Bonjour à tous, toutes !
Voilà la suite de cette fic ! :)
Un petit avis en review serait bien encourageant !
J'embrasse mes lecteurs revieweurs : PoneyRose, Guest et Tekilou !
RAR Guest: Merci à toi de suivre cette fic et de prendre le temps de laisser un mot, les progrès continuent et je suis contente que tu apprécies James, j'essaie de dépeindre les personnages du mieux possible ! Merci pour tes encouragements, à bientôt !
Bonne lecture à tous, LessaWatberg !
Chapitre 56
Ils venaient d'arriver dans la Cabane Hurlante. Vendredi était inéluctablement arrivé et James et Sirius s'étaient glissés sous la cape, tandis que Peter était déjà parti appuyer sur la racine du saule cogneur sous sa forme de rat.
Rémus les y attendait déjà. Il se tenait debout, les épaules voûtées et bien qu'il arborait le même air serein qui ne le quittait plus depuis quelques jours, son visage était marqué de quelques cernes lui rajoutant des années en trop d'autant plus renforcé par la potion qu'il avait avalé à midi, lui valant une après-midi exemptée de cours, tant la mixture l'avait épuisé. Mais Rémus se sentait bien, moralement au moins, certain que cette pleine lune se passerait bien, qu'il ne serait pas déchiqueté au petit matin. En lui, il sentait le loup impatient de retrouver ses amis de jeu l'espace d'une nuit.
- On descend mettre nos affaires en bas, Lunard, indiqua James qui partit avec Peter.
- Tu te sens bien, alors, Rémus ? s'inquiéta Sirius en s'asseyant sur un vieux pouf plein de poussière.
- Oui, travailla à le rassurer son ami, je te le redis, ça va. Cette potion m'aide, tu sais, beaucoup.
Il évita pourtant son regard, et Sirius se retint de grogner. Dans le fond, il n'avait rien contre cette potion. Il avait cependant des griefs contre celui qui la fabriquait. Remus continua :
- Je sais que demain il y a un entraînement de Quidditch. Si tu as besoin de te reposer à un moment, fais-le savoir au loup.
- De toute façon, cette potion le calme un peu, j'ai l'impression, releva Sirius en repensant à la dernière pleine lune.
Rémus l'étudia un instant. Il n'était pas encore bien à l'aise avec le fait de parler si ouvertement de sa condition lupine, mais être là, face à un ami, et être libre d'en discuter, était agréable. Aussi, il ne se gêna pas pour répondre :
- Oui, j'ai aussi le sentiment qu'elle l'apaise. Au moins, il ne pense plus à sortir à tout prix…
James et Peter revinrent à ce moment, dans un pyjama qu'ils ne craignaient pas de déchirer lors de leur transformation en Animagus.
Bientôt, la pleine lune commença sa course et ses effets se firent sentir sur Rémus, que les trois amis regardèrent quelques secondes se transformer pour devenir cet énorme loup, plus si dangereux. Ils ne tardèrent pas à devenir animaux à leur tour.
Le loup étudia son environnement, qu'il connaissait si bien. Il renifla l'air, écouta les bruits résonnant aux alentours et attarda son regard sur un cerf, un chien et un rat qui lui faisaient face.
Sa queue remua. Ce n'était pas n'importe quel cerf, chien ou rat. C'était les siens, ses amis qui, depuis quelques années, passaient la pleine lune à ses côtés. Alors il laissa échapper un jappement content.
Bientôt le cerf s'approcha, frottant son encolure contre le loup et le chien aboya derrière, impatiemment de jouer.
La nuit passa ainsi, entre jeux à travers la maison et retrouvailles réconfortantes. Le loup était joueur mais il fatiguait vite.
Peut-être une astuce de Rogue pour qu'il évite tout surmenage ?
L'esprit de Rémus était trop embrumé pour réfléchir plus que ça à la question. Et quand le petit matin arriva, Sirius et les autres Animagus regardèrent à nouveau leur ami subir les effets inverses de la transformation. Bientôt, Rémus apparut, nu comme un ver, assis sur le parquet de la cabane hurlante.
Il n'avait cette fois-ci non plus, aucune blessure, pas le moindre petit centimètre de plaie, pas la moindre goutte de sang sur le plancher. Rapidement, les garçons partirent se changer. Et quand ils remontèrent, ils trouvèrent Rémus occupé à boire et à grignoter distraitement un bout de chocolat que James avait positionné stratégiquement la veille. Remus s'était entouré d'un drap qu'il avait déniché, ils ne savaient où.
- Tout le monde va bien ? s'inquiéta Rémus en les voyant apparaître.
Il attrapa le short et le tee-shirt que lui lança James et s'habilla.
Il était trop courbaturé et épuisé de sa nuit pour se soucier plus qu'un instant de sa pudeur et termina d'enfiler son tee-shirt en évitant de penser que ses amis étaient là.
Amis qui n'avaient pas manqué de voir les cicatrices que l'été avait laissé sur le corps de Rémus, mais qui se contentèrent de se regarder mutuellement sans rien dire.
- Tout va bien, le rassura Sirius en s'approchant de lui pour picorer à son tour un chocolat.
- Cette potion te réussit drôlement bien, Rémus, constata James.
Alors que le garçon allait lui répondre, Peter bailla bruyamment avant de proposer à tous de remonter au dortoir.
L'aube était à peine levée, ils avaient tous le temps de dormir quelques heures avant d'aller au déjeuner.
NSLNSLNSLNSLNSLNSLNSLNSLNSLNSL
- Je te dis que ça ira ! répéta Rémus pour la troisième fois à Sirius qui semblait se satisfaire dans le rôle de la maman poule.
Les entraînements de Quidditch auraient lieu dans une heure. A seize heures, ce samedi, le capitaine de l'équipe de Gryffondor les attendait tous sur le terrain, changés et prêts à jouer.
Les Maraudeurs avaient dormi jusqu'à treize heures, puis s'étaient levés pour aller déjeuner. Ils avaient rattrapé une partie de leur sommeil manqué de la nuit et James semblait tout excité.
Ils passaient le temps dans leur dortoir et Sirius avait semble-t-il envie de jouer les perroquets car il avait déjà posé cinq fois la même question à Rémus, à savoir « Tu es sûr que ça ira sans moi ? »
Rémus répondait chaque fois patiemment. Il n'était pas entièrement rassuré, mais il avait envie que son meilleur ami profite de ce moment d'entraînement. Voler était pour Sirius une sensation grisante, enivrante qu'il n'avait pas envie de lui arracher. Et puis… ça allait mieux, avec les élèves. Ce n'était pas parfait et il avait commencé à se forger une carapace, légère, mais c'était toujours mieux que rien.
- Au pire, tenta Peter, on peut faire comme la dernière fois, on vient avec vous et on vous attend sur les gradins ?
Rémus ne dit rien, il sentait le regard de Sirius peser sur lui. Il aurait largement préféré passer ces deux heures à la bibliothèque. Mais si Sirius le voulait sur les gradins… Après tout, c'était lui, le maître.
- Tu voudrais faire quoi, toi ?
Rémus releva la tête mais n'osa pas répondre. Sirius semblait déjà si inquiet à l'idée.
- Rémus ! insista le garçon.
Avec un soupir, il répondit :
- J'en aurais bien profité pour travailler à la bibliothèque, dit-il en esquivant le regard.
Sirius ouvrit les yeux, ronds des comme des soucoupes. Il était vrai que Remus semblait plus à l'aise, plus libre, mais il n'était pas préparé à ce que son meilleur ami soit prêt à passer deux heures si loin de lui, seul, ou presque. Quoique, le soupir qui avait émané de Peter quand il avait entendu la réponse de Rémus certifia à Sirius qu'entre les deux… l'envie d'aller à la bibliothèque ne régnait que sur un.
Alors il tenta :
- Peter ne semble pas enthousiaste… On peut y aller après si tu veux, à la bibliothèque.
- Peur que je me fasse déchiqueter par un livre ? le nargua gentiment Rémus. Soit, je n'insiste pas plus, je viendrai sur les gradins. Laisse-moi juste préparer de quoi m'occuper.
James qui observait jusqu'ici la scène sans rien dire, se permit d'intervenir :
- Sirius, des entraînements on va en avoir souvent. On va obliger Rémus à y assister à chaque fois ? Les autres années…
Il n'osa pas continuer sa phrase, tous savaient déjà ce qu'il sous-entendait.
- Si Sirius me veut près de lui, commença Rémus mais fût interrompu par celui-ci :
- Je ne te veux pas près de moi ! Enfin, ce que je veux dire c'est que j'aurais pensé que tu te serais senti plus en sécurité sur le terrain de Quidditch plutôt que seul, Rémus. Mais je ne veux pas t'imposer quoique ce soit.
En fait si, Sirius le voulait. Parce que c'était devenu épidermique chez lui de protéger Rémus qu'il avait retrouvé si fragile, parce que celui-ci cauchemardait encore toutes les nuits, parce que derrière cette apparence forte, une fragilité encore béante régnait chez son ami.
- Vous m'avez toujours dit que je suis en sécurité à Poudlard, répondit simplement Rémus. Je me suis fait à l'idée.
- Va à la bibliothèque, Peter, accompagne-le. De toute façon, tu as des devoirs en retard, concilia James qui ne releva pas le grognement que poussa Peter à ses mots.
- Si Peter veut venir avec vous, insista Rémus. Non pas que je veux être seul, mais de tous les endroits de Poudlard, y a-t-il un endroit plus sûr que la bibliothèque ? Avec Madame Pince qui hurle sur quiconque émet plus qu'un chuchotement ?
Tous sourirent à ces mots. Il était vrai que Remus ne risquerait rien là-bas. Les élèves avaient tous une peur bleue de la bibliothécaire prête à tout pour protéger les ouvrages et la solennité du lieu.
- Alors on fait comme ça, décida James.
Il feint d'ignorer le regard désespéré de Sirius. Celui-ci devait accepter que Rémus redevienne doucement le garçon qu'il était autrefois et ce n'était pas en le couvant qu'ils y parviendraient.
Une demi-heure avant le début de l'entraînement, les Maraudeurs quittèrent le dortoir. Rémus avait prévu un sac plein de parchemins, encre et plumes pour avancer dans ses devoirs. Ils pénétrèrent dans la grande bibliothèque inondée de lumière entrant par les vitraux colorés le long des murs.
Ils trouvèrent un emplacement calme à Rémus et, après être restés quelques minutes avec lui, ils s'en allèrent. Rémus vit Sirius se retourner sans arrêt jusqu'à disparaître à l'angle du couloir. Il lui avait fait promettre qu'en cas de souci, il devait les rejoindre sur le terrain. Et Rémus avait promis.
Il était donc désormais seul. Les moments où il était ainsi isolé étaient très rares et le temps passé à la salle de bain ne comptait pas vraiment. La dernière fois où il avait été ainsi seul… c'était dans le Poudlard express. Il tâcha de contrôler son souffle qui s'accéléra à cette pensée et perdit son regard sur les allées pleines d'ouvrages plus ou moins anciens, plus ou moins précieux. Depuis la rentrée, il en avait passé du temps ici. Mais jamais seul. Contrairement à aujourd'hui.
Sa table était disposée dans une alcôve. Il était à l'abri des regards de quiconque, qui devait vraiment insister ou vouloir venir dans ce recoin pour l'apercevoir. C'était parfait. Ici, il aurait la paix et pourrait travailler.
La première heure passa, calme et paisible. Seul régnait le bruit de la plume qui grattait le parchemin ou celui des pages qui se tournaient. Rémus se sentait bien ici, dans son élément et apaisé. Il avait rapidement fait le tour des allées pour prendre des ouvrages et avait simplement reçu quelques regards parfois curieux, parfois moqueurs qu'il oublia bien vite en se plongeant dans ses livres. De temps à autre, il entendait des pas autour de son alcôve, des élèves farfouillaient parmi les livres. Il pouffa même quand l'un d'eux en fit tomber un, récoltant les foudres de Madame Pince qui avait accouru pour fustiger l'élève imprudent.
Et puis Rémus pensa, beaucoup. Il songea à son été, à ses amis. Il évitait d'emprunter le chemin que la question « où serait-il maintenant s'il n'avait pas été secouru » lui proposait et replongeait avec vigueur dans ses études quand ses idées devenaient étouffantes.
La bibliothèque restait calme. Quelques chuchotements d'élèves lui parvenaient parfois mais rien ne le fit se sentir en danger. Et d'ici déjà une heure, il retrouverait ses amis. Et Sirius verrait bien qu'en fait tout allait bien. Il se sentait égoïste, mais il repensa alors à James qui trouvait son envie naturelle et se rassura.
Il avait quasiment fini ses devoirs, aussi, il préféra s'accorder un peu de temps et attrapa un énorme livre de distraction. Il cala ses coudes sur la table, le menton dans ses mains et se perdit dans sa lecture.
Les anecdotes de batailles sorcières, des plus loufoques aux plus destructrices, qui avaient marqué l'histoire passionnaient le garçon.
Mais un bruit trop proche vint interrompre sa lecture et le fit se redresser, les mains soudainement moites.
- Décidément, râla Severus Rogue, les bras débordant de livres, tous sur les potions, nota Rémus qui s'était reculé sur sa chaise. C'est l'emplacement où je me mets régulièrement. Je ne savais pas que la place était prise. Désolé.
Et alors qu'il tournait les talons, Rémus Lupin se leva, pris d'un réflexe dont il ne se serait jamais cru capable, etlui dit :
- Non, attends !
Il ne savait pas ce qui lui prenait. Il savait juste que ses mots avaient atteint leur cible car celle-ci se retourna.
Debout, les bras ballant, Rémus continua :
- Cette table est assez grande pour nous deux. En plus je pars dans pas longtemps.
Son estomac était noué et il agissait sans savoir ce qu'il faisait, improvisant au fur et à mesure, depuis que sa bouche avait parlé pour lui. Nerveusement, il dégagea un pan de la table qu'il avait envahi et fit signe à l'élève déconcerté face à lui.
- Assis-toi, proposa-t-il.
Rémus s'appliqua à faire de même.
Pendant quelques minutes, il feint d'être absorbé par son livre. Tout en étudiant les gestes de son agresseur du coin de l'œil.
Qui posa d'abord ses livres sur la table, se recula, hésita, puis finalement tira une chaise pour s'asseoir à l'angle opposé de Rémus.
Le silence régna entre eux, lourd, gênant. Mais nul ne savait maintenant quoi dire. C'était une situation inédite qui ne se serait jamais vue auparavant.
Et pourtant ils étaient là, l'un face à l'autre, chacun confronté à leurs propres pensées.
Ce fût finalement Rogue qui rompit le silence.
- La pleine lune s'est bien passée ?
Rémus releva la tête. Il lui semblait avoir oublié cette voix. Il regarda ce jeune homme face à lui. Comment était-ce possible ? Était-ce bien lui ? Il semblait ici si doux, si pacifique. Chez Tomson… Des frissons naquirent sur les bras de Rémus.
- Je ne voulais pas t'effrayer, Rémus, reprit Severus en faisant mine de se lever
- Ne pars pas. Comprends que c'est normal ma réaction, je pensais juste à ...
- Je peux imaginer ce à quoi tu pensais, reprit le Serpentard, et laisse-moi te redire s'il te plaît, combien je suis désolé.
Rémus baissa la tête. Il sentait les saccades de son cœur, le sang tambouriner à ses tempes, la moiteur de son front et de ses mains. C'était une crise de panique qu'il voulait gérer et il s'appliqua à souffler, doucement, discrètement.
- Attrape-ça.
Severus Rogue sortit une fiole de la poche intérieure de son uniforme. Rémus releva un sourcil.
- Tu te promènes souvent avec des potions tranquillisantes sur toi ?
Un demi-sourire naquit sur les lèvres de Severus qui se contenta de répondre :
- Tu serais surpris !
Il avait fait glisser la fiole assez loin pour que Rémus puisse l'attraper sans contact entre eux. Après l'avoir inspecté du regard et l'avoir senti, le loup-garou demanda :
- Toujours pas une potion pour mourir, hein ?
Le souvenir de cette scène revint en mémoire du Serpentard qui grimaça.
- Finalement, heureusement que je ne t'ai pas fourni ce que tu demandais. Tu as retrouvé tes amis, ta vie…
Avec soulagement, il vit Rémus avaler sa potion tandis qu'il parlait.
-Merci, murmura celui-ci.
Merci pourquoi ? Pour ne pas l'avoir aidé à mourir ? Pour cette potion ? Pour l'avoir soigné ? Aucun des deux ne le savait véritablement, mais le premier le donna et le second l'accepta, faisant naître un vent nouveau entre eux.
Le silence revint. Chacun attendait un signe de l'autre pour parler. Pourquoi Rémus se sentait ainsi proche de Severus Rogue malgré tout ce qu'il lui avait fait ?
« Il t'a aussi sauvé la vie… » souffla une voix en lui.
Doubles sentiments. Qui se télescopaient en lui, et ça faisait mal. Il se sentait en même temps autant en danger qu'en sécurité avec Severus Rogue dans les parages. C'était déstabilisant. Mais cette entrevue ne le laissait pas aussi terrifié que dans le Poudlard express. Il n'avait pas envie de lui cracher à la figure combien il le détestait. Il avait juste envie de ce moment de calme, d'apaisement, même si cela le troublait. Il voulait aussi le remercier pour la potion pour la pleine lune. L'heure passait et il ne manquait plus que l'entraînement ait fini plus tôt et que Sirius les trouve ici faisant causette…
- Je voulais, il dût s'éclaircir la voix, je voulais te dire merci. Pour la potion. Pour la pleine lune…
Il sembla à Rémus que le visage de Rogue se détendit.
- Je peux t'en fournir chaque mois, si tu le veux… Tu n'as qu'un mot à dire.
- Oui, s'il te plaît.
Cet instant de solennité sembla se graver dans la pierre. Un lien étrange venait de naître entre ces deux jeunes hommes qui avaient trop vécu ensemble.
Un silence bien moins lourd les enveloppa. Chacun repartit dans ses propres occupations, ne jetant qu'à l'occasion un regard discret vers l'autre. Le bruit des pages que l'on tournait, feuilletait, apaisait Rémus qui se laissa finalement porter. C'était une situation étrange, comme si tout ce qui avait eu lieu cet été pouvait l'être moins.
Rémus, de temps à autre, lançait des regards nerveux à Severus, qui était perdu dans ses notes. Il semblait à la recherche de quelque chose de précis dans cet énorme livre à la reliure de cuir griffonnait, rayait, écrivait dans ce petit carnet que Rémus lui avait déjà vu. Celui dans lequel il avait noté les effets sur Rémus la toute première fois qu'il lui avait donné, chez Tomson. Un nœud s'installa dans sa gorge.
- Tu fais des recherches à propos de la potion ? s'enhardit-il à demander, poussé par la curiosité sur un sujet qui le touchait personnellement.
Severus interrompit le mouvement de sa plume pour finalement fixer son regard dans le sien. Faisant vaciller le cœur de Rémus.
Le Serpentard étudia ses traits un long moment avant de finalement articuler un « oui » dont Rémus ne se contenta pas :
- Elle est déjà très efficace et…
- Et je suis sûr qu'en poursuivant mes recherches, je peux la rendre encore plus efficace, souligna Severus.
Il ne voulait pas être froid, il était juste gêné. Il n'aurait pas pensé que sa victime aurait compris le sujet de son travail.
Rémus n'osa rien ajouter et replongea dans son propre travail, qu'il jugea bientôt de peu d'intérêt à côté de ce sur quoi le Serpentard travaillait.
Alors que le silence régnait en maître depuis quinze minutes, Severus aplatit soudain sa main contre la table, provoquant un léger bruit sec qui fit sursauter Rémus, le mettant sur ses gardes. Il regarda avec méfiance l'homme en face de lui.
- Tu as des soucis avec la pratique de la magie ?
Severus articula avec lenteur ces mots en jugeant au fur et à mesure de leurs effets sur Rémus.
Le nœud dans la gorge du Gryffondor se resserra.
- Oui, répondit-il avec difficulté. Comment le sais-tu ?
- Je t'ai vu en cours, avec cette plume, tentant de jeter en vain le tout premier sort que l'on apprend à Poudlard.
Si Rémus avait fait de son mieux jusqu'ici pour ne pas se refermer comme une huître, cela donna le top départ à son cœur qui se fit de glace. Il ne voulait pas que l'autre sache cela, c'était trop … honteux.
- Je peux t'aider à ce sujet, Rémus, poursuivit Severus qui voyait bien que le sujet de conversation avait liquéfié Rémus.
- Je n'ai pas besoin de ton aide, pas à ce sujet.
Les mots se voulaient blessant mais ils n'atteignirent que sa propre âme qu'il sentait pleurer d'humiliation.
En réponse, Severus Rogue se leva, quitta sa chaise et l'alcôve. Rémus soupira. L'avait-il vexé ? L'autre avait-il préféré fuir la discussion ? Pourquoi n'avait-il donc pas emporté ses affaires ?
Non, il n'avait pas fui. Quelques minutes plus tard, Severus revint, tenant dans ses bras un livre, qui dénotait par son aspect immaculé à côté des autres ouvrages de la bibliothèque, bien plus utilisés. Rémus fronça les sourcils quand Severus le posa sur ses parchemins, dans son sens de lecture.
Affection du noyau magique : se libérer de ses traumas pour retrouver tout son potentiel par Mafalda et James Kprick.
Rémus écarquilla les yeux avant de doucement caresser la couverture des doigts.
- Comment… ?
- Je veux t'aider, persista Severus. Et je pense que ce livre pourrait déjà t'aider à comprendre ce qu'il t'arrive et comment tu peux surmonter tout ça. Ensuite, si tu le veux, on pourrait en discuter et…
- NON !
Rémus ne le voulait pas mais il avait bien eu ce ton sec. Il était horrifié par l'acte, par l'idée que Rogue avait en tête, et perdu, il continua :
- A quoi penses- tu, Rogue ? Je sais que tu veux laver ta conscience et que c'est pour ça que tu m'aides avec la potion de la pleine-lune, mais on ne deviendra pas amis, pas après ce que tu m'as fait ! Tu es fou ! Et quoi, ensuite ? Demain, on pourrait aller prendre le thé à Pré-au-lard ? Réellement, tu penses que je peux balayer ça comme ça ?
- Pourtant tu m'as proposé de m'asseoir près de toi, contra Severus.
Il ne le montra pas mais les mots du garçon lui firent mal. Bien sûr que sa conscience souffrait, mais c'était au-delà de ce sentiment qu'il voulait aider Rémus.
Remus soupira, les larmes aux yeux, dans un état de fatigue extrême. Il ne savait plus quoi penser à propos de Severus qui faisait grandir chez lui tant d'émotions contraires.
- Je dois y aller, dit-il précipitamment.
Remus se leva, et commença à ranger ses affaires, mais Severus l'interrompit :
- Laisse. Je les rangerai pour toi. Va, tes amis ne vont pas tarder à revenir. Ils sont à l'entraînement j'imagine ?
- Comment le sais-tu ?
La voix de Rémus se fit suspicieuse malgré lui.
- Benjamin assiste à l'entraînement des Serpentard. Ils ont divisé le terrain en deux, il y avait une note dans la salle commune…
- Ha, fit simplement Rémus.
Il était presque déçu. Un instant, il avait cru que Severus l'avait volontairement retrouvé. Alors que ce n'était qu'un bel hasard. Il n'y avait pas eu de note en ce sens dans le dortoir des Gryffondor, Sirius et James devaient être furieux, la soirée s'annonçait animée.
- Prends le livre, s'il te plaît. Tu trouveras toujours un moment pour le lire… Emprunte-le. Crois-moi, il te fera du bien.
Alors que Rémus hésitait, son sac sur son épaule, Severus attrapa le bouquin qu'il lui tendit.
D'abord avec réticence, Rémus finit par le prendre.
- Bien, alors au revoir, Rogue !
- Au revoir, Rémus, lui répondit doucement Severus.
Et sur ces derniers mots ils se quittèrent. L'âme encore plus embrouillée qu'avant.
J'espère que ce chapitre vous aura plus, il n'y a qu'un moyen de me le faire savoir ! Et pour les amoureux/ses de Severus, j'ai hâte de savoir ce que vous avez pensez de son retour dans ce chapitre !
Mes amitiés et à bientôt !
LessaWatberg
