Ce qui était certain, c'est que cette réception avait fait parlé. Les magazines parlaient de la "scandaleuse" Laurelia Draer, lui inventait des histoires pas croyables, et rendait justice à son caractère. Et sans qu'on ne le remarque, le gala de Noël organisé par Fairy Tail & co arriva, évidemment, les jumeaux devaient y participer.
La soirée se passait dans les locaux de l'entreprises, et les "rivaux" accueillaient les invités ensembles. Luxus portait un costard plus qu'élégant (une chemise blanche, un costume noir et une cravate doré) et sa jumelle avait décidé d'être encore plus provocante que lors de sa présentation : les cheveux détachés mais plaqués en arrière (elle les avaient coupés et s'arrêtaient au milieu de son cou), une boucle d'oreille différente sur chaque oreilles (un petit saphir sur la droite, une longue plume blanche sur la gauche), une chemise grise clair, une veste et un pantalon de costume de bleu marine et des chaussures bateaux noirs.
Cette fête était très importante : Makarof allait annoncé qui lui succéderait quand il prendrait sa retraite, même si tous savait qui était son successeur. Quand tous les invités furent arrivés, le PDG fit son discours, et sans surprise, Luxus devint officiellement l'héritier de Fairy Tail & co. Tout le monde applaudit, Laurelia la première. Un problème en moins. Alors qu'elle croyait pouvoir profiter de la soirée et célébrer cette nouvelle avec son frère, elle reçut un appel. Un appel qui lui rappela que tout n'était pas finit et que ce qu'elle croyait être du passé était redevenu son présent.
Les trois mois qui avaient suivi le gala, Laurelia avait jonglé entre son grand-père, son frère, sa cousine, leurs amis. Et ses problèmes. Elle n'en pouvait plus. Elle était à Clive sport, Madness in Me de Skillet en boucle dans les oreilles et frappait avec acharnement le sac de frappes. Même si elle s'entendait bien avec la bande de Luxus et Lucy, elle n'avait jamais eu l'occasion de leur parler à cœur ouvert, même si elle en avait envie. Elle frappa. Elle recevait des appels de la part de ses amis, les appelaient aussi, mais rien de neuf. Elle frappa. Elle repensa à ce que Makarof lui avait annoncé alors qu'elle venait de rentrer. Elle frappa. Elle revit sa chambre d'enfant. Elle frappa. Elle se rappela les mots d'un Luxus âgé de 9 ans. Elle frappa. Elle frappa encore et encore, se rappela encore et encore son passé. Elle sentit les larmes coulées. Elle continua de frapper.
Une main se posa sur son épaule, elle se retourna et vit Erza. La blonde enleva son casque.
- Tout va bien ?
Laurelia aurait aimé dire oui. Elle aurait aimé mentir pour rassurer sa nouvelle amie. Mais elle ne pouvait pas, parce que c'était évident que ça n'allait pas.
- Non. Non ça ne va pas.
- Tu... Tu veux en parler ?
- Pas ici, pas maintenant.
- Quand ?
- Après une bonne douche, ça ne te déranges pas ?
- Bien sûr que non !
Laurelia alla dans se laver, et quand les deux jeunes femmes furent prêtes, Erza proposa à son amie d'aller chez Jellal. Celle-ci accepta, et qu'elle fut sa surprise en découvrant que Juvia, les trois Strauss ainsi que la Lighting Squad; comme elle aimait appelé le trio Bixrow, Ever et Fried, étaient là.
- On aurait peut être pas dû venir. Se tracassa la rouge.
- Au contraire, c'est mieux qu'ils soient là.
Cette réponse surpris Titania, mais elle ne dit rien. Le groupe alla s'installer dans le salon, Laurelia se mit sur le canapé, Mirajane à sa gauche et Jellal à sa droite. Le reste s'assit sur les fauteuils et pouffes.
- Tu as un souci ? Demanda Juvia.
- Vous êtes au courant que mon... père s'est évadé.
Tous hochèrent la tête, et ils notèrent le ton étrange de la blonde quand elle avait dit "père".
- Ce type est une ordure, vous savez tous ce qu'il a fait, et ce qu'il a fait à Luxus. Et il a fait autre chose que personne ne sait, à part ma famille. Il m'a séquestré.
Cette nouvelle eut l'effet d'un seau d'eau froide.
- K... Entendit Laurelia.
- Quand ? Comment ? Après l'enterrement de ma mère, il m'a enfermé dans ma chambre, j'avais 6 ans.
Plus personne n'osait parler. La blonde décida de poursuivre.
- Iwan avait bien joué son coup. Il a fait croire à ma famille que la mort de maman m'avait beaucoup affecté, et qu'il m'avait envoyé en Suisse pour que j'aille mieux. Il a dit à Luxus de ne jamais parler de moi à des étrangers, parce que j'avais besoin d'être seul, et que ça allait donner envie aux autres de me connaître. Ridicule.
Elle fit une petite pause. Elle avait besoin de se calmer, de raconter son histoire.
- Il s'est "occupé" de mon éducation. Il m'a forcé à apprendre l'économie, le droit et les langues alors que j'étais encore une gamine, et si je ne réussissais pas un exercice, je n'avais pas de repas jusqu'à ce que j'ai tout juste. Mes seuls moments de répit, c'étaient quand il s'absentait, et quand Luxus me parlait de ses journées.
Laurelia se tourna vers Mirajane et ses cadets.
- Il m'a beaucoup parlé de vous trois, vous étiez une véritable porte de sortie inexistante pendant toutes ses années. Je voulais vous dire "merci" depuis longtemps, alors, merci.
Les trois Strauss rougirent, ce qui n'empêcha pas la blonde de continuer son histoire.
- Il réussissait aussi à me passer des BD, des jeux vidéos et des CD, que j'ai pu cacher jusqu'au bout, parce que jamais Iwan n'aurait imaginer que je pouvais lui cacher des choses. Ça a été comme ça pendant quatre ans, et un jour, je lui ai demandé si je pouvais sortir.
Laurelia eut un sourire amère avant de soulever son t-shirt pour montrer son ventre.
- Voilà sa réponse.
Et la leur. Le groupe avait fait de nombreux pari sur "Comment Laurelia avait eu sa cicatrice à l'abdomen ?", et cette option n'avait jamais été envisagé.
- Sauf qu'il a fait une erreur. Il a cru que me marquer permettrais de renforcer son emprise sur moi, ça a eu l'effet inverse : j'ai compris que je devais m'échapper. Un mois après, je lui ai demandé si je pouvais apprendre l'informatique, il a trouvé que c'était une bonne idée et il m'a donné des livres sur le sujet. En même temps, j'ai demandé à Luxus s'il pouvait prendre pour moi l'argent que papi nous donnait, parce que j'avais appris que c'était Iwan qui s'en chargeait. Je me suis préparée pendant deux ans, et quand ce jerk (connard) s'est absenté, j'ai mis en place mon plan. J'ai crocheté la serrure de ma chambre, je suis allée chercher un petit sac à dos, j'ai mis l'argent dans une poche intérieure, un plaid, des gants et un bonnet, et heureusement, Luxus avait laissé son trousseau de clé, j'ai donc pu l'utiliser pour sortir. J'ai refermé la porte à clé, je suis monté jusqu'à la fenêtre de la chambre de Lux pour l'ouvrir et balancer les clés, et je suis parti. Après ça, je suis allée acheter le portable le moins cher, j'ai envoyé un message à papi, lui disant de mener l'enquête sur Iwan avant de le balancer à la poubelle.
- Tu avais son numéro ? Se permit de demander Fried.
- Luxus avait reçu un téléphone pour nos 11 ans, et il avait demandé le numéro de papi. Je lui avais demandé de me le montrer, je l'avais mémorisé et recopié sur une feuille que j'avais planqué avec le reste. Donc, après avoir envoyer ce message, je suis allée à l'aire de bus pour quitter la ville, parce que je savais qu'Iwan allait me chercher à Magnolia. Après avoir analysé le plan, j'ai acheté un ticket pour Poplar. Je voulais économiser mon argent, alors je dormais dans la rue, et parfois je faisais du squat, seulement pour dormir, pour me laver, j'allais dans des salles de sports, et j'allais à des soupes populaires pour manger. C'est pendant cette période que j'ai appris à me battre, par nécessité, et c'est grâce à cette "expérience" que j'ai pu battre Luxus. Les sans-abris se battent souvent entre eux, ou entre groupe, et ils étaient tous plus grands et plus forts que moi, j'ai appris à trouver des astuces pour les vaincre. J'ai vécu comme ça pendant trois ans, jusqu'à ce que je vois aux infos qu'Iwan s'était fait arrêté pour trafic de drogues. Dès que j'ai vu ça, je me suis dépêchée de retourner à Magnolia.
*Flash-back*
Assit dans le bus, l'adolescente regardait le paysage défiler, son vieux sac à dos sur les genoux. Enfin. Enfin, elle allait rentrer. Enfin, elle allait pouvoir revoir son frère. Enfin, elle allait pouvoir témoigner. Après toutes ces années de souffrances, justice allait être faites.
Arrivé à destination, elle eut une étrange sensation. Elle était vraiment de retour. Elle avait encore du mal à y croire, mais il y avait plus urgent : elle devait se rendre chez son grand-père. Quand elle fut devant l'immense manoir, elle sonna à l'interphone plusieurs fois, attendant qu'on lui réponde.
"Allô ?"
Laurelia eut un choque. Elle n'avait pas entendue cette voix depuis neuf ans.
- Mest... C'est moi... C'est Laurelia...
"Pardon ? Si c'est une plaisanterie, elle est de très mauvais goût mademoiselle !"
- Ce n'est pas une blague ! C'est moi !
"Impossible ! Mademoiselle Laurelia est en Suisse."
- C'est quoi ces conneries ? Je n'ai jamais... Oh ! alors c'est pour ça... C'est ça qu'Iwan a trouvé comme excuse pour expliquer mon absence. Cet enfoiré est peut-être un monstre mais il est loin d'être stupide !
"Que... Que voulez-vous dire ?"
- Que le type qui me serre de géniteur ment comme il respire. J'ai vu aux infos qu'il a été arrêté, mais il y a beaucoup d'autres choses qu'on peut lui reprocher. Mest, il faut que tu me laisses entrer, et si tu as des doutes, tu pourras faire un test ADN, mais je dois rentrer ! Iwan doit déjà savoir que je suis de retour.
La porte s'ouvrit. L'adolescente s'aventura dans la propriété. Elle avait tellement changé depuis la dernière fois qu'elle l'avait vu. Sur le perron, elle vit un homme aux cheveux bruns avec une cicatrice sur la joue gauche. La jeune femme sentit les larmes montées.
- Ça fait longtemps Mest.
L'homme s'avança vers elle.
- C'est vraiment vous ! Mais comment...
- Je vais tout expliquer, où est papi ?
- Au commissariat, il a demandé à voir votre père.
- Ce type n'est pas mon père. C'est un enfoiré.
- Votre langage mademoiselle !
- Comment va Luxus ?
- Je ne saurais vous le dire.
- Je vois.
Le majordome la conduisit dans le salon et lui donna un verre d'eau. Une heure plus tard, son grand-père, son frère et sa tante débarquèrent.
- Laurelia... Murmura Luxus.
L'adolescente eut un sursaut de stupeur. Son jumeau avait une cicatrice sur son œil droit. Elle bondit du canapé et le serra dans ses bras. Il était devenu plus grand qu'elle, elle s'en moquait. Elle ne put retenir ses larmes. Elle avait vécu une semi-liberté pendant trois ans, mais pas lui.
- Désolée. Je suis désolée Luxus. Je suis tellement, tellement désolée...
- C'est à moi de te dire ça.
- C'est vraiment toi Laurelia ? Comment est-ce possible ? Je croyais que tu étais en Suisse ! Dit Layla.
- Elle n'y est jamais allée. Avoua Luxus.
- Quoi ? Dit Makarof.
- Papi, tu te souviens des messages qui te demandaient d'ouvrir une enquête sur papa ?
- Tu parles de la vingtaine de mail que j'ai reçu ses trois dernières années ?
- C'est moi qui les ai envoyés.
- Tu... Tu savais ce que faisais ton père ?
- J'avais des doutes, mais c'est pas pour ça que je te l'ai demandé. Est-ce que tu pourrais m'emmener au commissariat demain ?
- Bien sûr, mais pourrais-tu me dire où tu étais si tu n'étais pas en Suisse ?
- Dans ma chambre, pendant six ans.
- Ne me dis pas... Commença Layla.
Le silence suffit comme réponse.
*Fin du Flash-back*
- Comme je lui avais demandé, papi m'a emmené au commissariat, j'ai porté plainte pour séquestration, et j'ai expliqué au policier l'hypothèse qui a germé dans mon esprit quand j'avais 11 ans. Deux jours avant la mort "accidentelle" de ma mère, je m'étais levée pour aller boire de l'eau, et j'ai surpris Iwan au téléphone. Je l'ai entendu dire "plan" "embuscade" et "Katia", je n'avais pas compris de quoi il parlait, mais quand il a vu que j'étais là, il s'est mis dans une colère noir et m'a ordonné de retourner dans ma chambre. Cet appel, c'était une preuve compromettante, parce que c'était la preuve qu'il a organisé l'assassinat de ma mère pour toucher l'argent de son assurance vie. Mes deux témoignages ont permis d'ajouter des charges à son procès, et j'ai accepté de témoigner contre lui. Après ça, papi est devenue notre tuteur à moi et Luxus, et il a fait en sorte que je reçoive tous les soins dont j'avais besoins, et après un an, je lui ai demandé l'autorisation de voyager, tout en continuant à avoir des cours par correspondance. Et voilà que cet enfoiré est en cavale et essaie de reconstruire son business !
L'assemblée était silencieuse. Que pouvaient-ils dire ?
- Désolée d'avoir été aussi agressive avec toi. Dit Erza.
- Ne t'en fais pas pour ça, tu n'aurais jamais pu imaginer que j'avais vécu comme un fantôme pendant neuf ans, ta réaction était tout à fait normale, crois-moi.
- On comprend mieux la réaction de Luxus et Lucy lors de ma fête.
- Ouais, mais ça m'a fait du bien de vous en parler.
- Quand même, tu es incroyable ! Tu as une force mentale extraordinaire pour avoir réussit à surmonter tous ça ! Dit Lissana.
Le sujet de la conversation dévia, et Laurelia fut heureuse de voir aucun regard de pitié à son encontre. Après quelques heures de discussion intense sur diverses sujets, la blonde décida de retourner chez son frère.
Trois jours plus tard, elle croisa Natsu, Gajeel et Gray à la salle de sport, et après une session d'entraînement, elle décida de leur parler à eux aussi. Ils se rendirent au bar Blue Pegasus où travaillait Cana Clive, et Levy les y rejoignit. Elle leur raconta son histoire, son passé. Gajeel fut assez surpris, et lui avoua que lui aussi a vécu dans la rue pendant plusieurs années. Un lien se créa entre les deux, et ils échangèrent sur leurs galères.
En parler à ces nouveaux amis la soulagea. Elle se sentait plus légère, plus sincère, elle se sentait plus libre. Elle savait qu'elle pouvait compter sur eux, peu importe les problèmes.
