Hello !

Bienvenue sur ce nouveau chapitre ! Celui-ci est moins léger que les autres, mais il comporte un tournant décisif dans la relation de nos deux héros. Alors j'espère qu'il vous plaira :-)

Merci à Petite-Licorne-Arc-En-Ciel et à Jiwalumy pour leurs adorables reviews !

Et merci aussi aux reviewers anonymes auxquels je réponds ici !:

- Lou : merci beaucoup pour ta review, je suis ravie que mon histoire te plaise :-)

- Le danseur : merci beaucoup pour ta review et merci pour ta (très juste) remarque. Je suis bien consciente de cette subtilité. En fait, je me souviens qu'à l'époque, énormément de gens avaient fait la confusion, justement, donc j'ai trouvé drôle de répliquer cette petite erreur de calcul chez nos sorciers préférés ;-) On m'a bien souvent souhaité un "bon début de millénaire", alors ça me rappelait de bons souvenirs !

Bonne lecture,

M


Chapitre 11 -

6 janvier 2000

Merci Merlin, cette horrible semaine touchait à sa fin. C'est ce que se disait Pansy, en naviguant entre les tables du Finn's Bar, à Fairlie, quelque part sur la Côte écossaise. Au début de semaine, elle avait été ravie de ressentir les embruns du bord de mer et la sensation incroyable de plénitude que lui laissait toujours la côte. Elle n'avait pas été gênée du froid mordant de ce début janvier, et n'avait rien dit lorsque le patron du bar l'avait reluquée de la tête aux pieds sans aucune once de discrétion, à leur arrivée. Et puis, elle avait été ravie de retrouver Potter. Elle l'avait trouvé beau, à l'attendre devant le Ministère de la magie, dans son manteau noir trop grand pour lui et complètement décoiffé par le vent glacial de Londres. Cette constatation l'avait agacée autant que troublée. Mais là, sa patience atteignait ses limites. Toute la semaine, elle avait enduré les blagues graveleuses du patron et des clients du bar miteux dans lequel Harry et elle avaient atterri. Elle avait rabroué certains habitués trop familiers, qui se tenaient désormais à carreau. Elle n'avait pas bronché lorsque le patron l'avait accusée à tort d'avoir cassé une pile d'assiettes et l'avait envoyée à la plonge sous le regard désolé de son tuteur. Elle savait qu'il avait discuté avec le gérant, l'avait mis en garde quant à son comportement plus que limite et elle le remerciait intérieurement pour ça. Mais elle savait aussi qu'elle n'avait pas le choix et que, malgré la complicité nouvelle qui les liait, Potter et elle, elle ne pouvait se permettre la moindre incartade, à une semaine de la fin de sa DETTE. Pourtant, ce matin-là, ce fut trop. Quand elle sentit une main dodue se poser sur ses fesses, Pansy n'hésita pas une seconde. Elle lâcha le plateau qui alla s'écraser au sol, tandis que sa main droite alla quant à elle s'écraser contre la joue du malotru. Le silence se fit dans la salle, tandis que Harry et le gérant arrivaient à grands pas.

- Pansy, que s'est-il passé ? Demanda Harry. Tu vas bien ?

- Finn, je crois que tu n'as pas appris les bonnes manières à ta nouvelle serveuse, intervint le client en se frottant la joue.

- Je vois ça, Jeffrey, tu m'en vois désolé. Miss Parkinson… C'est la deuxième fois que vous cassez de la vaisselle, mais je peux passer outre. Vous débutez dans le métier après tout. Mais votre comportement vis-à-vis de mes plus fidèles clients laisse clairement à désirer.

Pansy ignora complètement le quadragénaire dégarni qui lui faisait face, se concentrant sur le regard concerné de son tuteur. Il la fixait, cherchant du regard une explication à ce raffut.

- Il m'a… Il m'a…

En plissant les sourcils, Pansy s'aperçut qu'elle lisait également de la déception dans le regard de son vis-à-vis. Elle s'en voulut d'en être aussi profondément blessée. Vaincue, elle baissa les bras.

- Laisse tomber, Potter.


Pansy était de corvée plonge depuis plus de deux heures, lorsque Harry entra dans la vieille cuisine miteuse. Il n'aimait pas la voir si fermée, plongeant ses mains dans l'eau sale et frottant sans relâche les vieilles tasses ébréchées. Pourtant, il se disait que c'était peut-être un moindre mal. Au moins, seule en cuisine, Pansy n'avait pas à supporter les réflexions dégradantes des hommes qui fréquentaient les lieux. Dès le lundi midi, il avait envoyé un patronus à son responsable pour que Pansy et lui changent d'endroit. Ce lieu ne pouvait rien apporter de bon à Pansy, il en était intimement convaincu. Malheureusement, il s'était vu opposer un refus ferme et définitif. On ne pouvait pas montrer une facette idyllique du monde moldu et du monde du travail en général. Si Pansy n'était pas capable de s'adapter à ce nouvel environnement, sa peine serait rallongée. Harry avait capitulé, résigné, mais n'avait pas quitté sa protégée d'une semelle depuis le début de la semaine. Il avait fallu d'une seconde d'inattention. Une seconde de trop. Il se morigéna avant de signaler sa présence d'un raclement de gorge.

- Pansy… ça va ?

- A merveille Potter.

Il fronça les sourcils. Il ne pouvait pas lui en vouloir de ne pas sauter de joie.

- Je… Je vais devoir m'absenter un moment. Une urgence au Ministère. Une heure, peut-être plus.

La jeune femme fit volte-face, laissant sa brosser tomber dans l'eau, l'éclaboussant au passage. Il vit un éclat d'inquiétude traverser son regard avant qu'elle ne reprenne son masque hautain habituel.

- Oh. Très bien. A plus tard, dit-elle sèchement en reprenant sa corvée.

- Je n'aime pas l'idée de te laisser seule ici.

Elle ricana.

- Tu as peur que je me fasse la malle, Potter ?

- Non. J'ai peur qu'ils te fassent du mal.

Elle se retourna à nouveau et le dévisagea, semblant chercher la moindre trace de moquerie dans ses yeux. Elle n'en trouva pas. Finalement, elle soupira.

- Je sais me défendre Potter, t'inquiètes pas pour moi.


Potter n'était pas parti depuis un quart d'heure quand elle sentit un souffle chaud courir le long de son cou. Par Merlin, cet homme était la définition même du lourdaud, comment avait-elle fait pour ne pas l'entendre approcher ?!

- La vaisselle avance bien, à ce que vois. C'est bien, tu as trouvé la place qui te revient. A la cuisine.

- Si j'étais vous, je me méfierais. Je pourrais tenter de mettre du poison dans votre prochaine bière.

Les yeux de porcelet du gérant se rétrécirent encore à la menace à peine voilée de la jeune femme.

- Petite peste. Va me chercher des sodas dans la réserve, on n'en a plus en salle. Et plus vite que ça !

Pansy haussa les épaules et sans se presser, traversa la petite cour intérieure qui menait au hangar faisant office de réserve. Le froid était polaire et le vent faisait trembler bruyamment les vieilles planches de bois qui constituaient l'édifice. Pansy aurait dû se méfier. En temps normal, Pansy se serait méfiée. Mais là, elle était bien trop en colère contre ce véracrasse de client, contre ce foutu gérant, contre Harry, contre elle-même et contre le reste du monde pour faire preuve de prudence. Quand elle entendit la porte claquer de façon sinistre derrière elle, elle sut qu'elle n'avait aucune échappatoire.

- Alors ma jolie, toi et moi, on va avoir une petite conversation…

Elle tenta de garder son sang-froid, analysa rapidement la situation. Le gérant lui faisait face, il pesait au moins deux fois son poids. Ils étaient isolés du reste du bar, le vent couvrirait sans aucune doute ses cris. La seule porte de sortie était située derrière le porc qui lui faisait face et, par Merlin tout puissant, elle n'avait pas sa baguette. Il lui fallut une seconde pour comprendre : Pansy était faite comme un rat.


Plus elle hurlait, plus il riait. Elle se débattait comme une forcenée, ce qui semblait grandement amuser son vis-à-vis. Quand il parvint à lui arracher son tablier, puis son chemisier, un éclat de panique traversa le regard de la brunette.

- On a peur, ma toute belle ?

- Vous aimeriez bien ! Répondit-elle en le poussant de toutes ses forces.

Il enfonça ses doigts boudinés dans sa poitrine, un air de folie furieuse sur le visage.

- Vous me faites mal, espèce de vieux porc !

- Du calme ma jolie, du calme ! Laisse-toi faire, tu verras, ça va passer tout seul. Tu vas adorer, je te le garantis. Tu ne veux pas faire plaisir à ton patron ? Dit-il en laissant courir son doigt le long de sa mâchoire.

- JAMAIS !

La jeune femme mordit le gros doigt aussi fort qu'elle le put, arrachant un hurlement à son agresseur. Elle s'accroupit, se glissa entre ses jambes et courut.

- Argh, espèce de salope ! Tu vas me payer ça !

Pansy était complètement affolée. L'immonde moldu avait bloqué la porte, empêchant toute tentative de sortie. Sans baguette, elle ne pouvait absolument rien faire. Horrifiée, elle vit son tortionnaire s'approcher lentement de sa maigre cachette, un sourire démoniaque déformant ses traits. Du coin de l'œil, elle aperçut son chemisier et son tablier, abandonnés sur une botte de paille un peu plus loin. Son tablier !

Pansy ne prit pas le temps de réfléchir. Mue par une énergie soudaine, elle se rua sur son tablier sans prêter attention au regard surpris de l'autre. Le galion, il était toujours là, dans la poche avant ! Par Merlin ! Elle le serra de toutes ses forces, le sentant chauffer entre ses doigts. La terreur la gagna à nouveau lorsqu'elle sentit une grosse main velue l'attraper par épaule.

- Eh bien ma jolie, on a un peu froid ? Ne t'inquiètes pas, le vieux Finn va te réchauffer, toi et moi on va -

- STUPEFIX !

Le gérant bascula soudainement en arrière, le regard vide. Derrière lui se tenait Harry, baguette levée, blanc comme un inferi.

- PANSY ! Par Morgane, Pansy, tu n'as rien ?!

L'auror se précipita sur elle et Pansy se jeta dans ses bras. Là, alors qu'elle se sentait plus en sécurité qu'elle ne l'avait jamais été de toute sa vie, Pansy Parkinson fondit en larmes.

- Pansy, oh mon dieu Pansy, je suis tellement, tellement désolé !

- Il m'a – Harry, il m'a… J'ai cru qu'il…

- Chut, ne t'en fais pas tout va bien, je suis là maintenant, tout va bien, fit Harry en la pressant contre lui.

- Ne me laisse plus ! Je t'en supplie, ne me laisse plus jamais.

- Je ne te laisserai plus, je te le promets. Plus jamais.