Bonjour.

Et c'est parti pour la suite de cette bataille qui commence à durer non ? Alors essayez de ne pas aller lire tout de suite les dernières lignes du chapitre et de le lire dans l'ordre (c'est à dire en commençant par le titre). Je vous jure ça évite le spoil.

Si vous avez la motivation, n'hésitez pas à me dire maintenant quelles sont vos hypothèses. Comment toute cette histoire va-t-elle finir à votre avis ? Qui va gagner ? Qui va survivre ?

Sur ce, bonne lecture !

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— …A tout prix —

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Son passage dans la Forêt Noire a désorienté les Orcs. Il ne doit absolument pas rester à Dol Guldur, transmit Galadriel.

Surprise par ce message, l'adolescente perdit le précieux instant qu'elle venait de gagner à réfléchir et n'eut d'autre choix que d'empoigner l'épaule du Maia puis de voyager avant qu'il n'ait le temps de la contrer. A nouveau il parvint tout de même à modifier quelque peu leur destination et ils échouèrent non pas au sol mais sur une branche d'un arbre à plusieurs dizaines de mètres de hauteur. L'elfe s'écarta aussitôt de Faegmôr et se rapprocha du tronc le plus proche n'osant pas regarder en bas. Ce n'était pas un hasard s'il avait opté pour les hauteurs des bois. Il savait pertinemment qu'elle était sujette au vertige et qu'un combat dans de telles conditions ne serait pas du tout à son avantage. Peut-être espérait-il même qu'elle reste figée de terreur. Cachant la panique qui la prenait à la gorge, elle se remit en garde mais garda une main posée sur le tronc derrière elle pour garder un point de repère solide. Le monde semblait danser autour d'elle et le vide qui s'étendait sous ses pieds la narguait. Le monde tanguait et elle avait l'impression de se trouver sur le pont d'un bateau en pleine tempête. A deux pas de la jeune fille, le Maia se retourna et brandit son épée un grand sourire sur les lèvres. Il contrôlait parfaitement la situation et en était parfaitement conscient.

Ce fut lui qui passa le premier à l'attaque en fondant sur l'adolescente tel un oiseau de proie. Prise de panique, Elaiano sauta sur une branche plus large non loin de la leur et remit une distance respectable entre elle et son opposant. D'un œil elle surveilla Nínim qui changea de branche à son tour, et de l'autre elle surveilla l'endroit où elle posait ses pieds se battant contre l'envie de fuir le plus loin possible. Le deuxième assaut de Faegmôr la prit de court et elle n'eut pas le temps d'esquiver. Elle para in extremis avec sa dague et bondit en arrière pour ne pas être blessée par une attaque surprise. Elle se réceptionna maladroitement et dû se cramponner au tronc de l'arbre pour ne pas chuter. Nullement dérangé ou perturbé par l'environnement aérien, le Maia s'avança vers la jeune fille et reprit ses attaques incessantes. Sur la défensive, l'adolescente dû utiliser toute sa rapidité pour ne pas se laisser surpasser par les coups à répétitions que lui lançait son ennemi. Sa lame étant plus courte elle put à plusieurs reprises réagir plus vite mais elle manquait de puissance pour repousser l'arme. Un coup finit par l'atteindre au coude alors qu'elle plaçait sa dague au niveau de son visage pour se défendre. L'acier mordit la chair et lui arracha un cri de douleur. Elle lâcha son arme qui tomba dans le vide. Désarmée elle fut forcée de fuir.

N'écoutant que son courage, elle sauta dans le vide et se réceptionna sur la branche inférieure. S'efforçant de ne pas regarder vers le sol, la jeune fille se mit à courir sur la branche heureusement assez large avant de descendre encore. Au bout de quelques branches elle aperçut le sol et sa dague qui gisait dans la mousse. Elaiano jeta un regard en hauteur mais n'aperçut pas le Maia. Pas un bruissement ni mouvement ne témoignait de sa présence. Soudain prise d'un doute elle reporta son attention sur sa dague. Elle n'était plus très loin mais son instinct lui soufflait de ne surtout pas aller la chercher. Faegmôr ne l'avait pas poursuivie. Il n'avait même pas essayé. L'adolescente jeta un œil aux alentours. Plus un bruit ne se faisait entendre dans les bois. Pas même le bruissements des feuilles ni le murmure du vent. Un calme anormal pesait comme si la forêt retenait son souffle. Tout portait à croire qu'elle était le seul être présent dans ces lieux. Ce ne pouvait être vrai. Alors l'elfe comprit. Nínim n'avait pas cherché à la poursuivre. Il lui tendait un piège. Il devait sûrement être tapi non loin de l'arme abandonnée et attendait que la jeune fille se précipite pour la récupérer. Silencieuse comme une ombre, l'adolescente se hissa le plus discrètement possible sur la branche supérieure et entreprit de circuler d'arbre en arbre contournant l'endroit où demeurait son arme les sens en alerte. Elle avait presque effectué un demi-cercle lorsque ses yeux se posèrent sur une anomalie. Une ombre plus sombre que les autres et anormale. L'elfe se plaqua contre un tronc et étudia la forme. Le léger tremblement qui agitait l'ombre alors que le vent ne soufflait pas et les quelques traces de sang sur une large feuille confirmèrent ses pensées. Il s'agissait du Maia, presque parfaitement camouflé dans les bois.

Elaiano changea encore de tronc et se posa sur la branche la plus basse non sans lutter contre son envie croissante de sauter à terre pour enfin quitter les hauteurs vertigineuses des bois. Son ennemi ne s'attendrait pas à être attaqué par les airs. C'était sa seule chance. Avec la plus infime délicatesse, elle prit son arc et porta sa main à son carquois. Ses doigts se refermèrent sur une unique flèche. La dernière. La jeune fille s'en empara alors et se débarrassa de son carquois qui ne lui était plus d'aucune utilité. Une fois certaine qu'il ne tomberait pas, elle encocha sa flèche et porta la corde à sa joue. Sa main qui tenait la corde tremblait légèrement et elle dû se mordre la langue pour ne pas grogner de douleur. La plaie sanguinolente qui ornait sa paume gauche lui faisait d'autant plus mal qu'elle prenait son temps pour viser. Après une courte hésitation elle dirigea la pointe de la flèche vers le cou du Maia et décocha. Le trait fila dans l'air et dès l'instant où elle relâcha la corde Elaiano sut qu'elle avait raté son tir. Elle avait visé trop bas. Par hasard ou pousser par la main du destin, Faegmôr bougea au même moment et la flèche vint se planter dans une interstice entre deux plaques métalliques et y resta fichée. Le blessé poussa un cri ou se mêlaient surprise, douleur, et colère. D'un geste rageur il arracha le trait de son flanc mais aussitôt du sang en jaillit. La flèche avait touché une veine. Nínim ne jeta pas un regard à l'empennage blanc taché de sang. Il savait qui avait tiré. Le regard plein de haine il chercha du regard l'adolescente et cet instant d'inattention permit à l'elfe de quitter son perchoir. Délaissant son arc maintenant inutile, elle sauta de sa branche et se réceptionna sur le sol en mousse. Son genou encore fragile l'abandonna à cet instant. Effondrée au sol, la jambe gauche presque paralysée par la douleur, la jeune fille se releva malgré tout et boitilla jusqu'à sa dague. Lorsque ses doigts se refermèrent sur le pommeau une ombre se dressa derrière elle. Elle se retourna paniquée et n'eut que le temps de voir la pointe d'une épée descendre vers elle avant que tout ne devienne noir.

L'instant d'après elle s'effondra sur une surface dure, et grise qu'elle ne connaissait que trop bien. Levant les yeux elle reconnut aussitôt la place où elle avait pour la première fois rencontré Faegmôr. L'évidence lui sauta aux yeux. Elle avait voyagé sans le vouloir et se trouvait à présent sur Terre. Ses pensées se tournèrent vers Elisa. Faegmôr savait où elle vivait et allait sans nul doute profiter du passage de la jeune fille sur Terre pour la blesser. L'adolescente se releva et claudiqua jusqu'à un banc sur lequel elle se laissa tomber. Il n'y avait presque personne aux alentours et les rares passants l'évitèrent soigneusement. Si la douleur n'avait pas été aussi forte, l'elfe aurait sûrement rigolé devant le comique de la situation. Elle ne devait pas avoir fière allure dans ses vêtements couverts de sang, de poussière, de terre, et d'un tas d'autres immondices qui avaient dû s'agripper à ses cheveux. La sueur plaquait même ses mèches rebelles contre son crâne. Elaiano dû se forcer à rester concentré pour ne pas tomber d'épuisement. Son corps entier réclamait qu'elle fasse une pause, qu'elle cesse de se battre. Abandonner était si simple. Il lui suffisait de s'allonger et de se laisser partir. Mais elle ne pouvait pas. Des gens comptaient sur elle pour éliminer Faegmôr et elle se devait de le faire sinon Elisa ne serait pas en sécurité et Maglor et elle ne pourraient jamais vivre en paix. La jeune fille se remit alors debout et se remit en marche vers l'orphelinat. Elle ne s'y était pas rendue depuis longtemps, pourtant le chemin restait gravé au fer rouge dans son esprit. Elle aurait pu y voyager immédiatement mais cette initiative aurait aussitôt averti le Maia de ses intentions. Mieux valait qu'il ignore ou ne sache pas exactement ce qu'elle avait en tête. Peut-être qu'elle gagnerait suffisamment de temps et pourrait mettre celle qui l'avait élevée en sécurité. Le pavé régulier s'étendait devant la jeune fille qui avançait cahin-caha vers le lieu où elle avait passé tant d'années. Accrochée à un mince espoir, elle continuait de marcher malgré la douleur qui la transperçait. Son périple devint plus aisé lorsqu'à force de souffrir la douleur sembla s'anesthésier par elle-même comme si son cerveau avait préféré couper toute sensation provenant du membre blessé. Enfin l'ancien bâtiment que l'adolescente connaissait si bien s'éleva devant elle.

Prise d'une soudaine vivacité Elaiano couru presque jusqu'à la grande porte en bois. A côté pendait une énorme pancarte avec marqué ''à vendre''. Avec un pincement au cœur, la jeune fille détourna le regard et poussa la porte. Le battant s'ouvrit et le tintement d'une clef résonna dans le hall désert. L'adolescente s'avança les yeux brillants. Malgré la poussière qui recouvrait les meubles et le silence d'église qui régnait, rien n'avait changé depuis son départ. Un comptoir circulaire à l'aspect ancien décorait le centre de la pièce et l'éternelle lampe de bureau que l'elfe avait toujours connue se dressait. Le pas d'Elaiano résonna étrangement dans le grand bâtiment à présent abandonné. Presque par réflexe la jeune fille s'avança jusqu'au comptoir et laissa courir ses doigts sur le bois laissant des traces sur l'épaisse couche de poussière qui le recouvrait. Une larme coula sur son visage quand elle aperçut l'immense escalier qui grimpait vers les étages et la longue table où les autres orphelins et elle mangeaient habituellement. L'adolescente tenta d'allumer la lampe de bureau mais l'interrupteur se contenta de faire résonner ses petits clics dans le vide. Il n'y avait pas d'électricité. Elle se retourna. Les fenêtres dégageaient suffisamment de lumière pour éclairer à minima le lieu mais de nombreux coins de la pièce restaient plongés dans l'ombre. L'évidence s'imposa alors. L'orphelinat était abandonné. Elle ne trouverait personne en ces lieux à part des souvenirs. Un claquement sur les dalles en pierre du sol se fit entendre et l'adolescente fit volte-face la pointe de sa dague pointée devant elle.

— Qui est là ?

Une femme qui devait avoir près de la soixantaine sortit de l'ombre et s'avança dans la faible lueur dégagée par les carreaux sales d'une fenêtre. Ses cheveux presque tous blancs étaient relevés en un chignon lâche et ses yeux marrons brillaient autant de joie que de tristesse. Le cœur de la jeune fille rata un battement. Malgré l'âge elle la reconnaissait.

— Elisa ?

Elle voulut se précipiter vers celle qui l'avait élevé mais ce qu'elle vit la dissuada d'avancer. Derrière Elisa se tenait une silhouette que l'adolescente ne connaissait que trop bien.

— Laisse la tranquille Faegmôr ! Elle ne t'as rien fait.

— Non en effet, répondit-il très calmement son épée passée en travers de la gorge de sa victime.

— Ondine… murmura Elisa d'une voix rauque remplie de peur. Que se passe-t-il ?

— C'est trop compliqué à expliquer, fit-elle avant de se tourner à nouveau vers le Maia. Laisses la partir.

— Comme tu veux.

Il écarta sa lame et laissa sa prisonnière s'éloigner de lui. Elle n'eut pas fait trois pas qu'il brandit à nouveau son épée et la planta dans la poitrine de la vieille femme qui s'effondra.

— Non ! hurla la jeune fille en se précipitant vers Elisa.

Elle se jeta à genou à ses côtés et posa une main sur la blessure dans le maigre espoir d'endiguer le flot de sang.

— Non.

La blessée entrouvrit les yeux et son regard se posa sur le visage de l'adolescente désemparée.

— Ondine… Tu n'as pas changé.

Elle s'interrompit, toussa, et ses doigts se refermèrent autour de la main libre de la jeune fille.

— Ça va aller, ne t'inquiètes pas.

— J'ai toujours sur que…

Elle ferma un instant les yeux et sa poitrine se souleva difficilement lorsqu'elle tenta de reprendre son souffle.

— …tu reviendrais.

Ses yeux perdirent alors de leur éclat et devinrent ternes. Les tremblements qui agitaient son corps cessèrent et la main qui tenait les doigts d'Elaiano perdirent de leur force. La main retomba avec douceur et la vie quitta le corps de celle que l'elfe avait tenté en vain de protéger. L'adolescente serra avec la force du désespoir la main de sa nourrice dans la sienne en l'appelant par son nom dans le maigre espoir qu'elle se réveille mais elle ne réagit pas. La poitrine de la jeune fille se souleva de plus en plus rapidement au fur et à mesure que ses inspirations se faisaient plus courtes et plus vives comme si respirer plus vite pouvait effacer la douleur qui étreignait son cœur. Des larmes coulèrent le long de ses joues et elle poussa un hurlement de détresse. Comme pour la ramener au présent, une pointe froide se fit sentir dans sa nuque.

— Je t'avais dit que tes émotions te perdraient. Tout est fini. Abandonne maintenant.

L'elfe baissa la tête et ravala un sanglot. Elle tremblait.

— Non, ânonna-t-elle à mi-voix.

La pression de l'épée se fit plus forte contre son cou et une perle de sang coula.

— Pardon ?

La main de la jeune fille se referma sur sa dague et elle se releva, le dos toujours tourné.

— J'ai dit… non.

Elle se retourna et le Maia aperçu dans ses yeux rougis par les larmes une lueur qu'il n'avait vu qu'une fois lorsqu'elle avait fait face à l'ours enragée sauf que cette fois un feu ardent brûlait dans les prunelles de l'elfe.

— Tu l'as tuée.

Faegmôr redressa la garde de son épée et amena la pointe de sa lame à seulement quelques millimètres de la trachée de celle qui lui faisait face.

Mitho orch.

Elle se glissa alors sous la lame de son adversaire et l'attaqua. Le Maia dû parer le coup qui aurait dû le décapiter et se remit en garde. L'adolescente tenta une attaque par le haut mais il la repoussa. Elle chercha à le frapper de front mais il esquiva et contre attaqua. Elle évita avec légèreté et le frappa. Par deux fois sa lame pénétra dans sa chair et la seconde fois la jeune fille parvint à arracher le plastron avant de son adversaire et à le désarmer. De colère Nínim la frappa au visage et elle s'effondra au sol le nez cassé et en sang. Elle chercha à se relever mais il se précipita vers elle et la cloua au sol en posant son pied sur son torse. Elle planta alors sa dague dans son pied lui arracha un grognement de douleur. L'adolescente en profita pour se redresser et se jeter sur son adversaire. Ils luttèrent quelques instants au corps à corps, mains contre fer avant que Faegmôr n'empoigne la gorge de la jeune fille et ne la plaque au sol. Etourdie elle ne se dégagea pas assez vite et le choc lui fit lâcher sa lame. L'elfe chercha à tâtons mais à peine ses doigts se furent-ils refermés sur l'arme que le Maia lui écrasa les doigts. Elaiano poussa un hurlement de douleur quand elle sentit tous les os de ses phalanges se briser les uns après les autres mais la douleur lui redonna un élan d'adrénaline. Elle se dégagea et se jeta à nouveau sur son adversaire. De sa main libre elle lui griffa le visage et sa main tâtonna jusqu'à son cou où elle se referma sur quelque chose d'extrêmement précieux aux yeux de son adversaire. Comprenant ses intentions, Nínim la poussa et elle s'écrasa sur un meuble en bois qui s'effondra sous son poids. Elle entreprit de se relever mais son genou refusa d'obéir. Clouée au sol, elle vit Faegmôr approcher. Un sourire victorieux brillait sur son visage abimé par les combats. Il n'avait pas ramassé son épée. C'était inutile. Il avait gagné.

— Je t'avais dit que tu ne pourrais pas gagner.

— Je sais, mais tu ne gagneras pas non plus.

L'adolescente dévoila alors ce qu'elle tenait dans son poing serré. Un petit collier d'aspect bien innocent mais le Maia le reconnu. Instinctivement il porta sa main à son cou mais n'y trouva pas ce qu'il cherchait. Il s'avança alors vers la jeune fille.

— Tu as besoin des deux non ? fit-elle dans un souffle. Alors regardes-moi faire.

Elle retourna sa main et avant que Faegmôr ne puisse l'arrêter elle l'écrasa de toutes ses forces. Le pendentif vola en éclat et les deux belligérants furent projetés en arrière. L'elfe s'écrasa contre un mur juste à côté de sa dague et ne put se relever. Avec horreur elle constata que l'un des morceaux du meuble sur lequel elle s'était écrasé s'était planté dans son ventre. Déjà le sang coulait à flots et menaçait de l'achever. Le Maia revint alors à la charge et empoigna la gorge de la jeune fille. Comme il l'avait fait quelques minutes plus tôt il la souleva de terre et la plaqua contre le mur. Le mouvement forcé arracha un cri de douleur à l'adolescente qui sentit le bout de bois riper contre la surface de brique puis s'arracher. Le sang coula encore plus fort et une immense tache rouge commença à se former sur ses vêtements ce qui n'échappa pas à Nínim.

— Tout est fini, murmura-t-il froidement. Tu vas mourir et je donnerais ton corps inerte au fils de Fëanor.

L'elfe voulu répliquer mais tout ce qu'elle put faire fut tousser.

— Tu me fais pitié mais je n'abrègerais pas tes souffrances, au contraire.

Il resserra sa poigne autour du coup d'Elaiano qui suffoquait déjà. Ses gantelets métalliques lui meurtrissaient le cou et déchiraient sa chair déjà à vif. Un peu de sang coula mais ce n'était rien en comparaison de ce qui jaillissait de la blessure de son flanc.

— Je… murmura-t-elle avant de tousser.

— Tu veux te battre ?

— …te…

Sa main encore en état remonta le long de son corps mais le Maia ne le vit pas.

— …hais.

Elle dirigea ses dernières forces dans le coup qu'elle préparait et planta sa dague dans la poitrine de Faegmôr juste au niveau du cœur. Sous le choc, il s'écarta et relâcha l'adolescente qui s'effondra au sol laissant une vilaine trace vermillon contre le mur. Il fit quelques pas en arrière les yeux fixés sur le pommeau qui dépassait de son torse. Il tenta d'arracher la lame mais n'y parvint pas. Une toux le prit et un peu de sang jaillit de sa bouche. Un filet rougeâtre coula hors de la blessure où l'arme était toujours plantée. Ses yeux se posèrent alors sur l'elfe qui tentait vainement de se relever et son visage se déforma de rage. Il fit un pas dans sa direction, puis un autre. Ses genoux ployèrent mais il tint bon. Il s'effondra finalement devant l'adolescente et la foudroya du regard.

— Ce n'est pas fini, cracha-t-il.

Puis sans laisser le temps à la jeune fille de faire quoi que ce soit, il plaqua une de ses paumes sur son front et se déchaina avant de s'effondrer. Une vague dévastatrice traversa l'esprit de l'adolescente détruisant tout sur son passage. Sa vue se brouilla et ses pensées perdirent de leur cohérence. Toutes ses sensations s'envolèrent et le monde se réduisit à un amalgame de couleurs. Elaiano lutta contre la torpeur qui l'envahissait mais le combat était inégale. Juste avant de sombrer définitivement elle agrippa le pommeau de sa dague et la serra entre ses doigts. Les ténèbres l'emportèrent, le monde disparu et le sol carrelé sur lequel elle était étendue laissa place à une étendue glacée et irrégulière dépourvue de chaleur. Plusieurs minutes plus tard, un gyrophare d'une voiture de police apparu au bout de la rue et deux fourgonnettes surgirent. Elles s'arrêtèrent devant l'orphelinat et une dizaine de policiers armés de pistolets pénétrèrent dans les lieux. Ils avaient été appelés par un passant qui disait avoir entendu des cris de douleur à l'intérieur du bâtiment pourtant ils n'y trouvèrent personne mis à part une vieille femme à la poitrine transpercée. Le reste du lieu était intact et inchangé à l'exception d'un meuble en bois détruit et des multiples traces de sang contre les murs et sur le sol. Le sol objet insolite était une longue épée noire couverte de liquide vermillon abandonnée au milieu de la pièce.

Bien loin de là, en Terre du Milieu, Maglor se remettait difficilement du combat qu'il venait de mener. Les deux armées avaient finalement vaincus les Orcs et les Wargs mais à un prix très élevé. Leurs rangs étaient décimés et l'elfe ne comptait plus le nombre de corps qui gisaient sans vie au sol. Il n'y avait rien de glorieux à se battre et gagner signifiait plus souvent de la douleur que de la joie. Il le savait et craignait de partager la peine de tant d'autres. A présent le fëanorion parcourait la colline déserte en quête d'une personne qu'il craignait trouver enfouis sous un tas de cadavres. Dol Guldur avait complètement disparue, annihilée par la puissance de Galadriel qui avait surgit de nulle part à la fin du combat. Il ne restait plus une seule brique de la forteresse, pas la moindre trace. La colline sur laquelle elle se tenait n'était à présent plus qu'un monticule aride couvert de centaines de cadavres. Et c'est ce lieu que Maglor ratissait, désespérant de trouver Elaiano. Au détour d'une pile de cadavres qu'il avait déjà vérifié quatre fois, l'elfe aperçu une forme qui n'était pas là quelques minutes plus tôt. Il s'y précipita et y découvrit le corps de Faegmôr. Le Maia gisait sur le dos les yeux vitreux. Sa poitrine ne se soulevait plus et une dague plantée à la hauteur de son cœur témoignait qu'il était mort. A ses côtés un second corps trainait, une main complètement tordue et les doigts dans des positions anormales et l'autre agrippée au pommeau de la dague. Face contre terre, la jeune fille ne bougeait pas et un flot important de sang s'écoulait d'une blessure qu'elle avait au côté. Le fëanorion se précipita sur l'adolescente la retourna comprimant la plaie de son mieux et la prit dans ses bras. Elle ne réagit pas lorsque l'elfe l'appela par son prénom et n'esquissa pas un geste quand il lui prit le poignet pour vérifier son pouls. La tête en arrière ses yeux avaient perdus de leur éclat et sa longue chevelure pendait dans le vide. D'énormes hématomes violacés lui couvrait le visage et des traces mauves zébrées de sang marquait son cou de multiples stries symbole qu'elle avait été étranglée. Son genou blessé avait triplé de volume et pas un mouvement n'agitait son corps. Maglor serra encore plus fort la main de la jeune fille dans la sienne dans l'infime espoir que ce contact la ramènerait mais rien n'y fit.

— Elaiano, non. Ne pars pas comme ça.

L'adolescente ne réagit pas.

— On a réussi. Tu as réussi. Faegmôr est mort. Tout est fini.

D'une main il compressa encore plus fort la blessure de l'elfe pour endiguer le flot de sang et de l'autre il caressa avec la plus infime délicatesse le visage de la jeune fille. Ses doigts s'arrêtèrent un instant sur les marques sur son cou et sous ses doigts il cru sentir quelque chose. Un battement. Un seul. Était-ce son esprit qui lui jouait des tours ? Fébrilement, il posa à nouveau ses doigts sur le poignet d'Elaiano et se concentra. Là sous ses doigts, une très faible pulsation se faisait sentir. Presque infime. A peine perceptible. Tout n'était pas perdu. Le fëanorion se retourna cherchant désespérément de l'aide du regard. Quelques soldats fouillaient les cadavres à la recherche de survivants mais aucun guérisseur aux alentours.

Anno dulu enni ! cria-t-il.

Sa voix s'éleva au-dessus des restes du champ de bataille brisant le silence qui y régnait. Tous l'ignorèrent.

Boe enni dulu !

Quelques soldats levèrent la tête et s'approchèrent de lui se demandant sûrement pourquoi il criait.

Boe enni nestron !

Le plus proche se figea et le regarda étrangement.

— Elle est en vie ! Boe enni nestron !

Le soldat fit alors volte-face et parti en courant vers le campement de fortune organisé un peu à l'écart du champ de bataille. Maglor tourna à nouveau la tête vers Elaiano et lui caressa la joue avec douceur.

— Tiens bon. Ne m'abandonnes pas maintenant.


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Petit point d'elfique : en Sindarin "Mitho orch" veut dire "Va embrasser un orc" (trop de politesse), "Anno dulu enni" veut dire "aidez-moi", "Boe enni dulu" signifie "J'ai besoin d'aide", et "Boe enni nestron" veut dire "J'ai besoin d'un guérisseur".

Non mon sadisme n'aura aucune limite. Je vous laisse sur ça. Et comme je ne sais pas quoi dire tellement ça me fait bizarre d'avoir fini ce chapitre et d'arriver à la fin de l'histoire que je vais juste me taire. Ça vous fera des vacances. Sinon n'hésitez pas à me laisser vos impressions et vos retours quels qu'ils soient. Sur ce à mercredi prochain.