Oh mais que vois-je ?Nooon ?! Ce ne serait quand même pas... un chapitre ? Mais Siiiiii. On ne l'espérait plus, mais le voici quand même.
Gros récap' : pour sa 5ème année à poudlard Mary n'échappe pas à Ombrage qui met en place un régime déspotique. Aidée de camarades des 4 Maisons, elle créée une résistance appelée « La Cabale » et se sert du mythe de l'Héritier pour tenter d'intimider la Grande Inquisitrice, avec un succès plus que mitigé. Cependant, suite à l'attaque de Voldemort par le Ministère, le grand crapaud maléfique est -enfin !- chassé de Poudlard et McGonagall prend le poste de directrice pour préparer l'école, prochaine cible des attaques de Voldemort. Malheureusement, quand l'attaque arrive, c'est la catastrophe malgrés un plan bien huilé. Mary arrive à se planquer dans son labo de potion secret quand elle découvre que le nouveau concierge, Jeptah Linch est en fait un adepte de la cause de Voldemort et qu'il a aidé les mangemorts à entrer dans l'école et contourner les mesures de sécurité.
Tom, avec qui elle a noué une relation puissante et inexpliquable, profite de son isolement pour la trahir. Il l'assomme et quand elle se réveille, le Journal a disparu ! Malgré le choc, elle arrive à mettre sur pied un plan pour aider ses camarades retenus en otage. Plan qui se combine très bien avec l'assaut organisé par sa mère venue les sauver. En essayant de fuir, Mary se fait attraper par Greyback et voit Emeli, venue la secourir, mourir sous ses yeux. Sous le coup de l'émotion et de la terreur qu'elle a ressenti à l'idée d'être amenée devant Voldemort, elle réussit finalement sa transformation en animagus, ce qui lui sauve la mise. Sa mère la récupère et va la mettre en sécurité dans un grand Manoir où elle retrouve son frère ainsi que de nombreux autres élèves qui ont été sauvés. Le mal est cependant fait : Voldemort contrôle le Ministère et Poudlard.
Merci à tous pour vos reviews, et sans plus attendre le chapitre !
Vide
Le monde était froid et gris. La nourriture sans saveur. Elle se sentait vide. Et seule. C'était comme si on lui avait brutalement arraché un membre dont elle n'avait jamais eu conscience mais qui lui était pourtant vital. Plus la journée passait plus elle avait l'impression d'être enveloppée dans du coton. Les sons autours d'elle semblaient être étouffés. Les personnes lui adressant la parole devenaient incompréhensibles. Sans importance.
Inquiet, Cameron observait sa sœur recroquevillée dans un coin de la pièce. Une expression torturée déformait son visage parfois traversé par une colère qui lui faisait peur. Elle agrippait son épaisse chevelure rousse à pleine main et tirait dessus au point qu'il craignait qu'elle ne finisse par se l'arracher. Les larmes coulaient de ses yeux périodiquement.
Il ne savait pas quoi faire. Quand il l'avait vue arriver il avait été si soulagé qu'elle soit en vie et qu'elle aille bien qu'il n'avait même pas pensé à se sentir embarrassé quand il s'était jeté dans ses bras. Il avait été plus terrifié au cours du siège de Poudlard qu'il ne l'avait jamais été. Il avait vu ses camarades êtres tués. Dévorés. Chassés. Torturés. Lui même l'avait été. Il avait vu sa mère abattre quelqu'un sous ses yeux, avec sur le visage rien de plus qu'une impassibilité glacée tandis que le sang de sa victime l'éclaboussait.
Puis, au lieu de se précipiter vers lui pour le prendre dans ses bras, elle s'était dirigée ailleurs. Il avait sentit ses entrailles se tordre, comme si elle venait de l'abandonner. Ce n'était pas le cas, bien sûr, car un adulte les avait immédiatement pris en charge pour les évacuer et Merlin merci il faisait parti des premiers à quitter l'école. Mais voir sa mère se détourner comme s'il n'avait aucune importance pour elle l'avait blessé. Alors qu'elle avait fait ça pour les protéger ! Il s'en voulait de ressentir ce besoin de réconfort comme s'il était encore un enfant alors qu'il allait avoir 14 ans d'ici peu. Il se sentait minuscule, inutile et perdu.
Il avait vu sa mère par la suite, une fois. Elle était venue s'assurer qu'il allait bien et il aurait voulu rester pour toujours dans son étreinte rassurante. Elle l'avait sauvé, elle était capable de le protéger. De les protéger tous. Il avait pleuré contre son épaule, avait eu peur en voyant qu'elle avait été blessée. Il avait aussi appris que l'endroit, ce Manoir gigantesque qui leur servait de refuge, lui appartenait. Et il avait pour la première fois de sa vie réalisé que sa mère n'était pas que sa mère. Qu'elle avait eu une vie avant lui. Une famille dont elle ne parlait pas et à laquelle il n'avait jamais accordé d'importance... Mis à part sa tante Aileen, il ne savait rien de la famille Entwhistle. Oh, il y avait bien eu des éléments pour lui mettre la puce à l'oreille, mais cela n'avait alors eu aucune importance pour lui. Il était un enfant né en temps de paix, protégé du monde par des parents qui l'avaient aimé et choyé et permis de profiter de la vie avec toute l'insouciance du monde. Pourquoi se serait-il posé des questions ?
Le choc de l'attaque de Poudlard n'en était que plus grand. A présent plongé brutalement dans l'horreur, après une année scolaire qu'il avait jusque là qualifiée d'abominable mais qui ressemblait maintenant à une promenade de santé, il commençait à se poser des questions. Les bonnes questions. Ce n'était pas parce qu'il n'aimait pas l'école et préférait passer son temps à semer la pagaille qu'il ne réfléchissait pas. Qu'il n'était pas capable de comprendre que sa mère était plus qu'il avait pu le croire. Quand les Mangemorts avaient appris son identité, ils l'avaient placés immédiatement parmi les otages de valeurs. Quand sa mère était venue à Poudlard elle avait été désignée pour affronter les sbires de Voldemort, pour être en première ligne pas pour évacuer les élèves en arrière plan. Quand elle était venue au Manoir, les professeurs et même Maugrey Fol Œil, le célèbre auror chasseur de mage noir, semblaient s'adresser à elle comme si elle était le chef.
Il ignorait tant de choses. Il avait été incapable de se défendre lors de l'attaque de Poudlard. Il aurait pu mourir. Certains de ses amis étaient morts sous ses yeux. Il ne savait pas si Logan avait survécu : ils avaient été séparés. Sa famille était en vie. Il s'en sortait bien. Alors il avait remballé son envie de s'apitoyer sur lui-même. Il voulait que sa mère soit fière de lui. Il voulait l'aider. Il devait la protéger, elle et Mary. Son père le lui avait demandé avant de mourir. Jusque là, il n'avait pas été bien brillant à la tâche, mais il pouvait faire mieux ! Il le savait.
Alors quand Mary était arrivée, même s'il avait craqué et avait cherché du réconfort dans ses bras, il s'était juré qu'il ne la quitterait pas d'une semelle et que si quelqu'un s'en prenait à elle il lui arracherait les doigts avec les dents ! Il s'était mentalement préparé à une confrontation physique avec un mauvais sorcier, imaginant divers scénarii dans sa tête, se mettant en scène, élaborant des stratégies farfelues même si elles semblaient très censées et imparables à ses yeux. Il n'était pas préparé à ce que sa sœur aille mal sans raison. Ils s'étaient assis sur un canapé, il avait à peine détourné les yeux une seconde et quand il avait voulu lui parler pour lui exposer ses idées il l'avait trouvée hagarde. Elle ne répondait plus à ses sollicitations. Comme était-ce arrivé ? Il s'était préparé à la défendre contre un attaquant, mais pas contre elle-même !
Alarmé de ne pas réussir à la sortir de son apathie, il avait été chercher un adulte. Le professeur Flitwick avait aussi semblé inquiet et ça n'avait pas rassuré le jeune Gryffondor. Il avait suivi le petit professeur tandis que celui-ci transportait par magie sa sœur dans une pièce isolée. Cameron avait eu pour consigne de rester avec elle et d'avertir quelqu'un si quelque chose se passait. Il n'avait de toute manière pas eu l'intention de laisser sa sœur seule, mais ces instructions étaient assez vagues... Elle avait fini par ne plus être totalement apathique, mais les violentes émotions qui passaient sur son visage, la façon dont elle s'était recroquevillée ou cette manière de tirer sur ses cheveux ou de presser les mains sur son cœur étaient-ils quelque chose à signaler ? Il avait peur qu'elle se fasse mal si jamais il la laissait seule. Il avait essayé de lui parler, de la toucher, mais il avait l'impression qu'elle ne se rendait même pas compte qu'il existait.
Le vide criant au fond d'elle prenait de plus en plus le pas engloutissant son être tout entier. Tom était parti. Il l'avait trahie. TRAHIE. Il l'avait abandonnée, blessée, laissée seule. Pourquoi ? La boule qui s'était formée dans son estomac ne cessait de grossir, lui donnant la nausée, pesant sur sa poitrine. Elle étouffait. Pourquoi ?
Voldemort voulait tuer Mary. Il avait déjà essayé par le passé, quand elle n'avait qu'un an, sans succès. Pourquoi est ce que celui décrit comme le plus grand mage noir du siècle voulait à ce point tuer une petite fille ? Cameron savait que sa sœur était une bonne sorcière. Mais cela ne justifiait en rien l'attention du mage noir. Quand il la voyait recroquevillée là, il comprenait encore moins.
Se penchant sur la rousse, il essaya de lui faire lâcher ses cheveux mais elle ne réagit pas et il finit par abandonner une fois de plus avant de s'asseoir à côté d'elle. Elle tremblait et reniflait sporadiquement, gémissait de temps à autre.
Il se sentait si inutile. Si inquiet. Il avait peur. Le nom de Voldemort n'avait jamais été pour lui une source de crainte comme ça pouvait l'être dans d'autres familles. Ses parents n'avaient jamais laissé un simple mot avoir un tel pouvoir. Ils étaient soit très courageux, soit très bêtes. Parce que maintenant il comprenait la terreur que pouvait susciter la simple évocation d'un nom. Ce n'était pas tant le nom en lui-même que les horreurs qu'on lui associaient. Il ne cesserait pas d'utiliser ce nom comme certains, mais il ne serait plus jamais capable de l'utiliser avec insouciance. Il n'était pas bien courageux pour un Gryffondor… Il ne s'agissait plus de défier l'autorité des professeurs, de risquer une retenue -ou un petit tour aux cachots du temps d'Ombrage- ou la colère de sa mère. A présent, c'était la mort, la mutilation, la torture à la clé.
Tremblant tandis que les images de l'assaut de Poudlard se bousculaient dans son esprit, il essuya ses paumes moites sur son pantalon. Les elfes lui avaient apportés de nouveaux vêtements rapidement, mais certains étaient restés dans leur uniformes déchirés, brûlés, imbibés de sang, pendant plus d'une journée. Cameron déglutit nerveusement, essayant de réguler sa respiration et son rythme cardiaque qui s'étaient emballés, sans grand succès. La bile lui montait dans la gorge.
Il ne voulait plus jamais revivre ça. Plus jamais.
Tom avait disparu. Tout était vide, vide, vide. Vide de sens. Elle avait mal alors qu'elle n'avait pas été blessée. Elle sentait son âme hurler au point de n'entendre que ça. Son corps était distant, comme s'il n'arrivait plus à utiliser ses 5 sens pour savoir si elle était debout ou assise. Si elle avait froid ou chaud. Peut-être qu'elle n'avait même plus de corps en fait. Elle n'entendait rien. Ne sentait rien. Mis à part ce hurlement et le vide et la douleur. Elle avait été mutilée. POURQUOI ?
A suivre…
