Note : Merci à tous ceux qui ont mis cette fic en favori ou en follow, et encore plus à ceux qui m'ont envoyé une petite review, vous ne savez pas combien ça m'encourage à écrire ! J'espère comme toujours que la suite vous plaira, et je vous laisse en compagnie de Felicity cette fois.

Pat : Pas de soucis, tu peux lire quand tu veux, l'histoire sera toujours là :) Et oui, les choses commencent à s'arranger, du côté de Kara en tout cas. Elle était vraiment déchirée mais mettre des mots sur ce qu'il s'est passé et écouter les conseils de Lena l'a aidée à y voir plus clair. Merci beaucoup pour ton message !

Chapitre 73

Felicity tournait sa deuxième tasse de café de la matinée entre ses doigts, impatiente de voir Oliver et appréhensive de l'état dans lequel il allait apparaître. D'ailleurs, il était inquiétant qu'il ne se soit pas encore levé. Elle avait pensé qu'il les confronterait dès qu'ils auraient passé le pas de la porte. Après tout, ils auraient pu être des cambrioleurs. Pas qu'ils étaient entrés par effraction, John avait un double des clés. Mais tout de même, ce n'était pas le genre d'Oliver de rester endormi alors que des intrus se trouvaient dans sa cuisine.

-J'entends les rouages tourner jusqu'ici Smoak, dit John qui préparait la pâte pour les pancakes.

-J'espère juste… réussir à lui faire entendre raison.

Elle ne l'avait pas revu depuis son retour dans l'Arrow Cave, couvert de sang et d'hématomes, le regard vide, l'air tellement las et brisé. Enfin si, elle l'avait vu via les images de caméra surveillance de la ville quand elle l'avait suivi pour être sûre qu'il ne commette pas une erreur irrémédiable. Il s'était rendu dans un bar et elle avait appelé John à la rescousse. Elle n'aurait jamais eu la force de le porter jusqu'à sa voiture et dans son appartement.

Maintenant qu'elle y pensait, ce n'était pas étonnant qu'Oliver ne les ait pas encore entendus, il devait être assommé par l'alcool et se réveillerait avec une gueule de bois d'enfer. Elle se leva vivement et ouvrit grand le frigo, elle y trouverait certainement tout ce dont elle aurait besoin. John lui adressait un regard inquiet alors qu'elle sortait les ingrédients sur la table, son incapacité à cuisiner quoi que ce soit n'était pas un secret.

-Ne t'inquiète pas, c'est pas pour toi. Je lui prépare ma mixture secrète anti gueule de bois.

John fit une grimace mais n'ajouta rien et elle trouva facilement le mixeur. Elle le mit en route en se disant que c'était sûr de réveiller leur ami. Tant mieux, ils auraient un peu de temps pour discuter avant qu'il ne doive se rendre à la mairie. Parce qu'il avait repris le travail. Ce qui était dingue. Mais aussi totalement Oliver.

La porte de la chambre s'ouvrit sur Oliver qui portait toujours son costume de la veille, froissé. Il sortait clairement du lit, les cheveux en bataille, pieds nus, et leur adressa à peine un regard avant de disparaître en claquant la porte derrière lui. Malgré ça, elle avait eu le temps de voir une étincelle d'espoir s'éteindre dans ses yeux alors qu'il les reconnaissait. Il avait dû espérer voir Kara.

Son cœur se serra et elle s'en voulut presque de s'être imposée comme ça chez lui. Elle échangea un regard impuissant avec John qui haussa les épaules avant de mettre la poêle sur le feu, disant qu'il s'était attendu à pire accueil. Felicity versa sa mixture magique dans un grand verre, regrettant de ne pas avoir réussi à contacter la kryptonienne.

Par on ne sait quel moyen, Oliver l'avait virée de sa vie, et elle aurait voulu entendre sa version des faits plutôt que les inanités que John lui avait répétées. Apparemment, Oliver lui aurait révélé qu'il aimait tuer et ça l'aurait fait partir. Elle n'avait jamais rien entendu d'aussi stupide, et elle allait arranger tout ça, son ami avait vraiment besoin de voir que tout ce que Chase lui avait dit n'était que foutaises.

Elle se rassit et avala une gorgée du café qui n'était plus brûlant, parfait. L'odeur des pancakes était divine et Oliver réapparut juste lorsque John les déposait sur la table. Il avait vraiment pris son temps, espérant les voir partis. Aucune chance. Il était déjà habillé de son costume pour la journée, il s'était coiffé et débarbouillé mais son visage était toujours marqué par la fatigue et la détresse.

-Qu'est-ce que vous faites ici ? demanda-t-il froidement.

Ses sourcils étaient froncés, il devait combattre un mal de tête.

-Bonjour Oliver, moi ça va merci et toi ? Tiens, je t'ai préparé mon remède miracle contre la gueule de bois, et non, je ne t'en révèlerai pas la recette. Je suis la seule à décider qui a le droit d'en profiter et quand. Tu me remercieras plus tard.

Il fronça un peu plus les sourcils et elle se demanda si c'était plutôt dû à leur présence qui l'irritait. Certainement un mélange des deux. John lui adressait un regard amusé et dit à Oliver qu'il tenait simplement sa promesse de la veille de venir au petit matin.

-Je veux que vous partiez, dit-il simplement, ignorant chacune de leurs paroles.

-Et nous priver du petit-déjeuner que John nous a préparé ? Non.

Il plissa les lèvres et Felicity soutint son regard dur. Il était temps qu'ils fassent une brèche dans ce mur qu'il avait érigé entre lui et toutes les personnes qui lui étaient proches.

-Je veux être seul, Felicity, gronda-t-il. On est plus amis, je ne veux plus vous voir, et vous n'avez rien à faire dans ma cuisine ! Diggle, je t'ai dit hier pourquoi. Tu… tu ne devrais même pas vouloir me parler, tu aurais dû lui expliquer pourquoi elle devrait s'éloigner de moi. Juste… partez !

Elle en avait assez entendu. Elle se leva, abandonnant à regret la chaleur de la tasse entre ses doigts pour mettre les mains sur ses hanches.

-Comment tu peux dire qu'on est plus amis ? s'emporta-t-elle. Cinq ans d'amitié ne disparaissent pas en un instant parce que soudainement, tu ne veux plus nous voir ! On t'a donné de l'espace, parce qu'après ce qu'il t'est arrivé, on comprend que tu aies besoin d'être un peu seul, mais c'est terminé ! On sera ici, à tes côtés, que tu le veuilles ou non.

-Elle a raison, Oliver. Tu dois arrêter de croire ce que ce psychopathe t'a dit.

Ses épaules s'affaissèrent, comme s'il n'avait déjà plus la force d'argumenter, et il se laissa tomber sur une chaise en face d'elle et John. Felicity détestait le voir si fragile, Oliver était la force incarnée, il ne reculait devant rien et ne montrait jamais ses faiblesses. Chase l'avait complètement détruit et le départ de Kara avait mis le point final à sa descente aux enfers. Elle en voulait à la kryptonienne qui l'avait si facilement abandonné alors qu'il avait plus que jamais besoin d'elle.

-Ce n'est pas ce qu'il m'a dit le problème, avoua-t-il dans un souffle.

Felicity fronça les sourcils, essayant de comprendre ce qu'il avouait à demi-mots. Oliver observait son verre pour éviter d'affronter leurs regards, s'attendant à recevoir des reproches alors qu'elle voulait juste le prendre dans ses bras.

-Il te l'a soutiré par la force, réalisa John.

La signification de ces paroles la frappa de plein fouet. Chase l'avait torturé jusqu'à lui faire avouer ses plus sombres secrets. Il avait détruit toutes ses barrières mentales et physiques jusqu'à mettre à nu l'homme brisé en dessous, celui qui avait vécu tellement d'horreurs qu'il s'était perdu dans les ténèbres au point de ne plus voir les limites entre le bien et le mal. Il avait réveillé ses démons passés et avait réussi à soutirer cette confession insensée d'Oliver. Cette idée qu'il aimait tuer.

Elle se rassit en face de lui pour se mettre à sa hauteur et lui prit la main mais il la retira comme si elle l'avait brûlé. Elle serra les dents mais se retint de faire une remarque acerbe. Ils devaient lui faire comprendre qu'il n'était pas ce monstre ni ce poison qu'il croyait être.

-Oliver, reprit-elle d'un ton plus posé, il a peut-être réussi à te faire croire que tu étais un monstre, que tu ne méritais pas notre amitié, mais tu dois m'écouter quand je te dis que c'est totalement faux. Tu as un côté sombre, on le sait tous. Mais tu le mets au service du bien. Tu le maîtrises, tu sais quelles limites tu ne dois pas dépasser.

-Si tu étais ce tueur qui aimait ça, jamais Curtis, Dinah et René ne t'auraient suivi. Moi et Felicity on serait partis depuis longtemps. Aucun de nous ne t'aurait jamais soutenu.

-On est restés à tes côtés parce que malgré toutes les ténèbres dans lesquelles tu évoluais, tu as toujours agi pour le bien. Et pour être honnête avec toi, même si une part de toi aimait tuer ces personnes viles qui profitaient des faiblesses des gens, je ne t'en voudrais pas. Ça ne me ferait pas fuir.

-Tu restes mon frère, Oliver.

-Mon meilleur ami.

Oliver fixait toujours son verre, mais il papillonnait des yeux, ils avaient réussi à le toucher. Felicity n'avait pas menti, elle avait depuis longtemps accepté qu'il avait commis des horreurs pour survivre ou pour protéger d'autres personnes. Qu'une part de lui ait aimé ça n'était pas vraiment une surprise. Elle devait avouer qu'elle-même rêvait de tuer Chase pour tout le mal qu'il avait causé. Pour Oliver, pour détective Malone, pour Susan Williams, pour toutes les personnes innocentes qu'il avait tuées.

-J'essaie juste de vous protéger, dit Oliver.

Felicity savait ça. Ça lui brisait le cœur de se dire qu'il pensait être un danger pour eux.

-On sait se défendre, dit-elle.

-Laisse-nous être juge de ce qui est dangereux ou pas, ajouta John.

Oliver leva enfin le regard vers eux et les sonda, cherchant quelque chose dans leurs yeux. Avec un sourire, elle lui montra qu'elle pensait vraiment tout ce qu'elle avait dit, qu'elle n'avait aucun doute et qu'elle resterait à ses côtés pour affronter la suite.

-Ok, murmura-t-il et elle ne put empêcher son sourire de s'agrandir.

Il les avait écoutés et n'avait pas laissé leurs paroles glisser sur lui sans effet comme il le faisait parfois. Il acceptait la possibilité qu'il ait eu tort et c'était maintenant à eux de ne pas l'abandonner. De lui montrer qu'il n'était pas un poison pour eux. Il était temps de détendre l'atmosphère avant qu'Oliver ne se dérobe avec un prétexte.

-Bois-ça, dit-elle en faisant glisser son verre un peu plus vers lui. Je te promets que ce n'est pas empoisonné et ça va apaiser ta gueule de bois. On ne voudrait pas que les gens se rendent compte que leur maire a passé la soirée dans un bar.

Avec un air méfiant, il prit le verre et en huma l'odeur.

-Tu peux y aller, dit John. Je l'ai testé une fois et c'est efficace. Imbuvable, mais efficace.

Felicity se tourna vivement vers lui et lui tapa le bras. Ce n'était pas si mauvais que ça. Et puis, après tout, ce n'était pas le goût qui comptait. Elle retourna à son café et fit mine de ne pas voir John faire signe à leur ami de se boucher le nez.

Les lèvres d'Oliver s'étaient légèrement levées en un sourire fantôme. Il se remettrait de cette épreuve, elle en était certaine.