Note : Le point de vue de Kara suite à leur dispute. La confession d'Oliver l'a vraiment ébranlée et risque de marquer la fin de leur couple...

Pat : Oliver est vraiment au plus bas et l'alcool l'aide à oublier un peu. Mais tu verras bientôt son point de vue dessus. Bien sûr, Diggle est là pour son frère de cœur, même si Oliver essaie aussi de le repousser. Merci! Je ne vois pas les chapitres défiler ^^ Je ne sais pas si j'arriverai à 100, je n'ai pas encore tout écrit mais l'histoire arrive peu à peu à sa fin. Merci pour ton message !

Chapitre 71

La Forteresse de Solitude avait de nouveau fait les frais de sa détresse et de sa rage. De retour dans son appartement après une nuit à frapper les murs et à pleurer, Kara avait passé la journée recroquevillée dans son canapé, son humeur alternant entre tristesse et colère. Elle détestait Chase pour tout ce qu'il avait fait subir à son âme sœur, elle détestait Oliver pour la manière dont il la rejetait encore et encore, elle détestait ses propres principes qui l'avaient retenue dans ses envies meurtrières. Elle était blessée par l'absence de soutien d'Oliver dans ses décisions concernant le sort de Chase. Elle était horrifiée des dernières paroles qu'elle avait adressées à son âme sœur.

Par-dessus tout, une pensée la hantait.

Oliver aimait tuer.

L'homme qui l'aimait avec tant de tendresse, qui écoutait ses peurs et la soutenait en toutes circonstances, l'homme avec qui elle voulait avoir des enfants, celui avec qui elle avait dansé sur le toit d'un immeuble au rythme d'une musique qu'eux seuls entendaient, ce même homme prenait du plaisir à tuer.

Son âme sœur aimait tuer.

Ça ne pouvait pas être vrai. Elle connaissait son cœur. Elle avait vu combien Oliver était hanté par les vies qu'il avait prises. Mais elle savait aussi qu'il ne le regrettait pas. Si c'était à refaire, il ne changerait pas ses choix. Et elle avait accepté cette réalité, parce que ça faisait partie de son passé, d'une personne qu'il avait été et qui avait changé, c'était ce qui lui avait permis de survivre pendant de longues années. Aujourd'hui, elle réalisait qu'une part de lui avait aimé ça.

Elle ne pouvait pas l'accepter.

Pas alors que lui ne supportait pas même l'idée qu'elle fasse du mal à son ennemi. Pas alors qu'il lui avait caché cette vérité pendant si longtemps. Pas alors qu'elle prétendait représenter l'espoir et se battre pour le bien.

Son téléphone sonna, interrompant ses pensées chaotiques qui ne cessaient de se contredire pour arriver à chaque fois à la même conclusion : elle était complètement perdue. C'était certainement Chase qui avait mis ces idées dans la tête d'Oliver, mais il y croyait, il ne parlait pas sous la contrainte quand il lui avait avoué ça et il existait une vraie possibilité que ce soit la vérité. Une vérité qu'ils s'étaient cachée à tous les deux. Elle s'était voilé la face pour pouvoir vivre le bonheur d'aimer son âme sœur.

Oliver avait été un vrai cadeau du destin. Même si rien n'avait été facile dans leur relation, malgré les univers qui les séparaient et leurs visions du monde qui s'opposaient, ils avaient réussi à faire fonctionner leur couple. Avec sa confession, il réduisait à néant toutes les justifications qu'elle s'était donné pour justifier son passé de tueur.

La sonnerie retentit à nouveau et elle résista à l'envie de vaporiser l'appareil. Elle ignorait tous ses appels depuis ce matin, où elle avait commis l'erreur de répondre à sa sœur. Leur discussion s'était vite transformée en dispute jusqu'à ce que Kara lui raccroche au nez quand elle avait commencé à blâmer Oliver de l'avoir repoussée. Elle ne savait plus où elle en était, elle était prête à prendre sa défense en tout et pour tout, surtout après ce qu'il avait subi, et en même temps, elle était celle qui l'avait le plus blessé avec ses mots.

Elle lui avait dit qu'elle n'aurait jamais pu l'aimer.

En réalité, il n'existait pas une part de lui qu'elle n'aimait pas. Ses sourires discrets qu'il n'adressait qu'à elle. Ses mains si abîmées par la vie qui la touchaient avec tant de douceur. Son humour tranchant et ses promesses si belles. Ses baisers tendres et fougueux, ses cadeaux si attentionnés, ses bras dans lesquels elle pouvait toujours se réfugier. Son désir de justice, son absence de limites quand on s'en prenait à ceux qu'il aimait, son instinct protecteur et sa force.

Elle l'aimait tellement.

Kara enfouit un peu plus son visage dans les coussins, son cœur comblé d'amour et brisé de tristesse. Cet Oliver n'était plus là. Revenir en arrière était impossible mais elle voulait le rejoindre et prendre soin de lui, l'aider à guérir et panser ses plaies. À la place, elle était recroquevillée dans son canapé, des univers les séparaient, il était blessé par ses mots, et tout ça parce qu'une part de lui, aussi infime soit-elle, lui était inacceptable.

Il aimait tuer.

Son esprit tournait ainsi en boucle depuis des heures, oscillant entre détresse, colère, amour, regrets. Kara était clouée sur place, incapable de bouger, de prendre une quelconque décision. Le rejoindre lui semblait impossible, rester éloignée était un supplice. Reprendre sa vie comme si son monde ne venait pas de s'écrouler lui était insupportable.

La sonnette de l'appartement retentit et elle se couvrit les oreilles dans un geste futile. C'était apparemment trop demandé à ses amis de la laisser tranquille. Elle avait pourtant bien fait savoir à Alex qu'elle ne voulait voir personne et de faire passer le message. Qui que ce soit, il finirait par se lasser.

Aucun d'eux ne saurait l'aider à résoudre son dilemme impossible. Aucun d'eux ne comprendrait. James était déjà totalement opposé à Oliver et à ses méthodes violentes. Depuis qu'il avait envahi son esprit, J'onn n'était plus aussi virulent à son sujet et semblait prêt à lui donner une chance. Si elle lui disait qu'Oliver aimait tuer, il reviendrait au point de départ et lui dirait de s'éloigner de lui. Alex serait prête à l'écouter et à le comprendre mais elle prendrait toujours le côté de sa sœur et ce n'était pas ce dont Kara avait besoin aujourd'hui. Elle savait dans son cœur qu'elle n'aurait jamais dû lui dire ces mots si blessants. Et Winn… il lui dirait certainement que c'était impossible, qu'Oliver n'était pas comme ça, que c'était son tortionnaire qui lui avait mis ces mots dans la bouche. Il n'avait pas vu combien Oliver était brisé par cette révélation. Parce que c'était la vérité.

La personne insista et toqua, appelant son nom. Lena. Kara poussa un soupir résigné. Elle devait lui ouvrir, la dernière fois qu'elle avait ignoré ses appels parce qu'elle était dans le coma, elle avait fini par entrer chez elle par effraction par crainte qu'elle ait été enlevée.

Parfois, elle regrettait d'avoir de si bons amis.