Bonjour à tous et à toutes. D'abord, je tenais à remercier tous ceux qui me suivent. On approche doucement mais surement du mille vus, c'est vraiment fantastique, je ne m'attendais pas à ce que cette histoire soit suivi d'aussi près ! Je vous remercie donc tous pour votre assiduité.

Je tenais ensuite à mettre une sorte d'alerte pour ce nouveau chapitre car, comme vous l'avez sans doute déjà pressenti (du fait de la fin de mon dernier chapitre), L'anneau d'argent contient quelques scènes de violence. Je tenais à le souligner avant de commencer afin que personne ne se sente désemparé à la fin de sa lecture.

Voilà, bonne lecture et on se retrouve la semaine prochaine :)

PS: la traduction de l'expression marquée par ce symbole * sera donnée à la fin du chapitre.

Chapitre 22 : L'anneau d'argent

Ce ne fut qu'après avoir parcouru quelques mètres que Livia sortit de son état de stupéfaction et se mit à réagir. L'approche des marches aidèrent beaucoup à ce retour à la réalité. Sans perdre une seconde, elle donna un coup de coude dans les côtes de son agresseur et profita de son déséquilibre pour le faire basculer vers l'avant, pile dans les marches. Elle espérait ainsi qu'il soit entraîné dans l'escalier pour être débarrassée de lui et fuir dans l'autre direction.

Ce fut le cas grâce à Merlin. Le problème, c'est que le filet étrangleur qui partait de la baguette du garçon l'entraîna malheureusement dans sa chute. Elle dévala l'escalier avec lui, passant entre les sbires que son prédécesseur s'était déjà chargé de bousculer. En arrivant avec fracas sur le sol, le filet se dissipa du fait du manque de concentration du garçon, mais elle ne put trouver ni sa respiration, ni la force de se relever dans l'instant. Sa chute dans l'escalier avait fait apparaître des douleurs un peu partout dans son corps et la difficulté qu'elle avait à reprendre son souffle n'arrangeait rien.

Cependant, elle savait qu'elle ne pouvait pas faire du surplace. Il fallait qu'elle se lève pour partir avant que les autres ne descendent pour l'attraper. En usant de toutes la force de sa volonté, elle essaya de se relever le plus vite possible. Ce fut plus que compliqué, mais elle y arriva en moins de temps qu'elle ne le pensait. La peur et l'adrénaline devaient contribuer à activer ses membres malgré la douleur. Elle fit quelques pas boiteux vers les escaliers du sous-sol, espérant rejoindre la foule salvatrice de sa situation, mais elle n'eut pas eu le temps d'atteindre l'escalier sombre, car elle sentit quelqu'un lui prendre les cheveux et la tirer vers l'arrière.

Elle tomba au sol sous la violence du geste, mais ça ne dissuada pas le garçon de la traîner sur plusieurs mètres vers un endroit un peu moins éclairé du grand couloir du hall. Il la jeta ensuite très violemment devant lui et Livia s'écrasa de nouveau avec fracas sur le sol de pierre. Tous ses sens étaient perturbés par la nouvelle violence qui les assaillait. De ce fait, elle eut beaucoup plus de mal à se relever pour faire face à ses adversaires. Elle y arriva cependant, mais elle n'eut pas le temps de ne serait-ce que d'être parfaitement stable sur ses pieds qu'elle fut harponnée par deux personnes dont elle ne put pas voir le visage. Ils prirent chacun un de ses bras pour l'immobiliser.

Elle essaya de donner un coup de pied à celui à gauche d'elle (qui avait un horrible masque de zouhou) mais le garçon de droite raffermit sa prise sur son épaule pour l'empêcher de bouger. C'est alors que le premier coup tomba. Avery, qui était arrivé en face d'elle, lui décocha un coup de poing dans le ventre qui la fit se plier en deux sous la puissance du choc. Il prit ensuite son visage dans une de ses mains pour qu'elle le regarde dans les yeux.

-On se calme, dit-il avec un sourire de vipère alors que Livia tentait de retenir le sang qui était remonté dans sa trachée lacérée à la violence du coup qu'elle venait de recevoir. On voulait juste aller dans un endroit plus tranquille avant de commencer, mais si tu veux que ça se fasse ici dans l'école, il n'y a pas de soucis ma jolie.

Il claqua des doigts de sa main libre et tous ses sbires qui portaient des masques d'animaux fantastiques (comme tous les autres sauf Mulciber comme c'était pratique) firent un cercle autour d'elle et des deux garçons qui la tenaient. Livia en décompta six.

-Tu vois Blackwood, dit Avery qui compressait toujours sa mâchoire entre ses doigts boudinés, Regulus nous a dit que tu nous observais beaucoup ces derniers temps, alors on s'est dit que tu voulais peut-être recevoir ta correction en avance. Alors nous voilà ! continua-t-il avec un grand sourire. Et je crois que c'est le bon moment, parce que, vu ton comportement de tout à l'heure, je crois qu'il est grand temps qu'on te remette à ta juste place de sang-pur, de Serpentard, mais surtout ; Surtout ; à ta place de FEMME ! vociféra-il en insistant bien sur le dernier mot. Aucun homme ne veut d'une putain pour épouse.

Sur ces derniers mots, Livia lui cracha son sang à la figure. Vaticanus fit un pas de recul réflexe, mais il se reprit vite. Il se mit à rire d'un rire faux en s'essuyant le visage. Il regarda sa main puis Livia.

-Quelle tigresse, dit-il d'une voix presque sensuelle. J'adore !

Le revers du gauche qu'il lui mit la fit flageller des jambes. Si les deux Serpentards qui la tenaient par les bras ne la retenaient pas, elle se serait sans doute effondrée sur le sol. Le garçon sur lequel elle s'était affaissée l'avait poussé d'un petit coup d'épaule pour qu'elle se sépare de lui et Avery en avait profité pour lui donner un crochet du droit qui la fit s'effondrer sur l'autre garçon. Elle fut incapable de retenir sa bouche de délivrer un filet de sang sur le sol.

Ce fut là qu'elle reçut son deuxième coup dans le ventre et Livia se plia en deux dans un souffle. Elle sentit son nez couler. Le sang s'échappait de sa bouche sans qu'elle puisse le contrôler et la douleur se rependait partout dans ses veines. Elle ne criait pas pourtant. Elle ne voulait pas donner à Avery ce plaisir. Le fait que la strangulation lui avait sans doute broyée quelques cordes vocales y étaient sans doute aussi pour beaucoup mais Livia ne préféra pas y penser pour le moment.

Il lui donna un coup si puissant dans le thorax après ça que Livia fut propulsée vers l'arrière. Les garçons la lâchèrent et elle s'effondra sur le sol comme une marionnette. Livia était complètement sonnée et n'arrivait plus à respirer normalement. Sans qu'elle sache comment, elle trouva assez de force pour tenter de se relever, mais ce fut sans compter sur Avery qui lui donna un puissant coup de pied dans le ventre qui la retourna en la soufflant de douleur.

Ensuite tout s'enchaîna si vite que Livia n'eut même pas le temps de réaliser ce qui se passait. Les coups arrivèrent de tous les côtés. Les pieds de ses agresseurs se fracassaient contre ses côtes, son visage, ses bras, ses jambes, son ventre. Elle essayait de se mettre en position fœtale mais un nouveau coup l'empêchait systématiquement de le faire. Son organisme était si affecté qu'elle percevait comme un klaxon dans ses oreilles et sa vision était brouillée par les larmes qui montaient toutes seules dans ses yeux en mécanisme de défense.

Mais tout ça n'était rien comparé à la douleur. Livia ne ressentait rien d'autre que ça. Les coups étaient si nombreux qu'elle ne percevait même plus les vagues de souffrance. Toutes ses perceptions passaient par la douleur. Elle ne sut jamais combien de temps l'agression avait duré. Tout ce qu'elle savait, c'est qu'elle avait l'impression que ça avait duré une éternité.

Quand ça s'arrêta, Livia était consciente, mais à peine. Elle respirait difficilement et tout avait une teinte rougeâtre autour d'elle. Affalée sur son côté droit, elle sentit quelqu'un lui prendre le visage pour le redresser. Elle reconnut la tignasse blonde d'Avery avec le peu qu'elle arrivait à voir.

-C'était qu'un second avertissement Blackwood, perçut Livia entre deux tintements dans les oreilles. Tu es une sang-pur après tout, tu as le droit à plus d'indulgence. Mais ne crois pas qu'il y en aura un troisième. Si tu ne nous écoutes pas, on te fera ce qu'on a fait à la sang-de-bourbe qui est passée avant toi, alors je te conseille de bien réfléchir à…

Il s'interrompit brusquement et détourna la tête de son visage. Comme très loin d'elle, Livia entendit des sons de voix qui s'interrompirent. Il y eu quelques secondes de flottement, puis Avery lâcha son visage et son crâne percuta brutalement le sol, ce qui n'arrangea pas les tambours qui resonnaient dans sa tête.

-FILS DE GOULE ! entendit-elle après quelques instants sans voir d'où ça venait.

Elle reconnut cependant la voix de Sirius Black.

Elle vit des jets de lumière fuser un peu partout autour d'elle d'abord. Puis elle vit des gens courir pour s'éloigner devant elle et ensuite elle était sûre d'avoir entendu des échos de lutte derrière elle. Elle se serait bien retournée pour voir, mais elle était incapable de faire le moindre mouvement. Plusieurs secondes passèrent ainsi et Livia était toujours plus étonnée à chacune d'elles de ne pas tomber dans les pommes.

-ARRÊTE TU VAS LE TUER ! SIRIUS ARRÊTE ! LÂCHE-LE ! LÂCHE-LE BON SANG ! cria la voix de James Potter plusieurs mètres derrière elle, semblait-il.

Il y eu quelques secondes de latence après ça. Livia n'était pas sûre, tous ses sens étaient si embrouillés. En tout cas, elle était sûre de percevoir l'écho d'une lutte moins violente et d'une conversation à mi-voix entre les garçons sans pouvoir entendre ce qu'ils disaient.

-Remus va voir comment va la fille ! entendit-elle très distinctement en revanche après quelques instants.

Elle entendit des bruits de pas courir vers elle, puis une masse sombre couvrit la vision qu'elle avait de son bras gauche brisé. Elle perçu à peine le visage qui se pencha sur elle.

-Par Merlin… souffla le garçon avec ce que la Blackwood imaginait être un visage horrifié. James c'est Livia !

-Comment elle va ? demanda alors James quelques instants plus tard, d'un ton essoufflé comme s'il était en ce moment même en train de retenir Sirius de replonger vers l'assaillant de la jeune femme (ce qui était probablement le cas).

-Elle semble consciente mais pas beaucoup, répondit Remus en l'observant, bien que le visage du jeune homme était flou pour Livia.

-Bien, dit le préfet de Gryffondor. Peter garde-le en joue. Remus va chercher des enseignants tout de suite !

Le garçon se releva et obéit à James laissant de nouveau Livia seule sur le sol dur et froid.

-Lâche moi ! cria Sirius qui avait une voix d'enragée. Je vais tuer cet enfoiré ! Je vais le tuer, lâche-moi !

-Tu te calmes tout de suite où je te stupefix c'est clair !? vociféra James d'un ton autoritaire à l'attention de son ami, ce qui sembla faire effet car un silence se propagea dans le couloir. Peter ! Je vais aller voir comment va Livia. Tu ne les lâches pas de vu l'un comme l'autre et si jamais l'un de deux bouge… Tu les Stupéfix tous les deux compris ?

Elle ne sut pas trop ce qui s'était passé après. Tout tambourinait dans son esprit. Mais elle vit l'éclat des lunettes de James Potter apparaître devant son visage quelques instants après cette petite tirade autoritaire qui sonnait faux dans l'apparaître que James se donnait habituellement.

-Livia tu m'entends ? demanda James Potter d'une petite voix inquiète.

Elle perçut ses paroles en écho comme tout ce qu'elle pouvait entendre depuis une minute. Elle se demandait même si elle n'était pas en train de rêver tout ça tant son esprit était embrouillé. Elle aurait bien aimé lui répondre mais elle n'arrivait déjà pas à respirer sans souffrir le martyr alors elle n'osait imaginer ce que ça serait d'essayer de prononcer un mot. Elle se contenta de le regarder à travers cet épais voile rouge qui recouvrait sa vision pour lui faire comprendre que si elle arrivait à le voir elle pouvait l'entendre.

-Les professeurs arrivent bientôt, lui dit-il d'une voix tremblante. Il faut que tu restes réveillée…Il faut que tu restes réveillée…S'il te plaît reste réveillée… Reste réveillée…

Il répéta cette phrase plusieurs fois en caressant son épaule sans se rendre compte qu'elle avait mal au moindre contact sur sa peau. Elle essaya de lui obéir. De rester consciente, mais c'était affreusement dur.

« Sois forte » entendit Livia dans la salle. Il lui fallut quelques instants pour comprendre que ça venait de son esprit. D'une part parce que c'était clair comparé à tous les autres sons qu'elle percevait depuis son arrivée sur le sol, mais aussi parce que c'était la voix grave mais suave de son père et que Darius Blackwood n'était pas là.

« Sois forte » répéta la voix de son père derrière les échos de voix plus nombreux qu'elle perçut soudain dans la pièce. Les professeurs étaient arrivés et James Potter se releva. Elle se retrouva à nouveau seule face au spectacle de son bras qui avait un drôle d'angle et elle entendit son nom être crié comme si on la cherchait.

« LIVIA OÙ ES-TU MO CHAILíN* ? » entendit-elle plus fort lorsqu'elle commença à voir les jambes de quelqu'un s'approcher d'elle. Ça semblait flou, comme s'il y avait des interférences, pourtant c'était plus net que tout ce qu'elle voyait avant. Livia comprit pourquoi lorsque l'homme s'agenouilla à quelques pas d'elle. C'était son père.

Il avait la même forme de visage, les mêmes yeux et les mêmes cheveux sauvages que sa fille. En les voyant à côté l'un de l'autre personne ne pouvait douter qu'ils étaient père et fille. Il avait cependant une mâchoire plus large et des pommettes moins bien dessinées que les siennes. Légèrement plus jeune qu'il ne l'était aujourd'hui, Livia réalisa que c'était une apparition plus lointaine encore que la phrase qui resonnait encore en arrière-plan dans son esprit. Tout semblait se mélanger dans sa tête et elle ne comprenait plus rien à ce qui s'y passait.

« Pourquoi tu t'es enfuie ? » lui demanda son père, entouré de ce halo rouge étrange, tout en la regardant dans les yeux. Elle vit du mouvement passer autour d'elle mais elle ne pouvait pas lâcher son père du regard.

« Je n'aime pas quand vous partez, j'ai peur » dit une petite voix d'enfant dans son esprit qu'elle reconnut sans peine comme celle qu'elle avait à six ans.

« Tu ne dois pas avoir peur chérie. Ta mère et moi on ne cesse et on ne cessera jamais de veiller sur toi » dit Darius Blackwood en la regardant agonisante sur le sol. Livia ne sut si c'était uniquement un souvenir ou un rêve éveillé. Mais au moment où elle le vit retirer l'anneau argenté sur son annulaire droit elle sut que c'était un souvenir, un des souvenirs qu'elle avait tant de mal à visualiser depuis que son frère était malade.

« Prends le »dit Darius. Livia voulut tendre la main pour attraper l'anneau décoré de motifs celtiques comme elle l'avait fait à l'époque, mais dès qu'elle tenta de lever la main vers son père la douleur se répandit dans ses veines et sa main s'affaissa. Un chapeau pointu s'était mis à gauche de sa vision mais Livia était tellement prise dans son délire psychotique qu'elle n'y fit même pas vraiment attention. Elle regarda l'anneau que lui tendait son père disparaître de sa main. Le même anneau qui trônait à l'index droit de sa fille désormais.

« Quand tu auras très peur ou que tu seras très triste, serre le très fort et tu pourras nous sentir tout près de toi. Fais-le et tu sauras que, peu importe les kilomètres, les murs, les océans, les tempêtes ou les épreuves qui nous sépareront physiquement, ta mère et moi serons toujours présents à tes côtés pour te protéger. Toujours ».

La jeune femme vit le sourire tendre qui se dessina sur le visage de son père avant qu'un autre visage n'interrompe sa vision et qu'elle ne ferme les yeux. Elle sentit une larme couler sur son nez fracturé à de multiples endroits. Elle essaya de serrer sa bague avec son pouce pour effacer sa peur, mais son pouce refusait de bouger à l'instar de ses yeux qui refusaient de s'ouvrir à nouveau.

Elle perçut alors l'écho de la voix du patriarche de la famille resonner une nouvelle fois dans son esprit.

« Sois forte, sois forte, soit forte, soit forte »

-Miss Blackwood ? entendit-elle, comme très loin dans son esprit.

«…On ne cessera jamais de veiller sur toi » murmura la voix de Darius Blackwood, comme si les deux souvenirs essayaient de fusionner dans son esprit complètement embrouillé.

-Il faut l'emmener à l'infirmerie maintenant ! dit la voix d'une femme qu'elle ne reconnaissait pas tant le tambourinement dans sa tête était puissant désormais.

« Sois forte, sois forte, soit forte, soit forte »

-Je m'en charge ! dit une autre voix si déformée par ses sens qu'elle ne l'a reconnu pas non plus, même si elle lui disait quelque chose. Il y eu un moment de latence entre cette phrase et le moment où elle sentit quelqu'un toucher son dos, mais au final, quelqu'un prit son corps entre ses bras et la souleva.

« Ta mère et moi seront toujours présents à tes côtés pour te protéger. »

La suspension dans les airs paralysa ses membres dans un étau de douleur qui entraîna cette fois son esprit dans un tourbillon de noirceur.

« Toujours » entendit elle une dernière fois avant que le trou noir dans lequel son esprit était aspiré ne l'envahisse complètement. Livia venait de perdre connaissance.


La première chose qu'elle ressentit en se réveillant fut la chape de plomb qui pesait sur son crâne. La seconde, c'est qu'elle avait l'impression d'être passée sous un éruptif. Petit à petit, elle retrouvait des sensations dans les membres et la douleur était présente bien qu'elle était beaucoup moins forte qu'auparavant. Après une première inspection, Livia pouvait affirmer à 50% que tous ses os avaient repris leur emplacement et forme habituels. Cependant ses muscles semblaient garder un douloureux souvenir de ce qui s'était passé.

Elle sentit l'odeur de l'infirmerie avant de pouvoir la voir. Elle était déjà contente de pouvoir sentir à nouveau sans avoir des litres de sang qui se répandaient sur le sol. Après quelques battements de cils difficiles, elle vit une forme rousse assez indistincte au premier abord en face d'elle. Assise sur la chaise de garde malade du lit en face de celui sur laquelle elle était allongée, Lily travaillait avec énergie sur l'un de ses devoirs, sa baguette illuminée coincée dans la bouche pour lui permettre de voir malgré l'obscurité grandissante de la pièce. La chaise étant tournée en face de son lit, Livia ne pouvait donc pas voir sur quoi elle travaillait, mais cela semblait captivant vu sa concentration.

Elle sourit mentalement en la voyant. Elle passa les quelques minutes qui lui fallut pour que sa vision soit complètement réhabilitée à la regarder travailler. Une fois que ses yeux se furent habitués à la luminosité, elle essaya de se tourner pour voir ce qui se passait dans le reste de l'infirmerie. Elle eut à peine le temps de voir madame Pomfresh qui préparait énergiquement un élixir, que Lily était déjà arrivée près d'elle, attirée sans doute par son mouvement.

-Salut, dit-elle d'une petite voix tendre avec un petit sourire triste. Je sais que tu n'aimes pas qu'on reste près de toi pour te veiller, mais techniquement parlant j'ai veillé sur le lit en face de toi alors je ne crois pas que ça compte.

Livia ne put s'empêcher de sourire. Elle aurait bien ri, mais elle avait encore trop mal à la gorge pour ouvrir la bouche. D'un geste significatif, elle tenta de lever le bras pour aller chercher la main de Lily mais ce fut très laborieux. Comprenant que son amie voulait lui dire merci, la préfète-en-chef avait fini par l'aider en lui tendant sa main.

-Je vais aller voir madame Pomfresh pour lui dire que tu es réveillée, je reviens, dit-elle lorsque Livia avait lâché sa main.

La jeune femme essaya de faire un signe de tête approbateur mais la migraine la reprit lorsqu'elle essaya de propulser son visage vers le haut. Heureusement, Lily avait compris et elle s'était mise en route vers le fond de la pièce.

Essayant d'aller contre ses membres endoloris et son mal de crâne, Livia se tourna vers l'endroit où s'était dirigée Lily et trouva à la place la surprise qui l'attendait sur la petite table de chevet à côté de son lit. Il semblait qu'elle avait eu des admirateurs car elle était remplie de fleurs, de bonbons et autres friandises.

Livia voulut attraper un des paquets pour voir de plus près ce qu'on lui avait envoyé, mais elle n'arriva pas à l'atteindre. Elle arrivait à peine à lever son bras en fait. Ce fut au bout de la quatrième tentative qu'une main fraîche se posa sur son avant-bras pour lui faire reprendre sa place au repos.

-Doucement miss Blackwood, dit madame Pomfresh. Vous êtes encore faible il ne faut pas vous surmener.

La jeune infirmière s'assît sur son lit et Livia la regarda. Elle avait les cheveux attachés sous un petit bonnet médical, les yeux globuleux mais pas terrifiants au contraire, un nez pointu et une bouche charnue et tendre. Quand elle souriait elle était capable de redonner espoir à tout le monde. C'était déjà ce que Livia s'était dit lors de leur première rencontre quelques temps plutôt.

-Bon on va tester vos réflexes moteurs pour voir si j'ai bien travaillé et après je vous ordonne de vous reposer.

Livia fit oui de la tête en essayant de ne pas la lever trop haut afin de ne pas être assaillie par le mal de crâne. Sous le regard verdoyant de Lily qui restait un peu en retrait, madame Pomfresh commença quelques exercices standards. Elle commença par ses yeux. Après avoir sifflé un petit « lumos » qui avait illuminé sa baguette en bois très clair, elle avait ordonné à Livia de suivre l'éclat lumineux du regard. Après la fin de ce test fructueux, elle avait testé son audition, ainsi que sa capacité à bouger les doigts de pieds (ce qui avait été plus du qu'elle ne le pensait), sa capacité à serrer une petite boule brune dans ses mains où faire bouger ses membres. La dernière étape fut la parole. C'est ce que Livia redoutait. Elle avait toujours cette étrange impression de compression au niveau de la trachée ce qui annonçait que ce test n'allait pas être très glorieux.

L'infirmière lui demanda de dire une phrase simple. Mais ce fut très laborieux. Elle avait pris presque une minute à faire sortir un son de sa gorge et il était étrangement sourd et aigu. Elle avait pris son temps, encouragée par les deux femmes dans la pièce et après quelques temps elle avait réussi à dire : « Mon nom est Livia Blackwood ».

-C'est très bien, avait dit l'infirmière après ce lamentable concert de son disgracieux. Quand vous êtes arrivée ici la quasi-totalité de vos os étaient fracturés, plusieurs de vos organes étaient perforés, votre trachée était brisée et vous aviez un énorme traumatisme crânien. J'ai réussi à tout remettre en ordre, mais cela va prendre quelques temps avant que ça ne revienne complètement. En tout cas tout est sur la bonne voie miss Blackwood. On a prévenu votre tante, elle arrive demain prendre de vos nouvelles pour vos parents.

« Non… » pensa intérieurement Livia sans parvenir à le dire à voix haute. S'il y a une chose que Livia ne voulait pas c'était que sa tante vienne ici. Rien que l'idée de la revoir lui donnait surement un pique de tension.

-Bon, dit madame Pomfresh en se levant. Je vais aller prévenir Dumbledore de votre réveil, il vous rendra surement visite demain. Bonne nuit miss Blackwood, fit-elle avec un grand sourire avant de se tourner vers Lily. Miss Evans.

Lily lui sourit poliment puis les deux filles la regardèrent partir sans un mot. Une fois seules, Lily s'approcha de son lit pour prendre la place qu'occupait l'infirmière quelques secondes plus tôt.

-C'est bientôt l'heure du couvre-feu, il faut que je retrouve James pour faire des rondes, dit-elle avec une rougeur lui montant aux joues à l'appellation du nom du garçon. On se revoit demain ?

Elle avait prononcé cette phrase comme si elle avait peur que Livia la rejette comme la dernière fois. Même s'il lui était possible de parler autrement que comme un vieux crapaud qui a ingurgité trop de vase, Livia lui aurait dit que c'était avec plaisir qu'elle la reverrait demain. Cela la surprenait mais depuis son réveil elle ne ressentait pas ce sentiment désagréable lorsque Lily était auprès d'elle dans un lit d'infirmerie.

En guise de réponse, Livia lui avait souri en tentant de secouer la tête. Lily avait alors déposé un petit monceau de parchemin sur la chaise à côté d'elle après avoir répondu à son sourire.

-Ce sont les cours de Lundi et d'aujourd'hui, dit-elle sous les gros yeux de Livia qui réalisait le temps qu'elle avait passé dans les vapes. On en reparlera demain au déjeuner. Dors bien.

En finissant cette phrase elle avait fait un grand sourire compatissant avant de tourner les talons pour retrouver le garçon dont elle commençait à tomber amoureuse. Livia, elle, resta réveillée quelques temps à regarder par la fenêtre. Elle se disait qu'il fallait voir le côté positif des choses. Ça aurait pu être pire. Elle aurait pu ne pas se réveiller où avoir perdu l'usage d'un membre. Comme la dernière fois qu'elle était passée dans cette infirmerie, elle caressa l'anneau de son père en se disant que demain, le garçon qui s'était fait prendre avec elle allait regretter de s'en être pris à elle. Rien qu'à cette idée, Livia s'endormit avec un sourire.


Mo chailín* : ma fille (en irlandais)