On y croyait plus mais le voilà, un nouveau chapitre tout beau tout chaud ! Crys nous fait un petit résumé de la situation en début de chapitre.
Merci à tous ceux qui sont encore là et qui continuent à suivre mes histoires malgré mon rythme de publication plus que discutable… Sachez que je lis vos reviews toujours avec autant de plaisir ^^
Sur ce, bonne lecture !
Partage des tâches
Mardi 4 juin 1996 : Manoir des Roses
En apparaissant devant mon manoir familial, je me suis un moment arrêtée, n'ayant aucune envie d'y entrer. Je savais ce qui m'attendrait une fois à l'intérieur: des enfants par dizaines, blessés, perdus… ou tout simplement morts. La poursuite de la guerre.
Décidant que cela ne changerait pas grand chose, je me suis autorisée encore quelques minutes supplémentaires seule avec moi-même afin de rassembler mes idées. Les évènements s'étaient enchainés si vite au cours des dernière semaines que j'avais l'impression de passer mon temps à simplement essayer de gérer les urgences et éviter les catastrophes. Tout se faisait dans la précipitation, il était impossible de s'organiser et, en y pensant, c'était peut-être ce que cherchait à faire Voldemort. Une guerre éclaire, car la première s'était enlisée et même sans sa défaite face à Mary il n'était pas certain qu'il aurait réussi à l'emporter.
J'ai la stupide impression que tout s'est mis à empirer depuis que j'ai arrêté de boire. Il s'agit sans doute plus du fait que j'ai une vue plus claire sur la situation que d'autre chose cela dit. Andreas a débarqué de Russie avec son fils, puis les Mangemorts ont allumé un Feudeymon qui va sans doute raser toute l'Angleterre si on ne trouve personne capable de convoquer un Eaudeymon suffisamment puissant. Mais ledit Feudeymon n'était rien de plus qu'une diversion pour vider le Ministère de ses Aurors, envoyés en support pour tenter -sans succès- de contenir les flammes. Pendant ce temps, Voldemort a envoyé massivement ses troupes au Ministère de la Magie, a réussi son coup d'état, tuant le Ministre et mettant hors d'état de nuire Dumbledore. Bon, le vieux glucosé n'est pas encore mort, mais cela ne saurait tarder. Heureusement, sa cervelle fonctionne toujours et il a prouvé tout au long de sa vie qu'il savait s'en servir à merveille même si les résultats ne sont pas toujours concluants quand il s'agit de prendre en compte le bien être des gens.
Sur ces événements, Dumby s'est mis à délirer sur une baguette, une cape d'invisibilité et une pierre qui formeraient ensemble les Reliques de la Mort. Sauf qu'en réalité il ne s'agit pas uniquement d'un conte pour enfant et voici donc de la vieille magie puissante, incompréhensible et surtout incontrôlable ajoutée à l'équation. Peut-être le pouvoir de Mary, mentionné par la prophétie, même si elle ne le détient pas encore et pourrait ne jamais le détenir. Ca signifierait qu'elle soit capable de me vaincre et de gagner l'allégeance de la Baguette de Sureau. Etant donné ses capacités en duels, ce n'est pas gagné.
Sirius a disparu lors de l'attaque du Ministère, et Remus a failli y passer. Jonathan et Jaymie se sont enfuis de Poudlard sans que je n'en sache rien mais je soupçonne qu'il s'y soit passé quelque chose de grave. Je me suis fâchée avec Kathie, soit l'une de mes seules alliées. Dumbledore m'a révélé l'existence des Horcruxes, me permettant de comprendre comment Voldemort avait pu survivre et pourquoi ça ne servirait à rien de le tuer à nouveau tant qu'il aurait ces morceaux d'âmes dispersés partout. J'en ai détruit deux, non sans tomber sous le charme de la Pierre de Résurrection et d'avoir manqué de massacrer mes Elfes de Maison. Zilphya vient de me dire qu'en fait, i Horcruxes en tout, de quoi me provoquer une crise cardiaque immédiate.
Lors de la dernière pleine lune il y a quatre jours, je me suis fait attaquée au Phare par 3 loups-garous. Combat que j'ai réussi à gagner, mais pas de beaucoup, et dont je suis ressortie totalement épuisée. Il a fallu abandonner l'Île et le Phare car les protections y sont tombées. La même nuit, Poudlard a été assiégée et les élèves capturés. Après un peu de repos, j'ai pu mener un raid pour essayer de récupérer un maximum d'enfants. Cameron et Mary ont été sauvés, Merlin merci… Mais Mary était transformée en puma. Et maintenant que j'y pense, je vois tout à fait Sirius lui apprendre à devenir animagus au nez et à la barbe de tout le monde, moi y compris. En souvenir du bon vieux temps. J'irais bien lui gueuler dessus, mais il est toujours porté disparu, sans même que j'ai eu le temps de réfléchir à l'endroit où il pourrait se trouver ni de commencer à le chercher, et il se pourrait que ça ait sauvé la vie à Mary.
J'ai, au passage, découvert l'existence d'un peuple appelé « Aes Sidhe », faillit en crever et j'ai l'impression que je suis sur le point de faire une énorme crise d'angoisse.
En deux semaines, le monde des sorciers a été mis à feu et à sang, le Ministère et Poudlard n'existent plus, Dumbledore ne peut pas tenir son rôle emblématique de leader de la lumière et je me retrouve avec une centaine de gamin sur les bras, peu de sorciers compétents prêts à m'aider et une population sorcière terrifiée qui va se soumettre pour sauver sa vie, ce que je peux malheureusement comprendre.
J'ai envie de partir. De tout plaquer, de disparaître et d'aller me terrer dans un trou à quelque part. Mais je ne peux pas. Mary et Cameron ont besoin de moi. Jonathan. Je ne peux pas partir en me disant qu'ils vont crever et comme ça tout sera réglé. Même si une partie infime de moi le souhaiterai. Une partie qui pense que j'en ai fait assez et que je mérite de disparaître comme j'ai pu le proposer à Rogue… Qui a refusé soit dit en passant. Peut-être que lui et moi nous nous ressemblons plus que je ne le voudrais.
Cette pensée m'a arraché un sourire amer et j'ai passé mes mains dans mes cheveux dans une vaine tentative de rendre mon esprit plus clair sur la suite des événements.
Trouver et détruire les Horcruxes était dans le top du panier. Peut-être envoyer Andreas les traquer ? Il s'y connait mieux que moi en magie noire et comment la repérer : en duo avec Dumbledore qui connait Voldy ça pourrait marcher.
Il faut aussi s'occuper de renvoyer les enfants chez eux. Et pour ceux qui ne peuvent pas rentrer, les envoyer chez Kathie peut être une option en espérant qu'ils ne seront pas trop nombreux. Même si elle et moi sommes fâchées, elle ne refusera pas d'aider des gamins que je lui enverrais.
Ensuite, entraîner Mary. Ce point m'embête un peu. Mary est primordiale dans cette guerre car Voldemort la veut morte et que la Prophétie nous donne un bon espoir qu'il puisse mourir en s'y essayant. Il faudrait la former au combat. Mais ses performances de l'été dernier laissaient à désirer et je me posais la question du bienfondé de détacher un sorcier qualifié comme Maugrey ou moi-même pour l'entraîner au duel… Penser qu'on la rendrait capable de rivaliser avec ce mage noir en moins d'un an, délais donné par Zilphya pour la fin de toute cette merdre, était illusoire. Il ne fallait pas miser sur un duel qu'elle reporterait. Et si je demandais à Augusta Londubat ? Elle n'était pas une combattante active, mais je parierais que cette vieille pie est capable de faire bouffer les pissenlits par la racine à des Mangemorts.
Retrouver Sirius était aussi dans les choses importantes à faire. Je suis quasiment certaine que si les Mangemorts s'en servent comme otage je serais capable de me rendre. Remus aussi. Mary sans doute également. Ce qui constitue une faiblesse non négligeable.
Ah oui, et le Feudeymon qui ne devait pas être négligé.
Je me suis redressée et adossée au banc sur lequel je m'étais assise, laissant pendre la tête dans le vide derrière, regardant les quelques nuages qui passaient dans le ciel, poussés par un vent que je ne pouvais sentir de là où je me trouvais. Pendant quelques secondes, j'ai autorisé mon esprit à se vider de toute chose. Les préoccupations, les meurtres sanglants, Voldemort, les enfants, la terreur et la fatigue.
Puis j'ai pris une grande inspiration et je me suis levée pour me diriger à pas décidés vers l'entrée du Manoir. Cela fait quasiment 20 ans que j'ai décidé de dédier ma vie au combat contre Voldemort. Je ne vais pas craquer à un an de la fin !
*Manoir des Roses*
Le hall du Manoir avait bien désempli depuis que je l'avais quitté deux jours plus tôt. Le sang ne souillait plus le marbre et il ne subsistait que quelques lits de camp. Il y avait aussi beaucoup moins de bruit. Alastor se trouvait là, ses mains jointes sur une canne, le menton posé sur celle-ci. Son œil magique tourbillonnait plus que jamais, peut-être pour arriver à surveiller tous les enfants qui se trouvaient là.
- C'est pas trop tôt Gamine, a t-il grogné en se levant. Ou t'étais passée par Merlin ? J'ai cru que les Mangemorts t'avaient choppée.
- Pas encore vieux croulant, ai-je répliqué avec un petit sourire.
- Faut qu'on fasse un bilan.
- J'y compte bien. Tu sais si Andreas est là ?
Je n'ai pas eu besoin qu'il me réponde : j'ai senti la présence du lycanthrope dès qu'il est entré dans le hall. Lavrenti avait recommencé à le suivre comme son ombre. Le Convoyeur m'a fixé de son regard clair pendant longtemps et j'y ai vu une étincelle que je ne connaissais pas y briller.
- Quoi ? ai-je grincé.
- Lavrrenti m'a rrraconté ce qu'il s'est passé lorrrs de la derrrnièrrre pleine lune.
J'ai noté le sourcil interrogateur qu'a levé Alastor à la mention de l'événement. Il est vrai que je n'avais eu le temps de parler de ça à personne. Le moment d'un débrief était vraiment venu.
- Et ? Ai-je continué.
- Et je suis imprrressionné… Alpha.
Le titre m'a fait sursauter. Je suis l'alpha d'une meute et il le sait depuis qu'il est revenu en Angleterre, mais c'était la première fois que j'avais l'impression qu'il me considérait enfin comme tel. J'avais mérité mon titre selon lui et c'était sans doute le plus grand compliment que je pouvais obtenir de sa part. Je lui ai accordé un mouvement de tête pour lui signifier que j'avais compris l'intention.
- Andreas, Alastor, venez avec moi. Nous avons besoin de discuter. Mais pas ici.
Ils ont hoché la tête et m'ont emboité le pas de même que Lavrenti. Je l'ai laissé faire. J'ai confiance en Andreas et il l'emmènera de toute manière avec lui sur la mission que je vais lui assigner. Je les ai emmenés jusqu'à la chambre de Dumbledore que j'avais soigneusement protégée contre toutes les intrusions. Le vieux mage était réveillé quand nous sommes entrés. Il avait cependant les traits tirés et plus de rides que jamais. J'avais l'impression qu'il était en train de se dessécher de l'intérieur.
- Albus, a grogné Alastor en le voyant.
- Alastor.
Le plus âgé des deux semblait content de le voir. Il a ensuite tourné ses yeux bleus vers moi et j'ai avancé d'un geste de la baguette des chaises et des fauteuils pour tout le monde même si je suis restée debout.
- Alastor, tu peux me faire un récap de l'état des troupes ?
- C'est pas bien brillant mais ça aurait pu être pire, a immédiatement enchainé le concerné. Nous avons réussi à sauver quasiment deux tiers des élèves. Une trentaine sont cependant morts après leur arrivée ici. Faut considérer ceux restés en arrière comme morts.
J'ai bien vu que Dumbledore allait ouvrir la bouche mais je l'ai fusillé du regard et le message a dû passer parce qu'il n'a finalement rien dit .
- Vance et Diggle sont morts. Leurs corps sont à Poudlard. Podmore a perdu un bras. Les professeurs Chourave et McGonagall sont mortes.
J'étais au courant pour Chourave, mais apprendre que McGonagall avait aussi succombée m'a fait une choc. Nous étions en conflit toutes les deux mais elle m'avait apporté de l'aide à plusieurs reprises et elle était une excellente combattante. Le visage de Dumbledore en disait long sur la douleur que cette mort lui causait.
- Dippet aussi, ai-je complété.
- Nous avons récupéré Mary Potter, mais elle ne semble pas aller bien.
L'information m'a fait froncer les sourcils. La dernière fois que je l'avais vue, elle était sous forme animale mais elle ne semblait pas blessée. Passer la voir allait être ma prochaine tâche.
- Voldemort s'est emparé du Ministère, de Poudlard et de la presse.
Alastor s'est levé pour attraper la Gazette sur la table de chevet à côté du lit de Dumby. Il me l'a lancée et j'ai regardé la Une, manquant de m'étouffer. Il s'agissait d'un portait de Mary avec la mention « Indésirable N°1 » au dessus. J'ai ouvert le journal et j'ai haussé les sourcils en voyant mon portrait étalé sur une demi page me jeter un regard sous l'indication « Indésirable N°2 ». Ils avaient très bien retranscrit mon expression renfrognée. Sous mon visage se trouvait celui d'Alastor. Dumbledore ne s'y trouvait pas : Voldemort le croyait sans doute mort et c'était une bonne chose pour nous. Si il était mentionné que Mary était voulue vivante, pour Alastor et moi, c'était « mort ou vif ». Les deux pages suivantes étaient couvertes d'autres portraits, plus petits, plus nombreux. Des membres de l'Ordre, des opposants connus et des Nés-Moldus.
- Ils n'ont pas trainé, ai-je constaté en reposant le journal.
- Félicitations, Crystall, vous êtes visiblement devenue la nouvelle figure de proue de la résistance, a pouffé Dumbledore d'une voix faible.
J'ai grimacé, mais il n'avait pas vraiment tord. Ca ne m'a cependant pas autant amusé que lui. Mais bon, ça pourrait être pire. Etant maintenant officiellement hors la loi, autant en profiter.
- Alors parlons du point suivant, ai-je dit. Les Horcruxes.
- Crystall, a commencé l'ex-directeur.
- Albus, si je suis la figure de proue de la résistance je décide qui doit savoir quoi. Plus vous. Vos conseils sont les bienvenus mais je ferais selon mes méthodes. Les vôtres n'ont pas montré beaucoup d'efficacité.
Il a semblé un moment surprit. Tout le monde l'a regardé en silence. Attendant de voir ce qu'il en dirait. Puis un sourire à étiré ses lèvres, à la fois doux et si terriblement triste que ça m'a fait culpabiliser et pourtant, Merlin sait que je ne l'apprécie pas. Il a fait un petit geste de sa main valide que j'ai pris comme un « poursuivez ». J'ai donc mis Alastor, Andreas et Lavrenti dans la confidence, leur apprenant ce que Dumbledore m'avait confié, que nous en avions déjà détruits deux et qu'il y en avait 7 en tout. J'ai donné à Dumby les indications de Zilphya pour trouver ceux qui nous manquaient et il a immédiatement eu l'air pensif.
- Je vous délègue cette partie, ai-je achevé en me tournant vers Andreas et Dumbledore. Je n'ai bien entendu pas besoin de vous dire combien il est nécessaire que cette information ne quitte pas la pièce. Mis à part nous 4 je n'informerai que Mary si le besoin s'en fait sentir.
Mon regard a dérivé vers Lavrenti avant de revenir sur son père qui m'a adressé un infime mouvement de tête pour me signifier qu'il se chargeait de vérifier que le gamin se taise… et sans doute qu'il oublie les détails de cette maudite magie quand nous en aurions terminé avec. Alastor nous a ensuite informé que les professeurs survivants, menés par Flitwick avaient pris en charge les élèves et le fait de les renvoyer chez eux. Je les dirigerai vers Kathie en sortant de la chambre de Dumbledore.
- Voilà deux bonnes choses de faites. Avant de vous laisser partir, il me reste quelques points : j'ai prévu des endroits de replis pour les personnes qui vont immanquablement être traquées à Voldemort. Nés-Moldus, Sang-Mêlés, Traîtres à leur sang et j'en passe. Si vous rencontrez des gens qui cherchent à disparaître, faîtes moi signe. Je peux également fournir de l'aide pour protéger les habitations.
- Il serrrait avisé de penserrr à prrévoirrr une échappatoirrre pourrr ceux qui voudrrraient quitter le pays. Lorrrs de la derrrnière guerrre je n'ai pas pu carrr les sorrrciers avaient ferrrmés leurs frrrontièrrres et que je ne connaissais pas le monde moldus. A prrrésent, je sais que nous pouvons fairrre quitter le pays à qui le voudrrra via des moyens moldus. Il faudrrra juste les fairrre accompagner par des Nés-Moldus ou des Moldus afin qu'ils ne se fassent pas attrrraper.
L'idée avait du mérite. Etant de Sang-Pure, il ne m'était pas venue à l'idée de passer par des voies autres que sorcière pour quitter le pays, et ce malgré que j'ai épousé un Cracmol et que je sache me débrouiller chez les Moldus. Cela pouvait permettre aux gens de continuer à vivre libre plutôt que barricadés la peur au ventre en Angleterre. Sans compter que mes capacités d'accueil de réfugié n'étaient pas illimitées. Faire faire le voyage à de petits groupes comprenant à chaque fois un Né-Moldu qui voulait aussi quitter le pays était envisageable.
- Faudra s'assurer que des mandats d'arrêt ne soient pas envoyés aux autorités moldues, a grondé Alastor.
- Je doute que les sbires de Voldemort ne prennent la peine de communiquer avec les moldus, ai-je répliqué. Mais je vais mettre quelqu'un sur le coup.
Les parents de Grégory et Jonathan regardent les informations à la télévision quotidiennement. Leur demander de noter les éventuels noms communiqués serait quelque chose qu'ils pourraient faire facilement.
- J'ai aussi besoin de former un groupe de combattants actifs, et pas de gentils petits moutons comme ceux de l'Ordre. Alastor tu en seras responsable. Andreas, quand tu seras disponible, tu peux aussi y aller, mais les Horcruxes sont prioritaires sur tout. Bien sûr, je ferais partie de la force de frappe également. Nymphadora Tonks, Shacklebolt, les deux Weasley Bill et Charlie, Remus, ai-je énuméré. Il nous en faudrait plus. D'autres aurors peut-être ? S'il reste des survivants entre le Feudeymon et l'attaque du Ministère bien sûr.
- On pourrait recruter les élèves majeurs, a suggéré Alastor.
- Envoyer des enfants à la mort ne nous aidera pas, ai-je rétorqué.
- Les Mangemorts ont aussi de nouvelles recrues, toutes ne sont pas comme les Lestrange. Nous aussi nous avons besoin de monde pour nous charger de la piétaille.
- Tu parles de les sacrifier ! me suis-je horrifiée.
- Non, je parle de les entraîner pour qu'ils puissent combattre les Mangemorts les moins puissants afin que nous ne soyons pas gênés quand nous essaierons de nous débarrasser des autres.
- Alastor...
- Gamine, tu as un jour été à leur place. Il y a longtemps tu n'étais aussi qu'une élève de dernière année qui a survécu à une attaque des Mangemorts. Un jour tu as aussi été de la piétaille. Et regarde où tu te trouves aujourd'hui ! Voldemort t'a reconnue comme une menace et ce type est tellement sûr de sa supériorité qu'il s'agit là sans doute du meilleur reflet de ta puissance. S'il n'y a ne serait-ce qu'un seul gamin ayant échappé de Poudlard qui a ton potentiel, on ne peut pas le laisser passer.
Ma bouche s'est tordue en un rictus amer. Je n'ai pas envie qu'il y ait qui que ce soit qui me ressemble un tant sois peu. Je ne souhaiterai à aucun d'eux de vivre comme je l'ai fait. J'ai beau essayer d'avoir une vie normale, il n'y a que les autres qui s'y trompent. Ce n'est pas parce que j'ai abandonné mes objectifs initiaux pour m'occuper de deux enfants qui avaient besoin de moi qu'ils ont disparus. La preuve : je n'ai pas une seule seconde hésité avant de replonger dans la guerre. Même si c'est inutile, j'aurais très bien pu essayer les options les plus sécurisantes. La Vengeance est le seul feu qui m'anime réellement. Le Combat le seul moment où je me sens vivante. La Mort la seule chose que j'attends avec impatience, que ce soit pour la dispenser ou pour la recevoir.
Du coin de l'œil, j'ai vu Lavrenti faire un mouvement de recul et son père s'interposer entre lui et moi. Prenant une grande inspiration, j'ai apaisé mon aura qui s'était faite dangereuse tandis que je réfléchissais, le regard posé sur Alastor. Son œil magique qui était resté fixé sur moi s'est remis à tourner quand je me suis calmée.
- Fais comme bon te semblera mais je veux une force de frappe prête dès que possible. Je veux que tu me donnes pour demain les noms des personnes concernées et je vous fabriquerais des passes pour vous rendre au Centre. C'est un des endroits que j'ai acheté : vous pourrez y loger et vous y exercer en toute sécurité car il y a un grand terrain sécurisé.
Satisfait, il a grogné son accord et notre réunion a pris fin. Andreas, Alastor et Lavrenti sont sortis sans un mot et je me suis tournée vers Dumbledore, me laissant enfin tomber dans un fauteuil. Fatiguée alors que j'avais piqué un sacré somme au 12 Square Grimmaurd.
- Vous portez à présent le fardeau d'une guerre sur vos épaules Crystall. Si le besoin s'en fait sentir, n'hésitez pas à me solliciter tant que je suis encore de ce monde. Comme vous le savez, je ne suis plus capable à présent de me lever, mais mon esprit fonctionne toujours admirablement bien pour quelqu'un de mon âge, sans vouloir me vanter.
- Je ne suis pas comme vous Dumbledore. Ce rôle ne me va pas. Je n'en veux pas.
- Je le comprends, mais parfois nous n'avons pas le choix. Les gens ont choisi de porter leur confiance sur vous comme ils ont choisi de croire que Mary Potter sera le héro qui les délivrera. Vous avez la chance de pouvoir fédérer la résistance et c'est en présentant un front uni contre Tom Jedusort que nous pourrons l'emporter.
- Vous ne sauriez pas où il pourrait retenir Sirius prisonnier ? ai-je demandé pour changer de sujet. Remus a réussi à s'enfuir et a dit qu'ils n'avaient pas l'air décidés à le tuer. J'ai besoin de savoir où il se trouve pour le récupérer.
De toutes les personnes qui me sont chères, il est le seul à ne pas être en sécurité…
- Une faille dans l'armure, a soufflé le vieux sorcier en me transperçant de son regarde.
- Oui, ai-je répliqué sur le ton le plus tranchant que j'avais en stock. Alors ? Une idée ?
- Pourquoi ne pas demander à son elfe ? Si ma mémoire est bonne, celui rattaché à la Maison Black est toujours en vie. Il pourra mieux que quiconque vous renseigner à ce sujet.
J'aurais pu me taper la tête contre un mur tellement c'était évident. Je passe mon temps à dire que les sorciers négligent beaucoup trop l'importance des elfes de maison et voici que je faisais exactement la même erreur… Sans perdre plus de temps, j'ai appelé :
- Kreattur !
Dans un crac ! sonore, l'elfe est apparu. Depuis la première fois que je l'avais vu, il avait repris du poil de la bête. Il se tenait droit et sa peau auparavant totalement distendue semblait plus ferme. Il était toujours vieux avec ses rides et ses poils gris, même si ceux-ci étaient à présent entretenus, mais il était en meilleure forme.
- La Maîtresse a appelé Kreattur ?
- Oui. Peux-tu me dire si le professeur Sinistra a commencé à raccompagner les élèves présents dans la demeure ancestrale des Black chez eux ?
- Trois sont déjà partis, Maîtresse.
Il en semblait grandement satisfaits, sans doute car cela voulait dire moins de Sang-de-Bourbe et des Nés-Moldus là-bas. Je ne pense pas qu'il réussisse un jour à se débarrasser complètement de ses préjugés puristes : il a baigné dedans trop longtemps.
- Très bien. J'aurais une autre tâche pour toi, qui est urgente : Sirius a été kidnappé et il doit être sauvé. Peux-tu le retrouver pour moi ?
- Kreattur le peut Maîtresse, mais le lien a quasiment disparu. Le Maître est loin et affaiblit.
- Si tu le peux, va le chercher et ramène le à Square Grimmaurd puis préviens moi que je puisse venir le soigner. Si tu ne peux pas le récupérer vient me prévenir. Ne te fais pas tuer dans une vaine tentative, j'ai besoin de toi vivant Kreattur.
Il connait de nombreux secret des Black, le perdre ne serait pas une bonne idée aujourd'hui. Un sourire est apparu sur son visage à ma dernière phrase. Je me demande depuis combien de temps on ne lui avait pas dit quelque chose de similaire. Il s'est incliné et a disparut.
Ne reste maintenant qu'à attendre sa prochaine apparition. Je pense que je vais aller voir Mary d'ici là : Alastor a dit plus tôt qu'elle n'allait pas bien, et ça m'inquiète.
A suivre...
