Bonjour ! J'espère que votre Noël s'est bien passé (personnellement je n'en sais rien car au moment où j'écris ces notes de l'auteur on est le 22 décembre donc bon) !
Aujourd'hui le chapitre est aussi très long (plus de 5000 mots en fait comme celui de la semaine dernière) et j'espère que son contenu va vous plaire. Au programme... ah pardon je ne dois pas spoiler c'est vrai. Bon bah au programme lisez le titre et vous comprendrez. C'est bon il n'y a pas trop de spoil ?
Bref, j'arrête de parler (enfin d'écrire pour ne rien... oui ok) et je vous souhaite une bonne lecture !
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— La Forêt Noire —
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Au cours de l'après-midi des nuages noirs se mirent à recouvrir le ciel et le soleil disparu totalement pour ne plus reparaitre. L'enthousiasme renouvelé des troupes s'en trouva douché mais si l'ambiance devint plus sombre, le rythme de l'armée ne varia pas jusqu'à ce que le soir tombe. Il ne restait plus qu'une heure ou deux de jour lorsque tous firent halte pour monter un camp de fortune pour la nuit. Des tentes furent dressées en quelques minutes seulement et les commandants distribuèrent les tours de garde pour la nuit. Des braséros furent allumés et le repas préparé en silence. Dès lors que la nuit tomba, une chape d'air froid s'installa dans le campement et tous s'abritèrent dans les tentes ou autour des feux dans l'espoir de se réchauffer un peu. Assise sur un matelas de fortune, Elaiano en profitait pour détendre ses jambes ankylosées par les longues heures de chevauchée. Pourtant malgré la douleur elle ne s'en plaignait pas car c'était ça ou devoir marcher. Et même si son genou semblait aller mieux, la jeune fille voulait à tout prix éviter de trop le solliciter. Elle devrait être en forme pour l'assaut contre Dol Guldur et si cela signifiait devoir rester assise toute la journée sur une selle, elle ne s'en plaindrait pas. Elle ne put pourtant réprimer une grimace lorsqu'en étirant sa jambe droite elle en entendit tous les os craquer. Sa réaction arracha un sourire à Maglor, qui assit à quelques mètres d'elle, ne semblait absolument pas perturbé par la chevauchée de la journée.
— Arrêtes de te moquer de moi, fit-elle faussement énervée. Ça fait un mal de chien.
— Ce n'est qu'une question d'habitude. Tu t'y feras.
La jeune fille ne lui répondit pas et se contenta de faire la moue. Puis éprouvant le besoin de s'occuper les mains pour cesser de penser à ses jambes elle s'empara d'un tissu devant probablement faire office de drap et s'enroula dedans.
— Nous partirons demain avant l'aube et nous dirigerons vers le Nord-Ouest pendant que le reste de l'armée se dirigera directement vers Dol Guldur, expliqua le fëanorion.
Il se leva et jeta un œil au dehors. La nuit était déjà tombée depuis un moment et les nuages noirs qui s'amoncelaient toujours dans le ciel ne laissaient pas filtrer la lumière des étoiles plongeant le campement dans le noir complet. Seul les lanternes et feux allumés permettaient d'y voir à peu près clair.
— Ce temps n'est pas naturel, fit-il alors remarquer après avoir refermé le battant de toile qui faisait office de porte d'entrée. Il doit provenir de la forteresse. Je ne serais pas surpris que Faegmôr en soit à l'origine.
— Il en serait capable ? demanda l'adolescente soudain refroidie.
— D'influer sur la météo ? Sûrement, répondit-il avant de remarquer la tension dans la voix de son interlocutrice. C'est un Maia tu sais. Nul ne sait exactement de quoi ils sont capables, mais je ne suis pas très surpris par ce qu'il se passe. Les Orcs supportent mal la lumière du soleil. N'as-tu jamais remarqué qu'il ne faisait que rarement beau lorsque tu avais affaire à eux ?
Elaiano creusa dans sa mémoire et ne put que constater ce que venait de lui expliquer Maglor.
— C'est vrai. Il n'empêche qu'il ne faudrait pas qu'il pleuve.
— Cela ralentirait notre progression mais il en faudrait beaucoup plus pour démoraliser ces soldats. Ils se sont entraînés toutes leur vie, ce n'est pas un peu de pluie et de boue qui les perturberaient.
Il marqua un temps avant de reprendre avec douceur.
— Tu devrais dormir si tu veux être en forme pour demain.
A ce propos… commença la jeune fille embarrassée. Je ne pense pas dormir cette nuit.
Le fëanorion fronça les sourcils surpris par sa réponse.
— Je… Je ne veux pas que Faegmôr puisse…
Elle s'arrêta et chercha ses mots.
— Tu sais me…
A court d'idées pour formuler sa phrase elle fit un vague signe avec ses mains en désignant sa tempe et Maglor comprit aussitôt.
— Nous ne sommes plus en Lothlorien et pas encore dans la Forêt Noire alors je pense qu'il pourrait pénétrer dans mes rêves.
Le fëanorion réfléchit quelques instants avant d'accepter le fait que la jeune fille n'avait pas tort.
— Que comptes-tu faire ?
— Rester éveillée autant que possible, répliqua-t-elle comme s'il s'agissait d'une évidence. Ne t'en fais pas pour moi. Ça ira, ajouta-t-elle le dissuadant de rester éveillé avec elle. Reposes-toi. Je te réveillerai s'il y a le moindre problème.
L'adolescente lui adressa alors un sourire voulut encourageant avant de se détourner. Maglor hésita puis se décida à lui faire confiance. Il s'allongea donc et s'endormit presque aussitôt. A présent la seule à être éveillée, Elaiano replia ses jambes pour s'asseoir en tailleur. La nuit allait être longue. Elle ferma les yeux un instant pour savourer les bruits nocturnes. Elle avait toujours adoré la nuit. Beaucoup avaient tendance à penser que la nuit était l'image même du silence mais la jeune fille avait découvert très jeune qu'il n'en était rien. Combien de fois Elisa l'avait-elle emmené observer les étoiles filantes en été ? Elle en avait perdu le compte depuis bien longtemps. Alors que tous les autres enfants de l'orphelinat s'endormaient au bout de quelques minutes, elle restait éveillée les yeux écarquillés ne voulant perdre une seule miette du spectacle qui s'offrait à ses yeux. Au début elle restait toujours proche d'Elisa car les craquements des branches et le souffle du vent lui faisait peur. Mais au fil des ans elle avait appris à ne pas craindre le hululement d'un hibou, ni à se figer de terreur dès le moindre craquement de branche ou le moindre sifflement d'une brise espiègle qui dansait entre les troncs des arbres.
Une boule se forma dans la gorge d'Elaiano. Depuis son retour en Terre-Du-Milieu elle n'avait jamais pensé à son passé sur Terre et avait même pendant un temps effacé Elisa de ses pensées. Trop concentrée sur son envie de s'échapper de Barad-Dûr puis de survivre, tout s'était ensuite enchaîné sans qu'elle ne prenne le temps de se poser vraiment pour repenser à ce qu'elle avait laissé derrière elle. Mais à présent qu'elle le pouvait elle se demandait surtout comment aurait été sa vie sur Terre. L'orphelinat n'aurait pas eu assez de moyens pour lui payer de longues études alors elle aurait sûrement finie infirmière. Elle aurait beaucoup apprécié prendre soin des gens, et les soutenir pendant leur convalescence à l'hôpital ou dans leurs derniers moments. A cette pensée, il sortit une de ses dagues de son fourreau et en contempla la lame effilée. Elle fit habilement tournoyer la lame à l'aide de souples mouvements de poignet avant de rengainer l'arme. Sa vie actuelle n'avait rien à voir avec celle qu'elle s'imaginait. Au lieu de vivre tranquillement sur Terre à devoir travailler pour gagner sa vie, elle s'était embarquée malgré elle dans une aventure où elle risquait sa vie à chaque instant et devait se battre pour survivre et rester libre.
L'adolescente poussa un soupir et s'allongea sur le dos pour contempler la paroi de la tente. Au fond même si elle voulait vaincre Nínim à tout prix, elle ne se rappelait que trop bien les images que lui avait montré le Miroir. Sa propre mort. Celle d'Elisa. Le désespoir de Maglor. Mais aucun indice sur l'issu du combat qui l'opposerait au Maia mis à part l'information que leur duel les emmèneraient sûrement sur Terre. La jeune fille se souvenait aussi du jour où Varda lui avait demandé de choisir entre retrouver ses souvenirs ou non. Si elle avait su ce que cela impliquerait, aurait elle fait un autre choix ? Le mystère restait complet et elle ne connaitrait probablement jamais la réponse. Après tout, elle allait en connaissance de cause au-devant d'un danger qui la terrifiait autant qu'il la galvanisait. Il était encore temps pour elle de fuir et de se cacher. Elle pourrait refuser de combattre et retourner en Lothlorien en espérant que Maglor réussisse à éliminer Faegmôr ou que les barrières qui protégeaient la forêt tiendraient le Maia en respect indéfiniment. Mais elle avait fait son choix. Lorsque le temps serait venu, elle tiendrait la promesse qu'elle avait faite à la Valië. Elle se rendrait jusqu'à la Forêt Noire et ferait face à Nínim. Il s'agissait peut-être là du fameux destin dont Varda lui avait parlé longtemps auparavant. Elaiano poussa à nouveau un long soupir avant de se redresser. Quitte à rester éveillée toute la nuit, personne ne lui en voudrait de vouloir se dégourdir les jambes dans le campement. En prenant soin de ne pas réveiller Maglor dont elle connaissait le sommeil très léger, la jeune fille sortit discrètement de la tente et se fondit dans la nuit.
Il faisait encore sombre lorsque le fëanorion s'éveilla. La lanterne qui éclairait la tente la veille s'était éteinte depuis longtemps et la pénombre et le silence régnait. Ses yeux se posèrent sur la couchette d'Elaiano et son cœur manqua un battement lorsqu'il s'aperçu qu'elle n'y était pas. Aussitôt alerte il bondit sur ses pieds prêt à se précipiter au dehors à la recherche de l'adolescente mais un bruissement et un mouvement à l'orée de son champ de vision lui firent tourner la tête. Il aperçut alors Elaiano debout non loin de leurs sacs, apparemment occupée à ranger le peu d'affaires qu'ils avaient sortis. Et malgré le fait que son attention soit principalement focalisée sur sa tâche, elle n'avait pas manqué de s'apercevoir de la soudaine panique qui avait pris son compagnon.
— Doucement je suis là, fit-elle dans un murmure pour éviter de réveiller ceux qui dormaient dans des tentes proches de la leur. Tu dormais si bien que je n'ai pas osé te réveiller. Nous partons bientôt.
Un peu embarrassé à l'idée d'avoir dormi plus que nécessaire, l'elfe aida l'adolescente à ramasser leurs affaires puis ils quittèrent la tente. Dehors le ciel s'était encore assombri mais au moins il n'avait pas plu. La plupart des braséros et feux de camp allumés s'étaient éteints ou finissaient de se consumer. Au loin le ciel dégagé palissait, l'aube était proche. Le binôme déambula quelques minutes entre les tentes, saluant les soldats chargés de la garde, puis ils arrivèrent à l'endroit où ils avaient attachés leurs chevaux la veille. Le seigneur Celeborn ainsi que deux autres soldats Galadhrims les attendaient. Elaiano et Maglor s'empressèrent d'enfourcher leurs montures et le petit groupe parti.
Ils chevauchèrent en silence et à bon rythme pendant un long moment sans même prendre le temps de s'arrêter pour regarder le soleil se lever à l'horizon. Si la jeune fille gardait les yeux rivés devant elle, le fëanorion remarqua rapidement que ses gestes étaient plus brusques qu'à l'accoutumée et lorsque sa jument faisait un écart, elle mettait plus de temps à la remettre dans le droit chemin. La différence serait passé inaperçu aux yeux de presque tous, mais pas pour Maglor qui connaissait trop bien l'adolescente. Et plus le paysage s'éclairait, plus l'évidence lui sautait aux yeux. Déjà fatiguée par la chevauchée de la veille, Elaiano avait l'air épuisée. Ses traits tirés trahissait son manque de sommeil et ses gestes saccadés et un peu en retard soulignaient sa difficulté à rester attentive. Et même en connaissant parfaitement la raison qui avait poussé la jeune fille à ne pas dormir, l'elfe ne pouvait s'empêcher de se faire du soucis. Elle le remarqua d'ailleurs dès que leurs regards se croisèrent mais elle lui fit signe de ne pas le dire aux autres membres de leur petite troupe. A l'évidence, elle ne voulait pas être un fardeau. Le fëanorion espérait juste qu'elle ne chercherait pas à aller plus loin que ses propres capacités. Ils poursuivirent donc leur route et ne firent qu'une courte pause pour se réhydrater avant de repartir.
Rapidement, la masse sombre de la Forêt Noire se dressa et se rapprocha. Ayant contournés par l'Ouest afin d'éviter Dol Guldur, ils abordèrent la forêt par l'Ouest un peu au plus au nord que la forteresse. Ils mirent finalement pied à terre juste à l'orée des bois à l'entrée d'un sentier impossible à repérer si l'on n'en connaissait pas l'existence. De toute évidence, il avait été tracé spécialement pour mener au royaume des elfes sylvestres et seuls les Seigneurs des Galadhrims ainsi que les habitants des bois en avaient connaissance.
— Nous poursuivrons à pied pendant que les chevaux retourneront d'eux-mêmes au campement. Ne gardez que le strict nécessaire. Restons groupés car même sur ce chemin nous pourrions faire de mauvaises rencontres, expliqua rapidement Celeborn avant de s'atteler à récupérer ses propres affaires.
Une fois prêts et les chevaux renvoyés, la troupe s'engouffra dans les profondeurs de la forêt avec pour seul équipement un peu d'eau et des armes. Ils n'avaient pas prévus de rester très longtemps dans les bois et s'ils s'en tiraient bien, ils seraient arrivés au royaume des forêts avant que la nuit ne tombe.
Dès lors que l'orée de la forêt eue disparue, Elaiano ne put retenir un soupir de soulagement. Bien que l'idée de s'engouffrer dans des bois connus pour leurs illusions et le danger constant qui y régnait, elle savait qu'en ces lieux Faegmôr ne pourrait l'atteindre. Luttant contre la fatigue qui lui engourdissait les sens et menaçait à tout instant de l'emporter aux pays des rêves, elle se concentra sur la seule chose qui comptait soit avancer. L'étroit sentier ne laissait généralement de place que pour une seule personne de front alors ils s'étaient résolus à marcher en file indienne. Celeborn étant le seul à connaitre la route, il menait la marche aussitôt suivit par l'un des soldats, puis Elaiano. Enfin Maglor et le deuxième soldats fermaient la marche. L'adolescente ne sut à combien de reprise elle trébucha ou glissa manquant parfois de chuter dans une ravine profonde mais heureusement le fëanorion était toujours là pour la rattraper lorsque son attention faiblissante lui faisait défaut. Pour ne rien arranger, le sol inégal et la faible clarté dissimulaient des branches et des trous dans le sol que les marcheurs ne découvraient qu'après les avoir percutées ou mis le pied dedans. Malgré tout ils continuaient de crapahuter dans les bois avec l'espoir de voir enfin apparaitre autre chose que de la végétation.
Au bout de plusieurs longues heures, ils commencèrent à voir des toiles d'araignées et Celeborn leur fit signe de ne surtout pas y toucher. Il lâcha quelques mots à propos d'araignées géantes sans trop s'y attarder mais la remarque fit frissonner la jeune fille. Elle avait toujours détesté les araignées et les tenaient pour les êtres les plus horribles qui puissent exister, à égalité avec les Orcs. Alors rien que l'idée qu'elles puissent exister mais de manière gigantesque la terrifiait. Dès lors elle se garda bien de toucher ni même effleurer les immenses fils blancs et collants des toiles. Avec le temps la tâche devint plus ardu car de plus en plus de toiles se dressaient sur leur chemin et il arriva plus d'une fois que l'un des membres de leur expédition ne touche la matière élastique déclenchant un concert de vibrations se répercutant de toiles en toiles. A chaque fois tous se figèrent pour écouter les bruits de la forêt et dès qu'ils étaient certains qu'aucun bruit anormal ne se faisait entendre, ils poursuivaient leur route.
Plus tard, les toiles se raréfièrent et dégagèrent le chemin mais le groupe d'elfes ne se détendit pas pour autant. L'atmosphère devenait de plus en plus moite et pesante, et l'air qu'ils respiraient ne semblait même plus contenter leurs poumons qui réclamaient de l'air frais. La fatigue commençait à se faire sentir et ils se ménageaient des pauses de plus en plus régulières. Pourtant la plus touchée restait Elaiano dont le manque de sommeil devenait d'autant plus visible au fur et à mesure de leur marche dans les bois. Enfin, exténuée elle finit par crier grâce et demander un arrêt plus long que les autres pour récupérer prétextant que son genou recommençait à lui faire mal. Personne ne s'en offusqua mais tous remarquèrent l'état de fatigue avancée de l'adolescente. Heureusement nul n'en fit la remarque à voix haute et tous se contentèrent de se reposer quelques instants. La jeune fille en profita pour s'asseoir sur une grosse racine noueuse qui pouvait facilement servir de siège. La tête lui tournait légèrement et la moiteur qui régnait dans les bois commençait à lui peser. De plus, depuis quelques minutes une odeur putride de chair en décomposition parvenait aux narines du petit groupe et les incommodaient. Un craquement dans les branches non loin se fit entendre et tous se figèrent de peur que le moindre bruit n'attire le prédateur qui passait. Le silence revint et tous se détendirent. Elaiano poussa un soupir de soulagement et s'adossa contre un tronc d'arbre les yeux levés vers le ciel. Mais ce qu'il vit la fit bondir. Des dizaines d'énormes araignées descendaient des hauteurs sur de longs fils blancs et plongeaient sur leur groupe. La jeune fille n'eu que le temps de crier pour prévenir ses compagnons que déjà les tarentules atterrissaient sur le sol tout autour d'eux.
Elaiano dégaina ses dagues prête à se défendre mais fut forcée d'esquiver d'un bond sur le côté la longue patte velue d'une araignée puis de plonger au sol pour ne pas être fauchée par une autre qui venait d'atterrir derrière elle. D'une roulade elle se jeta sous l'abdomen de la première et lui taillada les pattes. L'arachnide s'effondra en poussant une sorte de cri très aigu qui déchira les tympans de l'adolescente lui faisant perdre un instant sa concentration. Un coup de patte faucha les jambes de la jeune fille qui s'effondra sur le sol en lâchant ses armes. La tête bourdonnante elle effectua une roulade sur le côté et évita in extremis un jet de soie collante qui l'aurait immobilisée. Une douleur diffuse au niveau du coude lui fit comprendre qu'elle avait percuté une pierre qui dépassait du sol. Sans réfléchir elle tira de toutes ses forces et arracha la roche de sa gangue de mousse. Elle était entourée de petites racines arrachées, de restes de mousse et de terre, mais sa taille convint parfaitement à l'adolescente qui se redressa en esquivant une autre attaque d'une araignée et la jeta de toute ses forces sur ce qu'elle pensait être la tête d'une des arachnides. La pierre ne la blessa presque pas et n'eut pour seul effet que de l'énerver encore plus. La tarentule se jeta sur la jeune fille qui bondit à nouveau sur le côté pour l'esquiver. En atterrissant, ses pieds glissèrent sur le sol devenu boueux à cause des combats qui faisaient rage dans la petite clairière.
Du coin de l'œil l'adolescente aperçu Maglor au prise avec deux araignées. Il n'était pas blessé pour l'instant mais la jeune fille vit distinctement une autre arachnide se diriger vers lui avec l'intention d'aider ses congénères à huit pattes. La jeune fille fut à nouveau forcée d'esquiver un coup de patte et manqua d'être prise en les mandibules d'une autre. Apercevant ses dagues qui gisaient au sol elle s'en empara et frappa deux fois l'araignée la plus proche qui recula en poussant un étrange couinement. L'adolescente en profita pour rengainer ses armes et faire glisser son arc le long de son épaule. D'un geste elle s'empara d'une flèche dans son carquois, l'encocha, et la relâcha dans un souffle. La flèche partit et alla se ficher entre deux yeux de l'autre tarentule qui la menaçait. D'autres araignées affluaient toujours mais aucune ne prêtait attention à elle pour l'instant. Elaiano mit alors ce bref répit à profit pour aider ses compagnons de voyage. Elle se percha sur la racine sur laquelle elle s'était reposée peu avant et continuer à tirer des flèches. Elle commença par éliminer les araignées qui menaçaient les deux Galadhrims avant d'en écorcher une autre. Elle vit alors à l'autre bout de la clairière que Maglor venait d'éliminer une araignée, mais une autre se dressait à présent derrière lui et il ne l'avait pas aperçu. L'adolescente encocha une flèche et porta la corde à sa joue. Mais au moment de relâcher la corde elle hésita. Maglor se trouvait sur la trajectoire de sa flèche et allait immanquablement le toucher si elle tirait. Ne disposant d'aucun moyen de le prévenir, elle opta alors pour la solution qu'elle s'était refusée à employée jusqu'à présent de peur de prévenir Faegmôr de ses intentions ou de dévoiler sa position. Elle rangea sa flèche, passa son arc par-dessus son épaule, et Voyagea.
Elle reprit pied juste derrière l'araignée qui menaçait le fëanorion et la frappa d'un coup vigoureux avec une de ses dagues. L'animal se retourna dans un concert de cliquetis et frappa sans même avoir aperçu sa cible. L'un de ses mouvements désordonnés atteint l'adolescente et traça une ligne de feu sur son ventre déchirant sa tunique juste au-dessus du nombril alors qu'elle bondissait en arrière. De surprise d'avoir été blessée par-derrière et par colère, la tarentule se jeta sur la jeune fille qui venait de chuter en arrière et se prépara à la déchiqueter. Malgré ses entrainements et sa vaillance au combat, Elaiano était épuisée. L'adrénaline l'avait maintenue quelques instants alerte et lui avait sauvé la vie, mais son corps lui rappelait à présent qu'elle n'avait pas dormi. Le Voyage lui avait coûté plus d'énergie qu'elle n'avait cru et à présent elle en payait le prix. Sa concentration n'avait vacillé qu'une seule seconde mais elle avait suffit pour que l'arachnide ne la touche et ne la mette à terre. Elle se dressait à présent au-dessus de l'adolescente prête à lui faire payer la blessure qu'elle lui avait infligée. Elle se laissa alors retomber de tout son poids sur l'insecte qui l'avait dérangée et la dernière chose qu'elle vit fut de voir sa proie lever un bras dans un ultime geste pour se défendre.
Au même instant le collier d'Elaiano s'illumina et une vague d'énergie envoya valser l'araignée au loin. Elle et ses plus proches congénères s'écrasèrent plusieurs mètres en arrière et les arbustes autour de la jeune fille se retrouvèrent arrachés de terre. Les arbres eux, fermement campés dans leurs racines millénaires ne bougèrent pas mais le souffle fit trembler leurs branches les plus basses. Allongée au centre de l'espace à présent dégagé, l'adolescente se redressée un peu étourdie. Comme toutes les fois précédentes elle n'avait pas contrôlé ce qu'il venait de se passer et elle craignait avoir blessé un de ses compagnons d'expédition. Il n'en était pourtant rien et le seul qui se tenait non loin semblait plus surpris par ce qu'il venait de se passer que touché. La jeune fille se précipita quand même vers lui pour s'en assurer.
— Tu vas bien ?
— Oui ne t'inquiètes pas.
Maglor lui jeta un regard avant de poursuivre.
— Tu n'es plus en état de combattre par contre.
L'adolescente désigna le cadavre des tarentules qui trainaient un peu plus loin, puis celles qui continuaient d'arriver.
— Je n'ai pas le choix.
— Elles sont beaucoup trop nombreuses, nous ne pourrons pas toutes les vaincre, répliqua-t-il avant de se retourner et de planter sa lame dans la tête d'une araignée qui tentait de les atteindre par derrière.
Elaiano acquiesça de la tête tout en évitant un coup d'une autre araignée. Puis d'un geste voulu assuré, elle frappa l'animal sur le côté de l'abdomen. La tarentule se recroquevilla dans un méli-mélo de cliquetis mécontents et le fëanorion put l'achever sans difficulté. Tous deux se retournèrent alors vers la clairière et comprirent qu'ils allaient devoir se dépêcher de trouver une solution. Celeborn et les deux autres Galadhrims se battaient dos à dos au centre de l'espace dégagé et même s'ils ne paraissaient pas gravement blessés, aucun d'eux ne faisait illusion. Tous commençaient à fatiguer. Le duo se dirigea alors vers eux, se taillant au mieux un passage entre les araignées et rejoignirent leurs compagnons. A cinq ils formèrent un large cercle et reprirent le combat cherchant désespérément une solution pour se tirer de ce piège. C'est alors qu'un sifflement se fit entendre et une pluie de flèche tomba sur la clairière arrosant les araignées de fines pointes acérées. La jeune fille leva la tête et aperçu des elfes descendre des arbres en courant sur les branches comme s'ils marchaient sur le terre ferme. Sans hésiter, il sautèrent dans le vide et s'accrochèrent à des branches plus basses pour amortir leur chute et poursuivre leur descente vers le sol. Certains restèrent en hauteur pour arroser les arachnides d'un flot nourrit de flèches pendant que d'autres se laissaient glisser le long des fils des araignées pour les tuer avant qu'elles n'atteignent le sol. Habillés de vert, de gris, et de marron ils se fondaient parfaitement dans le décor des sous-bois déjà peu éclairés. Ainsi épaulés par ce soutien inespéré, le petit groupe parvint à se défaire des dernières tarentules et les autres s'enfuirent. Lorsqu'enfin le calme revint la troupe baissa ses armes mais contre toute attente les elfes sylvestres ne firent pas de même et braquèrent leurs armes sur Maglor.
— Man naech cared sí ? s'écria celui qui semblait être le chef de la troupe à l'attention du fëanorion en dégainant son épée pour en tourner la pointe vers la poitrine de son interlocuteur.
De toute évidence, il connaissait parfaitement l'identité de son interlocuteur. Mais avant que Maglor ne puisse répondre, Celeborn sortit du rang.
— Avaro naeth.
— Naethen hîr Celeborn, fit-il en l'apercevant avant de reprendre. Ú-chenion. Man i so cared sí ?
— Il est avec nous, fit le Seigneur des Galadhrims très calmement en accentuant sur le dernier mot. Mais le temps presse. Il nous faut de toute urgence parler à votre roi.
Le capitaine hésita quelques instants avant de baisser son arme et de la rengainer non sans jeter un regard suspicieux au fils de Fëanor. Devant ce geste tous les autres elfes sylvestres abaissèrent leurs armes et descendirent de leurs perchoirs pour les rejoindre. Une fois que tous se furent rassemblés, le capitaine reprit la parole en Langage Commun.
— Nous allons vous mener à lui, dit-il simplement d'un fort accent avant de reprendre immédiatement en Sindarin. Aphado nin.
Aussitôt la troupe reprit sa route en direction du Royaume des forêts.
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Petit point d'elfique : en Sindarin "Man naech cared sí ?" veut dire "Que fais-tu ici ?" (à peu près car cette phrase est une confection personnelle réalisée à base de mes connaissances très approfondies en Sindarin -Internet quoi-). Sinon "Man i so cared sí ?" en est une variante est veut normalement dire "Que fait-il ici ?" (pareil c'est de la confection). "Avaro naeth" veut dire "ne vous inquiétez pas". "Ú-chenion" veut dire "Je ne comprend pas". Et enfin "Naethen hîr Celeborn" veut dire "Je suis désolé Seigneur Celeborn" (je vous jure que ça sonne beaucoup mieux en anglais tout ça).
Bref, j'espère que ce chapitre vous aura plu. Comme dit, on arrive à la fin de l'histoire et la longueur des chapitres s'en ressent. Donc profitez car c'est bientôt fini... Alors n'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de ce chapitre ou de ce que vous voulez, je réponds à tous les commentaires.
Sur ce à l'année prochaine ! (je vous ais fait peur hein ?) Non c'est juste que le prochain chapitre sera publié en 2021 (enfin débarrassé de 2020 qui est pour ainsi dire une année bien... bordélique -vous m'excuserez pour le vocabulaire j'espère) ! D'ailleurs, qu'à été 2020 pour vous ? Personnellement, un gigantesque bazar où j'attendais gentiment que des informations claires tombent (en lien avec le Covid-19 ou la réforme du BAC). Enfin bref, je vous laisse profiter de vos vacances pour ceux et celles qui en ont et à la semaine prochaine !
