Ohlalalaaaa,ce que ça fait longtemps… Sans déconner, j'ai l'impression que ça fait une éternité. Dernier chapitre posté, c'était le 8 octobre. Hmmm… ÇA VAAAAAA, ÇA FAIT QU'UN MOIS ET QUELQUES, TRANQUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIILLE

– C'est moi ou t'essayes de t'auto-déculpabiliser?

J'fais c'que j'peux mon vieux.

– J'vois ça ouais. Tsss, pathétique…

Gni-gni-gni, retourne t'étouffer sur la teub de Beelzébuth veux-tu.

BREF!

Ouais, je suis en giga retard. Mais bon, j'avoue que j'ai eu une énorme baisse de motivation par rapport à ce texte. Je sais pas, j'avais pas plus que ça envie de le continuer… C'est vrai, je me suis déjà demandé s'il ne fallait pas que je laisse tomber Feu et Foudre. Ça fait 6 ans que j'y suis, j'ai pondu 678K et j'avoue que parfois je me dis « arrête, passe à autre chose, ça t'emmène nulle part ce texte, c'est pas comme si t'allais un jour pouvoir le publier ou quoi et en plus, plus personne ou presque ne te lis ». Pis ça me prends masse de temps et j'ai mes autres projets persos à travailler, mes propres romans que je veux faire publier.

Mais bon, je crois que ça, je vous l'ai déjà dit un million de fois.

Donc ouais, ces doutes, ces interrogations, j'commence à en avoir l'habitude. Mais là, durant le dernier mois, ça a été bien plus que de simples doutes. J'arrivais plus à poursuivre le chapitre en cours, j'arrivais pas à avancer… Et j'ai sérieusement envisagé le fait de ne jamais plus poster la suite. Que Feu et Foudre s'arrêterait là.

J'y ai franchement pensé. Pourquoi pas, après tout. Pis j'ai repensé à toutes les reviews que j'ai pu recevoir, tous ces gens qui m'ont lu et qui ont suivi les aventures complètement teubé d'un viking à cheveux rouges en déficit neuronal et sa pote sexy à moitié tigrou sauvage. J'ai aussi songé à tout ce que j'avais encore à raconter, tous ces détails que j'ai encore à révéler et j'ai aussi pensé à tout ce que j'avais déjà accompli ici. 6 ans, 678K mots soit plus que le Seigneur des Anneaux et Le Hobbit, 591 reviews. Ouais, c'est pas mal. C'est même pas mal du tout.

Et j'vous l'avoue franchement, même si les temps de gloire de FF. net où chaque chapitre recevait à peu près 5-6 reviews et où c'était vraiment enrichissant de poster ici et de recevoir des retours, de rencontrer des gens, de lire des trucs tellement fous et créatifs (et parfois de la grosse merde aussi, soyons honnêtes), me manquent, au fond de moi, j'ai pas envie de m'arrêter là. Tant pis si, quand je sors le chapitre final, il n'est lu que par deux ou trois personnes. Au fond, ce n'est pas si important que ça. Moi, j'ai envie de l'écrire, ce putain de chapitre final. Évidemment, j'ai aussi envie qu'il soit lu. Mais j'ai davantage encore l'envie de l'écrire.

Alors ouais, si vous êtes encore là après tout ce temps, ben merci. Merci d'être encore dans le coin, à me lire et à me soutenir. Pis moi, ben je m'arrête pas. Je ne sais pas quand pourra sortir le dernier chapitre de Feu et Foudre (et j'compte bien vous faire chialer avec, soyez prévenus) mais j'suis sûre qu'il sortira un jour ou l'autre, quoi qui se passe. Ça serait tellement dommage que je n'aille pas jusqu'au bout de cette histoire, merde.

– C'est bon, t'as fini de causer, c'est LLLLLLLLLLLLLLOOOOOOOOOOOOOOOOONNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNGGGGGGGGGGGGGGGGGG

OH MAIS PUTAIN ME PÈTE PAS LES COUILLES, J'DIS JUSTE AUX GENS QUE J'VAIS PAS ARRÊTER C'TE FIC

– MAIS J'EN AI RIEN À FOUTRE MWAAAA!

ALORS POURQUOI TU CONTINUES À SQUATTER MES INTROS DE CHAPITRES HEIN, CHÈVRE DE MERDE?

Bref!

Du coup, pour ce chapitre, hmmmm, j'vous préviens, il risque d'être assez naze, j'ai mis un mois à le pondre, j'ai pas arrêté de le retoucher, de le retailler, il est clairement pas ouf mais il a le mérite d'exister donc voilà.

Allez, bonne lecture!

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Rizalone, merci d'être encore et toujours là, de me laisser une review sur chaque putain de chapitre, merci du fond du cœur (« DU FOND DU CUL! ») (LULU MAIS TA GUEULE BORDEL) (aucune éducation c'te chèvre, j'vous jure)

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Discalibur :c'te fic est un bordel sans nom avec mes persos pis dedans y'a aussi ceux de Bleach, de Tite Kubo, qui traînent, ça fait un bon gros combo pété des familles.


127. On dirait un putain de bonhomme de neige avec une perruque de blondasse décolorée sur la gueule.


Seireitei, plus de 100 ans auparavant, par une nuit d'octobre, douches communes du troisième étage du bâtiment Est de l'école des Sciences spirituelles de Shin'Ô.

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L'eau chaude se déversait sur ses épaules ankylosées après sa longue séance d'entraînement et elle avait la sensation que ses jambes menaçaient de la lâcher à tout instant. Kaede n'avait aucune idée de l'heure qu'il pouvait être – elle avait complètement perdu le fil du temps, seule avec son sabre dans ce grand gymnase – mais elle était à peu près certaine que le reste des étudiants de Shin'Ô dormait au fond de leurs lits aux couvertures grises qui grattaient un peu.

Depuis le temps qu'elle s'entraînait sur le seul temps libre qui lui restait, autrement dit son temps de sommeil, elle avait l'habitude de Shin'Ô la nuit. L'académie, d'ordinaire si bruyante et bruissante de vie, semblait s'éteindre complètement entre minuit, une heure du matin et six heures le lendemain. Plus un bruit ne se faisait entendre et elle pouvait savourer ce calme et la sensation d'être complètement seule dans ce bâtiment qu'elle supportait de moins en moins.

Elle avait fini de se doucher, d'ôter toute la crasse et la sueur de cette longue journée qui se terminait enfin, mais elle laissa l'eau chaude couler encore un peu. Juste un peu. Les yeux clos, sa longue chevelure collée à la peau de son dos et de sa poitrine, Kaede se laissa aller à cette sensation si douce et si simple, comme si cette eau chaude pouvait chasser au loin tout le poids sur ses épaules, comme si elle pouvait emporter avec elle les pensées qui lui pesaient.

Le calme, la chaleur, le repos… C'était un court instant parfait. Une petite bulle douce et agréable, qui faisait tant de bien.

Elle le savoura, sachant bien que ces moments ne duraient jamais bien longtemps. Puis elle souffla lentement par la bouche et du bout des doigts, elle vint couper cette eau chaude si agréable. Un dernier filet d'eau fumante glissa de sa tête jusqu'à ses pieds puis, avec un soupir de satisfaction, elle sortit de la douche tout en attrapant une épaisse serviette éponge dans laquelle elle s'emmitoufla. Amusée, elle remarqua que cette salle de bain commune était désormais emplie de vapeur d'eau à cause de sa longue et fumante douche. Oups !

Le corps rompu de fatigue, elle s'avança mollement jusqu'au lavabo sur lequel elle avait posé ses affaires de toilette. Un des avantages à se coucher aussi tard, généralement une ou deux heures après le reste de ses camarades, c'est qu'elle avait la plupart du temps la salle de bain pour elle toute seule. Entre celle-ci et sa chambre qu'elle occupait de moins en moins puisqu'elle essayait de passer autant de temps que possible chez Sûuko – où elle était généralement trop épuisée pour faire autre chose que ronfler comme un tas sur sa belle – c'était les deux seuls endroits de Shin'Ô où elle pouvait être seule. Et par tous les cieux, ce qu'elle appréciait ça.

Avec le temps qui passait et les années à étudier ici qui s'écoulaient, Kaede supportait de moins en moins ses camarades. Non, elle ne les haïssait pas. Mais bordel ce qu'ils lui tapaient sur les nerfs, ces cons. Moins elle avait à cotoyer ces nazes mieux elle se portait.

Elle avait peu d'estime pour ses camarades de Shin'Ô et cela faisait déjà quelques années que c'était un fait établi. Certes, elle était meilleure qu'eux, bien meilleure. Mais ce n'était pas ce qu'elle leur reprochait. Il se trouvait qu'elle avait davantage de potentiel que la plupart d'entre eux, c'était ainsi et voilà tout, elle n'y pouvait rien. Ils n'avaient pas les même facilités qu'elle mais ce n'était pas pour cette raison qu'elle les méprisait tant. Ce qu'elle leur reprochait, c'était leur manque d'ambition.

Elle essayait de se dire qu'elle n'avait pas à reprocher ça à qui que ce soit et que chacun menait sa propre vie comme il le voulait, ça n'empêche qu'elle leur trouvait à tous de sacrées tronches de têtes à claques. Ce qui l'agaçait autant, c'était de les voir se contenter d'attendre. Ils allaient en cours, faisaient leurs devoirs, révisaient leurs examens : ils se contentaient de faire ce qu'on leur disait de faire, attendant tranquillement que le joli diplôme de shinigami leur tombe tout chaud dans la bouche.

Revêtir l'uniforme, rejoindre une armée qui n'avait aucune utilité et se contentait de protéger l'ordre établi et les privilégiés du Seireitei sans jamais mettre un pieds dans les districts où on avait le plus besoin d'eux, c'était ça, ce qu'ils voulaient ? C'était de suivre des ordres toute leur vie en échange d'un bon salaire et d'un toit au dessus de leur tête avec comme plus grande ambition de monter en grade ? C'était ça, ce qu'ils voulaient faire de leur vie ? Rien de plus ?!

Pâteusement, Kaede se saisit d'une deuxième serviette de taille un peu plus petite et, fixant machinalement son reflet dans le miroir qui lui faisait face au dessus des lavabos, elle entreprit de sécher son épaisse chevelure brune. Ils l'agaçaient tous autant parce qu'elle avait la sensation que le fossé entre elle et eux était trop grand, du genre qui ne se comblait pas. Elle ne les comprenait pas et elle supposait qu'eux non plus, ils ne la comprenaient pas. D'ailleurs, plus le temps passait plus elle se retrouvait seule.

Ses premières années à Shin'Ô où, accompagnée de sa bande de potes intenables, elle avait fait les quatre cent coups et mené la vie dure à l'ensemble du corps enseignant semblaient un temps lointain et révolu. Ces amis-là s'étaient peu à peu éloignés. C'est qu'elle avait remplacé les blagues, la picole, la déconnade, les fous rires et les conversations folles jusqu'à 4h du mat' par de l'entraînement, de l'entraînement, de l'entraînement et de l'entraînement jusqu'à 4h du mat'. Il n'y avait plus de place dans sa vie pour le reste.

Oh, un jour ou l'autre, elle comptait bien recommencer tout ça, rire et déconner et écumer les bars et les bastons de rue, mais pas aujourd'hui, pas pour l'instant. Elle avait plus important à faire. En fait, c'est surtout beaucoup plus urgent. Sûuko… Non, ni Sûuko ni elle n'avaient plus de temps à perdre. Il fallait faire vite, et ne pas chômer.

Mécaniquement, trop fatiguée pour songer à grand-chose, elle enfila un vieux T-Shirt proclamant son amour de la bière, des nanas et des cheesecakes au poivre par dessus un caleçon d'homme piqué à elle-ne-savait-plus-qui. Tout ce qu'elle voulait désormais, c'était aller s'écraser sur son lit et dormir 36h d'affilée. Mais elle ne pouvait pas, n'est-ce pas ? Il fallait se réveiller demain matin, à 6h dernier délai, pour retourner bosser les formules qu'elle avait commencé à élaborer, avant que les cours du cursus scolaire normal ne commencent. Et après, elle avait son cursus supplémentaire à suivre, tous ces cours particuliers en plus que ses profs lui refilaient pour qu'elle accomplisse pleinement son potentiel. Et encore après, il y avait son entraînement avec Akiuta, seule dans le gymnase. Et après… tout recommençait. Encore et encore. C'était un cycle sans fin, et il était éreintant.

Passant une main tremblante dans ses cheveux – une fois de plus, elle avait poussé son corps jusqu'à ses limites et elle en sentait déjà le contre-coup – elle dégagea de son visage ses lourdes mèches bouclées et humides qui lui collaient à la peau. Et elle se figea en voyant son reflet dans le miroir. Son image lui fit comme un choc et elle revint à la réalité, comme brusquement réveillée. Son visage, son visage… c'était de pire en pire. De pire en pire.

'Kiuta… fit-elle mentalement en un son qui résonna comme un appel à l'aide dans le vide infini de son monde intérieur.

Blottie contre son âme, son zanpakuto tenta de son mieux de lui faire comme une enveloppe rassurante.

Je suis là Kaede, je suis là.

La gorge nouée, la jeune femme hocha la tête nerveusement. Oui, Akiuta était là. Toujours. Jusqu'au jour de leurs morts comme elle l'avait dit… et heureusement qu'elle était là, d'ailleurs. Sinon, Kaede n'aurait jamais tenu le coup. Sinon, cela faisait longtemps qu'elle aurait craqué. Face à elle, immobile et bien visible malgré la buée qui recouvrait en partie le miroir, son reflet ne bougea pas et se contenta de la regarder fixement.

Tout ira bien Kaede, tout ira bien…

Serrant la mâchoire à s'en faire mal, Kaede refoula difficilement ses larmes. Pour l'instant, elle avait la gorge un peu trop nouée pour dire quoi que ce soit à voix haute. Elle avait l'air…

J'ai l'air d'être en train de crever, 'Kiuta. gronda t-elle.

Kaede… ne dis pas ça !

Pourtant c'était vrai. Kaede haussa les épaules d'un air mauvais. La fatigue permanente, la pression immense, le stress quotidien… Tout s'accumulait. Son cursus seul plus celui de Shin'Ô, ouais, elle aurait terminé sur les rotules mais elle aurait tenu le coup. Franchement, juste ça et elle serait devenue suffisamment balaise pour mener une vie d'aventures, à bosser pour le Gotei certes, mais être de ceux qui créent et inventent de nouveaux sortilèges. Manipuler le kido à un niveau suffisamment impressionnant – et rare – pour qu'on la laisse tranquille… dans sa tête, le Gotei refuserait de se passer de son talent – ça faisait des années qu'ils l'entraînaient en plus, dans ce but spécifique, ils n'allaient pas gaspiller ça, non – et la laisseraient faire ce qui l'intéressait.

Un compromis certes, mais pas le pire. Un compromis où elle serait heureuse et accomplie. Et si elle s'était contentée de viser ça, ouais, elle aurait tenu le coup. Elle le savait parfaitement. Et puis, ses profs n'étaient pas idiots. Ils avaient repéré son potentiel et ça faisait des années qu'ils l'entraînaient : ils n'étaient pas nés de la dernière pluie et avaient vu défiler un paquet d'élèves à Shin'Ô. Alors si c'était elle qu'ils avaient choisi, sur elle qu'ils avaient décidé de parier, ils avaient leurs raisons. Ils avaient confiance en ses capacités sinon ils ne se seraient jamais autant investi dans sa formation. Ils avaient l'œil, et le bon.

Détachant difficilement son regard brun de son reflet, elle passa une main rapide sur son visage, comme pour mieux en chasser ce qu'elle y voyait et qui lui tordait le ventre. Tout aurait pu marcher. Elle s'y était déjà vu, putain. L'uniforme, le corps des nécromanciens, l'aventure, l'adrénaline battant dans ses veines… Ça aurait été épuisant mais faisable. Mais évidemment, Kaede Amaikoddoku n'avait pas que se contenter de ça, de juste « faisable ». Naaaan, il lui fallait quelque chose de plus clinquant, de plus flamboyant que ça. Il fallait que ça claque, il fallait que ça cloue le bec à tout le monde autour d'elle. Comme si elle allait se contenter de sagement suivre le chemin qu'on lui avait tracé, elle !

Ça va le faire, Kaede. Ça va le faire. fit la voix claire d'Akiuta dans sa tête.

Mais son zanpakuto avait beau tenter de se la jouer confiante et rassurante, Kaede entendait bien le doute à l'arrière plan. Sa mâchoire se crispa encore un peu. Elle aussi doutait.

Ça va le faire. répéta Akiuta, comme pour mieux se convaincre elle-même. On va y arriver, on va tenir le coup. Ça va aller.

Mais Kaede n'y croyait qu'à moitié. Tamponnant de son mieux ses lourdes cheveux noirs pour les sécher le plus possible avant de rejoindre son lit, elle ne répondit pas. C'est qu'il n'y avait pas grand-chose à dire. Elle comme son sabre se rendaient bien compte de la réalité : Kaede était en train de craquer. Son corps, tout autant que son esprit, était en train de céder. Il y avait de grandes chances pour qu'elle ne tienne pas le coup.

Puis, s'estimant un minimum satisfaite du résultat obtenu pour ses cheveux – bon, ils restaient aussi humides que des éponges mais au moins ils ne dégoulinaient plus d'eau, c'était déjà ça – la jeune femme se saisit de ses affaires, se les colla sous le bras de son mieux avant de quitter la salle de bain toujours enfumée en faisant cependant bien gare de ne pas croiser de nouveau son reflet du regard. Elle ne voulait pas revoir ça, merci bien. Cette connasse dans le miroir, avec ses yeux mornes et fatigués, ses cernes de trois kilomètres lui donnant des allures de panda héroïnomane, ses joues un peu creuses et sa peau terne, elle n'avait qu'une envie, lui fracasser la tronche contre un mur de béton.

Problème, cette connasse dans le miroir, l'air exténuée, à bout de souffle, à deux doigts de baisser les bras, ben c'était elle. Et pour l'instant, elle n'avait pas particulièrement envie d'aller faire des bisous à du béton, ça avait l'air douloureux – y'avait qu'à voir comment ceux qu'elle fracassait effectivement contre des murs hurlaient de douleur quand ils ne s'évanouissaient pas comme de vulgaires pucelles arachnophobes sur le coup. N'empêche qu'elle bouillonnait quand même de rage et qu'elle dû se faire violence sur le chemin de sa chambre pour ne pas fracasser tous les luminaires sur son passage.

Elle se haïssait. Elle sentait qu'elle arrivait au bout, qu'elle approchait de ses limites et que si elle continuait à trop pousser ainsi, ça allait craquer. Tout le monde s'en rendait compte d'ailleurs, qu'elle était de plus en plus au bord du gouffre: elle ne comptait plus les profs lui ayant demandé si tout allait bien en lui conseillant de lever le pied quelques jours au minimum pour se remettre d'aplomb. Et elle les voyait bien, les regards de ses camarades qui ne pouvaient s'empêcher d'avoir l'air inquiet. En même temps, avec cette tronche de pseudo zombie qu'elle affichait, elle les comprenait.

C'était ainsi, elle n'en pouvait plus. Elle aurait préféré s'arracher elle-même la langue avec des tisons ardents que de le reconnaître à voix haute mais déjà, au fond d'elle, elle le sentait. Ce n'était pas… ça qu'elle avait anticipé. Non, elle, ce qu'elle avait anticipé, ce qu'elle s'était imaginé dans sa petite tête, c'était un putain de succès éclatant. Elle allait leur montrer, elle allait tous les éblouir, ces cons médiocres. Elle allait tout mener de front, et tout réussir. Sortir victorieuse de Shin'Ô, la tête haute et plus douée en nécromancie que quiconque avant elle, régler le… problème de Sûuko et la sauver, sauver sa belle. Avoir la vie qu'elle voulait. Vivre plus fort que n'importe qui.

Ben c'était en train de se croûter la gueule tout ça, ce joli petit rêve idiot. De rage, elle manqua de justesse d'écraser son poing sur le mur à sa gauche. Pas qu'elle rechigne particulièrement à frapper les murs, nan, c'était juste qu'elle en avait marre que ses profs lui reprochent de refaire la déco en imprimant la forme de ses poings sur les murs des couloirs de Shin'Ô au fil de ses coups de colère. Elle avait envie de hurler. De détruire quoi que ce soit qui passerait à portée de ses poings.

Kaede, calme toi… t'arriveras pas à dormir, sinon. Et ça ne sert à rien de t'énerver comme ça.

Kaede répondit par une bordée d'insultes mentales plutôt bien senties et acerbes. Un bref silence mental suivit.

… j'essaye de t'aider. siffla Akiuta après un bref silence glacial.

Lâche moi les baskets, gronda Kaede en réponse.

Les feuilles d'Akiuta se mirent à frémir dans son monde intérieur, faisant monter un sifflement sourd. Kaede s'arrêta au beau milieu du couloir désert. Elle soupira tout en se pinçant l'arrête du nez. Elle était à bout.

– 'Kiuta. Je sais que tu veux mon bien mais sérieusement. Lâche moi. T'es chiante à force.

Le sifflement teinté de tristesse et de douleur monta encore d'un cran avant de finalement se calmer. Son zanpakuto était en colère, oui, Kaede sentait bien la douleur qui émanait d'elle. Ses mots été blessants, elle s'en rendait bien compte. Tant pis.

Ouais, t'as raison Kaede… finit par dire Akiuta d'une voix glaçante. J'devrais faire ça, te lâcher les baskets… T'as parfaitement raison. C'est sûr, allez, repousse moi, moi aussi.

Kaede se mordit l'intérieur des joues.

T'as repoussé tout le monde. Parce que nan, la Grande Kaede n'a besoin de personne et surtout pas besoin d'aide, pas vrai ?

Kaede ne répondit rien, déglutissant douloureusement.

Ne demande de l'aide à personne va, ni à moi, ni à ta belle Sûuko que tu veux tant protéger, ni à ceux qui ont un jour tenu à toi… Même Shyoga, tu l'as dégagé de ta vie, l'était pas assez bien pour toi, il était pas à la hauteur.

– Arrête, c'est pas ça! tenta de protester la jeune femme. C'est juste que…

– Juste que quoi, Kaede ? Ton orgueil supporterait pas de demander de l'aide à qui que ce soit ? Oh, c'est vrai, t'es teeeeellement au dessus d'eux, t'es la meilleure Kaede, hein.

C'est pas ça, c'est…

C'est exactement ça. la coupa sèchement son sabre. Tu les hais parce qu'ils ne te comprennent pas. Tu te crois tellement au dessus de la masse que tu estimes que personne n'est à la hauteur pour se rapprocher de toi et te comprendre.

C'est… Je ne…

Sauf ta Sûuko. Ah oui, ta belle et douce Sûuko qui t'aime. Elle t'aimerait déjà vachement moins si elle voyait comment tu te comportes avec les autres. Avec elle, t'es parfaite. Menteuse !

– C'est parce que elle, elle compte !

– Et pas les autres. T'inquiètes, j'avais compris.

Kaede détestait cette douleur dans la voix d'Akiuta. Elle détestait se rendre compte qu'elle n'arriverait probablement pas à finir Shin'Ô et sauver Sûuko. Elle détestait déjà savoir que la vie rêvée qu'elle s'était imaginée ne se réaliserait pas. Ça n'allait pas être possible. Elle avait refusé de voir l'évidence et celle-ci n'allait pas tarder à la frapper de plein fouet. Elle était douée, oui, bourrée de talent… elle était forte, vraiment. Juste pas suffisamment forte pour réussir tout ce qu'elle voulait en si peu de temps.

Alors tu sais quoi Kaede, vas-y, défoule toi sur moi… poursuivit son sabre d'une voix amère et douloureuse. Fais toi plaisir. Rembarre moi à chaque fois que j'essaye de t'aider, envoie moi bouler quand je te dis que tu dois choisir entre ta vie avec Sûuko et ta vie en tant que nécromancienne, insulte moi même si tu veux. Défoule toi sur moi, passe toi les nerfs sur moi… comme ça tu pourras continuer à jouer les petites amies parfaites auprès de Sûuko. Vas-y. Te gêne pas.

– Akiuta…

– Ben quoi ? Je peux pas t'abandonner moi. grinça son sabre d'une voix douloureuse – elle pleurait, et ça s'entendait. Alors te gênes pas va. Je t'abandonnerai jamais, moi. Jamais. Je peux pas partir loin de toi, pas pour de bon.

Et sur ses mots, Akiuta ferma ses grands yeux et se referma sèchement sur elle-même, comme si elle s'endormait. Le contact entre elles deux se coupa soudainement. Akiuta avait donné pour ce soir. Marre de servir de punching ball, que Kaede se démerde.

– Akiuta ?

Brusquement laissée seule par celle qui vivait littéralement dans sa tête, Kaede ne se rendit même pas compte qu'elle venait de l'appeler à voix haute. Là, à cet instant précis, dans ce couloir désert alors que tout le monde dormait, elle était seule, parfaitement seule. Akiuta venait de lui fermer tout contact et c'était la première fois que ça arrivait.

Oh, pas la première fois qu'elles s'engueulaient, ça non, c'était même de plus en plus fréquent qu'elles se prennent le bec… Et Akiuta avait raison, Kaede se défoulait bien sur elle. Tout ce qu'elle ne pouvait dire à Sûuko, parce qu'elle voulait la protéger à tout prix et surtout ne jamais risquer de la perdre, c'était pour Akiuta. Et comme son sabre l'avait si bien dit, elle, elle ne pouvait pas s'en aller, elle était coincée dans l'âme de Kaede. Tout ça, encore une fois, elle aurait préféré s'arracher elle-même la langue que de le reconnaître à voix haute.

N'empêche qu'à ce moment-là, soudainement seule depuis qu'elle avait pour la première fois de sa vie entendu la voix son sabre, des excuses lui brûlèrent les lèvres et elle fut à deux doigts de supplier Akiuta de ne pas la laisser seule, elle aussi. La jeune femme se retint de justesse, se faisant violence. Une larme solitaire roula le long de sa joue. Elle dû à nouveau se faire violence pour ne pas éclater en sanglots et essuya cette salope de larme d'un geste rageux.

Elle se força à inspirer un grand coup histoire d'éviter de fracasser pour de bon un mur ou de lâcher un long hurlement – tout ce qu'elle ressentait rugissait en elle avec fureur de ne pas pouvoir sortir – puis elle releva le menton en une attitude fière.

Non, par tous les nichons pelotés que le putain de pape, elle n'allait pas chialer. Pas plus qu'elle n'allait s'excuser. Elle n'avait rien à se reprocher et, bon, d'accord, elle avait peut-être été un peu dure avec Akiuta en lui disant de lui lâcher les baskets comme ça, okay, elle voulait bien l'admettre mais là, c'était vraiment son sabre qui avait mal réagit. Est-ce qu'il y avait besoin d'en faire une telle montagne, hein ? Non, clairement pas. Pfff. Bah, ça finirait bien par lui passer. De toutes façons, elle ne pouvait pas vraiment s'en aller. Et puis merde, c'était vrai qu'Akiuta pouvait être chiante à force de vouloir la materner comme ça.

Kaede reprit son chemin d'un pas sec et énervé. Elle était presque arrivée à sa chambre de toutes façons et elle sentait qu'elle allait ronfler comme un putain de grizzly sous somnifères aux J.O. de l'art de la sieste. Demain matin, tout ça serait passé et Akiuta aurait arrêté de bouder comme une idiote. Voilà. Elle n'avait rien à se reprocher, merci bien.

Franchement, Akiuta avait bien choisi son moment pour lui casser les couilles quand même. Elle essayait de sauver Sûuko du secret que celle-ci lui avait confié même si on lui répétait encore et encore que c'était impossible, même si elle avait eu cent ans devant elle – et elle était loin d'avoir cent ans sur les mains, bien au contraire. Elle se tuait littéralement à la tache dans une infernale course contre la montre et était à deux doigts d'échouer, même si elle refusait de le reconnaître, Akiuta aurait pu faire un effort quoi. Ce n'était pas le moment de lui prendre la tête comme son zanpakuto ne cessait de le faire…

« Choisis ! Sois tu abandonnes Shin'Ô et ta vie d'aventures et tu te consacres uniquement à Sûuko… et tu as une infinitésimale chance de la sauver et de pouvoir vivre avec elle. Sois tu te consacres à Shin'Ô, la nécromancie, et tu pourras avoir la vie que tu as toujours voulue, les armes au poing, être reconnue de tous et aimée et vivre plus fort que n'importe qui… mais sans Sûuko. » Tu parles ! Kaede refusait de choisir, elle refusait même qu'un tel choix soit possible. « Tu dois choisir… Tu ne peux pas réussir partout. » Bien sûr qu'elle pouvait ! Elle était Kaede Amaikoddoku, bordel ! Il n'y avait pas de raisons qu'elle ne puisse pas… pas vrai ?

Les dents serrées à s'en faire mal, la jeune femme épuisée rejoignit sa chambre presque au pas de course. Si tout était aussi simple que ça, si elle n'avait vraiment rien à se reprocher, pourquoi cette douleur… ? Putain. Elle ne voulait pas y penser. En fait, elle ne voulait plus penser. C'était bien plus simple de ne pas penser, de ne pas se demander si au fond, elle n'était pas une immense pourriture qui ne méritait pas tout l'amour que lui portait Sûuko.

Mieux valait même pas penser du tout. Et ça tombait bien parce qu'elle avait la parfaite solution pour ça sous la forme d'une bouteille de rhum bon marché planqué sous son matelas. Deux-trois bonnes gorgées – ou plus si nécessaire – avant de se foutre au pieu et c'était nickel, une chape de plomb viendrait assommer net toutes ces pensées et toute cette culpabilité. On appelait ça un putain de remède miracle.

Arrivée devant la porte close de la petite chambre à laquelle elle avait eu droit après avoir harcelé les bonnes personnes dans l'organigramme de Shin'Ô – d'ailleurs c'était littéralement pour ça que la secrétaire générale des huitième années hurlait de terreur dès qu'elle croisait des laitues – Kaede ne pensait plus qu'à ça, cette bouteille sous le matelas. Et au bon sommeil réparateur qui allait suivre et Kami-sama qu'elle en avait besoin.

Elle ne jeta pas un regard à tout ce qu'elle avait pu placarder sur ladite porte, autrement dit un sacré paquet de menaces particulièrement imaginatives et imagées qui avaient pour effet notoire de faire chialer un certain paquet de première années émotifs lorsqu'ils passaient devant – une fois, y'avait carrément un mec qui s'était pissé dessus – et l'ouvrit d'un geste brusque.

En fait, si elle y avait jeté ne serait-ce qu'un rapide coup d'œil, elle aurait remarqué que quelqu'un avait légèrement déplacé l'une des affiches en pénétrant dans cette chambre avant elle. Quelqu'un qui avait une main ensanglantée puisque quelques taches de sang parsemaient l'affiche en question. Mais Kaede n'avait repéré aucun reiatsu hostile ou dangereux alors elle entra, tout simplement.

Forcément, lorsque la personne en question, assise par terre et collant son dos avec peine contre l'un des murs de sa chambre tout en se tenant le ventre avec une grimace douloureuse, lui lança un faible « Dis moi si j'me trompe mais tes steaks, tu les préfères saignants non ?», Kaede eut comme premier réflexe de dégainer son sabre. Puis tout alla plutôt vite.

La lame d'Akiuta fendit l'air en un sifflement glacial droit en direction de la gorge de celui – oui, c'était un mec – qui venait de parler ainsi. Geste simple, effet simple : une bonne vieille décapitation des familles comme on en fait plus. Et vu la faiblesse du reiatsu émanant du gars prenant son parquet pour un matelas à s'y vautrer comme un putain de malpropre alors que c'était même pas chez lui bordel, franchement, Kaede ne douta pas un instant de pouvoir lui décoller la tête des épaules. Sûr, ça aurait été compliqué d'expliquer pourquoi y'avait un type décapité dans sa chambre à l'administration de Shin'Ô et les agents d'entretien allaient encore la maudire jusqu'à la trente-cinquième génération – les tâches de sang, c'était déjà la croix et la bannière à récupérer alors des flaques de sang… – mais elle n'eut même pas le temps d'y songer. C'était juste un geste automatique.

Alors forcément, lorsqu'un cri rauque clairement inhumain lui vrilla les oreilles et que quelque chose se déroba juste son son talon gauche, lui faisant perdre son équilibre, elle n'y comprit pas grand-chose. Et lorsque quelque chose repoussa avec violence la lame de son sabre, elle n'y comprit pas grand-chose de plus. Le choc et la surprise la firent sortir une micro-seconde de son mode assaut, autrement appelé mode étripage en série et déchiquetage en folie, et ce court laps de temps lui permit d'identifier le reiatsu de l'inconnu dans sa chambre.

Se laissant pousser par son élan, elle tomba en arrière sur ses fesses et la lame d'Akiuta cliqueta contre le parquet froid. En retombant, son dos avait refermé la porte derrière elle, ce qui n'était pas plus mal.

– Shun! lâcha Kaede, plus surprise de sa présence que furieuse de son intrusion. Tu m'expliques ce que tu fous là ?

Un grand sourire éclairait son visage pourtant fatigué. Ça faisait un bail que Shun avait plus ou moins quitté Shin'Ô et, ouais, elle devait l'admettre, ça lui faisait plaisir de le revoir. Bien sûr, il était chelou et elle sentait bien qu'il y avait quelque chose de plus derrière ses beaux sourires et ses airs charmeurs qui faisaient se pâmer les filles et Kaede ne lui faisait pas plus confiance qu'à un autre.

Mais sa présence lui faisait du bien. Il était sympa, Shun. Et différent, et cette différence qu'elle percevait à peine donnait à Kaede l'impression qu'ils se comprenaient l'un l'autre, impression que cultivait Shun avec plaisir. Elle ne tenait pas à lui comme elle pouvait tenir à Sûuko, oh non, loin de là – et puis quoi encore ! – mais maintenant qu'elle avait perdu tous ses amis, il était ce qui s'en rapprochait le plus. Évidemment, ce petit geignard de Shyoga avait très mal pris leur rapprochement malgré ses pseudos avertissements que Kaede trouvaient aujourd'hui bien idiots.

– Oh et puis, reprit-elle sous se départir de son grand sourire, c'est qui ça ?

En fait, elle savait que Shun était là parce qu'elle reconnaissait parfaitement son reiatsu et qu'elle avait pu apercevoir l'éclat caractéristique de sa chevelure blonde juste avant de perdre son équilibre et de basculer en arrière. Mais, désormais au sol, elle ne pouvait plus le voir pour l'unique et bonne raison qu'il y avait quelqu'un d'accroupi juste devant lui en une attitude défensive et que ce parfait inconnu lui cachait complètement ou presque Shun.

Il s'agissait d'un jeune homme aux cheveux aussi blancs que la neige et à l'incroyable regard vert émeraude mais, réflexion faite, il aurait été assez dur de lui donner un âge. Certains de ses traits semblaient évoquer un adolescent tandis que d'autres lui donnaient facilement une trentaine d'années. Sa peau était relativement pâle également et donnait un peu l'impression d'être faite de porcelaine. Ses cheveux étaient courts et en pétard et il semblait parfaitement imberbe.

Et en fait… Kaede n'était pas bien certaine qu'il s'agisse d'un « il » en réalité. Sa carrure évoquait plutôt celle d'un homme, avec un cou un peu épais et des épaules plutôt larges mais sa taille paraissait particulièrement fine et ses hanches particulièrement arrondies. Cependant, il portait ce qui semblait être un kimono traditionnel dix-huit fois trop grand pour lui et son corps tout entier semblait se perdre dans les plis de ce riche tissu d'un doux vert prairie brodé de fils d'or. Ou alors, c'était même pas un kimono et juste une immense bande de tissu aussi grande qu'un terrain de basket et il avait décidé de se rouler dedans tel un chat capricieux, Kaede n'en savait trop rien. Bref, c'était dur de voir grand-chose de son corps.

En outre, son visage, malgré une mâchoire plutôt marquée et parfaitement ciselée, était très androgyne et aurait pu appartenir à une femme, Kaede n'aurait su dire. Pourtant, son gaydar était plutôt infaillible et lui permettait de repérer n'importe quelle nana au milieu d'une foule compacte en moins de sept secondes.

Mais il n'y avait rien d'étonnant à ce que l'apparence de ce nouveau venu lui soit étrange et lui paraisse quelque peu irréelle : qui que cette personne soit, elle n'était clairement pas humaine. Ses yeux étaient un peu trop allongés pour ça, de même que ses pupilles émeraudes étaient beaucoup trop larges. D'ailleurs, de drôles de griffes du même vert étaient entre-apercevables au bout de ses doigts dissimulés sous l'épais tissu qui lui servait de vêtement et on retrouvait ce même vert en d'étranges lignes très fines courant sur la peau de son visage d'une manière symétrique, traçant des motifs rappelant la silhouette… d'une orchidée ? Ce n'était pas quelqu'un, c'était un esprit. Et vu l'expression de colère brillant sur son visage et son attitude protectrice autour et au dessus de Shun, il était assez évident qu'il s'agissait de son zanpakuto.

– Kaede, fit Shun d'une voix un peu rauque et douloureuse, je te présente Dairanjokuu. Dai, mon chou, j'te présente… enfin, tu la connais.

Mais le sabre, la créature, ne bougea pas d'un pouce.

– Dai, reprit Shun d'une voix étrangement douce, tout va bien. Tout va bien.

Kaede, ayant vaguement l'impression que le chou en question l'aurait bien écorchée vive pour avoir tenté de décapiter son shinigami ne bougea pas non plus. Oh, elle ne craignait pas grand-chose – leur reiatsu était bien trop affaibli et puis merde quoi, c'était Shun – mais bon, elle n'avait pas non plus envie de devoir assommer ce drôle de type blanc et vert d'un bon vieux sortilège de son cru. Elle lui aurait bien collé une patate, son domaine de prédilection, mais il n'était pas tangible, c'était un esprit…

Alors elle attendit patiemment que l'air furieux quitte son étrange visage aux pupilles d'émeraude. L'air perdu, le zanpakuto baissa les yeux et sembla se recroqueviller sur lui-même, révélant enfin la silhouette de Shun derrière lui.

– Shun, très cher, fit calmement la jeune femme, j'ai deux questions. Primo, qu'est-ce que tu fous dans ma chambre à une heure pareille ? J'en ai atomisé pour moins que ça… Et deuxio, tu m'expliques en quoi « tout va bien » alors que t'es couvert de sang, que ton reiatsu faiblit de seconde en seconde et que t'es si pâle qu'on dirait un putain de bonhomme de neige avec une perruque de blondasse décolorée sur la gueule… ? Ah et pourquoi ton sabre a l'air lui aussi blessé hein. Tant que t'y es.

Shun en était parfaitement bien plus conscient qu'elle mais il était en très sale état. Il lui sourit difficilement. Lentement, il ôta la main crispée qu'il tenait sur son ventre, libérant des flots de sang chaud.

– Hmmm, coucou à tes tripes. fit Kaede avec une grimace de dégoût malgré un ton qu'elle aurait voulu plus détaché.

Dans sa tête, elle évaluait déjà l'ampleur de la blessure et les soins nécessaires.

– Kaede… souffla Shun, décidément de plus en plus pâle. J'crois que j'ai besoin que tu me sauves la peau.

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Kaede est toujours aussi poétique et j'adore me servir de ses répliques de merde pour les titres, c'est n'imp'…

Et ouais, c'est pas quelqu'un de très très sympa non plus, la Kaede. Elle est très arrogante et méprisante au fond. Et putain de seule. Évidemment, je suis la Frustration TM parce que tout ce qui est évoqué dans ce chapitre, j'aurais bien voulu vous le raconter en long en large et en travers mais ça aurait pris CINQUANTE CHAPITRES DE PLUS

À propos de Dairanjokuu, son nom signifie (bon, euh, d'après moi me servant d'un dico franco-japonais en ligne donc bon, soyons indulgents) Grande Orchidée Céleste. Et si ça vous dit quelque chose, c'est parce qu'au chapitre 50, quand morveux!Shuuhei écoute une des histoires de la Comète (la Môman de Shun et la Grand-Môman de Beni le Génie de la Connerie, donc), il se rappelle d'autres contes qu'elle peut leur raconter : « Ah, si, sustenter, maintenant il savait ce que cela voulait dire, cela voulait dire manger et calmer la faim. Il était allé le lui demander la dernière fois, après le conte du Chant de la Mer du Néant et de l'Orchidée céleste »

L'Orchidée céleste, c'est donc bien le sabre de Shun. Et si vous vous rappelez bien, le premier prénom de Beni, c'est Benikyogai, autrement dit Mer du Néant écarlate. Donc le conte parle de Shun et de Beni, héhé… Quant au « Chant », vous apprendrez plus tard à quoi ça fait référence! Mais là encore, si vous vous rappelez bien, lorsque Kazeshini a « rencontré » notre mononeurone préféré, elle a dit à Shuuhei qu'un chant provenait d'elle… Héhé, je ne dis rien de plus!

Bon, j'espère qu'au final ce chapitre restait un minimum compréhensible, n'hésitez pas à me demander des éclairages si jamais c'est trop le bordel!

Portez vous bien et à dans deux semaines, en théorie! Et si vous pouvez me laisser une chtite review au passage, même deux-trois mots, j'vous fais une offrande de cookies sacrées rien que pour vous

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Le chapitre 128. Ma question c'était plutôt, tu m'files un coup de main ou tu me laisses crever comme un chien? devrait donc arriver le 9 décembre, si tout se passe bien!