Bonjour à toutes et à tous et bienvenu sur

la première partie du chapitre vingt-six du Souffle Du Dragon !

Je tiens à remercier ceux qui m'ont ajouté en favoris ou en likes, chers lecteurs, mais plus encore pour leurs messages. Les reviews sont les seules récompenses que nous, auteurs de Fanfictions, ayons, alors je vous remercie réellement de prendre de votre temps pour ne serait-ce que me laisser un j'aime ou bien me dire ce qui vous dérange dans cette histoire. Vous êtes des amours !

Je vais le répéter encore une fois mais depuis quelques mois maintenant, les chapitres sont sectionnés en deux afin de laisser à ma bêta et moi-même la possibilité de prendre de l'avance, que ce soit sur la correction ou bien l'écriture. Certes, vous trouverez peut-être qu'avoir des chapitres de 10 000 mots (quoique, maintenant, nous nous approchions plus des 15 000 mots par chapitres…) c'est court, mais il est important que Pelote et moi gardions le plaisir de lire et écrire cette histoire, plutôt que d'en faire une contrainte.

Au passage, pour ceux qui souhaitent le savoir, Le Souffle Du Dragon fera en tout et pour tout 52 chapitres + 2 ou 3 Bonus + un épilogue (ou 2…) ! Alors préparez vos vendredis/samedis pour encore une année, parce qu'on n'est pas couché…

À l'attention de Dramionymus et Lena-Malefoy, je vous ai envoyé un MP en réponse à vos commentaires ou à vos messages tout court 😉 !

J'espère vraiment que cette histoire continue de vous plaire ! Au programme de ce soir : une Fleur pas si délicate que ça, un Bill Stressé, un Harry plein d'emphase, une Daphnée bourrée, un Charlie très compréhensif, une Hermione en colère et un George étrangement émotif !

Comme d'habitude, je vous souhaite à tous de passer un très bon moment sur ce chapitre, nous nous retrouvons en bas pour la seconde partie de mon Blablas d'auteur !


*** Bonne lecture ! ***


Précédemment dans le Souffle Du Dragon :

(Chapitre 23)

Je veux que tu le saches, ma grande, susurré-je en vrillant mes yeux aux siens. J'ai mis des années à comprendre que je t'aimais et deux mois à savoir ce que tu étais. Mais là, cette nuit, je te fais la promesse solennelle qu'un jour très prochain, je t'épouserais. Ça pourra prendre des mois, des années ou peut-être même une vie entière, je n'en ai rien à faire. Tu peux déjà commencer à organiser le mariage, mo chridhe, parce que sous peu, tu seras Luna Lovegood Weasley.

Mais tu ne sais même pas ce que je suis ! chuchote-t-elle, abasourdie.

Chérie, souris-je plus fort, tu ne peux être qu'une reine. Tu l'as toujours été.

.*.*.*.

(Chapitre 25)

D'accord, jouons cartes sur table, veux-tu ? soupire-t-il en revenant dans le salon. Qu'attends-tu de nous deux ?

C'est-à-dire ? fais-je, pris de court, les sourcils froncés.

Il a l'air si mal à l'aise que pendant quelques secondes, je peine à retrouver le jumeau farceur qu'il a eu l'air de redevenir depuis quelques jours. Depuis l'anniversaire de Charlie, à vrai dire… Revoir les bases… J'ai pu voir de première main qu'il n'avait rien oublié !

Je connais tes sentiments, et tu connais les miens, fait-il en se frottant les yeux. Je veux que, toi et moi, nous soyons un couple, même si, pour le moment, je préférerais que ça reste du domaine privé, le temps que je sois prêt à faire face à certaines personnes de ma famille. Mais toi, qu'est-ce que tu attends de moi ? Être un couple ? Le mariage ? Vivre heureux dans une petite maison en banlieue avec une barrière blanche, un hippogriffe, une chouette, deux chats et un bébé ?

Répondons à tes questions dans l'ordre, d'accord ? Être un couple, souris-je en coin, amusé, je ne suis pas contre, bien au contraire. Mais tout comme toi, je préférerais que ça reste du domaine privé. Voire très privé, même…

Ceux qui savent déjà pour Vegas, donc, rit-il.

C'est tout à fait ça ! hoché-je la tête, sentant un poids s'enlever de mes épaules. En ce qui concerne le mariage, je ne suis même pas sûr que deux sorciers puissent se marier !

C'est possible, bien sûr, mais peu le rendent public, fronce-t-il le nez. Les nés-Moldus et les Sang-Mêlés ont apporté l'homophobie dans le monde de la magie, et depuis, les mentalités assez ouvertes sont devenues rétrogrades… Mais je note avec intérêt que tu n'es pas contre avoir une bague au doigt !

C'est en l'entendant que j'en prends conscience. Oui, un jour, j'aimerais avoir LA fameuse bague au doigt. Mais pas celle de n'importe qui. La sienne. Celle qui me liera à lui pour aussi longtemps que possible.

Je ne suis pas stupide, je sais parfaitement que tous les couples ne sont pas faits pour durer, et que parfois, même des personnes qui disent s'aimer pour toujours finissent par se séparer. Mais lorsque je vois des personnes comme Bill et Fleur, ou même Charlie et Hermione, je retrouve cet espoir que l'amour existe.

Laisse cette chose à Charlie et Hermione pour le moment, sois gentil ! ris-je à mon tour. Une fois qu'ils se seront dépêtrés de toutes leurs histoires, si tu le souhaites toujours, nous pourrons en reparler.

C'est vraiment amusant de les voir mariés, à vrai dire. Je crois d'ailleurs n'avoir jamais vu Hermione autant s'amuser et être une jeune femme normale que depuis qu'elle est mariée avec Charlie !

Je note, je note, sourit-il en coin. Et concernant la maison de banlieue ?

Je possède un manoir où, surprise, surprise ! m'exclamé-je, tu habites déjà ! Que de coïncidences, ces derniers temps ! Et elle possède déjà son propre hippogriffe ainsi qu'un Fléreur. En revanche, pour la chouette, il faudra attendre encore un peu…

On peut toujours essayer de coller des plumes à Kreatur, si tu veux vraiment en avoir une ! lève-t-il les sourcils plusieurs fois d'affilée. Je suis sûr qu'il serait a-do-rable en elfe de maison à plumes ! Peut-être même serait-il moins grincheux !

Putain ce que l'idée est tentante ! Elle rendrait même hommage à la partie maraudeur de Sirius ! Mais je dois bien avouer que, depuis que je lui ai offert le médaillon de Regulus, Kreatur s'est légèrement assagi. Bordel ! Il en vient même à arrêter d'appeler Hermione « Sang de Bourbe » !

Quoique, puisqu'elle est légalement sa maîtresse, je suppose qu'il ne saurait pas faire autrement… Néanmoins, il a l'air de l'apprécier, enfin, autant qu'il sache le faire, je suppose…

Et en ce qui concerne le bébé ? murmure-t-il faiblement, détournant le regard ostensiblement.

C'est maintenant ou jamais. Être un courageux Gryffondor ou un lâche petit Serpentard… Le conseil de Pomfresh me revient en tête, à ce moment-là : vous avez besoin de votre partenaire tout autant que votre enfant a besoin de la magie de son père pour se développer.

Ça dépend, fais-je en prenant mon courage à deux mains. Tu te sens prêt à en accueillir un dans à peine quatre mois ?

Que… Quoi ? sursaute-t-il, bégayant difficilement. Que veux-tu dire par là ?

Que Rogue avait raison et que les sortilèges contraceptifs ne sont pas faits pour les chiens…, grimacé-je.

Tu es…

Enceint ? terminé-je pour lui. Oui.

Par le putain de tartan écossais de McGonagall ! souffle-t-il, médusé. Mais comment est-ce possible ?

Je crois n'avoir jamais été aussi mal à l'aise qu'en cet instant, et peut-être même mal tout court. Cette incertitude, cet espoir qui décroît de plus en plus dans son regard… Merde… Je crois que nous nous sommes vraiment fait beaucoup de mal, ces derniers mois, pour qu'il en vienne à douter et perdre sa foi en moi…

Je dois vraiment avoir la discussion concernant les choux et les abeilles avec toi ? fais-je, malicieusement, tentant vainement de combattre la rougeur proéminente de mes joues. Je pensais pourtant que tes frères avaient eu l'amabilité de le faire pour toi, il y a des années !

Depuis quand es-tu au courant ? vrille-t-il ses yeux aux miens.

Hier matin, soupiré-je en me laissant tomber contre le mur. Je voulais savoir s'il existait une potion contraceptive du lendemain ou quelque chose comme ça.

C'est peut-être ce que je déteste le plus dans le fait d'être un sorcier ayant vécu toute la première partie de sa vie dans le monde moldu. Je réfléchis toujours comme un Moldu malgré sept années à Poudlard…

Quand j'ai posé la question à Pomfresh, elle m'a demandé si j'avais eu des rapports sexuels avec quelqu'un, et j'ai été plus ou moins obligé de lui répondre que oui. Elle m'a fait passer toute une batterie de tests après que je lui ai donné mon accord, et c'est comme ça que la réponse est apparue…

.*.*.*.

Dis-moi, les yeux dans les yeux, que tu n'aimes pas Charlie, Mione, fais-je abruptement, la faisant tourner sur ses pieds pour qu'elle me regarde en face.

Son visage rougi plus fort encore, preuve que nous venons d'atteindre un nouveau stade dans l'embarras. Sa panique, sa tristesse, son appréhension et une légère pointe d'espoir semblent se refléter magnifiquement sur ses traits légèrement maquillés, mais au dernier moment, elle détourne le regard, me coupant dans mon examen poussé.

Harry… Tu sais très bien que je ne peux pas faire une chose pareille, soupire-t-elle.

Alors tu es amoureuse de Charlie ? lancé-je immédiatement, refusant de la laisser se recomposer un visage de façade.

S'il est bien une chose que je sache parfaitement de la part d'Hermione, c'est qu'elle ne saura jamais mentir sciemment à quelqu'un tout en le regardant dans les yeux, ni même sans rougir. Elle n'a jamais su le faire durant notre première année, et même après, ça a toujours été une catastrophe. Ce qui se produit une nouvelle fois.

J'aime Ron, chuchote-t-elle, le visage tourné vers les escaliers. J'étais même sur le point de me marier avec lui, aujourd'hui…

Finalement, je ne sais pas ce que j'aime le moins dans cette assertion. Qu'elle me mente à moi, ou bien qu'elle le fasse à elle-même. Parce que tout, dans son langage corporel, me prouve qu'elle n'est pas sincère, que ce soit avec moi ou envers elle-même.

Fleur nous a faits, à Fred et moi, un récit plutôt complet de ce qu'il s'est passé durant le rituel, et je dois dire que plus jamais je ne regarderais Charlie ou même Hermione en pensant – ce qui n'est jamais arrivé, à vrai dire – que l'un ou l'autre soit lâche.

Je crois qu'il faut bien plus de courage pour affronter une nouvelle fois la pire des tortures mentales dans le simple but de ramener à la vie l'amour de jeunesse de son mari, et tout autant pour tenter de récupérer l'âme de Sirius. Mais j'aurais vraiment donné tout l'or de mes voûtes pour voir le mariage de Ron et Hermione !

Alors qu'attends-tu exactement ? froncé-je les sourcils. Si tu es si sûre d'aimer Ron, pourquoi n'est-ce pas avec lui que tu vas à ce bal, et non avec Charlie ? Pourquoi avoir pris en compte ce que Fleur et moi t'avons dit pendant cette sortie shopping, à Paris ? Dis-moi ce que tu veux vraiment.

Je veux simplement des réponses, chuchote-t-elle, la voix enrouée de larmes.

J'ai beau avoir eu le récit de Fleur sur ce qu'il s'est passé durant le rituel, je ne sais pas vraiment ce qui cause les larmes qui affluent dans son regard. Elle a l'air si fragile, si désemparée… Comment fait Charlie pour toujours l'aider à remonter la pente ?

Je peux te poser une question, Mione ? soufflé-je en lui prenant la main.

Bien sûr, acquiesce-t-elle en plantant son regard embué dans le mien. Tout ce que tu veux.

Est-ce que tu es heureuse, en ce moment ?

Ce n'est pas vraiment ainsi que je voulais poser ma question. J'aurais préféré y mettre plus de formes, peut-être même tourner un peu autour du pot, mais je suppose qu'il vaut mieux aller directement au but, quelques fois.

Néanmoins, alors que je pensais la voir me répondre immédiatement, comme elle le fait avec tout le monde à chaque fois, elle prend le temps de réfléchir à sa réponse. Certes il y a de la lassitude dans son regard, durant son introspection, mais il y a aussi une certaine forme de paix et de bonheur.

Je fais tout pour en tout cas, sourit-elle faiblement. Pourquoi cette question ?

Est-ce que je t'aide un peu à aller mieux ? fais-je, une boule d'angoisse dans la gorge. Est-ce que je te fais autant de bien que Charlie ?

Elle sursaute discrètement à l'entente du prénom, reportant vivement les yeux sur les grandes portes, mais son regard revient rapidement se poser dans le mien. Il n'y a plus aucune trace de sentiments négatifs. Simplement un amour et une amitié indéfectible qu'elle me porte qui semble m'écraser, tant ce sentiment est puissant.

Ce n'est pas pareil, Harry, sourit-elle tendrement. Vous ne m'aidez pas à guérir de la même manière. Toi, tu guéris mon cœur, lui, il guérit mon corps et mon âme.

Je n'en fais pas assez, n'est-ce pas ? demandé-je, un sourire coupable flottant sur mon visage.

Tu ne comprends pas, secoue-t-elle la tête. Ce que lui fait, tu ne pourrais pas le faire parce que je suis une femme et que, toi et moi, nous avons les mêmes goûts physiques, si je peux m'exprimer ainsi.

.*.*.*.

Encore en train de fomenter des plans pour faire la plus belle blague que Poudlard n'ait jamais connue ? rit Fleur en les rejoignant.

Simplement en train de se demander où nous allons bien pouvoir passer Noël, soupire Harry. Hermione veut le faire avec les Serpentard, ce pour quoi je suis parfaitement partant, mais les jumeaux veulent aller au magasin et après dix minutes de discours dans tous les sens, nous n'avons toujours pas de solution…

Ce sera notre premier Noël, celui de l'an passé mis à part, où nous n'aurons pas à supporter Ron geindre qu'il a faim alors qu'il s'est empiffré toute la soirée…, soupire Fred. Je veux juste que ce soit parfait.

Et tu veux quoi ? s'agace le petit brun. Qu'on le fasse dans la Chambre des Secrets ?

C'est une mauvaise idée ! Une très, très mauvaise idée lorsque les jumeaux se regardent de cette manière-là !

Harry…, commence Fred.

Tu sais que ton cerveau est fabuleux ? poursuit George.

Je ne disais pas ça pour que vous commenciez à vous extasier mais pour vous faire comprendre que ce débat était du grand n'importe quoi !

Ils ont raison, pourtant ! approuve Hermione en les rejoignant, me prenant au dépourvu lorsqu'elle me prend par la main pour me faire suivre le pas. Personne ne pourrait entrer s'il ne maîtrise pas le Fourchelang, la salle est assez grande pour réunir tout le monde, le directeur n'aurait pas besoin de quitter Poudlard et en plus, ça ferait plaisir à tous les Serpentard !

Ah non, Hermione ! s'écrie-t-il, les yeux écarquillés d'horreur. Pas toi ! Tu ne vas pas te liguer avec eux dans leurs idées toutes plus dingues les unes que les autres !

Dis-toi que tu le fais pour la bonne cause, susurre Fred. Ça ferait tellement plaisir à Rogue et Malefoy !

Mais je n'en ai rien à faire, enfin ! Vous vous rendez compte de la somme de travail que ça va représenter de simplement nous débarrasser de la carcasse du Basilic ? soupire-t-il, défaitiste. Purifier l'air va être une horreur, nous assurer qu'il n'y a pas de sortilèges encore en place, retirer les traces de sang…

Mais ce serait si bien que cette salle accueille quelque chose d'aussi joyeux qu'un réveillon de Noël plutôt qu'un combat sanglant, soupire à son tour Hermione, le regardant en suppliant presque.

Je croyais que tu étais contre l'exploitation des elfes de maisons ? hausse-t-il un sourcil.

C'est très Serpentard, très perfide de sa part, je le reconnais ! Mais c'est un très bon moyen de faire plier Hermione à son avis, la connaissant…

Je peux m'en charger, si tu le souhaites ! s'exclame Fleur en souriant. Et puis Luna et Hermione pourraient venir me donner un coup de main pour purifier l'air.

Et je suis sûr que Severus se ferait un plaisir de nous dire quoi récupérer sur la carcasse, et Drago serait aux anges de pouvoir utiliser de tels ingrédients ! poursuit Bill, entrant dans le jeu de sa femme.

Bill est Briseur de Sorts, il doit bien avoir quelques compétences intéressantes pour nous aider avec les sortilèges anciens si tant est qu'ils existent ! fait George.

Et maintenant :


Suggestion de Playliste pour le chapitre 26 partie 1 :

- Innocence – Avril Lavigne

- All I want for christmas is you - Mariah Carrey


Chapitre 26 – Triste Noël

Fleur

Ah non mais c'est sûr, pour une chambre légendaire millénaire, ça a vraiment de la gueule ! Entre les sculptures de serpent à tout va, les torches de flammes vertes qui donnent un côté mystérieux à la pièce et la statue géante de Salazar, on se sent tout de suite dans l'ambiance !

En revanche, je crois qu'Hermione ne s'était pas arrêtée sur un détail somme toute assez important : quand un cadavre de Basilic pourrit, l'odeur de moisi digne d'un réveillon du nouvel an à Azkaban se fait, elle aussi, sentir, malheureusement…

Je ne compte plus le nombre de sort de purification d'air, de Récurvite, d'Evanesco et autres sortilèges jetés à tour de bras pour rendre la pièce plus ou moins potable… Merde alors ! Trois jours que ces « fouilles archéologiques » ont commencé, et j'en viens déjà à me prendre pour une femme de ménage…

Certes, Drago et Harlay ont été aux anges de voir, au petit matin du 23 décembre, enrubanné dans un joli petit papier cadeau, des crocs, une partie de la mue et plusieurs organes du Basilic dont je préfère ne même pas savoir le nom ni même l'utilisation. N'est visiblement pas potionniste qui veut, et mon respect pour Severus est encore une fois monté d'un cran face à tout ça…

Parce que, soyons clairs, aucun homme, aucune femme, aucun sorcier ne devrait être mis en présence de ce genre de chose… L'estomac n'est pas fait pour supporter ce genre de vue ou d'odeur… Et pourtant, que ce soit Bill, les jumeaux ou Charlie, je dois bien avouer qu'ils m'ont épaté ! Pas un seul n'a rendu son déjeuner dans l'eau croupie des bassins !

Mais ces trois horribles journées ne sont plus, désormais, que de l'histoire ancienne, merci bien ! À l'heure actuelle, les bassins ont désormais de l'eau propre, des guirlandes ont été tirées dans toute la pièce, et même le tunnel pour rejoindre la salle s'est vu avoir droit à une petite remise à neuf sous l'œil expert de Kreattur !

Enfin, il a surtout été le seul à avoir accepté de se rendre dans ce genre d'endroit, ce qui dénote quand même un certain courage, je dois le reconnaître…

À l'heure actuelle, Bill et moi sommes réunis devant la porte ronde masquant l'entrée de la Chambre des Secrets pour attendre les derniers arrivants, habillés sur notre trente et un, louant le travail précis et méticuleux de Winky, qui a accepté de venir faire le ménage ce matin même sous la supervision d'Hermione !

— Arrête de t'angoisser comme ça, soupiré-je.

Je dois bien le reconnaître, dans cette chemise blanche, les cheveux noués en catogan et son petit pantalon près du corps, il est vraiment très sexy ! À croire qu'il s'est donné pour but de m'exciter toute la nuit !

En temps normal, je ne dirais jamais non à une nuit de folie, surtout pour fêter Noël, mais leur adorable mère – et là je soupèse toute l'ironie de la chose – s'est fait un devoir de nous imposer à tous de venir passer le matin de Noël au Terrier…

En soi, je trouve tout à fait normal qu'il puisse aller passer cette journée chez ses parents. Il ne voit son père qu'une fois par semaine, le vendredi soir, au Chaudron Baveur, pour pouvoir prendre des nouvelles de la famille et de sa mère, avant de rentrer à la maison.

Mais voilà, c'est là qu'est tout le problème ! Parce que, s'il n'y avait qu'Arthur, nous irions bien plus souvent au Terrier ! Mais non ! Elle est toujours là, à vouloir nous gaver avec ses plats en sauce, ses desserts en veux-tu en voilà, ses remarques mesquines, sa partialité et surtout son manque de jugeote !

Bon sang ! Elle sait pertinemment que Bill est plus proche de Charlie que de n'importe lequel de ses autres frères, mais non ! Elle continue encore et toujours de nous bassiner avec ses théories à deux Gallions sur pourquoi Sermirov serait parfaite pour lui et Hermione la femme trophée sublime au bras de son Ronninouchet adoré !

Merde, alors ! Si je l'écoutais, mon amie, ma meilleure amie même, ne devrait consacrer sa vie qu'à une seule et unique chose : se marier avec Ron, lui pondre le parfait petit héritier pour qu'elle puisse le gaver comme elle l'a fait avec ses fils et devenir une mère au foyer !

— Mais imagines qu'il se soit perdu, ou qu'il ait manqué un embranchement, ou même qu'il ait eu la trouille de descendre ici ! s'agace Bill en levant les yeux au ciel, me coupant dans mes réflexions.

— C'est un Serpentard, pas le dernier des crétins ! fais-je de la même manière. Et arrête de faire les cent pas, tu me donnes le tournis !

C'est vrai à la fin ! Il est là, à creuser une tranchée sur le sol pavé découvert par Winky, sous les ossements de rats affreusement dégoûtants, tirant sur sa cravate comme s'il s'agissait d'un nœud coulant, se passant la main dans les cheveux à répétition, pour grogner lorsqu'il se rend compte qu'ils sont attachés… Ah les hommes…

Je le reconnais, je suis un peu sur les nerfs depuis que nous avons commencé à nettoyer la Chambre… Mais il faut voir les choses dans leur ensemble ! Depuis trois jours, je mange, bois, dort, me lave et vit ménage ! Je n'en peux plus ! J'ai besoin de retrouver la quiétude de ma maison…

Certes, je suis vraiment heureuse de pouvoir passer autant de temps ici, pouvoir avoir des discussions de fille avec Hermione, Padma, Pansy ou même, certaines fois, Luna ! Mais je veux retrouver mon homme, une odeur normale et dormir plus de trois heures par nuit…

— D'après Ron, c'est la plus grosse chochotte de tous les temps ! grogne-t-il.

Si j'écoutais tout ce que débite Ronald comme conneries à longueur de journée, je croirais dur comme fer que Serpentard est l'équivalent politiquement correct de néo-Mangemort, que les araignées sont la lie de l'humanité et que n'avoir que trois repas par jour est la peine capitale…

— Et on sait tous à quel point ton frère est d'une impartialité sans borne en ce qui concerne les membres de la maison de Severus, c'est vrai ! ricané-je.

Bon sang… Entre lui, Molly et Ginny, je ne sais pas lequel des trois aura raison de moi le plus vite, demain matin… Bordel… Dix heures d'affilée à devoir supporter leurs jérémiades, je ne suis pas sûre de pouvoir le gérer sans faire un esclandre ou tenter de m'enfuir…

J'ai déjà essayé la gentillesse, la douceur et la politesse au début de notre relation, à Bill et moi. En vain. J'ai essayé les cris et la colère – pas forcement de mon fait puisque j'étais stressée par le mariage et la guerre à ce moment-là – en vain encore. Peut-être que si je demande à Severus de me conseiller un bon poison… Non ! Mauvaise idée… Molly ne me laisserait jamais approcher de sa sacro-sainte cuisine… Fais chier…

— Touché, souffle-t-il en souriant maladroitement se passant une nouvelle fois la main dans les cheveux. Je voudrais juste que tout se passe bien…

— Et tout se passera très bien, à condition que tu arrêtes de t'en faire, Amour, souris-je en passant les bras autour de sa taille. Regarde, tout le monde est heureux depuis qu'ils sont arrivés, non ?

Et c'est vrai ! Ils le sont vraiment ! Severus n'avait pas l'air d'en croire ses yeux lorsqu'il est arrivé en compagne de Narcissa dans la Chambre, regardant de tous les côtés pour être sûr de ne manquer aucun détail, les coins de sa bouche tressautant de plaisir. Peut-être le summum de ce qu'il est capable de faire en termes d'amabilité ! Je devrais d'ailleurs songer à en faire de même avec ma belle-mère…

Daphnée, leur fille et Neville ont tout de suite commencé à discuter botanique et flore pouvant pousser dans un endroit comme celui-ci. Définitivement, je ne pensais pas qu'un enfant de onze ans pouvait avoir tant de connaissances dans ce domaine, mais il semblerait que cette passion se soit transmise par les gènes chez les Londubat-Greengrass…

Pansy, sous mon œil malicieux, a entraîné sa fille Queen dans une conversation sur la décoration et les modifications qu'elles y auraient apportées si elles en avaient été les maîtres d'œuvre, tout cela sous l'œil quasi-adorateur de Blaise.

Théo et Susan, malgré une conversation animée concernant le droit de vote chez les créatures magiques, ont tout de même pris le temps de s'arrêter un petit moment sur la magie du lieu, faisant une description détaillée à leur enfant de l'histoire de cette pièce, et je dois dire que j'en ai appris plus que je ne le pensais en les écoutant !

Néanmoins, c'est la réaction de Dennis, tenant fermement la taille d'Astoria, qui m'a fait le plus de peine. Dans ses yeux brillaient la nostalgie, la tristesse et une certaine forme de joie. Il n'a pas été bien compliqué de comprendre pourquoi la jeune femme à serrer fortement le blond contre elle durant de très longues minutes après ça… Colin aurait adoré pouvoir voir cette salle de ses yeux, et encore plus la photographier…

Ne nous reste plus, maintenant, qu'à accueillir Drago et Padma, éternels retardataires depuis quelques jours… Si j'en juge la quantité de suçons que j'ai pu voir sur son cou pendant nos essayages de robes pour ce soir, de même que son sourire un peu plus marqué qu'en début d'année, il semblerait que le charme « Drago Malefoy » fonctionne parfaitement sur elle !

— Tu ne trouves pas que Fred et Harry sont bizarres depuis le bal de Yule ? m'interrompt Bill dans mes pensées.

— Non, pourquoi ? tenté-je de paraître dégagée.

Je sais, c'est très mal de mentir, surtout à son époux ! Mais je ne peux pas lui dire que Harry est venu me consulter pour savoir si, oui ou non, il était acceptable d'annoncer sa grossesse à Hermione alors qu'elle est toujours sous le contrecoup du rituel.

— Tu es sûre ? insiste-t-il en me dégageant doucement de ses bras.

Et là, je comprends que je me suis fait mener en bateau depuis le début. Il sait ! Par un prodige incroyable à l'heure actuelle, il ne sourirait pas de cet air affreusement attendrissant s'il ne savait pas que Harry l'avait annoncé à Fred.

— Harry ou Fred ? soupiré-je en levant les yeux au ciel.

— Fred, ricane-t-il. Il a débarqué totalement paniqué pendant que tu t'occupais de maquiller et coiffer Hermione, le soir du bal. Son discours était décousu, mais j'ai compris le principal !

Parfois, je me demande si les hommes sont faits pour ça, s'ils sont faits pour la paternité, avoir des enfants, devenir responsables… Et puis des gens comme mon beau-frère débarquent, et ils cristallisent tout ce que je pense ! Non, ils ne sont pas faits pour ce genre de chose !

— Et que lui as-tu dit ? froncé-je les sourcils.

— D'aller voir George ! sourit-il franchement, vraiment amusé.

Très fortement, je me retiens de lever les yeux au ciel. Mais c'est très dur, surtout lorsque l'on désire plus que tout avoir un enfant avec ladite personne qui préfère refiler le bébé à n'importe qui plutôt que de se mouiller…

— Tu me désespères parfois, Bill, soufflé-je.

— Je suis son frère, pas son Psychomage, nom d'une goule ! grimace-t-il. Je suis heureux pour lui, bien sûr, mais c'est avec Harry qu'il doit discuter de ce problème, pas avec moi. Je pourrais lui donner tous les conseils que je voudrais, je ne serais jamais dans la tête du petit Potter pour savoir comment il va prendre les choses !

Bon, d'accord, je lui accorde, ce n'était pas forcément un aussi mauvais conseil que ça, si je prends en compte la raison derrière.

— Mais dans ce cas, pourquoi aller voir George ? haussé-je un sourcil.

— Parce que lorsque Fred doit prendre une décision, il se tourne toujours vers son jumeau, hausse-t-il les épaules. Déjà petit, ils avaient cette dynamique entre eux.

Il est vrai que Fred et George ont une relation vraiment très fusionnelle entre eux. Déjà à l'époque du Tournoi des Trois Sorciers, j'ai pu voir à quel point ils se confondaient l'un l'autre. Mais c'est lorsque je suis venue pour notre mariage au Terrier que je l'ai plus clairement entrevu.

Petite, avec Gabrielle, j'avais une relation tout aussi fusionnelle que les jumeaux. Je pensais une chose, elle le pensait aussi. Je commençais une phrase, elle la terminait.

Et puis nous avons grandi, et malgré tout l'amour que je lui porte, je dois bien avouer que plus le temps passe, et plus je ne reconnais plus la fillette que j'ai aimée plus que tout au point d'aller la chercher au fond du lac noir. Enfin, tenté en tout cas…

Malheureusement, une scène comme celle qu'elle nous a faite, durant le rituel de Yule pour invoquer la magie n'est pas exceptionnelle… Où moi j'ai compris à quel point il était dangereux de jouer de ses charmes à tout va, elle n'en a rien à faire. Au contraire même…

Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai dû lui crier dessus pour qu'elle arrête d'essayer de conduire Charlie dans ses filets, le jour du mariage, et ceux où elle venait durant la guerre… Je ne sais pas ce qu'il lui a fait, je ne sais pas ce qu'elle a vu en lui, mais depuis ce jour-là, elle a un tel engouement pour lui, qu'en général j'aimerais me cacher ou bien fuir quand elle part dans sa paranoïa…

Elle devrait le savoir, elle devrait le voir, pourtant, qu'il n'est pas attiré par elle, mais qu'au contraire, il est tout tourné vers Hermione ! Mais non… Elle préfère se borner à croire qu'il refoule son amour pour ma petite sœur en se laissant piéger par ma petite Granger…

Parfois, lorsqu'elle me pousse trop à bout, je me dis que je vais vraiment apprécier le jour où il va lui faire comprendre qu'il ne la voit pas du tout comme une femme, mais plutôt comme une petite fille. Et puis je me rappelle qu'en tant que sœur, il est de mon devoir de l'aimer et de la protéger… Mais je dois dire qu'elle ne me facilite pas la tâche non plus !

Que j'ai pu avoir honte quand j'ai vu que la majeure partie des personnes durant le rituel pouvaient l'entendre médire sur Hermione… Dans le fond, je crois que je ne remercierais jamais assez Drago pour l'avoir recadré à ce moment-là, parce que je ne doute pas que la jalousie d'Hermione aurait fait grand bruit !

— Je crois que j'entends des pas ! se redresse Bill, à l'affût.

Effectivement. Débouchant du coude dans une robe de sorcier d'un gris fabuleux, Drago Malefoy et sa démarche princière escortent galamment une Padma Patil à la rougeur peu subtile sur les joues, un bébé coincé entre ses bras. Bien !

J'avais donc raison, et ces deux-là ont encore dû coucher ensemble ! C'est dingue ça ! Ne peuvent-ils pas comprendre qu'il est appréciable, lorsqu'on est attendu, de savoir être à l'heure et surtout, savoir remettre à plus tard les parties de jambes en l'air ?

Quoique ce serait sûrement une très bonne idée pour défriser Molly Weasley ! Mais je m'égare, encore une fois… Ce serait si bien, pourtant, si pour une fois nous pouvions ne pas avoir droit aux cris, aux embrassades étouffantes – même si, merci Merlin, j'y échappe à chaque fois – et aux sermons sans fin… Cette fois-ci, elle aurait une bonne raison de le faire, au moins !

Je suis sûre que si je glisse subtilement l'idée à Bill, il sera tout à fait d'accord pour avoir cette excuse pour arriver en retard demain !

— Pardon pour le retard, s'excuse-t-elle immédiatement, le rouge aux joues. Nous avons été retenus.

— Problèmes d'érection, ou bien précocité ? ricane mon mari, faisant s'étouffer Drago.

— Il met seulement beaucoup de temps dans la salle de bains, rit doucement Padma.

— Essayez le lit ou le canapé, ça devrait venir plus vite, sourit-il en coin.

— Va te faire foutre, Weasley ! grimace-t-il. Occupe-toi donc de ta femme et de ses envies de bébé !

— Non mais moi je dis ça pour toi, Malefoy, reprend Bill, ricanant toujours. Les problèmes d'érection sont courants de nos jours !

— J'ai vingt ans, abruti ! s'agace-t-il, faisant un pas dans la pièce, mon mari dans son sillage. C'est plutôt à l'ancêtre que tu es que tu devrais donner ces conseils !

Si mon homme a le pas joyeux et amusé, en ce qui concerne le blondinet, toute sa gestuelle dénote un lourd malaise. Son pas est lourd, son visage est fermé ; en un mot, il a vraiment l'air à cran…

— Tendu ? haussé-je un sourcil en direction de Padma, restée seule avec moi dans le couloir alors que Drago a emporté le bébé.

— C'est la première fois qu'il va être confronté au professeur Rogue sans qu'il n'y ait une foule tout autour de lui, comme le soir du bal, soupire-t-elle en détournant le regard de sa silhouette. Ce jour-là, il a pu s'esquiver assez rapidement, mais il est toujours aussi mal à l'aise en sa présence depuis qu'il a appris qu'il était son fils…

C'est arrivé comme ça, au milieu d'une discussion sur les joies de la parentalité qu'elles vivent toutes durant cette expérience. Hermione, épuisée, n'a pas contrôlé son flux de paroles et a demandé à Padma de lui dire comment Drago vivait le fait que Severus était son père.

Je ne sais laquelle des deux filles de Serpentard ou Susan a été la plus choqué par la nouvelle, mais Pansy a eu l'air à deux doigts de commettre un meurtre lorsqu'elle a compris que Drago lui avait caché quoi que ce soit, de même que Blaise qu'elle a mis dans le même panier d'office…

— Et je suppose que le fait que les enfants repartent ce soir ne doit pas aider…, soupiré-je à mon tour.

— Disons que j'ai découvert une facette de sa personnalité qui va me rapporter beaucoup de Gallions si je le menace de la dévoiler à La Gazette ! rit-elle doucement. Il a passé près d'une heure à faire des photos de Kali dans toutes les tenues qu'elle a, lui a fait moult câlins et bisous et si je ne l'en avais pas empêché, elle aurait dormi avec nous depuis Yule…

— Dis-moi que tu en as profité ! la supplié-je, retenant bien difficilement un rire.

— Une fois dans la cuisine, deux dans la salle de bains et deux autres sur le canapé, énumère-t-elle, souriant en coin.

— Voilà une bonne chose ! ris-je plus franchement avant de retrouver une once de sérieux. Tu n'as pas peur que l'expérience s'arrête ?

Son regard qui, jusqu'à présent, était parfaitement ancré dans le mien, s'égare doucement à l'intérieur de la chambre, se fixant sur Drago. La nostalgie et la tristesse se battent dans ses yeux, de même qu'une certaine forme d'acceptation.

— Ce qui doit arriver arrivera, finit-elle par hocher la tête. C'est vrai que j'apprécie de partager un appartement avec lui et de pouvoir profiter de tous les bienfaits de dormir dans ses bras.

— Mais ? penché-je la tête.

— Mais j'ai hâte de retrouver l'ambiance de notre salle commune, même si, pour ça, je vais devoir supporter les cris porcins de Sermirov, finit-elle en grimaçant.

— En effet, ça a l'air de t'enchanter ! ricané-je. Mais tu oublies que Charlie et Hermione continueront d'habiter ensemble une fois l'expérience de Severus terminée.

— Et tu crois vraiment que s'il a envie de tirer un coup, il attendra d'être divorcé ? lève-t-elle les yeux au ciel. On sait tous qu'il est amoureux d'elle, même si on ne comprend pas pourquoi il ne veut pas se l'avouer, mais ça n'enlève rien au fait qu'il ait passé des semaines à faire gueuler sa blondasse décolorée comme une truie tous les soirs !

Bon sang… Je n'enviais déjà pas Hermione auparavant avec tout ce qu'ils ont vécu, elle et Harry, mais savoir que l'ex de son mari dort de l'autre côté de leur salle commune va être un enfer pour elle, s'ils doivent retourner y vivre…

— Le truc, souffle-t-elle gênée, c'est que j'apprécie de pouvoir coucher avec Drago quand je rentre de cours ou en plein week-end.

— Ce n'est pas obligé de changer, ça ! haussé-je les épaules.

— En fait, si, soupire-t-elle. Ni lui ni moi ne souhaitons que d'autres personnes que celles au courant n'aient vent de ce qu'il se trame entre nous. Nous aimons le fait de ne pas être un couple, de juste s'envoyer en l'air en gardant le côté secret et mystérieux du truc…

— Vous pourriez toujours demander à Minerva de garder votre appartement pour des « séances de révisions », fais-je, bougeant les sourcils de manière suggestive.

C'est la première fois que je l'entends franchement éclater de rire, et je dois dire que ce son est vraiment beau. Son visage se détend, effaçant les rides de tristesse qui se dessinent en permanence autour de ses yeux.

— Je vais lui soumettre l'idée, glousse-t-elle. Je dirais qu'il s'agit de ton cadeau de Noël !

— À votre service ! souris-je tendrement, lui enjoignant de me suivre à l'intérieur.

S'il y a bien un couple auquel je ne m'attendais pas, avant de pouvoir le voir de mes propres yeux, c'est bien le leur. Là où, en temps normal, Drago est jaloux, méchant et violent quelques fois, grâce à ce test de Severus, il a appris la patience et une certaine forme de douceur qu'il n'a l'air d'exprimer qu'en présence du cercle très fermé des femmes réunies dans la Chambre des Secrets en ce moment même.

Il faut le reconnaître, avec elle ou même Hermione, il est vraiment d'une patience d'ange… Certes, il le fait à la Malefoy, mais le voir prendre ma petite Gryffondor dans les bras le soir de Yule a déclenché la fureur de nombre de sorciers lorsque l'image a paru, le lendemain, dans La Gazette.

Je le reconnais, nous aurions pu être plus subtils, Bill, les jumeaux, Harry et moi, dans notre idée… Mais c'était tellement beau cette communion entre elle et Charlie, tellement doux et tendre de les voir danser sur cette même musique qui leur rappelle à tous deux Tonks. Comme si elle leur donnait sa bénédiction…

Et ce baiser, durant le rituel… Que ce soit celui à Gringotts, ou bien celui à Poudlard, je crois que rarement je n'ai vu de baiser entre eux être si passionné, si tendre et aimant.

En temps normal, ils jouent à « fuis-moi je te suis, suis-moi je te fuis », mais ce soir-là, alors que leurs barrières d'occlumancie à tous les deux avaient cédé pour permettre à Circé d'atteindre leurs rêves et leurs cauchemars plus facilement, ils étaient vraiment un couple. L'un de ceux dont on est sûr qu'il durera pour la vie.

Les salutations d'usage passées, les enfants tous réunis au fond de la salle pour faire une partie géante de bataille explosive, nous rejoignons rapidement toutes les deux nos hommes. Installée entre Charlie et mon mari, j'ai l'impression étrange d'être en famille à ce moment-là.

— S'il vous plaît ? se relève Harry, faisant doucement tinter son couteau contre son verre, extrêmement mal à l'aise. Je voudrais dire quelques mots.

Si une bonne partie des Weasley lui lance un sourire d'encouragement, pour les Serpentard il en est tout autre. Severus grommelle dans sa barbe, ses petits serpents sont de marbre et même Neville et Dennis ont l'air de s'attendre à un carnage.

— Vous le savez, commence-t-il, faire des discours ne me ressemble vraiment pas. Je les fuis, même, en général. Mais ce soir, je voulais vous dire à quel point je suis heureux de voir que toutes les maisons sont réunies, que des amitiés se sont créées entre des personnes qui, à mes yeux, n'avaient rien en commun…

— Tu aurais fini par m'adorer, de toute façon, Potter ! lève les yeux au ciel Drago. Personne ne résiste à mon charme légendaire !

— Moi je le fais bien depuis des années ! ricane Hermione.

— Faux ! sourit-il en coin. J'ai même une coupure de journal qui prouve mes dires ! Tu m'es tombée dans les bras comme n'importe quelle fille !

— Et toi tu dormiras sur le canapé, comme ça, tu comprendras que même lui ne peut résister à ton charme ! grimace Padma.

— Ce qui réglera tes problèmes d'érection ou de précocité, nous ne sommes toujours pas tombés d'accord là-dessus ! éclate de rire Bill.

— Si tu veux, je peux te donner des conseils Dray ! sourit Blaise.

— Autant en demander à Crivey, tiens ! lève les yeux au ciel le blond.

— Il pourrait t'apprendre deux ou trois choses, en effet !

La rougeur des joues de Dennis s'accentue un peu plus alors que les mots d'Astoria passent ses lèvres. Ainsi donc, le petit Dennis a enfin sauté le pas ? Voilà qui est très intéressant !

— Sans déconner, vous avez décidé de tous me ruiner cette année ? grogne Drago. Entre Granger qui ne sait pas garder les cuisses fermées plus de deux minutes, Blaise qui a décidé de se lancer dans l'abstinence, Daphnée qui se tape Londubat et toi, Crivey, qui finit quand même par perdre ton pucelage, les voûtes Black vont être vides avant la fin de l'année scolaire !

— Si tu évitais de faire des paris stupides à tout bout de champ, je ne serais pas obligée de payer tous tes petits copains à chaque fois ! lève les yeux au ciel Hermione.

— Et si tu évitais de te taper tout ce qui bouge, ça m'éviterait de finir sous les ponts !

— J'ai couché avec deux hommes dans ma vie, Malefoy ! Peux-tu en dire autant ?

— Qui a été le pauvre malheureux, hormis numéro deux, à être passé entre tes cuisses ? ricane-t-il. Je dois dire que je suis très intéressé de le savoir !

— Moi, sourit Fred en lui lançant un clin d'œil amusé. Tu vois, celui-là aussi, tu l'as perdu comme pari !

— En cinquième ? ouvre-t-il grand les yeux, dardant Hermione d'un regard furieux. Tu as couché avec numéro quatre en cinquième ? Mais bordel ! Même Patil, et là je parle de ta sœur pas de toi Padma, a attendu la sixième !

— Vous savez que c'est interdit par le règlement, n'est-ce pas, Miss Granger ? susurre Severus, la voix soyeusement mortelle.

— Et faire un enfant à une femme mariée ne l'est pas peut-être ?

— DRAGO !

Le cri outré et craintif de Narcissa fait redescendre la pression qui commençait à monter dans la pièce, faisant même s'arrêter la partie endiablée de bataille explosive. Mais il faut dire que l'attitude défiante du blondinet est vraiment drôle.

Même s'il sait qu'il vient de faire une connerie, il ne perd pas de son air princier. Au contraire de Neville et Dennis qui, eux, ont l'air d'avoir avalé un citron entier !

— Tout le portrait de son père ! ricane Charlie en tirant un chapeau imaginaire à Drago.

— Ce n'est pas le moment, Charlie ! s'agace le fantôme, massant l'arête de son nez. Potter avait un discours sensationnellement niais à nous déclamer, si je ne me trompe pas…

Même la mort ne lui a pas enlevé ce dédain et ce cynisme… Sincèrement, je plains vraiment la grande blonde rachitique qui se trouve à ses côtés si elle doit le supporter… À moins qu'elle ne trouve son « sens de l'humour » absolument désopilant, et là, j'en déduis qu'elle est, elle aussi, un cas désespéré…

Parce que, sérieusement, quel homme ne pourrait être fier d'être la personne à qui ressemble son fils ? Bon, certes, Drago n'est pas la personne à qui je penserais en premier, si l'on me demandait de nommer quelqu'un dans la catégorie « grand cœur », ou bien même « jeune espoir de la communauté sorcière ».

Mais il a pu prouver à de nombreuses reprises, ces derniers mois, qu'il a vraiment un bon fond. Que ce soit son acte de reddition, lors de la bataille finale, sa défense d'Hermione lors de son jugement de divorce, d'avoir trouvé une parade à l'emprisonnement de Charlie, prendre soin de Padma, Pansy, Hermione et des autres aussi… Il n'y a pas à dire, à mes yeux, et à ceux de beaucoup de monde, le petit Drago s'est bien racheté.

— Ce n'était pas ainsi que je souhaitais commencer mon discours, mais je suppose que je ne peux pas modifier le cours du temps maintenant ! soupire Harry, masquant bien mal ses joues rougies d'embarras. Je voulais tout simplement vous remercier tous d'être venus fêter Noël avec nous, cette année.

— Tout ça pour ça, Potter ? gronde Pansy. J'ai une faim de loup, et tu viens seulement nous rebattre les oreilles avec tes discours mielleux ?

— Ce que je voulais dire, Parkinson, hausse-t-il la voix comme une menace avant de reprendre un ton plus doux, c'est que l'an passé, nous avons fêté Noël seuls et tristement, Hermione et moi. À vrai dire, je ne crois qu'aucun de nous deux ne s'attendait à en vivre un de plus…

— C'est bon, Potter, soupire Blaise. Ce n'est pas la peine de sortir les violons avec nous !

— Mais bordel à la fin ! s'écrie-t-il, rouge de colère. Vous allez me laisser terminer mon petit laïus en paix ? Ou bien l'un de vous va m'arrêter à chaque fin de phrase ?

Aïe… Voir un Harry Potter d'à peine soixante kilos tout mouillé être énervé n'est jamais une très bonne idée… Alors être la personne à cause de qui la colère a été déclenchée est la pire idée qu'un humain puisse avoir…

— C'est bon Harry, chuchote Fred, lui prenant doucement la main pour le calmer. Tu peux dire ce que tu avais à dire.

Le regard réfrigérant qu'il nous envoie à tous pourrait faire froid dans le dos, si je ne savais pas que Fred est sûrement l'un des seuls Weasley qui ne pourrait jamais se permettre de faire une chose comme commettre un meurtre.

Pour n'importe lequel des autres membres de la fratrie, je ne doute pas qu'en situation de nécessité, ils en seraient capables. Mais lui, non. Il a le cœur pur et la main charitable. Une vraie petite licorne des temps modernes ! Et je ne l'adore que plus pour ça !

— Non, Fred, ce n'est pas bon ! gronde Harry, retenant un sanglot. J'essaye de leur expliquer à quel point je suis heureux que les barrières inter maison aient chuté depuis la fin de la guerre, que je suis fier de voir à ma table des Poufsouffle, des Serdaigle et des Serpentard, que ça me rend heureux de leur avoir permis de visiter cette salle qui représente l'héritage même de leur maison !

Tous, nous avons le bon ton de baisser la tête en signe de commisération. Il est vrai que nous aurions dû avoir plus de gratitude pour son geste, plus de respect envers ce qu'il avait à nous dire, et nous sentir honoré qu'il nous considère, en quelque sorte, comme de la famille.

Mais il faut dire que, d'une certaine manière, peu importe la personne visée – Narcissa mise à part, bien sûr – nous avons tous, plus ou moins, l'impression d'être déjà une famille ! Alors passer ce réveillon ensemble me paraît couler de source !

Les réunions entre hommes Weasley se sont élargies, au fil des samedis, pour pouvoir accueillir quelques fois chacun des garçons à cette table, et du côté de notre groupe de fille, pas une seule fois – si ce n'est cette sortie dans le Paris moldu pour trouver la robe et le smoking de Harry – nous ne les avons faits sans Padma, Pansy, Luna, Astoria, Daphné et Susan.

— J'aurais voulu qu'ils comprennent que ce réveillon est très important pour moi parce qu'il s'agit du premier où je n'aurais pas peur que Voldemort ne tue quelqu'un pour me faire sortir de ma tanière, où je n'aurais pas peur de perdre quelqu'un que j'aime, où je n'aurais pas besoin de rester tapi dans mon placard en attendant que les invités des Dursley ne partent pour pouvoir aller ranger le salon ! termine-t-il, les larmes aux yeux.

Le peu de couleurs qui restaient sur le visage de certains Serpentard s'évanouit en un clin d'œil lorsqu'il parle de ses tuteurs moldus, ainsi que du traitement moral qu'ils lui ont offert. Mais il ne semble pas s'en rendre compte. Lui, est totalement versé dans le regard de Fred, ne le lâchant pas une seule seconde.

— Je voulais simplement qu'ils comprennent tous à quel point j'étais heureux de les avoir dans ma vie, peu importe leur maison. Tous m'ont apporté leur aide ou leur soutien à un moment donné, ou comme dans le cas d'Hermione, tout au long de leur vie de sorcier, et ce soir n'est pas pour moi mais pour eux. Pour les remercier.

Un silence contemplatif et plein d'excuses ponctue la fin de son discours. J'aurais dû le savoir, depuis cette après-midi shopping, qu'il était doué pour faire des discours, même s'il déteste les faire ! Et pourtant, encore une fois, il m'épate !

— Je crois que tu viens de le faire, Harry, souris-je doucement, lui prenant doucement l'autre main. Nous sommes tous désolés de t'avoir coupé dans ton discours, et très heureux que tu nous fasses découvrir cette pièce du château.

— Et dire que cette blondasse de Sermirov en est techniquement la propriétaire…, soupire Daphnée. Ça me défrise…

— Propriétaire de cette pièce mon cul, oui ! grogne Hermione.

— Elle est la descendante de Serpentard, Mione, il va falloir t'y faire, ricane George.

— Certes, c'est vrai, elle appartient à la lignée qu'ont établie Salazar et Eleanor, en Russie, réfute-t-elle, mais en aucun cas elle n'est propriétaire de ces lieux. Selon l'Histoire et la charte de Poudlard, de même que celle du ministère de la Magie, en vainquant Voldemort, Harry est devenu officiellement propriétaire de la chambre ainsi que de tout ce qui se trouvait dedans.

— Une chance pour toi qu'ils en aient sorti Ginny, dans ce cas, éclate de rire Bill. Imagine, tu aurais pu avoir une Ginny domestique !

— Je te conseille une plante en pot, c'est beaucoup moins d'entretien, et ça demande bien moins d'argent ! soupiré-je en levant les yeux au ciel.

C'est fou ça ! J'ai beau ne jamais vraiment avoir eu de problèmes d'argents au cours de ma vie, je n'ai jamais vu une femme avec les Gallions qui lui brûlent les doigts au même point que cette rouquine de malheur !

Si Bill et moi ne l'avions pas arrêté, il y a deux ans, elle m'aurait fait arriver jusqu'à la tente de la cérémonie à dos de pégase et toutes les invitées auraient été coiffées et maquillées par des professionnels ! Et ne parlons pas, non plus, de la liste des invités en elle-même…

Bon sang… Ce mariage a été un enfer, et pour une fois, Sainte Molly Weasley n'en a pas été la seule responsable ! Une grande première !

Mais en même temps, elle nous a tout de même assez fait chier durant des jours et des jours pour avoir l'immense tâche – à ses yeux, parce qu'aux miens ce n'était qu'une gentillesse que je lui ai accordée – de faire le banquet.

En soi, c'était bon, vraiment ! Mais de là à en entendre parler encore aujourd'hui, merci mais non merci ! J'avais su qu'elle nous sortirait cette excuse à chaque fois que j'élèverais le ton à sa table ou que je ne ferais pas expressément ce qu'elle me demande… J'aurais dû m'abstenir…

— Et si nous passions à table ?

— Ah ! s'écrient les jumeaux de George et Luna. Enfin une bonne nouvelle !

— Ces gosses ne pensent qu'à manger, c'est hallucinant ! soupire Charlie. À croire qu'on ne leur donne rien pour se remplir l'estomac à Poudlard…

— Dois-je te rappeler à quel point tu peux être un gros mangeur quand tu t'y mets, toi aussi ? haussé-je un sourcil.

— C'est faux !

J'éclate de rire sans pouvoir m'en empêcher. Certes, Ronald est ce qu'on pourrait qualifier d'un gros mangeur assez rebutant, mais Charlie, dans son genre, n'est pas mal non plus ! Sauf pour le côté rebutant, évidemment !

— Tu as mangé une casserole entière de pâtes à la carbonara à toi tout seul, hier soir, Charlie, ricane Hermione.

— Et je t'ai fait une petite salade délicieuse pour que tu puisses avoir un estomac sain pour ces quelques jours de repas lourds à venir ! grimace-t-il.

— Tu t'es enfilé une tarte aux fraises, continue-t-elle en levant les yeux au ciel pour masquer son amusement. Pas une part ! Une tarte complète ! Je me demande parfois comment tu fais pour garder la ligne !

— En temps normal, je t'aurais dit que dresser des dragons à cette particularité délicieuse de muscler toutes les parties de mon corps, sourit-il en coin, la couvant des yeux, mais depuis mon retour à Poudlard, je dois avouer que le sexe est mon seul passe-temps !

— Dis voir, tonton Charlie, c'est quoi du sexe ?

Mon rire augmente de plus en plus dans la salle de Serpentard, faisant se tourner nombre de têtes vers nous. Mais il a fallu que ce petit récidive. Du haut de ses trois ans et demi, son petit costume absolument adorable sur le dos et sa mèche blonde bien coiffée, Thor vient de refaire ma soirée !

Bon sang, ce que nous avons pu rire, il y a quelques semaines, lorsqu'il nous a fait sa description de cette scène intime dans la chambre que Charlie et Hermione partagent… Je crois que jamais je n'avais entendu Percy rire de cette manière…

— Mais ce n'est pas vrai ! grogne Charlie. Tu ne peux pas faire comme ta tata Mione et ouvrir un livre ?

— J'ai trois ans et demi, tonton ! lève-t-il les yeux au ciel. Je ne sais pas lire !

— Eh bien tu devrais ! soupire Cha. Les grands garçons savent lire quand ils viennent au monde !

— Alors maman m'a menti ? souffle Thor, les yeux embués de larmes. On n'apprend pas à faire de la falétion quand on sait lire ?

— Mais c'est quoi le rapport ?

Excédé et en tout point gêné, mon cher beau-frère repousse son assiette, se mettant à jouer avec son verre pour tenter vainement de se détourner de la conversation. Sans aucune réussite.

— Maman, elle m'a dit que tu avais menti, la dernière fois, explique-t-il. Elle a dit qu'on n'apprenait pas à faire des falétions quand on savait faire pipi debout, mais qu'ici, au château, c'est quand on savait lire ! Et moi je veux faire du balai volant !

Finalement, je vais peut-être revenir sur mon envie de vouloir faire un bébé maintenant… Ce gosse est si compliqué à suivre… Sans rire, en moins de deux minutes, il nous a parlé de sexe, de fellations, de faire pipi debout, de savoir lire et de balai volant ! Ça n'a aucun rapport ! Et pourtant, lui arrive à y trouver un sens…

— D'accord, bonhomme, soupire-t-il en allant s'accroupir devant lui. Déjà, ta maman ne t'a pas menti, à Poudlard, les garçons apprennent à faire des fellations en même temps qu'ils apprennent à lire des sorts ou des recettes de potions.

— Ne mêle pas ma matière à tes explications sordides, Weasley ! gronde Severus. Nous ne sommes pas tous comme toi !

— Excuse-moi, mais le joyeux bout en train que ta femme nous a pondu, il n'est pas sorti d'un chaudron ! s'amuse-t-il en haussant un sourcil. Alors je ne doute pas que tu as dû, à un moment donné, aller jouer à tripote mon dragon, toi aussi !

— Je peux tripoter son dragon, moi aussi, à la dame ? demande innocemment Thor.

— Tu es gentil, gamin, et tu laisses les organes génitaux de ma mère tranquille ! grogne Drago. Ça a été ma chambre à coucher pendant neuf mois, je ne la prête pas à n'importe qui !

— DRAGO !

— Eh bien quoi ? soupire-t-il en levant les yeux au ciel. Ça non plus, je n'ai pas le droit de le dire ? Tu es ma mère, par l'enfer de Merlin ! Tout le monde sait que j'ai bien dû, à un moment donné, vivre avec toi, et… à cette place-là… pendant un très long moment, pour le meilleur et pour le pire !

Finalement, je crois que je vais envoyer ce souvenir précis à Ivan et Chloé comme cadeau de Noël en avance ! Le repas d'anniversaire de Charlie, à côté, n'était qu'une simple mise en bouche !

— Ce que ta mère essaye de te dire en des termes assez courtois je dois le reconnaître, tente de lui expliquer Hermione qui peine grandement à garder son calme, c'est que même si elle s'était tapé un hippogriffe, un Sombral et un dragon, tu n'aurais pas ton mot à dire ! Elle reste ta mère, et tout ce qui touche à sa vie privée, se doit de rester privé !

— Granger ! s'écrie, outré, Drago. Comment peux-tu oser dire une telle chose ? On parle de ma mère, là !

— Parce que toi, quand tu parles des organes de ta mère, c'est fait en toute gentillesse, alors que, quand moi j'essaye de la défendre, je passe pour une perverse ?

L'arrivée providentielle du plat principal – et de l'abandon de Charlie à l'idée de faire comprendre à Thor à quel point un adulte peut mentir pour préserver sa progéniture – ne parvient même pas à couper cette conversation hautement choquante pour le fantôme et sa bien-aimée.

— Bien sûr que oui ! élève-t-il la voix en la dardant d'un regard furieux. Moi je suis son fils, alors que toi, tu me fais perdre de l'argent en écartant les cuisses à tout va !

— C'est à ma femme que tu parles, là, blondinet ! susurre Charlie d'une voix polaire qui rend fier Severus. Modère tes paroles, ou toi aussi, tu vas te retrouver avec une baguette sous la gorge !

Le frisson involontaire d'Hermione me fait sourire en coin. Évidemment qu'elle se souvient de ce moment précis où il a menacé en russe Zabini de lui jeter un Avada s'il songeait même à lui toucher l'épaule.

Merde alors ! Ils dégageaient tellement d'attraction tous les deux, ce soir-là, qu'ils auraient pu alimenter tout le château en lumière pendant des mois…

— Père pense que vous vous tournez autour pour éviter de vous avouer que vous vous aimez, déclare Queen, un sourire narquois au coin des lèvres. C'est vrai ?

— Chérie, souffle Blaise, blanc de peur. J'avais dit que tu ne devais jamais répéter ce genre de choses en dehors de l'appartement…

— Tu as aussi dit que mère ne savait pas cuisiner et que tonton Dray ferait mieux d'aller voir un Psychomage pour ses problèmes existentiels ! accentue-t-elle son sourire en coin. Dois-je parler aussi de l'obsession maladive que tu trouves que tonton Théo a développé envers Lady Bones, de même que l'envie de tuer Daphnée quand elle devient mièvre à souhait à roucouler avec tonton Nev ?

— On va avoir des choses à se dire, Zabini ! chuchote Pansy, la voix froide. Je ne sais pas cuisiner ? Vraiment ?

— Je n'ai pas dit ça ! s'exclame-t-il, détournant les yeux. J'ai juste dit que le matin, j'aimais avoir des œufs à la coque et non brouillés, c'est tout !

— En fait, ce n'est pas vraiment ça, qu'il a dit, continue Queen. Il a dit que les œufs brouillés étaient la seule chose que tu savais faire sans tout cramer et que si un mage noir devait réapparaître, il t'enverrait lui faire la cuisine pour deux ou trois jours et qu'il mourrait sûrement sur le coup.

— Mais putain, Queen ! Tu ne peux pas te taire un peu ? s'écrie Blaise.

— Tout dépend, hausse-t-elle un sourcil. J'ai le droit d'embrasser Lucifer ?

Cette jeune fille vient d'obtenir tout mon respect ! À n'en pas douter, elle n'a pas démérité sa place chez les Serpentard ! Cette tactique de sa part était vicieuse et rusée à souhait ! S'en prendre à celle qu'il aime… Bonne technique !

— Embrasse-le, marie-toi avec, faites des enfants ! Peu m'importe, mais par pitié, Queen, tais-toi ! la supplie-t-il. Tu n'imagines même pas les ennuis dans lesquels tu viens de me mettre, là !

— Merci père ! s'écrie-t-elle, rayonnante de plaisir en allant s'installer sur les genoux de Lucifer. Et pour que tu comprennes à quel point, si, je sais dans quoi je t'ai embarqué, je vais juste te rappeler une chose : il est très compliqué d'apprendre à cuisiner quand on se retrouve enfermé dans un donjon.

— Queen…, souffle-t-il, maintenant très mal à l'aise et triste.

— Et saches que Drago n'a pas de problème existentiel, continue-t-elle, balayant sa remarque d'un geste de la main. Sa vie entière n'a été qu'un mensonge et il ne sait plus où se trouve sa place dans une société qui ne le voit que comme le fils d'un sociopathe dégénéré.

— Et mon père n'a pas d'admiration malsaine pour Amélia, s'élève doucement la voix de Perséphone. Il est juste admiratif de ce qu'une femme comme elle, avec son vécu familial et ce qui a jalonné sa vie, peut accomplir.

— C'est vrai ? souffle doucement Susan.

Finalement, je crois que je comprends le petit sourire en coin et la lueur de fierté qui brille en ce moment même dans les yeux de Severus. D'une certaine manière, l'intervention des enfants est ce qu'il fallait pour les remettre dans le droit chemin, leur permettre de s'ouvrir au reste du monde.

— Bien sûr que oui, soupire, mal à l'aise, Théo. Elle a réussi à se reconstruire après le drame qui a touché ta famille, t'élever pour que tu deviennes la femme que tu es aujourd'hui, mener sa vie de femme et sa carrière politique sans que jamais un seul faux pas ne soit à dénoter. Ta tante n'est pas seulement brillante, Susan, elle est aussi une personne dont de nombreux sorciers devraient s'inspirer pour leur propre vie, plutôt que de lire ce torchon qu'est La Gazette.

— Merci.

Son sourire discret, ses joues rouges et ses yeux qui se baissent sur la table sont tout simplement adorables ! Elle est vraiment mignonne, lorsqu'elle laisse son masque imperturbable au vestiaire !

— Et je ne suis pas dégoulinante de mièvrerie, Blaise Zabini ! gronde Daphnée. Je profite simplement de la vie et de ce qu'elle a à m'offrir, en l'occurrence Neville. Tu sais à quel point c'est compliqué de trouver un homme qui soit gentil, cultivé, doux, tendre et aimant en Grande-Bretagne ?

— Hey ! protestent de nombreux mâles autour de la table.

— Oh, je vous en prie ! s'agace-t-elle en élevant légèrement la voix. Toi, Charlie, tu es raide dingue de ta femme, et ne dis pas le contraire, la photo qu'a fait Dennis est plus parlante que n'importe quoi !

— Terrain miné, Daph, lui souffle Blaise. Ils ont tous les deux la gâchette facile, si tu vois ce que je veux dire.

— D'accord, soupire-t-elle encore. Restez à baigner dans votre cocon de non-dits, et prévenez-moi lorsque la préparation du mariage sera à faire, je suis très douée dans ce domaine. Presque autant que Blaise.

— Je ne sais pas comment je dois le prendre…

— Et toi, Fred, on sait tous que tu es littéralement amoureux de Potter, mais ça ne nous gêne pas ! gronde-t-elle en se levant. Bordel mais vous ne voyez pas que tout ce que vous faites à force de vous repousser, c'est de vous faire du mal ? Et toi, Harry, tu n'es pas mieux, alors ne proteste pas !

Bon sang… Je crois qu'avant la fin de cette soirée, nous allons devoir récupérer de la cervelle de Serpentard à la petite cuillère si ces quatre-là continuent à la fusiller du regard de cette manière-ci…

— On t'a tous vu baver sur son cul, et franchement, je le comprends parfaitement ! Mais arrête de croire que tu n'as pas le droit d'être heureux, parce que ce sont des conneries. Toi, plus que quiconque, tu as le droit de le vouloir, tu as le droit de l'avoir ! Merde à la fin ! Tu as vaincu Voldemort et tu as peur d'être amoureux ! Mais c'est quoi ton problème, à la fin ?

— Là encore, c'est un terrain miné, Daphnée, ricane Bill. Si j'étais toi, je passerais à un autre des joyeux convives réunis ce soir !

Merde alors ! Il a vraiment l'air de s'amuser en plus ! Bon, c'est vrai, moi aussi, j'apprécie de voir que je ne suis pas la seule à craquer totalement ce soir. Peut-être est-ce dû à l'alcool, mais voir l'aînée des Greengrass péter un plomb à ce point est jouissif !

— Excusez ma sœur, elle ne tient pas vraiment l'alcool…

— Oh, mais ne t'en fais pas, Asto, ton tour arrive, comme celui des autres ! sourit-elle doucement. Si tu étais moins centrée sur toi-même comme tu l'as toujours été, tu verrais qu'il est parfait pour toi, Dennis ! Il ne te regarde pas comme si tu n'étais qu'un jouet sexuel bon uniquement à passer dans son lit et basta ! Au contraire, même ! Il te regarde comme si tu étais Merlin en personne !

— Qu'on soit bien d'accord, quand même, grimace ledit Dennis. Je n'ai rien contre l'homosexualité, au contraire même ! Mais je joue de l'autre côté du stade, Daphnée… Alors, s'il te plaît, tu pourrais la décrire autrement que comme un sorcier grabataire certes hyperpuissant, mais aussi hypervieux et masculin !

— Alors peut-être que tu devrais arrêter de penser à ce que ton frère penserait de toi et rendre ma petite sœur heureuse, tu ne crois pas ? lève-t-elle les yeux au ciel.

— Daphnée, ça suffit maintenant ! gronde Neville. Je crois que tu en as assez dit pour ce soir !

Il a beau être embarrassé à l'extrême de voir l'état dans lequel est sa copine, de même que l'étendue de la merde dans laquelle elle s'est fourrée en sortant ce genre de choses, il n'en reste pas moins qu'il est un Gryffondor jusqu'au bout des ongles ! Prêt à se mettre dans les pires emmerdes avec un grand sourire !

— C'est vrai, j'en ai peut-être trop dit, mais j'ai de la peine pour vous, souffle-t-elle en se rasseyant, les larmes aux yeux. Vous avez beau tous vous aimer, vous vous faites du mal tous autant que vous êtes. Tous, ici, nous avons tous perdu quelqu'un qui nous était cher, mais tous autant que nous sommes, nous continuons de nous détruire sans aucune raison. C'est vrai, aucune des relations n'est facile, mais regardez-vous enfin !

Si les enfants s'étaient, jusqu'à présent, tenus tranquilles, le réveil brutal des quatre bébés les fait se réveiller tout aussi brusquement. Les jumeaux de George et Luna prennent la tête du cortège qu'ils forment tous les dix, ne laissant plus que les adultes à table.

— Toi, Padma, avoue que de passer du temps avec Drago t'aide un peu à oublier le soir de la bataille finale et que tu aimerais pouvoir continuer votre aventure après la fin de cette expérience, demande-t-elle doucement.

— C'est vrai, ça me plairait, avoue la petite indoue en baissant la tête, les joues roses.

— Pourquoi tu ne me l'as pas dit ? fronce les sourcils Drago.

— Parce qu'on est bien comme on est, sans parler des problèmes et des cauchemars et que j'apprécie ça avec toi ! hausse-t-elle les épaules. Et j'aime le fait d'avoir pu voir ce que tu es sous ta carapace. J'aime le Drago gentil et sexy qui sait aussi m'écouter et qui me rassure.

— Tu es un cas désespéré, Patil…, soupire-t-il. Viens là.

D'un bras passé dans son dos, il la tire contre lui, la calant contre son torse tout en assassinant du regard quiconque pourrait se moquer du tableau qu'ils forment. Mais aucun de nous ne le fait. Parce qu'elle a l'air bien, ainsi. Calme et apaisée. Sereine, en quelque sorte.

— Toi, Pansy, fait Daphnée en se tournant vers son amie brune, ose me dire que tu n'aimerais pas que Blaise arrête de céder à tous tes caprices et qu'il t'avoue enfin qu'il t'aime.

— Tu m'en demandes beaucoup, là, Daph, soupire-t-elle à son tour.

— Alors embrasse-le au moins ! lève-t-elle les yeux au ciel. Qu'il n'ait pas mis une cravate pour rien…

Le regard de défi que la petite Greengrass envoie à Pansy est presque aussi moqueur que celui de Drago ou même Théo. Tous, ici, nous savons à quel point elle en pince pour son métis adoré !

— Je te hais, Greengrass ! susurre-t-elle. Je te le rendrais au centuple sous peu !

— Embrasse-le et on en reparlera après, Parkinson, ricane-t-elle. Ça fait des années que ça couve et je crois qu'il est temps que tu lui offres un vrai cadeau de Noël, tu ne crois pas ?

— Je lui ai offert un balai l'an passé ! fait Pansy, outrée et les joues roses de gêne. Je ne vois pas ce qui…

La fin de sa phrase est engloutie sous la pression des lèvres d'un Blaise au regard brûlant et déterminé. Pourtant, le baiser ne dure qu'une petite minute avant qu'il ne s'éloigne, souriant comme un dément.

— Mille fois mieux qu'un balai, souffle-t-il en rouvrant les yeux.

La gêne de Pansy atteint des sommets, mais lorsque ses yeux s'ouvrent à leur tour, il n'est plus question de colère et de haine à l'encontre de Daphnée. Il n'y a plus que de la peur et de la tristesse résiduelle dans ceux-ci.

— Tu n'aurais pas dû faire ça, chuchote-t-elle, un sanglot refoulé menaçant de la submerger.

— Je sais, sourit-il amèrement. Mais j'en avais envie.

Elle hoche doucement la tête, se détachant lentement de l'étreinte de Blaise. Les yeux rivés au bois de la table, ses épaules qui tressautent, signe qu'elle pleure, ne sont couvertes que lorsqu'il vient passer un bras autour d'elles.

— Tu n'as qu'à te dire que c'est un juste retour des choses pour ce mariage quand nous avions cinq ans ! sourit-il encore, cette fois-ci plus sereinement.

— Je me demande d'ailleurs où était Drago ce jour-là ! gronde-t-elle à l'adresse du petit blond. C'était toi que j'étais censé épouser ce jour-là !

— Demande à ton cher mari ! gronde-t-il. C'est sa faute si j'ai passé des heures dans le cachot du manoir !

— Blaise !

— Quoi ? hausse-t-il les épaules, désinvolte. Il ne te méritait pas !

— Vous voyez ? demande Daphnée en souriant tendrement. C'est de ça que je veux parler. Aucun de nous n'a une histoire facile et pour certains, ce n'est pas forcément de l'amour, mais tous, autour de cette table, nous avons trouvé dans la tourmente quelqu'un sur lequel nous appuyer, quelqu'un qui puisse nous tenir par la main pour apprendre à avancer.

La main de Bill trouve la mienne sous la table, ses doigts se mêlent aux miens alors que mon visage se lève vers le sien. C'est vrai, j'ai de la chance. Cet homme me connaît et m'aime quand même malgré ma croisade pour avoir un enfant, il accepte toutes mes excentricités et mes insécurités.

— La vie est dure, le monde est cruel et dans le fond, nous sommes tous toujours désespérément seuls. Mais nous avons tous su trouver une personne qui nous voit pour nos forces et nos faiblesses, qui nous accepte malgré nos peurs et nos douleurs. On mérite tous de trouver le bonheur et ça ne tient qu'à nous de pouvoir l'accepter.

Le regard amoureux que coulait Bill sur moi dévie quelques secondes, passant de l'amour à la tendresse toute masculine qu'il offre toujours à son petit frère. Intriguée, je me détourne légèrement sur le côté, m'apportant un sourire tout aussi heureux que celui de mon mari.

Eux, plus que quiconque, symbolisent à mes yeux ce qu'est l'amour dans ses grandes largeurs. Celui où l'on donne tout de soi-même. Que ce soient les cicatrices d'Hermione ou leurs insécurités, tous les deux savent qu'ils peuvent compter l'un sur l'autre en toutes circonstances. À la vie, à la mort.

Pour une fois, ce n'est pas le désir brûlant qui semble embraser leurs prunelles, mais simplement des remerciements, un abandon total, encore une fois, pour tout ce que l'autre fait pour le maintenir debout.

— Regarde George ! souffle-t-il, tout excité, les yeux tournés dans leur direction.

Là où, plus tôt, il y avait une certaine distance entre eux, cette fois-ci, elle n'existe plus. Le bras de George autour de sa taille, sa tête dans son cou, c'est lorsqu'il pose sa main sur sa joue qu'elle redresse le visage dans sa direction, son regard baignant d'incertitudes.

Lentement, comme au ralenti, je peux voir son regard ne quittant pas le bleu hypnotisant de celui de Luna, son visage s'avancer encore et encore, et finalement, au terme de ce qui me paraît être des heures, il finit par ravir ses lèvres dans un baiser doux et tendre.

— Enfin ! s'écrie Fred, tenant Harry sur ses genoux. Il était temps !

Je ne saurais dire où, ni même quand cela s'est produit, mais il semblerait que, pour ce soir au moins, leur malaise de s'afficher en public soir remisé au placard, de même que la peur d'être jugés qu'ils ont en masse tous les deux.

— Je peux poser une question qui m'intrigue depuis le début de l'année ? demande doucement Dennis, nous sortants tous plus ou moins de nos conjoints respectifs et leurs regards.

— Qu'y a-t-il ? demandé-je, lui souriant gentiment.

Mal à l'aise, le regard méfiant et serrant doucement Astoria contre lui, je le trouve, lui aussi, adorable. Mais il faut dire que leur couple, à lui et la petite Greengrass, s'est créé sur des bases vraiment incroyables, et j'ai pu vivre l'histoire Hermione/Charlie depuis le début de celle-ci !

— Tu sais que ce n'est plus mon genre de me mêler de ce qui ne me regarde plus, Charlie, mais je voudrais que tu m'expliques pourquoi tu continues de sortir avec Sermirov alors que tu es marié avec Hermione, fait-il d'ailleurs, tentant vaillamment de ne pas frissonner sous le regard que lui envoie mon beau-frère.

— Je ne suis jamais sorti avec Katya ! grogne-t-il.

— Pourtant ça y ressemblait cruellement ! rétorque Harry de la même manière.

— Sans déconner, Cha ! soupire George en le regardant lassement. Je ne compte même plus le nombre de fois où Hermione est venue dormir dans mon lit parce que tu t'amusais à te taper ta blondasse ! Sans offense, Fleur.

— Pas de mal, balayé-je son excuse, attendant, moi aussi, son explication.

— Je veux bien que, ce qu'il s'est passé à la maison ou à la Chaumière soit sans conséquences, mais ce qu'il s'est passé à Vegas, ça, ça en était une ! poursuit-il, ne prenant pas en compte le regard assassin de Charlie. Je t'avoue que je ne comprends pas pourquoi tu as mis sur le dos d'Hermione le fait que tu aies craqué et couché avec elle…

— George arrête, le prévient Bill. Ça devient dangereux pour toi, là.

— Je peux faire une supposition ?

La voix hautement mal à l'aise de Narcissa Black résonne dans la pièce. À ses côtés, intrigué, Severus lève un sourcil dans sa direction, ne voyant visiblement pas où va conduire toute cette conversation et en quoi l'intervention de sa femme va pouvoir arranger les choses.

— Allez-y, soupire Fred, de toute façon, je doute même qu'il sache mettre des mots sur le pourquoi du comment il en est arrivé à coucher avec elle, ce soir-là…

— Severus m'a expliqué l'étendue de votre relation depuis le jour où vous vous êtes rencontrés, il y a quelque temps. Vous n'êtes pas ce qu'on pourrait qualifier de couple ordinaire.

— Nous ne sommes pas un couple ! grondent-ils en même temps.

— Dans ce cas, Miss Granger, dites-moi avec combien d'homme avez-vous couché dans votre vie ? susurre-t-elle vicieusement.

— Je n'ai pas à vous le dire !

— Vous n'avez pas à le faire, vous l'avez déjà dit tout à l'heure ! ricane-t-elle. À vu de nez et parce que le rouquin en bout de table est tout blanc, je dirais deux, trois, à l'extrême rigueur, et même là, j'ai beaucoup de mal à le croire !

Cette histoire va vraiment mal finir… Déjà qu'en temps normal, Hermione n'est vraiment pas à l'aise pour parler de sa vie sexuelle devant moi, mais devoir le faire devant un parterre de près de vingt invités, dont la sœur de celle qui l'a torturée, voilà qui risque de faire de cette soirée une tentative de meurtre sur blonde quarantenaire…

— Et moi je vous en parle de votre mariage foireux avec un sociopathe dégénéré ? la menace-t-elle. Vous êtes vraiment bien mal placée pour me parler ainsi, Lady Malefoy !

— Granger ! claque la voix de Severus.

— Quoi ? s'énerve-t-elle. Si elle ne voulait pas que je l'attaque sur ce point, elle n'avait qu'à y songer avant de venir nous insulter, Fred et moi ! Merde ! On est bien, Charlie et moi, comme on est ! Pourquoi voulez-vous toujours mettre des mots sur des choses ?

— Granger, ce n'est pas ce qu'elle a voulu dire, tente de la détromper Pansy.

— Bien sûr que si, c'est ce qu'elle a voulu dire et tu le sais parfaitement ! s'écrie-t-elle. Vous avez toujours en travers de la gorge le fait que je vous aie dit que vous étiez soumise et docile comme femme ? Ou bien est-ce parce que j'ai dit de votre sœur qu'elle était une tarée de psychopathe ?

Je ne suis pas sûre qu'on puisse mettre ça dans la case « excuses » mais je dois dire que j'aurais adoré voir ce moment de mes propres yeux ! Bon sang ce que ça fait du bien de voir que quelqu'un a dit de cette folle furieuse qu'elle était une tarée psychopathe !

— Ça ! continue Hermione en relevant sa manche de sa robe. Cet immonde dessin qu'elle m'a gravé dans le bras avec sa putain de dague empoisonnée, ça ne partira jamais !

Les larmes lui sont montées aux yeux malgré sa haine refoulée. Elle a mal et elle est triste de se sentir mutilée à vie. Je connais ça… Je vis avec un demi-loup garou qui ressent la même chose depuis plus de deux ans…

— Mais je vais vous dire, Narcissa, susurre-t-elle froidement, durant le rituel où nous avons renvoyé la Dame dans son enclos, je me suis fait un réel plaisir de la torturer et de la tuer comme elle l'a si bien fait avec moi ainsi que tant d'autres !

— Arrête ça, bébé, souffle Charlie en la prenant dans ses bras. Tu te fais du mal pour rien. Elle est morte maintenant.

— Oh merde !

Ce qui ressemble le plus à du choc sur le visage fantomatique de Severus après son exclamation sidérée fait relever les yeux de Charlie vers lui, les sourcils froncés.

— Qu'y a-t-il, Sev ? soupire-t-il.

— Je… Je ne suis pas sûr… Il faudrait que je la voie, mais… Non, ça ne peut pas être ça ! Et pourtant ça ferait sens ! baragouine-t-il dans son coin, faisant les cent pas.

— Merde, Rogue ! Réponds-moi ! s'écrie Charlie, la peur et la colère enflant dans son ton.

— Tu pourrais me montrer à quoi ressemble la dague qu'a utilisée la folle ? lui demande-t-il en flottant au-dessus de la table.

Le souffle laborieux à cause des larmes contenues difficilement par ses yeux, Hermione fait apparaître une image de la fameuse dague en question avec une précision extraordinaire, je dois bien le reconnaître !

— Oh la salope !

Si le choc nous cloue tous sur place à l'entendre invectiver une morte – grand bien nous fasse, soit dit en passant – il a au moins le mérite de défaire Hermione de la douleur qu'elle emmagasinait jusqu'à présent.

— Professeur Rogue ? chuchote-t-elle. Que se passe-t-il ?

— Je leur avais dit, à Poppy et Minerva, que quelqu'un tentait de vous empoisonner ! Mais non ! s'énerve-t-il en reprenant sa marche. Elles ont préféré continuer de se bercer de douces illusions !

— Severus, viens-en au fait, le presse Charlie.

— Je sais qui a empoisonné ta femme, assène-t-il froidement.

L'espace de quelques secondes, je sens mon corps ballotter lourdement dans l'étreinte que me procure Bill. C'est le son de son grondement bas et profond, annonciateur de mille et une tortures et promesse de mort douloureuse qui me ramène sur terre.

— Qui ? grognent Charlie et mon mari de concert.

— Moi.

Le silence choqué dans la pièce n'est même pas entrecoupé par le son des cris des bébés. Uniquement un calme glacial, douloureux et tendu. Le calme avant la tempête.

— Comment ça « toi » ? gronde Charlie en assassinant Severus du regard.

— Drago, fait-il en se tournant vers le blond après avoir levé une main en direction de mon beau-frère, dans la potion que tu as injecté à Miss Granger, y avait-il du venin de Basilic ?

— Évidemment ! lève-t-il les yeux au ciel.

— Ce qui explique que, couplé à l'adrénaline sécrétée ce jour-là, la réaction ait mis tant de temps à se produire…

— Pardon de ne pas avoir crevé ce jour-là ! siffle Hermione, vrillant un regard malveillant sur le directeur.

— Ne dis pas ça, bébé ! chuchote Charlie, l'implorant à demi-mot.

— Ce que je voulais dire, Granger, c'est que vous avez réussi à endiguer, pour un temps, l'asphodèle présent dans le poison que contenait la dague.

— Comment peux-tu connaître cette dague et le poison qu'elle contenait ? fronce les sourcils Cha.

Ce qui ressemble le plus à des excuses se met à briller dans les yeux du fantôme lorsqu'il les pose sur Charlie puis sur Hermione.

— Elle était à toi, n'est-ce pas ? souffle-t-il. C'est pour ça que tu connais le poison qui était dessus.

— Elle m'a été volée lorsque j'ai pris mes quartiers à Poudlard, hoche-t-il la tête doucement. Je l'avais laissé à l'impasse du Tisseur avant de prendre mes fonctions.

— Mais pourquoi l'avoir fabriquée ? grogne Charlie. Merde ! Tu devais bien te douter que n'importe quel Mangemort tombant sur ce genre d'artefact allait te le voler !

— L'impasse était sous Fidelitas ! réfute Severus. Les seules personnes à y avoir eu accès…

— Bella et moi, lorsque je t'ai demandé de faire avec moi un Serment Inviolable pour protéger Drago, souffle Narcissa.

— J'aurais dû lui couper la tête et les mains pour faire bonne figure ! siffle encore une fois Hermione.

— Je me serais bien vu lui offrir des funérailles vikings ! ricane sombrement Harry. Avec les flèches enflammées et la barque qui chute d'une cascade.

— Je t'avais bien dit que tu y viendrais à l'idée de danser sur les cendres de quelqu'un, Potter ! rit légèrement Pansy.

— POTTER ! Un peu de res… Non, en fait continuez, fait Severus après avoir souri de manière terrifiante.

— Severus, on parle de ma sœur, là ! souffle Narcissa.

— La plus grosse salope de tous les temps, je sais, merci bien ! gronde-t-il. Si elle n'avait pas volé cette dague, Granger ne serait pas entre la vie et la mort depuis deux mois ! C'était pour ton bâtard de mari que j'ai créé cette dague ! Un poison fait sur mesure, qui aurait réagi avec ses gènes de Vélanes en deux temps trois mouvements ! Merlin… Ça aurait été le plus beau jour de ma vie…

Waouh… Celle-là, je dois bien avouer que je ne l'avais pas senti venir ! Et si j'en juge la pâleur mortelle qu'affichent Dennis et Neville, eux non plus ! Loin de là, même !

Mais peut-être que, finalement, j'ai trouvé un maître dans l'art d'imposer le respect à autrui ! Peut-être même a-t-il des tuyaux à me donner pour contenir ma belle-mère ! Voilà qui est une idée à très sérieusement creuser !

— Vous êtes diabolique ! souffle Hermione, une touche de respect dans la voix. Je n'aurais jamais songé à empoisonner quelqu'un après l'avoir poignardé…

— Sachez, Miss Granger, susurre-t-il la voix soyeuse, que tout sorcier peut très bien se remettre d'un coup de poignard. En revanche, un poison qui attaque les gènes de créatures dans le sang est indétectable et surtout mortel !

— C'est tordu ! chuchote Dennis.

— Mais c'est tellement romantique…, souffle Luna, les yeux dans le vide.

— Fais gaffe, George ! ricane Fred, mal à l'aise lui aussi. Si elle est du genre à aimer être menacée pour faire l'amour, tu n'es pas sorti des Trois Balais !

La remarque de son jumeau fait doucement rire George ainsi qu'une bonne partie de la tablée, malgré son choc. Et sincèrement, tout aurait pu rester aussi « bon enfant » que ça si seulement Luna n'avait pas quitté son air rêveur pour un qui soit bien plus vibrant et terre à terre.

— Ne t'en fais pas, George, susurre-t-elle en mettant sa main sur son torse. J'ai des épées, des dagues, des lances et même des lassos dans mon armoire.

L'envie et le besoin s'allument violemment dans son regard jusqu'au moment où les paroles qu'elle lui a assenées fassent sens dans son cerveau atrophié par son surplus d'hormones. Alors seulement, l'incrédulité s'inscrit dans ses yeux qu'il relève vers Fred.

— Je te le promets, hoche-t-il la tête, un jour, ce sera ma femme !

Sincèrement, je ne veux même pas savoir quelle idée tordue s'est développée dans son petit cerveau de tordu lui aussi, mais vu la faim qu'expriment ses prunelles, je ne doute pas que leurs parties de jambes en l'air risquent d'être assez sportives !


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Dites-moi tout ! À vos claviers ! Qu'avez-vous pensé de ce début de chapitre ? La petite descente dans les pensées de Fleur vous a-t-elle plu ? Le discours (décousu) de Harry a été à votre goût ? La relation de plus en plus affichée de Padma et Drago vous plaît-elle ? La réaction de Severus à la vue de la lame utilisée par Bellatrix pour torturer Hermione vous a-t-elle paru très… Roguienne ? Et cette Daphnée ? N'est-elle pas grandiose en étant ivre ? Que pensez-vous que sera la réaction des « parents » au départ de leurs « enfants » ? En parlant d'enfants, et ce couple Lucifer/ Queen ? Et surtout, ma petite préférée : qu'avez-vous pensé de cette petite conversation avec Thor ? Je sais, je sais, je vous demande beaucoup, mais j'en ai une dernière que vous connaissez bien : Qu'attendez-vous pour la suite de cette histoire ?

Je vous dis donc à vendredi ou samedi prochain pour la seconde partie du chapitre 26 ! Au programme : une Luna émotive, un Charlie concilient, un peu de Percy et de Pénélope, un cadeau de mariage bien utile et une tempête !

Je vous ai donné envie ? Si c'est le cas, ne manquez pas notre prochain rendez-vous, lâchez une review et mettez cette histoire en favori !

Je vous embrasse et vous souhaite une très bonne semaine à tous, soyez prudents et gardez vos amis et vos familles en sécurité,
Bisou,
Mya.