Chapitre 6 : L'armée de Dumbledore


Pendant ce temps-là, Harry s'était rendu dans la Salle sur Demande où il retrouva toutes les huitièmes années.

La Salle sur Demande avait créé un lieu de vie parfait pour eux. Une salle commune, une salle d'entraînement, une petite bibliothèque, un dortoir pour les garçons et un autre pour les filles. Cet endroit serait leur maison durant toute cette dernière année à Poudlard.

Harry debout face aux anciens membres de l'A.D., en plus de quelques Serpentard repentis, leur demanda d'abord du calme. Depuis que la nouvelle était tombée, les membres de l'A.D. n'arrêtaient pas de hurler des "c'est impossible !" et des "hors-de-question !" à tout bout de champ.

Harry s'adressa donc à tous ;

— S'il vous plaît, ce n'est pas en hurlant que l'on réglera le problème.

Seamus ajouta immédiatement, appuyé par Dean ;

— Harry a raison, il n'y a pas plusieurs solutions. Le mieux est encore de tuer Jedusor, de réduire son corps en cendres puis de geler les cendres avant de les sceller magiquement, comme cela, il ne reviendra plus jamais.

La moitié de la salle les regarda d'un air un peu inquiet, ils avaient l'air très satisfaits de leur idée. Hermione soupira.

— Les garçons, sérieusement. Vous savez que l'on ne peut pas faire ça. Harry a accepté l'accord alors on va devoir supporter Jedusor et le surveiller en permanence. Mais s'il fait quelque chose de mal, et uniquement à ce moment là, vous pourrez mettre votre plan à exécution. Mais personnellement, après avoir gelé les cendres et les avoir scellées magiquement, je les balancerais à travers le Voile de la mort.

La moitié de la salle acquiesça avec sérieux, alors que Drago éclatait de rire. Il s'excusa, toujours en riant.

— Je suis désolé, je suppose que c'est nerveux, mais vous êtes trop drôles.

Harry qui s'était assis dit ;

— Drago a raison, c'est ridicule. Pour le moment, contentez-vous d'être capables de croiser Jedusor sans le maudire. Je sais que beaucoup d'entre vous trouve cela injuste et que pour nous tous, il est le meurtrier qui a bousillé nos vies et détruit nos familles, mais nous devons attendre une erreur de sa part avant d'agir. Ensuite seulement, nous le traînerons légalement en justice et il recevra le baiser du Détraqueur. Nous ne sommes plus en guerre alors essayons d'agir comme des civils et si cela ne fonctionne pas, nous nous battrons de nouveau.

Tout le monde acquiesça aux paroles d'Harry. Un silence calme mais lourd s'étendit, il fut brisé par les sanglots étouffés de Neville.

— Je... je pensais que c'était fini que l'on était libre que cette année, on pourrait se reposer tous ensemble... Je voulais être tranquille, je voulais avoir une année normale...

Luna le prit immédiatement dans ses bras pour le bercer un moment. Les paroles de Neville apportèrent un froid dans la salle. Tous pensaient être enfin en paix et ce ne serait pas le cas, Harry semblait être le plus affecté par les paroles de Neville.

Il dit en s'adressant non seulement à Neville mais aussi à tous les autres ;

— Tu peux partir Neville, si tu le veux. Vous pouvez tous partir. Je serais très heureux si vous restiez avec moi, à mes côtés, ça m'aiderait à me sentir moins seul, mais si vous voulez partir pour avoir une vie plus tranquille et heureuse ailleurs, alors je suis d'accord avec ça. Si j'avais eu le choix, il y a certainement longtemps que je serais parti loin, très loin d'ici...

Neville, toujours larmoyant, releva son visage triste vers Harry. Il se leva et prit Harry dans ses bras avec force. Ce n'était qu'un murmure, mais tout le monde l'entendit.

— Tu es vraiment idiot. Comment peux-tu penser que l'on serait plus heureux loin de toi ? On est là et on ne compte pas s'en aller. Voldemort n'est plus ton problème, il est le nôtre et tant qu'il menacera ta vie, on te protégera comme tu l'as fait pour nous.

Harry finit par rendre son étreinte à Neville et tous furent très émus. Personne ne contredit Neville.

Si guerre il y avait, alors ils la feraient ensemble.

Le temps était vite passé et après cela, tous les huitièmes années s'étaient éparpillées dans la salle commune et chaque petit groupe préparait plus ou moins cette rentrée scolaire peu ordinaire.

Un petit groupe constitué d'anciens Serdaigles et Poufsouffles avait décidé de créer des amulettes protectrices contre l'Imperium et tout autre sort de contrainte mentale. Ils savaient le Seigneur des Ténèbres puissant à ce petit jeu et ils voulaient être protégés des manipulations de celui-ci. Harry avait approuvé l'idée avec le sourire. Tous se retrouvèrent alors à fabriquer rapidement des petites amulettes magiques avec des protections assez puissantes pour dévier l'Imperium et le Legilimens.

Peu de temps après, chaque huitième année se retrouva avec une chaîne en argent au ras-du-cou, ornée par une médaille où il était inscrit A.D. en lettres capitales, le tout enchanté pour résister à Jedusor.

Hermione et Drago ainsi que Neville et Luna, qui, malgré le fait qu'elle fasse partie des septièmes années restait souvent avec eux, travaillaient sur une version plus puissante du médaillon qu'ils voulaient offrir à Harry puisque celui-ci était occupé à placer les enchantements sur chaque petit collier.

Quand vingt-deux heures arriva, Harry se leva, tendu. La quasi-totalité de la salle voulait qu'Harry y aille accompagné mais celui-ci préférait s'y rendre seul. Étrangement, seul Malefoy réussit à le persuader.

— Cela ne me dérange pas que tu y ailles seul, tu peux gérer Jedusor mais j'aimerais venir avec toi. Contrairement à toutes les autres personnes de cette salle, je ne connaissais pas le vrai visage du Seigneur des Ténèbres. Je veux me faire une idée plus exacte de la personne à qui je devrais faire face. Si tu acceptes de me prendre avec toi, cela me rendra service.

Hermione avait remarqué que cette mise en scène était simplement une technique de Serpentard pour pouvoir veiller sur Harry. La majorité des personnes de cette salle étaient des Gryffondor et aucun d'entre eux n'aurait eu l'idée d'utiliser un tel stratagème, ce qui rendait Drago assez crédible.

Mais, au vu du petit sourire d'Harry lorsqu'il accepta, il avait parfaitement compris ce que faisait le Serpentard et apparemment, cela l'amusait donc il n'y avait aucun problème. Le principal, au final, était que quelqu'un aille avec Harry pour garder ses arrières, au cas où.

Harry se dirigea jusqu'au bureau de la directrice, Drago sur ses pas. Ce dernier, légèrement sensible à la magie, pouvait sentir celle d'Harry s'élever avec férocité autour de lui, le protégeant, prête à se déchaîner au moindre mouvement.

Harry était dangereux en ce moment. La plupart de ses pouvoirs se débridaient d'eux même, ayant la volonté de protéger leur maître dont ils sentaient la tension augmenter.

Harry était sous pression et cela se ressentait dans tous ses mouvements. Plus rapides, plus précis ; chacun de ses gestes était fait comme si la moindre erreur pouvait lui coûter la vie. Dans son esprit, c'était probablement le cas. Pour tous, une erreur face à Voldemort était le synonyme de la fin.

Harry essayait de garder son calme. Il avait repéré depuis un moment maintenant la présence de Jedusor face à lui. À plusieurs centaines de mètres, certes, mais c'était bien la pression et l'aura magique de Tom Jedusor - ou Voldemort - peu importe son nom. Il utilisa le surplus magique qui lui échappait continuellement pour renforcer ses boucliers d'Occlusions ; ceux-ci avaient tendance à être fragilisés lorsqu'il se retrouvait en présence de l'autre.

Drago se mordit l'intérieur des joues lorsqu'il vit Tom Jedusor, le Seigneur des Ténèbres, sagement appuyé contre le mur près de l'escalier menant au bureau directorial. Un livre était présent entre ses mains et le blond sentit son appréhension grandir lorsqu'il déchiffra le titre du livre : Harry Potter sa vie, son histoire. Magie noire et organisation secrète, découvrez la vérité derrière les titres du Survivant. Par Rita Skeeter.

Drago lança un regard légèrement inquiet à Harry. Non seulement il devait faire face à Voldemort mais en plus, Drago se souvenait de la réaction de Potter lorsqu'il avait découvert ce bouquin. Le 12 Square Grimmaurd ne s'en serait jamais relevé si Hermione ne lui avait pas assuré qu'elle ferait interdire ce livre à la vente...

Harry s'approcha de Jedusor dans un calme étrange, semblable à celui qui vient avant la tempête. Bien sûr, Jedusor releva immédiatement la tête et un petit sourire étira ses lèvres, ce qui augmenta l'état de rage d'Harry de plusieurs crans. Pourtant, extérieurement, le Gryffondor resta très calme.

Sa magie, même débridée, s'installa autour de lui, puissante et protectrice. Il connaissait Voldemort et qu'importe la version à laquelle il avait à faire de celui-ci, il ne le craignait pas.

Il le salua d'ailleurs le premier d'un Voldemort prononcé calmement.

À Suivre...


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