Ni Potter ni Jedusor ne semblait vouloir daigner expliquer clairement la situation à Severus qui dut se retenir de hurler pour obtenir une réaction des deux sorciers, sa conscience lui rappelant le nombre impressionnant de Non Maj' se trouvant aux alentours.
Il n'allait pas enfreindre le statut du secret en hurlant à quel point Harry Potter avait fait preuve d'inconscience en osant échanger sa baguette contre celle du Seigneur des Ténèbres.
Potter n'avait-il donc aucun recul sur ses actes ?
Comment avait-il pu accepter un échange comme celui-ci avec Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom ?
Lorsque le Gryffondor lui avait expliqué les événements s'étant déroulé au 12 Square Grimmaurd, Rogue s'était dit qu'il devait avoir scellé la baguette d'if pour éviter un nouvel incident de ce genre, mais non.
Apparemment, Harry Potter avait voulu garder la baguette maudite avec lui, mais en plus de cela, il avait trouvé le moyen de l'échanger au Seigneur des Ténèbres contre la sienne...
Severus, les yeux toujours fixés sur Tom Elvis Jedusor, sentit sa main droite se crisper dangereusement sur la garde de sa baguette lorsqu'il vit que celui-ci avait l'air parfaitement satisfait de la situation présente.
Le mage noir savait. Rogue était persuadé que Potter l'ignorait mais Jedusor, lui, devait le savoir, il devait forcément savoir ce qu'impliquait l'échange de baguettes jumelles.
Severus souffla très légèrement. L'échange devait s'être déroulé très récemment et avec un peu de chance Potter n'avait pas encore eu l'occasion d'utiliser la baguette d'if. Et si par malheur cela devait être le cas, alors ils étaient perdus...
La magie reliant deux baguettes jumelées était déjà puissante mais si ces baguettes étaient échangées de manière volontaire par leurs propriétaires respectifs alors jamais plus ceux-ci ne pourraient s'affronter.
Jamais ils ne pourraient ne serait-ce qu'utiliser un sortilège offensif l'un contre l'autre, leurs baguettes reconnaissant, en chacun d'eux, un propriétaire légitime.
Le phénomène serait similaire au Priori Incantatum mais cette fois-ci, il serait inviolable et, ce, même si l'un d'eux est désarmé ou qu'il décide de ne pas se défendre. Il n'aurait de toute façon pas besoin de le faire, car la baguette refusera d'attaquer l'un de ses propriétaires. Elle considérera Potter et Jedusor comme étant tous deux ses propriétaires et refusera de blesser l'un d'eux et dans la situation actuelle des choses, cela n'était pas un avantage.
Severus se retournant vers le Survivant, grinça des dents en demandant ;
— L'avez-vous utilisé ?
Le visage d'Harry se fit perplexe lorsqu'il répondit ;
— En quoi le fait que je me sois servi de ma baguette influe sur la validité de mon permi ?
Le Maître des potions siffla avec véhémence ;
— Ce n'est pas votre baguette, monsieur Potter !
Harry fronça les sourcils puis répondit, défensivement ;
— Elle est ma baguette, comme Tom vous l'a dit, nous les avons échangés. La sienne est à moi et la mienne est à lui. Et vous savez très bien pourquoi nous l'avons fait, professeur.
Rogue vit sa patience se réduire encore d'un cran lorsque Tiare ajouta, innocemment ;
— Normalement cela ne pose aucun problème pour votre permi, à partir du moment où le document mentionne que vous avez l'autorisation d'utiliser une baguette magique, peu importe si celle-ci y figure ou non.
Harry acquiesça, visiblement rassuré par cette réponse. Il se retourna ensuite vers Severus Rogue et demanda tout à fait sérieusement ;
— Avez-vous un problème avec le fait que j'utilise la baguette de Tom et inversement ?
Le brun avait fait la promesse à Tom qu'il ne reviendrait pas sur cet échange. Il ne reprendrait pas sa baguette à Jedusor, il la lui avait donnée et lorsque le mage noir lui avait dit que cet échange serait définitif, il l'avait accepté et il ne comptait pas revenir sur sa parole.
Une promesse était une promesse et Harry ne trahirait pas quelque chose d'aussi précieux pour lui. Il avait toujours détesté les personnes incapables de tenir parole et il ne voulait pas blesser Tom en lui reprenant quelque chose qu'il lui avait donné. Il ne savait que trop bien le mal que cela pouvait faire.
Tom ne put retenir un sourire légèrement victorieux lorsqu'il vit le désarroi s'inscrire sur le visage du Maître des potions. Visiblement, celui-ci avait des difficultés à accepter le fait qu'Harry le défende volontairement.
Le mage noir savait pourquoi le Potionniste avait réagi aussi violemment à l'annonce de l'échange de leurs baguettes. Il pensait qu'Harry le savait aussi et que c'était pour cela que celui-ci n'avait pas encore utilisé la baguette d'if. Il pensait que, peut-être, Harry hésitait à compléter l'échange étant donné qu'après celui-ci, ils seraient incapables de se blesser mutuellement en utilisant leurs baguettes.
Mais visiblement Potter n'avait aucune idée de la signification que pouvait avoir l'échange de deux baguettes jumelles. Il lui avait proposé cet échange sans aucune arrière-pensée... Tom réalisa qu'Harry lui avait réellement donné sa baguette pour l'aider et non pas pour annihiler les pouvoirs de celle-ci, lors d'un possible duel.
Une vive chaleur se répandit brusquement dans ses veines et Tom identifia ce sentiment comme du bonheur. Il se sentait heureux. Potter était sincère lorsqu'il lui avait donné sa baguette. Celle-ci lui sembla tout à coup bien plus précieuse ; elle était un cadeau, le premier qu'on lui offrait.
En comprenant que Rogue risquait de révéler à Harry les conséquences de leur échange, Tom s'avança et dit, voulant mettre un terme à la conversation ;
— Harry n'a pas encore utilisé ma baguette et je compte lui expliquer la situation avant qu'il ne le fasse. Je vous prierais donc de ne pas intervenir, cela ne concerne que nous.
Jedusor sentit immédiatement un regard d'incompréhension se poser sur lui. Il se retourna vers Potter et siffla doucement ;
§ Je t'expliquerai tout dès que nous aurons un moment, ne t'en fais pas. §
Immédiatement l'incompréhension laissa place à de la méfiance et Tom grimaça. La méfiance d'Harry lui rappelait à quel point leur relation était complexe. Potter ne lui faisait pas confiance, il souhaitait l'aider et il acceptait sa présence mais il ne lui accordait aucune confiance.
Rogue ne répondit rien durant un court instant puis il lui dit, de façon menaçante ;
— Très bien, je vous laisse une journée pour expliquer à monsieur Potter les conséquences de vos actes mais si j'apprends que vous lui avait menti, je détruirais votre baguette.
Tom ne répliqua rien, jugeant cela inutile, il se contenta de se retourner vers le MACUSA et d'un commun accord, les quatre sorciers pénétrèrent dans le bâtiment.
À l'intérieur du Congrès magique des États-Unis d'Amérique, Jedusor sentit le regard d'Harry peser dans son dos pendant un moment. Cela dura jusqu'à ce qu'Ulrich Tiare leur demande les papiers nécessaires à leur enregistrement en tant que sorciers anglais résidents temporairement en Amérique.
Tiare ne leur fit pas visiter les bâtiments du MACUSA. À vrai dire, leur guide avait paru perdre beaucoup de son assurance dès l'instant où ils avaient traversé les portes de l'établissement. Tom comprit pourquoi seulement lorsqu'il distingua les chuchotements sur le passage d'Ulrich Tiare. Il lui semblait maintenant évident que ce professeur n'avait pas bonne réputation, au ministère en tout cas.
Le mage noir décida que cela cachait quelque chose. Un professeur dans l'une des écoles les plus réputées avait tendance à avoir de l'influence et une bonne réputation ou tout du moins, décente, mais ici ce n'était pas le cas. Tiare semblait fuit comme la peste et les regards mauvais ainsi que les chuchotements répétitifs sur son passage ne prouvaient qu'une seule chose ; cet homme n'était pas le bienvenue ici.
Ce fut probablement la raison pour laquelle la visite du MACUSA fut aussi brève. Leur guide n'avait pas voulu s'attarder et Tom pensait que cela n'était pas une si mauvaise chose.
Harry, bien que visiblement admiratif de l'organisation du lieu, sursautait très légèrement à chaque mouvement brusque. Cela avait confirmé à Tom le fait que Potter subissait encore des traumatismes liés à la dernière guerre. Le Gryffondor ne supportait pas l'agitation ou les mouvements de foule et comme tout anciens combattants, ses réactions paraissaient bien trop vives pour ne pas sembler être celles de quelqu'un ayant vécu une guerre.
Heureusement, le MACUSA avait été prévenu à l'avance de la présence du Survivant et il n'y avait donc pas eu de débordement lorsque le personnel avait découvert l'identité d'Harry Potter.
Le concernant, il s'était contenté de décliner son nom d'emprunt ; Gaunt Thomas.
Ce nom ne lui correspondait pas. Les Gaunt représentaient la déchéance de la magie noire et le prénom de Thomas était celui de son père. Le moldu que sa mère surnommait Tom, celui qui l'avait abandonné, celui qui avait refusé de reconnaître son existence, celui qui l'aurait probablement tué de ses propres mains, s'il avait eu l'occasion de le faire.
Tom inspira profondément. Ce n'était pas le moment de ressasser ses souvenirs. Tiare venait de leur proposer de faire immédiatement les achats des fournitures scolaires nécessaire aux différentes matières proposés à Ilvermorny et Harry avait accepté. En plus du tournoi des trois sorciers, Potter devrait donc suivre les cours comme n'importe quel autre élève à Ilvermorny.
À Suivre...
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