Bonjour !
Publication -presque- surprise du mercredi !
Il s'agit de la "moitié" du chapitre complet, l'autre partie sera publiée samedi comme prévu donc ne vous étonnez pas si ce chapitre est un peu court.
Sur ce, bonne lecture !
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— Jusqu'au bout… —
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Le vide qui s'étendit devant Elaiano la surprit. Son voyage était censé l'emmener dans une clairière de la Forêt Noire, pourtant elle chutait à présent entre les branches des arbres. La jeune fille tenta à nouveau de voyager mais elle n'y parvint pas. Toujours agrippée à Faegmôr elle remarqua que loin d'être assommé, il était éveillé et souriait froidement. Le coup parti si vite que l'adolescente ne put esquiver. Le poing de son adversaire atteignit sa mâchoire et la douleur autant que la surprise lui firent lâcher le Maia qui disparut. La jeune fille se dépêcha de l'imiter et un instant plus tard elle s'écrasait sur le sol de la forêt. Étourdie et la bouche en sang, elle se releva tant bien que mal et fut aussitôt cueillie au niveau de l'estomac par un atemis bien placé. A nouveau elle s'écroula aux pieds de Faegmôr qui en profita pour la rouer de coups. Il l'atteignit aux tibias, à l'épaule, et au ventre avant de s'interrompre. Prostrée dans l'herbe boueuse l'adolescente s'était recroquevillée et attendait le coup suivant qu'elle craignait fatal. Chaque partie de son corps meurtri l'élançait et la douleur allait croissante.
— Regardes toi. Si faible. Tu n'es qu'une enfant qui essaie de jouer dans la cour des grands, se moqua le Maia en s'éloignant d'un pas. Allez relèves toi et montres moi au moins que tu sais te battre.
Elaiano se redressa tant bien que mal et serra sa dague dans son poing. Sa main droite toujours sanguinolente n'était pas en état de tenir la moindre arme. Elle essuya négligemment le sang qui coulait de sa bouche et se mit en garde. L'espace restreint ne serait pas à son avantage mais ne permettrait pas à son opposant de bien se servir de son épée. Ce fut Faegmôr qui passa en premier à l'attaque. Il se jeta sur la jeune fille et chercha à la faucher. Elle recula d'un bond avant de s'élancer à son tour. Le Maia évita sans problème la charge et asséna le pommeau de sa lame sur la nuque de l'adolescente qui perdit l'équilibre et tomba à nouveau. Loin de se laisser abattre, elle se releva et se remit en garde. Dès qu'elle passa à l'attaque elle feinta à gauche avant de plonger à droite et de frapper Nínim aux jambes. Sa lame ricocha contre l'armure qu'il portait mais le métal resta tordu. Ivre de rage il se retourna et frappa à l'aveuglette. La jeune fille esquiva de justesse et reprit ses distances. Ils commencèrent alors à marcher en cercles, se jaugeant l'un et l'autre. Le sourire du Maia n'apparaissait plus sur son visage. Il avait compris que malgré son inexpérience, il ne devait pas sous-estimer la combativité de son adversaire. Elaiano quant à elle essayait de camoufler tant bien que mal sa fatigue croissante. Les multiples coups qu'elle avait reçu diminuaient son attention et la gênait dans ses mouvements. Son genou gauche protesta lorsqu'elle se remit en garde mais elle l'ignora. Le Maia ne devait surtout pas voir sa gêne.
Malgré son attention, l'attaque la prit de court. Le Maia se volatilisa et reparu dans son dos. La jeune fille fit volte-face et sa dague vint bloquer l'épée de son adversaire. Ignorant la douleur qui élançait toujours sa main gauche, l'adolescente dégaina sa deuxième dague et la planta dans un interstice entre deux plaques de métal. Les yeux de Faegmôr étincelèrent de fureur. D'un mouvement de poignet il fit pivoter son épée et dégagea la lame avant de plonger pour transpercer l'elfe. Celle-ci bondit en arrière mais buta contre une pierre qui dépassait du sol et perdit l'équilibre. Elle lâcha une de ses dagues pour se rattraper mais l'impact avec le sol lui coupa tout de même le souffle. Le Maia s'avança vers la jeune fille à terre le visage froid et les yeux brûlant d'un feu ardent et dévastateur. Sans réfléchir, l'adolescente paniqua et voyagea plus loin dans les bois. Elle se releva et se mit à courir droit devant elle espérant mettre le plus de distance possible entre Nínim et elle. Un bruissement sur les feuilles lui fit comprendre sans qu'elle ait besoin de se retourner qu'il l'avait suivie et la prenait maintenant en chasse. Telle une biche effarouchée qui fuirait un chasseur elle slaloma entre les arbres évitant tant bien mal les arbres, racines, et arbustes qui se dressaient sur sa route. Par moments elle tendait l'oreille et entendait le pas du Maia derrière elle. Dès qu'elle osait jeter un œil dans son dos, elle apercevait sa silhouette. Elle ne pouvait lui échapper et ne devait pas fuir. L'elfe se camoufla derrière un gros tronc d'arbre et rangea la seule dague qui lui restait. Elle fit passer son arc par-dessus son épaule et encocha une flèche sur la corde. Elle se força alors à calmer sa respiration rendue haletante par sa course dans la forêt et elle écouta les sons des bois. Et craquement non loin lui apprit que Faegmôr s'était arrêté à quelques mètres seulement d'elle. Lui aussi devait être aux aguets.
— Je sais que tu es là. Tu ne peux m'échapper Elaiano et tu le sais. Sors de ta cachette et vient te battre.
Il se tut et un bruissement fit comprendre à l'adolescente qu'il faisait le tour des arbres de la zone pour la trouver.
— Très bien joué de ta part de m'emmener dans la Forêt Noire, reprit-il avec sarcasme. Mais si tu croyais que ça me déstabiliserait, tu te trompes largement.
Elaiano se mordit la langue pour ne pas répliquer car elle dévoilerait ainsi sa position. Prenant le risque d'être vue, elle se pencha et jeta un œil. Le Maia était dos à elle à une petite dizaine de mètres et la pointe de sa longue épée était dirigée vers le sol. Il fit soudainement volte-face et l'adolescente se plaqua contre le tronc pour ne pas être vue.
— Tu ne peux te cacher éternellement. Tôt ou tard je te trouverai ou tu devras sortir. Quelles belles paroles le fëanorion t'a-t-il dites pour que tu viennes te battre ? Qu'il t'aimait ? Ta naïveté en est désolante. Tu n'es qu'une enfant et tu n'as pas la moindre idée de ce qu'il a fait pas le passé. Il parcoure ce monde depuis près de dix millénaires. Que crois-tu que tu sois à ses yeux mis à part un bébé ne connaissant rien du monde ?
Des larmes de rage coulèrent sur les joues de l'adolescente qui se mordait à présent la langue jusqu'au sang pour ne pas répliquer mais l'évidence lui sautait aux yeux. Elle devait reprendre le combat et le tuer. Sûrement conscient de l'impact de ses paroles sur l'elfe, Faegmôr reprit la parole et son tour des arbres. Cette fois la jeune fille comprit que c'était vers le sien qu'il se dirigeait.
— Maintenant sors petite idiote. Affrontes-moi. Affrontes ton destin puisque tu as décidé qu'il serait comme tel. A moins que tu n'ait besoin que j'aille me charger du cas de ta très chère nourrice. Comment s'appelait-elle déjà ? Élisa ?
Il marqua un temps pour savourer l'instant. Elaiano saisie d'effroi sentit sa résolution vaciller.
— Si tu ne sors pas de ta cachette, je suis certain que tu ne verrais pas de mal à ce que je lui rende une petite visite, non ? Je pourrais même te ramener sa tête. Ça doit faire si longtemps qu'elle ne t'a pas vu. Combien de temps sera passé sur Terre depuis ton départ ? Vingt ans ? Trente ans ? Elle est peut-être déjà morte. Qu'importe, sa vie n'a pas d'importance et je me ferai un plaisir de la lui ôter.
La jeune fille jaillit de sa cachette et décocha sa flèche que le Maia trancha nette.
— Tu ne la toucheras pas ! s'écria-t-elle en encochant une autre.
— Ah te voilà, répliqua l'intéressé sarcastiquement. Je commençais à m'inquiéter.
— Je ne te laisserai pas t'approcher d'Élisa. Pas tant que je serais en vie.
— Ça tombe bien car je comptais te la prendre.
Faegmôr s'élança vers l'adolescente qui se mit à décocha ses flèches les unes après les autres à une vitesse folle. Ses doigts allaient et venaient entre son carquois et la corde de son arc si vite que l'archère elle-même ne savait plus ce qu'elle faisait. Pourtant chacune de ses flèches partaient droit sur le Maia qui devait esquiver à chaque fois. Certaines atteignirent leur cible mais ricochèrent presque toutes contre les plaques métalliques de l'armure. Une ou deux se glissèrent dans les interstices et atteignirent Nínim lui arrachant un cri de colère à chaque fois. La dernière laissa une ligne de feu sur sa joue avant qu'Elaiano ne soit forcée d'esquiver la charge de son opposant et d'abandonner son arc pour sa dague. Elle se replaça devant un arbre dont le tronc plus large que les autres lui offrait une protection certaine et empêcherait le Maia d'utiliser son pendentif pour l'attaquer par derrière et le combat au corps à corps reprit avec plus de violence.
Faegmôr tenta une attaque par le haut mais l'adolescente se glissa tel un serpent entre son opposant et sa lame avant de le frapper. La dague traversa l'épaule du Maia qui donna un coup de poing à l'elfe pour la forcer à reculer. Sous la force du coup la jeune fille cru que sa mâchoire se disloquait mais elle reparti à la charge, à moitié aveuglée par la douleur. Elle tenta à nouveau une feinte sur le côté mais il ne se laissa pas piéger une deuxième fois. Faegmôr cueillit Elaiano en attaquant par le bas. Le contre la surprit tellement qu'elle ne put éviter. L'épée noire lui déchira le flanc et le sang coula. Les dents serrées pour ne pas hurler de douleur, l'adolescente ploya et chuta à genoux, en plaquant ses mains contre la blessure pour endiguer le sang qui coulait. Amusé, le Maia rengaina son épée et s'avança vers l'elfe toujours à terre. Il lui attrapa un bras et le tordit dans son dos pour l'immobiliser. Puis de sa main libre il tira sur la chevelure de la jeune fille pour la forcer à basculer la tête en arrière dégageant son cou. Il se délecta d'abord de la peur et de la douleur qui brillait dans les yeux de sa prisonnière avant de voyager. Dès lors qu'ils reparurent en haut de la plus haute tour de Dol Guldur il sentit à nouveau ses pouvoirs couler en lui. Il savoura encore un instant la terreur de l'adolescente lorsqu'elle reconnut les lieux et comprit ce qu'il allait faire, puis sans le moindre remord il posa deux doigts sur le front de l'elfe.
Le monde disparu autour d'Elaiano et Dol Guldur disparu pour laisser place au paysage qu'elle voyait en rêve depuis plusieurs jours. Elle se trouvait comme à chaque fois à l'orée d'une forêt et derrière elle s'étendait toujours la même plaine battue par les vents. Mais cette fois elle savait qu'il n s'agissait pas d'un rêve, ou d'une vulgaire trace laissée par les tentatives du Maia pour pénétrer ses rêves. Elle devait lui réchapper et s'en extraire avant qu'il n'ait le temps de faire quoi que ce soit. Une seule fois elle y était parvenue et il s'agissait d'un pur hasard car elle n'avait pas vraiment conscience de ce qu'elle faisait. Elle voulut fermer les yeux pour ne pas se laisser berner par l'illusion créée par Nínim mais elle n'y parvint pas. Elle essaya de se mouvoir mais resta à nouveau figée, incapable du moindre mouvement. Paniquée elle tenta par tous les moyens de s'extraire de son immobilité mais peine perdue. Elle était coincée dans son propre esprit, à la merci du Maia. Le vent de la plaine forcit et l'ombre de la forêt s'étendit. La luminosité baissa jusqu'à ce que la pénombre soit presque totale. Alors une petite voix se mit à lui susurrer à l'oreille des pensées qui n'étaient pas les siennes et malgré elle, celles-ci commencèrent à s'incruster dans son esprit.
— Cesses de te battre, Nínim n'est pas ton ennemi.
— Non, laisses-moi ! cria la jeune fille.
— Pourquoi veux tu que je parte ? Je suis toi Elaiano, répondit la voix.
— Non. Tu n'es qu'une illusion.
— Oublie tes convictions. Oublie le fëanorion.
— Non, répliqua l'adolescente avec autant de conviction qu'elle put.
Mais l'injonction pénétra malgré tout dans ses pensées et commença à s'attaquer aux souvenirs qu'elle partageait avec Maglor.
— Non ! cria-t-elle lorsqu'un instant de joie partagé en prison à Barad-Dûr tomba en poussière aussitôt suivi par un autre et encore un autre.
Au fur et à mesure que ses souvenirs lui échappaient à nouveau un vide s'installait en elle. Le Maia lui volait son identité, son passé, ses désirs. Elle s'accrocha de toutes ses forces à ses convictions mais sous la pression de Faegmôr, celles-ci s'en retrouvaient ébranlées.
— Non…
L'adolescente tomba à genoux en pleurs. Elle ne voulait pas tomber définitivement sous l'emprise du Maia. Elle ne voulait pas devenir un pantin sans âme. Elle ne voulait pas… Un éclair traversa son esprit lui apportant un instant de lucidité. Elle venait de tomber à genoux ce qui signifiait qu'elle pouvait bouger. Luttant contre un désir étranger qui lui intimait de se laisser aller à la volonté de Nínim elle se releva et ferma les yeux. Le décor disparu et elle reprit conscience des véritables sensations de son corps. De la douleur, de la peur, un vent glacé qui lui battait les tempes, et surtout Faegmôr qui la maintenait à genoux mais sa prise s'était desserrée. Toujours les yeux fermés, l'adolescente leva les bras et empoigna les doigts que le Maia avait posé sur son front. De toutes les forces dont elle était capable, elle les écarta de son front et aussitôt l'illusion disparu. La pression du Maia sur son esprit s'évapora et elle reprit le contrôle de ses pensées et de ses actes. L'elfe se releva et poussa son adversaire dans le vide qui s'étendait derrière lui. Au dernier moment, il l'agrippa et les deux combattants chutèrent ensemble dans un méli-mélo de bras et de jambes. Pas à un seul instant de leur chute ils ne pensèrent au sol en pierre qui se rapprochait à toute vitesse. Tout ce qu'ils souhaitaient était de blesser voire tuer leur opposant. Au cours de la bagarre, la jeune fille reçut un coup de poing sur la tempe à quelques millimètres de son œil. Le gant métallique de Faegmôr y laissa une marque assez nette et sanguinolente. A demie assommée et la vue brouillée, Elaiano n'hésita pas à contre attaquer et à frapper de toutes ses forces son ennemi qui encaissa sans broncher.
Lorsque le sol apparu dans le champs de vision de l'elfe, elle paniqua et son instant d'inattention permit à Nínim de passer à l'attaque. Sa main gantée se referma sur la gorge de l'adolescente qui tenta de se dégager sans succès. Sans plus attendre, le Maia voyagea jusqu'à la plateforme qu'ils venaient de quitter et se tint debout au bord. Au bout de son bras tendu pendait le corps l'elfe qui suffoquait. Déjà sa respiration s'altérait et ses yeux roulaient dans leurs orbites. La peau de son cou virait au blanc alors que son visage rougissait. Petit à petit ses mouvements désordonnés s'espacèrent puis se firent plus faibles. La lueur qui brillait dans le regard de la jeune fille vacilla sur le point de s'éteindre. A cet instant une flèche à l'empennage argenté se planta dans le bras du Maia et transperça ses muscles. La surprise et la douleur lui firent lâcher prise et l'adolescente disparu dans le vide. Faegmôr chercha du regard celui qui avait osé l'attaquer et son attention se porta sur un archer. Debout sur un promontoire de roches tombées d'un mur il venait d'encocher une deuxième flèche sur la corde de son arc. Le projectile partit et transperça l'air dans un sifflement. Dégainant son épée à l'aide de son bras encore valide le Maia trancha net la flèche avant de reporter son attention sur l'endroit où se tenait l'archer mais celui-ci avait disparu. La rage s'empara à nouveau de lui. Il ne connaissait que peu d'elfes capables de réussir un tir aussi précis sur une distance aussi importante et l'un d'eux venait à nouveau de le défier. Le fils de Fëanor. Lui et Elaiano se mettaient encore et toujours en travers de son chemin.
— Fini de jouer. Vous m'avez défiés, maintenant payez.
Et sans un mot il voyagea avec l'intention d'achever la jeune fille si par miracle elle avait survécu à sa chute.
Lorsque la flèche transperça le bras du Maia, l'adolescente était sur le point de basculer pour de bond dans l'inconscience. Elle ne se sentit qu'à peine chuter. Ses poumons réclamaient de l'air, son corps meurtri ne lui répondait plus. Sa conscience elle-même ne se résumait plus qu'à une pensée. Du désespoir. Tout était fini, elle le savait. Elle avait échoué. Après tout qu'avait-elle espéré ? Le Miroir lui avait prédit qu'elle mourrait alors pourquoi continuer à se battre ? Il était bien plus simple de se laisser aller et de tout abandonner. Ses pensées se tournèrent vers Maglor. Où était-il ? En train de se battre contre des Orcs, des Wargs ? Était-il seulement encore en vie ?
— Guren min gaim lín. Estelion allen.
— Tout n'est pas perdu. Le futur n'est pas encore figé.
— Vraiment ?
Une pointe de chaleur s'éveilla au niveau du cou de l'adolescente comme pour l'inciter à suivre les paroles que Galadriel murmurait dans la tête de la jeune fille.
— Il ne l'a jamais été.
Elaiano prit une grande inspiration et se remit en mouvement. L'instant d'après elle se tenait à nouveau sur la plateforme mais Faegmôr n'y était plus. Elle entreprit alors de reprendre son souffle et une poignée de secondes plus tard le Maia apparu à l'autre bout de la terrasse. Son regard ombrageux témoignait de la colère qui couvait en lui et son bras droit pendait étrangement sur le côté. Du sang coulait de sa manche et il tenait son épée dans sa main gauche, fait inhabituel. La flèche avait dû lui sectionner un tendon ou blessé gravement un muscle de son bras droit l'empêchant de s'en servir pour se battre. Cette maigre victoire raviva le cœur de l'adolescente qui désigna son pendentif et tenta le même coup de bluff que précédemment.
— C'est ce que tu veux non ? Si tu t'approches plus près je le détruit et tu pourras dire adieu à tes plans de conquêtes.
Un rictus apparu sur le visage de son interlocuteur.
— Crois-tu vraiment que ta menace me fais peur ? Tu ne le feras pas car tu perdrais ton unique moyen de te rendre sur Terre et serais incapable de protéger ta chère Elisa.
Elaiano se mordit la langue pour ne pas répliquer. Il avait raison. Comme toujours. Pour se donner une contenance elle dégaina de nouveau sa dague et se remit en garde.
— Dans ce cas je te tuerais d'abord.
Nullement effrayé, Nínim se mit tranquillement en garde à son tour.
— Et comment comptes-tu t'y prendre ? Tu ne me vaincras pas.
— Un jour tu m'as demandé si j'étais prête à défendre ma propre vie qu'importait les manigances de ceux qui se dresseraient sur ma route et je t'avais répondu ''oui''. A présent je souhaite corriger ma réponse. Je défendrais ceux que j'aime coûte que coûte. Je ne sais peut-être pas comment te vaincre mais si ce n'est pas moi, quelqu'un d'autre viendra après moi, et encore un autre après jusqu'à ce que tu tombes.
— De belles paroles venues de celle qui se bat seule.
— C'est ce que tu crois.
Dans un cri, la jeune fille se jeta sur le Maia et l'attaqua de front. Faegmôr para le coup et se prépara à contre attaquer mais l'adolescente s'était déjà faufilée dans son dos et le frappa à nouveau. Cette fois elle atteint sa cible et la lame transperça l'armure. Nínim fit volte-face et balaya les jambes d'Elaiano qui perdit l'équilibre et chuta. Sans attendre elle se releva et esquiva de justesse l'épée de son adversaire. A nouveau elle reparti à l'attaque et intercepta la lame de son ennemi. N'ayant pas sa deuxième dague elle se contenta de faire glisser son arme le long du tranchant de l'épée jusqu'à atteindre le pommeau et forcer son opposant à orienter la pointe de sa lame vers le sol. Une fois fait elle dégagea sa dague et frappa le Maia trois fois. Elle le toucha à deux reprises mais la troisième fois son arme heurta l'épée de son adversaire qui reprit le dessus. Forcée de battre en retraite elle commença à reculer jusqu'à se retrouver aculée contre un mur. A court d'idée elle se jeta au sol pour éviter un coup transversal qui l'aurait à coup sûr coupée en deux et se releva derrière Faegmôr prête à le frapper.
— Son passage dans la Forêt Noire a désorienté les Orcs. Il ne doit absolument pas rester à Dol Guldur, transmit Galadriel à cet instant précis.
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Petit point d'elfique : en Sindarin, "Guren min gaim lín" veut dire "Mon coeur est entre tes mains", et "Estelion allen" veut dire "Je crois en toi".
Et voilà ! Je sais c'est plus court que d'habitude mais bon. Je dois vous avouer que je commençais aussi à m'habituer aux chapitres de 5000 mots donc même si celui-ci fait 3900 c'est perturbant. J'ai l'impression de n'avoir rien écrit.
Du coup je vous laisse sur cette phrase de fin et vous dit à samedi !
