Syllabub
A titre personnel, Rufus n'irait pas se qualifier de connaisseur œnologue – d'accord, il appréciait un bon vin quand celui-ci était servi, mais son palais n'était pas délicat à ce point qu'il pouvait disserter profusément de saveurs boisées, ambrées ou sèches.
Tout de même, il pensait avoir suffisamment de respect pour la boisson alcoolisée pour juger carrément offensif le dessert qu'il venait d'échantillonner dans le quartier immigrant de Magnolia – il faudrait vraiment qu'il arrête de se promener là-bas, ça lui épargnerait tant de traumatismes et d'expériences ignobles.
L'objet actuel de son ire avait été préparé à l'aide de crème, de vin, de jus de citron et d'une dose non négligeable de sucre. Le résultat n'était ni plus ni moins qu'infect.
Vraiment, il aurait dû s'y attendre. Depuis quand les résidents d'Albion étaient-ils connus pour leur talent culinaire, plutôt que pour l'absence abjecte de celui-ci ?
