Chapitre 11 : L'interrogatoire de Jedusor


Harry Potter acquiesça.

— De toute façon, je sais pertinemment que tu finiras par faire tout cela, donc autant que tu le fasses quand je serais là pour le voir.

Tom Jedusor eut l'air absolument satisfait par cette réponse.

Un silence s'étendit alors que seul le crépitement des braises dans la cheminée se faisait entendre. C'est Tom qui brisa le silence.

— Il y a de nombreuses questions que j'aimerais vous poser.

Harry comprit que cette conversation risquait de traîner en longueur. Il s'allongea alors en travers de son fauteuil, surveillant Jedusor du coin de l'oeil, un bras sous la tête tandis que l'autre jouait négligemment avec sa baguette. Il était prêt à se défendre même dans cette position.

Il dit d'une voix lasse ;

— J'ai toute la nuit. Demain, on commence par Histoire de la magie et je peux réciter l'histoire de la dernière guerre gobeline par coeur alors Binns ne m'en voudra pas trop si je dors pendant son cours.

Il sentit que Jedusor souriait, même sans le voir, et cela avait le don de l'énerver. Le mage noir dit d'une voix, comme d'habitude, contrôlée et maîtrisée ;

— Ce ne serait pas très Serpentard de ma part de vous les poser directement.

Harry répondit aussitôt sans réfléchir ;

— Comme ce ne serait pas très Serpentard de ma part d'y répondre directement. Nous ne sommes plus à cela près ; poses tes questions et j'y répondrai. Si tu fouilles dans mon passé, je ferai en sorte que toutes les informations que tu y trouveras soient erronées.

Provoquer Jedusor de cette manière en permanence n'était pas une bonne idée, mais Harry se sentait trop sur les nerfs pour jouer aux jeux d'esprit qu'affectionnait tellement le Serpentard.

D'ailleurs, celui-ci demanda d'un coup ;

— Vous avez bien fait vos études à Gryffondor ?

Harry lui répondit avec sincérité. Il préférait que Jedusor lui pose directement ses questions plutôt qu'il n'aille fouiller l'esprit d'une quelconque personne pour obtenir des réponses.

— Oui, j'ai fait mes études à Gryffondor, mais le Choixpeau me voulait à Serpentard. J'ai refusé.

Harry fixait le feu s'éteignant lentement dans la cheminée en face de lui tout en conversant avec Tom Jedusor. Cette situation n'avait rien de naturel et pourtant, un observateur extérieur, ne connaissant ni l'histoire, ni les protagonistes, aurait seulement vu deux camarades de longue date, discutant des cours la veille de la rentrée scolaire.

Jedusor demanda immédiatement après la réponse d'Harry ;

— Pourquoi cela ?

— C'est plutôt franc comme question.

— Vous avez dit que vous répondriez à toutes mes questions.

— La réponse est simple. On m'a dit, peu avant la répartition, que tu y avais fait tes études, alors j'ai refusé d'y aller. Je ne suis pas le seul dans ce cas ; l'effectif des Serpentard a diminué de moitié depuis la première guerre.

— Je vois. C'est dommage, j'apprécie l'esprit controversé et tout en subtilité des Serpentards.

— Les seules subtilités dont font preuve les Serpentards actuels sont les différentes manières d'esquiver les insultes et les brimades dans les couloirs. Les autres classes n'ont de cesse de les traiter de futurs mages noirs.

— C'était déjà plus ou moins le cas à mon époque. J'avais réussi à faire changer cela en respect craintif pendant ma scolarité. C'était toujours mieux que rien.

— Je pense qu'avec la fin de la guerre et des personnes comme Rogue et Malefoy, les choses devraient aller en s'améliorant et, avec un peu de chance, le prochain mage noir descendra directement de Poufsouffle.

Jedusor renifla.

— Aucune chance, dit-il d'un ton catégorique qui fit presque sourire Harry.

Un silence de courte durée s'étendit avant que Jedusor ne demande ;

— Pourquoi ai-je attenté à votre vie lorsque vous étiez bébé ?

Harry se crispa immédiatement à la question. Il eut fort envie de répondre à Jedusor que c'était à cause de sa folie mais il finit par dire ;

— Il y avait une prophétie. Une prophétie qui faisait de moi un ennemi à abattre et tu as décidé de le faire avant que je n'ai une chance de me défendre.

Jedusor devait réfléchir et faire ses propres conclusions car les questions suivantes arrivèrent plusieurs minutes plus tard.

— Comment avez-vous survécu à l'Avada Kedavra ? Quel était le contenu de la prophétie ?

Harry se raidit un peu plus à ces questions. Dévoiler le contenu de la prophétie signerait son arrêt de mort. Il dit donc d'une voix sans appel, en réponse à la première question ;

— J'ai eu beaucoup de chance.

Apparemment, cette réponse ne suffit pas à Jedusor car celui-ci s'exprima d'une voix un peu trop calme ;

— Je ne pense pas que ce soit la chance qui vous ait permis de me vaincre à plusieurs reprises. Tout comme je ne pense pas que cette prophétie ait été énoncée par hasard.

Harry ne répondit pas, ce n'était pas une question. Jedusor n'était pas assez idiot pour croire à la chance ou au hasard.

Le jeune Seigneur des Ténèbres finit par dire ;

— Je ne vais pas insister sur le sujet étant donné qu'il me semble plus que sensible.

Harry n'avait pas besoin d'être devin pour savoir sur quoi allaient maintenant tourner les recherches de Jedusor. Il voudrait forcément connaître le contenu de la prophétie et savoir comment il avait survécu à l'Avada Kedavra.

Harry se consola un peu en pensant qu'il faudrait un long moment avant que Jedusor n'arrive à regrouper toutes les pièces du puzzle.

Harry s'attendait à une autre question dérangeante, comme les deux dernières, mais fut surpris d'entendre Jedusor demander ;

— Où sommes-nous ? Quel est cet endroit exactement ?

Harry répondit facilement.

— Ceci est la Salle sur Demande. Elle répond aux besoins des élèves désirant son aide. Elle change en fonction de la demande de la personne la dirigeant. Elle possède une magie propre, rattachée à celle de Poudlard. Je l'ai découvert il y a quelques années et depuis, elle fait office de quartier général pour l'A.D. Elle se trouve précisément n'importe où je souhaiterais la faire apparaître. Mais on ne peut y entrer qu'en faisant une manipulation particulière au septième étage. Et même ainsi, il est difficile d'y pénétrer. Elle est protégée par la magie du château.

Jedusor eut un silence contemplatif avant de dire ;

— La magie est vraiment fascinante. J'imagine que vous dirigez cette pièce.

Le décor autour d'eux changea brusquement pour refaire avec précision la salle commune des Gryffondor. Seuls les deux fauteuils de Tom et d'Harry restèrent intacts.

Harry, jouant toujours négligemment avec sa baguette, dit ;

— Je peux même la changer en réplique parfaite d'Azkaban, si nécessaire.

À Suivre...


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