Chapitre 25 : Le soutien de Severus
Harry, fou de rage, s'était réfugié dans la Tour d'astronomie. Ils se servaient de lui. Tous, tout le temps. Il n'était qu'une arme pour eux, un putain d'objet vivant seulement bon à tuer. Dumbledore, puis McGonagall ; à croire que tous les directeurs de Poudlard ne souhaitaient que de se servir de lui pour l'enfoncer un peu plus à chaque trahison. Il avait tout fait pour eux ! Jusqu'à lancer lui-même le pire des sorts impardonnables...
Il pourrait rejeter la faute sur Jedusor. Après tout, c'était la faute de Voldemort s'il avait participé à ce tournoi en premier lieu, mais il n'y arrivait même pas. Minerva l'avait manipulé exactement comme Dumbledore l'avait fait pour la prophétie, pour les reliques de la mort, pour tout...
Harry se recroquevilla sur lui-même, refusant de pleurer, serrant ses genoux contre sa poitrine alors que son dos était appuyé contre la rambarde donnant sur le vide. Ce vide où avait disparu Dumbledore, tué par Rogue. Mais ça aussi ce n'était qu'une autre manipulation, un stratagème pour garder un atout dans son jeu...
Il ne voulait pas aller à Ilvermorny. Il ne voulait pas participer au tournoi des trois sorciers. Il ne voulait pas de cette puissance qu'il s'efforçait de restreindre. Il ne voulait pas de Voldemort. Il voulait qu'on le laisse tranquille. Mais les Dursley lui avaient toujours dit qu'il était un monstre et qu'il arrivait toujours des choses affreuses au vilain monstre sous l'escalier.
Un monstre... Il pouvait bien jeter la pierre à Jedusor ; il ne valait pas mieux que lui... Il avait tellement eu envie de blesser McGonagall, tellement envie de se venger pour toutes ses injustices... Il l'aurait certainement fait si Jedusor n'avait pas été là.
C'était ironique, mais la présence de Voldemort à ce moment-là lui avait rappelé ce qu'il ne voulait absolument pas devenir, alors il n'avait rien fait. Il ne serait jamais un monstre comme Voldemort l'était. Jamais. Peu importe à quel point il était différent, instable, plus puissant que les autres. Il ne voulait pas devenir la chose qui avait causé le désastre qu'était sa vie. Pourtant, tout serait plus simple ainsi. Devenir comme lui. Tuer sans raison. Haïr par principe. Éliminer toute chose lui rappelant de mauvais souvenirs.
Mais Harry ne le ferait pas. Voldemort était faible. C'était le fait d'avoir choisi la facilité qui le rendait si faible. Ils le considéraient comme un monstre à orphelinat, il en était donc devenu un. Harry ne voulait pas faire la même chose. Il avait pitié de Voldemort. Celui-ci n'était pas né méchant et cruel ; c'était les autres qui l'avaient rendu comme ça. Il avait été vaincu par le rejet et la haine de ceux qui l'entouraient et, en grandissant, il était devenu comme eux.
Le brun se rendit compte qu'il avait catégorisé Voldemort comme étant un monstre lui aussi et qu'il n'était donc pas mieux que les autres. Pas mieux que Minerva McGonagall qui se servait de lui, pas mieux que Dumbledore qui l'avait placé chez les Dursley, pas mieux que les Dursley qui l'avaient affamé et enfermé sous l'escalier, et pas mieux que toutes ces personnes qui avaient fait de Voldemort un monstre en le maltraitant puis en le négligeant, le laissant se débrouiller seul, dans un monde qui lui était inconnu.
Il n'était pas un monstre. Cela ne changeait rien au fait qu'il n'était pas comme les autres et qu'il ne serait jamais un sorcier moyen, sans histoire. Il ne l'avait jamais été. Mais aujourd'hui, Harry décida que cela ne faisait pas de lui un monstre
Les Dursley avaient eu tort en lui disant que la magie était mauvaise, Dumbledore avait eu tort de croire que tout irait mieux pour le plus Grand Bien et Voldemort avait eu tort de donner raison à toutes les personnes qui l'avaient insulté.
Harry se laissa bercer un moment par la brise fraîche de l'extérieur qui s'engouffrait dans la Tour d'astronomie. Il entendit au loin le carillon du clocher de Prè-au-Lard, celui-ci indiquait déjà dix-sept heures trente.
Le cours de potion devait être fini maintenant et les membres de l'A.D. étaient sûrement inquiets...
Le Gryffondor n'eut pas le courage de se relever maintenant, il avait besoin de calme et l'inquiétude d'Hermione, la nervosité de Neville, les rêveries de Luna et l'hystérie de Malefoy ne l'aiderait pas. Il espérait seulement que Jedusor ne profiterait pas de l'occasion pour... Pour ? Harry n'en savait rien mais, il ne voulait pas que Jedusor profite de cette occasion. Il avait déjà eu bien assez de problèmes pour aujourd'hui...
Harry sentit une présence s'approcher, il l'identifia avec facilité et fut dégoûté. Si celui-ci était là, c'est qu'il savait. Il dit froidement, se retenant de hurler sur l'homme qu'il ne regarda même pas ;
— Vous le saviez depuis le début. Vous êtes méprisable. Je pensais que vous étiez de mon côté.
La voix du Maître des potions s'éleva ;
— Je ne savais rien du tout de plus que vous, monsieur Potter. Minerva m'a dit la même chose qu'à vous ce matin et seulement alors, j'ai compris qu'elle vous manipulait. Ce ne sera pas la première fois qu'un directeur m'utilise.
Harry renifla.
— Donc, vous êtes aussi idiot et crédule que moi. J'aurais dû deviner dès le début que quelque chose ne tournait pas rond pour que McGonagall accepte Tom Jedusor à Poudlard.
Rogue acquiesça et dit ;
— Elle a pris peur et a monté ce plan pour se débarrasser du Seigneur des Ténèbres.
Le Gryffondor souffla ;
— Et comme d'habitude, c'est le Survivant qui paie la facture.
Harry fut surpris et un peu choqué d'entendre Rogue dire ;
— Je suis désolé, pour ça et pour tout le reste.
Le brun releva la tête et secoua ses cheveux d'une main pour ne plus les avoir dans les yeux lorsqu'il dit en regardant Rogue ;
— Ce n'est pas votre faute. C'est la faute de personne. McGonagall a peur, Voldemort est fou, Dumbledore s'est pris pour Merlin et vous dans cette histoire, vous êtes seulement une victime de plus.
Rogue ricana à cela et Harry lui offrit un petit sourire. Le Maitre des potions dit ;
— Vous êtes devenu bien compréhensif pour un gamin insolent.
Harry éleva une main et la secoua négligemment, chassant par ce geste les mots du Potionniste.
— Les enfants grandissent, professeur.
Rogue reprit un ton plus sérieux en disant ;
— Je vous accompagnerai à Ilvermorny, vous et le Seigneur des Ténèbres. Je ne peux tout de même pas vous laisser aller risquer votre vie seul en Amérique. Les pauvres professeurs d'Ilvermorny seraient complètement dépassés.
Harry émit un rire un peu sombre.
— Si vous voulez être une victime jusqu'au bout, libre à vous. Autrement, je serai heureux de savoir que vous avait pris la décision d'être égoïste.
Rogue lui tourna le dos dans une envolée de robes noires et il dit sur un ton fataliste et légèrement amusé ;
— Toujours, Potter.
Après cela, Harry n'eut pas le courage de bouger. Il s'allongea sur le dos et observa le ciel. Le soleil était en train de se coucher et ses rayons mouraient dans des couleurs pastel apaisantes. Il resta ici une partie de la nuit, prenant la décision d'essayer de ne pas faire les mêmes erreurs que Voldemort et de ne pas devenir un monstre. Il finirait par être fier de lui, heureux et il ferait en sorte que Rogue ne meure pas, lui aussi, par sa faute...
Harry s'était fait une raison ; sa vie ne serait jamais calme et paisible mais ce n'est pas pour autant qu'elle devait être malheureuse.
À Suivre...
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