Bonjour à toutes et tous !

C'est le cœur un peu triste que je vous écris aujourd'hui. J'ai l'impression d'avoir perdu nombre d'entre vous, et c'est... démotivant ! Je suis d'autant plus reconnaissante à mes lecteurs fidèles et mes revieweurs !
Je ne poste pas autant que je voudrais, la faute à une forme de démotivation, syndrome de la page blanche, gros coup de mou. Bref, mais cette fic me fait toujours autant vibrer, j'aimerais aussi avoir juste le temps de penser à moi et prendre du temps pour écrire convenablement.
En espérant que ce chapitre vous plaira !
Un gros big-up à ceux qui ont laissé une trace de leur passage sur le dernier chapitre:
PoneyRose, Guest, Lilie58 et Inoryblacksun

Bonne lecture !


Derniers mots du chapitre précédent :

James ressortit rapidement du dortoir, livres sous le bras, un parchemin vierge coincé dedans, bien décidé à aller inventer les pires possibilités pour satisfaire l'esprit détraqué de sa professeure de divination.

Il était loin de se douter, qu'en ayant choisi ce matin une chaussette trouée, qu'il devait jeter depuis l'année dernière déjà, il venait peut-être de donner raison à son enseignante.

- Potter !

La voix qu'il ne connaissait que trop bien le fit se retourner en un instant, vif comme l'éclair.

Chapitre 54

- Servilo, articula James, provoquant un léger écho dans cette aile de couloir quasi-déserte, la main sur sa baguette.

- Je peux te voir un instant ? demanda le Serpentard, gêné, qui ne cessait de jeter autour de lui des regards inquiets, comme s'il craignait de voir débarquer la bande des Maraudeurs qui complèterait le tableau et basculerait sa tentative d'aide à un véritable suicide.

Méfiant, James le regarda. Rogue ne semblait pas vouloir l'attaquer, de toute façon, il n'avait toujours eu qu'à se défendre des Maraudeurs plutôt que l'inverse.

Les yeux plissés, les lèvres pincées, James réfléchit à l'attitude à avoir, mais sa décision fût prise instantanément après que Severus ait ajouté :

- C'est à propos de Rémus.

Ses jambes suivirent Rogue, qui traversa rapidement deux corridors pour ouvrir la porte d'une salle de classe désaffectée, avant de lancer un sort de silence sur eux et baisser les rideaux, les laissant dans une pénombre approximative, mais les isolait du reste du monde.

- Qu'est ce… commença James qui craignit soudain un piège.

- J'veux juste qu'on ne nous dérange pas, n'aie pas peur, le rassura Severus, en s'appuyant contre un bureau, soulevant plein de poussière qui brilla dans l'air à travers un léger trait de lumière qui perçait l'obscurité régnante.

James resta toutefois sur ses gardes. Il ignorait la raison pour laquelle Rogue l'avait interpellé mais il savait ce qu'il avait été capable de faire à son ami. L'envie de lui sauter à la gorge naquit en son esprit, mais il se rappela toutefois que si Rémus était parmi eux, vivant et guéri, c'était uniquement grâce à l'être répugnant qu'il avait en face de lui.

- Comment va Rémus ? s'enquit Severus en plantant son regard dans celui du Gryffondor face à lui.

Il n'avait pas cessé de réfléchir à son plan. Il surveillait les dates de pleines lunes, comme du lait sur le feu. Et faisait mijoter dans la salle sur demande des potions, avec des composants achetés grâce à l'argent gagné durant l'été, une potion salvatrice. La nausée lui monta. De l'argent sale…. Très sale, mais qui devait aujourd'hui trouver son utilité et sa rédemption.

- C'est bien de t'inquiéter pour lui. Ce n'est pas un peu tard pour ça ?

L'esprit de James était en ébullition, si Rogue avait voulu attraper l'un d'eux pour prendre des nouvelles de sa victime, il avait bien choisi. Sirius l'aurait tué avant même qu'il ne l'interpelle, et Peter aurait eu si peur qu'il aurait détalé comme un rat à l'entente de son nom par le Serpentard.

Il vit les lèvres de Severus frémir.

Que devait-il ressentir ? se demanda un instant James, que ressent-on quand on viole ? Quand on y est obligé ?

De la bile remonta dans la gorge de James en même temps que les mots sur le parchemin qu'ils avaient reçu lui revenaient en mémoire. Dedans, la vermine actuellement en face de lui ne cessait de s'excuser. De décrire, et de s'excuser. Pensait-il que ça le rendait innocent ? Rémus, lui, était innocent… Mais lui... il avait du sang sur les mains, littéralement.

- Tu sais que si Sirius était à ma place, il t'aurait déjà sauté à la gorge, prononça James la gorge nouée.

- Peut-être est-ce pour cela qu'il n'est pas à ta place ? répondit laconiquement Severus, mais tu n'as pas répondu à ma question.

- Tu le vois en cours, croises dans les couloirs, à ton avis, Rogue, comment va-t-il ?

- Je vous évite le plus possible, au cas où tu ne l'auras pas remarqué…

- Si, je vois que tu as l'instinct de survie, Rogue, c'est remarquable. Il va bien, le mieux qu'il puisse aller dans ces conditions. Ta présence ne l'aide pas, cela va sans dire… ajouta-t-il après un bref instant.

- Crois-tu réellement cela ? demanda furibond le Serpentard. Malgré tout ce que j'ai pu lui faire, il sembla à James que de la tristesse vint voiler les yeux du garçon quand il prononça ces mots, il a pu toujours compter sur moi. Je l'ai aidé, je l'ai soigné…

- Et tu as pris ton pied en le violant !

La voix de James rugit soudainement. Il n'était pas pour la guerre, mais il lui était insurmontable d'entendre Rogue se présenter comme le héros de l'histoire !

La colère et les paroles firent sursauter Severus. Bon, tout cela ne se déroulait pas exactement comme il l'avait pensé.

- Je ne voulais pas… il ne sût pas quoi dire, ou du moins comment le dire, sans se prendre un sort cuisant entre les yeux.

Il décida alors d'en venir au fait principal, et perdit sa main dans l'une des poches de ses longues robes noires.

Faisant immédiatement James tirer sa baguette.

- Je ne vais pas t'attaquer, grommela Severus.

Il en ressortit une petite fiole, semblable à celle que les Gryffondors avaient retrouvé dans les sacs en revenant du chemin de traverse.

- La potion pour la pleine lune ? demanda alors James, surpris.

- Elle a lieu vendredi, non ? répondit simplement Severus en la lui tendant, dis-lui ce que tu veux, même que tu m'as torturé pour l'avoir, mais donne-lui s'il te plaît…

- Tu as des récits exacts de torture pour que je paraisse crédible, Servilo ?

L'insulte, le Serpentard ne la releva pas. Il méritait cette colère, et se réjouissait d'avoir encore l'usage de tous ses membres à ce point de la discussion.

- Tu vas la lui donner ou non ? insista-t-il.

James attrapa la potion et l'étudia rapidement avant de la fourrer dans l'une de ses poches.

- Pourquoi ? s'intéressa-t-il en croisant les bras.

- Je vous l'ai dit, je ne voulais pas lui faire de mal. J'aimerais juste essayer de réparer mes torts.

- Et te donner bonne conscience ?

- Pense ce que tu veux, éluda Severus. Je peux lui en fournir une tous les mois, à lui de dire s'il accepte ou non.

Severus se sentit soulagé, il avait fait ce qu'il avait à faire. Et pas pour se donner bonne conscience, mais libre à l'autre de le croire.

Alors, sans plus de paroles, sur un mouvement de cape, il quitta la salle. Laissant James complètement troublé.

Il s'essuya lassement le visage et récupéra ses affaires avant de rejoindre ses amis qui devaient se demander ce qui pouvait bien lui prendre autant de temps.

Quand il s'assit près d'eux, Sirius râla :

- Tu t'es perdu en chemin, Cornedrue ?

- J'ai croisé des gens en chemin, dit-il, discuté avec l'un, l'autre, … rien de fou.

Mais son air grave laissait planer le doute sur ce qu'il venait de dire.

Surtout que James avait eu un tic, ce tic inconscient qu'il avait chaque fois qu'il était pris au dépourvu et cherchait à s'en tirer par une pirouette.

Méfiant, Sirius l'étudia un moment. Mais finalement haussa les épaules.

James, tout en se lançant difficilement dans son devoir maintenant qu'il avait l'impression d'avoir dans sa poche un trésor inestimable, regardait régulièrement Rémus qui avait le nez dans un bouquin.

Il craignait sa réaction car à la vue de son attitude concernant Servilo, il espérait qu'il ne raviverait pas trop d'anciennes blessures chez son ami qui était parvenu avec difficulté à se mettre sur la voie de la guérison.

Ils étaient revenus dans leur dortoir, après le dîner dans la grande salle. La parano de Sirius envers James n'avait fait que grimper, surtout que régulièrement il le voyait porter la main dans la poche de son uniforme.

Qu'est-ce que son ami pouvait bien dissimuler ?

- Crache le morceau, dit-il finalement à l'intention de James, alors que Peter et Rémus étaient chacun dans leurs propres occupations.

Cette phrase attira l'attention de tous sur Sirius et James haussa un sourcil caractéristique.

- Qu'est-ce que tu veux dire ? demanda James en réponse.

Il n'avait pas prévu de parler de la potion ce soir, mais son ami le connaissait bien trop pour voir qu'il cachait quelque chose.

- Oh s'il te plaît, ne joue pas à ça. Qu'est-ce qui a bien pu se passer au moment où tu es remonté ici cet après-midi, fit Sirius en claquant la langue contre son palais. J'vois bien que tu cherches à cacher quelque chose et je suis réellement curieux de savoir quoi.

Peter les regardait, la bouche légèrement entrouverte. Il n'avait rien noté lui de spécial dans l'attitude de James. Quant à Rémus, allongé sur son lit maintenant collé à celui de Sirius, il étudiait son ami, perplexe.

C'est vrai qu'il avait mis du temps à revenir toute à l'heure. Et avant qu'ils ne le voient revenir, ils n'avaient pas manqué de voir passer…

- Et donc tu n'aurais pas, par un hasard incroyable rencontré Rogue, en chemin ? intervint Sirius venant couper les pensées de Rémus qui avait fait le même cheminement.

Un silence frappa le dortoir, puis finalement, pour toute réponse, d'un geste lent, James mit la main à sa poche et en sortit une fiole qu'il fit glisser en direction de Rémus sur sa table de chevet.

Le bruit de frottement du verre contre le bois semblait sinistre, grinçant.

Sirius sauta sur ses pieds. Les sourcils froncés comme jamais.

- Raconte, ordonna-t-il simplement d'une voix qui laissait transpirer sa colère naissante.

James attrapa son front de ses deux mains. Il voyait bien l'air à la fois paniqué et rassuré de Rémus.

Un Rémus qui leur avait déjà parlé de sa hantise face à l'approche de la pleine lune. Mais Sirius avait bien balayé ses craintes. Qui n'avaient pas forcément réellement rassuré leur ami.

- Il a dit quelque chose ? articula Rémus les yeux rivés sur cette petite fiole de verre.

James et Sirius échangèrent un regard.

- Il est disposé à t'en faire parvenir une chaque mois, il m'a dit qu'il n'attendait que ton accord.

Le hochement de tête de Rémus parla pour lui.

C'était un stress de moins. Il culpabilisait, mais avec tout ce qu'il avait vécu cet été, toute la souffrance qu'il n'aurait plus à endurer du fait de la pleine lune était un soulagement. Quand bien même le soulagement venait de celui qui avait pu le briser.

Et alors que Sirius se lançait dans une logorrhée où il reprochait à James d'avoir caché ça jusque-là, promettait à Rogue une mort dans d'atroces souffrances et se reprochait à lui-même de ne pas réussir à empêcher l'intervention de ce garçon dans leur vie, faisant chaque fois ouvrir la bouche de James qui voulait protester et contredire les énormités que disait Sirius, comme toujours lorsqu'une situation le dépassait, Rémus finalement attrapa la potion et la glissa dans sa propre table de chevet.

Son geste ramena aussitôt le silence dans le dortoir, les yeux de Sirius posés sur lui, brillant d'hésitation, ceux plus doux de James.

- Le problème est réglé, non ? dit Rémus à voix basse, s'il veut m'en fournir, j'accepterai, j'ai passé toute ma vie à combattre contre moi-même pendant la pleine lune, si je peux profiter d'un peu de calme à ce moment-là, je ne vais pas refuser l'aide de…, il hésita, ne voulant pas non plus fâcher son maître plus que cela, de Servilo, finit-il finalement malgré lui.

C'est l'esprit énervé que Sirius se coucha ce soir-là, il voyait l'intervention de Rogue comme une insulte personnelle. Toutes ces années, lui et les Maraudeurs avaient été là pour aider leur ami pendant la pleine lune, et voilà que Monsieur Cheveux Gras débarquait comme un cheveu sur la soupe avec une potion qui, Sirius en en était sûr, devait contenir tous les pires ingrédients qu'il existe dans le monde sorcier.

Rémus, lui, s'était déjà endormi, emporté par sa dose de potion de sommeil sans rêve quotidienne.

- T'exagère vraiment, pesta James à voix basse.

- Tu as dit quelque chose, James ? demanda Sirius qui était trop concentré sur le visage serein de son ami lycan près de lui.

- J'ai dit que tu exagères, répéta un peu plus fort James, Rogue veut l'aider ! Et ça semble convenir à Rémus, je ne vois pas pourquoi tu t'offusques tant !

- Une bonne action n'efface pas tout le mal fait auparavant ! Il ne l'emportera pas au paradis pour autant.

- Ce n'est pas ce qu'il cherche ! objecta James, il essaie juste d'adoucir un peu ses transformations ! Ne lui cherche pas d'autres mauvaises intentions derrière ça. Rémus veut la potion et je ne vois pas pourquoi ses meilleurs amis iraient à l'encontre de ça ! Nous aussi on est là pour l'aider, en suivant ce dont Rémus a besoin, en l'occurrence, la potion de Rogue !

- Dites, vous ne trouvez pas qu'il est un peu tard ? les interrompit la voix ensommeillée de Peter qui avait été dérangé dans son sommeil par les chuchotis de ses amis.

Dans la pénombre du dortoir, James vit Sirius se retourner, l'air renfermé. Tant pis pour lui, qu'il s'endorme fâché, mais il devait accepter l'aide d'où qu'elle vienne qui viendrait soutenir leur ami.

Le lendemain matin, c'est maussade mais réaliste que Sirius émergea. Il jeta un regard à Rémus occupé à préparer ses affaires, avant de filer à la salle de bain.

Lorsqu'il le vit claquer la porte, il se précipita sur James.

- Je sais bien que cette potion peut l'aider, c'est juste le fait qu'elle vient de… enfin de cette chauve-souris qui m'écœure et m'angoisse. J'ai peur qu'il ne cherche à blesser Rémus. Qui sait ce que mijote son esprit fourbe ? dit-il tout de go.

- Bonjour Sirius, j'ai bien dormi, merci et toi ? répondit, cynique, James

Les yeux louchant de Sirius le firent rire doucement. L'impétuosité de Sirius... tout un programme. Mais voyant l'impatience naître dans ses traits, il répondit :

- Crois-moi, de ce que j'ai pu voir hier, c'est un esprit torturé que j'ai vu… Il veut aider, pas pour se racheter mais pour lui éviter plus de torts. Voyons ça comme une petite récompense, notre cher Servilo en prend plein la gueule par sa propre conscience sans qu'on n'ait rien à y faire ! Et donc sans retenue !

Il termina sa phrase par un clin d'œil, et Peter, qui avait tout entendu pouffa. Et il vit avec soulagement un sourire naître sur le visage de Sirius.


Voilà pour ce chapitre !
D'ailleurs petite pub : j'ai ouvert un discord, pour réunir les auteurs, lecteurs. Il ne tourne qu'autour du monde d'HP, et des FFs qui en découlent. On pourrait s'y retrouver? L'adresse en MP pour ceux qui la veulent !
Mes amitiés!