Note : Kara a rejeté Oliver et il gère la situation comme il peut (très mal). Déjà le chapitre 70, et je ne peux que remercier les quelques lecteurs qui suivent encore cette histoire ! J'espère que vous aimerez ce que je leur réserve encore, même si on arrive peu à peu à la fin. Et bien sûr, un énorme merci à tous ceux qui m'ont laissé un petit mot, que ce soit à chaque chapitre ou juste une fois, c'est grâce à vous (et pour vous) que je continue à publier. Sur ce, je vous laisse avec Oliver :)

Pat : Kara est surtout furieuse de se rendre compte que si elle avait tué Chase, si elle s'était laissée aller à la vengeance, Oliver ne l'aurait jamais accepté. Alors qu'elle, elle fait cet effort pour lui, elle a confiance en lui et sait que malgré les meurtres qu'il a commis, il reste une personne bien. Enfin, jusqu'au moment où il avoue ce que Chase lui a fait réaliser et finalement, c'est elle qui le rejette. Merci à toi de laisser un mot à chaque fois (c'est très motivant!) et j'espère que la suite te plaira !

Chapitre 70

John entra dans le bar la boule au ventre, se demandant dans quel état il allait retrouver son ami. La veille, Kara avait envoyé un message à Felicity lui disant qu'elle retournait sur sa Terre et qu'ils devraient garder un œil sur Oliver. Il avait apparemment réussi à lui faire reprendre le cours de sa vie, un exploit que même sa sœur n'avait pas su réaliser. Felicity l'avait prise au mot et avait surveillé ses faits et gestes toute la journée via des caméras de surveillance. Oliver avait refusé de les voir, leur bloquant l'accès à son bureau, ne répondant à aucun de leurs appels. John n'avait pas cherché à insister, il était prêt à lui laisser le temps de panser ses plaies seul.

Mais ce soir, Felicity l'avait appelé en catastrophe, lui disant qu'Oliver s'était rendu dans un bar des Glades et qu'il ne l'avait pas quitté depuis plusieurs heures. Il scruta la salle bondée et trouva Oliver avachi au bar, un verre en main. Il portait toujours son costume de maire, sans la veste, John ne pouvait qu'espérer que personne ne l'ait reconnu. Il ferait la une des journaux sinon, et il n'avait vraiment pas besoin de ça en plus de tout le reste.

John prit place à côté de lui et l'observa quelques secondes en silence, Oliver ne l'ayant pas reconnu. C'était inquiétant en soi, il était toujours, toujours conscient de son environnement. Il savait à l'avance quand quelqu'un allait entrer, il reconnaissait qui l'approchait sans un regard. Aujourd'hui, il n'avait même pas remarqué la présence de son meilleur ami à côté de lui. Il était épuisé et regardait son verre comme si lui aussi l'avait trahi. Les yeux vitreux, la tête qui tanguait légèrement, il était proprement soûlé.

-Tu as bu combien de verres ?

Oliver se retourna vers lui lentement, comme si chaque geste lui coutait de l'énergie qu'il n'avait pas, et fronça les sourcils. Il devait se demander depuis quand il était là.

-Perdu le compte, marmonna-t-il finalement.

Il ne l'avait jamais vu comme ça. Oliver n'était pas contre boire un verre ou deux, au contraire, ils en avaient souvent partagés, mais jamais il ne l'avait vu ivre. Oliver aimait garder le contrôle.

-Allez, je te ramène chez toi.

Il protesta faiblement mais John demanda au barman de ne plus le servir et s'il ne pouvait plus boire, il ne voyait plus l'intérêt de rester. Il se leva en tanguant, levant la main comme s'il pouvait empêcher la pièce de tourner, et John lui prit le bras et le passa au-dessus de ses épaules, avant de le soutenir à la taille. Ils sortirent du bar inaperçus parmi la foule. L'air frais du soir dut lui faire un peu de bien car il tourna la tête vers lui, les sourcils froncés.

-Pourquoi tu es là ? marmonna-t-il.

-Parce que tu avais besoin de moi.

Oliver n'ajouta rien et il se laissa conduire à sa voiture. Il s'installa côté passager et appuya la tête contre la vitre, le regard perdu dans le vide. Il ne ferma les yeux que quand John démarra, certainement nauséeux de voir le paysage qui défilait. Dès qu'ils arrivèrent dans son appartement, il se rua avec des pas incertains dans la salle de bains pour vomir. John avait mal au cœur pour lui mais ne chercha pas à le suivre, Oliver serait assez mortifié comme ça le lendemain de savoir qu'il l'avait trouvé dans un bar, incapable de rentrer chez lui seul.

Trois bouteilles vides reposaient sur la table du salon, des verres sales remplissaient l'évier. Il avait dû passer la soirée de la veille à boire aussi. John se passa une main sur le visage, se demandant pourquoi son ami s'infligeait ça et se demandant comment il pourrait l'aider. Il l'entendit tirer la chasse mais Oliver ne réapparut pas dans le salon. John lui remplit un grand verre d'eau et se rendit dans sa chambre mais son lit était vide. La lumière était allumée dans la salle de bains attenante où il le trouva assis dos au mur, les jambes étendues devant lui. John lui tendit le verre sans un mot avant de s'asseoir près de lui. Oliver était blanc, les yeux rougis et toujours vitreux, mais il lui semblait un peu plus alerte. Il était peut-être temps de lui poser quelques questions.

-Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda-t-il.

La main qui tenait le verre à moitié vide trembla et il le déposa à côté de lui, reposant la tête en arrière contre le mur, fermant les yeux comme si les garder ouverts était un effort de trop.

-Elle est partie, répondit-il dans un murmure brisé.

Kara. Elle ne s'était pas rendue sur sa Terre pour reprendre sa vie. Il avait réussi à se débarrasser d'elle.

-C'est ce que tu voulais non ?

-Ça fait quand même mal, dit-il dans un souffle.

John n'arrivait pas à imaginer comment il avait réussi l'exploit de virer Kara. Lorsqu'il avait disparu, elle avait passé chaque jour, chaque heure, à le rechercher sans relâche. La kryptonienne s'était tuée à la tâche, et malgré Oliver qui l'avait remerciée en la rejetant, elle était restée à ses côtés. Elle avait arrêté Prometheus pour lui. Cela aurait dû le soulager, lui permettre de souffler un peu en sachant que son ennemi, son tortionnaire était derrière les barreaux. À la place, il était complètement détruit. Kara ne lui aurait jamais causé tant de peine. Elle savait que partir, même si c'était ce qu'il lui demandait, ne servirait qu'à le plonger un peu plus dans la déprime.

-Tu devrais partir aussi, dit Oliver, les yeux toujours fermés.

-Aucune chance. Et je sais que Kara va revenir.

-Je l'ai perdue. Je lui ai dit qui j'étais et je l'ai perdue.

Il y croyait vraiment. Et ça le détruisait de l'intérieur, de savoir que son âme sœur était partie parce qu'elle ne l'acceptait pas. L'alcool ne pourrait pas l'apaiser, même s'il lui permettait d'oublier un peu. Il était temps qu'Oliver se rappelle qu'il avait des amis sur qui il pouvait compter.

-Elle sait déjà tout de toi, Oliver. Malgré ton passé sombre, elle t'aime. Elle va revenir.

Il secoua la tête et rouvrit les yeux, plus défait que jamais. Cette vision lui rappelait trop son retour dans l'Arrow Cave quelques jours plus tôt, et John regretta sa décision de ne pas rendre visite à Chase dans sa cellule pour venger son ami. Encore maintenant, ce qu'il lui avait fait subir quand il le détenait captif le faisait souffrir.

-Toi aussi je te perdrai si je te disais la vérité, dit-il. Et Felicity. Curtis, René, Dinah. Quentin. Théa. Tout le monde.

John lui prit les épaules et essaya de capter son regard perdu qui ne reflétait aucune de la force qui l'habitait toujours. Il refusait d'accepter ça. Il refusait d'accepter qu'un psychopathe ait réussi à détruire l'esprit de l'homme le plus fort qu'il ait jamais connu.

-Tu es mon frère, Oliver. Aucune vérité n'aura le pouvoir de changer ça.

Il focalisa enfin son attention sur lui mais au lieu du soulagement qu'il espérait y voir, sous toute la douleur, la fatigue, le désespoir, il ne décela qu'une chose. La résignation. Ses paroles n'avaient pas eu l'effet que John aurait voulu. Il doutait même qu'il l'ait écouté. Avec une inspiration tremblante, il parla dans un murmure brisé, comme si ces mots lui brûlaient la langue mais qu'il se devait de les dire.

-J'aimais tuer. J'aimais torturer.

John fit son maximum pour ne pas montrer combien ses paroles l'ébranlaient. Il ignorait comment Chase avait fait pour lui faire croire des inanités pareilles mais il allait y remédier. Oliver n'avait jamais tué par plaisir. À chaque fois, c'était par obligation, ou par un sens du devoir qui dépassait tout, même ses aspirations personnelles. Il avait mis de côté Oliver Queen pour devenir ce justicier masqué qui terrorisait les criminels de sa ville. Jamais un innocent n'était tombé de ses flèches. Quant à la torture, il savait que ce n'était pas un acte inné et qu'il avait dû être formé, certainement par Waller. Au bout d'un moment, comme tous les soldats, il était devenu désensibilisé à la violence.

-Je ne te crois pas, dit-il de sa voix la plus déterminée. Je sais tout de toi, Oliver. Le bon, et le mauvais, j'étais là ! Même dans tes moments les plus sombres, tu n'as jamais tué quelqu'un par plaisir.

Oliver détourna les yeux et ses épaules s'affaissèrent un peu plus. Chase avait su le convaincre qu'il était un monstre. C'était à son tour de trouver les arguments du contraire. Mais ce n'était pas le moment. Oliver était encore ivre, il ne tenait droit que grâce au mur dans son dos et il commençait à glisser sur le côté. John n'était pas dupe, s'il avait eu tous ses esprits, Oliver ne lui aurait jamais révélé tout ça, il l'aurait simplement viré en lui criant dessus. Demain, quand il serait sobre, il lui dirait tout ce qu'il avait besoin d'entendre pour retrouver sa joie de vivre, sa force, sa confiance en lui. Le jour suivant, il le lui répèterait, encore et encore jusqu'à ce qu'il y croie.

-Au lit, dit John en se levant. Et demain matin, je ne veux pas te voir avec un verre.

Avec un soupir résigné, Oliver accepta sa main tendue et il l'aida à se relever, supportant une grande partie de son poids. Il s'allongea lourdement dans son lit avec un grognement de douleur, rappelant à John qu'il souffrait encore physiquement. Chase goûterait de ses poings. Dès que Felicity lui indiquerait sa localisation, elle avait gardé ça secret. Il savait pourquoi maintenant. Il lui retira ses chaussures et le couvrit d'une couverture. Il ne serait pas à l'aise dans son costume mais tant pis, ça lui apprendra à choisir l'alcool pour oublier plutôt que le soutien de ses amis.

-Rentre chez toi John, murmura-t-il.

Encore une fois, il le repoussait. S'il avait fait la même chose avec Kara, il n'était pas étonnant qu'elle ait fini par respecter ses désirs. On ne lui fera jamais croire qu'elle avait cru Oliver lorsqu'il lui avait dit qu'il aimait tuer. Il devait y avoir une autre explication à son départ, plus rationnelle. Avec un dernier regard triste sur son ami, il ferma la porte derrière lui et se promit de revenir le lendemain matin pour lui faire entendre raison.