Chapitre 15 Victoire obscurcie
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Enfin, le plus gros avait été fait. Alec et Persia avaient atteint la finale pour laquelle, d'un commun accord, ils ne s'entraîneraient pas en vue du match préférant réviser. Naturellement, leurs amis étaient très amusés de la situation, un couple qui dans peu de temps allait s'affronter dans un duel au sommet et qui, étrangement semblait encore plus proche, sans la pression qu'on aurait pu croire.
Naturellement, les encouragements de tout Poudlard avait une tendance à les agacer, sans cesse interrompus dans leurs élans de tendresse, agaçant Alec, ou leurs révisions, stressant Persia. Ils se jurèrent l'un l'autre de se trouver dès l'année prochaine un coin tranquille dans les nombreuses zones inexploitées de Poudlard, non pas pour des activités graveleuse mais pour y discuter en paix.
Ils découvrirent surtout que quelque chose se manigançait dans Poudlard au vu des rumeurs : des paris clandestins, sur la durée du duel, le nombre de points d'écart, les sorts utilisés et forcément le vainqueur. Un summum dans la culture de parieur si chère aux anglais surtout en période de naissance royale moldue. Une jeune fille particulière, nommée Kiara Abbernathy, voyait cela d'un très mauvais œil et, sens de la justice oblige, condamnait fermement que l'on pousse des adolescents au vice du jeu. La crise de colère qui suivit la découverte de l'organisateur des paris restera dans toutes les mémoires. D'ailleurs, la joue d'un jeune garçon de Serdaigle nommé Henry Wells s'en souvint longtemps. Ils s'aimaient sans aucun doute mais était si différent dans leurs mentalités que le groupe s'était habitué aux remontrances de la jeune fille, à la mine renfrognée du garçon, et à leur réconciliation rapide. D'ailleurs personne n'avouera à Kiara avant de nombreuses années que les paris étaient monnaies courantes dans le groupe et concernaient la durée de leurs disputes.
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Vestiaire de Quidditch, peu avant la finale
Tandis que la foule se pressait lentement dans le stade de Quidditch de Poudlard, le jeune couple de finalistes observait ce qui se passait à l'intérieur de celui-ci observant le ballet incessant des spectateurs. De là où ils étaient, ils avaient d'ailleurs une vue imprenable sur la tribune des officiels. Vu le succès de cette première édition du tournoi, il était clair qu'elle ne serait pas la dernière.
A chaque personne un tant soit peu connue, le couple collé l'un à l'autre y allait de sa surprise ou de son petit commentaire. Ils avaient vu ainsi passer ce que leur génération appelait les héros de la liberté, ceux qui avaient combattu ardemment Voldemort et ses partisans. Certains étaient largement moins connus que les grands combattants mais ces derniers étaient présents. Ils avaient vu ainsi passer Kingsley Shacklbolt, ministre de la magie et ancien auror de son état, son vice premier ministre Percy Weasley, le gérant du Chemin de Traverse George Weasley, Neville Londubat, botaniste célèbre aujourd'hui, Monsieur Lovegood, propriétaire du Chicaneur.
- Oh Merlin, ça met quand même la pression, fit Persia commençant à stresser.
- Si c'est comme la demi finale, on ne pourra pas les voir.
Puis leurs regards se posèrent sur leur amie Gemma qui aidait à placer la loge officielle et la virent s'exciter sur place, demandant un autographe à une femme aux cheveux châtains, autographe qu'elle avait demandé non pas par rapport au statut de la femme mais bien par rapport à ses actions au ministère lui remettant d'ailleurs un de ses fameux prospectus. Persia écarquilla les yeux et reconnu la femme.
- C'est Hermione Granger... Merlin Gemma lui parle en plus.
- Merci j'ai les yeux en face des trous.
- Arrête d'être blasé de tout c'est lassant. C'est Hermione Granger...
- Et?
- C'est un symbole pour les jeunes sorcières comme moi.
- C'est pour tout le monde non?
- Tu comprends rien, fit elle exaspérée, pour les filles de notre génération c'est un modèle : certes une héroïne mais la meilleure élève de Poudlard, elle s'est toujours montrée importante pour le Trio, pas la fille à protéger comme dans les histoires qu'on nous raconte...
Pendant que Persia vantait encore la femme, Alec l'observa attentivement, ce n'était pas qu'un côté groupie qu'elle se donnait parfois mais une réelle admiration. C'est vrai que beaucoup de filles nées après la guerre s'était vues nommée Hermione en hommage à la jeune femme. Ils furent sortis de leurs rêveries par une voix qu'ils connaissaient.
- Vous n'avez rien à lui envier Miss Clark, fit McGonagall.
- Ho Professeur, je ne vous avais pas entendue. Mais pourquoi dîtes vous celà ?
- Vous aussi êtes clairement la meilleure élève de cette école, vous alliez en plus le Quidditch et les duels et en plus votre courage n'est plus à prouver.
- Ha bon ?
- L'année dernière n'êtes vous pas retournée affronter l'automate pour protéger les élèves de Poudlard.
- Je ne...
- J'ai beau lui répéter sans cesse d'être fière d'elle rien n'y fait, ponctua Alec.
- Vous avez seulement deux défauts Miss Clark.
- Lesquels Madame? demanda Persia inquiéte.
- Votre manque de confiance en vous et vos talents de Quidditch.
- Mes talents? C'est une qualité pourtant...
- Oui mais à cause de vous cela fait quatre ans que la coupe de Quidditch ne trône plus dans mon bureau, fit McGonagall un sourire au lèvres.
Cela fit bien rire les deux jeunes, McGonagall et son esprit de compétition étaient bien connus, n'avait-elle pas enfreint les règles de Poudlard en offrant le poste d'attrapeur au survivant alors qu'il n'était qu'en première année ?
- Et vous Monsieur Craft, personne n'a votre admiration dans cette foule?
- Si, Neville Londubat.
- Monsieur Londubat ? fit McGonagall aussi surprise que Persia.
- Il n'était peut-être pas le plus intelligent ou le plus doué mais il n'a pas hésité à organiser la rébellion à Poudlard, pour veiller sur les siens. En plus c'est bien lui qui a vaincu le serpent de Voldemort.
McGonagall comprit alors qu'Alec était du genre à protéger les siens sans hésitation, même son choix d'orientation allait dans cette direction : le bien d'autrui cher à la maison Poufsouffle.
- Je venais voir si vous n'étiez pas trop stressés mais je suis rassurée. Bonne chance à tous les deux.
McGonagall s'en alla donc, rassurée que le couple ne soit pas tendu par le duel l'un contre l'autre. Elle était une romantique dans l'âme et voir un petit couple comme ça lui plaisait contrairement à d'autres mus par des pulsions hormonales.
Le couple s'était à nouveau intéressé à ce qui se passait dehors et vit Viktor Krum approcher et engager la conversation avec Hermione Granger. Persia comprit alors.
- Mais oui, suis-je bête c'était évident.
- Quoi donc?
- La personne que voulait revoir Monsieur Krum c'était elle, dans les livres sortis après la guerre ils disaient que les deux avaient eu une idylle lors du tournoi des Trois Sorciers. Voilà alors...mais c'est un peu tard elle est mariée quand même.
- Tu sais il peut juste renouer des liens sans arrière pensée.
- C'est quand-même mignon après tant de temps.
- Tu es une grande romantique.
- Tu peux parler, Monsieur veillait sur moi discrètement avant de me dire ce qu'il ressentait et qui en plus m'a protégée sans se soucier de sa sécurité.
Tandis qu'elle parlait évoquant leur couple, son doigt allait et venait sur le gilet d'Alec, mais elle ne se rendit pas compte ou presque qu'elle le faisait sensuellement et lorsqu'elle s'en rendit compte, elle arrêta immédiatement avant de rendre la situation gênante.
- Par contre, tu m'affrontes sérieusement, pas de traitement de faveur hein, fit-elle l'embrassant.
- Promis.
Et tandis qu'enfin ils se rendaient sur la zone de duel. Alec se demandait quand même depuis quand sa petite amie semblait avoir du mal à contrôler ce genre de geste. Non pas que cela lui déplaise mais cela devenait difficile de faire semblant de rien.
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Les deux jeunes étaient impatients d'en découdre sans sombrer dans la violence totale. Le discours du directeur Matheson était tellement long qu'ils ne l'écoutaient pas réellement. Il les présentait évoquant leurs précédents duels, leurs qualités,...
Ils n'écoutèrent réellement que quand il parla de ce qu'allait être leur zone de duel: des ruines anciennes, remplies de pierres et de monticules, évoquant les champs de bataille de l'Antiquité. Persia se demandait si le directeur essayait de vendre un concept au monde professionnel du duel. Elle regarda rapidement Alec et vit qu'il n'observait qu'elle, en fait il la dévorait du regard. Elle se sentit rougir et ferma les yeux pour réfléchir à une stratégie, évitant de penser à son envie d'embrasser son petit ami devant tout le monde pour casser le discours infiniment long du directeur. Elle savait d'avance que, malgré toutes les théories stratégiques que lui avait apprises Alec, celui-ci avait cet avantage, elle devait donc dès le départ s'arranger pour découvrir sa position et l'attaquer sans relâche. Elle espérait que celui-ci sache suffisamment se retenir pour doser ses sorts.
((( Music On - Masami Mitsuhoka - Last Cross )))
Le directeur leur intima de se rendre dans leurs zones respectives et fit apparaître l'espace de combat: tandis que le public disparaissaient sous leurs yeux, les ruines apparaissaient masquant leurs vues. Un feu d'artifice donna l'ordre de départ et Persia courut immédiatement se mettre à couvert.
" Bon réfléchis, il faut découvrir sa position, mais comment?"
L'idée lui vint rapidement, elle lança plusieurs Aguamenti sur la zone avant de se mettre à le chercher. L'eau qui résidait désormais par terre lui permettrait d'entendre les bruits de pas d'Alec. Elle escalada ensuite un monticule et progressa lentement.
Alec lui s'était précipité dans les ruines, paranoïaque, il se demandait combien de sorts Persia avait bien pu mémoriser entre les compétitions et le tournoi lui-même. Quand il arriva dans une zone plus découverte, il entendit plusieurs sorts siffler dans l'air, le premier percuta le mur à côté de lui, un autre touchant son dos dans sa course.
Persia était fière de sa technique, elle avait imité la jeune chinoise du tout début du tournoi qui avait réussi à toucher Alec et cette fois encore il avait été touché lui permettant de marquer un point. Elle menait mais ne se réjouit pas trop vite, Alec avait trop de répondant pour ça, d'ailleurs elle entendit celui-ci lancer un bombarda mais à l'inverse d'Henry, il avait dosé la puissance pour juste soulever un nuage de poussière et se donner un couvert. Elle entendit alors un mouvement et tenta d'éviter le sortilège d'Alec entrant dans sa danse habituelle pour s'éloigner, elle sentit néanmoins le sort percuter son bras gauche, ce qui la déséquilibra et la fit chuter. Elle se redressa et repartit vers la zone qu'elle avait humidifiée. Pendant ce temps, elle se demandait comment il l'avait touchée, elle qui était si douée dans son esquive. Il l'observait depuis un moment et avait dû comprendre la faille: il fallait viser là où elle se trouverait à la fin du mouvement et non pas là où elle se trouvait au moment même. Elle atteignit l'espace humide, et se mit à réfléchir lentement.
" Alec, depuis qu'on se connait tu veilles sur moi, je veux te prouver que tu peux te détendre."
Elle savait déjà que son petit ami ne la voyait pas uniquement comme une petite chose fragile à protéger, elle n'était pas en sucre après tout. Tout ce qu'il avait fait depuis le début de l'année, de l'entraînement à la théorie, n'avait été que dans le seul but de la rendre plus forte, capable de se débrouiller sans aide. Elle lui en était tellement reconnaissante, lui qui avait si facilement accepté ses origines qui auraient fait fuir plus d'une personne. Maintenant, elle avait l'impression de passer un examen, une sorte d'épreuve, elle devait gagner. Lui prouver qu'il n'avait pas eu tort de lui faire confiance. Alors, en digne élève de Serpentard, elle mit en place sa stratégie et se cacha dans un interstice. Elle l'entendit arriver, ses pas résonnant dans les flaques d'eau qu'elle avait laissées, puis il murmura un sort, et elle le vit apparaître par une glissade finissant la course contre un mur, s'abritant et observant où elle pouvait se trouver. Il avait lancé le sort de Lars pour geler l'eau au sol, il ne le maîtrisait pas suffisamment pour en user en combat mais sur l'eau c'était déjà suffisant.
" Mais c'est vraiment pas possible, il a déjà réadapté le terrain à son avantage."
Mais elle remarqua surtout qu'il semblait sentir profondément l'air, et fut surprise. Il se prenait pour un chien? Les Craft étaient-ils en réalité des loups-garous ? Aucun des deux, en réalité, depuis le temps, il connaissait parfaitement le parfum de sa petite amie, une douce odeur de rose qu'elle mettait dans son cou et l'abricot de son shampooing. Il espérait que les brises d'air qui circulaient en extérieur véhicule le parfum de sa chérie lui indiquant une éventuelle direction. Elle était effarée, visiblement tout ce qu'il avait pu lire durant ses nombreuses heures de retenues sur les sujets liés aux champs de bataille l'avait préparé. Carmichael avait en effet prit soin de sélectionner ce qu'il devait recopier, tout cela devait sans doute servir à aider Persia contre une menace.
" Il m'étonnera toujours, et si j'avais changé de parfum gros malin."
Elle se mit presque une gifle mentale, si elle avait changé de parfum, il détecterait une odeur de toute manière. Elle continua alors de l'observer. Il avait repéré une ombre, celle du bras. Elle le vit alors s'élancer, sautant au dessus d'une pierre et prenant appui sur une colonne avec son pied gauche se propulsant dans un angle de tir sur ce qui produisait l'ombre et lançait un expelliarmus vers...une pierre métamorphosée en une silhouette de Persia.
En effet, cela faisait partie de la stratégie de Persia, elle avait transformé cette pierre dès le début, merci McGonagall pour tous ses cours, pour qu'il soit piégé. Elle sortit alors de son renfoncement faisant tomber des cailloux. Elle le vit alors, son visage avait perdu son étonnement et arborait un air amusé, il releva la tête vers elle pour la viser mais fut ébloui. Persia avait le soleil dans le dos ce qui l'éblouit et l'empêcha de viser. Elle avait bien appliqué sa leçon principale: se rendre maître du terrain et toujours avoir un bon effet de surprise. Elle leva alors sa baguette depuis son monticule et le visa.
" Pas trop fort, et bien visualiser la forme" pensa-t-elle en prononçant son sort par peur de le blesser.
- { Sagitellum }.
Elle l'avait enfin maîtrisé, sa flèche qui était orange s'envola directement vers Alec et le percuta de plein fouet en plein dans son épaule droite, ce qui le fit chuter lourdement et lâcher sa baguette, le désarmant donc offrant ainsi deux points à Persia et donc la victoire. Elle se précipita vers lui, afin de vérifier qu'il allait bien et le vit allongé au sol un sourire amusé aux lèvres, battu à plate couture et par son propre sort qui plus est.
- Ça va Alec?
- Bien sûr, jolie victoire mon ange, fit il amusé.
- T'avais raison, c'est moi qui gagne fit-elle un grand sourire aux lèvres.
Alec lui passa la main dans les cheveux et l'attira à lui pour l'embrasser tendrement. Les yeux fermés pendant leur baiser, ils ne virent pas la zone de duel s'effacer laissant réapparaître le public qui applaudissait.
- La championne de cette première édition du Tournoi Inter-Ecoles de Duel est remporté par PERSIA CLARK DE SERPENTARD, ÉLÈVE DE POUDLARD, hurla-t-il un peu en liesse il faut le dire. Hum Hum, ajouta-t-il pour séparer le couple.
Persia rompit le baiser, gênée et salua le public en pleine standing ovation. Le baiser des finalistes avait clairement amusé beaucoup de monde, dont un Viktor Krum en fou rire suivi de sa voisine, il semblait content, le montant du pari étant exorbitant.
- Merlin...
Persia était si heureuse de la réaction du public qu'elle hurla légèrement quand Alec la souleva pour la placer sur ses épaules lui faisant faire un tour d'honneur sous les applaudissements. La fête allait être de rigueurs, Poudlard devenant fou grâce au premier titre obtenu. Persia était reconnue enfin pour autre chose que ses résultats.
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Deux jours déjà depuis la grande finale qui avait vu Persia se faire couronner championne du tournoi. Le jour de la finale, elle avait dû se consacrer aux photos officielles, aux félicitations des officiels dont Persia ne se remettait toujours pas, elle avait tout de même réussi à dire à Miss Granger qu'elle était son modèle, gênant celle-ci. Elle avait du faire un discours qui s'était avéré un peu chaotique, le directeur avait oublié de leur dire d'en préparer un. Le discours avait porté surtout sur les remerciements pour les encouragements et la présence de ses proches et avait on ne sait comment finit par une plaidoirie en faveur de son petit ami pour faire taire les rumeurs de Sorcières Hebdo. Pour une fois, Alec était le plus gêné du couple. Le lendemain, Persia dut subir les assauts insistants de tous ses nouveaux fans de Poudlard, se pliant aux photos demandées et devant éconduire des prétendants lourdingues. Alec avait choisit de laisser Persia profiter de son succès, ce pour quoi elle lui était reconnaissante sachant que ce n'était pas parce qu'il était vexé. Lui était bien asticoté par Henry qui avait fait d'Alec un petit ami battu avant de se faire engueuler encore par Kiara quand il réclamait ses gains de paris.
Mais en ce moment, Persia avait choisi de se promener avec Kiara dans un des endroits les moins fréquentés des différents chemins de Poudlard, une zone légèrement vallonnée remplie de pierres et rochers dans une pente longue et surmontée d'un pont de bois qui menaient à d'anciens ateliers de travaux manuels qui devaient bien remonter au début du XXème siècle et étaient depuis abandonnés.
- Haaa enfin un peu de calme, fit Persia.
- C'est ça d'être la grande star de l'école, lui répondit Kiara.
- Quand même, toute cette année est si...intense.
- Bah c'est sur, le tournoi, la coupe de Quidditch qu'on a quasiment dans la poche, les BUSE, ... Ça fait beaucoup.
- Oui, vivement les vacances, que je me repose.
- Du repos? Tu ne comptes pas voir Alec des vacances ?
- Ben si bien sûr, pourquoi?
- Donc elles ne seront pas forcément reposantes, héhé, fit Kiara se dépêchant avant la remarque cinglante de Persia.
Étonnamment, aucune remarque cinglante ne surgit. Kiara observa donc Persia qui semblait pensive, et imaginait sans doute en quoi elle manquerait de repos et haussa les épaules.
- Au moins, on passera aussi un bon moment chez toi, fit Persia.
- Oui, contente que mes parents acceptent que toute la bande passe des vacances à la maison. Tu découvriras le domaine Abbernathy.
- Domaine ?
- Ben oui, tu crois quoi ma chère amie, je suis d'un certain milieu, fit Kiara d'un air faussement guindé.
- Ça va, je le sais mais je n'imaginais pas un domaine carrément.
- Ho tu sais quelques hectares, c'est quand même pas si grand.
- Ben quand même.
- Je vais t'habituer au luxe, si tu vis avec Alec, vu sa fortune tu vas y être confrontée, fit Kiara hilare.
- Rhoooooo mauvaise langue, je ne suis pas intéressée par son argent, fit-elle en tirant la langue.
- Juste par son corps ? fit Kiara haussant suggestivement les sourcils.
Les deux amies partirent dans un délire total. Alec aurait pu en avoir les oreilles qui sifflent. Mais les deux amies de longue date maintenant, furent interrompues par une voix.
- Veuillez m'excuser Damoiselle Clark, serait-il possible de s'entretenir avec vous.
Les jeunes filles se tournèrent vers la voix et virent l'entraîneur d'Ilvermorny. Kiara pouffait sous le terme "damoiselle", tant de snobisme.
- À quel sujet? fit Persia
- J'aimerai vous proposer une nouvelle offre pour Ilvermorny.
- Encore.
- J'en suis navré, Damoiselle Clark, mais c'est important.
Persia décida de l'écouter et Kiara profita pour prendre la poudre d'escampette, pour retourner au château après avoir prévenu Persia, et enfin se reposer.
Arrivée au château elle fut étonnée de croiser son meilleur ami en conversation avec Barrow. Celui ci félicitait Alec de ses résultats du tournoi et avouait sa défaite totale.
- Salut, fit Kiara.
- T'étais pas avec Persia?
- Si mais leur entraîneur, indiquant Barrow de la tête, veut encore la convaincre de rejoindre Ilvermorny.
- Ça devient lassant, fit Alec.
- Et là il met le paquet, il lui sort du Damoiselle Clark par ci par là, ils vont en faire une reine à Ilvermorny ou quoi, fit-elle amusée avant de se ressaisir devant les visages étonnés des deux garçons.
Les deux garçons, ayant une éducation à l'Américaine, partielle certes pour Alec, savaient qu'on réservait ce genre d'appellation uniquement à la très haute noblesse ancienne et importante. Barrow se dit qu'il s'agissait de la mettre en confiance. Alec se demandait à quel point l'entraîneur d'Ilvermorny pouvait être un idiot finit : une autre jeune fille un peu plus futile aurait pu apprécier d'être considérée comme une princesse mais Persia devait être plus mal à l'aise qu'autre chose. Mais l'appellation le tarabiscotait, rien chez Persia n'était de la noblesse, même si c'est parents étaient tous les deux des sorciers, ils n'appartenaient à aucune grande famille. Et soudain, quelque chose traversa l'esprit d'Alec, un détail qui pourrait s'apparenter à la noblesse...
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Persia était toujours en grande conversation avec l'entraîneur d'Ilvermorny. Cela devenait lassant, elle s'impatientait même d'arriver à la fin de la conversation.
- Je vous ai déjà dit que tous mes proches sont ici, je ne peux décemment pas les quitter.
- Damoiselle Persia, Monsieur Craft pourrait vous rejoindre, insista-t-il encore une fois.
- Mais ce n'est pas le problème, ... mes parents, ma sœur, tout me lie à l'Angleterre. Et arrêtez avec vos "damoiselle" incessant. Je ne suis pas une noble imbue d'elle même.
Persia baissa la tête, soupirant de lassitude, décidément cet entraîneur avait l'art de gâcher son plaisir et la tranquillité à laquelle elle aspirait.
- Mais Damoiselle, votre lignée implique le respect dû à son rang.
Persia écarquilla les yeux, et releva la tête lentement inquiète de la formulation, tombant nez à nez avec la baguette magique du sorcier. Elle ne bougea plus, celui-ci récupéra la baguette de Persia qu'il plaça dans une poche intérieure.
- Vous auriez dû vous laisser convaincre dès le départ.
- Espèce de sale...
- Tss pas de grossièreté, l'interrompit le désormais partisan avéré de Grindelwald, si vous étiez moins bornée. Je n'aurai pas eu à provoquer vos rêves, même ces stupides élèves n'ont pas accompli leur rôle.
- Quel rôle ? demanda Persia inquiète.
- Ils devaient s'assurer que vous restiez seule, même si ils ne le savaient pas vraiment. Mais vous vous êtes accrochée à ce garçon, un sourire, un regard langoureux et on obtient un garde du corps obstiné et paranoïaque et dangereux en plus du reste. Si les Craft étaient restés des alliés.
- Alec n'est pas ...
- Taisez-vous !!!
Persia essayait de réfléchir, si il avait attendu qu'elle soit seule, c'était uniquement pour disparaître tranquillement, sans doute via un portauloin caché quelque part.
- Alors maintenant, vous allez obtempérer où je devrais venir m'occuper de tout vos proches soi-disant si précieux et je commencerai par cette fillette qui usurpe le statut de sœur, fit-il sous les yeux horrifiés de Persia.
Et malgré le respect qu'il devait au rang de la jeune fille, il l'aggripa par les cheveux et la tira vers le pont.
- Certaines connaissances sont impatientes de vous rencontrer...ARGHHHHH.
Persia pivota légèrement et vit ce qui avait fait pousser un tel cri de douleur au mage noir, une flèche magique issue du Sagitellum avait transpercé le bras qui lui tenait les cheveux, lui faisant lâcher prise. Cependant, des années de service en tant que mage noir lui fit rattraper Persia de son autre bras le passant autour de son cou et pivota vers l'origine du sort. Persia put alors voir Alec qui se tenait debout, la baguette brandie. Le mage noir tenta immédiatement de le stupefixier mais il se défendit d'un charme de bouclier. Cependant le mage noir resserra sa prise sur le cou de Persia.
- Lâchez votre baguette Craft, ou sinon...
- Vous n'avez sans doute pas le droit de lui faire du mal.
- Pas de la tuer mais le reste se soigne. Baguette, lui intima-t-il.
Alec posa ses yeux sur Persia, il était inquiet mais il semblait attendre quelque chose. Persia eu une idée et lui fit signe de jeter sa baguette.
- D'accord, tout doux.
D'un accord tacite, au moment même où Alec lança sa baguette un ou deux mètres plus loin; Persia rentra son menton vers sa gorge et puis sauta, jetant ses jambes et ses pieds contre un piller de soutènement du pont. Cet appui lui permit de se propulser elle et le mage noir en arrière vers un rocher à leur niveau. Le mage noir eu le souffle coupé, relâcha son étreinte, soudain, surgissant à pleine vitesse Alec aggripa Persia, la tirant des bras du mage noir, le percutant ensuite de plein fouet. Persia fut horrifiée quand elle les vit dévaler la pente emporté par le mouvement. Elle les suivit faisant attention de ne pas tomber. Dans leur chute, elle les voyait se bousculer percutant des rochers qu'elle devait éviter. Alec percuta un rocher plus sèchement que les autres et lui et le mage noir arrivèrent en bas de la pente sans doute sonné tous les deux.
"Merlin pourvu qu'il n'aie rien." pria-t-elle intérieurement.
Lorsqu'elle toucha le rocher qu'Alec avait percuté très violemment, elle sentit quelque chose de poisseux sur sa main, elle regarda et y vit, horrifiée, le sang d'Alec. Elle se hâta de le rejoindre alors qu'il était allongé au sol, une grimace de douleur sur le visage.
- Alec? Réponds moi.
- Hey, je suis pas sourd.
- C'est grave ? fit elle cherchant la plaie.
- Juste de la peau arrachée je pense et des côtes fêlées je dirais.
- Reste allongé, pleurait-elle presque.
- Et toi? Tu n'as rien ? dit-il plus inquiet pour elle que pour lui-même.
Persia n'eut pas le temps de répondre qu'ils entendirent dans le dos de Persia le mage noir se redresser et respirer en sifflant, visiblement une de ses côtes brisées s'était fichée dans le poumon provoquant un pneumothorax ou un effondrement du poumon.
- Saleté de gamins, Persia vous allez me suivre maintenant.
Persia regarda par dessus son épaule observant l'homme quasiment plié en deux sous la douleur. Elle réalisa qu'elle n'avait plus de baguette et qu'elle n'avait pas récupéré celle d'Alec avant de les suivre trop inquiète pour Alec.
" Merde... je suis qu'une conne, j'aurai dû récupérer la baguette d'Alec avant de descendre. Tout ça pour revenir au même point."
Elle sentit un coup de coude d'Alec dans son genou, très discret étant donné qu'il était masqué par Persia agenouillée auprès de lui. Son regard glissa vers Alec et remarqua ce qu'Alec tenait dans la main gauche. Sa baguette, il l'avait récupérée dans la bagarre, et il lui tendait discrètement avec un clin d'œil. Toujours une dernière carte en main, la baguette de Persia s'était transformée en un joker plus qu'important au vu de la situation. Elle glissa sa main pour la récupérer et surveilla du regard la position du mage noir qui les menaçait. Elle plaça sa baguette dans les replis de la robe de sorcière qu'elle portait.
- Maintenant DEBOUT !!!
- { Stupefix }, lança Persia tirant à travers la robe et touchant de plein fouet le sorcier qui s'affalait par terre.
- Bien joué, fit Alec.
Elle l'embrassa rapidement et l'aida à se redresser pour le faire asseoir sur un rocher. Il avait du mal à respirer sous la douleur.
- Alec t'es fou. Ça aurait pu mal finir.
- Je te l'ai dit, je tiens trop à toi pour te laisser, lui sourit-il.
Ils entendirent alors quelqu'un redescendre la pente et regardèrent rapidement dans la direction du bruit. Ils virent un sorcier en uniforme de Beauxbatons. C'était leur soigneur: Chambon semblait se souvenir Persia.
- Je voir vous combattre cet homme, dit-il dans un anglais horriblement approximatif.
- Merlin merci, vite soignez Alec. Il saigne.
Le soigneur approcha et vit les blessures du garçon.
- Vous surveiller si lui se réveiller, demanda-t-il à Persia.
Celle-ci se tourna, s'exécutant serrant sa baguette fortement pour surveiller l'entraîneur d'Ilvermorny. Le sorcier leva sa baguette et lança un sort qui referma la peau d'Alec laissant une horrible marque qui resterait rugueuse à vie. Alec était étonné.
- Merci, mais...
- Vous déjà prévenir secours?
Persia était rassurée que le soigneur s'occupe d'Alec et semblait se détendre quelque peu. Alec lui se crispait, autant le sortilège était moyen pour un soigneur mais il n'avait même pas vérifié si il n'avait rien de plus grave. Alec, convaincu qu'on ne piégeait jamais un Craft deux fois allait prévenir Persia à sa manière.
- Oui, j'ai envoyé mon patronus en forme de cygne au professeur McGonagall, vous avez dû le remarquer.
- Ha alors être votre, fit le soigneur faussement rassuré.
Alec avait laissait deux indices pour être sûr de faire réagir Persia, celle-ci s'était d'ailleurs crispée en les entendant. En effet, premièrement Alec n'avait plus de baguette et donc lancer un sort était impossible; deuxièmement le patronus d'Alec était une hirondelle et non un cygne. Le sorcier de Beauxbatons reprit la parole dans un anglais parfait:
- Je vois, je n'ai donc plus beaucoup de temps, commença-t-il levant sa baguette sur Alec tandis que Persia se tournait vers eux, { Ava ...
- NON!!! { Divus Fulgur }, lança Persia dans un cri interrompant le sort du sorcier.
Et là, la puissance du sort de Persia aurait fait passer celui d'Alec lancé contre Moses pour un sort d'élève de première année. L'électricité dans l'air était sans commune mesure et frappa le sorcier dans un déluge d'arcs bleutés, le sorcier fut propulsé deux mètres plus loin, parcouru de spasmes, la peau fumante, sous le regard surpris d'Alec qui avait été légèrement égratigné sur la tempe par le courant, il en gardera d'ailleurs la marque sous les cheveux. Il semblait que le sorcier était inconscient. Persia se précipita sur Alec et le serra dans ses bras, elle ne pouvait plus retenir ses larmes.
- J'ai cru te perdre, dit-elle dans un sanglot.
- Me... Merci, dit-il encore surpris et serrant Persia dans ses bras.
Persia l'embrassa rapidement plusieurs fois avant d'enfouir son visage dans le cou d'Alec, pleurant encore, complètement envahie par le stress.
- Calme toi, c'est fini... dit-il pour la rassurer avant de la sentir se raidir à nouveau.
- Non...non...c'est pas...
- Quoi? Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Alec éloignant légèrement Persia de son étreinte.
- Il...Il...ne respire plus.
Alec tourna vivement la tête vers le sorcier électrocuté, et il ne vit en effet aucune respiration saccadée, le cœur avait du lâcher sous le choc électrique. Il se retourna lorsqu'il entendit Persia tomber à genoux marmonnant sans s'en rendre compte.
- Je l'ai... tué...je...suis...un monstre...j'ai... tué.
- Persia...fit Alec affolé.
Persia venait de tomber dans un état de choc, il comprenait pourquoi : même si elle lui avait sauvé la vie, elle avait tué quelqu'un et connaissant la jeune fille, Alec était convaincu qu'elle devait être en train de se comparer à son aïeul, pensant être monstrueuse, une tueuse sans pitié. Il devait agir, il attrapa la baguette de Persia et s'approcha du corps du français.
- Non...je suis... comme eux...disait Persia traumatisée par son geste.
Alec se dépêcha d'ouvrir la chemise du français et découvrit au niveau du cœur du sorcier un tatouage : Un grand G majuscule, orné d'une baguette et d'une épée. Il aurait parié qu'il s'agissait d'un symbole des partisans de Grindelwald qui souhaitaient récupérer Persia. Il se concentra et plaça la baguette au dessus du cœur lançant le sortilège de massage cardiaque qu'il avait appris en premier secours.
- { Pulsus }, allez...{ Pulsus }, espèce de connard reviens enfoiré { Pulsus }.
Et la poitrine du sorcier se souleva, il respirait. Si ça ne tenait qu'à lui, il aurait laissé pourrir le cadavre et aurait adoré le voir se faire becter par toutes les charognes du secteur mais il voyait Persia se détruire en se reprochant la mort d'un tel être. Il ne supporterait pas qu'elle ne s'en remette jamais. Il s'approcha d'elle et la prit dans ses bras.
- Il respire, tu ne l'as pas tué. Ne te tourmente pas, lui fit-il la serrant contre lui.
Elle ne réagit pas immédiatement mais finit par passer ses bras autour du cou d'Alec, elle se remit à pleurer la tête contre son torse.
- Merlin...je t'en supplie...
- C'est fini..., dit-il même si il n'était pas dupe que ces deux là ne devait être qu'une première vague, d'autres suivraient sans doute un jour ou l'autre.
- Je t'en supplie, ne me rejette pas...
Ces mots frappèrent Alec de plein fouet...la plus grande peur de Persia, il venait de le comprendre, était donc qu'il la rejette. Il la serra encore plus fort.
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Infirmerie de Poudlard
C'était Persia qui avait au final envoyé un patronus à McGonagall, elle avait aussi lancé un sortilège d'attraction pour récupérer la baguette d'Alec. Ils avaient été emmenés ici, à l'infirmerie, encore une fois diraient certains. Mme Pomfresh avait posé un onguent sur la cicatrice d'Alec sur le côté, espérant rattraper le travail de sagouin selon ses propres dires, même si il y avait peu de chance que la peau d'Alec ne soit pas légèrement rapeuse à cet endroit pour toujours, Alec ayant donc actuellement la chemise ouverte. Ils devaient maintenant attendre le retour de McGonagall. Cependant Alec cherchait le regard de Persia qui était fuyante.
- Persia, je ne te rejeterai pas pour m'avoir sauvé la vie. Alors regarde moi.
- Pourquoi? J'ai tué quelqu'un Alec. Si t'étais pas là il serait mort.
- Persia, commença Alec, si ça ne tenait réellement qu'à moi, je l'aurai laissé. Si je lui ai sauvé la vie c'est pour que tu ne t'en veuilles pas.
- Tu veux être médicomage, c'est normal que tu l'aies sauvé.
- En fait, je me serai écouté, j'aurai achevé le deuxième, dit Alec en toute franchise.
- Quoi ? Mais comment peux tu... commença Persia choquée par un tel manque d'émotions.
- Un ennemi mort est un ennemi qui ne revient pas se venger.
- C'est horrible de penser comme ça. Tu te rends compte de ce que tu dis.
- Totalement, ça fait une personne qui ne peut plus s'en prendre à toi.
- Mais Alec,...
- Alors Persia, qu'est-ce qui plus horrible? Avoir honte d'avoir tué quelqu'un, ou n'éprouver aucun remords à le laisser mourir.
- Je ne...
- C'est plutôt moi qui devrait avoir peur d'être rejeté par toi, je pense que la fin justifie les moyens.
- Mais je t'aime, je vais pas te rejeter.
- Donc tu comprends que l'inverse est réciproque.
- Mouis...
- Persia, je suis sérieux tu ne devrais pas t'en vouloir pour lui ou même pour mes blessures.
- Ça aurait pu être plus grave.
- Bah les cicatrices te plaisent peut-être après tout, fit-il amusé.
- Idiot va...
Même si Alec avait dit tout ça pour remonter le moral de Persia, il faut avouer qu'il n'en pensait pas moins. Grâce aux précepteurs de la grand-mère, éliminer les faibles, les traîtres et les ennemis était quelque chose de tout à fait normal pour Alec. Ce n'était pas de la cruauté juste du pragmatisme. Il caressait tendrement sa joue quand les portes s'ouvrirent laissant entrer le professeur McGonagall et un homme d'environ la cinquantaine, bedonnant et franchement banal.
- Êtes vous remis de vos émotions mes enfants?
- Oui Madame, fit Persia.
- J'ai contacté le bureau des Aurors et ils nous ont envoyé quelqu'un pour démêler tout ça. Nous avons dû passer devant le portrait de Dumbledore pour avoir certaines informations.
McGonagall semblait indiquer le type bizarre rentré avec elle. Les deux jeunes le virent regarder McGonagall attendant une approbation. Il leva sa baguette et lança un sortilège informulé, alors au plus grand étonnement des adolescents, le ventre de l'homme s'affaissa, ses cheveux devinrent hirsutes et noir, ses yeux changèrent de couleur pour devenir vert. Il semblait rajeunir et même grandir. Quand l'homme releva la tête il avait bien vingt-cinq ans de moins mais surtout une cicatrice sur le front. Il s'adressa à eux avant d'être interrompu:
- Je dois changer d'aspect pour mon trav...
- Merlin, vous êtes Harry Potter, c'est...fit Persia cherchant ses mots.
Alec n'émit qu'un sifflement admiratif, les yeux écarquillés, même lui perdait son assurance devant le Survivant.
- Hum oui.
- Ne soyez pas gêné Monsieur Potter, fit McGonagall, cette génération a découvert Poudlard grâce à vous, vous êtes un héros et un modèle pour eux.
- Je n'ai fais que ce qui devait être fait.
Passé les salutations d'usages et les commentaires admirateurs des deux jeunes, McGonagall reprit la parole.
- Monsieur Potter vient pour donner les premiers résultats de l'enquête.
- Oui, ces deux hommes avaient bien prévu d'enlever mademoiselle ici présente et d'user d'un portauloin dissimulé. Cependant, alors qu'ils sont dans les mains de nos legilimens depuis deux heures, impossible de savoir d'où ils viennent et qui les a envoyés. Il y a comme un... blocage. Ils portent cependant le même tatouage mais ils ne semblent avoir que cela de commun. Une secte noire peut-être.
Persia écouta lentement, ces hommes semblaient presque des inconnus l'un pour l'autre, ce qui signifiait que les partisans de son aïeul devaient agir en cellules dormantes, certaines prenant fonction après les autres cela ne la rassurait pas.
- Nous avons peut-être la réponse, fit McGonagall.
- Professeur, non, fit Persia.
- Vous devriez mettre au courant Monsieur Potter, il pourrait vous aider Miss Clark.
Persia se leva et fit quelque pas en arrière comme apeurée.
- Si vous lui dites, ils me mettront avec les autres.
- De quoi parle-t-elle? fit Potter surpris.
- Miss Clark est...
- Professeur... je vous en prie, fit la jeune fille suppliante.
Alec s'était levé et rapproché de Persia pour la rassurer, elle s'accrochait à son bras.
- Miss Clark est la descendante de Gellert Grindelwald.
Comme un coup de tonnerre, Persia retint un cri de colère. Elle voyait le regard de Potter changer et se poser sur elle, déterminé plus froid.
- Je vois, nous devrions peut-être la placer dans un endroit plus sûr.
- Vous voulez juste m'enfermer avec les mangemorts que vous avez vaincus.
- Miss Clark, cessez ces enfantillages, fit McGonagall étonnée du manque de confiance de son élève.
- C'est pour votre bien.
- Personne ne l'emmène nulle part.
C'était Alec qui avait ouvert la bouche, il tenait Persia dans son bras gauche mais le droit tenait fermement da baguette, seul Harry Potter l'avait remarqué et s'était méfié du garçon, serrant lui-même sa propre baguette au cas où.
- Monsieur Craft, fit McGonagall, ne mettez pas de l'huile sur le feu.
- Professeur, je ne laisserai personne l'emmener, et tous les moyens seront bons pour vous ralentir.
- Alec... ne fais rien d'inconsidéré, lui murmura Persia.
- Jeune homme, fit Harry Potter, je ne suis pas vantard mais tu ne pourras pas me vaincre. Tu es bien trop jeune.
- Je n'ai jamais parlé de vous vaincre, juste de vous ralentir, et j'ai une bonne idée de la manière.
- Monsieur Craft, vous allez finir en retenue à nouveau.
Soudain sous l'étonnement général, Harry Potter se mit à rire, rangeant sa baguette.
- Décidément, Dumbledore avait raison et m'avait bien prévenu par son portrait.
- Que voulez vous dire? demanda Persia.
- En réalité, votre protection en ces murs a été prévue par Dumbledore dès votre naissance. Il savait déjà que cela pouvait arriver encore.
- Comment ça encore? demanda Persia étonnée.
- Je vais vous répondre, annonça McGonagall, votre mère biologique fut aussi élève à Poudlard sous la protection d'Albus.
- Je ne savais pas...fit Persia.
- Vos parents espéraient vous en faire part cet été, fit McGonagall, il dispose de certains bien lui ayant appartenu.
Persia était sous le choc, ses parents avaient attendus qu'elle soit suffisamment mature pour lui en parler alors qu'ils savaient des choses sur sa mère. Elle fut sortie de ses pensées par Harry Potter.
- Nous savons donc vers quelle piste nous diriger. Vous n'aurez sans doute pas besoin d'une garde rapprochée, fit-il un sourire entendu au lèvres en regardant Alec.
- Je veillerai sur elle, fit l'intéressé.
- Je me doute bien, j'ai assisté à votre finale et j'avoue que plus que votre niveau qui est assez enviable pour votre âge, j'ai été surpris par la fin du match.
Persia se mit à rougir, c'était gênant devant une légende vivante.
- Je n'avais jamais imaginé un tel lien entre les maisons, fit l'auror tout sourire.
- Albus en rêvait en effet, fit McGonagall. Je parle d'un rapprochement en général, ajouta-t-elle à l'intention de Potter amusé.
- Après tout, c'est la meilleure voie vers une paix durable. Peut-être la génération qui suivra sera encore plus ouverte, conclut-il en regardant le couple encore plus amusé.
Le dit couple fut gêné même Alec. Une génération suivante? Lorsque les implications de cette phrase résonnèrent chez McGonagall, ce fut celle-ci qui rougit. Le reste de la conversation se recentra sur le peu d'informations dont disposaient les jeunes: l'automate de l'année précédente et les propos des mages noirs.
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Prochain chapitre
Chapitre 16 Coupe et BUSE
