur, la petite n'apprécie pas qu'on s'en prenne aux personnes à qui elle tient. Je suis fière de faire partie du peu d'individus à qui elle tient. Tu te souviens du massacre de Meerïne ? Tu la connais. Tu crois qu'elle est venue sans évaluer toutes les possibilités. A ton avis, de combien de manière la petite est-elle capable de te tuer ?
- Je tiens à signaler, Moe lève son indexe de la main gauche, que je ne suis pas responsable du massacre de Meerïne.
- Mais, Haas se tourne vers elle et lui sourit, elle l'a fait pour toi, à cause de ce qu'ils avaient osé te faire subir. Si aujourd'hui, elle est vraiment hors de contrôle. Je ne peux pas imaginer combien il y aurait de Meerïne si nous osions ne serait-ce que t'égratigner.
- Ton monstre, s'étrangle Olsen en lâchant Haas, est hors de contrôle ?!
- Je déteste la violence Haas, je n'ai jamais été d'accord avec ce qu'elle a fait subir à Meerïne.
- Je t'ai posé une question Moëilla, hurle Olsen.
- Je ne sais pas ce que vous appelez tous les deux : hors de contrôle.
- Je veux dire que tu ne peux plus en faire ce que tu veux !
- Si j'avais ce genre de relation avec elle, ce serait moi le monstre. Bien qu'aucune d'entre nous n'en soit un. Mais je dois concevoir que depuis quelque temps, elle ne m'écoute plus. Elle veut me protéger, ce qui est stupide. Je suis parfaitement capable de prendre soin de moi. Mais pour ce faire, elle a fait des choix et je dois avouer qu'actuellement, je ne peux plus l'atteindre.
- Donc, résume Haas, si tu étais en danger. Il pourrait y avoir d'autres Meerïne ou pire encore.
- Nous ne la mettons pas en danger, s'agace Olsen.
- Si je me souviens bien, il y a aujourd'hui une éternité, tu m'as révélé être née sur une île du nom d'Hélys, le sourire qui apparaît sur les lèvres de Moe me fait tiquer, il veut clairement dire : j'ai gagné. Comment savoir qui en ces lieux à une importance capitale à tes yeux ? Nous pourrions prendre une décision qui t'impacterait directement sans même le savoir. Nous en prendre à ta famille, à ta mère dont tu m'as si souvent parler en ignorant qui ils sont. Mais toi, tu le sauras, tu serais alors en colère ou dévastée et elle viendrait à nous pour réclamer vengeance parce qu'elle n'est pas comme toi, un petit rire échappe à Haas. Tu as eu raison de me rappeler que tu ne fais jamais d'erreur Moëilla. J'imagine que ces longues discussions que nous avons eu sur Hélys ou sur ta mère n'étaient pas dues au hasard. Tu ne fais jamais d'erreur, il secoue la tête avant de claquer sa langue contre son palet, jamais Moëilla, donc je suppose que le fait que tu ais demandé des nouvelles des fils de Kouznetsov et Sobakine, qu'aucune des femmes de Beaunay ne parviennent à tomber enceinte mais aussi que tu insiste sur la santé de celle de Olsen, ne sont pas des coïncidences. Ce sont tes garantis, tu es à l'origine de tous ces problèmes. Tu es, un sourire fier étire les lèvres du vieil homme alors que son regard montre distinctement qu'une part de lui est terrifié, redoutable.
- Lexa et Anya restent ensemble, répond avec un calme olympien Moe, et vous ne toucherez plus jamais à Luna, son regard se durcit, une part de moi est effrayée par ce que je découvre dans ses yeux, vous lui avez déjà fait assez de mal. Vous, elle serre son poing et le place juste devant ses lèvres, et vos lois archaïques n'ont pas votre place ici.
- Donc depuis le début, résume Olsen, tu nous menaçais bien.
- Et qu'est-ce que tu vas faire, essayer une énième fois de me tuer ? Tu n'es pas fatigué d'échouer ? J'espère, elle se redresse, sincèrement que ta femme va s'en remettre.
- Je devrais t'arracher la tête !
Moe sourit en coin à sa répartie. Je crois que c'est la première fois que je sens la puissance de son loup et pourtant, je ne distingue aucune réelle manifestation de sa présence. Luna dépose délicatement sa main sur le poing serré de Moe qui tourne lentement son regard vers elle.
- Tu es complètement inconsciente mais merci.
- Je ne laisserai plus personne te faire du mal Luna.
- Je suis celle qui a une dette de vie envers toi, pas l'inverse.
- Un jour, tu comprendras pourquoi je t'ai sauvé ce jour-là et tu réaliseras à quel point c'était égoïste de ma part. Tu n'as aucune dette Luna, l'inverse est vrai.
- Moëilla, tu as conscience que, elle ferme les paupières, inspire profondément, il ne serait pas d'accord avec ce que tu viens de faire ?
- Si mon "inconscient", elle mime des guillemets en prononçant ce mot, comme tu viens de dire, peut le faire sortir de son trou, ce sera une double victoire, non ?
Luna répond en signant alors que des larmes lui échappent. Moe sourit de toutes ses dents, la joie fait pétiller ses yeux. Puis tout semble s'effondrer comme un château de carte quand Olsen demande :
- Est-ce que nous pouvons au moins récupérer Lyssa ?
- Pardon, nous nous exclamons tous d'une même voix.
- Elle nous appartient, comme celle-là, il pointe avec dédain Anya, aurait dû nous appartenir.
- Moëilla, Luna secoue doucement son bras alors que cette dernière fixe Olsen.
- Nous savons qu'elle est votre prisonnière et nous voulons la récupérer.
- Comme vous l'avez si bien souligné, j'interviens, elle est notre prisonnière.
- Nous ne prendrons pas le risque de la perdre de vue, me suit Anya.
- Elle nous a fait trop de mal, continue Bellamy, nous avons le droit de la juger comme nous le souhaitons.
- Et qu'est-ce que vous allez faire ? La garder enfermée pour toujours ? On ne délaisse pas un tel potentiel.
- Moëilla, appelle de nouveau Luna qui ne réagit toujours pas.
- "Un tel potentiel", je répète incertaine, c'est une meurtrière. Elle a attenté à ma vie à plusieurs reprises, de ce fait il m'incombe de décider de son sort. Je pourrai parfaitement l'exécuter.
- Mais vous ne le ferez pas, sourit avec arrogance Olsen, parce que vous êtes faible Lexa Woods.
- Il faut être bien plus faible pour tuer de sang froid une personne, répond aussitôt avec un calme apaisant Anya, que de choisir de l'épargner et d'essayer de lui pardonner. Lexa a une grandeur et une force que vous ne pourrez jamais atteindre. J'ai moi aussi mes raisons de vouloir purement et simplement assassiner Lyssa, je ne parle pas d'une exécution, mais bien d'un meurtre et je ne succomberai pas, parce que je vaux mieux que ça.
- Anya, je souffle.
- Si je pouvais lui faire payer, ne serait-ce qu'un millième de ce que ce monstre à fait subir à Raven, je me sentirais moins coupable. Votre requête est rejetée, décide-t-elle avec aplomb, le sort de Lyssa nous appartient et j'ai bien trop peur que vous puissiez vouloir nous atteindre grâce à elle.
- Nous pouvons l'exiger, assure Olsen, n'est-ce pas Luna ? Donne-nous ta fille !
- Moëilla, elle insiste, légèrement paniquée.
Je tourne mon attention vers Moe afin d'essayer de comprendre son absence de réaction. Je me demande pour quelle raison Luna insiste autant pour obtenir son attention et son opinion. Je remarque tout de suite que les tatouages sur le dos des ses mains s'agitent. L'encre frétille comme un océan en colère, par moment les mots vacillent, disparaissent pour en former d'autres, mais ce sont toujours les mêmes phrases incompréhensibles qui finissent par marquer sa peau. C'est un spectacle envoûtant, mais aussi assez effrayant.
- J'ai dit quelque chose qui ne te plaisait pas, s'amuse Olsen. Ne reste pas silencieuse Moëilla, je vois que tu as quelque chose à dire, ne te gêne pas. Je te donne la parole.
- Je n'ai pas besoin de ton autorisation, sa voix claque et je comprends qu'elle laisse libre court à sa colère.
- Et bien qu'as-tu à dire sur le fait que Lyssa va me revenir et que rien de ce que tu pourras dire ou faire ne m'en empêchera parce que tu sais qu'elle m'appartient, des grognements raisonnent, à moi et à tous le Haut Conseil.
- Moëilla, tente à son tour Haas, soit raisonnable petite. Il n'y a rien que tu puisses faire et moi non plus, je suis désolé. Lyssa nous appartient et ce, depuis le jour de sa naissance.
- Le sang prime sur tout le reste, elle répond en tentant de ravaler sa rage mais je la perçois tout de même, le sang est ce qui vous empêche de la récupérer.
- Désolé, Haas secoue la tête, nous savons tous que Luna ne l'exécutera pas, Anya vient d'avouer qu'elle ne le fera pas non plus, Alexander nous laissera la récupérer comme ses fils encore en vie. Le destin de Lyssa se résume soit à la mort de la main d'une personne qui partage son sang, soit nous être confié. Tu le sais.
- Le sang, reprend Moe.
- Arrête, l'intervention de Luna nous surprend tous d'autant plus quand elle prend vivement et fermement le visage de la jeune alpha entre ses deux mains l'obligeant à lui faire face, arrête, elle souffle, n'insiste pas, cette fois tu ne peux rien faire. Pas sans te mettre en danger. Alors arrête, s'il te plaît. Laisse-leur Lyssa.
- Mais les conséquences…
- Nous les gérons ! Tu trouveras une solution comme à chaque fois. Mais, là, maintenant, tout de suite, tu ne peux rien faire. Lyssa ne mérite pas que tu te mettes en danger. Lyssa m'a déjà trop pris. Tu as compris ?
- Je pourrais la tuer pour toi, suggère-t-elle sans la moindre émotion.
- C'est bien ce qui me fait peur, répond Luna en pleurs. Je ne veux pas que tu en arrives là.
- Mais…
- Laisse-leur Lyssa, elle n'a pas d'importance Moëilla.
- D'accord.
Un soupire de soulagement échappe à Luna. Elle lâche prise avant de fixer tous les membres du Haut Conseil un à un. Elle s'arrête sur Olsen. Maintenant, j'en suis certaine, elle a peur de lui.
- J'espère que tu sais ce que tu fais.
- Evidemment, il rit, comme toujours. Et, je reviendrais pour elle, il désigne Anya d'un mouvement de tête, parce qu'elle aussi m'appartient.
- C'est faux. Anya est morte avant que tu ne la consacres, elle est donc libre.
- Mais pas toi, son sourire est diabolique, et j'obtiendrais ce que je veux, tu le sais.
Il se lève victorieux en nous demandant de le conduire sur le champ jusqu'à Lyssa. Une part de moi a envie de se rebeller contre cette idée. J'échange un regard avec Anya. Je soupire en me disant que perdre Lyssa est un moindre mal. Alors nous sortons de la salle de réunion.
Raven nous rejoint immédiatement, son regard passe de Bellamy à moi-même. Elle fronce les sourcils avant d'arriver à la hauteur d'Anya et de lui demander ce qui se passe. Ma sœur commence par les bonnes nouvelles, nous pouvons tous rester ensemble et elle finit par annoncer qu'ils vont récupérer Lyssa. Evidemment, comme nous Raven n'est pas d'accord avec cette idée quand Anya dit avec véhémence :
- Malheureusement, je crois que nous n'avons pas le choix.
- J'aurai dû la tuer quand j'en ai eu l'occasion, s'agace Raven.
- Mais vous ne l'avez pas fait, rit Olsen, grosse erreur.
- Non mais je…
- Rae, la retient Anya, non.
- Mais qu'est-ce qui s'est passé exactement ? Tu vas vraiment le laisser faire.
- Si c'est le seul prix à payer pour garder notre famille entière, alors oui.
- Comme c'est raisonnable, s'amuse à nos dépends Olsen.
- Sérieusement, nous le laissons nous parler sur ce ton, s'énerve à juste titre Raven.
- Renvoie-les avec elle en plus, souffle Anya. S'il te plaît Rae. Pour notre famille, elle insiste.
- Ils ne remettront plus jamais les pieds sur mon île. Très bien, la magie surgit, je les renvoie.
- Attends, Moe débarque essoufflée.
- Petite, Haas secoue la tête, je croyais que nous étions d'accord.
Moe s'arrête juste devant Olsen et comme elle la fait un peu plus tôt avec Haas lui murmure quelques mots à l'oreille, complètement imperceptibles. Quand elle s'éloigne, elle demande à Raven d'exécuter son sort rapidement et je comprends immédiatement pourquoi en voyant la fureur dans les yeux de l'alpha. Il tend la main, agrippe violemment le cou de Moe mais avant de pouvoir véritablement lui faire du mal disparaît.
- Aïeeeeuh, laisse traîner cette dernière en massant son cou qui malgré la ponctualité à résulter d'une grande agressivité et à laisser une marque sur sa peau, ça craint, elle soupire, ça fait super mal. C'est pas grave, elle sourit en se tournant vers nous, ça en valait la peine. Tu vas bien Luna ?
- Tu me désespères ! Je t'ai entrainé mieux que cette déplorable mascarade, tu aurais pu cent fois l'éviter ! Pourquoi porter des vêtements si légers si ce n'est pas pour être plus rapide ?
- Peut-être que je ne voulais pas qu'il me manque, suggère-t-elle. J'espère que je n'ai pas causé trop de problème. Je suis désolée si tu m'as trouvé insolente Lexa. C'est un rôle que je devais tenir pour eux. Ils ont une certaine image de moi et j'aimerais qu'elle ne s'effrite pas trop.
- Même moi, intervient Luna, j'ignorais qu'ils avaient peur de toi.
- Je t'avais dit que je ne le laisserai plus te faire du mal. Mission accomplie, elle lui fait un clin d'œil. Bon maintenant, il faut que je disparaisse parce qu'il est hors de question que j'aille à la chasse aux Normes avec les autres !
Du coin de l'œil, je vois Clarke apparaître et alors que je me mets à sourire, Moe grimace. Je la vois détaler à l'opposé et je ne pense même pas à la retenir tellement je suis heureuse de retrouver l'amour de ma vie. En retournant vers notre maison, je lui raconte tout ce qui c'est déroulé lors de la réunion. Je n'oublie aucun détail pour qu'elle puisse le vivre comme si elle y avait été. Elle me fait rire en énumérant un nombre incalculable de : "A ta place, je l'aurai tué !".
Un peu plus tard, en retrouvant à la maison Thomas et les deux Madi, l'une affalée dans le canapé à lire un magazine, l'autre dans les bras de Clarke, je me sens infiniment bien, à ma place. Tout simplement heureuse. J'échange un sourire avec Anya qui est debout appuyé contre le torse de Raven qui a sa main sur son ventre.
Oui, je suis à ma place et surtout heureuse.
Je me sens tellement soulagée. Cette épreuve est finie. Et, nous allons pouvoir rester ensemble.
En famille, pour toujours.
Un nouveau chapitre se termine. J'espère qu'il vous a inspiré et qu'il vous a plu ! Des suppositions pour la suite ? J'ai hâte de connaître vos réactions. Il se passe énormément de choses dans ce chapitre ! Diable qu'il est long ! J'aimerai bien savoir ce que vous pensez de ces quelques membres du Haut Conseil et ce que vous pensez qu'ils vont faire avec Lyssa ? Que croyez-vous que Moe ait dit à Olsen à la fin ? Oh ! Et le début 100% Clexa ? Clarke a pas mal bousculé Lexa… il y a tellement de choses que je ne sais pas trop quoi vous demander de plus ! ^^
/!\ Pour le moment, le prochain chapitre n'est pas encore totalement écrit. J'ai quelque petit problème à régler dans la cohérence de certain passage. Si je suis en retard pour le prochain chapitre, je m'en excuse d'avance.
Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.
En espérant vous retrouver pour le prochain chapitre !
GeekGirlG
