Titre : Les flamants roses

Chapitre Bonus 18.5 : Le coup de téléphone

Paring : Jotakak

Rating : K

Disclaimer : Les personnages et l'univers de Jojo's bizarre adventure appartiennent au génie Hirohiko Araki, et non pas à mon humble personne

Storytime: Juste un petit chapitre pour vous mettre l'eau à la bouche en attendant le suivant qui va sortir d'ici demain ou après-demain. J'hésite encore à scinder en deux le chapitre 19 car il est très long et dense, j'ai peur que ce soit indigeste. Et j'ai encore le der des ders à écrire :')

En plus ce chapitre bonus, même s'il ne fait pas beaucoup avancer l'histoire, il permet de faire la transition entre le drama que nous venons de vivre dans les chapitres précédents, et le comique qui nous attend dans les prochains.

On se dit à très vite !

Bonne lecture~


Chaque jour il avait attendu, espéré, que son téléphone ne sonne. Il le scrutait à chaque instant, le laissait allumé jour et nuit dans sa poche, sur son oreiller. Tout ça uniquement pour ne pas rater sa chance, peut-être la seule et unique, de reparler à Kakyoin. Mais à chaque fois que cela se produisait, son cerveau produisait un pic d'adrénaline, qui se soldait immédiatement par une déception. Ce n'était jamais la bonne personne qui l'appelait. Les espoirs de Jotaro se dissipaient de jours en jours.

Pourtant le miracle finit par se produire. Alors qu'il était absorbé par sa présentation d'une conférence sur le récif corallien, son téléphone vibra bruyamment. Il s'arrêta au beau milieu de sa phrase et saisit fébrilement son appareil…

« Kak », tel était le nom qui éclairait sur l'écran. C'est ainsi qu'il avait nommé ce contact, obtenu lorsque l'artiste lui avait laissé un message lors d'un moment de faiblesse.

Jotaro déglutit. C'était la première fois qu'il voyait s'afficher ce nom et ce numéro. Son cœur se mit à battre la chamade, il n'en croyait pas ses yeux. Sans hésiter une seconde il arrêta le temps avec Star Platinum et se leva d'un bond de son siège, en quittant la salle au galop. Quelques secondes plus tard, toute l'assemblée fut stupéfaite de voir que le maître de conférences s'était littéralement volatilisé sans que personne ne le remarque.

Mais à ce stade, pour Jotaro la priorité était évidente. Même s'il devait perdre son travail, même s'il devait perdre sa fortune, même s'il devait vivre sous un pont, plus rien n'avait d'importance. Plus rien ne comptait davantage que de regagner le cœur de celui-ci qu'il avait perdu. Il était prêt à tout.

Arrivé dans le couloir lors de la dernière vibration avant que la boite vocale ne se déclenche, il accepta l'appel.

« Allô ? », dit Kakyoin incertain que son appel ait bien abouti. Son interlocuteur actuellement en train de peiner à reprendre son souffle après sa mini course fit de son mieux pour ne rien laisser paraître :

- ... Docteur Kujo.

A l'autre bout du fil, Kakyoin se mordit la lèvre inférieure. Il avait, semble-t-il, oublié la voix d'une extrême sensualité que son ex avait au téléphone. Avec les quelques années de maturité en plus, ses intonations graves et rauques étaient d'autant plus accentuées. Et se présenter par son titre académique... Putain, c'était sexy.

- …C'est moi, Kakyoin...

- …Ca fait un bail, répondit le biologiste d'une voix neutre

- O-Ouais...

Il y eu un petit blanc. Jotaro attendait qu'il formule la raison de son coup de fil, mais celui-ci complètement prit de panique, pensait qu'il n'allait jamais arriver à le lui dire. Il ressentit soudain la pressante tentation de raccrocher immédiatement.

- Allô, Kakyoin ?

- Oui oui je suis toujours là!

Son hésitation fut d'une seconde trop longue. Il était trop tard pour lui raccrocher au nez maintenant.

- Pourquoi tu m'as appelé?, demanda froidement le conférencier malgré lui.

- Euh... Je te dérange pas j'espère ?

- Non, coupa-t-il sèchement. Pourquoi tu m'as appelé?

L'insistance du brun le poussa dans ses retranchements. Même si les conséquences futures de cet acte lui faisaient atrocement peur, Kakyoin ne pouvait plus faire machine arrière. Son sort était déjà jeté depuis qu'il avait, sur un coup de tête, composé ce numéro...

- Eh bien... Euh... Je voulais m'excuser pour la dernière fois. De t'avoir renversé la table dessus, et de m'être emporté...

- …Laisse tomber c'est de ma faute. T'avais des raisons valables de péter un câble... Du coup si tu n'as rien d'autre de spécial à me dire je raccroche, menaça Jotaro, pour lui mettre la pression.

- Non attends je... !

- ...

Effrayé à l'idée de voir sa chance se dérober, et devant l'impatience manifeste de son interlocuteur Kakyoin se retrouva au pied du mordit la langue de toutes ses forces et cracha le morceau.

- En fait... Je voulais aussi savoir si...Ca te dirait... D'aller manger un morceau ?

Jotaro serra le point en signe de victoire. C'était littéralement la meilleure nouvelle de l'année, voire de la décennie. Son quitte ou double avait porté ses fruits, il était baigné de joie et d'excitation. Mais afin de garder sa contenance, il reprit aussitôt son sérieux et fit comme si de rien n'était :

- Pour quelle heure je réserve ?

- Attends Jotaro, tu veux dire ce soir ?, demanda Kakyoin qui n'était pas prêt à ce que les choses se fassent si vite

- Tu préfères demain sinon ?

- C'est pas ça la question, c'est que je... !

- Excuse-moi Kakyoin, l'interrompit-il, mais j'étais en train de donner une conférence, et je dois y retourner. Du coup tu es libre ce soir ou pas?

Désarçonné Kakyoin répondit sans réfléchir.

- Euuuh.. Bah c'est bon d'accord. OK !

- C'est noté. A ce soir chér- Kakyoin je veux dire. Hm !

Heureux comme un pape, Jotaro raccrocha précipitamment, pour ne pas laisser la chance à Kakyoin de revenir sur ses mots. Puis il retourna en salle de conférence d'un pas lent et avec un sourire indécrochable plaqué au visage.

Kakyoin, quant à lui, nez à nez avec l'écran noir de son téléphone se refaisait la scène en boucle dans sa tête. Il avait comme l'impression de ne rien avoir maîtrisé, et de s'être fait complètement dépasser par les évènements. Et bizarrement, ce n'était pas la première fois qu'il ressentait cette frustration à l'égard de Jotaro.

C'est alors qu'un souvenir lui revint en tête. Juste avant leur tout premier rendez-vous dans une salle d'arcades, cela ne s'était-il pas exactement passé de la même manière ? A l'époque aussi, Jotaro lui avait complètement tiré les vers du nez, jusqu'à lui faire dire ce qu'il voulait qu'il dise...

Le déjà-vu s'installa dans l'esprit de l'artiste. Après tout, ce futur diner n'était-il pas aussi un peu comme second premier rendez-vous ?

Kakyoin appréhendait au plus haut point et trépignait d'impatience à la fois. C'était cette même nervosité que lors de leurs premiers rendez-vous alors qu'ils n'étaient, à l'époque, que des adolescents sans expérience. Cette même énergie débordante, cette fougue, il la sentait au plus profond de lui. Son âme qui était restée si longtemps endormie, venait tout juste de se rallumer...