Hey !
Comment allez-vous aujourd'hui ? J'espère que ce chapitre vous permettra de vous évader un petit peu de tout ça...
La génialissime Anulya a sublimé ma semaine avec sa review, merci à toi !
On se retrouve en bas :)
Disclaimer : Seule l'histoire et quelques personnages m'appartiennent, le reste est à J-K Rowling
Merci à ma bêta : Léa !
Chapitre 97 : Rencontre entre deux mondes
Après avoir enfin percé le secret de Bridget, Lily pensait que les choses se calmeraient. Ce ne fut pas le cas, mais pour une raison bien différente : leurs examens de fin d'année, plus stressants à chaque fois, leur prenaient tout leur temps et toute leur énergie. Ils n'entendirent plus parler de l'Ordre du Phénix avant l'arrivée des vacances mais aucun d'eux n'y songea, l'esprit déjà trop occupé. Alors qu'elle regardait le château s'éloigner au travers des vitres du Poudlard express, le ventre de Lily se tordit. Elle n'arrivait pas à imaginer que la prochaine fois qu'elle le verrait s'éloigner ainsi, c'est qu'elle le quitterait définitivement. Qu'elle serait soi-disant prête à entrer dans la « vraie vie » alors que l'ombre grandissante d'une guerre se faisait de plus en plus pesante.
Une pensée semblable hantait l'esprit de Sirius quelques jours plus tard alors que, affalé dans son lit, il regardait James défaire sa valise. Il était chez lui, chez eux. Mais que se passera-t-il une fois Poudlard fini ? Il allait devoir partir de son côté, mener sa vie. Pourra-t-il alors revenir voir les Potter ? Sera-t-il convié aux fêtes de famille ? Et James, avec qui il passait littéralement tout son temps, allait partir aussi, vivre sa vie.
Sauf que Sirius n'était pas sûr de savoir s'il était capable de continuer à avancer sans James à ses côtés. Il ne l'avait jamais fait, après tout. Il fut tiré de ses pensées par le principal concerné qui avait tiré un crayon et du papier de ses affaires :
- Patmol ? Voilà, je veux prendre des nouvelles de Lily, mais je ne veux pas qu'elle me trouve lourd alors je te lis ce que j'ai écrit et tu me dis ce que tu en penses d'accord ?
Sirius se redressa en acquiesçant, un James fébrile était toujours quelque chose de drôle à voir. Celui-ci se racla la gorge avant de lire :
- Pour l'instant j'ai « Chère Lily, Comment vas –tu ? »
- C'est un bon début oui, rit Sirius alors que son ami semblait se concentrer.
- Pour la fin, tu crois que je mets « Amicalement » ou « En attente de ta réponse » ?
Sirius ne voyait honnêtement pas de différence entre les deux formules et il doutait fort que Lily en voit une également. Il charria son ami en lui interdisant de mettre « amicalement » compte tenu que ce ne serait pas honnête.
- Va pour « en attente de ta réponse » alors… J'espère que ce n'est pas trop.
Le second Gryffondor roula les yeux au ciel avant d'encourager James à envoyer sa lettre. Celui-ci le fit, et pâlit en regardant son hibou s'éloigner dans le ciel. Voulant lui changer les idées, Sirius lui fourra son balai dans les mains :
- Allez, on va voler un peu. Avec un peu de chance, tu réussiras à nous emmener presque à la victoire cette année encore.
James saisit son balai en lançant un regard noir à celui qu'il considérait comme son frère, alors que ce dernier ne cachait pas un sourire moqueur, fier de son effet.
Un mois plus tard, aucune réponse ne lui était parvenue. Bien sûr, ce fait n'était pas passé inaperçu aux yeux de James, qui commençait à sérieusement s'inquiéter. Il avait donc demandé discrètement à Remus s'il avait des nouvelles de Lily et celui-ci venait de lui répondre que c'était le cas.
C'était donc bien une volonté de ne pas lui répondre.
L'idée noircit les pensées de James, si bien que Sirius, fatigué de se battre pour lui amener le moindre sourire, réussit à lui tirer les vers du nez.
- Il doit y avoir une raison, ce n'est pas le style de Lily d'ignorer les gens comme ça.
James soupira, il le savait bien.
- Si je suis le seul à qui elle ne répond pas, c'est que j'ai dû faire quelque chose de mal.
- Qu'est-ce que tu as mis dans cette lettre ?, demanda Sirius, doutant fortement de l'hypothèse de son ami.
James releva les yeux vers lui, l'air dépité :
- Tu le sais bien, je te l'avais lu avant de l'envoyer.
- Non, tu ne m'avais lu que les formules de politesses.
Il y eut un instant de silence, qui fut suffisant pour que Sirius comprenne :
- Ne me dis pas que « comment vas-tu » est la seule chose que tu as écrite ?
Le regard désespéré de James lui répondit. Le Black ne put s'empêcher de rire.
- Tu sais quoi ? Tu as bien raison de rire, c'était stupide comme lettre, voilà tout, elle l'a sans doute jetée et a bien eu raison.
Sirius reprit son sérieux face à la mine de son meilleur ami. Aussi courte la lettre soit-elle, ce n'était pas une raison pour ne pas y donner suite. Il détestait l'idée que quelqu'un soit capable de mettre James dans un tel état.
- Allons lui demander, lâcha Sirius.
Cette fois-ci ce fut James qui laissa échapper un petit rire, trouvant l'idée incongrue.
- Tu ne vas pas te laisser déprimer sans rien faire ! Elle ne veut pas te répondre, bien. Mais elle devra te donner une raison.
Il sembla considérer l'idée, avant de secouer négativement la tête.
- Allez, insista Sirius, on a un permis de transplanage à rentabiliser.
James eut un demi-sourire alors que son ami lui tendait le bras. Après un instant d'hésitation, il s'y accrocha et la seconde suivante, la chambre était vide.
OoOoOoOoO
Lily passait enfin une bonne journée.
En ce milieu du mois d'août, elle avait enfin accepté qu'Alice lui rende visite. Celle-ci lui avait proposé plusieurs fois mais jusqu'ici, la né-moldue avait préféré refuser. Ce n'était pas qu'elle ne faisait pas confiance à son amie, mais elle marchait sur des œufs depuis le début de l'été avec ses parents. Elle ne voulait rien leur cacher, mais ne tenait pas non plus à les inquiéter. Or, le climat de guerre et le rôle que Lily comptait bien prendre dedans, n'avait rien de rassurant. Ainsi, la plupart du temps, elle s'assurait de ne jamais mentir, simplement de ne pas tout dire. Elle était sans arrêt tendue. La situation avec sa sœur n'arrangeait rien. Il semblait que celle-ci n'était pas décidée à lui parler, mais n'avait apparemment pas trouvé de raison de lui en vouloir, ce qui donnait un entre-deux très pesant. Si bien que parfois, c'était Lily qui préférait quitter la pièce pour échapper à cette ambiance.
Une fois seule dans sa chambre, elle s'autorisait à souffler. Mais immédiatement, elle se sentait coupable de ne pas rester avec sa famille. Le cercle vicieux n'avait pas de fin et, dans un moment de faiblesse, elle avait accepté une visite d'Alice. Ses parents étaient absolument ravis, ils adoraient recevoir des amis de Lily.
Celle-ci avait cru mourir d'appréhension, mais tout se passait au mieux. Petit à petit, elle s'était détendue. Alice était exceptionnelle. Elle était adorable, drôle et avait un véritable pouvoir pour détourner les conversations et éviter les points sensibles.
Lily passait enfin une bonne journée.
Quand sa sonnette avait retenti, Lily s'était désignée pour aller ouvrir à ce qu'elle supposait être le facteur et s'était retrouvée face à James et Sirius.
Son cœur avait raté un battement.
Ou plusieurs.
Elle n'était plus sûre qu'il battait encore en vérité.
Elle était totalement figée et de longues secondes s'écoulèrent avant qu'elle ne réagisse : elle referma la porte d'un coup sec.
Alice, sentant que le silence de Lily n'était pas normal, la rejoignit. Elle la trouva toujours figée au même endroit, la main sur la poignée, les yeux exorbités.
- Que se passe-t-il ?, s'inquiéta immédiatement Alice.
Lily ne réussit qu'à balbutier les prénoms des deux Maraudeurs en désignant la porte. Ce fut suffisant pour qu'un sourire naisse sur les lèvres d'Alice :
- Tu viens de leur claquer la porte au nez ?, demanda-t-elle d'un ton amusé.
Les parents de Lily arrivaient à leur tour, intrigués.
- Des amis nous rendent une visite inattendue, expliqua rapidement Alice.
Lily ne pouvait toujours pas bouger, la situation lui échappait totalement.
Sirius Black, James Potter, ses parents. Les deux mondes seulement séparés par une porte.
- Faites-les entrer ! Ils nous restent de la tarte !, s'exclama Mme Evans, plus que ravie de recevoir d'autres amis de Lily.
Une seconde plus tard et sans qu'elle ne comprenne réellement ce qu'il se passait, Lily se retrouvait dans son salon, autour d'une table au centre de laquelle trônait une tarte fumante, entre les deux Maraudeurs qui semblaient tout à fait à l'aise comme à leur habitude, et ses parents qui étaient assis au bout de leurs chaises, comme-ci plus proches ils seraient des nouveaux arrivants, plus ils en apprendraient sur eux.
Sirius Black, James Potter, ses parents. Les deux mondes que plus rien ne séparait.
Ils entreprirent de servir la tarte avant que M. Evans ne s'exclame :
- Je n'ai pas mis d'assiettes, quel idiot je fais. Ne bougez pas, je reviens.
Il disparut dans la cuisine, et Lily reprit enfin ses esprits, comprenant que c'était le moment ou jamais d'agir.
- Maman, tu veux bien aller nous chercher du thé ? Ils ont fait un long voyage, ils doivent avoir soif.
Sirius répondit :
- Tu sais, on a juste transplané, rien de bien assoiffant.
Lily ferma un instant les yeux, cherchant une paix intérieure qu'elle ne trouva pas. Elle lança un coup de pied supposé atteindre Sirius, mais son tracé ne fut pas précis et la seule chose qu'elle rencontra fut le pied de la table, ce qui lui arracha un grognement de douleur. Comprenant l'intention de Lily, James se tourna vers Mme Evans :
- A vrai dire, je ne dirais pas non à un thé, bien que ce soit abuser de votre hospitalité.
- Bien-sûr que non ! C'est nous qui sommes de mauvais hôtes, nous aurions dû y penser.
Là-dessus, elle se leva et disparut également dans la cuisine. Lily s'autorisa enfin à souffler et remercia son sauveur du bout des lèvres. Il détourna le regard sans un sourire.
Elle fronça les sourcils, ne voyant pas quelles raisons pouvaient l'amener à lui rendre visite et ensuite agir comme s'il lui en voulait.
- Ecoutez, commença-t-elle, je ne sais pas pourquoi vous êtes là, mais si vous parlez de la guerre ou de quoi que ce soit qui puisse inquiéter mes parents, je…
- On n'aurait pas eu besoin de venir si tu avais daigné nous donner des nouvelles, la coupa Sirius.
Lily fronça les sourcils :
- Pardon ?
- Tu n'as pas reçu ma lettre ?, demanda James, la regardant enfin, une lueur d'espoir au fond des yeux.
La lettre de James. Bien-sûr. Elle aurait dû s'en douter.
- J'ai reçu la lettre, lâcha-t-elle simplement.
Son père choisit ce moment pour réapparaître, les mains pleines d'assiettes qu'il remplit généreusement.
Pétunia passa la tête par l'embrasure de la porte, sans doute attiré par le bruit. Avec étonnement, Lily vit sa sœur s'installer avec eux. Elle ne mit qu'un instant à comprendre que le sourire charmeur des Maraudeurs n'y était pas pour rien. Une fois que les tasses furent remplies à leur tour, la discussion reprit.
Sirius Black, James Potter, ses parents. Les deux mondes se rencontraient.
Après une bonne heure, Lily s'autorisa enfin à souffler. Aussi étonnant que cela puisse paraître, tout se passait bien. Son père adorait la répartie des Maraudeurs et sa mère semblait fan de leurs petites anecdotes sur le monde des sorciers.
Sirius Black, James Potter, ses parents. Les deux mondes s'appréciaient.
Son père entraîna finalement Sirius et James dans la remise pour leur montrer sa tondeuse électrique, Alice les accompagna et Lily et sa mère en profitèrent pour débarrasser la table.
- Respire, tu m'as l'air toute tendue !, s'exclama sa mère en la bousculant gentiment. Ils sont charmants ces garçons, tu aurais dû les inviter plus tôt !
- Ils n'ont pas eu besoin d'invitation, grommela Lily.
Elle ne pouvait pas entièrement leur en vouloir, il aurait suffi qu'elle réponde à James après tout.
- C'est vraiment ce qui t'embête ?
Lily hésita, et tendit la pile d'assiettes qu'elle venait de ramasser à sa mère en silence. Elle se décida finalement à lui expliquer en partie son problème :
- J'ai fait un truc un peu bête, l'un d'eux m'en veut, et je ne sais pas quoi faire pour y remédier.
- S'ils sont venus jusqu'ici, c'est qu'il ne doit pas tant t'en vouloir que ça.
- Ils sont venus pour me torturer.
Sa mère eut un petit rire en prenant une éponge propre :
- Je sais très bien que si tu n'avais pas voulu d'eux ici, ils ne le seraient pas. Tu as toujours été très douée pour faire comprendre aux gens que tu ne voulais pas les voir.
- Je leur ai claqué la porte au nez, Maman. Cela fait 6 ans que je tente désespérément de faire comprendre à James que je ne veux pas le voir, tu vois le résultat, lâcha Lily sans calculer la portée de ses mots.
Sa mère interrompit son geste et un léger sourire naquit sur ses lèvres. Lily lui lança un regard interrogateur :
- Effectivement, je vois le résultat, lança-t-elle d'un ton énigmatique.
Lily détesta la chaleur qui lui montait aux joues. Elle voulut répliquer mais avant qu'elle n'ait pu faire quoi que ce soit, les éclats de voix des autres retentirent.
- Nul doute que des excuses suffiront, lui glissa sa mère.
L'instant d'après, elles n'étaient plus seules. Lily savait que sa mère avait raison : James ne les accepterait peut-être pas, mais s'excuser était un minimum. Alors que tous étaient absorbés par la présentation du lave-vaisselle que donnait son père, Lily se glissa vers James.
- Je suis désolée, murmura-t-elle à mi-voix, pour la lettre, je suis désolée.
Tout comme elle, il garda les yeux rivés sur monsieur Evans et Lily crut un instant qu'il n'avait pas entendu. Mais il répondit sur le même ton :
- Je sais que la lettre était stupide, mais je voulais juste des nouvelles.
Lily serra les dents :
- Elle n'était pas stupide, James. Je n'ai juste pas réussi à répondre.
Cette fois-ci, il tourna la tête vers elle avec un faux-rire :
- Tu as sans doute durement essayé.
Lily ouvrit la bouche et la referma plusieurs fois successivement à la recherche de ses mots. Elle ne trouva pas. James acquiesça et reporta son attention sur le discours du père de Lily. Sans réfléchir, elle l'attrapa par le bras et le tira jusqu'à sa chambre. Elle ferma rageusement la porte derrière eux avant de mettre un coup de pied dans sa corbeille à papier, laissant son contenu se déverser au sol. Une cinquantaine de boulettes de papier roulèrent sur le parquet, autant de tentative de réponse qu'elle avait essayé d'écrire.
- Oui, James, j'ai durement essayé.
Il resta un instant silencieux, l'air perdu, détaillant les gisements de papier à ses pieds. Il reprit contenance :
- Il ne m'avait pas semblé que ma question était si complexe pourtant.
Elle prit une inspiration et commença à parler sans savoir si elle allait réussir à mettre des mots sur son ressenti :
- A vrai dire, tu m'as posé la seule question à laquelle je suis incapable de donner une réponse. Je ne sais pas comment je vais James, et j'ai répondu aux autres en évitant soigneusement cette formule de politesse, parce que leurs lettres avaient plus de contenu. Mais toi, c'était la seule chose que tu demandais. Et oui, j'aurais pu mentir, j'ai essayé, crois-moi !
Elle désigna du menton les boulettes qui gisaient toujours au sol :
- Mais pour je ne sais quelle raison, je ne pouvais pas me résoudre à te mentir. Pas à toi.
Il ne répondit pas, la laissant continuer si elle le voulait. Elle fit quelques pas vers son bureau et sortit un insigne flamboyant d'une lettre décachetée.
- Regarde ce que j'ai reçu, préfète en chef, je suis préfète en chef ! J'étais plus qu'heureuse en la découvrant et après j'ai pleuré toute la nuit. Je ne peux pas faire tout ça. La guerre arrive, et je ne me sens pas capable de protéger qui que ce soit, ni ma famille, ni vous et encore moins l'ensemble des élèves de Poudlard ! C'est notre dernière année avant qu'on soit lancé dans le monde, je ne sais même pas ce que je veux faire. Et j'essaie de rassurer tout le monde, de faire en sorte que personne ne s'inquiète, surtout pas pour moi. Parce qu'au fond, tout va bien ! C'est juste que… rien ne va.
Elle se rendit compte que ce qu'elle disait n'avait pas de sens et préféra se taire. James était toujours immobile et elle se sentit mal d'avoir ainsi craqué. Elle ferma les yeux, baissa la tête, reprit son souffle.
Le Gryffondor ne savait pas quoi répondre et n'était pas sûr que ce soit ce dont elle avait besoin. Il s'approcha lentement et posa une main rassurante sur son bras. Elle ne se dégagea pas. Lentement, elle laissa tomber son front contre son torse et ne réussit pas à retenir les larmes qui menaçaient de couler depuis déjà trop longtemps.
Rien que pour vu un chapitre presque entier de Jily haha
Avez-vous aimé? Imaginiez-vous la rencontre famille de Lily/James ainsi ?
Dites-moi tout, je saute de joie dès que vous me laissez une review :D
A bientôt !
