Kelewan : "Chapitre 7" ; Peter est amené à Azkaban par Lucius et Narcissa Malfoy. Quant à ce que Sirius veut savoir, c'est un mystère, puisque je n'écris pas de scènes de violence graphique, mais les informations serviront plus tard !
brigitte26 : et je n'en ai pas fini avec ce cher Pettigrew ;)
Chapitre 13 : Le traitre
Harry s'assit dans le fauteuil et posa son menton dans ses mains, attendant patiemment sa grand-mère, qui ne mit qu'une seconde avant d'apparaître dans le tableau face à lui.
-Harry, toujours à l'heure, le salua-t-elle en prenant elle-même place dans le fauteuil beige peint derrière elle.
-Evidemment. Il fait longtemps que nous n'avons pas discuté au calme, ajouta-t-il après une seconde, regardant cette femme à laquelle il ressemblait tant, James étant lui-même très proche physiquement de sa mère, à l'exception des cheveux, bien évidemment.
-C'est exact. Mais si je ne me trompe pas, vous êtes tous extrêmement occupés ces temps-ci, n'est-ce pas ? Peter Pettigrew, le jeune Malfoy... et l'œuf.
-Vous êtes toujours au courant de tout.
-Quelle sorte de maîtresse de maison serais-je si je ne savais pas laisser traîner mes oreilles là où il le faut dans ma propre demeure ? S'amusa-t-elle, le sourire éclatant.
Euphemia Potter était une femme grande et élégante, dont le visage affectueux ne cachait pas l'autorité. D'elle et Fleamont, Euphemia était la fermeté, là où son époux était bien plus laxiste. C'était une personne fondamentalement fidèle aux traditions, qui refusait catégoriquement toutes les tentatives de répressions de ces dernières. Elle n'appréciait pas l'influence du monde moldu sur le leur et ne s'en était jamais cachée, même si elle avait accueilli à bras ouverts Lily après s'être assurée que cette dernière ne rejetterait pas leurs coutumes.
Sans aimer les moldus, Euphemia s'intéressait tout de même à leur avancée, et elles avaient, au cours de nombreuses discussions que les trois hommes – Sirius n'était ni plus ni moins qu'un deuxième fils tout aussi turbulent que le premier – préféraient en général fuir, développé une amitié hors du commun, qui reposait principalement sur des échanges de lectures ou d'avancées magiques. Lily avait développé auprès d'elle une passion pour la magie ancestrale, et, avec l'aide de ses prédispositions étonnantes et de l'expérience de l'autre femme, en avait appris les bases, puis les parties plus avancées.
Après le décès d'Euphemia, elle avait continué de découvrir en écoutant les conseils du tableau, puis, lorsqu'Harry avait approché les six ans, cela avait été à son tour de suivre les cours, non pas d'une, mais de deux épouses Potter.
Il leur ressemblait, au plus grand des faux désespoirs de James, Fleamont et Sirius.
-J'ai essayé quelques sortilèges d'ancienne magie sur l'œuf, mais cela n'a absolument rien donné.
-Peut-être vois-tu les choses de façon trop réaliste. Tu devrais laisser ton imagination te dire quoi faire, répondit-elle après une seconde de réflexion. C'est un comble pour un garçon aussi créatif que toi.
-Peut-être a-t-il juste besoin de temps, au final, soupira Harry, les lèvres plissées. Mais je n'aime pas l'idée de m'occuper de quelque chose dont je ne sais rien. Je pourrais le blesser, ou mal faire quelque chose...
-Alors épuises-toi à faire des recherches. Non seulement tu risqueras plus d'accidents, autant pour l'œuf que toi-même, mais en plus tu en sauras peut-être un peu plus.
La voix, ironique et dure, eut cependant le don de réveiller le garçon, qui fronça les sourcils.
-Mais ne pas faire de recherches est une erreur.
-Faire des recherches ne rime pas avec ne pas dormir. Tu peux faire des recherches et avoir dix heures de sommeil, se moqua-t-elle.
-Peut-être.
Le silence s'installa dans la pièce, presque vide si l'on oubliait les fauteuils disposés ci-et-là. Harry n'avait jamais su à quoi elle servait, mais il y avait tellement de salles dont l'intérêt lui échappait dans le manoir que la question ne lui viendrait même pas à l'esprit.
Au-dessus de sa tête, une horloge annonça sept heures du matin.
-Vous êtes courageux, d'être parti ainsi de la demeure familiale pour revenir plus tard ! S'exclama Amanda, penchée vers lui, la naissance de sa poitrine parfaitement visible dans son décolleté plongeant.
-C'est la qualité première de ma maison, s'enorgueillit-t-il, souriant.
-Je n'imagine pas la colère de votre famille lorsque votre incroyable ténacité les a confrontés à la réalité ! Un Gryffondor, chez les Black, gloussa-t-elle.
-Ils étaient fous de rage.
Après cela, Sirius la laissa débattre seule sur la nécessité de protéger les enfants de leur famille, retenant ses grimaces face aux commentaires frôlant l'homophobie lâchés ci-et-là. Plusieurs fois, Remus passa discrètement la tête dans l'encadrement de l'arche, inquiet des émotions qu'il sentait pulser chez son compagnon, mais finit par cesser lorsque ce dernier lui sourit en hochant la tête.
Sirius avait beau détester son éducation, il ne pouvait pas mentir : elle lui était toujours extrêmement utile.
-Vous avez des enfants, n'est-ce pas ? l'interrogea-t-il soudain, alors qu'une issue se présentait enfin.
-Oui, deux filles exceptionnelles ! Leur père prend beaucoup soin d'elles, ajouta Amanda, papillonnant des cils.
Le brun ricana intérieurement. Littéralement, cela signifiait qu'elle et son mari ne s'aimaient pas et que c'était lui qui s'occupait de leurs enfants.
Charmant.
-Si ma mémoire ne me fait pas défaut, elles entreront bientôt à Poudlard. Vous pensez qu'elles... bénéficieront de la loi que Dumbledore a fait passer ?
-Il semblerait. Je ne sais pas exactement quel est le but de tout cela, mais j'ai l'impression qu'il souhaite organiser quelque chose à Poudlard, sinon, il n'aurait jamais demandé une chose pareille !
-Organiser quelque chose à Poudlard qui nécessite une loi autorisant les compétitions amicales internationales... pensez-vous à quelque chose en particulier ? demanda-t-il, curieux.
-Non, mais si quelque chose me vient, tenez pour acquis que vous serez le premier au courant... oh, cependant je me souviens d'une vieille rumeur.
-Jusqu'à quel point était-ce une rumeur ?
-Jusqu'au point où nous avons des témoins mais où la personne dont il est question est trop haut placée pour qu'elles aient pu fuiter, développa-t-elle, son sourire s'agrandissant au fur et à mesure.
-Et si je vous proposais un dîner au manoir, un de ces jours ?
-Parler de Dumbledore et des nombreuses rumeurs qu'il étouffe promet en effet d'être une discussion particulièrement longue... surtout lorsque ces rumeurs concernent des Mangemorts.
Une information contre un dîner. Ça se valait.
-Tu es absolument merveilleux.
-N'est-ce pas ? Nous savons maintenant que Dumbledore essaye de prendre sous sa coupe des Mangemorts... à nous de découvrir lesquels, pourquoi, et ce qu'il fait d'eux, répondit Sirius, l'air fier.
-Et si nous nous détendions avant ça ? Chuchota le châtain contre ses lèvres, l'entraînant à sa suite vers un canapé. Je n'aime pas la façon qu'elle avait de te regarder.
Il le poussa doucement dans le sofa et resta debout, observant avec satisfaction l'œuvre d'art qu'était son compagnon la tête penchée en arrière, la chemise à moitié ouverte et les yeux brillants.
-Viens donc marquer ton territoire, si tu veux tellement te détendre.
-Mais tu es déjà marqué, mon amour...
Sirius leva les yeux au ciel quand Peter hurla, se cognant presque la tête au sol en roulant sur lui-même. Depuis vingt minutes, l'homme ne coopérait pas, et ce n'était pas faute de lui avoir expressément expliqué le fonctionnement de la création exclusive de Lily.
L'animagus chien sourit à cette pensée. La rousse devait être particulièrement remontée contre lui ou James pour avoir ne serait-ce que pensé à une potion pareille.
Derrière les barreaux, Peter, refusant toujours de donner des informations sur la survie de Voldemort, entama le troisième couplet d'une musique paillarde moldue, en remplaçant, à sa plus grande horreur, les femmes dont il était question par le nom de celui qu'il appelait « Maître ».
Sirius sursauta quand une odeur légère de sang frais emplit soudain ses narines, et se tourna brutalement, sa baguette pointée au niveau du menton d'une femme qu'il n'avait plus vue depuis longtemps.
-Lady Carmilla, un véritable plaisir de vous voir revenue d'entre les morts, la salua-t-il avec humour tout en abaissant sa baguette, le regard pétillant sincèrement, alors que la femme roulait des yeux dans lesquels pointait le même amusement.
Les pupilles mordorées, si semblables à celles de Remus, se plantèrent dans les siennes, alors qu'un sourire cruel se dessina sur les lèvres parfaites.
-Vous avez peut-être besoin d'aide avec votre traitre ?
-Je ne pourrais décemment pas refuser une telle proposition. A vous l'honneur, ma dame.
-Carmilla est revenue ? C'est... surprenant, je suppose, hésita Narcissa, perplexe. Mais je ne comprends pas pourquoi.
-Et moi donc ? C'est de Carmilla dont nous parlons. Je veux être présent le jour où quelqu'un comprendra ce qu'elle fait, et la raison, rétorqua Lucius, se détendant un peu plus dans le siège rembourré. Ne te fais donc pas autant de soucis à son propos, et viens t'asseoir, ma fleur adorée, roucoula-t-il, une fossette témoignant de son rire contenu, tandis que la belle blonde obtempéra et s'installa sur ses genoux.
-Elle est hors de contrôle.
-Cela n'a rien d'inhabituel, elle ne l'a jamais été.
Lucius passa un bras dans son dos et se pencha au-dessus d'elle, embrassant chastement le coin de ses lèvres, relevé en un sourire espiègle. Les mains délicates de son épouse glissèrent dans ses cheveux pour les dénouer, et les longues mèches platinées reprirent leurs droits sur son visage, tandis que Narcissa s'en écarta pour l'admirer.
-J'ai marié l'homme le plus beau de cette Terre, murmura-t-elle, enroulant les vrilles claires autour de ses doigts tout aussi blancs.
-Et moi la femme la plus parfaite...
Ladite femme gloussa légèrement et reprit ses lèvres entre les siennes, fermant les yeux sur le spectacle qu'offrait son époux. Dans l'encadrement de la porte, Draco s'éloigna doucement, sur la pointe des pieds, un petit sourire béat aux lèvres.
Son sourire s'effaça cependant quand il vit la silhouette qui avançait vers lui.
Droite, gauche, arrière.
Le couloir le plus proche était dans le sens inverse, or, l'homme l'aurait repéré avant qu'il ne l'atteigne. Le temps qu'il réfléchisse, il était cependant déjà trop tard.
Draco déglutit quand les yeux noirs comme deux puits sans fond qui auraient le pouvoir de voir au fond de votre âme, se posèrent sur lui.
Severus Snape était son parrain.
Severus Snape était un homme qui le terrifiait.
-Draco... encore en train de roder, à ce que je vois, dit lentement l'homme, le fixant attentivement.
-Je dirais plutôt « me balader dans ma demeure », répliqua l'enfant, sur la défensive face au soudain sourire du plus âgé.
-Tu es aussi adorable que lorsque tu étais petit.
Sans rien ajouter, il le dépassa et disparut dans une envolée de capes, laissant derrière lui le blondinet figé, son cœur, au bord des lèvres, battant à mille à l'heure, alors que des sueurs froides dévalaient dans son dos raide.
Une caresse fantôme sur son bras, souvenir d'Harry discutant presque à sens unique lors de la soirée des Shafiq, lui revint en mémoire, et il s'y accrocha de toutes ses forces pour ne pas sombrer dans l'océan de souvenirs ingérables, qui ne semblaient parfois même pas être les siens, et qui l'envahissait à chaque fois qu'il croisait le chemin de son parrain.
Il avait peur. En fait, il le terrorisait, sans arriver à s'expliquer pourquoi.
Mais il savait. Il savait que quelque chose n'allait pas.
Quelque chose de grave.
Il était sept heures du matin, une heure importante aux yeux des gobelins de Gringotts, puisqu'elle correspondait à une des heures de pointe des sorciers désagréables, à comprendre ici les nés-moldus le plus couramment.
Les gobelins, comme de nombreuses créatures magiques, n'appréciaient que moyennement les nés de moldus. Pas pour leur sang, ou pour qui ils étaient en particulier, mais pour leur flagrante ignorance du fonctionnement du monde magique. Gringotts était une banque, pas un office de tourisme !
Pourtant, ils les méprisaient pour une raison plus personnelle également : leur évident dégoût face à eux, quand bien même ils venaient souvent. Les sang-purs étaient peut-être hautains, mais eux avaient le respect de garder leur écœurement pour eux, ce qui n'était pas le cas des né-moldus, qui ne retenaient pas leurs commentaires irrespectueux.
Les gobelins leur auraient bien interdit l'entrée dans la banque si cela n'avait pas été s'attaquer aux petits protégés d'Albus Dumbledore, qui avait bien assez de poids politique pour provoquer une guerre entre les sorciers et les gobelins, caché sous le drapeau de la tolérance. Ils ne portaient pas le directeur dans leur cœur, mais se le mettre à dos était trop dangereux, alors ils attendaient patiemment celui qui aurait le pouvoir de le faire tomber de son piédestal.
Stiolx plissa ses grands yeux noirs lorsqu'une vibration discrète d'une plaque sur son bureau lui indiqua une convocation dans le bureau du directeur Ragnok. Avec un coup d'œil inquiet à la porte principale, depuis laquelle la marée de sorciers commençait à passer, elle ferma son guichet et se glissa derrière ses collègues pour rejoindre une des petites portes simples menant aux couloirs principaux.
La décoration typique de son peuple la détendit, et, inconsciemment, elle se fit moins méfiante. Ainsi, elle était calme lorsqu'elle passa la porte du bureau du directeur, le saluant protocolairement, s'intéressant aux autres gobelins présents à savoir Ragnok, Gripsec – le gérant des comptes de la famille Potter – et...
Stiolx perdit deux tons de couleurs, sa peau virant à un gris inquiétant.
« Quoi que j'ai pu faire, Magia, pardonnez-moi. » Pria-t-elle succinctement, évitant du regard le troisième Gobelin présent.
Fraagar VI était le roi des Gobelins, et ce depuis un peu plus de deux siècles et demi.
Et sa présence n'était requise qu'en cas d'extrême urgence, comprenez par là une mise à mort.
-Nous n'attendions plus que vous, Stiolx, la salua Ragnok, avec un signe de tête respectueux.
Elle déglutit lorsqu'il recula pour laisser la place au premier rang à leur Roi. Plus grand que la moyenne, il arborait une peau couverte de cicatrices, certaines si nettes qu'elles semblaient avoir été faites la veille. Ses vêtements étaient richement décorés, et il inspirait un respect que même des humains seraient à même de percevoir.
-Je suis venu aujourd'hui pour un cas d'extrême urgence. Je me dois de vous mettre au courant, puisque vous me serez utile pour la tâche que je souhaite accomplir.
-Nous sommes à votre écoute, Majesté, déclara paisiblement Gripsec, comme s'il savait déjà la raison de sa venue.
-Notre chère Lady Carmilla Sanguina a fait son retour dans notre monde. Mais sa première visite n'a pas été chez nous, comme elle en a l'habitude après ses périodes de sieste, mais auprès d'un certain... Sirius Black. Je suis persuadé que vous savez de qui je parle, Stiolx.
Elle hocha la tête ; les voûtes Black étaient sous sa direction depuis la reprise en main de la famille par Sirius Black, qui avait tenu à changer de conseiller : la responsabilité lui était revenue, et elle se débrouillait bien, au vu du regard appréciateur de l'homme sur son travail.
-Visiblement, l'histoire concernait des humains, ce qui est relativement surprenant, compte tenu de ses relations... singulières avec eux. En réalité, c'est du filleul de Lord Black qu'elle souhaite discuter.
-Harry James Potter ? S'étonna sincèrement Ragnok, passablement surpris. Ce n'est qu'un enfant.
-Un enfant qui détient beaucoup de pouvoir. Il se murmure au Palais des Passeurs qu'il a, dans d'autres vies, combattu loyalement en faveur de la Magie. Peut-être le fera-t-il également dans cette vie-là. Toujours est-il que Lady Carmilla s'intéresse à Harry Potter, et que je veux non seulement savoir pourquoi, mais également comment l'aider à obtenir ce qu'elle désire.
-Et savez-vous ce qu'elle désire ?
-Nul ne le sait réellement avant de le voir.
Il sourit mystérieusement, et Stiolx sentit son cœur reprendre un rythme normal.
Elle ne serait pas décapitée aujourd'hui.
