Chapitre 30 : Le ministère anglais


Harry se posta près de la cheminée et, alors que Tom prenait place à côté de lui, il se frotta la nuque, gêné, en déclarant ;

— Je ne suis pas très doué avec les transports sorciers et généralement cela ne se passe pas bien.

Jedusor souleva un sourcil et Harry décida qu'une démonstration valait mieux qu'un discours. Il relâcha une poignée de poudre dans l'âtre en prononçant ;

— Ministère de la Magie. Atrium.

Il atterrit avec violence et fut expédié à une dizaine de mètres de la cheminée. Harry grogna de douleur en se remettant debout, couvert de suie. En se retournant, il vit que Tom, lui, non content d'être impeccable et debout, le regardait en souriant, apparemment très amusé.

Harry, ne trouvant pas cela drôle du tout, envoya un regard noir au Serpentard, et se nettoya d'un coup de baguette et n'eut pas le temps de soupirer avant d'entendre les premiers ;

— C'est Harry Potter !

Suivis du bruit d'une foule se ruant vers lui. Il adressa un regard légèrement paniqué à Tom et dit précipitamment ;

— Tu cours et tu me suis. Avant de partir en courant comme s'il avait le diable aux trousses.

Habitué à ce genre de course, il esquivait avec facilité les gens, se fondant dans la masse, et réussit à se frayer un chemin vers l'ascenseur privé qui menait directement chez le ministre.

Il s'engouffra dedans et Jedusor le rejoignit quelques secondes plus tard. Alors qu'Harry pianotait le code d'accès, Jedusor demanda, sa voix dénotant un amusement non feint ;

— Est-ce bien une statue en bronze de toi qui s'élève en plein milieu de l'Atrium ?

Harry grogna dans sa barbe ;

— Un jour je la ferai exploser, ils n'ont pas le droit de faire des trucs comme ça, je ne suis pas un jouet !

Jedusor savait que le monde magique vouait un culte à Harry Potter, mais voir et savoir étaient deux choses différentes. Les gens s'étaient rués vers Potter et cette statue de bronze trônait en plein milieu de l'endroit censé représenter le gouvernement magique. Le ministre aurait dû avoir une statue ici mais c'était Harry Potter à sa place, et cela démontrait bien que, politiquement parlant, le ministre avait moins de pouvoir qu'Harry.

L'ascenseur arriva rapidement à destination et Harry pénétra dans le bureau ministériel avec une facilité déconcertante.

À peine entré, un sortilège de Stupéfix fusa vers lui, Potter l'esquiva et riposta par le même sortilège, beaucoup plus puissant. Le ministre eut d'ailleurs des difficultés à stopper celui-ci avec un bouclier.

Kingsley Shacklebolt s'exprima joyeusement ;

— Monsieur Potter, content de vous voir. Je vois que vos sorts sont toujours aussi violents. Je crains que la formation d'Auror ne vous apprendra rien de plus.

Harry répliqua en faisant signe à Tom d'entrer à sa suite ;

— Je ne compte pas devenir Auror, j'ai déjà bien assez été confronté aux mages noirs à mon goût.

Il fit un signe vers Tom est dit ;

— Voici To-Thomas Gaunt, il étudie à Poudlard en huitième année, avec moi.

Le ministre le salua mais son attention revint immédiatement sur Harry. Il dit ;

— Si vous ne voulez pas devenir Auror, j'ai bon espoir de vous voir reprendre vos sièges au Magenmagot l'année prochaine. Et peut-être me succéderez-vous d'ici quelques années. Vous êtes fait pour diriger ce pays, Harry.

Shacklebolt ne l'appelait Harry que quand il voulait appuyer un propos et là, c'était le cas. Potter secoua la tête. Il prit siège devant le ministre et déclara ;

— Je ne suis pas venu pour ça Kingsley et si je ne me trompe pas, vous savez très bien pourquoi je suis là.

Le ministre pâlit et Harry lui offrit un sourire froid en disant lentement ;

— Exactement, le Tournoi des Trois Sorciers. Ce n'était pas très poli de votre part d'accepter la requête d'Ilvermorny sans m'en parler.

La température chuta et Tom fut émerveillé. Potter était la perfection, sa perfection, jamais il ne le laisserait lui échapper. Ils étaient faits pour gouverner ensemble. Potter était tout simplement magnifique lorsqu'il laissait sa magie vibrer avec ses sentiments et, actuellement, il ressentait un vif sentiment de trahison et sa magie semblait aussi froide que les eaux gelées du lac de Poudlard.

Le ministre bégaya une phrase incompréhensible et Harry soupira, sa magie revenant à un état moins oppressant mais toujours irrésistiblement présent. Potter n'inhibait pas complètement sa magie au ministère et cela rendait son aura terriblement attrayante. Un tel potentiel caché et bridé, c'était du gâchis.

Un gâchis qu'il pouvait comprendre. Mais lui, au moins, avait essayé d'en faire quelque chose. Même si cette chose s'était révélée être une erreur. Potter, lui, gardait simplement cette puissance enfermée en lui, l'utilisant seulement lorsqu'il perdait le contrôle ou que sa vie était en danger.

Harry finit par dire, arrêtant de terroriser le ministre ;

— J'irai, Ilvermorny insiste, la directrice de Poudlard est d'accord et cela vous offrira un soutien politique américain si troisième guerre magique il y a. Je n'ai pas la moindre envie d'y aller mais j'irai. Mais ça aussi vous le savez, Severus Rogue est passé ce matin et il vous a demandé des papiers pour la frontière. Vous avez forcément dû en conclure que j'avais accepté l'ordre que vous m'aviez donné.

Le mot "ordre" fut presque sifflé. Le ministre acquiesça, apparemment incapable de faire autre chose. Harry conclut donc la conversation ;

— Il me faut deux dossiers supplémentaires, Severus Rogue ira avec moi et je suis responsable de Thomas Gaunt, donc il me suivra aussi là-bas.

Le ministre posa un regard sur lui mais il ne dit rien. En temps normal, il aurait probablement contesté et demandé comment Potter s'était retrouvé tuteur mais, mort de peur comme il l'était actuellement, il ne demanda rien du tout et se contenta d'appeler son secrétaire qui lui apporta immédiatement les dossiers. Harry sortit après cela mais il ajouta tout de même pour que les choses soient claires ;

— Ne me refaites plus jamais un coup comme ça, je ne suis pas un tremplin politique.

Puis il partit, Jedusor à ses côtés. Celui-ci fut assez énervé de remarquer que l'intégralité des personnes proches de Potter se servait de lui pour atteindre leurs buts égoïstes. Ils n'avaient pas le droit, ils n'avaient aucun droit sur Harry Potter. Il était le seul à avoir tous les droits sur lui.

Dans l'ascenseur, Harry dit à Tom, se sentant obligé de s'expliquer pour son petit éclat ;

— Le ministère se sert de moi lorsqu'il en a besoin puis me calomnie dès que cela l'arrange. Cette statue, c'est juste la représentation de leur propension à suivre l'avis général. Si je suis vu comme un sauveur, il me considère comme tel et si je suis un jour vu comme le prochain Seigneur des Ténèbres, ils émettront immédiatement un mandat d'arrêt contre moi. Ici, c'est l'avis de la population qui importe, le ministère n'a aucun pouvoir. Ce n'est qu'un ramassis de vétérans de guerre croyants qu'ils ont droit à leur petite heure de gloire maintenant que nous sommes en paix. Mais en temps de crise, ils ne valent rien et ils supplient pour obtenir de l'aide. Ils me dégoûtent.

Harry se rendit compte que les yeux de Tom avaient viré au rouge sang et que celui-ci le fixait avec intensité.

Jedusor dit, les yeux rivés dans les siens ;

— Je suis d'accord. Cela devrait changer. Je suis heureux que tu partages mon opinion sur le ministère.

À Suivre...


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