Jour 371
Le moment était arrivé de décider ce qu'il allait advenir de ce conflit qui n'avait que trop duré.
Toutes les nations élémentaires étaient très affectées par les dommages de la guerre. Au-delà des morts qui se dénombraient par dizaines de milliers, l'équilibre de ces nations étaient complètement déstabilisé : Uzushio avait été tout bonnement rayé de la carte, Suna était assiégé tout comme Iwa et Kumo avait subi une rébellion en interne menée par les frères d'or et d'argent. Etrangement ces-derniers avaient été retrouvés morts d'une étrange manière.
Parmi tous les Kage qui avaient participé au conflit, seul le Nidaime Kazekage était encore en vie. Tous les autres Nidaime avait finalement péri dans cette guerre dont on ne savait presque plus qui était l'ennemi de qui.
Seuls deux pays, Hi No Kuni et Mizu No Kuni pouvaient prétendre encore à continuer le conflit car ils avaient réussi à prendre l'ascendant sur leur ennemi. Mais il aurait été complètement suicidaire de vouloir s'attaquer aux villages cachés car les pertes humaines auraient été beaucoup trop importantes.
La solution la plus logique et la plus censée s'imposait d'elle-même : armistice.
Tobirama ayant clairement promu Hiruzen Sarutobi comme son successeur, le nouveau Sandaime Hokage décida de proposer une trêve à ses ennemis. Il fit envoyer des messages de paix aux différentes nations élémentaires.
Toutefois, la paix avait un prix et n'était possible que sous certaines conditions imposées par le Kage de la Feuille. Tout devait être fait en faveur du pays pour réparer les dégâts causés par la guerre.
Kumo n'avait pas d'autre choix que d'accepter cet armistice puisque le premier traité de paix signé par leur défunt Nidaime Raikage avait été retrouvé. Il était certes maculé de sang mais sa signature y était apposée.
Pour Suna, cette proposition d'armistice tombait à point nommé. En effet, le défunt Mizukage avait emprisonné la famille du Kazekage en gage de sécurité, empêchant ainsi toute tentative de rébellion de la part du pays du Vent.
Du côté d'Iwa, la signature du traité de paix fut beaucoup plus amère car ils étaient contraints de l'accepter. En effet, ils n'avaient plus aucun allié d'autant plus qu'ils n'avaient pas prévu que Tobirama Senju réduise à néant la troupe d'élite de Kumo accompagné de Kinkaku et Ginkaku.
Ce fut donc sans victoire apparente pour chaque camp que la Première Grande Guerre Shinobi se termina. Désormais les nations élémentaires étaient en paix et tous devaient se reconstruire. Des messages furent envoyer aux quatre coins du monde afin que celui-ci soit au courant de l'armistice, permettant la reprise de la vie et notamment de la vie économique entre les nations. Cet aspect était primordial puisque tous manquaient cruellement de ressources et qu'il fallait absolument réagir au plus vite pour subvenir aux besoins des populations, avant d'essuyer des révoltes en interne voire des exodes vers d'autres contrées plus prospères.
Le seul pays parmi eux à avoir échappé à ce terrible désastre humain et matériel était Ta No Kuni. D'un point de vue extérieur, Ta No Kuni était en quelque sorte récompensé pour avoir clairement affiché ses intentions de neutralité en choisissant de payer ses voisins et en interdisant tout accès militaire. Et le pays des rizières décida d'utiliser cette explication pour justifier comment ils étaient arrivés à se maintenir malgré la guerre.
La vérité était tout autre, mais pour le moment Ta No Kuni devait agir avec prudence tout en gardant son objectif secret : devenir le plus grand pays des nations élémentaires en étant la plateforme incontournable du commerce entre les nations. La renommée du pays devait continuer à se propager telle une rumeur, mais celle-ci devait susciter suffisamment d'intérêt et de curiosité pour attirer de plus en plus de monde. De plus, l'objectif était également de proposer du travail et surtout une vie dont la sécurité était la garantie. Cela permettrait inévitablement aux populations qui viendraient jusqu'à eux de faire le choix d'y rester.
Mais alors que les différents pays signaient l'armistice, chaque troupe armée ou plutôt ce qui en restait regagnait leur village respectif. Les avantages de la paix permettaient de se déplacer sans craindre de se faire attaquer au détour d'un chemin. Et parmi tous ces shinobi qui rentraient chez eux, Tsunade Senju en faisait partie.
Avec les membres de son équipe Orochimaru et Jiraiya, elle avait participé à de nombreux assauts contre l'ennemi bien qu'ils n'eurent souvent que de petites missions sans grand danger. Ils étaient encore jeunes pour être en plein milieu d'un champ de bataille et Hiruzen Sarutobi n'aurait pas pardonné la perte de ses élèves. Ceux-ci furent donc d'une certaine manière épargnés durant le conflit.
Alors que les shinobi de la Feuille franchissaient les portes du village, le soulagement pouvait être lu sur leurs visages, ils étaient enfin rentrés chez eux et étaient vivants. Comme tous ceux avec qui elle avait fait le chemin de retour, Tsunade se dirigea vers le quartier de son clan, le domaine des Senju. Elle comptait pouvoir retrouver sa famille et ses amis surtout qu'ils étaient la dernière troupe à rentrer au village.
Ils avaient tous été affectés à différentes troupes de shinobi et elle ne les avait pas revus depuis le début de la guerre. Quand elle arriva au niveau de sa demeure, elle était tellement pressée de les revoir qu'elle se mit à courir dans l'allée tout en criant pour signaler son arrivée.
— Kaa-chan ! Tou-chan !
Elle arriva devant sa maison, ouvrit la porte en toute hâte non sans avoir enlever ses sandales à l'entrée. Sa voix trahissait son empressement de pouvoir les serrer dans ses bras.
— Kaa-chan ! Je suis rentrée ! Cria-t-elle pour indiquer qu'elle était là afin qu'ils ne craignent pas une intrusion indésirable.
Cependant la jeune adolescente ne pouvait pas imaginer une seule seconde ce qu'elle s'apprêtait à découvrir par la suite. Quelque chose attira subitement son attention : la maison était totalement silencieuse sans aucune présence de vie à l'intérieur. Les meubles étaient pourtant à leur place, rien n'avait changé, il s'agissait bien de sa demeure mais elle avait cette sensation étrange que quelque chose n'était pas normal. L'angoisse commença à monter petit à petit dans le creux du ventre de la jeune blonde lorsqu'elle réalisa qu'une fine couche de poussière recouvrait le mobilier mais également le sol. Au vu de l'épaisseur qu'elle arrivait clairement à distinguer cela ne pouvait signifier qu'une chose : la maison était vide depuis un moment.
— Kaa-chan ? Appela encore une fois la blonde la voix peu rassurée et légèrement tremblotante.
Et encore une fois, le silence fit écho à sa propre voix. Elle décida malgré sa gêne grandissante d'entreprendre l'inspection des lieux.
La maison était décidemment bien vide de ses habitants légitimes. Elle décida de sortir dehors et d'aller à la rencontre d'autres membres de son clan afin qu'ils la renseignent sur l'endroit où pouvaient se trouver ses parents.
Cependant, autre chose frappa Tsunade : en parcourant les rues du domaine, la jeune fille constata que le silence était aussi de rigueur dans l'ensemble du domaine. Seuls le bruit du vent ou des rares oiseaux qui traversaient les lieux donnait un peu de vie à cet endroit. Force était de constaté que les quartiers des Senju étaient terriblement vides. Les rues étaient désertes, les habitations closes et vides de leurs habitants. Elle avait beau cherché attentivement, aucune âme qui vive était présente. Elle ne croisa ni ses cousins, ni ses amis... n'importe qui appartenant à sa famille proche ou éloignée : il n'y avait personne.
Personne.
Ce fut à cet instant précis qu'elle réalisa que tout autour d'elle ne régnaient que le silence et l'absence de vie. La jeune fille comprit alors cette terrible vérité, la guerre lui avait probablement prit beaucoup plus qu'elle ne l'avait imaginé : l'entièreté de son clan. Une autre réalité lui sauta aux yeux : l'égoïsme et la vanité de l'homme venaient de faire d'elle la dernière Senju au monde.
Plus jamais elle ne reverrait aucun des siens et cette triste constatation finit d'ébranler la jeune adolescente qui ne put empêcher le chagrin de la submerger.
— Kaa-chan, pleura doucement Tsunade.
Elle tomba à genoux en plein milieu de la rue, se serrant elle-même dans ses bras. Les larmes lui montèrent rapidement aux yeux et elle laissa les sanglots la parcourir sans qu'elle ne puisse se retenir et surtout sans que personne puisse y faire quoi que ce soit.
Elle était totalement désemparée et anéantie de réaliser cette funeste évidence qu'elle était désormais la seule et la dernière héritière du clan Senju. N'aurait-il pas mieux fallu qu'elle tombe elle-aussi au champ d'honneur comme tous ceux de sa famille ? Au moins elle n'aurait pas eu à connaître cette insupportable douleur qui lui enserrait le cœur et les entrailles.
Tsunade était dans une telle attitude de prostration légitime face à cette nouvelle qu'elle ne sentit pas s'approcher une silhouette. Elle sentit juste qu'une paire de bras venait de l'enlacer et de la serrer fort contre elle. A première vue, ses bras ne pouvaient pas appartenir à un homme d'âge avancé, ils devaient appartenir à un adolescent comme elle.
La tête de la jeune adolescente était plaquée contre le torse de cet individu et en ouvrant ses yeux emplis de larmes, Tsunade aperçut une chevelure blanche.
— Je suis là Tsunade, chuchota Jiraiya avec une voix que la blonde n'avait jamais entendue de la part de son partenaire. Il n'y avait aucune trace d'humour ou de drague, que de la sincérité. Elle se sentit effectivement moins seule en cet instant qu'elle se laissa aller pour la première fois dans les bras de ce garçon qu'elle pensait n'être qu'un imbécile sans cœur. En effet, Jiraiya et elle passaient leur temps à se chamailler et ce peu importe le sujet. Mais aujourd'hui, tout semblait différent : il n'y avait pas de trace de taquinerie ou même de gaminerie. C'était comme si la découverte de la disparition du clan Senju les faisaient passer de l'insouciance de l'enfance à la responsabilité d'être adultes. Elle s'agrippa alors à ses vêtements et laissa le chagrin s'évacuer dans de nombreux sanglots bruyants. Jiraiya resta agenouillé sans broncher, sans rien dire... juste à lui apporter le réconfort silencieux de cette étreinte : il était juste présent et il partageait sa douleur.
— Pourquoi ? Fut la première question que finit par poser Tsunade lorsque ses sanglots s'amenuisèrent.
— Je ne sais pas Hime...
— Pourquoi cette foutue guerre ! Cria la blonde de chagrin et Jiraiya ne fit que resserrer ses bras autour d'elle. Il voulait tant pouvoir lui ôter ce chagrin, anesthésier le déchirement qu'elle subissait suite à cette affreuse constatation. Il avait le cœur serré d'entendre toute la souffrance que ressentait la fille qu'il aimait. D'une certaine manière, il comprenait sa douleur mais il ne pouvait pas entièrement se mettre à sa place. En effet, même s'il était un orphelin qui n'avait jamais connu ses parents, lui n'avait jamais connu ce qu'elle expérimentait à présent : la perte d'êtres chers.
— Car les adultes sont stupides, chuchota le jeune garçon en caressant délicatement la chevelure de la blonde.
— Si j'avais été plus forte... suggéra-t-elle tant le désespoir était intense.
— Ce n'est pas ta faute Hime ! Ce n'est pas ta faute, interrompit Jiraiya qui reconnaissait là les premiers signes d'une culpabilité inutile qu'elle allait s'infliger. Tu es une fille formidable et très talentueuse Hime et tu as déjà fait ton maximum durant cette guerre... tu ne pouvais rien faire de plus... tu ne pouvais pas savoir Hime ... personne n'aurait pu le prédire... et... dit-il en cherchant les mots les plus adéquats pour la réconforter avant d'être interrompu.
— Si j'avais été comme elle... cela ne serait pas arrivé, rajouta Tsunade.
La dernière des Senju avait eu comme une sorte de révélation alors qu'elle pleurait contre Jiraiya, une personne s'était imposée à son esprit : cette fameuse jeune femme aux cheveux rose. Pourquoi l'image de cette femme lui était-elle apparue ? Personne ne saurait l'expliquer mais Tsunade comprit que cette femme qui avait éradiqué leur ennemi à l'aide de son compagnon incarnait tout ce qu'elle-même désirait être : puissante.
La jeune fille était convaincue que si elle avait eu les mêmes compétences, elle aurait pu sauver des membres de son clan mais aussi ceux de son village. Si elle avait été beaucoup plus forte elle aurait sûrement pu permettre que le cours de la guerre soit complétement diffèrent.
— Qu'est-ce qui t'empêche de l'être ? Demanda doucement l'adolescent.
— Que veux-tu dire ? Interrogea Tsunade en s'écartant légèrement de l'étreinte de son camarade afin de le regarder dans les yeux.
Il ne répondit pas toute de suite, il fixait simplement la jeune fille d'un regard si tendre et si compréhensif que Tsunade en fut retournée à tel point que son cœur manqua un battement. L'adolescent posa lentement et tout en douceur ses pouces sur les joues de la jeune fille pour lui essuyer les traces de larmes encore présentes.
— Cette femme a vu en toi un brillant avenir, elle l'a dit elle-même, ce que tu tentes de faire est admirable. Je ne doute pas un seul instant que tu en seras parfaitement capable... tu as déjà cette force en toi Hime, tu réussis tout ce que tu entreprends, rassura Jiraiya avec un très fin sourire. Sa voix était inhabituellement posée, lui qui était si désinvolte, à cet instant il faisait preuve d'une telle sagesse que Tsunade se demandait si elle n'avait pas mal jugé son camarade depuis toutes ces années qu'ils étaient équipiers.
— J'ai peur Jiraiya, avoua au bout d'un moment la blonde.
— Je sais que tu y parviendras Tsunade et je t'aiderai à devenir aussi forte que cette femme, réconforta Jiraiya avec cette certitude indéfectible dans la voix.
— A quoi bon continuer sans personne, soupira la blonde en baissant les yeux, sentant de nouveau le chagrin l'envahir en pensant qu'elle ferait tout cela sans qu'aucun des membres de sa famille ne puisse voir ce qu'elle accomplirait.
— Tsunade regarde-moi, exigea avec douceur l'adolescent qui voyait toute la peine que ressentait la jeune fille. Cette dernière leva les yeux avant de plonger de nouveau son regard dans celui du garçon qui la tenait dans ses bras avant qu'il ne poursuive :
— Tu n'es pas seule, tu nous as nous ton équipe, nous sommes là pour toi... je... je suis là pour toi Tsunade... je peux être ta famille... annonça-t-il avec sincérité. Tsunade sut qu'il ne lui mentait pas, qu'il ne lui disait pas uniquement cela pour la réconforter et apaiser son chagrin actuel : il lui promettait à mots couverts qu'il serait toujours là pour elle car elle était déjà tout pour lui.
— Arigato.
Jour 390
La guerre était finie depuis maintenant un mois, les pays pansaient leurs blessures et il était l'heure des bilans, des interrogations et des hypothèses. Et c'était ce dont il était question ce soir-là dans un des quartiers de Konoha où une assemblée se tenait dans un lieu dédié aux réunions importantes concernant les affaires du village et surtout du clan.
— Messieurs, si je vous ai tous réuni ici ce soir c'est parce qu'il faut que nous abordions certains points que j'ai jugé indispensables de discuter tous ensemble. En tant que chef de clan, je ne pouvais pas ne pas prendre en considération les arguments que m'a exposé l'un des nôtres hier.
Le dernier chef du clan Uchiha qui avait été désigné après la mort de Madara regardait l'assemblée devant lui. Ils étaient encore nombreux à être encore présents malgré la guerre. Cela s'expliquait grâce à leur Sharingan qui avait permis qu'ils aient le moins de pertes possible, ce qui n'avait pas été le cas des Senju qui avaient payé le prix fort lors du conflit.
Le brun balaya du regard tous les chefs de famille qui composaient son clan, les visages étaient fermés et durs. Ce genre de réunion n'était jamais de bon augure et la tension était palpable dans la pièce, chacun regardant du coin de l'œil ses voisins.
— Inutile de vous rappeler que tout ce qui sera dit ce soir est passible de mort si vous révéler à quiconque ce qui va y être évoqué, rajouta le chef d'un ton qui ne laissait aucun doute sur l'importance des sujets abordés par la suite. Ce rappel des règles fit grimacer plus d'une personne qui n'aimaient pas qu'on leur remémore leurs obligations vis-à-vis du clan.
— Pourquoi Kagami est parmi nous dans ce cas ? Cracha l'un d'eux en fusillant le dénommé qui resta neutre à la mention de son nom.
— Oui ! Pourquoi il est là ! Il est de notoriété que Kagami fait toujours passer les intérêts du village avant ceux du clan ! Ajouta un autre Uchiha pour faire écho au premier qui avait fait cette remarque.
La tension était à son comble dans les rangs des Uchiha qui commençaient à s'échauffer alors que rien n'avait été encore prononcé. Le chef de clan savait que cette réunion serait compliquée et il ne devait pas faire traîner les choses s'il voulait que tout le monde comprenne l'importance de ce qui allait être dévoilé.
— Car c'est lui qui a demandé à réunir le conseil ce soir, répondit l'homme avant d'inviter Kagami à se lever alors que lui-même s'asseyait sur le sol.
Le jeune Uchiha qui avait été un des élèves personnels du Nidaime Hokage se leva avant de regarder toute l'assemblée. Même si certains avaient clairement un regard accusateur envers lui, d'autres l'observaient avec curiosité pendant que la majorité conservait ce regard neutre dans l'attente de se faire leur propre opinion en écoutant ce qu'il avait à dire.
— C'est vrai, je ne nie pas les accusations qu'on m'attribue. Vous le savez tous, je suis un ninja qui a toujours placé le village avant sa famille et je ne m'en cache pas. Mais les derniers évènements que nous venons de traverser ainsi que les éléments que j'ai pu relever au cours de ce conflit m'ont poussé à réfléchir différemment. J'en suis arrivé à me poser cette première question : est-ce que Konoha est réellement capable de garantir notre sécurité ? Et par sécurité, j'entends notre sécurité individuelle tout comme à l'échelle du clan entier.
Tous sans exception regardaient attentivement le jeune Kagami alors qu'il venait juste d'exposer sa réflexion. La question était loin d'être anodine et elle était d'emblée très pertinente car tous savaient très bien comment le village de la Feuille traitait leurs membres depuis la nuit des temps.
Malgré la période de paix instaurée lors de la création du village, les Uchiha n'avaient jamais vraiment été intégrés comme un clan à part entière au sein du village. Pour que cela change, ils avaient tourné le dos à leur ancien chef : le tout puissant Uchiha Madara. Mais malgré cela, lorsque ce-dernier attaqua quand même le village, le clan fut pointé du doigt. Et il était connu que le Nidaime Hokage ne les portait pas dans son cœur voire qu'il ne leur faisaient absolument pas confiance.
— Comment cela ? Demanda Izumi Uchiha, un des ancien lieutenant de Madara.
— Comment se fait-il que personne ne se soit interrogé sur la soudaine disparition de Mito Uzumaki ? Elle vivait au sein même du village et pourtant du jour au lendemain plus personne n'entend parler d'elle et ne s'en inquiète. Pareil pour Uzushio, comment explique-t-on que ce village ait pu être entièrement rasé ou plutôt comment Konoha a-t-il pu arriver trop tard pour éviter ce désastre ? Je sais, certains me diront que j'avais tort d'adhérer à l'idéologie de mon défunt maître Tobirama Senju, et cela est toujours vrai ! Mais pourtant, ce que je ne peux que constater c'est qu'il n'a pas su tenir ses engagements non seulement envers son allié mais aussi envers la protection qu'il était censé accorder à une héritière de clan telle que Mito.
Au fil de son discours, les membres de l'assemblée se mirent à réfléchir plus intensément aux éléments qu'il était en train de soulever. Certains Uchiha croisaient les bras contre eux et avaient une mine de plus en plus renfrognée tant leur réflexion interne était en ébullition.
— Qu'essayes-tu de prouver par-là ? Demanda au bout d'un moment un des plus ancien Uchiha de l'assemblée.
— Qui nous dit que Konoha ne fera pas la même chose avec le clan Uchiha ? Plus le temps passe et plus je me dis que peut être Uchiha Madara avait raison et que nous aurions dû le suivre...
— Qui es-tu ? Interrogea soudainement un homme après s'être levé et en fixant Kagami avec stupeur.
— Comment cela ? S'étonna le jeune homme qui ne comprenait pas la question de son homologue.
— Le Kagami que je connais n'aurait jamais pu avoir ce genre de discours, encore moins celui d'adhérer à la vision de Madara qui voulait que nous reprenions les armes contre ce village qu'il avait construit, affirma son interlocuteur ce qui fit hocher la tête de plusieurs membres de l'assemblée. Comment peux-tu du jour au lendemain retourner ta veste ?
— Je n'ai pas retourné ma veste comme vous semblez vouloir le croire. Je suis toujours le même et sans vouloir vous vexer, je ne suis pas comme la majorité d'entre vous à me regarder le nombril et à me sentir supérieur aux autres clans du village ! Non, moi je suis quelqu'un qui arrive à voir des choses que la plupart de gens ne voient pas, dit-il en haussant le ton. J'ai toujours pris soin d'analyser les situations, les contextes, les enjeux et les risques. C'est ce qui me fait penser de manière plus large... plus large que ma famille et même plus large que le village lui-même. Et bien que je sois un shinobi, je déteste la guerre ! Oui je hais me battre, surtout quand la cause ne s'arrête pas plus loin que pour des intérêts personnels. Et comme certains le disent, oui je protège mon village, le faisant passer avant ma famille. Mais pourtant... pourtant j'aime mes parents, ma sœur et chacun des membres de mon clan. Et c'est aussi pour eux... pour les préserver que je suis prêt à faire abstraction de beaucoup de choses... comme faire passer ma famille avant le village. Et c'est en considérant tous ces points que j'espère pouvoir préserver ceux que j'aime et éventuellement un jour apporter une paix durable.
— Admettons, concéda l'Uchiha qui lui avait posé les dernières questions, quels éléments as-tu récolté pour que tu changes à ce point ?
— Alors avant de répondre à cette question, j'aimerai vous en poser une autre : qui parmi nous tous serait capable de rivaliser avec Uchiha Madara ?
Tous furent surpris par la question, mais en observant l'attitude de Kagami il s'agissait d'une vraie interrogation qui suscita de nombreux chuchotement dans l'assemblée. Tous connaissaient la puissance de leur ancien chef et tous avaient cette évidence sur le bout de la langue.
— Personne, finit par dire le chef de clan qui n'avait pas réagi depuis le début de la prise de parole du jeune homme.
Cette affirmation fit taire les murmures et le silence s'abattit subitement dans la salle, telle une douche glacée.
— Alors qui dans le monde serait capable de s'opposer à lui ? Poursuivit Kagami profitant du silence environnant.
— Hashirama, énonça vivement un homme de la salle.
— Certes, mais Hashirama Senju est mort. Et vous serez d'accord avec moi, qu'à part lui, personne à notre connaissance n'est capable de rivaliser avec lui. Alors maintenant j'aimerai vous poser une dernière question : si nous devions affronter Uchiha Madara tous ensemble est-ce que vous pensez que nous aurions la moindre chance de l'emporter ?
— Où veux-tu en venir Kagami ? Demanda Izumi complètement perdu avec toutes les questions sans réponses du jeune homme. Les autres membres de l'assemblée étaient dans le même état et des regards dubitatifs s'échangeaient de part et d'autre de la salle.
— Où je veux en venir ? Durant la guerre, j'ai eu beaucoup de temps pour observer, penser et analyser ce qui m'entourait, ce que les gens disaient. Premier point : de nombreuses guérilla ont eu lieux non seulement sur notre territoire mais aussi chez les autres pays. Second point : toutes ces guérilla semblaient être provoquées par un duo que jamais personne n'a réussi à identifier et encore moins appréhender. Troisième point, les techniques employées par l'un d'eux m'ont rapidement permis d'éliminer beaucoup de candidats qui pouvaient être ces deux personnes recherchées de tous.
Il ne fallut pas beaucoup de temps à ce que les membres du clan commencèrent à formuler dans leur esprit ce que ce jeune Uchiha était en train de leur soumettre :
— Est-ce que tu sous-entendrais que ...
— Je ne le sous-entends pas, je l'affirme ! Interrompit Kagami qui avait l'attention de tout le monde à ses lèvres.
— Tu n'y penses pas, c'est impossible ! Objecta l'un d'eux alors que Kagami n'avait donné aucune indication précise pouvant laisser supposer l'impensable.
— Si cela est tant improbable, répondez-moi alors. Qui dans toutes les nations élémentaires est capable de faire un Ninjutsu Katon de l'envergure d'un grand village ? Qui est capable de tenir en respect une armée à lui seul ? Qui est capable d'annihiler une ville avec une seule technique ? Juste une personne est en mesure de faire tout ce que je viens de citer !
— Madara est mort ! S'insurgea l'un des membres.
— Mais que je sache, personne n'a jamais retrouver le corps de notre chef, alors qu'est-ce qui nous prouve qu'Uchiha Madara n'est pas dehors en train de faire ce pour quoi il s'est toujours battu ?!
Kagami marqua un temps d'arrêt dans ce qu'il venait d'annoncer car c'était comme avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête.
— Si j'ai demandé cette réunion exceptionnelle du clan, c'est parce que je souhaite protéger non seulement mon village, mais aussi ma famille et mon clan tout entier. Car si Madara est derrière la destruction d'Uzushio et qu'avec une seule technique il est capable de cet exploit qu'est-ce qui l'empêcherait de faire pareil avec Konoha ?
Le silence était tel qu'on pouvait entendre les respirations de chacun. Les esprits étaient concentrés et cherchaient des réponses à tout ce que le jeune Uchiha avait soulevé.
— Que proposes-tu donc Kagami ? Si Madara est bel et bien vivant, pourquoi n'a-t-il pas recontacté le clan ? Pourquoi se cacher ?
— Peut-être pour que nous le découvrions par nous-mêmes...
La réunion continua pendant près d'une heure avant de se terminer, laissant chacun des membres en proie à de nombreuses interrogations qui ne trouvaient que peu de réponses. Car si effectivement leur ancien chef était en vie, il était fort à parier que Uchiha ou non, tous ceux qui avaient osé le défier en refusant de le suivre devraient en payer les conséquences. Et ils étaient nombreux à craindre la terrible colère d'Uchiha Madara qui n'était pas réputé pour pardonner facilement.
[Merci encore de tout votre soutient et sachez qu'il ne reste que 12 chapitres avant la fin de cette histoire.]
