Note : Kara a enfermé Chase mais il n'en a pas fini de les tourmenter.
Pat : Kara était à bout et Chase a tellement fait souffrir Oliver qu'elle avait besoin d'agir, même si elle n'a pas pour habitude d'être violente. C'est sûr qu'Oliver ne va pas apprécier, mais il devrait comprendre, lui aurait réagi de la même manière. Merci pour ton message !
Chapitre 69
Kara avait passé plusieurs heures à s'assurer que la cellule de Chase soit sécurisée et que si quiconque s'en approchait, elle serait prévenue. Felicity avait été surprise et un peu nauséeuse en apprenant qu'elle avait utilisé la prison où Oliver avait été enfermé. C'était le seul endroit où elle pouvait le garder. Le DEO était hors de question, ils étaient d'accord tous les deux que leurs ennemis respectifs ne devraient jamais apprendre l'existence d'autres mondes. Ni ARGUS ni aucune prison sur cette Terre ne retiendrait Chase sans preuve tangible, ce dont ils ne disposaient pas encore. Les cellules de l'Arrow Cave ou de Lian Yu seraient les premiers endroits où Oliver le chercherait. Et elle ne voulait pas qu'il le voie, elle ne voulait pas qu'il lui parle, elle ne voulait pas qu'il soit de nouveau confronté à ce monstre. Elle avait brièvement envisagé Starlabs mais Chase en avait fait échapper Black Siren à peine quelques semaines plus tôt, il pourrait s'évader.
En plus, le fait qu'il soit enfermé dans une prison qu'il avait lui-même construite était une ironie du destin qu'elle savourait.
Toujours était-il qu'elle avait installé des caméras que Felicity et John surveillaient ainsi que des capteurs de mouvement qui la préviendraient de toute intrusion. Si un de ses alliés approchait, elle les enfermerait aussi. Elle avait apporté de l'eau et un sandwiche à son prisonnier en le prévenant qu'il n'aurait rien d'autre avant le lendemain. Elle rentra finalement dans leur appartement, le cœur un peu plus léger à l'idée que le tortionnaire de son âme sœur était hors d'état de nuire. Elle appréhendait un peu la réaction d'Oliver qui lui avait ordonné de le ramener lorsqu'elle l'avait enlevé mais elle savait dans son cœur qu'elle avait fait ce qu'il fallait.
Kara ferma la porte derrière elle et trouva Oliver assis dans le canapé, fixant des yeux la télévision éteinte, un verre en main. Une bouteille emplie d'un liquide ambré était sur la table basse, à peine entamée. Elle allait lui demander comment il se sentait mais il la devança d'une voix morne, sans même tourner la tête pour l'accueillir :
-Il est vivant ?
-Oui.
Le fait qu'il s'inquiète pour sa vie l'irritait, Chase méritait de mourir. Il était l'une de ces personnes qu'Oliver n'aurait pas hésité à transpercer de l'une de ses flèches. Il finit son verre d'un trait et le posa sur la table en se levant, lui faisant finalement face. La cravate à moitié dénouée, la chemise froissée, son costume qu'il avait porté comme une armure ce matin reflétait maintenant son épuisement et son apathie. Ses yeux qui la regardaient toujours avec amour et affection n'étaient emplis que de lassitude et de colère. Il n'avait pas apprécié qu'elle enlève Chase.
-Tu l'as blessé ?
À peine. Pas assez. Il méritait tellement plus que quelques brûlures. Et revoir Oliver comme ça lui donnait envie d'y retourner et de lui infliger d'autres tourments.
-Qu'est-ce que tu lui as fait ? gronda-t-il, interprétant son silence comme une affirmation.
-Je l'ai arrêté. Tu ne pouvais pas croire que j'allais le laisser libre après ce qu'il t'a fait.
Ce n'était pas ce qu'il voulait savoir mais elle ne lui donnerait pas les détails, il trouverait un moyen de se blâmer pour ses actes. S'il avait les idées claires, il aurait réalisé qu'elle n'avait fait que ce que lui aurait fait à sa place, de manière plus mesurée. Il semblait avoir oublié toutes les personnes qu'il avait torturées lorsqu'elle était dans le coma.
-Il est où ?
-Là où personne ne le trouvera.
Il plissa les lèvres et serra et desserra les poings, lui adressant un regard dur. Il n'appréciait pas qu'elle ne réponde pas à ses questions et qu'elle lui cache des informations. Pour l'instant, il n'était pas en état de les entendre.
-Tu dois le libérer.
La stupeur la laissa sans voix. Sa demande faisait écho aux paroles de Chase. Bientôt, Oliver va me libérer. Pourquoi il voulait le faire la dépassait. Ça faisait des mois qu'il cherchait à l'arrêter, et maintenant que c'était fait, il voulait le laisser repartir ? Aucune chance.
-Libère-le, Kara. Tout de suite.
Elle serra les dents pour se retenir de lui dire quelque chose de désagréable. Il n'avait aucun ordre à lui donner, pas quand ils étaient si dénués de sens. Pas quand ils venaient à l'encontre de tout leur travail, de tout ce en quoi ils croyaient. Il exigeait qu'elle libère un criminel notoire.
-Non. Pourquoi tu veux que je fasse ça ? On l'a enfin entre nos mains, il ne pourra plus commettre aucun crime !
-Tu ne te rends vraiment pas compte de ce que tu as fait ? demanda-t-il en haussant le ton comme si elle était une demeurée. Supergirl a enlevé le procureur de la république. Ta tête est mise à prix ! Toute la ville est à ta recherche !
Sa surprise fut vite remplacée par de l'irritation. Elle n'y avait même pas pensé mais rien de tout ça n'avait vraiment d'importance. Ce qui comptait, c'était que Chase était hors d'état de nuire. Qu'Oliver était en sécurité. Quand ils auraient la preuve liant le procureur à Prometheus, tout sera résolu.
-Et alors ? s'emporta-t-elle. Personne n'a le pouvoir de m'arrêter ici. Et Supergirl est à peine connue. Je n'ai rien mis en jeu quand j'ai arrêté ce criminel !
-Tu fais ça que pour te venger ! Ne te cache pas derrière le prétexte que c'est un criminel. Je t'ai vue à la mairie. Tu étais prête à le tuer !
-Et alors ? cria-t-elle. Et si je l'avais fait ? Si je l'avais tué, quoi, tu m'en aurais voulu ? Alors que je t'ai accepté, toi et ton passé, toi et ton côté sombre, je t'ai entièrement accepté. Parce que j'ai confiance en toi. J'étais assez stupide pour croire que l'inverse était vrai !
Le souffle court, elle le fixait d'un regard noir, plus blessée qu'énervée. Il semblait déconcerté comme s'il n'avait pas pensé aux choses sous cet angle.
-Ce n'est pas une question de confiance, dit-il simplement. Je ne veux pas que tu deviennes…
-Quoi, un monstre ? Tuer une personne ferait de moi un monstre ? Et pas n'importe qui, non, la personne qui a torturé mon âme sœur pendant des jours. Et tu me qualifierais de monstre, tu me rejetterais pour ça ?
-Ce n'est pas ça. Je ne veux pas que tu deviennes comme moi.
C'était là tout le cœur du problème. Si elle devenait comme lui, il ne l'accepterait pas. Il la rejetait déjà rien qu'en l'imaginant devenir aussi brutale que lui. Mais pourquoi ? Ne méritait-elle pas la même considération et le même amour qu'elle lui portait ?
-Ça commence avec une personne que tu tues en légitime défense, continua-t-il. Et puis pour protéger quelqu'un. Venger quelqu'un. Et au bout d'un moment, sans t'en rendre compte, ça devient une part de toi. Tu aimes ça.
-Mais ça va pas ? s'emporta-t-elle à nouveau, blessée dans son âme. Jamais je ne prendrais du plaisir à tuer quelqu'un ! Comment tu peux même suggérer une chose pareille ?
-Parce que c'est la vérité. Tu es juste trop naïve pour t'en rendre compte !
Son ton était final et Kara resta muette, réalisant le sens de ses paroles. Il ne parlait plus d'elle, plus vraiment. Il venait de lui avouer qu'il aimait tuer des gens. Il avait commencé par obligation mais c'était devenu quelque chose qu'il ne faisait plus à contrecœur, au contraire. Elle s'était fourvoyée pendant tout ce temps, elle avait cru en lui alors qu'au fond, il était ce monstre qu'il redoutait. Il était ce meurtrier. Et elle s'était voilée la face en lui donnant des excuses.
-Si j'avais su ça, jamais je n'aurais pu t'aimer.
Son visage se décomposa et il tituba, se retenant au canapé d'une main tremblante. Elle ne put supporter cette vision plus longtemps et fit volte-face pour partir. La porte qui claqua dans son dos sonnait comme un couperet à ses oreilles.
Elle venait de rejeter son âme sœur.
