Désolé pour l'attente, je suis en train de préparer un concours d'écriture et il reste peu de temps. Ce n'était pas prévu, il a fallu que je gagne du temps un peu partout où je le pouvais et les publications que je fais ici en ont notamment subi les conséquences.

Merci pour les reviews !

Bonne lecture !


Chapitre 60

La nuit était tombée, la lune éclairait de ses doux rayons le visage d'Astrid, seule partie visible de son corps dans les ténèbres environnantes. Son armure d'ébène, signe de son appartenance à la Garde Noire se fondait dans le ciel nocturne. Son casque était posé juste devant elle, sur le pommeau de la selle.

Le vent printanier venait jouer avec ses cheveux. Astrid remit en place une mèche baladeuse, puis elle flatta l'encolure de Tempête avant de se tourner vers ses compagnons.

Alrik, Kirsten et Galen l'accompagnaient dans son périple. Astrid aurait bien voulu pouvoir emmener Henrik et Lennart, mais comme convenu, ils étaient restés avec Élia pour l'aider. Pour la première fois, Astrid espéra que sa rivale réussirait tout ce qu'elle entreprendrait.

Quatre membres de la Garde Noire pour une mission dont les conséquences pourraient changer le destin de tous. C'était peu, tout en étant beaucoup. Une contradiction qui s'expliquait par leur situation particulière. Par leur action, ils étaient devenus l'allié et l'ennemi de leurs nations. Ils avaient désobéi pour sauver leur chef, pour apporter une conclusion tant espérée à cette guerre.

— Nous arriverons bientôt, leur annonça Astrid.

En effet, au loin, on pouvait distinguer la lumière ténue et vacillante, caractéristique des torches et braseros éclairant les points stratégiques de l'île vers laquelle ils se dirigeaient. Une terre bien connue d'Astrid.

Son île natale.

— Quel est le plan ? demanda Alrik.

— Se poser discrètement, puis prendre contact avec Varek.

Alrik fit une grimace. S'agissant de Beurk, il avait décidé de laisser Astrid décider, il restait cependant un peu sceptique face à un tel plan.

— Tu es sûre de toi ? Sûre de lui ?

— Me fais-tu confiance ?

— Bien sûr ! Je n'aurais pas pris la peine de nous faire cet insigne si je ne croyais pas dans notre duo ! s'exclama Alrik en désignant la broche d'un rouge sanglant épinglée sur l'armure d'Astrid.

Elle représentait deux dragons sanguinaires entourés d'un cercle de flammes. Le symbole des Dragons de Sang.

— Alors, pourquoi poser la question ? répliqua Astrid avec un sourire sarcastique.

Elle l'avait fait exprès pour s'amuser de la réaction d'Alrik, mais surtout pour alléger l'atmosphère. Depuis qu'ils avaient repéré Beurk, elle avait senti ses compagnons se tendre. Elle fut heureuse de voir l'esquisse d'un sourire sur le visage de Kirsten et Galen.

— Comme si c'était le moment… commença à maugréer Alrik avant de rendre compte du véritable but d'Astrid.

Il laissa tomber ses récriminations et entra dans le jeu d'Astrid, profitant lui aussi de ce court moment de détente. Cela ne pouvait cependant pas durer éternellement. Il attendit autant qu'il lui était permis, puis il revint à la charge. Ils ne pouvaient pas se passer d'un plan.

— Je suis désolée de te le rappeler Astrid, mais tu as été bannie…

— Si c'est ce qui t'inquiète, alors tu n'as pas à t'en faire, j'ai confiance en Varek. C'est mon ami, et puis il s'est lié avec un dragon, ça devrait être suffisant pour te convaincre.

— Je te crois, cependant les autres membres de ton peuple ne…

— Mon ancien peuple, le coupa Astrid, sans pouvoir totalement cacher sa tristesse. Je fais désormais partie de la Garde Noire et des Nordiens.

— Si ça peut te réconforter, à mon avis tu n'y as pas perdu au change. Au contraire, tu es là où tu aurais toujours dû être, intervint Galen.

— Je suis d'accord, en fait tu es même plus que tout cela, renchérit Kirsten.

Astrid vit Galen hocher la tête, donnant son soutien à ces paroles. Alrik en revanche fit une drôle d'expression. Il était difficile de dire si c'était parce qu'il voulait que tout le monde se concentre sur le plan ou si c'était en raison des propos tenus.

— Que veux-tu dire ? demanda Astrid.

Elle n'était pas certaine de voir où Kirsten voulait en venir.

— Eh bien, toi et Harold vous êtes ensemble maintenant, non ?

— On peut dire ça… répondit Astrid en songeant tristement aux derniers moments passés aux côtés d'Harold.

— Donc tu es la compagne du Protecteur du Nord.

Pressentant ce qui allait suivre, Astrid hésita. Si elle n'intervenait pas, elle craignait de se retrouver une nouvelle fois dans une situation des plus complexe.

— Euh… attends un peu, on s'est juste embrassé… je veux dire, on n'est pas uni devant les Dieux ou quelque chose comme ça. Il n'a même pas été annoncé officiellement qu'on est ensemble, répondit hâtivement Astrid.

Astrid sentit le sang lui monter au visage. Heureusement pour elle, il faisait nuit et il serait difficile pour ses amis de s'en rendre compte. Elle avait tout fait pour empêcher son mariage avec Thorkell, pourtant elle venait elle-même d'énoncer l'idée d'une union avec Harold. Dans sa hâte d'intervenir, elle avait parlé sans réfléchir, ses propres mots la surprenaient un peu, elle venait de se rendre compte qu'inconsciemment elle s'était imaginé un tel scénario.

Moi et Harold…

Elle secoua vivement la tête pour essayer de s'éclaircir les idées. Sa relation avec Harold venait juste de commencer, ce n'était pas le moment de songer à de telles choses.

D'abord je dois le sauver, ensuite… pour le reste on verra après !

— Si tu restes avec lui, d'une manière ou d'une autre tu finiras par te tenir à ses côtés. Cela fait en quelque sorte de toi, l'équivalent d'un chef.

— Il faudrait peut-être créer un titre de Protectrice du Nord ? s'interrogea sérieusement Galen avant de se mettre à murmurer des choses bien plus folles : à moins que tout ne change… un titre de Roi et Reine du Nord… pourquoi pas ?

Astrid se tourna vers Alrik à la recherche d'une aide bienvenue. Il lui fit un regard penaud sans pouvoir cacher un petit sourire avant de se détourner pour regarder vers l'avant. Il ne comptait pas la soutenir sur ce coup.

— Très bien et si on en revenait à ce plan ! s'exclama Astrid, avec l'espoir de réussir à changer de sujet. Pour en revenir à ce que tu disais Alrik, tu as sûrement raison, mon ancien peuple pourrait se montrer gênant, mais si on se débrouille bien ils n'auront même pas conscience de notre présence, alors tout ira bien.

— Et si on se fait repérer ?

— On court.

— On court ?! T'es pas sérieuse ? Ce n'est pas un plan !

— Tu as une meilleure idée peut-être ? Tu veux te battre contre eux ?

— Non, mais…

— Les Nordiens pourraient nous aider ?

— Difficile à dire, tu sais comme moi qu'on ne peut pas savoir à qui faire confiance. Sans compter que c'est un territoire de la Coalition, nous ne sommes pas ici en mission officielle. Ils pourraient très bien décider de nous emprisonner en attendant d'avoir des consignes.

— Ils emprisonneraient des membres de la Garde Noire ?

— Dois-je te rappeler que tu as interdiction de poser le pied sur Beurk sous peine de mort ? En ce qui nous concerne, avec la capture d'Harold, il faudrait normalement un ordre écrit d'Élia et signé par Hagbard vu que c'est lui qui a repris les choses en main.

— On ne pourrait pas faire passer ça pour une mission secrète dans le pire des cas ?

— Ils ont forcément été informés de tout ce qu'il s'est passé, avec un traître qui se balade c'est impossible.

— Donc pour faire simple, on évite tout le monde jusqu'à trouver Varek. Ensuite, selon ce qu'il nous dira on avisera. La dernière fois, il était en charge des relations entre les chefs, il devrait en savoir largement assez pour nous venir en aide.

— En gros, on n'a pas de plan, marmonna Alrik.

Astrid s'apprêtait à répliquer quand soudain Kirsten coupa la conversation.

— Regardez ! C'est moi ou il y a beaucoup de mouvement en bas ?

Tout le monde tourna son regard en contrebas, ils étaient quasiment arrivés au-dessus de l'île. Ils pouvaient désormais clairement distinguer les bâtiments ainsi que de nombreux points lumineux se déplaçant en tous sens.

— Si toutes ces torches sont des patrouilles, ça fait beaucoup, commenta Alrik. Qu'en penses-tu Astrid ?

Astrid déglutit, un frisson glacial lui remonta dans le dos. Elle venait de remarquer deux autres points inquiétants.

— Vous ne trouvez pas qu'il y a trop peu de navires ?

D'après ce qu'on lui avait dit, Astrid s'était attendue à voir une flotte de défense importante au large de Beurk, pourtant il n'en était rien. Bien entendu, ils pouvaient être partis accomplir une mission dont Astrid n'avait pas connaissance, mais même ainsi, elle trouvait qu'il restait trop peu de navires.

Alrik jeta un œil aux navires. Immédiatement il se tendit en voyant leur nombre. Cette simple réaction suffit à Astrid pour savoir qu'elle avait visé juste. Lui aussi trouvait que cela ne collait pas aux informations fournies par Élia.

— Ils sont peut-être partis en mission, tenta-t-il pour se rassurer.

— Peut-être, mais…

— Mais ?

— Pourquoi n'a-t-on vu aucune patrouille de dragonniers ? À force de discuter, nous nous sommes approchés plus près que prévu. Nous devrions être en train de voler en rase-mottes pour éviter de nous faire repérer en ce moment.

Réalisant la justesse des propos, les compagnons d'Astrid vérifièrent l'état de leurs armes, les faisant coulisser dans leur fourreau afin d'être sûr de ne pas être pris au dépourvu. Ils jetèrent de frénétiques coups d'œil tout autour d'eux à la recherche des patrouilles sans en trouver aucune. Même en pleine nuit, cela aurait dû être impossible. Après la tentative d'enlèvement de Krokmou à laquelle Harold avait dû faire face quand il était sur l'île, tout le système avait été renforcé. Il aurait dû être impossible de s'approcher aussi près sans être intercepté.

— Il a dû se passer quelque chose, on ferait mieux de se dépêcher de trouver ton ami, déclara Alrik.

— Je suis d'accord, répondit Astrid avant de se tourner vers Kirsten et Galen. Vous êtes prêts ?

Pour toute réponse, ils portèrent leur poing à leur cœur, puis ils enfilèrent leur casque, prenant l'allure de véritables démons. Alrik fit un signe de tête à Astrid, et tous deux imitèrent leurs amis.

— On te laisse nous guider Astrid, annonça Alrik.

Astrid prit la tête de leur groupe. Sans même avoir à parler, elle fit comprendre à Tempête son intention. Dans la seconde suivante, la dragonne plongea à vive allure vers l'océan dont les eaux scintillaient de manière éphémère sous le jeu fluctuant des rayons lunaires.

Au dernier moment, Tempête se redressa, ses ailes frôlant l'eau, créant un sillage à sa suite. Dans une formation en losange, Astrid à leur tête, le groupe vola en rase-mottes, évitant les quelques navires présents sans se faire repérer pour finalement prendre une direction ayant pour but de leur faire éviter le port et d'arriver par l'un des flancs de l'île.

Ils s'éloignèrent suffisamment du village pour s'assurer de ne pas être repérés par un quelconque garde surveillant depuis l'une des tours de guet. Même sans dragonniers pour les intercepter, tenter de se poser directement dans le village aurait été trop risqué. Arrivés aux falaises, ils reprirent de l'altitude pour survoler non plus l'océan, mais bel et bien la terre ferme. Astrid les avait menés au-dessus de la forêt.

— On va se poser dans la forêt, aussi près qu'il nous est permis par rapport au village. Ensuite on continuera à pied, il faudra passer le rempart. Vous avez bien pris des grappins avec vous ?

— On a ce qu'il faut, répondirent ses compagnons en tapotant leurs sacoches de selle pleines à craquer.

Astrid avait posé la question plus pour la forme qu'autre chose. Avant de partir du Dragon Des Mers, Élia s'était assurée de leur fournir tout ce dont ils pourraient avoir besoin pour sauver Harold. Ils avaient emporté avec eux assez de nourriture pour le voyage jusqu'à Beurk, ainsi que tout le matériel assez petit pour être transporté. On y trouvait tente et couverture, ustensiles de cuisine, tout comme des pierres à aiguiser ou des grappins pour franchir les obstacles qui se présenteraient.

Sous la direction d'Astrid, il ne fallut pas plus de quelques minutes au groupe pour atteindre la zone désirée. Tout en faisant attention qu'on ne puisse pas les repérer depuis le mur d'enceinte, Astrid fit se poser le groupe dans une zone où les arbres étaient clairsemés sans rencontrer la moindre difficulté.

Le quatuor ne perdit pas de temps, à peine posé, ils ouvrirent leurs sacoches pour s'équiper de ce dont ils auraient besoin. Une fois cela fait, chacun se tourna vers son dragon pour lui murmurer quelques mots agrémentés de caresses.

— Je compte sur toi pour veiller sur les autres, Tempête. Promis, on ne sera pas long.

Tempête baissa la tête de sorte à toucher le front d'Astrid de son museau. Elles restèrent ainsi pendant quelques secondes, puis la dragonne s'éloigna pour rejoindre ses congénères. Astrid remit son casque, accrocha sa hache dans son dos et elle aussi rejoignit ses compagnons. Tout comme elle, ils étaient prêts.

Guidée par les éclats fugaces de la lune, Astrid guida son groupe à travers le sous-bois. Tout autre qu'elle n'aurait certainement pas réussi un tel exploit. Il était extrêmement difficile de s'orienter et d'y voir à plus de quelques mètres, heureusement Astrid connaissait par cœur son île natale. Elle aurait sans aucun doute pu faire le trajet les yeux fermés. Sans oublier qu'ils s'étaient posés au plus près, rendant la tâche moins hardie pour la jeune dragonnière.

En quelques minutes, ils atteignirent la lisière de la forêt. Devant eux, à une centaine de mètres tout au plus se trouvait le grand mur de pierre protégeant le village. En haut des tours, où autrefois il n'y avait rien, désormais des balistes tueuses de dragons y trônaient. Des torches éclairaient à intervalles réguliers le chemin de ronde où deux gardes se relayaient pour surveiller les environs.

— Les gardes ont l'air d'être assez tendus, mais en même temps ils ne sont que deux, commenta Galen.

— Où veux-tu en venir ? demanda Astrid.

— Toutes les torches qu'on a vues, l'agitation dans le village en pleine nuit, à mon avis cela n'a pas de rapport avec une éventuelle attaque ou quelque chose venant de l'extérieur.

— Je vois… Il se serait donc passé un événement au sein de l'enceinte, peut-être cherchent-ils quelqu'un.

— On en saura plus quand on aura trouvé ton ami. On ne devrait pas traîner, intervint Alrik.

— Tu as raison.

Sous l'impulsion d'Alrik, le groupe se concentra sur le plus important, franchir le mur. Ils observèrent pendant de longues minutes le schéma des gardes, puis une fois sûr de pouvoir traverser sans risque, ils s'élancèrent. Sous le couvert d'un nuage particulièrement imposant, assombrissant totalement les alentours, ils s'avancèrent rapidement jusqu'à une portion du mur temporairement sans surveillance.

Ils firent tournoyer leurs grappins pour leur faire prendre de l'élan. Ils les lancèrent, ils s'élevèrent et s'accrochèrent à l'un des créneaux. Avec toute la rapidité dont ils pouvaient faire preuve, le quatuor grimpa. Alrik fut l'un des premiers arrivés en haut. Il s'assura tout d'abord qu'il n'y avait aucun risque d'être repéré puis il aida ses compagnons. Tout se passa sans heurt, ils récupérèrent leurs grappins et descendirent du mur pour pénétrer dans l'enceinte du village. Arrivés au coin d'un bâtiment, ils firent une pause.

— On a eu de la chance, déclara Kirsten. Pour laisser une telle ouverture, les gardes doivent vraiment être sur les nerfs. Une erreur comme celle-là en temps de guerre, ça ne devrait pas être permis.

Astrid grimaça, elle ne pouvait pas la contredire. Malgré la décision de son chef de l'exiler, dire du mal de son ancien peuple la dérangeait un peu quand cela touchait un thème dont elle avait toujours été fière. Les Beurkiens étaient depuis toujours considérés comme un peuple de guerriers émérites. Une erreur comme celle de ce soir n'était pas dans leurs habitudes.

Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, mais ça a dû pas mal les secouer pour impacter leur capacité à accomplir leur devoir.

— Remercie plutôt les Dieux pour cette chance qu'ils nous ont offerte. Ce n'est pas le moment de se plaindre de l'inefficacité des gardes alors que cela nous arrange bien, commenta Alrik. Alors Astrid, par où va-t-on maintenant ?

— Par là, suivez-moi.

Le quatuor reprit sa progression, avançant lentement, rasant les maisons et bâtiments en bois. On pouvait sentir dans l'air, la tension qui habitait le village. Elle était palpable au point où on aurait cru pouvoir la saisir à main nu. Il y avait de nombreuses patrouilles opérant en un schéma totalement irrégulier, forçant parfois le groupe à se jeter précipitamment dans le premier renfoncement qu'il voyait.

Ils avancèrent sans un bruit, pénétrant de plus en plus profondément au sein du village. De temps à autre ils entendaient ici et là, les murmures des patrouilles passant devant leurs cachettes ou dans les rues adjacentes sans réussir à en saisir le sens. À chaque pas supplémentaire, Astrid était de plus en plus tendue. Plutôt que d'avancer en terre amie, elle avait le sentiment de progresser sur un sol ennemi, où chaque coin de rue était un danger. Elle n'aurait jamais cru que pénétrer furtivement sur son île natale, lui causerait un tel stress. Chaque bruit devenait pour elle comme un coup de tonnerre. Elle en oublia le nombre de fois où sa main se contracta sur le manche de l'une de ses armes.

Les patrouilles ne suivaient aucune ligne de conduite prédéfinie, se faisant des plus dangereuses. L'ignorance lui mettait les nerfs à fleur de peau. De tous, elle était celle qui risquait le plus à être ici. Si elle était capturée par des Beurkiens, ils devraient appliquer la loi de leur chef et la condamner à mort. C'était le pire des scénarios. Mais pour Harold, c'était un risque qu'elle était prête à prendre.

Cette idée en tête, elle fit accélérer le rythme. Voyant leur destination se rapprocher, Astrid laissa retomber un peu la pression. Sa méfiance baissa d'un cran, une erreur qu'elle ne réalisa que trop tard. À l'occasion d'un changement de rue, Astrid fut soudain projetée dans une ruelle et plaquée au sol. Par réflexe, elle sortit une dague et la pointa sous la gorge de son assaillant. Elle n'était cependant pas la seule à avoir agi ainsi. Une lame au métal glacial s'était posée sur son cou, juste en dessous de la lanière permettant de maintenir son casque, prête à lui trancher la trachée. D'un geste, ils pouvaient ôter la vie de l'autre.

Bougeant lentement la tête pour ne pas donner de raison à son ennemi de la tuer, elle la tourna de sorte à pouvoir voir le visage de celui qui se tenait au-dessus d'elle.

Quand Astrid vit de qui il s'agissait, elle écarquilla les yeux de surprise.

La personne qui menaçait sa vie était loin de lui être étrangère.