Bonjour bonjour!
Et ouais, je poste à nouveau un mercredi! (sauf que j'suis genre archi K.O. parce que j'ai eu une journée bien remplie oupsiiie) (promis je vais essayer de pas taper trop de conneries mais si vous voyez des fautes de frappes qui traînent, c'est clairement la faute de ma cervelle fatiguée)
– … depuis quand t'as une cervelle toi?
Depuis que j'ai trépané un de tes subordonnés l'autre jour et récupéré c'qu'il y avait dans sa boîte crânienne.
– Aaaaaaah… donc c'est pour ça que Bélial insiste pour faire des câlins à toutes les stalagmites qu'il croise au lieu d'aller torturer des traders. J'me disais aussi, le connaissant ça pouvait pas juste être la coke…
… Bref! On en revient à Shun et Kaede et leur drôle de moment dans la chambre de l'apprentie shinigamie au beau milieu de la nuit et j'espère que ça va vous plaire parce qu'on va apprendre des trucs! (oh, juste un rappel, si vous vous rappelez bien, Shyoga, le frère de Shun, s'est rendu compte que quelqu'un espionne la jeune femme mais il a gardé l'info pour lui) (c'était au chapitre 123. J'm'inquiète pas Boucle d'Or)
Oh et petit coucou à Beni aussi…
Allez, je vous laisse lire! Bonne lecture mes p'tits amours!
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Merci à Triuss pour ta nouvelle review! (en vrai, j'ai tellement peur d'aller relire le chapitre 8… c'était y'a genre 6 ans aaaaah, promis ça s'améliore avec le temps!) (… j'espère que ça s'améliore en tout cas, haha!)
Et merci à Rizalone, toujours présente! Ouais, tout le passé de Kaede est en train de se dérouler, j'ai hâte que vous lisiez tout ça héhé! (depuis le temps que je veux le raconter!) En plus, y'a moyen que ça vous plaise…
J'viens de remarquer qu'on en est à 595 reviews… putain, c'est pas dégueu quand même. Ce qui fait de cette fic la 8ème plus reviewée de toutes les fics française de Bleach rooooooh… okay, c'est con mais ça fait plaisir haha, j'me sens toute fière là!
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Discalibur :c'te fic est un bordel assez random avec mes persos teubés pis ceux de Bleach, de Tite Kubo, et le tout part dans tous les sens
129. Il lui reste combien de temps…?
Benikyogai Benitsuki Amaikoddoku. Quelque part.
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Je crois que je m'éveille d'un sommeil particulièrement profond et rassérénant – si, je sais ce que ça veut dire, rassérénant merci – le genre de sommeil qu'on a pas trop envie de quitter parce que bordel, on est trop bien, c'est comme baigner dans du chamallow à la fraise… et qu'on a tout autant envie de quitter parce qu'on a tellement bien dormi qu'on se sent une forme d'enfer, prêt à aller affronter Kami-sama en slip et avec un canard en plastique déguisé en garde britannique – mais si, ceux avec le pompon rigolo sur la tête si gros qu'on doit pouvoir cacher une sacrée réserve de goûters sur leurs têtes de coincés olympiques du rectum.
J'aime bien ce genre de sommeil… Ça commence souvent par un « bon allez, je fais une petite sieste… mais juste une heure hein ! » pis quand tu te réveilles, t'as dormi cinq heures d'affilée et t'as l'impression d'avoir pioncé que cinq minutes. En vrai, ces genres de dodo-là, c'est la vie. Et c'est pile la sensation que j'ai, celle de sortir d'un de ces sommeils si doux. Dormir comme ça, ça vaut presque de dormir sur Tora, contre son pelage tout doux tout chaud. Presque.
Je devais vraiment dormir archi profondément parce que je ne me souviens d'aucun rêve, comme si j'avais écrasé du sommeil du brave après une journée passée à me bastonner contre des hollows version viking folle furieuse, hache au clair et sourire aux lèvres. En plus, c'est un réveil tout doux, progressif, pas un truc de nazi monomaniaque et sadique en sursaut. Y'a une place spéciale en Enfer pour le type qui a inventé les réveils-matin j'vous jure, juste à côté du stand torture de pédos à la friteuse version XXXXXL.
Tout d'abord, ce sont les rayons du soleil qui viennent me caresser doucement la joue. La sensation est chaude, agréable, avec un je-ne-sais-quoi de rassurant, comme si lorsque le soleil brille ainsi dans le ciel, tout ne peut aller que bien dans le monde. C'est presque aussi chouette de se faire réveiller comme ça que ça l'est avec les moustaches de Tora qui me chatouillent les joues.
Paresseusement, j'ouvre un œil couleur chocolat mais le soleil brille si fort qu'il se referme presque aussitôt. Bah, tant pis, chuis pas pressée non plus… De toutes façons, je me sens tellement reposée que je ne risque pas de me rendormir. Donc j'referme mon tit neuneuil si j'veux d'abord.
J'vous jure, j'suis vraiment trop bien là. Petit à petit, au fur et à mesure que je quitte le sommeil pour de bon, je récupère les perceptions de ce qui m'entoure. Primo, il fait bon. Ce rayon doux et chaud de soleil sur ma joue baigne en réalité tout mon corps telle une couette en coton extra doux. Et bordel de dieux que c'est agréable. J'en ronronnerais bien de plaisir tiens, si j'savais comment faire. J'ai bien demandé à Tora de m'apprendre parce que clairement, en termes de ron-ron, c'est une championne catégorie poids lourds mais rien à faire, tout ce que j'arrive à produire, c'est un genre de sifflement misérable digne d'un chat asthmatique en fin de vie, le tout en bavant beaucoup trop et en faisant, dixit Tora, une « tronche de cannibale sous ecstasy ».
M'éveillant tranquillement, je cligne à nouveau des yeux et entre deux rayons de soleil qui tentent de m'crever les yeux, j'aperçois le bleu éclatant d'un ciel de printemps traversé de quelques nuages aux allures de boules de coton. Encore pleine de toumollitude du dodo, je roule mollement sur le dos, lâchant un long soupir de contentement.
S'il est évident que je n'ai pas dormi sur mon matelas préféré, à savoir Tora, j'ai quand même envie de dire que j'ai dormi sur un des meilleurs matelas qui soient, c't'à dire l'herbe. Je sais, je sais, masse de gens préfèrent dormir dans un lit et même les pyro-barbares les plus vénères de la création kiffent pioncer dans un vrai lit. Mais moi chais pas, dormir dans l'herbe, j'adore. Évidemment, pas quand il pleut, neige ou grêle hein. C'est vrai que la nuit les températures ont tendance à baisser et l'humidité se réveille donc c'est pas oufissime mais… ouais, une sieste par un beau jour d'été avec à peine une brise légère, sur un matelas d'herbe avec le soleil comme couverture et le bruissement des feuilles accompagnant les rares oiseaux pépiant dans les arbres comme berceuse, c'est ce que j'appelle le pied total. Et j'crois que c'est pile ma situation là.
Un sourire vaguement béat sur les lèvres, je me frotte les yeux comme un gosse de quatre ans qu'on réveille à l'heure du goûter et je me redresse en position assise. J'avais bien raison : l'herbe douce, le ciel bleu, le soleil éclatant, les quelques nuages dodus, la brise rafraîchissante… Yup. Le putain de pied total.
Mes deux pupilles couleur chocolat au lait se promènent rapidement sur le paysage qui m'entoure tandis que je me remets debout le plus tranquillement du monde. C'est que l'herbe dans laquelle j'ai dormi est assez haute et si je reste assise, mes yeux arrivent à peine à la hauteur des pointes de ladite herbe. Les poings sur les hanches, je fais lentement un tour complet sur moi-même. Hmmm, deux constatations. Primo, c'est super beau… simple, mais beau. Et deuxio, j'ai aucune putain d'idée d'où je me trouve.
C'est… une plaine, immense et qui s'étend à parte de vue. Bon, je suis peut-être une brêle en géographie mais quand c'est tout plat comme ça, j'ai pas trop de doutes, ça s'appelle une plaine. Donc ça pourrait être la Soul Society… sauf que non. Disons qu'il y a quelques collines de temps en temps histoire de dire que le paysagiste global a fait un effort mais c'est franchement tout. C'est vachement morne et chiant comme bled niveau paysage, la Soul Society. Heureusement qu'avec Tora, on a nos Montagnes, j'vous jure.
Mais cette plaine-là, sur laquelle je me trouve et où je viens de m'éveiller, je ne l'ai jamais vue de toute ma vie. Ouais, je sais, je suis loin d'avoir vu l'entièreté de la Soul Society mais j'vous l'ai déjà dit, c'est morne à en déprimer un moine reclus, ce bled. Si t'en as vu un bout, tu connais le reste. Et puis, la Soul Society mine de rien, c'est pas mal boisé. Y'a pas mal de grosses forêts, surtout du côté des districts ouest et sud. Sinon, c'est assez parsemé de bosquets. Plat, morne, avec des arbres en gros ou petits tas et c'est tout… Donc rien à voir avec ici. Parce qu'ici, ça n'a rien de morne, ici, c'est beau.
Une légère bourrasque de vent frais glisse sur l'herbe haute qui s'étend à perte de vue, faisant comme des vagues sur cette mer d'un vert tendre et doux parsemé d'une multitude de fleurs des champs de toutes les couleurs et vient faire virevolter quelques longues mèches soyeuses de mes beaux cheveux rouges. Avec ce doux vent me parviennent toutes les odeurs de ces fleurs qui s'étalent sur la plaine devant moi.
Ça sent… la tulipe, la jonquille, la jacinthe, les pâquerettes, le myosotis, le forsythia et encore tout un paquet de fleurs que Sûuko plantait dans notre jardin et même si j'en ai oublié facile les trois-quarts, toutes ces odeurs me rappellent cette maison dans laquelle j'ai grandi avec elle et Maman. Ça sent… le printemps sur la Montagne, lorsque le vent reprend ses droits sur le blanc et que les prairies d'altitudes se recouvrent de fleurs des champs. Ça sent le printemps dans le beau jardin de Sûuko où on prenait le goûter quand il faisait beau et chaud. Ça sent la maison.
J'inspire lentement et clos un instant les yeux pour m'imprégner de toutes ces odeurs qui tournent autour de moi. Je m'immerge dans les souvenirs que toutes ces odeurs font ressurgir en moi et ne peux retenir le large sourire qui fend mon visage.
Je revois Sûuko dans ses beaux kimonos un peu tâchés de boue à force de jardiner, accroupie dans son jardin à patiemment entretenir ses plates bandes et prendre soin de toutes ces plantes autour d'elle, qui se retourne vers moi et me souris tendrement tout en remettant d'un de ses gestes si délicates et élégantes une de ses longues mèches de cheveux gris qui lui tombaient jusqu'à la taille derrière son oreille.
Je les revois, elle et Maman se tenant tendrement la main, juste à côté des lilas en fleur à parler de tout et de rien, de l'infiniment anecdotique et du sens de l'univers, et à se regarder l'une l'autre avec tout l'amour du monde dans les pupilles.
Je me revois jouer avec mes petites figurines de dinosaures que Maman avait fauchés je-ne-sais-où et que j'avais habillés en vikings, les faisant se balader dans les jonquilles au jaune éclatant en prétendant qu'il s'agissait d'une terrible jungle inexplorée peuplée d'arbres mangeurs d'hommes.
Puis je revois la Meute dévalant la pente des prairies de montagnes recouvertes de coquelicots, de marguerites, de cosmos, de pissenlits, de chicorées, d'astrances, de gentianes et de boutons d'or, foulant toutes ces fleurs délicates de leurs larges pattes et leurs silhouettes lourdes et massives, faisant s'envoler tout autour d'eux les pétales délicats desdites fleurs, créant comme un essaim multicolore dans l'air.
Je revois Tora, massif tigre blanc à la silhouette imposante et impressionnante renifler trop fort des astrances et éternuer si violemment que toutes les fleurs à deux mètres à la ronde en perdent les pétales.
Je revois Tora, si belle et si forte, qui se balade tranquillement parmi ces fleurs des champs tandis que les herbes hautes lui chatouillent les mollets, avant qu'elle ne se tourne vers moi et me dise de fermer la bouche parce que sinon je vais chopper une commotion à baver comme ça. Je la revois qui éclate de rire, probablement suite à un énième trait de génie sorti de ma bouche et c'est la plus belle chose du monde.
Je ne sais toujours pas où je suis mais… Je me sens bien. Je suis chez moi, en un sens.
L'esprit aussi tranquille que ce corps parfaitement reposé, je rouvre les yeux. Cette plaine est immense, littéralement. Quelle que soit la direction dans laquelle je me tourne, il n'y a qu'elle, avec toutes ses fleurs des champs qui sont autant de petites touches de couleur sur son vert si beau et printanier. Normalement, à la Soul Society, par un temps aussi clair que celui-ci, le regard va suffisamment loin pour au moins apercevoir les silhouettes des Montagnes. Ou alors celles du Seireitei au milieu de tout ce plat. Pas ici. Juste… une plaine, à perte de vue, littéralement. Aucune idée de la taille qu'elle fait au final mais ça doit être assez monstrueux.
Je mentirais si je disais qu'il n'y a rien du tout sur cette plaine à vrai dire. Disons qu'il n'y a presque rien. Y'a l'herbe, si douce et qui semble imiter un océan paisible à onduler mollement comme ça sous le fait de la brise et, perdues là-dedans, toutes ces fleurs, le ciel bleu éclatant et ses nuages… et au milieu de tout ça, des arbres.
Quelques arbres, attention. Genre… vraiment peu. Il y en a quelques uns et… en fait, c'est un peu zarb parce que normalement, les arbres ça se balade pas tout seul. C'est plutôt grégaire ces machins là. D'habitude, dès qu'il y en a un, y'a généralement un ou deux de ses copains horticoles juste à côté. Pis là ben nan, rien, que dalle, encore plus désert que le cul d'une nonne. En fait, il semblerait bien que j'ai fait ma petite sieste à l'ombre de l'un d'entre eux.
Tranquille d'esprit mais quand même plutôt curieuse quant à cette plaine random sortie d'on-ne-sait-où, je m'en écarte de quelques enjambées souples. Ce qui est marrant, c'est qu'ils se ressemblent tous, ces arbres. Alors non, ils n'ont pas tous pile la même pose de moine shaolin vicieux attendant le moment le plus propice à une attaque éclair, mais même si je m'y connais encore moins en arbres qu'en fleurs, j'ai tout de même la nette impression qu'ils appartiennent tous à la même espèce.
Leur tronc est plutôt fin, de même que leurs multiples branches et ils ont au final peu de feuilles. Ils en ont hein, de jolies feuilles en forme d'amande et d'un vert un peu pastel qui contraste délicatement avec le bois plus sombre des branches sur lesquelles elles s'épanouissent en petits bouquets, mais disons que ce ne sont pas les arbres les plus feuillus que j'ai vus de ma vie. On est assez loin du méga chêne centenaire avec suffisamment de feuilles pour ressembler à une jolie bouboule verte archi compacte.
Intriguée, je continue à avancer d'un pas lent et vais en observer un autre d'un peu plus près. Leurs troncs, ainsi que leurs branches, sont assez tordues, comme s'ils avaient décidé que pousser tout droit, c'était vraiment un truc de glandu. En vrai, c'est plutôt beau, on a l'impression qu'ils dansent et courbent leur bois sombre en une multitude de motifs délicats. Ils sont beaux.
Et puis, avec toutes ces branches dans tous les sens là, soyons honnêtes, je n'ai qu'une seule envie, c'est de filer grimper dedans et essayer d'aller me caler sur la plus haute de leurs branches – même s'il faut reconnaître que comme arbres, ils ne sont pas très très hauts – … ils plafonnent grosso modo à trois ou quatre mètres, au grand maximum sept mètres de haut mais pas plus. Ils ont une bonne bouille quoi.
En vrai, c'est marrant mais… l'herbe haute, les fleurs, les arbres solitaires tous les uns les autres à une distance à peu près similaire entre chacun, chais pas vous, mais moi ça m'évoque un verger. Mais en beaucoup plus beau. Et un verger où personne n'aurait jamais foutu les putains de pieds. Ça change pas mal des forêts des Montagnes noires et en vrai, j'aime bien. J'aime bien ces arbres, j'aime bien ce lieu putain.
Les poings sur les hanches, j'inspire un grand coup. Je crois que ce qui me plaît le plus, c'est… c'est ce côté à perte de vue. Je n'ai qu'une seule envie, c'est de me mettre à courir comme une dératée pour aller voir là-bas ce qu'il y a. Ici, il n'y a aucune limite que le ciel et l'horizon et c'est con mais du coup, ça me fait me sentir… incroyablement libre. Tu m'étonnes que j'me coltine un putain de sourire de bienheureuse shootée au Xanax, tiens.
N'empêche qu'il y a toujours une question en suspens : par tous les slips de bain à rayures de Kami-sama, est-ce que quelqu'un pourrait avoir l'extrême amabilité de m'indiquer où mon putain de cul de viking barbare a atterri ? C'est pas à la Soul Society – et franchement si j'me trompe là-dessus, j'suis prête à me faire nonne dans un monastère sans plus me bastonner avec qui ou quoi que ce soit jusqu'à la fin de mes jours, sans déconner – et c'est pas non plus un rêve, clairement pas.
Je suppose que je pourrais me trouver sur Terre mais… hmmm, je sais pas, mon instinct me dit que ce n'est pas le cas, j'ai la sensation qu'il n'y aurait pas une telle plaine avec ces drôles d'arbres à équidistance là-bas. Du coup, par déduction… ben j'ai aucune idée d'où je suis, voilà, c'était la super conclusion logique de Sherlock Benikyogai Holmes à votre service.
Je continue à avancer tranquillement, profitant de ce drôle de moment étrange et pourtant si agréable. J'ignore combien de temps s'est écoulé depuis mon réveil ici. Quelques minutes, quelques heures ? Aucune idée. Et il me faut encore un bout de temps avant de me rendre compte de deux trucs chelous : primo, je ne sens pas le poids pourtant si familier et rassurant de Kamishini à mes côtés… Deuxio, et c'est ça qui est clairement le plus chelou des deux, c'est que maintenant que je m'en suis rendu compte, la présence de Kamishini ne me manque pas.
Elle ne me manque pas du tout et ça, ça me fait bizarre. Et je sais pas trop comment me l'expliquer. Ma belle hache de guerre héritée de Maman – la seule chose qui me reste d'elle d'ailleurs – devrait me manquer, surtout que ça fait une bonne minute que je suis suivie par quelque chose dans les herbes hautes.
Étrangement, je ne suis pas plus inquiète que ça de repérer cette présence qui se dissimule pourtant à ma vue. C'est comme si, ici, rien ne pouvait vraiment m'inquiéter. Amusée, je fais craquer mes vertèbres. Quelqu'un me suit.
Mes mamans m'ont toujours dit d'être polie et d'aller saluer les gens dans les règles de l'art. Une bonne tite baston des familles mano à mano me paraît une bonne salutation. Je continue à avancer, mes lèvres s'étirant en un sourire de plus en plus vorace. Qui qui soit en train de me suivre, il s'approche. 3… 2… 1…
– GERONIMOOOOOOOO! je hurle en bondissant soudainement dans sa direction en un magnifique coup de pied fouetté retourné.
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Quelques siècles auparavant, Seireitei, académie de Shin'Ô, chambre 214. Matinée ensoleillée.
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Kaede grommela en s'éveillant, ayant la vague impression d'avoir dormi la cervelle écrasée sous un camion d'environ trois tonnes. Elle était familière de cette sensation lorsqu'elle avait un peu trop forcé sur sa bouteille de rhum avant de s'endormir mais cette fois, elle n'avait pas touché à sa bouteille planquée sous le matelas, nan ?
Elle grommela de plus belle, renfonçant son visage dans son coussin. La couette dans laquelle elle s'était emmitouflée était si chaude et douce et son matelas si confortable et moelleux, elle n'avait guère envie de sortir de son lit. La jeune femme soupira longuement. Elle avait la sensation désagréable de ne pas avoir dormi plus de quelques secondes, comme si elle avait rouvert les yeux tout de suite après s'être écrasée dans son lit. Pourtant, au vu des sensations que son corps lui renvoyait, il était clair qu'elle avait bien dormi et pas qu'un peu.
De toutes façons, vu la lumière éclatante qui lui parvenait, c'était évident qu'elle avait dormi au minimum quelques heures. Lorsqu'elle s'était finalement foutue au lit, il faisait encore nuit noire à l'extérieur, aucun doute là-dessus. Il faisait désormais jour.
Il faisait jour.
Il faisait… Merde !
En jurant sous sa barbe, la jeune femme dégagea brusquement sa couette d'un large coup de pied rageur. Merde, merde, merde !
Il faisait jour et pas qu'un peu, elle était donc en retard et pas qu'un peu. Normalement, ses journées commençaient avant les premières lueurs de l'aurore, par de l'entraînement. S'il n'était pas trop tard, elle avait encore le temps de foncer jusqu'à l'amphi pour les premiers cours de la journée, tant pis si elle débarquait en pyjama et avec une tronche de raton laveur défoncé à la cocaïne. Il fallait juste qu'elle mette le putain de turbo et ça allait le faire, ça allait…
Kaede jeta un coup d'œil rapide à sa fenêtre entrebâillée et se stoppa aussitôt dans son élan. Elle avait songé qu'il serait 7h, 8h au pire des cas. Il était plus de 10h. Ça lui fit comme un uppercut dans l'estomac et ses fesses retombèrent mollement sur son matelas, comme brusquement vidée de toute énergie.
Elle cligna des yeux, comme si ça allait effacer tout ça, l'aider à réaliser que non, haha, il n'était pas du tout plus de 10h, c'était une erreur, c'était juste qu'elle n'était pas suffisamment réveillée et elle se trompait… comme si, depuis le temps, elle ne connaissait pas exactement le placement de chaque ombre dans cette chambre à chaque heure de la journée. Ses poumons se vidèrent lentement tandis que la réalisation de ce que ce soleil déjà haut dans le ciel signifiait se faisait en elle.
En fait, l'heure devait approcher des 11h. Elle avait raté deux cours ce matin, ainsi que son entraînement et son rendez-vous qu'elle avait entre deux classes avec un de ses profs pour lui rendre un des devoirs supplémentaires accompagnant ses cours particuliers. Kaede cligna à nouveau des yeux, cette fois pour chasser une larme qui perlait au creux de sa paupière.
D'un coup de cils, la larme en question s'évanouit et avec elle, étrangement, cette brusque envie de pleurer qui lui était montée aux yeux. Oui, oui, oui, elle était Kaede Amaikoddoku, la seule et unique, l'inclassable et l'inarrêtable et elle n'allait pas pleurer pour un truc aussi con qu'une panne de réveil mais oh, elle était si fatiguée…
Moralement, elle n'en pouvait plus, avait la sensation d'être presque en permanence au bord du gouffre. Elle était épuisée. Alors oui, elle eu envie de pleurer. Mais nan, elle n'allait pas pleurer, fallait pas déconner. Cette soudaine envie de pleurer recula et battit en retraite tandis que Kaede ne pouvait détacher son regard des ombres portées par le soleil par les interstices laissés par ses épais rideaux.
Cette envie disparue, Kaede se sentit étonnamment calme. Vide. Elle qui avait un emploi du temps si précis, si rempli, si lourd depuis années, elle qui se mettait une telle pression pour être à la hauteur des enjeux, ces enjeux si écrasants, si massifs, si imposants… Elle qui n'avait plus loupé un cours depuis si longtemps, elle qui était rentrée dans le moule à en crever… Voilà qu'elle ne s'était pas levée. Avait raté des cours. Avait raté des cours. Avait manqué une de ses séances d'entraînement. Et le monde ne s'était pas écroulé pour autant.
– Non, Kaede… le monde ne s'est pas écroulé pour une simple grasse matinée.
La voix si chaude d'Akiuta se lova tout autour de son être et de son cœur et l'envie de pleurer revint aussitôt au galop. Mais cette fois, c'était de bonnes larmes et elle laissa quelques unes d'entre elles rouler sur ses joues sans y prêter attention avant de se reprendre et de les refouler.
– Tu m'as manqué. chuchota doucement l'apprentie shinigami après de longues secondes.
Akiuta l'avait abandonnée quelques heures et quelques heures au regard de toutes ces années que Kaede avait déjà vécues, ce n'était pas si long que ça. Mais cette déchirure avait paru durer une éternité. Maintenant que son zanpakuto ne se coupait plus d'elle, tout allait bien. Tout allait bien entre elles, pas vrai ? Pas vrai ?
Toujours assise sur son lit, la jeune femme renifla bruyamment. Bien sûr que tout n'allait pas bien. Bien sûr qu'il y avait un millier d'emmerdes, un millier d'obstacles. Même que c'était ça, la vie. Mais si Akiuta était à ses côtés… et Sûuko aussi… Si elles étaient toutes les deux à ses côtés, si elles ne l'abandonnaient pas, alors elle se sentait capable de tout et de surmonter toutes ces difficultés. Oh, elle avait beau s'en sentir capable, la voix dans son esprit qui lui murmurait que c'était tout simplement impossible pour elle que ce n'était pas faisable, ne se tut pas pour autant. Elle se fit un peu plus discrète, rien de plus.
– Tu m'as manqué… répéta Kaede, encore plus bas.
Dans son monde intérieur, Akiuta fit frémir et vrombir ses belles feuilles écarlates en réponse. La jeune femme s'étira sur son lit, encore engourdie de sommeil et acheva de repousser son épaisse couette du bout des pieds.
– Et maintenant, demanda Akiuta après un court moment de silence que passa Kaede à observer les grains de poussière danser dans la lumière du soleil, qu'est-ce qu'on fait ?
La jeune femme inspira lentement et haussa les épaules.
– Franchement… je ne sais pas.
Elle aurait dû paniquer, insulter trente-six fois Kami-sama à la seconde, se mettre en colère et menacer l'univers d'enfoncer tout un tas de trucs pas catholiques dans les coins les plus improbables de son anatomie, foncer hors de sa chambre et se précipiter en cours, cogiter à tout un tas de systèmes D pour rattraper le tir… Mais non.
Au contraire, elle se sentait parfaitement calme. Peut-être que c'était un contre-coup d'hier soir. Quand elle avait fini par répondre à Shun, quand elle avait finalement reconnu à voix haute qu'effectivement, ça n'allait pas, elle n'y avait pas réfléchit davantage que ça. Elle l'avait fait et puis voilà. Sauf que maintenant, elle se sentait étrangement calme, comme si cette rage au cœur qui grondait en permanence en elle s'était mise en retrait. Ouais, c'était ça. Elle se sentait calme, presque en paix.
D'ailleurs, à propos de Shun…
– Elle est passé où, la blondasse au rabais ?
– Juste à gauche, Kaede. répondit Kaede en souriant – Kaede n'avait jamais été des plus vives au réveil, il lui était même arrivé une fois de confondre une des théières de Sûuko avec un lapin nain et être persuadée que le-dit lapin nain allait vicieusement l'attaquer.
Toujours un peu pataude, elle tourna la tête vers la gauche et croisa effectivement le regard bleu céruléen de Shun braqué droit sur elle.
– … euuuuuh, salut. le salua t-elle un peu déconcertée.
Un immense sourire illumina aussitôt le visage du jeune homme. Malgré tout, les cernes plutôt massives qu'il arborait étaient un bon indicateur de son état de fatigue. Oh, elle avait fini de le soigner avant de se mettre dans son lit et d'y écraser comme un loir, tout son corps était désormais comme neuf ou presque. Mais le choc avait été rude pour le jeune homme et il lui faudrait encore quelques bons jours de repos pour se remettre totalement.
– Kaede! s'exclama t-il en retour de sa voix aussi charmeuse. Ravi de voir que tu t'éveilles enfin !
– Crève. répondit-elle en le fusillant du regard. T'aurais pu me réveiller nan ?
Il haussa des épaules sans se départir de son fameux sourire.
– Kaede, j'me suis réveillé y'a quoi ? Dix minutes ?
Elle renifla d'un air méprisant.
– Mouaif. Boarf, j'm'en fous au final… J'me réveille seule d'habitude.
– Il est à peine 11h, fit le blond en baillant. Franchement, j'vois pas de soucis.
Prise d'une envie de bailler, Kaede se frotta les yeux du dos de ses poings tout en baillant à son tour.
– Les cours, cervelle de grenouille anémique. J'ai raté des cours.
– Ah ?
Kaede soupira, son regard dérivant inéluctablement vers ces grains de poussière dansant dans la lumière.
– Et euh, poursuivit Shun de sa même voix tranquille et curieux tout à la fois, c'est grave ça ?
Elle haussa une énième fois les épaules.
– Parfois, ouais.
Un court silence passa.
– Tant pis, je suppose. finit par dire Shun en haussant les épaules, l'air de ne vraiment pas voir pourquoi ça semblait autant lui peser.
– Ouais. Tant pis.
On n'y pouvait plus rien, c'était ainsi. Le temps écoulé restait ainsi, perdu à jamais. Chaque minute passée était une minute de plus perdue à ne pas lutter pour atteindre ses objectifs… et pour une fois, c'était quelque chose qui ne le mettait pas en rage.
– Bon, finit-elle par lâcher avant de faire à nouveau basculer ses jambes hors du lit, se tournant alors face au jeune homme qui avait dormi à même le sol où elle l'avait soigné, emmitouflé dans un paquet de couvertures. Tu m'expliques ?
Se redressant maladroitement sur ses coudes, Shun haussa un sourcil interrogateur.
– Je t'explique… ?
– Joue pas au con steup, toi et moi on sait que c'est loin d'être le cas.
Il sourit d'un air amusé.
– Entre deux p'tits génies, rigola t-il, on devrait se comprendre t'as raison.
Ce fut à son tour de hausser un sourcil interrogateur. Certes, il n'y avait aucun doute sur le fait qu'elle était actuellement le petit génie de Shin'Ô mais Shun… ? Il n'était pas mauvais en cours, d'accord et était plutôt bon dans certains domaines – même si, maintenant qu'elle y pensait, ça faisait quand même un bout de temps qu'elle ne l'avait pas vu en cours… – mais elle ne voyait vraiment pas en quoi quoi que ce soit pourrait qualifier ce jeune homme assis en face d'elle de petit génie. Mais il enchaîna sans s'attarder davantage sur ce choix de mots.
– C'est vrai, j't'avais promis de tout t'expliquer…
– Yup. Alors je t'écoute.
– Très bien, très bien… fit-il sans se départir de son sourire avant de se saisir de son sabre dont il se mit à caresser tendrement le fourreau. Oh, et avant tout… merci pour Dai. Elle était vraiment en sale état.
– Elle? demanda Kaede en fronçant les sourcils.
– Récemment, c'était plutôt il… Mais là, c'est plutôt elle, Dai préfère.
– Euh…
– Fais pas cette tête Kaede. rigola t-il doucement. C'est juste que le genre de Dairanjoku n'est pas fixe. Parfois, c'est un homme, parfois c'est une femme et parfois encore, ce n'est ni l'un ni l'autre.
– … C'est chelou.
– Non. C'est ainsi.
– S'tu l'dis…
– Kaede, le monde est plus vaste et bien plus riche que ce que la courte vue d'esprit de Shin'O te proposes. Ou de la Soul Society en général tu me diras…
Il serra les dents d'un air méprisant.
– La Soul Society… ah, tu parles d'une société qui manque d'âme ! C'est si étriqué ici, si simple et si restreint. École, shinigamis. Âmes défuntes, districts, noblesse, castes. Une large plaine morne sans intérêt. C'est si… vide. Il n'y a rien de très intéressant ici. C'est… à en mourir d'ennui.
Il se tut et Kaede n'osa trop rien dire. Au fond, elle était assez d'accord avec lui… C'était notamment pour ça qu'elle avait voulu devenir shinigami, c'était la seule vie qui en vaille la peine dans le coin à ses yeux. Mais d'un autre côté, elle ne connaissait rien au monde des humains, n'y avait jamais mis un pied. Peut-être que c'était aussi morne là-bas et que… Mais Shun reprit la parole et, comme s'il avait lu dans ses pensées :
– Alors que sur Terre… oooh, là ça devient intéressant. C'est tellement plus grand, Kaede. Il y a tant de choses à voir et à découvrir, c'est à en devenir fou. Une vie entière ne suffirait pas à s'en lasser, je te l'assure. Là-bas, ça en vaut la peine, alors qu'ici… ici, on est coincés.
Kaede ferma les poings subrepticement. Elle ne dit rien mais elle buvait littéralement ses paroles. C'était juste que… ce qu'il disait, ça résonnait avec elle. À Shin'Ô, il n'y avait personne qui pensait comme elle, à se demander si le monde n'était pas plus vaste que cette routine si ennuyante, ce cadre si basique et inintéressant qu'on leur proposait. Même Sûuko avait du mal à comprendre. Mais Sûuko, ce n'était pas pareil. Même disgraciée par sa famille, elle restait une Shiba, elle avait grandi dans le luxe et l'opulence… Mais au fond, elle aussi était coincée par cette société rigide qui avait voulu l'enfermer dans une vitrine.
Au final, qu'importait la caste, des mendiants aux opulents, tout le monde rentrait dans une case. Ainsi donc, personne n'était libre. En tout cas, c'était comme ça qu'elle le voyait.
– Supposition… commença t-elle d'un ton docte. Tu en reviens, du monde des humains. En fait, c'est même là-bas que tu as choppé ces foutues blessures que tu ne m'as pas encore expliquées… et ça fait même un bout de temps que tu y es, au lieu d'être à Shin'Ô. Et comme ça fait des mois que tu sèches, c'est pour ça que tu te planques.
Shun cligna des yeux et quelques secondes passèrent.
– Euh… finit-il par répondre, mi-décontenancé mi-amusé.
– Ouais, nan, attends, le coupa Kaede tout en se mettant à réfléchir à toute vitesse. J'avais une bonne piste mais en fait, ça se tient pas… Primo, je ne vois pas pourquoi tu te planquerais simplement parce que t'as manqué un ou deux mois de cours et deuxio, je ne vois pas non plus comment tu serais passé par le Dangai pour rejoindre la Terre, les shinigamis t'auraient bloqué. Ou le Kototsu t'aurais atomisé.
Toujours emmitouflé dans ses couvertures et les cheveux un peu en pétard, Shun rigola doucement. Oui, il se sentait fatigué et il aurait volontiers dormi une bonne dizaine d'heures mais il aimait bien Kaede, c'était sympa de jou… de parler avec elle. Elle était distrayante. Intéressante.
– Pas que j'veuille te couper dans ton délire, ô très grande et très majestueuse Kaede, mais qu'est-ce qui te fait dire que je me planque ?
Elle haussa les sourcils, l'air de dire « j'ai une tronche à me trimballer une cervelle de méduse farcie à l'aubergine, face de pet ? »
– Shun, voyons… pourquoi venir me voir et ne pas aller à la 4ème, hmm ?
– D'accord, d'accord, j'avoue! rigola t-il en relevant les mains en signe de défaite. T'as raison.
– D'ailleurs, poursuivit Kaede, tu m'expliques pourquoi tu es venu me voir… ? J't'aime bien mais on a pas non plus gardé les cochons ensemble à ce que je sache.
Shun acquiesça. Il était vrai, en outre, que contrairement à Kaede, il avait une multitude d'amis – si on pouvait les appeler comme ça – auxquels il aurait pu s'adresser. En plus, parmi eux, il y en avait même plusieurs qui se spécialisaient déjà en kido médical afin d'intégrer la quatrième division. Mais Kaede sortait du lot, elle était bien, bien plus intéressante qu'eux tous réunis. Et puis…
– Sûr, concéda t-il. Mais t'es pas qu'un p'tit génie du kidô, Kaede.
Elle fronça les sourcils. Là, ça ne lui plaisait pas.
– T'es surtout un petit génie de la médecine.
À ces mots, le reiatsu de la jeune femme se mit brusquement à gronder. Une seconde de silence glacial passa avant qu'elle ne se redresse d'un air mauvais.
– Comment tu sais ça, toi ?siffla t-elle, le fixant d'un regard terrifiant.
Shun déglutit mais continua à afficher un air – presque – serein.
– Kaede, je… disons que je sais observer.
Aussitôt, elle se remit debout, les deux mains prêtes à balancer quelques sortilèges sur ce jeune homme assis à ses pieds et à le fusiller sur place si elle le jugeait nécessaire.
– C'est toi qui m'espionne?! gronda t-elle, les yeux pétillants de fureur.
– Hein ?!
– Je te jure que si c'est toi, je vais te…
– Kaede, de quoi est-ce que tu parles ?! Je n'étais pas à la Soul Society ces deux derniers mois ! Et pourquoi qui que ce soit t'espionnerait, hein ?!
La jeune femme avança d'un pas menaçant, le scrutant du regard comme pour essayer de deviner s'il lui mentait ou pas. S'il mentait, c'était un très bon menteur. Il avait l'air de sincèrement ne pas comprendre de quoi elle parlait. Mais on ne savait jamais… Si c'était lui l'enflure qui la suivait, fouillait ses affaires et ses notes, elle le décapitait. D'ailleurs, Akiuta grondait de cette même envie si Shun s'avérait être l'enflure en question.
– Kaede, je te le jure !
Le bout des doigts de la jeune femme crépita de quelques étincelles et il blanchit brusquement.
– Alors explique moi comment tu sais ça. siffla t-elle.
– Que t'es un génie de la médecine ?!
– Ouais. grogna t-elle. Personne ne sait…
– Même tes profs ?
Elle haussa les épaules d'un air méprisant.
– Si. Deux-trois ont capté mais ils n'arrêtent pas de me recadrer en me disant que tant que le capitaine Unohana est là, c'est inutile… Qu'on a besoin d'une nouvelle nécromancienne, pas d'un nouveau toubib.
Shun déglutit douloureusement. Elle était parfaitement capable de l'atomiser si elle le voulait et vu l'état dans lequel lui et Dairanjoku se trouvaient, il ne pourrait pas faire grand-chose pour se défendre.
– Kaede, je savais même pas que tu comptais devenir médecin…
Elle le fusilla à nouveau du regard mais son reiatsu grondant se calma jusqu'à revenir à la normale. Visiblement, elle faisait un gros effort pour se calmer. Haha, elle n'était pas stable cette nana… Dans son monde intérieur, Dairanjoku rigola faiblement. Finalement, la jeune femme se laissa à nouveau choir sur son lit. Elle soupira longuement.
– Je ne veux pas devenir médecin… C'est pas ça qui m'intéresse. C'est juste que… ouais, je suis putain de douée dans le domaine. J'y peux rien si je comprends plus vite que vous autres comment fonctionne le corps humain et comment adapter le kido à son fonctionnement. Ça me vient naturellement, c'est tout…
L'air épuisée, presque à deux doigts de hurler de rage et de frustration – ou d'éclater en sanglots… ? - Kaede pressa le dos de ses poings contre ses yeux, l'air à bout.
– Mon vrai talent, mon vrai génie, il est là… La médecine. Potentiellement la meilleure dans le domaine depuis des siècles, si on en croit les archives. Si je continue à progresser comme ça, je les surclasserai tous. finit-elle par reprendre redressant la tête et en le fixant à nouveau de ses beaux yeux couleur chocolat. Sauf que comme ils n'en ont pas particulièrement besoin haha, ils n'en veulent pas et refusent de m'aider à le développer. Non, ils veulent faire de moi leur parfaite petite nécromancienne…
– Mais tu veux devenir nécromancienne ?
Elle soupira.
– Ouais. Mais à ma façon. Pas en étant manipulée, façonnée… De toutes façons merde, ça ne les regarde pas, ce que je fais de mon kido.
– Kaede… fit doucement Shun. Je crois qu'ils ne voient pas les choses comme ça…
Elle haussa un sourcil.
– Ça fait deux mois que je me suis tiré de Shin'Ô, pourquoi crois-tu que je me planque comme ça ? On ne quitte pas Shin'Ô. Soit on réussit, on obéit bien sagement comme un gentil petit clébard… et on devient le shinigami qu'ils veulent et dont ils ont besoin soit…
– Arrête ! On peut parfaitement quitter Shin'Ô et…
– Ah bon ? Première nouvelle Kaede, première nouvelle. On peut rater une année, retaper encore et encore… mais se barrer ? Oh non. Réfléchis cinq secondes, est-ce que t'as jamais eu des nouvelles de tous ceux qui, comme moi, ont réussi à se barrer et à leur échapper ?
– Non… Arrête, ça ne peut pas… c'est Shin'Ô !
– Kaede, pourquoi est-ce que tu crois que je me cache ?! Réfléchis ! Tous ceux qui ont un jour fait mine de vouloir arrêter le cursus, t'as pas remarqué qu'ils étaient convoqués on ne sait où… ? Et ce jusqu'à ce qu'ils changent d'avis ?
– Mais Shun arrête, ce n'est pas possible ! C'est Shin'Ô, ils vont pas se mettre à buter ceux qui ne rentrent pas dans le rang quand même !
Une minute de silence passa.
– Écoute, fit Shun après quelques secondes, l'air parfaitement sérieux, je ne sais pas exactement ce qu'ils font mais crois moi, je n'ai aucune envie de rentrer dans le rang et j'ai aucune intention de découvrir ce qu'ils font aux gens comme nous.
Kaede se mordit la lèvre, réfléchissant à toute vitesse ? Le pire dans tout ça, c'était qu'elle avait déjà sérieusement considéré cette hypothèse.
– Moi, ma vie n'est pas ici. reprit Shun. C'est trop étriqué, trop cadré… Je veux être libre Kaede, putain de libre. Et ils ne m'en empêcheront pas. Ils veulent m'enfermer, faire de moi quelqu'un que je ne suis pas. Plutôt crever.
La jeune femme souffla un grand coup, assimilant de son mieux toutes ces informations. Une autre minute de silence passa.
– Alors t'es clairement con de te jeter dans la gueule du loup toi…
Shun éclata de rire et aussitôt, Kaede se sentit plus légère. Elle aimait bien son rire, étincelant et léger comme si ne pouvait jamais être vraiment grave. Il avait un don pour dédramatiser les choses, ce con de blond.
– Ah mais j'ai jamais dit être très futé non plus… rigola t-il. Nan, en vrai, je sais que je prends un risque… mais ça fait que deux mois que je me suis barré, ils pensent encore que je vais revenir.
En fait, il était bien recherché et il fuyait bien les shinigamis mais pas uniquement pour ce qu'il laissait sous-entendre à Kaede. Disons qu'il commençait à semer des cadavres et qu'il n'était pas encore le meilleur pour les dissimuler. Mais ça, elle n'avait pas besoin de le savoir.
– Disons que c'était un risque calculé. De toutes façons, sans soins, j'allais crever. Si j'allais à la quatrième, là oui j'étais foutu et on ne m'aurait probablement plus revu. Alors que toi…
Kaede hocha la tête. Ouais, ça se tenait. Tout ce qu'il disait se tenait. De toutes façons, elle n'avait jamais vraiment fait confiance à Shin'Ô et aux institutions du Seireitei.
– Ceci-dit, fit-elle, ça ne m'explique pas comment tu as su que je pourrais te soigner…
– J'ai toujours su que tu es un petit génie. Pour ce qui est de la médecine, disons que je l'ai deviné. Je suis très doué pour deviner les choses.
Disons surtout que c'était la capacité de son sabre qui lui avait permis de percer ce secret-là de la jeune femme.
– T'es tellement douée en kido, tu restais ma meilleure chance de survie… Et en arrivant ici, avant que tu reviennes, j'ai pu lire les notes que tu avais laissées par terre. J'ai vu sur quoi tu travailles. C'est du kido médical, et bien plus avancé que tout ce que Shin'Ô pourrait proposer.
Kaede se mordit cette fois l'intérieur de le jour. Elle voyait très bien de quelles notes il parlait sauf que non, elles ne les avait absolument pas laissées par terre. Quelqu'un était encore une fois venu fouiller ses affaires et connaissait visiblement ses cachettes.
– D'ailleurs Kaede, j'ai une question…
– Quoi? grogna t-elle.
– Tu m'expliques pourquoi tu travailles autant le kido médical si ce n'est pas un domaine dans lequel tu veux te spécialiser ?
Elle soupira et laissa mollement son dos reposer contre le mur derrière elle. Il y avait une infinie tristesse qui perlait dans sa voix, même si elle faisait tout pour la cacher.
– Puisque t'es si futé, t'as qu'à me dire tiens…
En fait, il avait déjà deviné. Il connaissait Kaede, voyait de mieux en mieux comment elle fonctionnait, connaissait également sa petite amie, la fameuse Sûuko Shiba qui avait du jour au lendemain cessé de courir les fêtes et les soirées, les danses et les beuveries du Seireitei…
– C'est pour Sûuko, c'est ça ?
Les yeux bruns de Kaede s'assombrirent d'un voile de douleur.
– Elle est malade.
Cette fois, les larmes perlèrent des yeux de la jeune femme et coulèrent lentement le long de ses joues. La gorge trop nouée pour parler, elle hocha de la tête. Non, elle n'était pas juste malade… Sa belle, la lumière de ses joues, son ange tombé du ciel, sa raison d'être et de rire sur cette terre était mourante. Chaque seconde passée était une seconde de sa vie s'enfuyant inexorablement.
– Il lui reste combien de temps… ? demanda Shun doucement.
Kaede haussa les épaules d'un geste d'impuissance totale.
– On sait pas… souffla t-elle. Cinq ans, dix ans ? Mais pas plus de trente ans. Trente ans…
Une vague de tristesse traversa son reiatsu.
– Pardon… fit doucement le jeune homme.
Elle renifla bruyamment, comme pour reprendre de l'aplomb.
– J'veux pas en parler putain. siffla t-elle.
Shun hocha de la tête.
– Parle moi d'autre chose, n'importe quoi, je m'en fous… Je veux pas y penser. Parle moi d'autre chose.
– D'accord, d'accord, euh… Ah. Mes blessures, je ne t'ai pas encore expliqué.
– Ouais, les femmes-tigres chelou là.
Elle voulait juste qu'il parle d'autre chose. Que Sûuko et sa maladie restent loin et qu'ils parlent d'autre chose. N'importe quoi, peu importait. Ce qu'il voulait, vraiment. Mais pas sa belle, pas son amour condamné si elle ne parvenait pas à la sauver. Tout sauf ça. Alors parle Shun, parle par pitié… De ta voix si douce et avec ton rire si rassénérant, parle moi de ce que tu veux. Parle moi d'autre chose.
– Exactement. reprit-il tranquillement, comme si ce qui venait de se dire n'avait jamais eu lieu. Alors Kaede dis moi, est-ce que tu es déjà allée sur les Montagnes noires ? Non, évidemment. Laisse moi t'expliquer, je vais te raconter tout ça. Il s'agit en fait de…
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Bon… j'vous aime?
Des théories pour tout ce qui se passe avec Beni? (bon en vrai, c'est pas archi dur à deviner hein… mais j'aime bien quand même!) (c'était sympa à écrire, tout ce moment) Sinon, j'l'adore cette andouille avec ses théories d'arbres mangeurs d'hommes...
Et pour Kaede et Sûuko… bon, j'suis obligée de couper pas mal de trucs que je voulais mettre (c'est que j'avais pas anticipé le temps que ça me prendrait à raconter en fait, oupsie) et j'ai beaucoup condenser donc j'espère que ça reste compréhensible et cool à lire. Pour le coup, j'avoue que j'aurais vraiment besoin de vos retours parce que je ne suis vraiment pas sûre de moi!
À part ça… c'était tout ce que j'avais à dire donc je vous embrasse tous très fort bande de p'tits badass, j'vous encourage à faire péter les reviews et je vous dis à dans deux semaines pour le prochain, que j'ai déjà terminé d'écrire et commencer à taper!
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Prochain chapitre le mercredi 17 février pour la suite de cette aventures de tarés, 130. Fini de jouer, Mini Charbon Poilu!
